00:00Mais d'abord, Yves Tréhard, la présidentielle, et vous nous lancez ce soir une alerte à destination de tous les
00:08téléspectateurs.
00:09Dans une présidentielle, quand on est à 9 mois de l'élection...
00:14Non, 7 mois.
00:14Ah, 7 mois ?
00:158 mois.
00:16On me dit 8 dans l'oreillette.
00:18C'est Isaac qui a toujours raison.
00:19Rien ne se passe jamais comme prévu dans une élection présidentielle, c'est votre alerte ce soir.
00:24Évidemment.
00:25Ne croyez pas tout ce qu'on vous dit.
00:27Alors, j'ai vraiment beaucoup de mal à dire ça parce que c'est vraiment ajouter du populisme au populisme.
00:32C'est une maladie de ce début de siècle qui est détestable.
00:35Mais enfin, c'est comme ça.
00:36L'expérience montre que ça ne se passe jamais, jamais, comme on le dit.
00:42Alors, sur les sondages d'abord.
00:43Et il y a un sondage aujourd'hui qui dit et qui répète qu'il peut y avoir une finale
00:49entre Mme Le Pen et M. Mélenchon.
00:52Et c'est plus que jamais d'actualité, je dirais, avec ce sondage Weiris Interactive qui nous met, Jean-Luc
00:59Mélenchon, très haut, beaucoup plus haut que ce qu'il est dans les précédents sondages.
01:03Or, on le répète, un sondage n'est pas prédictif.
01:07Un sondage est une bulle de savon qui peut exploser à tout moment.
01:12Et la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain.
01:16Sur les thèmes, aujourd'hui, à 8 mois, chère Lisa, du premier tour du scrutin, eh bien, quelqu'un nous
01:24dit, et ils sont nombreux à le dire, mais surtout Jean-Luc Mélenchon, eh bien, on l'écoute.
01:29Vous allez voir ce qu'il dit, c'était hier, dans la Rome.
01:32Le changement climatique ouvre une ère totalement nouvelle de la civilisation humaine.
01:41Pour s'y adapter, il est vital, je dis vital, de tout changer.
01:50Jean-Luc Mélenchon, l'enjeu principal, c'est l'environnement, c'est l'écologie.
01:54C'est l'écologie, et il n'est pas seul. Il y en a plein qui, maintenant, le disent, peut
01:58-être de façon aussi, pas aussi brillante que lui, mais tout le monde le dit.
02:02Foutaise ! Mais je vous dis, foutaise ! Vous allez voir, dans 7 mois, on va parler de tout à
02:07fait autre chose, et à chaque fois, c'est la même chose.
02:09Vous dites qu'on aura oublié la tornade.
02:11Il faut débat d'idées, il faut projet contre projet, mais ce n'est pas le long terme qui, à
02:16chaque fois, fait une élection présidentielle.
02:18C'est évidemment le court terme, ce sont évidemment les sujets de l'immédiat.
02:24Bon, donnez-nous des exemples.
02:25C'est aussi une canicule, fin avril.
02:27Oui, alors, ça pourrait, effectivement.
02:30Ah, ça a commencé en mai, cette année, ça pourrait être en avril à l'époque.
02:33Vous avez raison, mais ça rejoint ce que dit Yves, c'est-à-dire que rien ne se passe jamais
02:36comme prévu.
02:36Et vous avez d'autres exemples.
02:38Alors, les exemples, pour ce qui est des sondages, regardez, alors là, vous étiez à peine nés tous, là.
02:441988, on disait Raymond Barre, c'est plutôt flatteur, Raymond Barre allait être l'homme du deuxième tour face à
02:54François Mitterrand.
02:55Pouf ! Il a été plié sur le champ par Jacques Chirac.
03:021995, on disait, mais ça sera baladur, il sera même président tout de suite.
03:06La courbe s'inverse trois mois avant les élections.
03:10Et c'est Chirac qui devient président et pas du tout baladur.
03:152002, on disait, mais Jospin, c'est dans la poche.
03:18Et bien, c'est pas Jospin qui a été retenu pour le deuxième tour.
03:21Et vous savez, qui sait, c'était Jean-Luc Mélenchon.
03:23Pour ce qui est des thèmes, Jean-Marie Le Pen, pardon, sur les thèmes qui accompagnons, d'ailleurs, c'est
03:29intéressant.
03:30Non, je ne voulais pas, on ne relève pas, on avance.
03:342010, 2017.
03:36Alors, 2017, évidemment, Fillon, vous vous souvenez.
03:39Et puis, alors, sur le thème de campagne, ce qui va compter, moi, je vais vous le dire,
03:43sauf s'il y a une conicule, c'est évidemment le pouvoir d'achat, les impôts, et l'immigration, et
03:48la sécurité.
03:49Et j'ai un bon exemple, c'est ce qui s'est passé en 1982, avec Papy Oise.
03:57Papy Oise, c'était une affaire, c'était un vieux monsieur qui s'était fait cogner,
04:02salement cogner, trois jours du premier tour.
04:04Et bien, ça a complètement changé un peu la donne du scrutin,
04:08et ça a largement favorisé la candidature de Jean-Marie Le Pen, pardon, décidément.
04:17Alors, c'est pour vous dire que tout peut arriver, j'avais oublié, et ça c'est beaucoup plus triste,
04:22il peut y avoir un attentat, il peut y avoir des affaires, et les affaires, ça, on était quand même
04:27assez experts.
04:28Et puis, il y a une troisième chose, c'est qu'il y a l'art de perdre.
04:32Et l'art de perdre en France, ça m'a fait un livre d'ailleurs, qui est sorti il n
04:36'y a pas très longtemps.
04:37Bon, très bien. Commentaires ?
04:39Les deux campagnes sont tout à fait conjoncturelles.
04:42Moi, je propose de décaler du coup la présidentielle vers le mois de début juillet.
04:46Je pense qu'on parlera davantage de l'urgence climatique.
04:49Mais pour la fin, elle est prévue, effectivement, en avril et tout début.
04:52Mais Elsa Vidal ?
04:53Moi, ce qui me frappe, c'est qu'en fait, on est tous au courant du fait qu'on se
04:56rue bien avant l'heure,
04:58dans le débat politique, que les sondages vont nous emmener vers une voie qui ne sera pas la réalité.
05:04Mais on ne peut pas s'en empêcher. C'est notre nature. On essaye de contrôler ce qui va advenir
05:09en s'en saisissant par les mots, en quelque sorte de forger le futur qui, en réalité, nous échappe.
05:15C'est notre pauvre nature humaine.
05:17J'assumerais simplement une chose, c'est que je ne suis pas contre les sondages.
05:20Simplement, on sait souvent ne pas s'en servir.
05:24Ça tombe bien parce qu'on aura un sondeur avec nous tout à l'heure.
05:26Celui-là même qui a fait le sondage dont vous parlez à l'instant.
05:29On sera avec lui tout à l'heure à 23h.