00:00On avance, on avance, et encore, pardon, mais il y a un lien, vous parliez tout à l'heure de
00:03la loi intégrale prise Caterno.
00:05Il y avait une manifestation ce soir devant le ministère de la Justice, justement pour réclamer cette loi intégrale.
00:10Je le rappelle, c'est une loi, je veux dire, globale, générale, qui répond à un certain nombre de sujets
00:15précisément
00:16pour lutter contre les violences faites aux femmes, faites aux enfants également.
00:20Un candidat de gauche a voulu y participer tout à l'heure, c'est Raphaël Glucksmann. Voici l'accueil qu
00:25'il a reçu.
00:26Je lui reproche d'être là et de prendre la place, d'essayer de voler des voix de la gauche,
00:33et c'est pas la vraie gauche, c'est pas ça la gauche.
00:36Moi je ne veux pas de ça.
00:39Mais oui, c'est de la récup, il n'a rien à faire là, et personne ne veut de lui.
00:43Vous ne faites pas de bien à la gauche, avec votre équipe de macronistes autour de vous, vous vous présentez
00:51comme le candidat de la rupture, mais c'est pas possible.
00:53C'est votre point de vue, mais sur l'écologie, sur la justice sociale, sur les salaires des travailleurs, je
01:00n'ai pas en quoi tout ça, il n'y a rien à connaître.
01:02Sur l'égalité.
01:03De toute façon, ce n'est pas le sujet de la même session.
01:09C'est quoi le souci pour Raphaël Glucksmann ce soir ?
01:11Alors, j'ai eu une image un peu curieuse, j'ai imaginé Jean-Luc Mélenchon à la place de...
01:15Il n'y a rien d'acquis aujourd'hui, mais j'entends bien que...
01:19On n'attendait pas Roland Lescure.
01:20Alors ça, je...
01:21On n'attendait pas Roland Lescure.
01:22On n'attendait pas Roland Lescure.
01:24Roland Lescure descend.
01:25Pas tout de suite.
01:26Pas tout de suite.
01:27Roland Lescure, dans un instant, on parlera de l'épargne salariale.
01:29C'est quoi le problème avec Raphaël Glucksmann ?
01:30J'imaginais Jean-Luc Mélenchon à la place de Raphaël Glucksmann.
01:33Je pense qu'il n'aurait pas sauté à la gorge de cette militante.
01:35Mais en tout cas, l'échange aurait été beaucoup, beaucoup plus vif.
01:38Déjà, ça, c'est la première chose.
01:40Raphaël Glucksmann, ça dit toute la difficulté d'une campagne.
01:42On ne peut pas s'empêcher d'avoir une petite empathie humaine pour ce candidat.
01:46Parce que clairement, là, il ne le lâche pas.
01:48Il a beau essayer d'intervenir, et en plus, on voit bien qu'il a un peu de mal dans
01:52cet exercice.
01:53Il n'est pas dans le punch et dans la box tout de suite.
01:56Le problème de Raphaël Glucksmann, c'est qu'on en parlait tout à l'heure.
02:01Il y a une forme de radicalité qui est souhaitée par les Français aujourd'hui.
02:04Une grande partie des Français, on le voit bien quand on voit les sondages de Jean-Luc Mélenchon et de
02:09Marine Le Pen.
02:10Et donc, tous les candidats qui sont un peu plus mesurés, pondérés, voire discrets comme Raphaël Glucksmann,
02:15arrivent au milieu de militantes chauffées à blanc.
02:18Et on le dit, vous n'êtes pas la gauche.
02:19Et on lui dit, vous n'êtes pas la gauche.
02:20Et lui, il a beau dire, parce que moi, j'ai lu son programme en totalité,
02:23en effet, il y a plein de choses de gauche sur les salaires, sur la redistribution,
02:27sur même les violences sexistes et sexuelles.
02:29Il y a énormément de choses sur l'écologie.
02:32Mais visiblement, pour cette militante, ça n'a pas passé le mur du son.
02:35Et c'est peut-être moins un sujet d'émetteur qu'un sujet de décibel.
02:39Je pense que c'est aussi un sujet de timing.
02:42Je me permets à vérifier encore une fois, mais sauf erreur de ma part,
02:45je ne suis pas sûre que Raphaël Glucksmann ait été à d'autres rassemblements
02:49qui ont lieu assez fréquemment sur Place Beauvau.
02:53Et étonnamment, je le dis de façon à vérifier encore une fois,
02:56je prends toutes les précautions qu'il faut,
02:57mais il vient de se déclarer candidat et d'un seul coup, il apparaît.
03:00Et ça, ça peut aussi agacer...
03:02C'est plutôt à saluer.
03:03C'est plutôt à saluer, mais vous pouvez entendre aussi que ça peut aussi étonner,
03:06se dire, c'est ce qu'elle dit, la dame.
03:07C'est ce qu'elle dit, la récupération.
03:08C'est ce qu'il y a pas une forme de récupération.
03:10Il va falloir se préparer, on en a jusqu'en avril.
03:12Je sais, mais c'est pour ça que je le dis encore une fois,
03:14avec toutes les précautions qui sont nécessaires,
03:16parce qu'on a tous intérêt à ce que l'ensemble de la classe politique
03:19soit unanime et d'accord et disponible pour la loi intégrale qui arrive.
03:23Mais on peut comprendre aussi les mois.
03:25Je le dis à nouveau, je ne suis pas sûre qu'il ait été sur d'autres manières.
03:28Est-ce que vous dites, vous, que c'est de la récup ?
03:30C'est pour ça que je le dis, je ne sais pas s'il était avant.
03:32Mais je me permets de souligner ça.
03:33C'est oublier une chose, c'est que je pense qu'aucun candidat
03:37à l'élection présidentielle n'aurait été correctement accueilli
03:40ou n'aurait été appropi.
03:42C'est oublier le discours du maire de la petite commune
03:46de l'IANA, parce que l'IANA, c'est un peu ce qui a développé ce mouvement
03:55qui préexistait quand même à ce que l'IANA...
03:58Relancer la loi végétale dans les tiroirs d'Assemblée.
04:01Et donc, le maire avait eu un discours extrêmement virulent
04:05à l'endroit des élus et des responsables politiques nationaux
04:10en disant, en gros, j'exagère, c'est de votre faute
04:15si ça s'est passé comme ça, parce que vous êtes tous responsables.
04:18Et c'est exactement ce que pensent, je pense, beaucoup de Français,
04:23beaucoup de femmes, mais pas uniquement, parce que c'est pas uniquement...
04:26En l'occurrence, c'est aussi des violences sexistes.
04:29Et très peu a été fait de façon affirmative contre ces violences.
04:37Sauf que ça devient compliqué quand précisément
04:39quelqu'un vient vous apporter votre soutien
04:41et que vous ne voulez pas de ce soutien-là.
04:42Oui, mais il est tenu pour responsable.
04:43Oui, non, mais j'ai bien compris, j'ai bien compris.
04:44Évidemment, il a une responsabilité.
04:46Je vois quelque chose d'un peu différent,
04:48et ça a été souligné, bien sûr, par les interventions précédentes.
04:52Les hommes politiques et les femmes politiques en France,
04:53aujourd'hui, ont perdu la confiance des Français,
04:55la quasi-totalité des sondages le disent.
04:57Les maires résistent relativement bien à cette perte de confiance.
05:00Le maire est catalogué, est assimilé, comme un politique,
05:03mais un politique qu'on apostrophe à la sortie de l'école,
05:05il est toujours là, il répond au suffrage directement.
05:07C'est pour ça que vous voulez devenir maire de menton ?
05:10Je vous assure que ça faisait partie de mon calcul.
05:12Moi, je voulais...
05:13Je ne suis pas bien de remettre le couteau, n'en a plus.
05:14Bon, écoutez, moi, ça reste une défaite.
05:17Les élections, ça arrive à tout le monde.
05:18J'en reste...
05:20Je présente à des élections, c'est que non.
05:22Je ne vous inquiétez pas, je le prends pas mal.
05:23Je sais que M. Odole est bien trop gentil pour...
05:25J'en ai perdu aussi.
05:26Je sais bien, et d'ailleurs, je considère que c'est un grand compliment
05:29d'avoir perdu une élection.
05:30C'est déjà assez pas mal d'être candidat.
05:31Et deuxièmement, pour répondre à votre question,
05:32vous avez parfaitement raison.
05:33Moi, je considérais qu'un engagement politique
05:35qui ne passe pas par le suffrage immédiatement
05:37est un faux engagement politique.
05:39Essayer de se faire nommer quelque part,
05:41de se cacher sur une liste,
05:42enfin, ce n'est pas du tout ma conception de la chose.
05:44Et deuxièmement, moi, j'ai trouvé ça assez cohérent de dire...
05:48Moi, je n'ai pas du tout envie d'être député tout de suite.
05:50Je préfère plonger dans la vie, dans l'âme d'une ville,
05:53m'occuper de la police municipale, de la déchetterie,
05:55de la réouverture du musée, de la circulation, du stationnement,
05:58c'est-à-dire la politique de premier niveau.
06:00Et la seule où les Français ont encore un peu confiance,
06:03la seule où il n'y a pas ce dégoût, ce rejet immédiat,
06:06comme certains parlementaires ou des politiques nationaux en général,
06:09en disant que vous êtes en vérité l'incarnation du mal.
06:12On le voit d'ailleurs, malheureusement, je pense,
06:14avec la candidature de M. Philippe.
06:15Rien contre lui, mais je trouve que c'est assez utile.
06:17Rien contre lui, mais quand même, pourquoi ?
06:19C'est quoi le problème avec Édouard Philippe ?
06:20Maire du Havre, justement, précisément.
06:21Mais regardez, c'est assez intéressant.
06:23Il y a 15 ans, il y a 20 ans,
06:25Édouard Philippe aurait été, dans l'espèce de mentalité de droit traditionnel,
06:29le candidat parfait, député, premier ministre, maire,
06:32connaissant les dossiers, homme d'expérience,
06:35il a fait tous les postes.
06:36Aujourd'hui, l'équation, mais dans l'espace d'une vie,
06:39de ma vie, de ma jeune vie,
06:40s'est complètement renversée.
06:42Aujourd'hui, il a été député, il a été premier ministre,
06:44il est donc l'auteur des problèmes.
06:46Donc on est passé d'un monde qui récompensait l'expérience politique
06:49à un monde qui le punit assez directement.
06:52Et au contraire, les partis qui n'ont jamais été au pouvoir
06:54sont, eux, ceux qui aujourd'hui mènent les sondages
06:56et récoltent à peu près la moitié de l'électorat français.
06:59Cela dit, il y a de quoi s'inquiéter,
07:01parce que les maires, justement,
07:02sont beaucoup moins en odeur de sainteté que vous ne le dites.
07:05Maintenant, ils sont à portée de baffes.
07:08C'est aussi ce qui fait l'intérêt de la mission,
07:12mais il y a quand même eu beaucoup, beaucoup de violence
07:15ces dix dernières années contre les maires,
07:17de telle sorte qu'il y a énormément de Français
07:19qui ne veulent plus, justement, concourir à la municipalité,
07:25parce que c'est parfois très compliqué.
07:29– Julien Andoul, un de sort du bois.
07:30Ensuite, il faut qu'on entende quand même Roland Lescure
07:32parler aux salariés de ce pays,
07:34les 10 millions de salariés qui touchent de l'intéressement
07:35et de la participation.
07:36– Oui, pour revenir sur cette participation
07:39un petit peu échauffée pour Raphaël Glucksmann,
07:42je pense que le drame de Liana a tellement choqué les Français,
07:46il les a tellement bouleversés,
07:47il les a tellement mis en colère sur les dysfonctionnements,
07:50sur les défaillances de la justice, de l'appareil d'État,
07:54que de voir un politique qui, effectivement,
07:56n'a pas de responsabilité, à propos d'en parler,
07:59puisqu'il n'en a jamais exercé,
08:01de voir un politique qui incarne, j'allais dire,
08:03tout ce que le système peut-être a fait de pire
08:05en termes de robinets d'eau tiède,
08:07de paroles mielleuses,
08:10de propos tellement insipides
08:12que finalement, ils en deviennent grotesques,
08:15je pense qu'il y a un décalage,
08:16je pense qu'il y a plus qu'un problème de timing,
08:18il y a un problème de température.
08:19– Vous auriez été accueilli comment à cette manifestation ?
08:21– Mais je pense très mal,
08:22mais je pense très très mal,
08:24déjà parce que la plupart des personnes,
08:27en tout cas à Paris,
08:29il ne vous aura pas échappé que les résultats parisiens
08:31ne sont pas forcément très favorables au Rassemblement National,
08:33mais globalement, il y a une telle colère
08:36que le fait qu'un politique vienne
08:39tenter de prendre la lumière,
08:41essayer avec des caméras
08:43de décrocher quelque chose
08:44dans ce moment d'émotion,
08:46ça ne pouvait être que mal se passer.
08:48– Vous me permettez un parallèle rapidement,
08:50j'étais au 1 an du 7 octobre,
08:53organisé par le CRIF,
08:54avec la présence inattendue de François Hollande,
08:57qui s'est fait huer et chahuter
08:59pendant la soirée,
09:01assez gentiment,
09:01mais quand même assez sévèrement.
09:03On avait à peu près eu la même conversation,
09:05mais est-ce que ce n'est pas de la récupération, etc.
09:07Je trouve qu'il y avait quand même
09:09une bonne dose de courage
09:10dans la démarche de M. Hollande.
09:11– Ah, y aller en sachant que ça allait pas se passer ?
09:13– Précisément,
09:14on peut l'accuser d'essayer de récupérer la chose,
09:17c'était certes une erreur d'y aller,
09:18ça aurait été une erreur plus grande de ne pas y aller.
09:20– Anne, vous voulez réagir ?
09:21Sinon on avance, les salariés ?
09:23– Je pense que c'est aussi un représentant de la gauche,
09:25que la gauche a énormément déçu sur ce sujet
09:27ces dernières années,
09:29par 10 ans de déception,
09:32parce que la grande cause du quinquennat
09:33était censée être la défense des femmes et des enfants
09:37et que cette décennie a beaucoup déçu.