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Les invités de #HDPros2 débattent des grands thèmes de l'actualité. Présenté par Pascal Praud du lundi au jeudi et Julien Pasquet le vendredi.

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00:01Bonsoir à tous et bienvenue dans l'heure des pros 2, une émission qu'on va consacrer à Philippe Bouvard,
00:07l'homme qui a 60 ans de radio, 60 ans de télé, 30 000 articles, plus de 50 livres, 6
00:12000 émissions de télévision et 18 000 émissions de radio.
00:16On va revenir un petit peu sur sa carrière, parler de lui avec ceux qui l'ont bien connu en
00:20plateau.
00:21Avec moi, Philippe Candeloro, bonsoir.
00:22Bonsoir.
00:23Ancien patineur artistique, bien sûr, et ancien sociétaire des grosses têtes, Fabien Lecoeur, bonsoir.
00:28Bonsoir, Eladie.
00:28Spécialiste de la chanson française, des acteurs, de tous ces gens qu'on aime.
00:32Et Joseph Massescaron, bonsoir.
00:34Bonsoir.
00:35Essayiste et consultant.
00:36Pour commencer cette émission, d'abord l'hommage du chef de l'État, Emmanuel Macron, qui s'est exprimé sur
00:42les réseaux sociaux.
00:43Philippe Bouvard aura accompagné des générations de Français par sa voix, son esprit, sa liberté de ton et son humour.
00:49Ce goût si français du bon mot, la France perd une figure libre, une grosse tête.
00:53Pensez à sa famille, à ses proches et à tous ceux qui l'ont aimé et écouté.
00:57Et on va regarder un extrait de la carrière de Philippe Bouvard.
01:03Humoriste, journaliste, animateur de radio, de télévision, écrivain, Philippe Bouvard a toujours été inclassable.
01:10Touche à tout de génie, cet observateur sans concession de ses contemporains en a égratigné plus d'un de sa
01:17plume trempée au vitriol.
01:18Parfois cynique, mais au final, pour mieux en rire, il ne s'épargnait pas et pratiquait volontiers l'autodérision.
01:25À la question « Comment pensez-vous que l'on se souviendra de vous ? » il répondait.
01:30« Je pense qu'on ne se souviendra pas de moi. Je pense que la postérité, je pense que je
01:37vais laisser une soixantaine de livres qui encombreront davantage les bibliothèques que les mémoires. »
01:44Philippe Bouvard le reconnaissait. Il est toujours resté ce petit enfant juif, abandonné par son père à la naissance, un
01:506 décembre 1929, et obligé de se cacher pendant la Seconde Guerre mondiale.
01:56« Mais ça m'a laissé le souvenir d'une enfance traquée, douloureuse, qui fait que je suis aujourd'hui
02:04un peu moins européen que d'autres. »
02:07Doué pour l'écriture, mais pas pour les études, il va échouer trois fois au bac.
02:11En 1952, Philippe Bouvard entre au Figaro comme coursier. Il a 23 ans et va gravir tous les échelons.
02:19Le simple stagiaire deviendra journaliste, éditorialiste et finalement rédacteur en chef à François.
02:25Il sera également chroniqueur à l'Express, Paris Match, puis au Point.
02:28La radio lui fait du pied. En 1977, il lance les grosses têtes sur RTL.
02:33L'émission deviendra culte et pendant un temps, la plus écoutée du PAF.
02:38Philippe Bouvard l'animera pendant 37 ans.
02:40A la télévision, son petit théâtre de Bouvard sera une rampe de lancement pour toute une génération de comédiens.
02:46Malgré son éviction des grosses têtes et la fin de plusieurs collaborations,
02:50Philippe Bouvard ne prendra jamais sa retraite et restera jusqu'au bout ce trublion impertinent, prêt à tout pour un
02:56bon mot.
02:59Fabien Lecoeur, on vient de voir la carrière résumée, forcément, de Philippe Bouvard.
03:04Mais on voit, c'est effectivement un homme qui invente des concepts comme les grosses têtes, comme le petit théâtre
03:09de Bouvard.
03:09C'est quelqu'un qui n'a jamais lâché, malgré effectivement des études pas forcément réussies,
03:15qui a eu véritablement cette envie d'être journaliste, d'être dans le monde des médias et surtout, je le
03:20disais, 60 ans de télé et de radio.
03:22– Oui, mais au-delà d'avoir inventé des concepts, comme vous le soulignez très bien, il a inventé un
03:27ton.
03:27C'est-à-dire qu'avant 1968, lorsqu'une personnalité, un artiste du monde du sport, de la politique, de
03:33la chanson, peu importe,
03:34venait sur un plateau de télé, il y avait une forme de consensualité, on va dire, avec la personnalité interviewée,
03:42c'est-à-dire qu'on se formait aux fiches que donnait l'attaché de presse, on donnait souvent les
03:45questions à l'artiste.
03:46– Et à partir d'une émission sur RTL qui s'appelait RTL Non-Stop, entre 68 et 73,
03:54après il y a eu le samedi soir, la fameuse émission, samedi soir que redoutaient tant les personnalités et les
03:59artistes
03:59pour participer à cette émission parce qu'ils sortaient des questions promotionnelles pour la sortie d'un livre, d'un
04:04disque ou d'un film.
04:05Et à partir de là, les gens craignaient, alors il y en a qui étaient très très bons en émission
04:10en direct, le samedi soir,
04:13après il y a eu Maxime aussi, dans la même lignée aussi, ça se tournait d'ailleurs chez Maxime, rue
04:17Royal à Paris,
04:18et pareil avec un ton qui était très innovateur, personne ne parlait encore à des Salvador Dali, des Michel Polnareff,
04:26avec un ton toujours un peu, ce qu'on ne posait pas usuellement à la télévision.
04:30Et ça, ça a changé l'époque. Et c'est pour ça que Laurent Ruquier, ce matin, qui a rendu
04:35un merveilleux hommage à Philippe Bouvard,
04:38il a dit que lui-même faisait partie des enfants de Philippe Bouvard.
04:41Avant Laurent Ruquier, il y avait eu Christophe de Chavannes, tous ces gens de talent qui, à un moment donné,
04:46ont amené une nouvelle manière d'interviewer les personnalités, presque en se moquant d'eux, avec beaucoup de gentillesse et
04:54de drôlerie.
04:55Oui, de tendresse.
04:56Marc-Olivier Faugel, je pense à lui, je pense à Thierry Ardisson.
04:59Non, à partir de là, la télévision, on va dire à partir de 1971, n'est plus la même télévision,
05:04grâce à Philippe Bouvard.
05:05Il a été, pour moi, c'est un pionnier, avec des questions impertinentes, évidemment.
05:11Et puis, surtout, les grosses têtes, Philippe Candeloro, c'était bien sûr un concept, mais c'était une ambiance, c
05:16'était une famille.
05:17Et on sent aussi pourquoi les gens ont aimé suivre cette émission, parce que c'était de la taquinerie, beaucoup
05:22d'affection.
05:22On a l'impression, entre tous, ces sociétaires, et on le voit, c'était des cartons d'audience.
05:28Il y avait parfois jusqu'à 2 millions d'auditeurs pour les grosses têtes.
05:32Ce sont des scores, aujourd'hui, en réalité, qu'on ne voit plus.
05:35Ce qui était génial, c'est que quand Philippe Bouvard vous appelle pour faire partie des grosses têtes,
05:39je ne sais pas, c'est comme la première fois qu'on a donné mon nom à une patinoire.
05:43C'est tellement honorifique.
05:44On est là, on est tout excité.
05:46Par contre, quand on arrive dans l'arène, avec tous ces gros lions qui sont là, que ce soit Carlos,
05:51Sim,
05:51moi, je me rappelle de cette époque.
05:53Et là, Bouvard, il mettait quand même de la pression, parce qu'il fallait être à la hauteur.
05:58Moi, j'étais juste un sportif, il n'était pas comique de service.
06:02Et puis, je crois qu'il a bien aimé mon ton, et j'ai bien aimé ce personnage,
06:06parce qu'il m'a accueilli comme si j'étais une nouvelle recrue des sociétaires.
06:11Alors, je ne suis pas resté très longtemps, mais en tous les cas, le peu de fois où je suis
06:14allé aux grosses têtes,
06:15un, il m'a bien traité, deux, il me défendait, parce que je n'étais pas toujours aussi à la
06:20hauteur de l'émission.
06:21Oui, il fallait se mettre aussi, j'imagine, dans le rythme, dans l'ambiance.
06:24Quand on débarque, ça ne doit pas être tout de suite évident.
06:26Pour ceux des sociétaires qui étaient là tous les jours, c'était hyper facile,
06:29parce qu'eux, ils étaient là, ils racontaient leurs conneries.
06:31Et puis moi, j'ai grandi avec toutes ces conneries, à l'époque de Coluche, à l'époque de Carlos.
06:35Tous ces gens-là, moi, ont fasciné mon enfance.
06:38Donc, en fait, quand je me suis retrouvé avec eux, autour de la table, et ce Philippe Bouvard,
06:41avec cette fameuse musique de Rocky, qui débarquait tous les jours,
06:44c'est une musique sur laquelle j'ai patiné.
06:46Donc, quand j'arrive dans le truc, j'ai même fait faire une séance de gym à Philippe Bouvard.
06:51Avec une réussite certaine ?
06:53Ah oui, en plus, j'avais mis sa cravate autour du crâne, comme ça et tout ça,
06:57et je lui ai essayé de lui faire faire des pompes, sauf qu'il avait bratté de mon petit.
07:01Finalement, il n'avait pas besoin de faire des pompes.
07:02Incapacité à faire des pompes.
07:02Il ne faisait pas de pompes, mais c'était très drôle.
07:05Et puis moi, ce qui m'amusait, c'est que quand on faisait une connerie, tout le monde se marrait.
07:08Même lui en premier.
07:10C'est-à-dire qu'à partir du moment où il y avait son siège qui rebondissait comme ça,
07:14tout le monde n'était pas obligé de rire, mais en tout cas, tout le monde riait.
07:17C'était un rire évidemment communicatif.
07:18On va revoir d'abord la première apparition télé de Philippe Bouvard.
07:23C'est toujours émouvant, évidemment, de revoir la première télé de ces stars du monde médiatique.
07:29On la regarde ensemble.
07:31Michel Arnault et moi-même, nous avons pensé vous demander de participer à un grand concours,
07:35à un concours de SESI, vous l'avez déjà deviné.
07:37C'est très simple.
07:38Vous avez certainement dans votre entourage proche ou dans votre entourage lointain
07:41des gens qui ressemblent à des personnalités célèbres du monde des arts, de la politique, du sport, que sais-je.
07:48Bref, vous avez sûrement fréquenté une fausse Sophia Loren, un faux Winston Churchill.
07:53Eh bien, ce que nous nous demandons, c'est encore plus simple, c'est de nous les indiquer, avec photos
07:57à l'appui pour que nous puissions juger sur pièce,
07:59c'est de nous adresser trois photos du SESI, deux photos de profil et une photo de face, avec si
08:06possible une courte biographie,
08:08de nous les adresser, et là j'insiste bien, avant huit jours, à la télévision française, chez vous ce soir,
08:15le physique de l'emploi, télévision française 15 rue Cognac-Jet.
08:19Et alors là, nous vous réservons une petite surprise, parce que la télévision française va prendre en charge le ou
08:24les gagnants,
08:25parce que nous allons les faire venir à Paris, et leur donner la possibilité de tourner un petit bout de
08:31rôle dans un petit film
08:32où ils pourront tenir exactement l'emploi de la célébrité à laquelle ils ressemblent tant.
08:38Joseph Mazescaron, c'est drôle de réentendre ça, parce que c'est aussi un ton, c'est une époque,
08:42et c'est vrai qu'à chaque fois qu'on a des stars comme ça, de la télé ou des
08:47artistes, des acteurs ou des chanteurs,
08:49on voit aussi toute une époque qui s'en va, parce que ce sont autant de générations qui, au long
08:53de ces 60 ans de carrière,
08:55ont pu rire avec Philippe Bouvard, ont pu s'émouvoir avec lui, ont pu le découvrir, découvrir des talents aussi.
09:00Oui, tout à fait. Il a, alors bien sûr, il y a beaucoup de personnes qui disent,
09:05nous sommes les enfants de Philippe Bouvard, nous sommes les enfants de Philippe Bouvard.
09:08Je ne sais pas s'il y a tant d'enfants de Philippe Bouvard que ça, pour être franc.
09:12Moi, je l'ai connu surtout au Figaro, et très bien connu au Figaro Magazine.
09:17Je pourrais en parler après.
09:19Mais ce qui me frappe, c'est qu'il a inventé quelque chose.
09:22Il a inventé un métier.
09:24Il a inventé un métier.
09:25Parce que ce qu'il faisait, je ne vois pas de personnes pouvant avoir une palette aussi large.
09:31Oui, c'est pas facile de faire tout à la fois.
09:34Là, ce qu'il vient de faire, c'était, je pense vraiment aussi,
09:38comme à des émissions passées donc Me Voir ou autres, qui étaient avant le théâtre Bouvard,
09:42ce qui m'a vraiment frappé, c'est qu'il était en permanence, en permanence, en éveil,
09:48son instrument en éveil, pour d'abord capter l'air du temps, mais pas pour le reproduire,
09:55pour faire un pas de côté et dire, vous voyez, ça c'est l'air du temps, c'est comme
09:58ça,
09:59et je vais vous le montrer autrement, avec à la fois de la profondeur et de la légèreté.
10:06Et sa palette était immense.
10:10Et moi, ce qui me frappe, c'est qu'on parle d'humoriste.
10:15Oui, bien sûr, c'est un humoriste.
10:16Oui, c'est un écrivain.
10:17Oui, c'est un billettiste formidable.
10:20Moi, je pense vraiment à des grands billettistes comme Violat quand on le lit.
10:24C'est absolument évident.
10:26Et ses livres aussi, ils sont des livres qui sont joyeux, qui sont ouverts.
10:32C'était l'époque également de Pierre Daninos, de toute une génération.
10:35Et lui, à chaque fois, parce que c'était quelqu'un de très sérieux.
10:39Moi, je l'ai vécu comme une personne extrêmement sérieuse,
10:43qui travaillait vraiment énormément et tout le temps.
10:46Tout le temps, tout le temps, tout le temps.
10:47Et lui, dans sa spécialité à chaque fois, il allait, mais vraiment au fond des choses.
10:53Et on va continuer à en parler aussi avec Denis Caro.
10:56Vous êtes journaliste et l'ancien patron de la rédaction de Nice Matin.
10:59Parce qu'il y a deux ans, Philippe Bouvard, vous avez contacté.
11:03Il voulait réaliser en fait sa dernière interview qui est publiée aujourd'hui.
11:08Justement, je veux remercier tous ceux qui m'ont fait travailler.
11:11C'est le titre, Philippe Bouvard, qui s'était confié à Nice Matin, avant sa mort,
11:15pour livrer son testament journalistique.
11:18C'est vraiment assez original, en fait, ce qui s'était passé.
11:22C'était à l'époque, Philippe Bouvard, qui se sentait malade, peut-être, sur la fin,
11:26et qui avait décidé de dire lui-même ce qu'il retenait de sa carrière
11:30et de dire lui-même ce qui était important, ce qui avait jalonné aussi sa vie.
11:35Oui, effectivement, les circonstances de cette interview étaient assez étonnantes.
11:40J'ai reçu un vendredi matin, le 11 octobre 2024, un coup de fil de son assistante
11:47qui m'a dit, Philippe, ne va pas bien, il a peur de ne pas passer le week-end,
11:52il veut vous parler.
11:54J'ai abandonné, c'est en se tenant toutes mes activités.
11:58Je me suis rendu chez lui, dans son appartement de Cannes.
12:02J'ai attendu qu'il arrive, il est sorti de sa chambre.
12:05Il avait pris soin de mettre un peignoir, il avait un foulard autour du cou et des lunettes noires.
12:16Et pendant de longues minutes, il s'est confié.
12:20Il m'a expliqué qu'il voulait se livrer à un journaliste,
12:24parce qu'il a aimé profondément ce métier qu'il a exercé pendant de très longues années.
12:30Et il avait un attachement extrêmement fort à Nice-Matin.
12:34Il faut savoir que pendant 14 ans, tous les jours de l'année,
12:37il a livré un billet qui était un bijou de précision et d'humour
12:43qui était publié à la une du journal.
12:46Et c'était un métronome.
12:47On recevait ce billet tous les jours, à la même heure.
12:50Et c'était un régal.
12:52Ce qu'il dit aussi dans cette interview, il dit que ce qu'il retient notamment de sa carrière,
12:56c'est sa chronique de première page du Figaro,
12:59la direction générale de François et son billet quotidien justement dans Nice-Matin.
13:03C'est intéressant qu'il cite ces exemples-là,
13:05parce que je pense que beaucoup de Français aujourd'hui retiennent plutôt bien sûr
13:08les grosses têtes, ses émissions de télé, de radio ou le petit théâtre de Bouvard.
13:13Et lui, en réalité, il aimait aussi rappeler le plaisir qu'il avait eu dans la presse écrite
13:19qui était d'abord son premier métier et visiblement ce qu'il voulait retenir aussi de sa carrière.
13:25Effectivement, il était très fier des grosses têtes particulièrement.
13:29Mais son premier amour professionnel, c'est vraiment la presse écrite.
13:35Il m'avait expliqué lors de l'interview qu'il a eu jusqu'à 11 collaborations simultanées.
13:40Il travaillait de 6 heures du matin à minuit, avec un rythme absolument dingue.
13:48Il avalait un sandwich et il menait ses autres activités de front.
13:53Et il a toujours eu une affection particulière pour le journalisme, pour les journalistes.
13:59Et il m'expliquait aussi qu'il nous plaignait d'exercer notre profession
14:04dans les conditions qu'on connaît aujourd'hui.
14:06Il a vraiment vécu l'âge d'or.
14:08Et effectivement, ça a été beaucoup dit.
14:10C'était un monument du journalisme, Philippe Bouvard.
14:14Il a inventé beaucoup de choses.
14:15C'est quelqu'un qui n'avait pas, pour obsession, de plaire,
14:20qui n'avait pas peur de déplaire,
14:21et qui a effectivement inventé un ton qui a été énormément imité
14:27et qui l'est toujours par des générations de journalistes.
14:30Ce qui est touchant aussi dans cette interview, c'est qu'il parle de sa famille.
14:34Il se dit inquiet, notamment pour ses enfants, ses petits-enfants,
14:36parce qu'il avait l'impression, quand il s'était confié à vous,
14:40que ses enfants et ses petits-enfants n'auraient jamais son bonheur à lui,
14:44signe qu'on était dans une autre époque, une époque où peut-être que les choses sont moins possibles.
14:49C'est aussi touchant de se dire qu'au moment où il pensait partir,
14:52son inquiétude, elle se portait vers ce qu'il aimait.
14:55Il voulait s'assurer, en fait, qu'il puisse avoir une petite partie aussi du bonheur qu'il a pu
14:59vivre.
15:00Oui, parce que Philippe Bouvard, il a été heureux, très heureux, professionnellement,
15:06dans sa vie personnelle aussi, même si elle a occupé un peu moins de place.
15:10Ce bonheur-là, il en était fier, et au moment de faire le bilan de sa vie professionnelle,
15:17c'est vraiment ce qu'il retenait.
15:20Il a effectivement confié son inquiétude pour ses enfants, ses petits-enfants,
15:24de vivre dans un monde différent de celui qu'il a connu,
15:29avec beaucoup de sources d'inquiétude.
15:32Et avec aussi, et il a insisté énormément là-dessus,
15:35un personnel politique qu'il ne jugeait pas à la hauteur des événements.
15:41Il s'est souvenu de beaucoup d'interviews d'hommes politiques.
15:45Il faut savoir que, et on a du mal à l'imaginer,
15:49il a interviewé René Coty en 1953.
15:53Il a connu ensuite tous les autres présidents,
15:55il a été proche de certains,
15:57et plus le temps a passé,
16:00plus il portait un jugement dur sur les politiques,
16:04et notamment le dernier, Emmanuel Macron,
16:08qui ne portait pas particulièrement dans son cœur.
16:10Une seule exception, le maire de Cannes, David Lysnard,
16:13à qui il prédisait,
16:15et il a prédit jusque dans ses derniers moments,
16:20une grande carrière.
16:22Vous avez cité René Coty,
16:23il y a une anecdote incroyable dans l'interview
16:26qui concerne justement René Coty,
16:29ce moment où en fait,
16:30Philippe Bouvard doit lui annoncer une nouvelle un peu particulière.
16:35Oui, lui annoncer et annoncer à sa femme
16:39qu'il vient d'être élu président de la République,
16:42c'est Philippe Bouvard qui s'en est chargé,
16:46et ce mot qui est absolument incroyable aujourd'hui,
16:52la réponse de l'épouse de René Coty,
16:55je vais faire une tarte.
16:57Et je voulais qu'on termine sur cette anecdote,
16:59parce qu'elle est absolument incroyable,
17:01tant dans le moment historique,
17:02qui est la réponse de l'épouse de René Coty,
17:04qui elle reste évidemment très pragmatique.
17:07Merci beaucoup Denis Caro d'avoir été avec nous,
17:09et on peut donc retrouver cette interview dans Nice ce matin.
17:13Juste avant la pause,
17:14vous vouliez rajouter quelque chose Fabien ?
17:15Alors une chose importante,
17:16parce qu'il m'avait confié,
17:17il avait rédigé son tout premier article,
17:19il était encore au lycée,
17:20c'était pour le journal du lycée
17:22qui s'appelait Scola 44,
17:23on est en janvier 1944,
17:26et il faisait déjà un édito
17:28toutes les semaines dans le journal du lycée,
17:30ce qui est quand même incroyable.
17:31Il est rentré au Figaro derrière,
17:34en étant simplement coursier,
17:35on l'a déjà précisé,
17:36mais surtout il aura sa première carte de presse
17:38pour pouvoir gagner sa vie,
17:39ce sera le 5 janvier 1953.
17:42À partir de là,
17:43sa carrière va commencer,
17:44et surtout on va apprécier le ton
17:45qu'il utilise en presse,
17:47et d'ailleurs,
17:48Nice Matin l'a très bien expliqué,
17:50d'ailleurs Denis,
17:51c'est-à-dire qu'il avait un ton très particulier,
17:53à lui,
17:54et très novateur.
17:55Dans une époque,
17:56il faut bien recontextualiser les choses,
17:58on est dans les années 50,
17:5960,
18:00le ton,
18:01si on relit les journaux de l'époque,
18:02n'était pas du tout le même qu'aujourd'hui.
18:04Non.
18:05C'est-à-dire qu'on arrangeait un peu les vérités,
18:08on réécrivait un petit peu l'histoire pour qu'elle soit...
18:10Les interviews,
18:10c'était plus ceux de Michel Droit que de Bouvard.
18:13Parfaitement.
18:14Et lui,
18:14d'un seul coup,
18:15il a mis un coup de pied dans la fourmilière,
18:16et alors,
18:17l'image qu'on a vue en début de cette émission,
18:20Elodie,
18:20elle est géniale,
18:21c'est sa première émission,
18:22par Michel Arnault,
18:23où il lance un jeu de sosie.
18:25Et moi,
18:26il m'avait raconté l'histoire,
18:27parce qu'il avait été très impressionné,
18:29par...
18:29Vous savez qu'il y avait eu un concours de sosie en 1935,
18:32en France,
18:33pour le meilleur sosie de Charlot,
18:36Charlie Chaplin,
18:36qui était l'idole des enfants dans les années 30,
18:38évidemment.
18:39Et le vrai Charlie Chaplin s'est présenté au concours,
18:42il est arrivé quatrième.
18:43C'est vrai.
18:44Bon, c'est quand même génial.
18:45Cette idée avait marqué Philippe Bouvard,
18:48évidemment,
18:48dans son enfance.
18:50Et il a voulu faire...
18:52Il a proposé à Michel Arnault,
18:53qui est une grande productrice de télévision,
18:55à qui l'on doit aussi
18:56les débuts de carrière de Michel Drucker
18:57et de tant d'autres,
18:58il faut le rappeler.
18:59Et Michel Arnault avait dit,
19:00mais vous avez parfaitement...
19:02Vous faites ce que vous voulez.
19:03Et il était reparti de ce concours de Charlie Chaplin.
19:05On va relancer les concours
19:07avec Claudia Cardinal,
19:09Sophia Loren,
19:10Churchill,
19:10De Gaulle et les autres.
19:11Ceux du moment.
19:12Et ça lui avait donné cette idée.
19:14Donc, il s'inspire en même temps
19:15de la vie,
19:15du quotidien des Français.
19:16Et c'est important de le préciser.
19:18Et on va marquer une pause
19:19dans cette émission,
19:20mais on revient évidemment
19:21avec d'autres archives
19:22de la carrière de Philippe Bouvard
19:24et encore beaucoup d'anecdotes,
19:26évidemment,
19:26à vous raconter.
19:27Restez avec nous.
19:28A tout de suite.
19:33On continue cette émission
19:34consacrée à la carrière
19:35de Philippe Bouvard.
19:36Il s'était prêté
19:37à un exercice
19:38qui n'est pas commun
19:39avec l'humour
19:40qu'on lui connaît.
19:41Il s'était auto-interviewé.
19:43On voit cette séquence.
19:45Philippe Bouvard,
19:47vous aimez-vous ?
19:48Eh bien, je vais vous surprendre.
19:50Non, je ne m'aime pas.
19:52Mais je me supporte
19:53parce que je me nourris.
19:55Trop et trop bien,
19:56d'ailleurs,
19:57prétendre mes ennemis lointains,
19:58mes amis intimes
19:59et mon tailleur.
20:00Moi, ça m'est égal
20:02parce qu'il y a très longtemps
20:03que mon tour de tête
20:05m'inquiète plus
20:05que mon tour de taille.
20:06Tout le monde dit,
20:07tout le monde répète
20:08que vous êtes méchant.
20:09Écoutez,
20:10si c'était vrai,
20:11on ne me paierait pas
20:12pour l'être.
20:13Êtes-vous vraiment
20:14un ambitieux ?
20:15Non,
20:16non,
20:16pas du tout
20:17puisque d'habitude,
20:19je me borne
20:19à poser des questions
20:21alors que tout le monde sait
20:22que dans notre société,
20:23les gens importants,
20:25ce sont ceux
20:25qui apportent les réponses.
20:27Est-ce qu'on peut
20:28vous confier un secret ?
20:29Ah oui,
20:30bien sûr.
20:32Surtout si on veut
20:32qu'il ne soit pas perdu
20:33pour tout le monde.
20:35Vous souciez-vous
20:35du « quand dira-t-on » ?
20:37Alors,
20:38est-ce que le serpent
20:39a peur du serpent ?
20:40Pourquoi affectionnez-vous
20:41autant les plaisanteries
20:42de mauvais goût ?
20:43Mais par sagesse,
20:45mais parce qu'il faut savoir
20:46se contenter
20:47de ce qu'on a.
20:48Pour quelles raisons
20:49m'avez-vous accordé
20:50cet entretien ?
20:53Pour deux raisons.
20:54La première,
20:55c'est que vous êtes
20:57finalement plus sympathique
20:58que ce qu'on m'avait dit
21:00et puis la seconde,
21:01c'est parce que je suis
21:02un farouche partisan
21:04du dialogue.
21:05Merci.
21:07Philippe André-Lauro,
21:07je vous entendais dire,
21:08mais c'est exceptionnel.
21:09On est en 77,
21:10c'est extrêmement novateur
21:12de faire ça
21:13et on voit l'humour
21:13vraiment de Philippe Bouvard.
21:14Ça donnerait presque envie
21:15de se dire,
21:16tiens,
21:16pourquoi on relancerait pas
21:17ce genre d'interview
21:19à soi-même,
21:19d'auto-interview,
21:20parce qu'en fait,
21:20on serait surpris
21:21nous-mêmes
21:21de nos propres réponses.
21:23Oui,
21:23et puis on voit aussi
21:24effectivement,
21:25Philippe,
21:25tout ce qu'on a vu
21:26après dans les grossettes,
21:27cette capacité
21:29à être très vif,
21:30à avoir beaucoup d'humour,
21:31à réagir.
21:32La séquence,
21:32elle fait rire
21:33à chaque réponse.
21:33C'est très précis
21:34à chaque fois.
21:35Et puis,
21:35il faut remarquer
21:36qu'il n'y a pas de prompteur,
21:37il n'y a pas de papier,
21:38il n'y a rien en fait.
21:39C'est comme quand il présentait
21:40son jeu des sosies,
21:41il n'y avait rien.
21:42Le gars,
21:42il connaissait par cœur
21:43tout ce qu'il avait à dire
21:45et ça,
21:45c'est exceptionnel
21:46et c'était à l'époque,
21:47il y a très longtemps.
21:49On était en 1977.
21:50Notre cerveau fonctionnait mieux
21:51à l'époque,
21:51je pense.
21:52finalement,
21:52on arrivait peut-être mieux.
21:53Et on pouvait,
21:54je pense,
21:54se prêter à ce style d'humour
21:56et de réponse intelligente.
21:58Aujourd'hui,
21:58on aurait quand même un souci
21:59dans le narcissisme,
22:01le mégalomania,
22:02on vous traiterait
22:02de tous les noms.
22:02Oui,
22:02on interpréterait tout aujourd'hui.
22:04À tout,
22:04chaque geste,
22:05chaque truc,
22:05alors que lui,
22:05il y avait un huitième degré.
22:07C'est ça qui est drôle
22:08dans ce personnage
22:08avec une grande intelligence
22:10dans ses réponses.
22:11On va reparler évidemment
22:12de l'importance du journalisme
22:14dans sa vie,
22:15Joseph,
22:15puisqu'on le rappelait,
22:17en 1953,
22:17il arrive au Figaro
22:18comme coursier.
22:19Rapidement,
22:20il passe des courses,
22:20en réalité,
22:21à la rédaction.
22:23Dès d'ailleurs,
22:24ses écoles de journalisme,
22:25il commençait à rédiger
22:26les copies pour les copains.
22:27Au service militaire,
22:28il lance aussi un journal
22:29et on sent qu'il y a pu avoir
22:30une frustration aussi
22:32que certains retiennent
22:33le Philippe Bouvard
22:34un peu plus dans le divertissement
22:36alors que lui,
22:37aimait aussi à rappeler
22:38tous ses écrits
22:39qui étaient d'extrême qualité
22:40avec vraiment un sens,
22:42une finesse dans l'écrit
22:43dont on connaît en réalité
22:45peu de personnes
22:45qui faisaient des billets
22:46de cette qualité-là.
22:48C'est ce que j'ai dit tout à l'heure.
22:49Les billets,
22:50ça fait penser à l'héritage
22:51de Vialat et à d'autres.
22:53C'est-à-dire,
22:54c'est une qualité du billet
22:56qu'on a perdue.
22:59Écrire un billet,
23:00c'est extrêmement difficile.
23:02Il y en a certains
23:03qui se sont prêtés
23:04à cet exercice
23:05et qui n'y sont pas arrivés.
23:09En fait,
23:09ces billets étaient attendus.
23:10l'étoque était attendus.
23:13La chronique d'Annie ce matin
23:14était attendue.
23:15Les gens vraiment attendaient.
23:17Dans sa dernière page
23:19du Figaro Magazine,
23:21c'était attendu aussi.
23:23Et il le savait.
23:25Et bien sûr,
23:26il aimait ça,
23:27bien évidemment.
23:29Et je crois que,
23:31en fait,
23:32ces livres étaient
23:33plein d'esprits,
23:35extrêmement bien écrits
23:36parce qu'il avait...
23:40Jamais vous n'arriverez
23:41à surprendre
23:42dans tous les passages
23:43qu'on pourrait passer
23:43de l'INA
23:44une faute de français
23:45de sa part.
23:45Jamais,
23:46jamais vous ne verrez ça.
23:47Il a une syntaxe parfaite,
23:49totalement naturelle,
23:50vous l'avez rappelé.
23:51Et ça,
23:52c'est tout à fait détonnant.
23:54Et je pense que
23:56s'il y avait une petite
23:57blessure secrète,
23:58c'est que je crois...
23:59Un jour,
24:00j'avais une conversation
24:01parce que je lui avais demandé
24:01un déjeuner
24:03dans sa maison du 17ème.
24:05Au Saint-Ferdinand.
24:05Voilà,
24:06au Saint-Ferdinand,
24:07où vous aviez le droit
24:09à deux repas,
24:09c'est-à-dire soit
24:11ça dépendait du temps
24:12qu'il faisait,
24:12soit le gigot
24:13de 7h11h,
24:14soit le saumon froid.
24:15Voilà,
24:16c'était un peu un,
24:17c'était un peu
24:17soit l'un soit l'autre.
24:18C'est vrai.
24:19Tout à fait délicieux
24:20parce que c'est quelqu'un
24:20qui était un gourmet
24:22dans tous les sens du terme,
24:24gourmand et gourmet.
24:26Mais il y a peut-être
24:27une blessure,
24:28c'est que je pense
24:29qu'il n'aurait pas été hostile
24:33au fait d'entrer
24:34à l'Académie française.
24:35Réellement,
24:36je pense.
24:37Et j'avais une conversation
24:38avec lui à ce sujet,
24:40bien sûr qu'il avait,
24:41avec beaucoup d'élégance
24:42et d'humour
24:43qu'il avait renvoyé,
24:44mais je pense que vraiment,
24:46et très franchement,
24:47il a fait plus
24:49pour la langue française
24:51que des générations
24:52de traînes-pantoufles.
24:53Réellement.
24:54Mais c'est vrai que
24:55Fabien Lecoeuf,
24:56c'est aussi parfois
24:56le côté injuste
24:57de certaines carrières
24:59qui sont très diverses
24:59comme celle de Philippe Bouvard
25:01où le grand public
25:02va avoir tendance
25:02à se rappeler
25:03de certaines émissions.
25:05Et on a parfois
25:06la personne concernée
25:07qui se dit
25:07mais j'ai aussi écrit
25:08des livres,
25:09je suis aussi journaliste
25:10à la base,
25:11j'écris aussi des billets
25:12puisqu'il n'a jamais cessé
25:13d'écrire dans la presse écrite.
25:15C'est presque une sorte
25:16entre guillemets
25:17d'injustice
25:19puisque...
25:20Vous avez raison,
25:20c'est une injustice
25:22mais la même injustice
25:23pour Charles Trenet,
25:24il n'a pas pu rentrer
25:24à l'Académie française,
25:25Philippe Labreau
25:26qui est un grand auteur
25:28et ce sont des injustices
25:29et Philippe Bouvard
25:30et je rejoins parfaitement Joseph.
25:32Moi ce que je veux dire aussi
25:33parce que les billets d'humeur
25:34qu'il faisait
25:35c'était des livres,
25:36c'était vraiment
25:36des chapitres de livres,
25:37des éditos
25:38et il a lancé,
25:39souvenez-vous,
25:40des polémiques
25:41très importantes
25:42avec ces billets d'humeur
25:44ou ces éditos.
25:45Moi je me souviens
25:46le lendemain
25:47de l'accident tragique
25:48de Lady Di
25:49place de l'Alma
25:50dans ce fameux tunnel.
25:51Il avait commencé
25:53à expliquer
25:53que comment un type
25:54peut rouler aussi vite
25:55à 160 km heure
25:56dans ce tunnel
25:57où ça descend,
25:58ça tourne,
25:59c'est un truc
25:59qu'on ne peut pas rouler
26:00même pas à 100.
26:01Alors il avait expliqué
26:02dans son billet d'humeur,
26:03je résume un peu grossièrement,
26:04il avait dit voilà,
26:05rouler à 160
26:06alors qu'on n'a
26:07que des appareils photos
26:08derrière soi,
26:08non, je pense qu'il y avait
26:09autre chose
26:10que des appareils photos.
26:11Ils ont plus entendu
26:12siffler des balles
26:13que des appareils photos
26:14qui font clic-clac.
26:15En deux mots,
26:16il avait expliqué ça.
26:17Ça avait lancé évidemment
26:18une polémique,
26:19ça avait relancé,
26:19a-t-elle été assassinée,
26:21pas assassinée.
26:21Il avait ouvert le feu là-dessus.
26:23Et donc il était,
26:24et je rejoins Joseph,
26:25il était lu,
26:27on attendait son billet d'humeur,
26:28qu'il soit dans Le Point,
26:29dans Nice Matin,
26:30dans Le Figaro,
26:31on attendait,
26:32et dans François bien sûr,
26:33on attendait son billet d'humeur
26:34si on allait être assassiné
26:35dans le billet d'humeur
26:36parce qu'il était craint.
26:38Oui.
26:38Quand on lançait,
26:39quand on lançait un artiste
26:41par exemple,
26:42il fallait avoir pratiquement
26:43la bénédiction
26:45de Philippe Bouvard
26:46pour avoir,
26:46ne serait que quelques lignes
26:47dans François
26:48pour ouvrir une porte
26:49dans la célébrité.
26:50Et ça c'était,
26:51on n'a plus ça aujourd'hui,
26:53ça n'existe plus.
26:53Quelqu'un qui fait vraiment
26:54autorité dans sa manière.
26:55Qui fait un peu la prévotant
26:56sur ce qu'il faut regarder,
26:58ce qu'il ne faut pas regarder,
26:59ce qu'on aime,
26:59ce qu'on n'aime pas.
27:00Parfaitement.
27:01Et ça c'était
27:02des derniers monstres sacrés
27:03qu'est un garçon
27:05comme Philippe Bouvard.
27:06Vous avez surfé sur les mots.
27:07La joie c'est la mort
27:08d'une grosse tête,
27:10c'est pas la mort d'une grosse tête,
27:14fabriquée cette émission.
27:15C'est lui qui l'a fait vivre
27:15pendant des années,
27:16même s'il y a eu
27:17des rebondissements
27:18à travers cette émission.
27:19Mais ça n'a jamais été la même.
27:20Il a porté son ton,
27:22il a porté son humeur.
27:23Moi j'ai eu la chance
27:23de faire la dernière émission
27:24avec lui.
27:26Il y avait beaucoup d'émotions
27:27ce jour-là
27:27parce qu'on était tous
27:29en attente en plus
27:30de savoir si nous
27:30en tant que sociétaires
27:31on allait revenir
27:32dans la nouvelle équipe.
27:34Moi je n'ai pas continué
27:35malheureusement,
27:36on ne m'a pas gardé.
27:38Après je trouve que
27:39j'ai passé des très bons moments
27:40à côté de Philippe Bouvard.
27:42Je le remercie.
27:43Je pense qu'il a fait
27:44une très belle carrière.
27:4596 ans c'est quand même
27:46une belle vie.
27:47On espère tous peut-être
27:49autour de la table
27:51mourir à cet âge-là.
27:51Plus, plus même.
27:52Plus si on veut.
27:54Il va falloir attendre
27:55peut-être qu'on soit
27:56transformé par l'IA.
27:57Peut-être, tu verras,
27:58ça arrivera.
27:58Mais bon,
27:59pour l'instant ce n'est pas le cas.
28:00Mais c'est vrai.
28:01Justement vous avez fait référence
28:02à cette dernière émission
28:03des Grosses Têtes.
28:04On va la revisionner.
28:06Et ce qui marque vraiment
28:06c'est l'émotion très contenue
28:08de Philippe Bouvard
28:09et des sociétaires
28:10qui ont parfois du mal
28:12à retenir leurs larmes.
28:13Regardez.
28:14Je voudrais vous dire
28:15que c'est le moment
28:16que je redoutais un peu
28:18que nous allons nous quitter.
28:20Pas complètement,
28:21vous l'avez entendu.
28:22Mais je vais quitter
28:23les Grosses Têtes.
28:24Et les Grosses Têtes,
28:26elles faisaient partie
28:28de ma vie.
28:30Comme elles faisaient partie
28:31de la vôtre, je le sais.
28:33Alors,
28:33elles faisaient partie de ma vie
28:35parce qu'il y avait
28:35ces heures d'enregistrement,
28:39deux heures par jour,
28:42et toute l'année
28:43parce que les Grosses Têtes
28:44ne prenaient jamais de vacances.
28:46Et puis,
28:46il y avait toute la préparation,
28:48celle que vous ne soupçonniez
28:50souvent pas.
28:51Puis parfois,
28:52oui,
28:52parce que j'avais
28:54la détestable habitude
28:55de ne poser que
28:57des questions
28:57dont je connaissais
28:58préalablement les réponses.
29:01Et donc,
29:02ça me faisait
29:02sept à huit heures par jour
29:04dédiées aux Grosses Têtes.
29:06Alors,
29:07c'est vous dire
29:08si vous allez me manquer.
29:11Alors,
29:11je voudrais vous dire
29:12très simplement
29:13que je penserais
29:14souvent à vous,
29:15que peut-être
29:16que j'aurais au téléphone
29:17dans une autre émission
29:19certains d'entre vous,
29:21que vous avez été
29:22plus de la moitié
29:24de ma vie professionnelle,
29:26sans doute la moitié
29:27la plus heureuse,
29:30et que je vous embrasse tous.
29:32Merci.
29:35Philippe Candelros,
29:36ce qui est émouvant
29:36à ce moment-là,
29:37c'est que, évidemment,
29:38c'est toujours très dur
29:39de laisser une émission
29:41comme les Grosses Têtes
29:42qu'il a contribué,
29:43qu'il a créé complètement.
29:44Et on sait en plus
29:45qu'à ce moment-là,
29:45lui-même parlait d'abandon.
29:47Il disait,
29:47ce n'est pas moi
29:48qui ai pris la décision
29:49d'arrêter,
29:49mais je l'ai accepté.
29:50L'annonce de cet abandon,
29:51car c'en est un,
29:52est un déchirement.
29:53C'est aussi pour ça
29:53que c'est dur
29:54pour les gens autour,
29:55c'est de savoir qu'il part
29:56et qu'en plus,
29:56ce n'est pas son choix.
29:57On le sent dans sa voix.
29:58Bien sûr.
29:59Il dit au revoir
29:59à une partie de sa carrière.
30:01Moi, ça m'est arrivé
30:02quand j'ai dit,
30:02à un moment donné,
30:02je vais arrêter la compétition.
30:04J'ai eu plusieurs vies.
30:05La compète,
30:05le côté professionnel,
30:07le spectacle.
30:07On sait qu'on va quitter
30:08une partie de son public.
30:09Son public était
30:10très souvent là,
30:11les mêmes,
30:12dans la salle.
30:13Nous, à la fin,
30:14on faisait la bise
30:16aux spectateurs,
30:16aux téléspectateurs
30:17qui étaient là dans la salle.
30:19On faisait partie de la famille.
30:21C'est un monsieur
30:21qui avait une très grande classe.
30:23Il n'invitait pas souvent
30:24beaucoup de monde
30:24chez lui,
30:25à Rue Ferdinand,
30:26comme tu disais.
30:28J'ai été privilégié.
30:29J'étais un enfant privilégié
30:30des grosses têtes
30:31et j'en suis très fier.
30:32Aujourd'hui,
30:33je suis très heureux
30:33de pouvoir dire
30:34quelques mots
30:35sur ce monsieur.
30:36Oui, mais il l'aimait
30:37parce que c'est un personnage.
30:39C'est un personnage.
30:41Il cherchait des personnages.
30:41Il cherchait des personnages
30:42pour justement
30:43pouvoir s'appuyer
30:44sur ces personnages,
30:46aussi magiques soient-ils
30:47comme c'est ton cas.
30:48C'est-à-dire
30:49que pour pouvoir
30:49lancer des histoires
30:51et raconter des histoires.
30:52Moi, je sais
30:53que la première fois
30:54m'inviter dans les grosses têtes
30:55en tant qu'invité
30:55parce que j'avais sorti
30:56un livre à ce moment-là.
30:58Il m'avait révélé
30:58tout mon passé
31:00d'acteur de romans
31:01photo adultes, etc.
31:04J'avais donné
31:07dans son émission
31:08des grosses têtes
31:08en 2011,
31:09j'avais donné
31:10toute la recette
31:11du parfait ardeur.
31:12Il était content.
31:13Il rigolait.
31:14Il sautait sur son siège.
31:16J'ai dit
31:16il ne faut pas manger de citron,
31:17il faut manger du zan.
31:18J'ai expliqué tout ça.
31:18Il adorait que je lui raconte ça,
31:20évidemment.
31:21Et à la fin,
31:21il m'a remis un diplôme.
31:22Et on le voit.
31:23Il m'a remis le diplôme
31:24des grosses têtes.
31:25C'est le certificat
31:27à l'aptitude
31:28à la plaisanterie,
31:28etc.
31:29Avec l'humilité,
31:30etc.
31:31Et il signait le diplôme
31:33devant nous.
31:34J'imagine que tu es là aussi.
31:35C'est-à-dire que c'était
31:36je trouve que c'était
31:37encore la vieille école
31:39avec cette considération.
31:40Et en même temps,
31:41il utilisait chacun d'entre nous
31:43comme des personnages.
31:45C'était son talent,
31:46vraiment.
31:47Oui,
31:47et le talent,
31:48on en parlera aussi
31:49avec le petit théâtre de Bouvard,
31:50justement,
31:50d'aller chercher des personnes
31:52qui font à la fin
31:53une alchimie
31:54comme dans
31:55les grosses têtes
31:56ou qui deviennent
31:57de grandes stars.
31:58On est aussi avec
31:59Pierre Douglas,
31:59vous êtes journaliste
32:00et l'un des anciens
32:02rédacteurs en chef
32:02de Philippe Bouvard.
32:04Depuis le début
32:04de cette émission,
32:05on loue
32:06finalement
32:07l'esprit,
32:08la finesse d'esprit
32:09de Philippe Bouvard.
32:11Qu'est-ce que
32:11vous retenez
32:12justement de lui,
32:13de ses années
32:14à ses côtés ?
32:15Les années à ses côtés,
32:17ça m'a beaucoup
32:17enrichi parce que
32:19je pense que
32:19ça m'a rendu
32:20un petit peu
32:20meilleur journaliste
32:21que je ne l'étais avant.
32:23Ça faisait 4 ans
32:23que je l'étais,
32:24j'étais à RTL
32:25et puis il y a toujours
32:27eu une espèce
32:28de bagarre
32:29entre les programmes
32:30et l'information,
32:32entre les animateurs
32:33et les journalistes
32:33et lui était d'abord
32:34uniquement animateur
32:35sur RTL
32:36et puis quand on lui a proposé
32:37de faire le journal
32:38de 13h à 13h30
32:40à 14h magazine,
32:43interview, etc.
32:44La plupart des journées
32:45de RTL ont dit
32:46on ne va pas bosser
32:47avec un animateur
32:48et moi j'ai été
32:49l'un des seuls
32:49à le faire.
32:50J'ai été son rédacteur
32:51en chef pendant un an,
32:53il m'a beaucoup appris,
32:53il était très rigoureux,
32:55il me demandait
32:56de préparer
32:56une quinzaine de titres
32:57sur l'actualité,
32:58il en mettait la moitié
32:59à la poubelle
33:00à 8h-5
33:01et ensuite on travaillait
33:02ensemble
33:02et c'était très enrichissant
33:03de travailler avec lui.
33:04On le rappelait aussi
33:05dans cette émission,
33:06Philippe Bouvard,
33:07vous le disiez vous-même,
33:08donc visiblement parfois
33:09un peu trop
33:10considéré comme un animateur
33:12alors que c'est un journaliste
33:14évidemment
33:15et que ces années
33:16d'animation
33:17elles ont sans doute
33:18beaucoup compté
33:18dans le cœur des Français
33:19mais qu'il ne voulait pas
33:20qu'on oublie
33:20qu'il était un vrai journaliste,
33:22il savait faire d'autres choses
33:23qu'animer des émissions
33:25de télé ou de radio.
33:27Tout à fait,
33:27c'était un excellent journaliste,
33:29il l'a prouvé
33:30au Figaro et à François
33:31et en plus de ça,
33:33il aimait énormément
33:34l'information,
33:36il savait la traiter,
33:37il était complètement indépendant
33:38et quand il faisait venir
33:40des invités politiques
33:42ou culturels
33:43dans la deuxième partie
33:44du 13h de RTL,
33:46il était absolument
33:48honnêtement,
33:49intellectuellement très honnête,
33:50il n'y avait pas de préférence,
33:52il ne critiquait pas méchamment
33:54et comme je l'ai dit d'ailleurs
33:55à midi,
33:56en étant féroce,
33:57on peut avoir du succès,
33:58en étant méchant,
33:59on n'a pas de succès.
34:00Et ceux qui ont dit
34:01que Bouvard était méchant,
34:02je ne suis pas d'accord avec eux,
34:04Bouvard était féroce,
34:05n'était pas méchant,
34:06ce n'est pas exactement
34:06la même chose.
34:07La limite était un petit peu ténue,
34:09il ne faut surtout pas
34:10la franchir.
34:11Oui,
34:12et puis on avait aussi
34:12l'impression que c'était
34:13quelqu'un d'assez juste,
34:15y compris d'ailleurs
34:15dans les billets,
34:17parfois forcément
34:17pour la personne
34:18qui est concernée
34:19par le billet,
34:20certes,
34:20ça n'est pas agréable
34:21mais ça n'enlève rien
34:22au fond.
34:23Et Philippe Bouvard
34:24justement avait assez
34:25de finesse d'esprit
34:26pour ne pas verser,
34:27comme on le disait
34:28tout à l'heure,
34:29dans l'aigreur,
34:30dans l'amertume,
34:31ce qui est parfois
34:31un écueil assez facile,
34:33lui restait véritablement
34:34presque à une certaine distance
34:35de l'objet
34:37sur lequel il écrivait
34:38afin de rester
34:39le plus factuel possible.
34:41Vous avez parfaitement raison
34:42et je crois
34:43qu'une des raisons
34:44pour lesquelles
34:44il n'était pas méchant
34:45mais simplement féroce
34:46et observateur,
34:47je crois qu'il était
34:48heureux dans la vie.
34:49Il était très heureux
34:50du métier qu'il a fait.
34:51Rendez-vous compte,
34:51ce garçon était comme moi,
34:53il n'avait pas son bac.
34:54Comme moi,
34:54il a commencé par l'animation
34:55et après il a été journaliste
34:57et il a démarré
34:59très très bas,
35:00il n'a fait que grimper.
35:01C'est un parcours
35:03absolument admirable
35:04de sa part
35:04mais il y avait une distance
35:05celle que vous évoquez
35:07avec raison
35:08parce que
35:08quelles que soient
35:09les personnes
35:10qu'il interviewait,
35:11il l'a poussé
35:12dans ses derniers tranchements
35:13dans ses derniers retranchements
35:14mais il ne la critiquait pas
35:15d'une façon négative.
35:17Il a toujours apporté
35:18quelque chose d'oppositive
35:19dans ses interviews.
35:20Moi, j'ai amené
35:20beaucoup d'invités
35:21dans les interviews
35:22qu'il a faites sur RTL
35:23pendant un an,
35:2475, 76
35:25et tous les invités
35:27sans exception
35:27le remerciaient
35:28et me disaient
35:29après,
35:30on vous remercie beaucoup
35:32de nous avoir fait venir
35:33pour répondre
35:34aux questions de Bouvard
35:35parce que c'est
35:36un intervieweur de qualité.
35:37Vous parlez d'un homme
35:38qui était heureux
35:39dans sa vie,
35:40heureux dans son métier,
35:40il le disait lui-même,
35:42il estimait peut-être
35:43sur la fin
35:44qu'il n'avait pas assez
35:45profité de sa vie privée
35:46parce que Philippe Bouvard,
35:47en fait,
35:48sa vie,
35:48c'était son travail.
35:49Il travaillait sans cesse,
35:51il racontait ses journées,
35:52il se levait très tôt,
35:53il prenait à peine
35:53le temps de déjeuner,
35:55ça fait partie de ces hommes
35:56et de ces femmes
35:56qui consacrent en fait
35:57une vie à leur travail,
35:59leur carrière,
35:59c'est leur vie.
36:01Tout à fait,
36:02une carrière,
36:02c'est une vie
36:03pour lui en particulier.
36:05Je voudrais ajouter
36:06quelque chose,
36:06c'est que j'ai animé
36:08dans les années 79-80
36:09une émission sur France 2
36:10que j'avais appelée
36:11Bravo
36:11et mes six invités,
36:13je leur demandais
36:13de faire quelque chose
36:14qui n'avait rien à voir
36:15avec ce pour quoi
36:16ils étaient payés,
36:17ils travaillaient.
36:18J'ai dit à Philippe
36:19qu'est-ce que vous voulez faire
36:20qui ne vous ressemble pas ?
36:21Il m'a dit
36:22je vais faire une interview
36:24et il a imaginé
36:25l'interview d'un homme politique
36:26à qui il passait tout
36:27avec lequel il était
36:28entièrement d'accord
36:28et c'était extrêmement drôle
36:30parce qu'il ne faut pas
36:31oublier non plus
36:31que non seulement
36:33on laisse la méchanceté de côté,
36:34on garde la férocité
36:35mais il était drôle,
36:37il était drôle
36:38et il avait deux qualités formidables,
36:40il savait rire
36:41et il savait écouter.
36:43Évidemment,
36:43savoir écouter
36:44c'est parfois une notion
36:45qu'on perd un peu
36:46quand on est parfois
36:48happé par la machine.
36:49Merci beaucoup en tout cas
36:50d'avoir été avec nous
36:51Pierre Douglas
36:52c'est pour toutes ces anecdotes
36:54sur Philippe Bouvard,
36:55on va réécouter
36:56de nouveau Philippe Bouvard.
36:57Il était drôle
36:58et lui ne riait pas
37:00de ses propres plaisanteries.
37:01Oui,
37:02il y était drôle
37:03pour les autres,
37:03pas juste pour ce qu'on va faire.
37:05Si vous voyez qui je vise,
37:06voilà,
37:07il ne riait pas.
37:09Il ne riait pas de ses propres plaisanteries
37:11et ça,
37:12c'est un gage
37:13de grande qualité.
37:14On va réécouter
37:15Philippe Bouvard
37:15justement,
37:16toujours sur l'arrêt
37:17des grosses têtes
37:18avant que l'émission
37:19n'arrive à son terme.
37:21Il s'était confié,
37:21on lui avait demandé
37:22que se passerait-il
37:23si les grosses têtes
37:24s'arrêtent.
37:25Écoutez sa réponse.
37:27Je comprendrais
37:28qu'on m'arrête,
37:28bien sûr,
37:29bien sûr,
37:30mais
37:31j'en serais assez triste
37:33et dans la minute
37:35qui suivra,
37:37je chercherais autre chose.
37:39Je ne sais pas
37:40si ça sera la dernière
37:41des grosses têtes.
37:42Si c'est seulement
37:43ma dernière à moi,
37:45je dis au revoir
37:47et puis
37:48le suivant arrive.
37:49Si c'est la fin
37:50des grosses têtes,
37:51c'est la fin
37:52d'une petite époque.
37:54Et je verserais un pleur
37:56parce que
37:57les grosses têtes,
37:58c'est mon bébé.
37:59Vous me direz
37:59quand un bébé a 38 ans,
38:01il peut marcher tout seul.
38:04Toujours,
38:04c'est toujours le mot.
38:05l'émission a pu
38:07perdurer,
38:07Fabien Lecoeur.
38:08On rappelle qu'il y avait
38:09une tentative
38:09en 2000
38:10et un remplacement
38:11par Christophe de Chavard.
38:12Pendant une année.
38:12Ça n'avait pas duré longtemps
38:13parce que
38:14les auditeurs
38:15à l'époque
38:15étaient fidèles
38:16à Philippe Bouvard.
38:17Voilà.
38:18Et tous les auditeurs
38:18étaient partis sur Europe 1
38:20à ce moment-là
38:20rejoindre Laurent Ruquier
38:21qui invitait d'ailleurs
38:22Philippe Bouvard
38:23comme chroniqueur
38:24dans ses émissions.
38:25Ce qui est quand même
38:25un gag,
38:26mais c'est comme ça.
38:27RTL a vite rappelé
38:28finalement Philippe Bouvard
38:29pour reprendre l'antenne
38:29à partir de 2001
38:30jusqu'en 2014
38:32parce qu'effectivement
38:32les grosses têtes
38:33c'était Philippe Bouvard
38:34à ce moment-là.
38:35Vraiment.
38:36Mais bon,
38:36ça a été une tentative
38:38et ça n'a pas accroché.
38:40Et Dieu sait si
38:40De Chavard
38:41n'a beaucoup de talent.
38:42Bien sûr.
38:42Mais dans les grosses têtes
38:43ce n'était pas finalement
38:44le bon personnage
38:45et Dieu sait s'il est habile,
38:47drôle aussi
38:47et il a aussi inventé
38:48un style quelque part aussi
38:49Christophe.
38:50Mais ça ne correspondait pas
38:52peut-être l'auditeur.
38:53C'était peut-être
38:54trop tôt aussi
38:54pour en faire
38:54probablement
38:55peut-être aussi trop tôt
38:56alors que lorsque
38:57Laurent Ruquet est arrivé
38:58à ce moment-là
38:58à l'issue de 2014
39:00il a trouvé ses marques
39:01son système
39:02il s'est remis dans le pas
39:04avec son style évidemment
39:06très différent
39:06mais aussi nouveau
39:08et en même temps
39:08classique
39:09dans le côté Bouvard
39:10et ça a fonctionné.
39:11Il est aussi venu
39:12avec une partie de son équipe
39:13Laurent.
39:14C'est pour ça aussi
39:14que certains de chez Bouvard
39:16ont été gardés
39:17d'autres ont été
39:20remerciés
39:21puis Laurent est arrivé
39:22avec son équipe.
39:22En tout cas moi
39:23ce que je remarque
39:23c'est que j'ai trois points communs
39:24avec Philippe Bouvard
39:25c'est qu'on est tous les deux
39:26d'une petite taille
39:27on s'appelle Philippe
39:28et on n'a pas une autre bague
39:30et pourtant
39:32on n'a pas trop mal réussi.
39:34Mais justement
39:35sur l'organisation
39:35aussi des grosses têtes
39:36Philippe Candeloro
39:37parce qu'évidemment
39:38quand on est téléspectateur
39:39ou auditeur
39:40on a l'impression
39:40que tout ça
39:41est très spontané
39:43mais quel est le degré
39:45de préparation
39:45un peu en amont
39:46et de spontanéité
39:48à l'antenne
39:48notamment quand on est
39:49un sociétaire
39:50est-ce qu'on sait
39:50où on met les pieds
39:51est-ce qu'on se laisse surprendre ?
39:52Non non
39:52il vous donne une feuille de route
39:54en disant
39:54il faut me sortir au minimum
39:56je vais venir
39:57avec une dizaine de blagues
39:58même si elles ont déjà
39:59été racontées
40:00dans les années passées
40:01et c'est à vous
40:03de vous débrouiller
40:03après il va vous dire
40:04vous allez avoir
40:05une phrase à dire
40:06à un moment donné
40:07pour qu'on puisse
40:08tout le monde rebondir dessus
40:09mais il n'y avait pas plus
40:10de préparation que ça
40:11pour les sociétaires
40:12alors il y avait des sociétaires
40:13qui avaient des chroniques
40:14à préparer quand même
40:15je pense à Bernard Mabille
40:16qui lui était
40:17il devait justement
40:19justifier au moins
40:205 minutes d'antenne
40:21à travers un long texte
40:22donc là
40:23c'était plus préparé
40:24moi j'étais
40:25un invité
40:26presque surprise
40:27je venais
40:28les mains dans les poches
40:29il fallait quand même
40:30réfléchir à une dizaine
40:31de blagues
40:32parce qu'en fonction
40:32de ce que les autres
40:33racontaient autour de la table
40:34si vous piquez la blague
40:35il fallait improviser
40:36il fallait improviser
40:37donc il fallait quand même
40:38en avoir quelques-unes
40:39dans la poche
40:39mais là il y a des extraits
40:41il y a des extraits bien sûr
40:41nombreux qui sortent
40:43moi j'en ai vu
40:43mais depuis plusieurs heures
40:48parce que c'est vraiment
40:49extrêmement goûteux
40:49il y en a un qui est dément
40:51avec l'amiral
40:52qui est autour de
40:54où l'amiral part en disant
40:56sur de Gaulle
40:57alors que c'est ni la question
40:58ni le sujet
40:59ni le moment
41:00ni le moment
41:02et Bouvard
41:03il arrive à la fois
41:05à tenir
41:06et il s'expose
41:07il ne craint pas
41:09de s'exposer
41:10parce qu'il est extrêmement généreux
41:11donc il laisse
41:12évidemment
41:12il y a l'amiral
41:14il y a Carlos
41:14ils sont tous présents
41:17et je me dis
41:18que cette liberté là
41:19cette liberté télévisuelle
41:21waouh
41:22alors ça fait penser
41:22bien sûr
41:23à de plus anciennes
41:24à Verti
41:25mais franchement
41:27c'est assez
41:30c'est assez unique
41:31ce ton
41:31ce ton
41:32et cette manière
41:35dont il
41:36à la fois généreuse
41:37où il permet
41:38à chacun
41:38de se mettre en valeur
41:39tout en tenant
41:40cette émission
41:41ça c'est vraiment
41:42moi je l'ai vu
41:43j'ai vu mettre
41:44l'amiral au garde-à-vous
41:46il savait tenir
41:47ses équipes en fait
41:48des fois quand ça allait
41:49trop loin
41:49avec Péroni
41:51voilà c'était terrible
41:52enfin moi je me marre
41:53parce qu'aujourd'hui
41:54on ne pourrait même plus rire
41:55de tout ce qui a été raconté
41:56ça me rend triste
41:57en même temps
41:58et en même temps
41:58ça me fait rire
41:59parce que je repense
42:00à toutes ces époques
42:00et puis justement
42:02ce côté aussi
42:03autre époque
42:03on en a beaucoup parlé
42:04depuis ce matin
42:05sur la liberté aussi
42:06d'expression
42:07qu'il y avait sans doute
42:07à une époque
42:08qui existe moins aujourd'hui
42:09je voudrais aussi
42:10qu'on voit cette séquence
42:11où Philippe Bouvard
42:12incarne presque
42:14son propre rôle
42:14en fait
42:15incarne le rôle
42:15d'un intervieweur
42:16dans l'aile
42:17ou la cuisse
42:18tout le monde
42:18évidemment connaît
42:19ce film
42:20mais c'est l'occasion
42:21aussi bien sûr
42:22de revoir cette séquence
42:24allo ?
42:25ah cher monsieur Bouvard
42:27vous m'avez proposé
42:28plusieurs fois
42:29d'être l'un des invités
42:30de votre émission
42:31tous les coups sont permis
42:32oui c'est vrai
42:33mais vous m'avez toujours refusé
42:35cette fois
42:36j'accepte
42:37oh fantastique
42:38il ne manquait plus que vous
42:39à mon palmarès
42:40mais à une seule condition
42:41je veux être opposé
42:43à Tricatel
42:45il n'y a pas de problème
42:46Tricatel contre du chemin
42:47on va faire sauter
42:48tous les indices d'écoute
42:49seulement
42:51est-ce qu'il acceptera ?
42:52ça c'est votre problème
42:53je peux peut-être
42:54vous indiquer
42:55un moyen de procéder
42:57il faudrait
42:58qu'il ait l'impression
43:00que l'idée
43:01vient de lui
43:03on voit cette scène
43:04qui fait évidemment sourire
43:05on parlait d'une autre époque
43:07Fabien Lecoeur
43:07dans la liberté d'expression
43:08mais autre époque aussi
43:10avec une grande vie
43:12menée par Philippe Bouvard
43:13une sorte de bureau limousine
43:15des secrétaires
43:16des voitures de luxe
43:17c'était aussi
43:18évidemment
43:18il vivait
43:20c'était un abab
43:22en les années 70
43:23on le croisait
43:23dans une espèce
43:24de grand break Peugeot
43:25avec le téléphone
43:27dans la voiture
43:27avec les antennes
43:28sur la voiture
43:29le paraplu RTL
43:30sur la plage arrière
43:31c'est-à-dire qu'on le remarquait
43:33partout où il allait
43:34il fréquentait beaucoup
43:35les casinos
43:35c'était un grand joueur
43:36il aimait le baccarat
43:37il aimait la roulette
43:38c'est-à-dire que c'était
43:40sa distraction
43:40de l'époque
43:41et un jour
43:42j'ai déjeuné avec lui
43:43à l'issue
43:43quand on lui avait remis
43:44le prix Marianne
43:45c'est la poste
43:45qui remettait en franc
43:46un prix à des personnalités
43:47préférées des français
43:48et on déjeune ensemble
43:50et sa plus grande angoisse
43:52il m'a dit
43:52la plus grande frayeur
43:53de ma vie
43:53parce que
43:54est-ce que disait
43:55Vandellero
43:56c'est-à-dire qu'en fait
43:57on se dit
43:57c'est intouchable ce type
43:58rien de latin
43:59il est le maître absolu
44:01il décide
44:02il a plus rien à prouver
44:02il décide de tout
44:03et bien il a eu
44:04la peur de sa vie
44:05vous savez en 1979
44:07on a descendu
44:08Jacques Messrine
44:09porte de Clignancourt
44:10à Paris
44:11et ce jour-là
44:12c'était un samedi après-midi
44:13quand ils ont
44:15sorti le corps
44:15de la voiture de Messrine
44:16dans la poche
44:17de Messrine
44:18il y avait une photo
44:19de Philippe Bouvard
44:20de sa maison
44:21qui était au 32
44:22route de Montesson
44:23au Vésinet
44:24et une photo de sa voiture
44:25avec tous ces déplacements précis
44:27que Messrine avait dans sa poche
44:29parce que le projet de Messrine
44:30c'était aussi
44:31de s'attaquer
44:32peut-être une prise d'otage
44:33peu importe
44:33on ne sait pas
44:34ce qui était prévu
44:35c'était
44:36qu'il devait s'attaquer
44:37à Philippe Bouvard
44:37et quand on lui a répété
44:38tout ça
44:39la police
44:40tout simplement
44:40judiciaire de l'époque
44:41il a eu une frayeur
44:42vraiment une frayeur
44:43pour lui aussi
44:44probablement pour sa famille
44:45et c'est la plus grande peur
44:47de sa vie
44:47qu'il m'avait raconté
44:48un jour comme ça
44:48à l'issue d'un déjeuner
44:49oui effectivement
44:50on peut comprendre
44:51que ce soit
44:51ça reste un humain
44:52oui et puis
44:53qui prend aussi conscience
44:54sans doute
44:55des dangers
44:55dont on ignore
44:57souvent
44:57qu'ils sont autour de nous
44:59je voudrais qu'on écoute
44:59aussi Muriel Robin
45:01puisque le petit théâtre
45:02de Bouvard
45:03évidemment
45:03a lancé
45:04un certain nombre
45:05d'humoristes
45:05d'acteurs
45:06aujourd'hui
45:06Muriel Robin
45:07qui a rendu hommage
45:08à Philippe Bouvard
45:09c'était sur RTL
45:11il avait le sens
45:12de rire
45:12de monsieur tout le monde
45:14comment dire
45:15il n'y avait pas
45:17c'était pas du tout
45:19intellectuel
45:20en fait
45:20c'était
45:20il riait de bon coeur
45:23il riait de bon coeur
45:23on l'a vu d'ailleurs
45:24avec les
45:25les grosses têtes
45:27c'était un rire
45:28un petit peu plus
45:29parfois un peu
45:30sous la ceinture
45:30il est comme un enfant
45:31il rit
45:32parce qu'on vient de dire
45:33un gros mot
45:34et ce sont les mêmes étonnants
45:36il rit comme un enfant
45:37voilà
45:38il avait le rire
45:39de monsieur et madame
45:40tout le monde
45:41donc la preuve
45:42c'est que ça a marché
45:43s'il faisait rire
45:43faisait rire les gens
45:45Joseph Mazesquiaron
45:46cette émission
45:47du petit théâtre
45:48de Bouvard
45:48elle commence aussi
45:49parce qu'il y a peu de budget
45:50donc il faut plutôt
45:51prendre des gens
45:52qui ne sont pas connus
45:54et puis c'est toujours
45:55ce sens aussi
45:55de la transmission
45:57chez Philippe Bouvard
45:58ça c'est essentiel chez lui
45:58oui mais parce qu'on en connaît
46:00certains qui sont plutôt
46:01en se disant
46:01moi je suis sur le devant
46:02de la scène
46:03surtout je veux personne
46:04qui me fasse d'ombre
46:04au contraire
46:05on a l'impression
46:06qu'aussi un des sens
46:07de sa vie
46:07ça a été
46:08de transmettre
46:09sa passion
46:09de faire émerger
46:10des talents
46:11dans le petit théâtre
46:12de Bouvard
46:12on ne va pas tous les citer
46:13mais beaucoup
46:14de nos grands acteurs
46:15grands humoristes
46:16aujourd'hui
46:16ont débuté là-bas
46:18beaucoup ont débuté
46:19là-bas
46:19et c'est vraiment
46:20vous avez raison
46:20c'est-à-dire
46:21lorsqu'on parlait
46:22de générosité
46:22générosité on le sent
46:23bien sûr
46:24dans les grosses têtes
46:25c'est-à-dire que
46:27les personnes ne sont pas
46:28écrasées
46:28elles sont mises en valeur
46:29et pour le coup
46:30il s'expose
46:32il ne craint pas
46:32de s'exposer
46:33mais aussi en effet
46:34sur le théâtre
46:35c'est-à-dire pour le théâtre de Bouvard
46:37c'est-à-dire
46:37il est cher
46:38il essaye de trouver
46:39des personnes
46:40et de transmettre
46:43il était vraiment
46:44à l'affût
46:44en permanence
46:46de nouveaux pouces
46:48de nouveaux talents
46:49et c'était
46:50la question
46:51la transmission
46:52est importante
46:53moi les discussions
46:54que j'ai étudiées
46:54j'étais à l'époque
46:55quand j'étais directeur
46:56à la rédaction
46:57du Félico Magazine
46:59c'était toujours
47:00sur la transmission
47:01toujours toujours
47:02il voulait savoir
47:03mais d'une manière
47:05sur tel ou tel journaliste
47:07du journal
47:09qu'est-ce qu'il faisait
47:09qu'est-ce qu'il comptait faire
47:10c'était quand même
47:12alors
47:13bien sûr
47:14il y a
47:15c'était quelqu'un
47:16de dur dans le travail
47:18ça a été dit
47:18mais d'un autre côté
47:20il y avait également
47:20une attention à l'autre
47:22qui était une attention à l'autre
47:23permanente
47:24et ça
47:25c'est quand même
47:25une preuve d'élégance
47:26je voudrais juste
47:27dire un dernier point
47:28sur
47:28parce que
47:30Miel Robin a insisté
47:31sur le fait
47:31blague au-dessous de la ceinture
47:33etc
47:33les grosses têtes
47:34ok
47:35mais moi j'ai appris
47:36c'était l'émission préférée
47:38bien sûr
47:39de mes grands-parents
47:40puis parents
47:40mais j'ai appris
47:42des quantités de choses
47:43oui il ne faut pas résumer ça
47:44d'énormément de choses
47:45franchement
47:46d'énormément de choses
47:47c'est pas simple
48:00vous avez appris
48:01vraiment triste
48:02de ça
48:04c'est que
48:05c'était
48:06la culture populaire
48:08oui
48:08c'était pas une culture
48:09élitiste
48:10c'était pas la culture
48:11de masse
48:11qu'on a aujourd'hui
48:12c'était purement
48:13et simplement
48:14la culture populaire
48:15c'est à dire
48:16qu'il avait réuni
48:16plein de morceaux
48:18de la culture populaire
48:19du théâtre des deux ânes
48:21etc
48:22parce qu'on voit bien
48:22là vous avez interviewé
48:24Pierre Douglas
48:24des chansonniers
48:25bien sûr
48:26l'héritage des chansonniers
48:28c'était l'héritage aussi
48:29pardonnez-moi
48:29de Francis Blanche
48:31quand il fait le parti
48:32d'en rire
48:33enfin etc
48:33tout ça
48:34c'était
48:35et en même temps
48:36apprendre quelque chose
48:38c'était une culture populaire
48:39et ça pour ça
48:40wow
48:41il faut vraiment lui dire merci
48:42oui vous avez raison
48:43et puis c'est aussi pour ça
48:44que ces personnes
48:45parviennent à traverser
48:46les années
48:46et les générations
48:47parce qu'elles arrivent
48:48à transmettre justement aussi
48:49cette culture populaire
48:51on va dire un mot
48:51de Cannes
48:53puisque c'est là
48:54où il résidait
48:55c'est là où il s'est éteint
48:56en douceur
48:57vers 8h du matin
48:58à annoncer sa femme
48:59à la station RTL
49:01et sur place
49:01on retrouve Franck Triviaud
49:03puisque les français
49:04sont évidemment émus
49:05mais les cannois
49:06peut-être encore un peu plus
49:07de cette disparition
49:10c'est dans cet immeuble
49:11juste derrière moi
49:12que Philippe Bouvard
49:13s'est éteint
49:14à l'âge de 96 ans
49:15un décès annoncé
49:16par sa femme
49:17ce matin
49:18un quartier
49:19vous l'imaginez
49:20sous le choc
49:20très triste
49:21d'apprendre
49:22le décès
49:23de Philippe Bouvard
49:24j'ai pu rencontrer
49:25quelques commerçants
49:26des habitants
49:27mais aussi ce voisin
49:29qui nous racontait
49:29qu'il voyait encore
49:31tous les soirs
49:32son chauffeur
49:32l'attente
49:33pour partir
49:33au casino
49:34il voulait encore
49:36assouvir
49:36sa passion
49:37du jeu
49:38c'est dire
49:39s'il voulait encore
49:41rester vivant
49:42avoir une activité
49:43même si
49:44on le sait
49:44il ne voyait plus très bien
49:46il n'entendait plus très bien
49:47et bien
49:47cela restait
49:48un personnage
49:49finalement
49:50qui aimait
49:51la vie
49:51qui voulait profiter
49:52de cette ville
49:53de Cannes
49:54qu'il aimait tant
49:54le maire de Cannes
49:55David Lysnard
49:56qui lui a rendu
49:57hommage
49:58en parlant
49:59d'une voix singulière
50:00et d'une voix
50:01hors norme
50:02dans les médias
50:02français
50:03Philippe Bouvard
50:05qui disait de Cannes
50:05qu'elle était
50:06sa vraie patrie
50:07il l'a dit
50:08ma vraie patrie
50:09c'est Cannes
50:09ça n'est pas Paris
50:10je vous propose
50:11d'écouter
50:11quelques réactions
50:12dans le quartier
50:13ce matin
50:14je suis très touchée
50:15parce que c'était
50:15un homme que nous connaissions
50:17qui vivait sur Cannes
50:18depuis je pense
50:19un certain nombre d'années
50:20ce que j'en retiens
50:21c'est son goût
50:24je retiens
50:24son goût
50:25des voitures
50:26des Ferrari
50:27si je ne m'abuse
50:27il nous a fait
50:28beaucoup rire
50:29beaucoup rire
50:30mais c'est comme ça
50:31c'est la ville
50:31était âgée
50:32et puis voilà
50:33je ne trouvais jamais
50:34une émission de Bouvard
50:35jamais
50:35il avait énormément
50:36de répartie
50:37moi je trouve
50:37que c'était
50:38un chouette homme
50:40voilà ce qu'on pouvait dire
50:41de cette disparition
50:42on arrive au terme
50:43de cette émission
50:44merci beaucoup
50:44à tous les trois
50:45pour toutes ces anecdotes
50:46pour ces hommages
50:47à Philippe Bouvard
50:48vous allez retrouver
50:49d'ici quelques instants
50:50Yohan Usai
50:51et ses invités
50:52mais pour terminer
50:53cette émission
50:53on écoute de nouveau
50:55Philippe Bouvard
50:56cette fois
50:56qui chante
50:57bonne soirée
50:58sur CNews
50:59maman pour faire
51:01l'andouille
51:02à la télé
51:03faut-il des douilles
51:05mais oui
51:07mon gros bêta
51:08si t'avais des cheveux
51:10ça marcherait pas
51:11un mandat
51:15non non
51:16non
51:16c'est la force
51:18de l'habitude
51:21allez-y
51:24maman
51:24est-ce que c'est vrai
51:26que les garçons
51:27préfèrent les blondes
51:29mais oui
51:30ma grosse bêta
51:32si t'avais pas
51:33vraiment
51:33on aimerait pas
51:35j'ai entendu
51:36il a dit grosse bêta
51:38c'est une erreur
51:39c'est une erreur
51:40madame est un canon
51:41mais quand même
51:43alors mon petit fifi
51:44c'est à vous
51:45oh là là
51:45attendez-vous au pire
51:48maman
51:49les petits bous-bous
51:50qui sont debout
51:52voit-on leurs jambes
51:54mais oui
51:56mon gros bêta
51:57c'est quand t'es assis
51:58qu'on ne les voit
51:59papa
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