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  • il y a 1 semaine
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00En parlant d'Edouard Philippe, je voudrais justement qu'on revienne à son interview parce que c'est important aussi
00:04qu'elle alimente nos discussions.
00:06C'était quand même une interview-événement ce soir sur BFMTV. Il est revenu sur un sujet qui lui tient
00:11à cœur, les arrêts maladie.
00:13On va l'entendre là-dessus. Il avait parlé, lui, qui avait dit vouloir mettre fin, je le cite, à
00:18l'open bar des arrêts de travail.
00:19Peut-être qu'on peut expliquer en quelques mots, Thierry ou Victor, celui qui est le plus à l'aise
00:24sur le sujet,
00:25pourquoi c'est un sujet, pas seulement pour Edouard Philippe, les arrêts maladie sont aussi dans le viseur du gouvernement
00:30?
00:31Elle est le premier qui répond.
00:33Parce qu'ils considèrent que le système est manipulé et qu'on déguise en arrêt du travail ce qui sont
00:43en réalité des façons de gérer des délais
00:47pendant lesquels on négocie une rupture conventionnelle.
00:49Et que donc ce système est manipulé et il faut donc en changer les règles pour raccourcir les arrêts du
00:55travail autorisés,
00:57les échéances auxquelles on met en place un certain nombre de renouvellements précisément pour lutter contre ce type d'abus.
01:0330 000 arrêts de travail prescrits chaque année par l'assurance maladie pour un coût de 18 milliards d'euros.
01:11Non, le coût est pour l'assurance maladie, pardon, 18 milliards d'euros pour l'assurance maladie.
01:15Et il y en a 30 000 arrêts prescrits chaque année par les médecins.
01:19Voilà ce que veut faire Edouard Philippe.
01:20Alors, il y est allé un peu moins franco sur ce sujet aujourd'hui.
01:25Beaucoup d'administrations ont constaté un développement de l'arrêt de travail limite,
01:30de l'arrêt de travail de confort parfois.
01:37Et que ces arrêts de travail, ils déstabilisent l'organisation de l'entreprise ou de l'administration ou du service
01:43public.
01:44Ils coûtent cher à la collectivité.
01:46Voyez-vous, on perd au fond le sens de l'utilité fondamentale de cette sécurité sociale.
01:53Est-ce que vous considérez aussi au Rassemblement National qu'il y a un sujet sur les arrêts maladies ?
01:58Est-ce que vous prévoyez que c'est un chantier qui fait partie de vos priorités ?
02:02Il y a un sujet sur la fraude sociale, évidemment.
02:05Mais sur la question des arrêts maladies, moi je considère que tous les malades, évidemment, ne sont pas des fraudeurs.
02:12Et s'il y a peut-être une augmentation des arrêts maladies, c'est aussi peut-être parce qu'il
02:16y a un mal-être au travail.
02:18Et en ce qui concerne la délivrance des arrêts maladies, moi je suis très respectueuse du secret professionnel pour les
02:23médecins.
02:24Donc en fait qu'on donne les moyens à l'État d'engager des contrôleurs pour qu'ils aillent traquer
02:31la fraude.
02:32Et ça aussi, c'était dans notre programme en 2022, nous avons présenté un livret qui vise à lutter contre
02:39la fraude.
02:40Et donc malheureusement, Edouard Philippe ne s'en est pas saisi.
02:42Vous voyez, j'aurais bien aimé qu'il fasse un petit peu avant, plutôt qu'une fois de plus, avoir
02:45une idée qui m'apparaît en plus être une mauvaise idée et assez stigmatisante quand il est candidat.
02:51François Calfond, on doit limiter ces arrêts maladies ?
02:54L'assurance retraite comme l'assurance maladie, c'est notre bien commun.
02:57Donc si on veut que ce système perdure, qu'il reste solidaire, il faut bien sûr faire en sorte qu
03:02'il le reste sur le fond des prestations et non pas qu'on distingue entre les uns et les autres,
03:07mais aussi qu'on le protège de la fraude.
03:09Et la première fraude, vous savez, quelle est-elle ? Parce que finalement, M. Edouard Philippe jette en pâture un
03:15certain nombre de choses, donc c'est l'antienne du salarié feignant.
03:20La première fraude sociale, c'est celle du non-plément par des employeurs des cotisations URSAF qui alimentent les caisses
03:27de retraite et d'assurance chômage.
03:31Et puis la deuxième chose que j'ai envie de dire, parce que je suis assez d'accord pour une
03:34fois avec ce que vous dites.
03:36Ah, vous vendre 3h42.
03:39Je ne vais pas dire que ça vestait rouge.
03:41Je ne vais pas me réjouir, vous soyez d'accord, je m'en fiche, moi je dis ce que j
03:44'avais à dire.
03:44Non mais d'accord, très bien, ne craignez pas que pour une fois j'exprime un peu.
03:48Il essaie de faire un pas vers vous.
03:50La deuxième chose que j'ai à dire, c'est qu'on doit se soucier de la santé au travail
03:56des travailleurs.
03:57Parce qu'on parle des arrêts de maladie, mais il y a aussi les burn-out.
04:01On parle de cela, mais il y a aussi de transport médical.
04:04Il faut absolument que nous nous soucions en amont par des politiques de santé publique, de RH.
04:10Souvent le burn-out, l'arrêt de travail, c'est quand ça se passe mal dans l'entreprise.
04:15On puisse les éviter.
04:17Et nous sommes très en retard.
04:18Notre pays est très en retard sur le plan de la santé publique.
04:21Je donne un seul exemple, les seniors en emploi.
04:24Vous allez en Finlande, dans toutes les entreprises, vous avez une salle de sport,
04:28peut-être qu'il y a BFM, il y en a une, où il y a des rameurs, où il
04:31n'y en a pas.
04:32Je ne suis pas au courant en tout cas.
04:34Payés par l'employeur et qui permettent sur la santé physique des travailleurs qui sont âgés,
04:39alors âgés c'est moins, c'est beaucoup de gens, plus de 50 ans, on est âgés en entreprise,
04:43de les maintenir en emploi plutôt que finalement les user jusqu'à la corde.
04:46Et à ce moment-là, user jusqu'à la corde, ils peuvent aller voir leur médecin en disant
04:51« j'en peux plus ».
04:52Par ailleurs, il y a une autre souffrance qui est en jeu.
04:55Je voulais juste dire simplement, par rapport à la masse que vous citiez,
04:58selon l'acception qu'on a de l'arrêt maladie, c'est entre 12 et 18 milliards d'euros.
05:02À chaque fois qu'on a fait des enquêtes sur les abus, et les abus existent,
05:05ce dont on parle, c'est de quelques dizaines de millions d'euros.
05:10C'est ce qu'on a réussi à montrer sur la masse totale qui dépasse les 10-15 milliards d
05:15'euros.
05:15Donc vous voyez que, en termes de masse, ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas lutter contre
05:22les abus.
05:22Mais si on compte là-dessus pour réduire de manière spectaculaire le déficit de la Sécurité sociale,
05:27il va falloir trouver autre chose.
05:28Non mais c'est ça plus ça plus ça.
05:29Oui, mais je trouve ça un peu inquiétant qu'on commence déjà à s'étriper autour d'une mesure,
05:37on va dire, de bon sens.
05:38Alors après, on peut dire, voilà, on peut la discuter.
05:41Enfin, je veux dire, on est quand même dans une situation, le déficit de la Sécurité sociale maladie, c'est
05:4525 milliards.
05:46Je suis d'accord, toute économie est bonne à prendre.
05:49Il n'y a aucun problème.
05:50Simplement, il ne faut pas promettre que ça va résoudre le problème.
05:52C'est ça le sens de Maroc.
05:53On est quand même dans une situation assez dramatique, à l'orée d'un budget, ça s'annonce très mal.
05:57Si on commence à ergoter sur, voilà.
05:59Et il y a quelqu'un qui propose, voilà, un candidat, on va dire, modéré,
06:03qui propose une mesure d'économie de bon sens.
06:07Je veux dire, on commence déjà à agir.
06:09Le bon sens, ce n'est pas forcément là où on croit.
06:10Moi, je vais vous donner un...
06:11Non, mais vous dites tout, c'est anecdotique,
06:13mais finalement, c'est comme quand le Rassemblement National nous annonce 125 milliards d'euros d'économie.
06:18Il nous dit, on va commencer par supprimer 120 taxes,
06:22notamment la taxe ski de fonds.
06:24Alors, beaucoup vont vous dire, oui, mais ça, c'est rien, c'est anecdotique.
06:26Mais en fait, ça commence aussi par là, non ?
06:28Peut-être sur l'assurance maladie, pour y en revenir, une seconde.
06:30Moi, j'ai dit ce que j'en pensais.
06:32Et je pense qu'il ne faut pas faire preuve de démagogie.
06:34Je trouve qu'il n'y en a pas eu sur ce plateau, c'est très bien.
06:36Donc, on limite et on encadre.
06:38Vous êtes d'accord ?
06:39L'élément dans la pièce de l'assurance maladie,
06:40c'est-à-dire des cotisations sociales basées sur le travail
06:43qui financent le système de protection sociale,
06:45c'est la destruction des emplois par l'intelligence artificielle.
06:48Parce que quand c'est Google qui remplace le travailleur,
06:52quand c'est le robot fabriqué en Chine qui remplace le travailleur,
06:54il y a zéro euro de cotisation sociale.
06:57Donc, tous les emplois détruits par l'intelligence artificielle ne cotisent pas.
07:00En Europe, c'est 250 milliards d'euros qui partent chaque année à la Silicon Valley.
07:05Donc, si on veut que notre...
07:06Parce qu'il y a une question de recettes, il y a la question des dépenses.
07:09C'est un autre sujet, François.
07:09Ah non, ce n'est pas un autre sujet.
07:11On ne s'en sortira pas si on ne met pas à contribution
07:14le transfert du travail qui passe des travailleurs aux machines
07:17et qui, elles-mêmes, ne sont pas taxées.
07:19Parce qu'il y a un sujet de dépenses, on vient d'en parler,
07:21mais il y a aussi un sujet de recettes.
07:22Plus vous détruisez l'emploi, plus vous avez une difficulté
07:25à financer votre protection sociale.
07:27Oui, c'est sûr.
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