00:00Europe 1 soir, 19h-21h, Charles Huillier, toujours en compagnie de mes deux débatteurs,
00:06Jean-Michel Salvatore et Alexandre Malafaille, notre invité ce soir,
00:11Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie.
00:14Alors nous l'évoquions, Monsieur le Ministre, le contexte ne va pas fort,
00:19le budget sera l'un des grands thèmes de l'année, je précise qu'on parlera de 2027 en d
00:24'ici quelques minutes,
00:25mais j'aimerais évoquer l'un des grands thèmes de cette rentrée,
00:28le budget se sera très tendu, nous allons au-devant de moments extrêmement délicats,
00:33ça risque de taper très fort, faut-il que les entreprises s'inquiètent en termes de fiscalité, Sébastien Martin ?
00:40Écoutez, le Premier ministre a pris un engagement, c'est de ne pas augmenter la fiscalité.
00:44Donc il y a aujourd'hui, et je crois que ça a été rappelé, un besoin de stabilité de la
00:52fiscalité,
00:53donc il n'y aura pas d'augmentation de la fiscalité à l'endroit des entreprises.
00:59Après, dans ce budget aussi, tout le monde l'a dit, ça semble être un Everest, ce budget 2027,
01:06il va demander des efforts à tout le monde.
01:08Vous savez que certains gauches réclament plus de fiscalité pour les entreprises.
01:12C'est bien parce qu'ils sont de gauche, et je pense qu'on en parlera peut-être tout à
01:16l'heure pour 2027,
01:17peut-être que réintroduire un bon vieux clivage droite-gauche, ça ne fera pas de mal,
01:20avec d'un côté une volonté de toujours augmenter les impôts,
01:24et d'un autre une volonté de modération fiscale, de stabilité fiscale,
01:28et si on peut, de baisse de la fiscalité.
01:30Ça s'appelle peut-être rétablir le débat droite-gauche,
01:33et ça s'appelle rétablir un débat démocratique, et pourquoi pas ?
01:36Et au moins, les cartes sont sur la table, les choses sont claires.
01:40Et moi, je ne suis pas favorable à une hausse de la fiscalité.
01:43Avec 3600 milliards d'euros de dettes, il faudra que certains paient,
01:47et chacun devra apporter sa pierre à l'édifice,
01:51et chacun devra peut-être un peu, pardonnez-moi l'expression,
01:54trinquer les entreprises, y échapperont alors ?
01:58Ce que je dis, et je crois que Roland Lescure a eu l'occasion de le préciser,
02:03c'est que les taux de fiscalité tels qu'ils sont aujourd'hui
02:07n'auraient pas prévu dans ce budget 2027 de les augmenter.
02:11Par contre, il y a cette contribution exceptionnelle
02:14des très grandes entreprises, qui l'an dernier a touché 300 entreprises,
02:19qui est toujours sur la table aujourd'hui, avec une volonté
02:21de faire en sorte qu'il ne devait durer qu'un an, je sais bien,
02:25mais la situation, la situation, elle est escalée.
02:28C'est des impôts supplémentaires.
02:29Alors, c'est une taxe qui devait être instaurée pour une année,
02:34elle a été instaurée pour une deuxième année,
02:35et maintenant, on parle d'une troisième année.
02:37Donc, c'est du provisoire qui devient perpétuel.
02:41Oui, je vois d'ailleurs que celles et ceux qui l'ont instaurée,
02:44à l'époque, Michel Barnier, Bruno Retailleau était dans le gouvernement,
02:47bon, ben, l'ont fait, parce qu'on est face à une situation
02:50qui est extrêmement complexe, extrêmement difficile,
02:53la croissance ne revient pas aussi, parce que des crises internationales
02:56n'aident pas à ce que la croissance puisse revenir.
02:59Et il y a un moment, ben oui, il faut mieux avoir un discours de courage
03:02qui dit, il y a un effort encore à faire cette année,
03:05parce qu'on ne peut pas se permettre, l'année prochaine,
03:07d'avoir un déficit à 6% du PIB,
03:10parce que le poids et la charge de la dette
03:12viendraient trop affaiblir nos capacités d'investissement,
03:15et qu'à un moment, on va demander peut-être
03:17un effort à un certain nombre réduit d'entreprises,
03:20peut-être un effort à certaines catégories de population,
03:23pour rétablir les coûts.
03:24Alors, Sébastien Martin, vous le disiez,
03:26vous êtes un homme de droite,
03:27même si vous n'êtes plus au LR,
03:30depuis...
03:31J'étais suspendu.
03:32Voilà, suspendu, effectivement,
03:34depuis que vous avez rejoint...
03:35Oui, mais j'ai gagné une circonscription,
03:37j'ai gagné une circonscription,
03:38sans le soutien de LR,
03:39et pourtant j'ai siégé au sein du groupe LR.
03:41On a tout à fait compris, mais je précise aux auditeurs
03:43que vous avez été suspendu depuis...
03:46Je pense que parmi ceux qui m'ont suspendu,
03:48certains avaient sans doute une carte à LR ou à l'UMP
03:51qui était beaucoup plus fraîche que la mienne.
03:52Alors, David Lissnard a relancé l'idée d'une primaire
03:56de la droite et du centre dans une tribune au Monde.
03:59Pour le maire LR de Cannes,
04:01à ce stade, aucun candidat naturel ne s'impose
04:04à droite et au centre.
04:06C'est une proposition de la part du maire de Cannes
04:08pour éviter, je cite,
04:09« la division qui fait perdre les élections ».
04:12Votre famille politique originelle,
04:15si j'ose dire, Sébastien Martin,
04:16n'a pas été épargnée
04:18durant ces dernières élections,
04:20notamment présidentielles.
04:21Est-ce que vous rejoignez la proposition de David Lissnard ?
04:25Non, pas du tout.
04:27Pour plusieurs raisons.
04:28D'abord, la première,
04:30c'est que moi, je suis issu de la famille gaulliste
04:32et que l'élection présidentielle,
04:33c'est la raconte d'un homme et d'une femme
04:35avec le peuple français,
04:36avec les françaises et les françaises.
04:37Le deuxième point,
04:39on a vu le succès de la primaire
04:41pour permettre à la droite
04:42de gagner les élections présidentielles.
04:44On peut dire que ça a vraiment
04:45très très bien marché
04:46les deux fois où nous les avons utilisées.
04:48Et troisièmement,
04:50en général,
04:50ceux qui sont très favorables à la primaire,
04:53c'est en général ceux qui souhaitent
04:54se relancer dans une campagne.
04:57C'est le cas de David Lissnard ?
04:58J'ai un peu le sentiment
04:59que la campagne de David
05:01est un peu à la peine
05:02si on en croit les sondages.
05:05Et la primaire, malheureusement,
05:07elle sert aussi beaucoup
05:08pour certaines et certains
05:10à avoir une place au soleil
05:11quand naturellement,
05:12ils ne l'ont pas.
05:13Donc, je crois que les françaises
05:16et les françaises sont avides
05:17d'avoir un débat présidentiel.
05:19Maintenant, je crois aussi
05:21qu'ils en ont un peu marre,
05:22si vous voulez,
05:22d'avoir 45 candidats
05:24ou 25 candidats
05:25sur la ligne de départ.
05:26Je crois qu'il y a un moment
05:27ou un autre,
05:28il faut avoir la modestie
05:29de considérer que ça prend
05:31ou que ça ne prend pas.
05:32Quand ça ne prend pas,
05:32on ne se sert pas d'une primaire
05:34pour essayer de faire prendre.
05:35Bruno Retailleau,
05:36alors pas au point de David Lissnard,
05:40mais Bruno Retailleau
05:41est à la peine dans les sondages,
05:42crédité de 7, 8, voire 9%
05:45pour l'instant.
05:47Est-ce que vous êtes favorable
05:49à ce qu'il continue
05:50ou bien à ce qu'il s'efface,
05:53Bruno Retailleau ?
05:54Moi, ce à quoi je suis favorable,
05:56c'est que
05:58l'élection présidentielle
05:59de 2027,
06:00ce n'est ni 2017
06:01ni 2022.
06:02La question est simple,
06:03Sébastien Martin.
06:04Non, mais est-ce qu'il doit
06:04se retirer ?
06:05Non.
06:06En tout cas,
06:07certainement pas maintenant.
06:09Pourquoi ?
06:10Parce que je pense que
06:11la droite républicaine
06:12doit faire entendre sa voix
06:13dans cette campagne
06:14des présidentielles.
06:15Et que,
06:17avec Emmanuel Macron,
06:18ça a été
06:18la stratégie du dépassement.
06:20Très bien.
06:21OK.
06:22Mais là,
06:22je pense qu'on doit avoir
06:23une stratégie du rassemblement.
06:25Du rassemblement de la droite
06:26et du centre,
06:27comme on a toujours gagné
06:28les élections
06:29quand on les a gagnées.
06:29Il faudra que quelqu'un s'efface.
06:30Il faudra sans doute
06:31que quelqu'un s'efface,
06:32mais dans une logique
06:33de rassemblement de la droite
06:34et du centre,
06:35et puis en face,
06:36dans une logique
06:37qui est la logique
06:37de la gauche.
06:38Voilà.
06:38Et moi,
06:39je suis très heureux
06:40de voir que la gauche
06:41essaye de faire émerger
06:42un candidat,
06:43parce qu'on ne peut pas
06:45éternellement vivre
06:46simplement dans un système
06:47qui consisterait à avoir
06:48les deux extrêmes
06:49et puis ensuite
06:50à faire un espèce
06:51de rassemblement
06:52juste pour éviter
06:52les deux extrêmes.
06:53Qui doit s'effacer
06:53selon vous,
06:54Sébastien Martin,
06:56à droite et au centre ?
06:56C'est à Édouard Philippe
06:58et à Bruno Retailleau
06:59d'ensemble discuter,
07:02peut-être avec d'autres
07:03autour de la table,
07:05je pense à un Xavier Bertrand
07:06par exemple,
07:07dont je suis très proche,
07:09de savoir,
07:09parce qu'on peut faire
07:10la meilleure équipe de France.
07:11J'en suis convaincu.
07:12De la droite et du centre,
07:13on est capable
07:14de faire la meilleure équipe
07:14de France.
07:14Qui doit s'effacer ?
07:15Et qui devra s'effacer ?
07:17Eh bien,
07:18si Édouard Philippe
07:19s'efface au profit
07:19de Bruno Retailleau,
07:20je serais très heureux
07:21et si Bruno Retailleau
07:22s'efface au profit
07:22d'Édouard Philippe,
07:23je serais très heureux.
07:24Il faut des conditions.
07:26Il faudra sans doute
07:26un effacement,
07:27voire plusieurs,
07:27parce qu'ils ne sont pas
07:28que deux en lice,
07:29mais la fameuse rencontre
07:31dont vous parliez
07:31entre un homme
07:32et les Français,
07:33les Françaises,
07:35cette rencontre-là,
07:36pour l'instant,
07:36rien n'indique
07:37qu'elle va se produire.
07:38Il n'y a aucune personnalité
07:39qui émerge.
07:41Il n'y a pas de...
07:41Il y a un début
07:42de quelque chose
07:43avec Édouard Philippe,
07:43mais il n'y a tellement
07:44pas grand-chose
07:45tout autour
07:46qu'on dit
07:46comment est-ce que
07:47cette fameuse rencontre
07:48peut arriver ?
07:48Très sincèrement,
07:49on a l'impression
07:50d'en être très loin.
07:51De toute façon,
07:52si cette rencontre
07:53n'arrive pas,
07:56ça sera difficile
07:56de gagner.
07:58Donc,
07:58aujourd'hui,
07:59le sujet,
07:59c'est de se mettre
08:00à la hauteur
08:00du débat présidentiel.
08:02C'est de savoir
08:02si, oui ou non,
08:03nous considérons
08:04que ce pays
08:04est un grand pays,
08:05qu'il a certes
08:06des difficultés
08:07à traverser,
08:08mais que,
08:08pour autant,
08:09il n'est pas condamné
08:10à quelque forme
08:11de déclin que ce soit,
08:13qu'il pèse
08:13sur la scène internationale,
08:15qu'en matière
08:16de défense,
08:17c'est un des rares
08:17pays européens
08:18à pouvoir
08:19quand même jouer
08:20sur la scène internationale.
08:21Je pense qu'on l'a vu
08:22au moment de la crise iranienne,
08:23on était quand même
08:23juste un peu les seuls
08:24à pouvoir envoyer
08:26un sport-avion
08:27et tout ce qui va avec
08:28en Méditerranée orientale.
08:30Je considère
08:31que nous sommes
08:31une puissance industrielle
08:32qui a des choses à dire
08:33et des choses à faire
08:35également,
08:35et que l'enjeu
08:37de la présidentielle,
08:38ce n'est pas un enjeu
08:38de Premier ministre.
08:39Là, je vois tous les jours,
08:40on égrène
08:41des listes
08:42de mesures
08:43ou parfois même
08:44de mesurettes.
08:44C'est de savoir
08:45qu'est-ce qu'on veut
08:46pour le pays.
08:46Est-ce qu'on veut vraiment
08:47que ce pays
08:48soit et reste
08:49un grand pays
08:50ou est-ce que,
08:51comme certains le veulent,
08:52plutôt aux extrêmes,
08:54on le livre à d'autres ?
08:55Jean-Michel Salvatore
08:57a une question pour vous,
08:58Sébastien Martin.
08:59Vous le disiez tout à l'heure,
09:00vous êtes un ex-LR
09:01ou un LR suspendu,
09:03mais vous ne soutenez pas
09:04beaucoup les LR
09:04parce que vous pourriez
09:05à la limite
09:07souhaiter
09:07que David Lissnard
09:10se retire
09:10au profit
09:11de Rotaillot
09:12pour que Rotaillot
09:13puisse faire prospérer
09:14une candidature LR.
09:15Donc, vous ne le demandez pas
09:16à ça.
09:17Finalement,
09:17on vous sent totalement
09:18indifférent
09:19à la victoire
09:20de Rotaillot,
09:21d'Edouard Philippe
09:22ou de Garouillard Lattal.
09:23Pourquoi vous dites
09:24que je serais indifférent ?
09:25Parce que je vous écoute.
09:26Non, non,
09:27je ne suis pas indifférent.
09:28Moi, je souhaite
09:29que ma famille politique
09:30de la droite
09:31et du centre
09:31gagne l'élection présidentielle
09:33en 2027.
09:35Et je considère
09:36que cette victoire
09:37doit passer
09:39par un rassemblement
09:40et par...
09:41entre Bruno Rotaillot
09:43et Edouard Philippe.
09:43Mais le ticket Lissnard-Rotaillot,
09:44est-ce que ce n'est pas
09:45une formule intéressante
09:47finalement pour les idées
09:47qui sont les vôtres ?
09:48Je ne crois pas.
09:49Je pense que David Lissnard,
09:51il a son positionnement,
09:52il a sa stratégie.
09:53Mais ça ne fait pas partie
09:54des gens pour moi
09:55qui peuvent être
09:56président de la République
09:57en 2027.
09:58C'est aussi simple
10:00que ça.
10:01Et je ne suis pas raccord
10:02avec son positionnement
10:04politique à lui.
10:05Je suis de droite.
10:06Mais je n'ai jamais été
10:08un libéral
10:09comme il peut l'être
10:11aujourd'hui.
10:11Je crois
10:12à l'esprit d'initiative
10:13bien évidemment.
10:14Je pense qu'il faut
10:15lâcher les baskets
10:16aux chefs d'entreprise
10:17mais je crois aussi
10:17en la force
10:18de l'intervention publique.
10:19Merci beaucoup
10:21Sébastien Martin,
10:22ministre délégué chargé
10:23de l'industrie.
10:24Merci d'avoir été
10:25parmi nous ce soir
10:26sur Europe 1.
10:28On va se quitter
10:28l'espace de quelques secondes
10:29et juste après
10:31la petite pause,
10:32nous évoquerons
10:33cette enquête
10:34que Europe 1
10:35vous a révélée
10:35hier soir.
10:36Enquête pour
10:37détournement de fonds publics
10:39ouverte à l'encontre
10:40de Bali Bagayoko,
10:42LFI dénonce,
10:43je cite,
10:43une campagne raciste.
10:44A tout de suite.
10:45Sous-titrage Société Radio-Canada