- il y a 6 jours
Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00Et la pression, on vient d'en parler, ne cesse de s'accentuer sur la tournée de l'artiste Patrick
00:04Bruel,
00:05de nombreux maires, des approuves s'est venu dans le cadre de cette grande tournée à 35 dates.
00:09Alors c'est la présomption d'innocence, Jean-Philippe Tanguy l'a rappelé, qui est peut-être bafouée.
00:14Ou alors est-ce que vous comprenez ces maires qui mettent en avant le nombre important de plaignants,
00:18de victimes présumées et une question finalement de décence.
00:21C'est très compliqué quand on touche à cela, quand la politique, la justice et la morale s'entremêlent,
00:26ça ne fait pas bon ménage, on en parle dans notre débat.
00:34Pendant que nos invités s'installent, je rappelle le contexte, c'est important.
00:38Patrick Bruel est mis en examen dans plusieurs dossiers de violences sexuelles, viols et tentatives de viols à la fin
00:44du mois de juillet.
00:45Son contrôle judiciaire a été assoupli à la demande d'ailleurs de ses avocats.
00:49Il reste présumé innocent, mais plusieurs élus, plusieurs maires ne veulent pas tout simplement de sa venue dans leur ville.
00:55Des élus qui disent non haut et fort par respect de la parole des victimes présumées.
01:00Je vous le dis, c'est un débat qui touche à la politique, puisque ce sont des élus, des maires
01:05qui entrent en scène,
01:06qui touche évidemment à la morale, à la dignité, à l'écoute de la parole, à la justice aussi,
01:12parce que c'est une instruction qui est en cours et ce genre d'instruction, ça peut durer des années.
01:16Et donc, il nous a paru intéressant justement d'approfondir ce débat.
01:21Je salue de nouveau Bruno Jeudy qui est avec nous, Samuel Fitoussi également, vous étiez là tout à l'heure,
01:26tout comme Chloé Morin, je vous remercie.
01:28On accueille Maître Sophie Obadia, merci d'être là.
01:31Bonsoir Sonia Mbou.
01:31C'est un plaisir de bénéficier évidemment de vos lumières et de tout ce qui sera dit.
01:36Ladis Verne, bonsoir à vous, bienvenue, vous êtes maire d'hiver droite de Chartres.
01:40Vous faites partie de ces maires qui disent non.
01:43Vous avez indiqué que Patrick Bruel, je cite, n'était pas le bienvenu dans votre ville.
01:47Hors de question que Patrick Bruel, dans ces conditions, vienne à Chartres.
01:50Il n'y a eu ni contrat signé, ni argent versé.
01:52On reviendra sur ce côté financier.
01:55Il n'y a eu aucun engagement pris de la part de la ville.
01:58Avez-vous indiqué ?
01:59Je souhaite vraiment qu'on ménage une place, une considération à la parole des victimes.
02:0432 plaintes, je pense que c'est extrêmement important.
02:06Je voudrais vous entendre parce qu'il y a dans cette liste beaucoup de maires de gauche.
02:11Alors, ce sont des sujets transpartisans.
02:13Il n'y a pas beaucoup de maires dans l'autre camp politique.
02:18Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui affirment ?
02:20Sans doute, ce sera le cas, évidemment, de Maître Sofio Badiat.
02:23Malgré tout, quand même, et c'est l'un des fondements, puisqu'on parle beaucoup d'État de droit,
02:27c'est quand même s'asseoir ou nier la présomption d'innocence de M. Bruel.
02:32Le contexte, c'est que cette invitation de batterie Bruel à Chartres est datée d'il y a un certain
02:38nombre de mois.
02:39Entre-temps, le contexte a beaucoup changé, avec 32 plaintes et plusieurs mises en examen.
02:44Notre décision à Chartres, elle consiste tout simplement à dire qu'il faut laisser à la justice le temps de
02:50faire son travail sereinement.
02:52J'insiste sur ce terme. Moi, je suis républicain, je respecte bien sûr la présomption d'innocence,
02:56mais il faut vraiment distinguer la présomption d'innocence et la mise en valeur d'un artiste qui a 32
03:02plaintes
03:03sur une scène à l'orée d'une tournée nationale de 35 dates.
03:0832 plaintes, 35 dates, tout ça fait beaucoup. Et à Chartres, on dit non, effectivement.
03:13– Est-ce qu'un maire, Sophie Badia, peut juridiquement interdire un concert aux motifs,
03:17quels que soient les motifs, mais des troubles à l'ordre public ?
03:20Est-ce que d'abord, concrètement, juridiquement, c'est possible ?
03:23– A priori, c'est plutôt le rôle du préfet que de vérifier qu'il y a un trouble à
03:26l'ordre public, comme vous dites.
03:28J'entends que certains maires s'indignent, donc c'est effectivement une prise de position politique
03:33sur un sujet qui ne devrait pas être politique, mais ça je ne vous expliquerai pas pourquoi peut-être.
03:38– Mais en tout état de cause, c'est effectivement le préfet qui verra,
03:42et il risque d'être saisi d'ailleurs par des associations,
03:45parce que là, on discute de cette tournée, mais ça ne vient pas à n'importe quel moment.
03:49Vous l'avez rappelé, Sonia Mabrouk, un contrôle judiciaire qui a été allégé
03:54et qui a fait beaucoup parler du côté des associations féministes et des plaignantes.
03:58Et c'est normal, c'est le jeu normal.
04:00Et je rappelle qu'il y a même un appel du parquet,
04:02c'est-à-dire que ce contrôle judiciaire peut à tout moment être modifié dans l'autre sens.
04:06Donc, ça n'est pas tout à fait innocent que nous discutions maintenant d'une tournée
04:11qui viendra seulement au mois d'octobre.
04:13Donc, il y a un bruit médiatique autour de cette affaire.
04:16Et évidemment, une émission maintenant du politique vers les juges.
04:21Et je ne trouve pas que ce soit très sain.
04:23Voilà, je vous dis de la même manière que je ne trouve pas que les juges,
04:25quand ils vont chez les politiques, sont toujours sains.
04:27– Mais est-ce qu'il y a une dissociation chez vous, si je peux dire,
04:29une dissociation, Maître Sofio Badia, entre l'avocat, l'avocate,
04:32et je comprends, de dire que ce n'est pas possible quand il y a une présomption d'innocence.
04:37Et finalement, ça devient un sujet politique.
04:38Et puis, la citoyenne, la femme, je vais dire, mais la citoyenne,
04:42quel que soit évidemment le citoyen, qui dit, écoutez, malgré tout,
04:46est-ce que c'est possible, est-ce que c'est décemment possible
04:49qu'il y ait des concerts, qu'un artiste soit acclamé,
04:52avec, c'est vrai que c'est le nombre de plaignantes ou de victimes présumées
04:55qui est mis en avant ?
04:56– Alors, d'abord, le nombre de plaignantes, c'est effectivement 32, c'est important,
04:59mais il est mis en examen pour l'instant pour 4 personnes
05:02et témoins assistés pour 4 autres personnes,
05:04ce qui signifie que 4 plaintes n'ont pas été considérées
05:07comme suffisamment étayées pour qu'ils soient mis en examen.
05:11Ça ne veut pas dire que je prends sa défense, je ne suis pas son conseil.
05:14– C'est pas du tout, c'est pas l'objet de notre débat.
05:15– Non, non, mais je vous dis, je défends des femmes agressées,
05:17je défends aussi des auteurs,
05:19donc je comprends qu'on puisse s'indigner et dire,
05:22mais alors, est-ce que la parole des femmes ne sera pas entendue ?
05:25Non, je dis, elle sera tout autant entendue,
05:27même s'il se produit en concert.
05:30Ça ne gomme pas la parole des femmes,
05:32là je m'adresse à vous, M. le maire,
05:34parce que ce n'est pas parce qu'on va le canceller
05:37d'une certaine manière pendant toute l'instruction,
05:39et vous l'avez rappelé, l'instruction, ça peut durer 4 ans,
05:41ça peut durer 5 ans, ça veut dire que lorsque vous dites,
05:44M. le maire, que la justice doit faire son travail
05:47et qu'on doit attendre, on peut attendre indéfiniment.
05:50Et pardon, mais j'avais noté la phrase de la maire
05:54de Dijon qui dit, non, on ne va pas attendre,
05:58il faut que maintenant, il soit mis à l'écart
06:01tant que la justice n'aura pas statué.
06:04Alors attendez, quand elle aura statué,
06:05et probablement, pardon de le dire,
06:07qu'il risque d'être condamné au moins pour une plainte,
06:10tant il y en a, effectivement,
06:12alors quand est-ce que la justice va statuer à la fin,
06:15ou est-ce que c'est maintenant qu'il faut le mettre à l'écart ?
06:18C'est ça la vraie question.
06:18Mais vous avez tout résumé, merci d'avoir tenté le débat,
06:20C'est pour ça, M. le maire, vraiment,
06:22je veux comprendre les fondements de votre décision,
06:25parce que je pense que vous y avez beaucoup réfléchi
06:27avant, j'allais dire, d'entrer dans ce mouvement,
06:30ce n'est pas anodin quand même,
06:31parce que je pense que vous avez beaucoup aussi
06:33de vos concitoyens qui ont envie, tout simplement,
06:35qui ont acheté un billet, ça coûte cher
06:38pour beaucoup de, évidemment, beaucoup de Français,
06:40c'est un budget qui se sont organisés,
06:42c'est aussi parfois un moment de plaisir
06:43quand on aime un artiste quel qu'il soit,
06:45et donc la prise de position que vous avez.
06:48Je veux l'interroger au-delà de la parole
06:51des victimes présumées.
06:52Qu'est-ce qu'il y a au-delà de cela ?
06:55Un tout petit point, mais ensuite, on oublie.
06:57Juridiquement, le maire peut tout à fait
06:58en arrêter en matière d'ordre public.
07:00C'est l'article 22-12.
07:02C'est un point important qu'il faut rappeler,
07:04ça a déjà été fait,
07:05il y a le préfet, certes, mais aussi le maire.
07:08La deuxième chose, mais nous, on ne se situe pas là,
07:10on se situe sur un sujet qui est tout simple,
07:12comme il n'y avait pas de contrat qui était passé,
07:13il y avait une sorte de pré-réservation,
07:15il s'agissait pour nous de décider, là, maintenant,
07:17si on devait confirmer, signer ce contrat ou pas.
07:20Ma position est un peu plus facile,
07:22et je ne juge pas les autres maires
07:24qui prennent des décisions différentes.
07:25Simplement, une autre chose,
07:27pour répondre directement à ce que vous dites,
07:29les Chartreins dans la rue, c'est mon rôle,
07:31ils m'interpellent, qu'est-ce qu'ils me disent
07:32leur soulagement de ne pas être au cœur de ce débat ?
07:35Parce que Chartres est la première ville
07:37qui devait commencer une tournée lourde,
07:39une tournée nationale,
07:40et qu'en juin, Patrick Bruel lui-même
07:43avait pris des décisions.
07:44Ça déconcilie le 2 octobre chez vous, c'est ça ?
07:46Le 2 octobre chez nous.
07:46D'accord, avant Paris, quoi, en fait.
07:48Avant Paris, bien sûr.
07:49Et Patrick Bruel lui-même avait pris la décision en juin
07:51d'écourter sa première tournée.
07:53Donc, on était tous partis du principe
07:55qu'il allait peut-être amender, modifier,
07:58réduire sa deuxième tournée.
07:59Il n'en a rien été.
08:00Donc, effectivement,
08:02le 2 octobre, c'est demain, en été,
08:04en termes de programmation,
08:05donc on a été obligés de prendre cette décision
08:06pour mettre en valeur également la parole des vies.
08:08D'accord, donc je comprends maintenant.
08:09Vous avez pensé, parié, assez légitimement,
08:12que lui-même allait peut-être se retirer,
08:15ou en tous les cas, faire une tournée
08:17beaucoup plus restreinte,
08:19mais personne n'est dans sa tête
08:21et je n'ai pas très envie.
08:23Bruno Jeudy, il est le producteur de sa tournée.
08:26C'est probablement la dernière tournée
08:28avant une bataille judiciaire,
08:30comme l'a dit Sophie Obadiac,
08:31qui promet d'être longue.
08:32Ce sont des batailles et des instructions
08:34où il y a, on va enquêter sur un faisceau de preuves.
08:37Je ne dis pas, moi, parole contre parole,
08:39mais c'est tout le travail de l'instruction.
08:41Il faut des preuves numériques, des témoignages.
08:43Donc, c'est un homme, un artiste,
08:45qui se dit, moi, j'ai eu ma carrière,
08:47je veux faire cette tournée-là.
08:50Est-ce que vous le comprenez
08:52ou est-ce que vous dites aujourd'hui,
08:53et puisque vous êtes un journaliste politique,
08:55non, ce qu'on exige des responsables politiques,
08:57il faut l'exiger des artistes.
08:59Je vous dis cela,
08:59parce que me vient en mémoire plein d'exemples.
09:02Je pense notamment, c'était Damien Abad,
09:04je crois, qui devait rentrer au gouvernement Borne.
09:07Qui est rentré, mais qui est ressorti sous la pression.
09:11Qui a démissionné pour une affaire grave,
09:13qui est d'ailleurs toujours en cours.
09:16Vous voyez aussi, vous voyez un petit peu
09:17le temps de la justice.
09:19Je pense que vous avez raison, Sonia.
09:19Il y a d'abord l'artiste,
09:20il tenait beaucoup à cette tournée,
09:24qui correspondait aussi à une tournée anniversaire.
09:26Enfin, voilà, donc c'était une très, très grande tournée.
09:28Mais il était producteur,
09:30donc il doit y avoir aussi,
09:31moi je ne suis pas spécialiste,
09:32mais il doit y avoir aussi des implications financières
09:34assez importantes.
09:36Parce que ce n'est pas tout à fait pareil
09:36que si c'est annulé par le préfet.
09:40Enfin, on voit très vite
09:41les conséquences juridiques
09:43et financières, évidemment.
09:46Après,
09:47de son point de vue,
09:51j'imagine,
09:51moi je n'ai pas discuté avec lui récemment,
09:53j'imagine qu'il doit penser
09:54qu'il reste quatre dossiers
09:57où il est mis en examen
09:58et que ses avocats lui disent
10:00qu'il va pouvoir faire valoir son innocence.
10:04Mais bon, on verra bien,
10:05l'instruction va être longue.
10:07Moi, je trouve que
10:10l'interdiction par les maires,
10:12je la trouve excessive.
10:13Parce qu'au fond,
10:14c'est quand même
10:16s'asseoir vraiment
10:17sur la présomption d'innocence.
10:20Après, lui,
10:21peut-être qu'il aurait été raisonnable
10:23jusqu'au bout
10:24de se retirer
10:27et de dire,
10:28comme souvent des politiques
10:29qui font une mise en retrait,
10:30mais le temps qu'il y a l'instruction...
10:31Ce sont des éléments
10:32qu'on ne maîtrise pas.
10:34Chacun a,
10:34je vais employer le mot,
10:36chacun place
10:37à un certain niveau
10:39la question de la décence.
10:41Est-ce que c'est décent
10:43d'être adulé,
10:44d'être applaudi,
10:45parce que c'est une carrière aussi,
10:46Patrick Noël,
10:47avec tant de victimes présumées,
10:51est-ce que c'est à lui-même
10:52de se retirer en disant
10:54je ne peux pas assumer...
10:55Je pense que c'est à lui-même,
10:56ce n'est pas au maire de le faire.
10:57Donc pour vous,
10:58ce n'est pas un sujet politique,
10:59alors que là, ça l'est.
11:00Je vais vous donner tout de suite
11:01la parole, maître.
11:02Non, mais juste un ajout.
11:03Lors de la discussion
11:04sur son contrôle judiciaire,
11:05la question de l'interdiction
11:07de chanter s'est posée.
11:09C'est-à-dire concrètement,
11:10est-ce que le juge
11:11lui a interdit
11:11de se produire sur une scène ?
11:13La réponse, me semble-t-il,
11:14est non.
11:15Donc, en se disant,
11:16le public choisira.
11:18Et comme vous l'avez dit,
11:19à un moment donné,
11:19il s'est retiré...
11:20Il a le droit de continuer
11:21de travailler.
11:21Oui, mais ça aurait pu
11:22lui être interdit.
11:23C'est ça que je veux vous dire.
11:24Donc, c'est là où je trouve
11:25qu'il y a un hiatus.
11:26Le juge n'a pas dit
11:28qu'il n'avait pas le droit
11:29de se produire.
11:30Or, on vient au cœur de l'été,
11:32alors que son contrôle judiciaire
11:34a été allégé
11:35et que ça a déplu,
11:37remettre une discussion
11:38et faire pression,
11:39me semble-t-il,
11:40en disant,
11:41non, c'est indécent
11:42qu'il chante.
11:43C'est à lui,
11:43vous avez raison,
11:44Bruno Jeudy,
11:44de décider.
11:45Faites question
11:46de la décence
11:46ou de l'indécence,
11:47il est très difficile
11:48à trancher.
11:48Vous savez pourquoi ?
11:49Même la publique
11:50ne la tranche pas.
11:51Parce que dans un exemple
11:52tragique,
11:53il y a quelques temps,
11:54évidemment,
11:55Noir Désir,
11:56Bertrand Cantat,
11:57eh bien,
11:58il a rempli des salles.
11:59Alors, c'était décent,
12:00c'était indécent.
12:01Il ne les remplit plus aujourd'hui.
12:02Est-ce que flottait l'image,
12:04le souvenir
12:05de Marie Trintignant ?
12:06Oui, probablement.
12:07Et l'époque a changé.
12:08Est-ce que ceux
12:09qui sont allés,
12:09vous diriez
12:10qu'ils sont indécents ?
12:11Ils ont fait un choix
12:12d'amour.
12:13Parce que quand on aime
12:14un chanteur populaire,
12:15c'est irraisonné,
12:16soyons clairs.
12:17C'est de l'amour,
12:18c'est du fanatisme.
12:19Bien.
12:20Ils l'ont fait,
12:20ce choix à l'époque.
12:21Aujourd'hui,
12:22je pense que Noir Désir
12:23n'a plus du tout
12:24de succès dans les salles.
12:25Voilà.
12:25Donc, il y a un moment aussi
12:26où l'époque vient...
12:27Plus mitigée, je ne sais pas.
12:28Non, aujourd'hui,
12:28ça ne marche plus pour lui.
12:29Bon, voilà.
12:30Plus au fait que moi.
12:31Mais non,
12:33simplement,
12:33c'est à la fois
12:34le juge
12:35qui doit décider
12:36quel est le cadre
12:37et le juge l'a décidé.
12:39C'est le public...
12:40Maître, ce n'est plus le juge,
12:40vous voyez bien,
12:41ça va beaucoup trop vite
12:42par rapport à la justice.
12:43Donc, c'est le public
12:43qui voit s'il y va ou pas.
12:44Ou alors les maires,
12:45ou les médias,
12:46ou tous ceux qui sont
12:47autour d'un plateau.
12:48Non, je crains la censure
12:49si c'est entre les mains
12:51d'un politique.
12:52Je crains la censure.
12:52Intéressant, Samuel Fitt aussi
12:53d'avoir votre avis,
12:54essayiste, chroniqueur.
12:55Moi, à titre personnel,
12:58c'est mon opinion subjective,
13:00je n'irai pas à voir
13:01un concert de Patrick Brouel
13:02avec les éléments accablants
13:03qui sont sortis dans la presse.
13:05Maintenant, je trouve
13:06ça relativement malsain
13:07que les maires imposent
13:10à leurs administrés
13:12leur opinion subjective.
13:14C'est-à-dire qu'il n'a pas
13:16encore été condamné.
13:18Donc, aujourd'hui,
13:19les Français ont le droit
13:20de penser ce qu'ils veulent,
13:22d'aller voir Patrick Brouel
13:23s'ils ont envie,
13:24de ne pas y aller.
13:25Et moi, je trouve,
13:26évidemment,
13:27quand c'est la mairie
13:28qui invite,
13:28évidemment, la mairie invite
13:29bien qui elle veut
13:30et je comprends aussi
13:31qu'elle puisse le désinviter.
13:32Mais le principe général,
13:34je me méfie quand même
13:36qu'un maire impose
13:37ses propres jugements de valeurs
13:38à ses citoyens.
13:40Et dans un pays libre,
13:42ça devrait plutôt être
13:43le choix de revenir aux citoyens.
13:43Il a parfaitement résumé les choses.
13:45Et je m'inquiète
13:45de la prendre glissante
13:46parce que demain,
13:48quelqu'un d'autre sera accusé.
13:50Ce sera peut-être moins grave
13:51que Patrick Brouel,
13:52mais un maire pourra
13:52subjectivement considérer
13:53que c'est aussi grave
13:54et donc interdire sa venue
13:55dans sa ville aussi, etc.
13:56Et donc, c'est cet engrenage
13:58dont je me méfie,
13:59même si en l'occurrence,
14:00je comprends parfaitement
14:01en même temps la décision
14:02parce que les éléments
14:03aujourd'hui sont accablants.
14:04Et moi, je ne vais pas interdire
14:06la lecture de Louis-Ferdinand Céline
14:07puisqu'il a collaboré
14:08dans les bruits de chartres.
14:10Simplement, dans ce sujet précis,
14:13non seulement on ouvrait la tournée,
14:14mais en plus,
14:15encore une fois,
14:16l'équipe de production
14:18de Patrick Brouel
14:18n'avait pas signé le contrat.
14:20Or, ce sont des pros.
14:21Donc, à mon avis,
14:22il y a eu des hésitations en face.
14:23Comme ils n'ont pas signé,
14:25ils nous revenaient
14:25de confirmer ou non.
14:26Et là, c'est une autre question.
14:27Est-ce que maintenant,
14:28on a envie de programmer
14:29Patrick Brouel ?
14:30Non.
14:31Bien sûr que non.
14:33Et vous maintenez
14:34votre position ?
14:36Oui, c'est une autre question.
Commentaires