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  • il y a 1 semaine
Ce mardi 25 août, retrouvez l'émission le 18h Eco présentée par Stéphanie Coleau sur BFM Business.

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00:00BFM Business présente
00:05Le 18h éco, Stéphanie Collot
00:08Soyez les bienvenus dans le 18h éco, une heure d'informations économiques, d'analyses et de débats à la une
00:13de ce mardi 25 août.
00:15C'est une rentrée morose pour les cadres. Les intentions de recrutement sont au plus bas depuis 2020, selon le
00:22baromètre de l'APEC.
00:23Seulement 7% des entreprises envisagent d'embaucher au moins un cadre au cours du troisième trimestre.
00:29Est-ce le signe d'un début de retournement du marché du travail ?
00:32On en parle dans un instant avec Caroline Morisseau et Hélène Garner, directrices des études de l'APEC.
00:38Faut-il taxer davantage les successions ? La CFDT est pour dès le premier euro.
00:44Raphaël Glucksmann, candidat à la primaire de la gauche, propose lui la création d'un impôt sur les grands héritages.
00:50Le débat à 18h15 entre les économistes Michel Rumi et Bertrand Martineau.
00:55A 18h30, votre rendez-vous marché.
00:57Tout ce qu'il faut retenir de la journée sur les places financières à Paris et ailleurs en Europe et
01:01à Wall Street.
01:02On fera le point avec Antoine Larigaudry.
01:04On analysera aussi la riposte du Canada face au nouveau droit de douane imposé par les Etats-Unis.
01:10Les échanges se tendent nettement entre Ottawa et Washington.
01:14Vous verrez, Washington qui continue de vouloir isoler économiquement l'Iran avec de nouvelles sanctions qui visent cette fois les
01:23partenaires commerciaux et financiers de Téhéran.
01:26Au premier rang desquels la Chine.
01:27On fera le point avec le chercheur David Rigolero.
01:31Ce sera à 18h45.
01:39On commence donc avec les intentions de recrutement de cadres qui ralentissent au troisième trimestre.
01:45C'est particulièrement le cas dans les grandes entreprises où elles atteignent leur plus bas niveau depuis 2020.
01:50C'est ce qui ressort du dernier baromètre de l'APEC.
01:53Pour en parler, Caroline Morisseau, journaliste à BFM Business.
01:57Caroline, les entreprises revoient leurs intentions d'embauche à la baisse.
02:02Et en cause, ce sont les incertitudes provoquées par la guerre en Iran selon l'APEC.
02:07Oui, c'est ça.
02:08En fait, tout pousse les entreprises à jouer la prudence.
02:10Seuls 7% d'entre elles, toutes tailles confondues, prévoient de recruter au moins un cadre au troisième trimestre.
02:17C'était 8% il y a un an.
02:19La baisse est particulièrement marquée pour les ETI et les grosses entreprises qui sont les principales pourvoyeuses d'emploi des
02:26cadres.
02:26Là, elles ne sont plus que 42% à prévoir d'embauchés.
02:30Et c'est 3 points de moins qu'il y a un an.
02:32Et c'est surtout le plus bas niveau, vous l'avez dit, en 6 ans.
02:36Donc chiffre relativement alarmant.
02:39Chiffre qui contraste aussi avec les prévisions publiées en avril dernier.
02:44L'APEC avait alors annoncé une hausse des embauches de 4% sur l'ensemble de l'année.
02:49Sauf qu'entre-temps, les entreprises ont été rattrapées par le conflit au Moyen-Orient.
02:55Depuis, elles naviguent à vue.
02:56Elles ont peu de visibilité, de moins en moins en tout cas sur leur niveau d'activité, sur leur carnet
03:02de commandes.
03:02Et tout cela n'incite pas à embaucher.
03:04Ça n'incite pas non plus les cadres à la mobilité.
03:07Ils sont même de plus en plus nombreux à s'inquiéter à l'idée d'être licenciés.
03:1128% des cadres craignent d'être licenciés.
03:14Chez les jeunes de moins de 35 ans, c'est même 38%.
03:18Là, on est sur 10 points de plus quand même qu'il y a un an.
03:21Pour autant, l'APEC nous le dira, mais l'APEC est plutôt rassurante.
03:25Elle considère que tout cela est bien lié essentiellement au conflit au Moyen-Orient.
03:30Ce n'est pas lié à des facteurs plus structurels comme la montée en puissance de l'IA.
03:33Pour l'instant, il est trop tôt pour faire un lien de cause à effet entre les deux.
03:37Que l'IA n'a pas de lien là-dedans, mais que c'est vraiment le conflit au Proche-Orient.
03:40L'incertitude que cela a provoqué sur les entreprises.
03:44Pour elle, il ne s'agit pour l'instant que d'une inflexion qui pourrait être passagère et pas d
03:49'un effondrement.
03:50Justement, on est en ligne avec Hélène Garner, directrice des données et des études de l'APEC.
03:55Est-ce que vous restez optimiste ?
03:57Est-ce que vous maintenez vos objectifs de recrutement en hausse de 4% cette année pour les cadres ?
04:05Bonsoir. Alors, effectivement, on ne va pas revoir nos prévisions de recrutement sur 2026.
04:14Ce baromètre prébastriel nous montre effectivement un certain attentisme
04:19de la part à la fois des entreprises sur leurs intentions de recrutement,
04:24mais aussi des cadres sur leurs intentions de mobilité.
04:28Votre journaliste l'a dit, on est dans un contexte économique relativement actone et fragile.
04:35Mais les derniers filtres de l'INSEE publiés en juillet 2026 sur le deuxième trimestre 2026
04:43montrent qu'à la fois l'évolution de la croissance du PIB
04:48et l'évolution des investissements des entreprises sont faiblement positifs au P2,
04:53alors qu'ils étaient négatifs au P1.
04:56Donc on voit que l'économie, elle résiste,
04:58et que ces indicateurs, ils nous laissent plutôt penser que l'attentisme actuel n'est pas un effondrement,
05:05mais pourrait tout à fait conduire à une reprise des recrutements comme des mobilités.
05:11Alors, vous dites que ce ralentissement des intentions d'embauche sont liées à ces incertitudes provoquées par la guerre en
05:20Iran,
05:20que tout cela est conjoncturel, il n'empêche qu'il y a beaucoup d'incertitudes à venir avec le budget
05:262027,
05:26par exemple avec l'élection présidentielle aussi.
05:30Est-ce que ça veut dire qu'il y a d'autres coups de mou à venir selon vous ?
05:35Oui, les facteurs d'incertitude, ils sont liés effectivement au contexte géopolitique international,
05:41mais aussi au contexte national,
05:44et on sait que le budget qui va être bientôt discuté
05:47peut être un facteur pour les entreprises d'incertitude,
05:51notamment sur les intentions d'investissement.
05:54Donc vous pensez que l'objectif, la prévision que vous avez annoncée,
05:58je crois qu'on est sur 300 000 embauches au total sur l'année 2026,
06:02donc un rebond quand même en 2026 par rapport aux précédentes années,
06:04est-ce que c'est toujours tenable ?
06:06On pense que c'est toujours tenable,
06:08on verra dans notre baromètre du quatrième trimestre,
06:10qu'on publiera en novembre, comment les intentions ont évolué,
06:14mais en tout cas, si les indicateurs de confiance des entreprises sont orientés à l'air baisse,
06:19que ce soit sur leur capacité à anticiper leur niveau d'activité
06:22ou l'évolution de leur carnet de commande,
06:24ils restent quand même relativement élevés,
06:26puisqu'on a 56% des entreprises qui sont capables d'anticiper leur niveau d'activité,
06:3063% qui sont confiantes dans l'évolution de leur carnet de commande,
06:34donc on voit qu'il y a quand même une relative confiance,
06:36mais orientée à la baisse par rapport à il y a un an.
06:39Et sur les intentions de recrutement,
06:41effectivement, elles sont au plus bas depuis qu'on mesure cet indicateur,
06:45avec cette dose en moyenne,
06:47essentiellement dans les ETI et les grandes entreprises,
06:50mais on observe une résistance dans l'industrie notamment,
06:53avec plus de points.
06:54Alors c'est ce que j'allais vous dire,
06:55on voit qu'il y a quelques tendances...
06:57Il y a l'industrie qui résiste,
06:58il y a certains secteurs où l'activité résiste.
07:02Tout à fait.
07:03Dans l'industrie, on observe que sur les intentions de recrutement,
07:06elles résistent, plus de points, je le disais,
07:09par rapport à il y a un an.
07:10Dans les services à forte valeur ajoutée,
07:11par contre, qui sont de gros secteurs pourvoyeurs d'emploi cadre,
07:14on observe une baisse de 4 points,
07:16donc on voit que les évolutions peuvent être un peu divergentes,
07:19et donc au final, on verra comment les recrutements évoluent,
07:22mais on observe pour l'instant une résistance,
07:25une relative résilience de l'économie française
07:27et du comportement des entreprises.
07:31Vous avez dans votre baromètre expliqué
07:34que 61% des entreprises anticipent des difficultés de recrutement
07:38d'ici à la fin de l'année.
07:41Ça veut dire qu'elles peinent toujours à recruter les bons profils ?
07:44Ça veut dire qu'il y a toujours une inadéquation
07:46entre l'offre et la demande ?
07:48Alors, il reste effectivement des difficultés de recrutement
07:50relativement élevées à 61%,
07:53mais c'est quand même le point le plus bas depuis 2022,
07:57et elles sont en baisse de 4 points par rapport à il y a un an.
07:59Donc c'est en lien avec la baisse des intentions de recrutement,
08:02on voit qu'on a un marché du travail qui est moins tendu,
08:04c'est aussi cohérent avec d'autres indicateurs macroéconomiques
08:08comme la baisse des postes vacants,
08:11qui a été publiée par la Dares récemment.
08:14Donc on voit que dans ce marché du travail
08:15où les intentions de recrutement sont un peu en mode attentiste,
08:20les difficultés de recrutement, elles baissent,
08:22mais elles restent pour les cas toujours relativement élevées,
08:24notamment sur des profils très qualifiés.
08:27Est-ce qu'il va y avoir, vous anticipez,
08:29un impact de l'intelligence artificielle sur les recrutements ?
08:34Alors, comme le disait tout à l'heure votre journaliste,
08:37c'est une question qui revient souvent notamment sur l'insertion des jeunes diplômés,
08:41dont on a observé ces dernières années une relative baisse,
08:45mais pour l'instant nous on ne saurait dire
08:46quelle est la part de l'évolution conjoncturelle dans ces secteurs,
08:50notamment les secteurs à forte valeur ajoutée,
08:52qui ont été exposés au retournement du marché de l'emploi cadre en 2024,
08:57de la part de l'IA.
08:58Mais ce sont des indicateurs qu'on suit.
09:00Aujourd'hui, en tout cas, la baisse des recrutements de jeunes diplômés,
09:05elle n'est pas plus forte dans les secteurs à forte valeur ajoutée
09:08que dans les autres secteurs.
09:09Donc on ne voit pas de lien direct entre baisse de l'insertion et déploiement de l'IA.
09:14Merci beaucoup Hélène Garner,
09:16directrice des données et des études de l'APEC.
09:19Jacqueline sur ce plateau, Bertrand Martineau, bonsoir.
09:21Vous êtes économiste, expert associé à l'Institut Montaigne.
09:24Vous avez lu ce baromètre de l'APEC.
09:27Comment vous analysez ce ralentissement des intentions de recrutement des cadres
09:31d'ici à la fin de l'année ?
09:33Il est assez logique, il est assez cohérent avec la molesse générale de l'économie.
09:37Ce qui prévaut, c'est l'attentisme.
09:39Ça se voit dans le climat des affaires de l'INSEE,
09:43ça se voit dans le climat de l'emploi,
09:45ça se voit dans le cas des cadres dans le baromètre de l'APEC,
09:48ça se voit dans l'investissement qui est plat,
09:51c'est-à-dire que les décisions d'embauche, les décisions d'investissement,
09:54ne sont pas gelées, il ne faut pas dramatiser,
09:56mais sont ralenties, tout le monde est dans l'attentisme.
09:58Les salariés eux-mêmes sont dans l'attentisme,
10:01les cadres dans le baromètre,
10:03il y a une forte proportion de cadres
10:05qui finalement renoncent à une mobilité,
10:08parce qu'ils considèrent probablement à juste titre
10:10qu'il y a une prise de risque importante.
10:14Ce n'est pas le moment d'aller voir les affaires.
10:15Oui, on n'est plus en 2021 ou 2022.
10:17Par ailleurs, on n'est pas sur un moment ponctuel,
10:21c'est-à-dire que le climat de l'emploi s'est dégradé
10:24depuis le début 2024 en fait.
10:27Et il est en dessous de la moyenne de long terme
10:30depuis début 2024.
10:31Alors, ce n'est pas un effondrement du tout,
10:33comme le dit Hélène Garnier,
10:35il y a une forme de résilience de l'économie française en général
10:37et de l'emploi en particulier,
10:39mais on ne crée pas assez d'emplois, clairement,
10:41pour stabiliser le chômage.
10:42Et le taux de chômage qui remonte trimestre après trimestre ?
10:46Depuis 2024, pareil.
10:47Régulièrement, on est à 8,3%
10:49avec un problème de chômage de longue durée.
10:52Un chômeur sur quatre est au chômage depuis au moins un an.
10:56Un problème aussi de chômage des jeunes.
10:5821,6% des 15-24 ans est au chômage aujourd'hui.
11:05Est-ce que c'est ça qui est le plus inquiétant,
11:06c'est le chômage des jeunes ?
11:07Il est inquiétant en même temps.
11:09Malheureusement, le chômage des jeunes,
11:11il est structurellement deux fois et demi plus élevé
11:13que le chômage des adultes,
11:14enfin des adultes, des non-jeunes,
11:16je ne sais pas comment les qualifier, en France.
11:18Parce qu'en plus des difficultés générales du marché du travail,
11:21on a un problème particulier en France de l'insertion des jeunes.
11:24Ce qui fait que l'écart entre le taux de chômage moyen
11:28et le taux de chômage des jeunes est élevé.
11:30Et puis, il y a le fait que...
11:32Donc ça, c'est une dimension, on va dire, structurelle.
11:34Puis, il y a une dimension conjoncturelle
11:35qui est que quand l'économie ralentit,
11:36eh bien, les entreprises ne se pètent pas à licencier à tour de bras.
11:40Simplement, ils gèlent les embauches.
11:42C'est la première chose que vous faites
11:43quand vous êtes chef d'entreprise
11:44en cas d'incertitude ou de revers économique.
11:47Vous ne licenciez pas,
11:48vous essayez au maximum de garder votre main d'oeuvre,
11:50d'autant plus que c'est difficile de recruter.
11:51En revanche, vous arrêtez les embauches,
11:53vous gelez les embauches.
11:54Et qui est le plus...
11:55Quelle est la catégorie la première concernée
11:57par le gel des embauches ?
11:58Eh bien, c'est les gens qui arrivent sur le marché du travail.
12:00Eh bien, c'est les jeunes.
12:01Donc, c'est assez logique, finalement.
12:04Concernant le chômage de longue durée,
12:07là, comment vous expliquez
12:08toujours cette proportion d'un chômeur sur quatre
12:10au chômage de plus d'un an ?
12:11Mais elle n'a pas énormément varié.
12:12C'est juste que vous avez un taux de sortie du chômage
12:15qui est plus faible,
12:16précisément parce qu'il y a moins d'embauches.
12:18Et donc, les jeunes sont particulièrement touchés.
12:21Et puis, les chômeurs ont du mal,
12:24davantage de mal à sortir
12:25parce qu'il y a moins d'embauches.
12:26Et donc, il y a plus de chômeurs de longue durée.
12:30On a du mal.
12:31Les durées de chômage ont tendance à s'allonger.
12:33Ce qui est tout à fait logique.
12:34Encore une fois,
12:36il n'y a pas une vague de licenciements.
12:38Il n'y a pas une vague de plans sociaux.
12:40Il y a simplement un gel des embauches.
12:42Et donc, ce sont les chômeurs et les jeunes
12:43qui sont les plus particulièrement concernés.
12:45Gel des embauches qui, selon vous,
12:48pourraient perdurer avec le budget 2027,
12:51avec l'élection présidentielle.
12:52Est-ce que les entreprises sont plus frileuses ?
12:54Il y a une dimension internationale très claire.
12:57Et encore une fois, la France,
12:59comme d'ailleurs les autres pays européens,
13:00est plutôt résiliente de ce point de vue-là,
13:02jusqu'à maintenant.
13:04Maintenant, il y a des incertitudes fiscales, politiques, etc.
13:06Il ne faut pas croire non plus que les chefs d'entreprise
13:08ont l'œil rivé sur les péripéties présidentielles
13:11pour savoir s'ils vont investir ou pas.
13:13On a quand même un problème général de mollesse de l'économie.
13:16On a un problème de gain de productivité insuffisant.
13:20On a un problème de surfiscalité, de surréglementation.
13:22Tout ça est bien connu.
13:23Et je ne pense pas que c'est au jour le jour,
13:25en fonction de l'apparition de tel ou tel candidat
13:27ou de telle ou telle décision,
13:29que ça va précipiter une chute de l'économie française
13:32ou au contraire un rebond.
13:33Mais c'est vrai que le discours économique général
13:35porté par une grande majorité de candidats
13:37est plutôt anxiogène quand on veut faire du business.
13:39C'est anxiogène parce que moins d'actifs occupés,
13:42c'est moins de cotisations, plus de dépenses sociales.
13:44Et donc, ça redéfinit aussi quelque part...
13:46Quand on entend qu'il y a des partis qui représentent
13:50une majorité de Français qui n'ont que le mot « taxe » à la bouche,
13:53c'est sûr que quand on est chef d'entreprise,
13:54c'est plutôt anxiogène.
13:56C'est évident.
13:57Maintenant, ça n'explique pas encore, une fois,
13:59tout le ralentissement de l'économie française depuis des années.
14:02On va continuer à en débattre, en tout cas,
14:04en cette rentrée sur BFM Business.
14:06Merci beaucoup Caroline Morisseau, journaliste BFM Business.
14:09Bertrand Martineau, vous restez sur ce plateau pour le débat
14:12dans un instant avec cette question.
14:13Faut-il taxer davantage les successions ?
14:16A tout de suite.
14:16BFM Business présente.
14:22Le 18h écho, Stéphanie Collot.
14:26C'est un débat dans le 18h écho.
14:29Avec cette question, ce soir, faut-il taxer davantage les successions ?
14:33Pour en débattre, Michel Ruymi, économiste, consultant chez Lévis Capital Partners.
14:38Bonsoir.
14:39Bonsoir.
14:40Et Bertrand Martineau, qui est donc resté sur ce plateau,
14:42économiste, expert associé à l'Institut Montaigne.
14:45Une taxe sur les héritages dès le premier euro,
14:48c'est ce que propose la CFDT.
14:50Marilise Léon estime qu'il s'agit d'une mesure de justice sociale.
14:55Est-ce que c'est le cas, selon vous, Michel Ruymi ?
14:57Non, pas dès le premier euro.
14:59Il faut distinguer, à mon sens, les héritages,
15:01ce que j'appelle les héritages ordinaires,
15:03ceux qui, on va dire, sont la transmission, par exemple,
15:07d'un bien immobilier qui correspond à un effort,
15:11on va dire, financier de toute une vie,
15:14qui va être transmis, je dirais, à ses enfants.
15:17Et ceux qui ont, je dirais, une transmission de patrimoine exceptionnel,
15:22qui se situe et qui s'établit en plusieurs millions
15:26et qui, là, en fait, change complètement la donne.
15:29Et c'est, à mon sens, c'est sur ces transmissions exceptionnelles
15:33qu'il convient.
15:33Parce que ce qu'il faut bien voir, c'est que, bien sûr,
15:37au niveau juridique, ce sont deux héritages,
15:39mais au point de vue économique, c'est différent.
15:41Il y a celui qui, c'est la conclusion d'une vie de labeur
15:44et de l'autre côté, celui qui reçoit sans avoir travaillé.
15:47Donc tout dépendra du curseur, on va en parler dans un instant.
15:51Est-ce que c'est une mesure de justice sociale, selon vous,
15:53Bertrand Martineau, de taxer dès le premier euro ?
15:55Alors, je pense surtout que c'est une très mauvaise façon
15:57de poser le problème.
15:59Il faut revenir quand même aux bases de ce que c'est que la fiscalité.
16:02Une bonne fiscalité, c'est celle qui permet,
16:04avec des dommages économiques minima,
16:07d'avoir des recettes publiques pour financer les services publics.
16:11Donc, le propre d'une taxe, le fondement d'une taxe,
16:14ce n'est pas de lutter contre la justice fiscale.
16:16Si elle le fait par ailleurs, tant mieux,
16:18s'il y a des injustices.
16:19Mais elle n'est pas faite pour ça.
16:21Donc, c'est quand même prendre le problème par le mauvais bout.
16:24La question, c'est combien ça rapporterait,
16:26quelles sont les conséquences économiques positives ou négatives.
16:29C'est dans ces termes-là qu'il faut le poser.
16:32Bon, à partir de là,
16:33il y a quelque chose d'un peu déplaisant dans le débat politique
16:36sur la fiscalité du capital en général,
16:38et des successions en particulier,
16:39ça fait partie des ensembles de fiscalité normal.
16:43On taxe la consommation, les revenus du travail,
16:45les revenus du capital.
16:45C'est normal qu'on taxe les revenus du capital,
16:49taxer même le capital, le patrimoine, les terres.
16:53Les grands auteurs libéraux classiques sont pour la taxation de la rente foncière.
16:56Il n'y a pas de problème philosophique avec ça.
16:57Ça peut être des bons impôts.
16:58Mais prendre le problème par,
17:00il y a des riches dans ce pays,
17:01on va les taxer à mort.
17:02Non, la fiscalité n'est pas faite pour ça.
17:04Elle n'est pas faite pour punir.
17:05Elle est là pour, encore une fois,
17:07donner des ressources financières
17:09avec le faible dégât économique possible.
17:12Sachant qu'il n'y a pas d'impôt indolore,
17:14ça n'existe pas.
17:15Voilà, c'est pour ça que je suis un peu gêné
17:16par la façon dont on pose le problème,
17:19qui est typiquement française, évidemment.
17:20Et on reviendra sur les propositions de Raphaël Glucksmann.
17:23Juste en 1970,
17:25l'héritage représentait un tiers du patrimoine des Français.
17:28Aujourd'hui, contre deux tiers issus du travail,
17:31aujourd'hui c'est l'inverse.
17:32Sachant que d'ici 2040, d'ici 10 ans,
17:34la génération des baby-boomers va léguer
17:37près de 9000 milliards d'euros à ses descendants
17:40selon la fondation Jean Jaurès.
17:42C'est ce qu'on appelle la grande transmission.
17:44Est-ce qu'il y a urgence ?
17:45Est-ce que c'est quelque part l'occasion de
17:48aller, on va les taxer parce qu'il y a 9000 milliards
17:50qui vont être transférés ?
17:51Je crois que cette revalorisation, on va dire,
17:54est due notamment parce que c'est le bien immobilier
17:56principalement qui a été revalorisé.
17:58Donc on arrive à des chiffres, on va dire, astronomiques.
18:02Je crois que ce qu'il faut bien voir,
18:04et je complèterai un peu ce qu'il y a de Bertrand,
18:06c'est qu'un bon impôt, dans ce cadre-là,
18:09ça doit éviter, je dirais,
18:13c'est le choix de société qu'on veut.
18:15Est-ce que concrètement, la naissance
18:17va déterminer notre avenir ?
18:18C'est-à-dire qu'aujourd'hui, quand on voit la richesse,
18:20elle est concentrée parmi les plus...
18:22On va dire, je crois que c'est 10% qui détient
18:24à peu près 40%, des plus riches qui détiennent
18:26un peu moins de 40% de la richesse.
18:30Donc il y a aussi, ceci est dû,
18:32parce qu'il y a une transmission.
18:34Dès lors que, si on fait perdurer ce système,
18:38eh bien la naissance va déterminer l'avenir,
18:40et c'est un peu dommage de ne pas,
18:41je dirais, développer l'aspect de méritocratie.
18:44Donc je pense que,
18:46ce qu'il convient de faire,
18:48je reviens, c'est le fait de...
18:50Alors le curseur, justement, voilà.
18:51Et là, le curseur, ça va être difficile.
18:53Ça va être difficile, parce que je pense
18:55qu'il convient aussi de voir,
18:57non pas au moment du décès,
18:59mais tout au long de la vie.
19:00C'est-à-dire qu'il faudrait une agrégation,
19:03une confusion, comme on voulait,
19:04entre donation et succession,
19:07et de voir après, tout au long de la vie.
19:09Or, souvent, aujourd'hui,
19:10on s'arrête au niveau de la fin de la vie.
19:12Et parfois, eh bien,
19:14beaucoup se font par optimisation fiscale,
19:16arrivent à s'en sortir.
19:18Pour aller dans ce sens,
19:20c'est assez amusant,
19:21et là, on n'est plus tout à fait dans l'économie,
19:22c'est que les gens sont très...
19:24L'opinion publique est très favorable
19:27à la taxation du patrimoine au cours de la vie,
19:29donc l'ISF, qui a beaucoup de succès.
19:32Et en revanche, l'opinion publique
19:33est farouchement opposée à la succession.
19:35Ce qui n'est pas logique, économiquement,
19:37puisqu'effectivement,
19:37d'un point de vue strictement économique,
19:39si tant est qu'on doive taxer le patrimoine,
19:40il vaut mieux le faire tout au long de la vie
19:42avec des petits pourcentages...
19:43Et lycées, oui.
19:44Bien sûr, que de donner un coup de bambou,
19:45excusez-moi l'expression,
19:47de 30% au moment de la succession,
19:48avec tout un tas d'effets collatéraux,
19:50notamment sur la taxation du capital des entreprises.
19:53C'est un sujet qu'on pourra peut-être aborder,
19:54qui serait catastrophique.
19:57Et donc, ça prouve bien
19:58qu'on n'est pas dans la rationalité.
20:00On ne peut pas être à la fois
20:01contre l'impôt sur les successions
20:03et être en faveur massivement
20:06pour la taxation des patrimoines
20:08tout au long de la vie.
20:09Alors, en fait, il y a une dimension psychologique,
20:11vous savez très bien,
20:12ça a été popularisé par un terme aux États-Unis,
20:15c'est l'impôt sur la mort,
20:16parce qu'on touche à des choses
20:19qui ne sont pas du ressort de l'économie.
20:20Et ça pollue quand même singulièrement
20:22le débat économique.
20:23Mais je voudrais quand même revenir
20:24juste à un chiffre.
20:25Vous parlez des 300 milliards,
20:26donc ça, c'est le nouveau truc à la mode.
20:28Il y a un magot qui va arriver.
20:29Maintenant qu'on a taxé à mort
20:31toutes les assiettes possibles
20:32en termes de revenus,
20:33on n'a pas encore taxé le stock.
20:35Le stock, c'est l'épargne des gens.
20:36Donc, en général,
20:38l'épargne, on taxe historiquement
20:39pendant les périodes de guerre.
20:40On fait appel à l'épargne, etc.
20:43Heureusement, on n'est pas encore en époque.
20:44J'espère qu'on ne sera pas
20:45en période de guerre.
20:46Je pense qu'avant de taper
20:47dans l'épargne des gens,
20:48il faut réfléchir à deux fois
20:49sur ce que ça signifie.
20:50Donc, on se dit,
20:51voilà, il y a un magot formidable
20:53de 300 milliards par an.
20:54On va taper dedans, etc.
20:55Enfin, c'est du capital.
20:57Taxer le capital,
20:58c'est de la destruction de capital.
21:00Et on en taxe déjà 5%.
21:02C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
21:035% de 300 milliards,
21:04bon, ça fait 16 milliards.
21:06L'impôt sur l'exccession aujourd'hui,
21:07c'est 16 milliards.
21:08C'est, en proportion du patrimoine,
21:11c'est un des impôts les plus élevés
21:13d'Europe, en fait, 5%.
21:14Absolument.
21:15Et de l'OCDE.
21:16Alors, moi, je veux bien
21:17qu'on aille plus loin,
21:17mais admettons qu'on double,
21:19qu'on augmente de 50%
21:21les droits de succession,
21:22ce qui est quand même
21:23politiquement terrible.
21:2450% de 16 milliards,
21:26ça fait 8 milliards.
21:27Bon, moi, je veux bien
21:28qu'on déclenche une guerre nucléaire
21:30politique pour 8 milliards.
21:32Ce serait monstrueusement impopulaire
21:34et ça ne ferait que 8 milliards.
21:35Et ça augmenterait les successions,
21:36ça ferait augmenter
21:38de 50% les successions.
21:39Donc, quand on a les ordres
21:40de grandeur en tête,
21:41vous voyez bien
21:42qu'on revient vite sur Terre, en fait.
21:44Oui, parce que la France
21:45n'est pas laxiste
21:46quant à la taxation
21:47des successions,
21:48Michel Rumi.
21:48Donc, on le met où, le curseur ?
21:50Ouh, c'est compliqué.
21:51Je compléterais ce qu'a dit Bertrand,
21:53dans la mesure où,
21:54ce qu'il faut bien voir,
21:54c'est qu'on a une taxation
21:55relativement lourde
21:56et d'un certain côté aussi,
21:59on n'a que 16 milliards
22:01et puis il y a près de 90%
22:02des Français,
22:03des successions
22:04qui ne sont pas taxées.
22:06Elles sont petites.
22:07Oui, oui, tout à fait.
22:08Donc, c'est ça.
22:08Ce qui veut dire,
22:09c'est que,
22:09ce que j'essaye de dire,
22:11c'est que ce n'est pas le taux
22:12qu'il faut voir.
22:13C'est qu'il y a l'assiette,
22:15en fait,
22:16de faire les optimisations
22:17par tous les aspects
22:18ingénierie fiscale
22:19font que rien, entre guillemets,
22:22ne revient
22:22dans l'assiette de l'État.
22:24Et c'est cela aussi
22:25qu'il faut combattre,
22:26c'est de se dire,
22:26tiens, il serait bien de,
22:28je dirais,
22:29qu'il y a du proportion
22:30et qu'il n'y ait pas
22:31une certaine optimisation
22:32là-dessus.
22:32Et ça veut dire
22:33qu'il faut revoir,
22:34par exemple,
22:34le pacte d'Utreille,
22:35selon vous ?
22:38Tout dépend.
22:39Ce qui a été fait,
22:40en fait,
22:41le pacte d'Utreille,
22:41c'est quoi ?
22:42C'est notamment
22:43pour la transmission
22:43d'entreprises familiales
22:46qui ont,
22:46on va dire,
22:47des difficultés
22:47qui doivent être cédées
22:48parce qu'on ne paye pas,
22:50on a des problèmes
22:51de fixation,
22:52pas que d'Utreille
22:52à travailler,
22:53mais il y en a.
22:53Il y a certaines entreprises
22:54et certaines familles,
22:56entreprises familiales
22:57qui ont transformé cela
22:58en, on va dire,
23:00en outil fiscal
23:00et qui fait que,
23:01fidèlement,
23:02ils arrivent à s'en sortir
23:04de toute cette fiscalité
23:05qu'il y aurait dû...
23:06Donc, c'est là aussi
23:07qu'il faut revoir,
23:08c'est non pas
23:09quel est le curseur,
23:11c'est en même temps
23:12l'optimisation,
23:13jusqu'où doit-elle aller ?
23:15Et bien sûr,
23:16c'est autorisé,
23:17mais quand on sait
23:18l'évitement à l'impôt,
23:20ça peut poser des problèmes
23:21par ailleurs.
23:21Bertrand Martineau ?
23:22Oui, alors il y a
23:23des problèmes d'optimisation,
23:24notamment dans le pacte
23:26d'Utreille,
23:27mais le pacte d'Utreille,
23:28c'est ce qui permet
23:28quand même
23:29aux entreprises familiales
23:31qui ont par ailleurs
23:31un certain nombre
23:32de vertus en termes
23:32de stabilité,
23:33de durabilité,
23:34etc.,
23:35de perdurer.
23:36Si on tape
23:37dans le pacte d'Utreille,
23:38ça veut dire tout simplement
23:39que le capital
23:39va être vendu
23:40et ça va être
23:41des investisseurs étrangers
23:42et le capital va partir.
23:44Ce n'est pas franchement
23:45une bonne idée.
23:45On arrive à ce que je disais
23:47tout à l'heure,
23:47avant de vouloir être punitif
23:48sur les riches,
23:49le capital, etc.,
23:50il faut revenir
23:51à des choses rationnelles,
23:52c'est comment est-ce qu'on fait
23:53pour qu'un impôt
23:56soit rapport de l'argent
23:57tout en étant
23:58le moins dommageable
23:59possible à l'économie.
24:00Or là, en l'occurrence,
24:01ça rapporterait certainement
24:02assez peu
24:03et ce serait très dommageable
24:04à l'économie.
24:05Et si on veut taxer
24:06le capital davantage,
24:07il y a déjà l'impôt
24:08sur les sociétés,
24:09il y a déjà une surtaxe
24:10d'ailleurs exceptionnelle
24:11qui va évidemment
24:12perdurer.
24:13Être conduit.
24:14Donc là aussi,
24:15je veux dire qu'on peut
24:16plutôt que de taxer le capital,
24:17on peut plutôt taxer les revenus.
24:18Alors, on le fait déjà
24:20beaucoup en France.
24:20Mais c'est un peu hypocrite
24:22de dire
24:23on va arrêter de...
24:26On va taxer le magot
24:29qu'on représente, etc.
24:30On a une vision quand même
24:31du capital
24:32comme l'oncle Picsou
24:33qui se baigne
24:33dans des piscines de billets
24:37qui ne travaillent pas
24:38et qui sont totalement inutiles.
24:39Oui, enfin,
24:40le capital dont on parle,
24:42là, en l'occurrence,
24:43ce sont quand même
24:44des entreprises.
24:45Voilà.
24:45Donc, on tape,
24:46on diminue le capital
24:47des entreprises.
24:48Donc, je ne dis pas
24:49qu'il ne faut absolument
24:49pas le faire,
24:50je dis juste qu'il y a
24:50des conséquences économiques
24:52très dommageables
24:52qu'il faut bien regarder
24:53en face.
24:54Et qu'il peut y avoir aussi
24:55pour compéter sur l'emploi
24:57parce que parfois
24:57les entreprises ferment
24:58et donc,
24:59il y a...
25:00Ce sont autant de personnes
25:02qui deviennent chômeurs
25:03par la suite.
25:03Mais est-ce que le risque,
25:04ce n'est pas aussi
25:04de devenir une société
25:05d'héritier ?
25:06D'héritier quand on voit
25:07que l'héritage représentait
25:08un tiers du patrimoine
25:10des Français
25:11contre deux tiers
25:12issus du travail
25:12et aujourd'hui,
25:13c'est l'inverse.
25:14Alors,
25:15il y a une dimension
25:16qu'on n'a pas beaucoup...
25:18sur laquelle on n'a pas
25:19assez insisté,
25:20c'est la question démographique.
25:21C'est-à-dire que
25:22quand le capital circule,
25:23c'est-à-dire circule
25:24des vieux, on va dire,
25:26vers les actifs,
25:27c'est assez sain.
25:28Quand le capital
25:29est immobilisé
25:30et qu'il passe
25:30des vieux aux vieux,
25:31puisqu'aujourd'hui,
25:32les gens héritent
25:32en moyenne à 60 ans,
25:34contre 40 ans
25:34dans les années 60,
25:35des parents qui meurent
25:36à 90 ans.
25:37Alors, effectivement,
25:39dans un cas comme ça,
25:40on a un problème
25:40de circulation du capital.
25:42Mais,
25:42pour traiter ce problème,
25:44il vaut peut-être mieux
25:44faciliter les donations,
25:46faciliter l'orientation
25:48de l'épargne
25:49des vieux, on va dire,
25:50vers des produits particuliers
25:52pour peut-être financer
25:53la dépendance,
25:54des choses comme ça,
25:54plutôt que créer des impôts
25:56et l'État prendrait
25:58de l'argent,
25:59taperait dans le capital
26:00pour en faire quoi,
26:01d'ailleurs ?
26:01Vous voyez,
26:02enfin,
26:03ce n'est pas évident.
26:03Ce n'est pas parce qu'on a
26:04un vrai problème
26:05de circulation du capital
26:06qui est insuffisant,
26:07que l'impôt,
26:08et l'impôt aussi bestial que ça,
26:10si je peux me permettre,
26:11est une solution.
26:11L'impôt n'est pas la solution,
26:12Michel Rémy ?
26:13Pas nécessairement.
26:14Oui, mais la question
26:15qui va se poser,
26:15et qui après,
26:16c'est à supposer qu'on taxe,
26:17qu'est-ce qu'on fait
26:18de notre cet argent ?
26:19Parce que la question
26:19qui va se poser,
26:20c'est est-ce que c'est pour,
26:22on va dire,
26:23on va assimiler,
26:24pour faire ça,
26:24un redressement fiscal,
26:25du coup,
26:26ça rentre dans l'État,
26:28mais il faut aussi corriger
26:30toutes les inégalités
26:31qui arrivent,
26:31c'est-à-dire,
26:32au départ,
26:33l'éducation
26:34et tout ce qui peut aider,
26:35un rôle plus social.
26:37Donc c'est cela aussi
26:37qu'il faut bien voir,
26:38c'est qu'on va taxer,
26:40certes,
26:40certaines fortunes,
26:43on va avoir cet argent,
26:44mais que va faire l'État ?
26:46On n'est pas clair là-dessus,
26:47non plus.
26:47C'est ça qui fait poser problème.
26:49Tout va dépendre
26:49de l'élection présidentielle,
26:51ça va être un sujet
26:51qui va être sans doute
26:53abordé pendant l'élection.
26:54Je pense qu'en filigrane
26:55de l'élection présidentielle,
26:57il y aura
26:57les finances publiques,
26:59d'une part,
26:59et puis après,
27:01c'est tout ce qui va toucher,
27:02voilà,
27:02oui,
27:02c'est tout ce qui va toucher
27:03avec le pouvoir d'achat,
27:05les réductions des inégalités.
27:07Ça aussi,
27:07il y a une dimension sociale
27:08qui est importante à prendre.
27:10Et donc,
27:10bien sûr,
27:12selon le cas,
27:12on va développer plus
27:13la fiscalité ou pas ?
27:15Bertrand ?
27:15Je pense qu'il n'y a aucune
27:16question taboue
27:17sur la fiscalité,
27:18y compris la fiscalité
27:19du capital.
27:20En revanche,
27:20la façon dont on en parle,
27:22c'est-à-dire la fiscalité
27:23non pas comme un outil
27:25économique
27:25et de finances publiques,
27:27mais comme un outil
27:27de punition,
27:28a quelque chose
27:29de très inquiétant.
27:31Parce que ce n'est pas comme ça
27:32qu'il faut poser le problème.
27:33Or,
27:33dès qu'on parle de capital,
27:34on est toujours sur le fait
27:36que, oui,
27:36mais ce capital n'a pas été acquis
27:37de manière,
27:38vous voyez,
27:38il y a une sorte de jalousie
27:41de,
27:42comment dire,
27:42qui est assez malsaine.
27:43On n'est plus dans la
27:44rationnelle.
27:45Voilà,
27:46on n'est plus dans la politique
27:46fiscale,
27:47on est dans autre chose
27:48qui est assez malsaine.
27:49Donc,
27:49si on pose le problème,
27:50il faut poser les questions
27:51de la fiscalité,
27:52des inégalités,
27:53de tout ce que vous voudrez.
27:54Au passage,
27:54il faudrait aussi poser
27:55la question des dépenses publiques
27:57qu'on met en face.
27:58D'ailleurs,
27:59il vaudrait mieux intellectuellement
28:01quels sont les dépenses publiques
28:03qu'on veut,
28:03quel est le degré de mutualisation
28:05des risques sociaux
28:06qu'on veut,
28:06et dans un deuxième temps,
28:08se demander comment on les finance,
28:09plutôt que de faire le contraire.
28:10Mais tant qu'on a une approche
28:11punitive de la fiscalité,
28:12on a tendance
28:13à faire de la fiscalité
28:14un objet en soi,
28:15alors que la fiscalité
28:16n'est qu'un moyen
28:16pour financer des dépenses publiques.
28:18Et le débat doit porter
28:19avant tout
28:20sur les finances publiques,
28:21enfin,
28:21sur les dépenses.
28:22Le message est passé.
28:23Merci beaucoup,
28:24Bertrand Martineau,
28:25économiste expert
28:26à Social Institute Montaigne
28:27et Michel Rumi,
28:28économiste consultant
28:29chez Lévy Capital Partners.
28:33Restez avec nous
28:33dans un instant.
28:34On va faire un point
28:34sur les marchés
28:37et puis on sera en direct
28:38de New York
28:39avec Romuald Siora.
28:40On va analyser
28:41la réponse du Canada
28:43aux droits de douane
28:44imposés par les Etats-Unis.
28:46A tout de suite.
28:47DFM Business présente
28:52Le 18h éco,
28:54Stéphanie Collot.
28:55Le 18h éco se poursuit.
28:57On va faire un point
28:58sur la séance du jour,
28:59sur les marchés,
29:00tout ce qu'il faut retenir
29:01de cette journée
29:03avec Antoine Larigauderie.
29:04Bonsoir Antoine.
29:06Le CAC termine
29:06en petite baisse ce soir.
29:07Oui, deuxième baisse consécutive.
29:09On commence mal cette semaine.
29:11Moins 0,16%.
29:128 439 points.
29:14Il n'y a pas péril
29:14dans la demeure.
29:15Mais clairement,
29:15il y a eu une sous-performance
29:16du CAC 40 par rapport
29:17aux autres indices européens
29:19qui sont un petit peu
29:19mieux comportés.
29:20L'Eurostock 50
29:21qui a gagné 0,12%.
29:22Le DAX à Francfort
29:23qui a terminé
29:24sur une hausse
29:25de 0,6%.
29:26Bref,
29:27on était un petit peu
29:28à la traîne à Paris.
29:29Les secteurs qui ont pesé,
29:30notamment le secteur du luxe.
29:32Kering a perdu 3,3%
29:33à 247,20 euros.
29:35LVMH moins 1,88
29:36à 450,70 euros.
29:39Puis encore une fois,
29:39le secteur automobile.
29:40Hier,
29:41c'est Stellantis
29:42qui a dégusté
29:42avec les mauvaises nouvelles
29:43en provenance de Volkswagen.
29:45Mais aujourd'hui,
29:45c'est Renault
29:46qui a plutôt pesé
29:46avec une baisse de 3,2%,
29:4827,39 euros.
29:49En revanche,
29:50meilleure santé
29:51du côté de Stellantis
29:52qui a regagné 1,3%.
29:54Enfin,
29:54on est toujours proche
29:55des plus bas historiques
29:55à 4,49 euros.
29:57Et puis,
29:58très belle performance
29:59aussi de tous les titres
30:00liés à la tech
30:01et à l'intelligence artificielle.
30:02Et en particulier,
30:03chez nous,
30:03Le Grand
30:04qui a gagné 2,5%
30:05à 136,50 euros.
30:06Schneider Electric,
30:07plus 1,5%,
30:09296,25 euros.
30:10Les points de crispation
30:11du moment
30:12commencent à se détendre
30:13un tout petit peu,
30:14notamment les taux d'intérêt.
30:16On avait un oeil
30:17sur les taux obligataires.
30:18La France,
30:19ça retombe à 4,06,
30:214,64 pour le disant américain.
30:23Ça va un petit peu mieux.
30:24Ça se détend.
30:24Voilà,
30:25mais enfin,
30:25ça reste quand même
30:26très compliqué,
30:27cette situation.
30:27Et puis,
30:28du côté des prix du pétrole aussi,
30:3087,40 dollars pour le baril
30:32de mer du Nord
30:33qui continue de se détendre.
30:34L'autre facteur
30:36assez étonnant,
30:36c'est quand même
30:37ce coup de faiblesse
30:38du dollar
30:38qui a entraîné
30:39à la hausse l'or,
30:40l'once d'or fin
30:40qui renoue
30:41avec les 4,700 dollars l'once.
30:43Puis alors,
30:43le bitcoin
30:44qui est allé taper
30:45les 4,000 dollars.
30:46Excellent mois d'août
30:47d'ailleurs pour le bitcoin,
30:48le deuxième meilleur mois d'août
30:50de toute son histoire.
30:51Alors,
30:51on va aller du côté de,
30:53on va aller aux Etats-Unis,
30:54du côté de Wall Street,
30:55on est plutôt dans le vert actuellement.
30:56Oui,
30:56avec un Nasdaq
30:58qui gagne 0,63%
30:59à 26,144 points.
31:02Le Dow Jones
31:03plus 0,15,
31:04on est à 53,497
31:06et plus 0,31
31:07pour le S&P 500,
31:097,676 points.
31:11Alors,
31:11évidemment,
31:11ce que tout le monde attend,
31:12c'est les résultats d'Nvidia.
31:13Ce sera demain soir
31:14après la clôture
31:15de Wall Street.
31:16Alors,
31:16beaucoup d'arbitrage.
31:17Maintenant,
31:17si on regarde les options,
31:19il ne devrait pas y avoir
31:20trop trop de mouvements
31:21ni à la hausse
31:21ni à la baisse.
31:22Les choses sont plutôt calmes
31:24sur le marché gris,
31:26on va dire,
31:26le marché des options.
31:28Et le titre Nvidia,
31:29pour l'instant,
31:30il gagne 1,8%
31:31à 212,30$.
31:33Donc,
31:35relatif optimisme
31:35en attendant,
31:36évidemment,
31:37ce qui sera
31:37un des grands moments
31:38de l'été boursier,
31:39ces résultats trimestriels
31:40d'Nvidia.
31:40Donc,
31:41demain soir,
31:41après la clôture
31:42de Wall Street.
31:43Retour en France
31:44avec un changement à venir
31:45dans la réglementation
31:46des ETF, Antoine.
31:47Oui,
31:48alors,
31:48c'est pas sans susciter
31:49une certaine inquiétude
31:49de la part
31:50des intervenants financiers
31:51et des observateurs
31:52du monde de la finance.
31:53Jusqu'à présent,
31:54on pouvait détenir
31:54des ETF,
31:55donc ces fameux
31:56produits financiers
31:57qui traquent
31:57la performance
31:58des indices
31:59dans un certain nombre
31:59de secteurs,
32:01certaines zones géographiques,
32:03etc.,
32:03qui permettent
32:04un accès facilité
32:06à la bourse.
32:06On appelle ça
32:07la gestion passive,
32:08c'est un produit
32:08qui se gère tout seul
32:09et qui n'est pas cher
32:10à acheter en plus,
32:12qui dispose
32:13de frais d'entrée
32:14très réduits
32:14et qu'on pouvait
32:15intégrer à son PEA.
32:18Simplement,
32:19là,
32:19l'État est en train
32:20de se pencher
32:20sur la réglementation
32:22parce qu'il y a
32:23certains ETF
32:23qui permettent
32:24de trader
32:26des actions américaines
32:27ou des indices américains.
32:29Et ça,
32:29ce n'est pas illégal,
32:31mais on va dire
32:31que l'esprit de la loi
32:32n'est pas respecté.
32:34Exactement.
32:35Et donc,
32:35l'État voudrait
32:36revenir là-dessus.
32:37Alors,
32:37ce n'est pas sans susciter
32:38certaines inquiétudes
32:39de la part des investisseurs
32:41qui en ont en portefeuille.
32:42Qu'est-ce qui va se passer
32:43si jamais il y a une évolution
32:44réglementaire
32:45vis-à-vis de cela ?
32:46Alors,
32:47apparemment,
32:47la réflexion est en cours,
32:48mais il faudra la suivre
32:48avec attention
32:49parce que ça pourrait changer
32:50un paradigme
32:52qui prend sa source
32:53après la crise du Covid.
32:55Tout le monde s'est mis
32:56à investir en bourse
32:56parce qu'on n'avait que ça
32:57à faire globalement
32:58pendant le confinement
32:59et à bien s'enrichir,
33:01à bien faire fructifier
33:02son patrimoine,
33:02notamment grâce aux ETF,
33:03encore une fois,
33:04qui est une solution simple
33:05pour s'attaquer à la bourse.
33:07Mais là,
33:07le paradigme,
33:08effectivement,
33:08pourrait changer.
33:09Il faudrait y être attentif.
33:10À surveiller.
33:10Donc,
33:11merci beaucoup Antoine Larigauderie.
33:12On s'intéresse à présent
33:13à la réponse d'Ottawa
33:16face aux nouveaux droits
33:17de douane américains
33:18sur les produits canadiens.
33:20On est en ligne
33:20avec Romuald Siora.
33:22Bonsoir.
33:23Vous êtes chercheur associé
33:24à l'IRIS,
33:25directeur de l'Observatoire politique
33:27et géostratégique
33:28des États-Unis.
33:30Vous êtes également
33:30l'auteur de
33:31« Lettre ouverte à Trump
33:33d'un Américain de papier »,
33:34un ouvrage qui sort
33:35le 23 septembre.
33:37On est aussi en plateau
33:38avec Nathan Coquampo.
33:40Bonsoir.
33:41Nathan,
33:42le gouvernement canadien
33:43a détaillé cet après-midi,
33:44il y a quelques minutes,
33:45sa réponse douanière
33:47au président américain
33:48lors d'une conférence de presse
33:50qui était très attendue.
33:51Oui,
33:51œil pour œil,
33:52dollar pour dollar.
33:53Le Canada annonce
33:53des surtaxes
33:54de 15 à 50%
33:55sur une série
33:56de produits américains
33:57et ce,
33:58dès le 8 septembre,
33:59autant que les surtaxes
34:01de Donald Trump
34:01appliquées la semaine dernière.
34:03Écoutez François-Philippe Champagne,
34:04le ministre fédéral des Finances.
34:08Le Canada imposera
34:10des contre-mesures
34:10tarifaires de 15%,
34:1125%
34:12ou 50%
34:13sur des importations
34:14en provenance des États-Unis
34:15d'une valeur
34:16de 27,6 milliards de dollars.
34:18Pour chaque produit,
34:19nos droits de douane
34:20correspondront
34:20à ceux appliqués
34:21par les États-Unis
34:22sur le même type
34:22de marchandises canadiennes.
34:28L'attaque,
34:29mais la défense aussi.
34:31Le Canada annonce
34:314,6 milliards d'euros
34:33d'aides pour les secteurs
34:34touchés par les surtaxes américaines.
34:35On attend maintenant
34:36la réaction de Donald Trump
34:38qui a déjà une attaque d'avance
34:40avec la menace
34:40de nouveaux droits de douane
34:41sur l'automobile
34:42et l'acier canadien
34:44à partir du 1er janvier.
34:45Le Canada promet en tout cas
34:47de riposter
34:47à toute nouvelle surtaxe
34:48visant le secteur automobile.
34:50Alors pour rappel,
34:51on refait un peu le fil,
34:52le Premier ministre canadien
34:53a rompu vendredi
34:54les négociations commerciales
34:56avec Donald Trump,
34:56notamment en accusant
34:57Washington de vouloir
34:59remettre en cause
35:00la culture francophone du Québec.
35:02Un mensonge pour Donald Trump
35:04qui a répondu dans la foulée
35:05ne pas vouloir empêcher
35:06les Canadiens
35:07de parler français.
35:08Il n'empêche,
35:08les échanges sont quand même
35:09très tendus
35:10entre Washington et Ottawa.
35:11Oui Stéphanie,
35:12on a vraiment assisté
35:13à une joute verbale
35:14entre Washington et Ottawa,
35:15entre Donald Trump
35:16sur son réseau social Trump
35:18et l'administration canadienne.
35:20Je cite,
35:20« Sans les Etats-Unis,
35:21le Canada ne pourrait pas survivre.
35:24L'arbin, clown,
35:25Donald Trump s'est défoulé
35:27et Doug Ford,
35:28le Premier ministre de l'Ontario,
35:29lui a répondu
35:30sans prendre de pincettes. »
35:32« Je pourrais entrer
35:34dans une joute verbale
35:35avec Trump,
35:36mais vous savez quoi ?
35:36Je ne le ferai pas,
35:38je ne vais pas mordre à l'hameçon.
35:39Ce type est un perdant,
35:40il restera un perdant,
35:42c'est aussi simple que ça.
35:43Nous allons nous battre
35:44avec toutes nos forces.
35:45Et vous savez quoi ?
35:46J'ai plus de courage
35:47et d'intelligence
35:48dans le petit orteil
35:49qu'il en a dans tout son corps.
35:50Voilà, c'est tout. »
35:53Un tacle qui ne devrait pas plaire
35:54au président américain
35:55qui propose d'ailleurs
35:56de changer le nom
35:57du lac Ontario
35:58par celui de lac d'Amérique
36:00en expliquant
36:01ne plus prévoir
36:02de faire beaucoup d'affaires
36:03avec cet État.
36:03Alors au-delà
36:04de ces joutes verbales,
36:05Nathan,
36:05qui des Etats-Unis
36:06ou du Canada
36:07sortira perdant
36:09d'un éloignement
36:10entre les deux pays ?
36:11Les deux,
36:11car les deux économies
36:12sont fortement abriquées.
36:14Chaque jour,
36:14près de 3 milliards
36:15et demi de dollars
36:16en biens et services
36:17sont échangés
36:17entre les deux pays.
36:19Le Canada vend son pétrole,
36:20son gaz,
36:21son électricité.
36:22Washington vend
36:23ses produits agricoles,
36:24industriels,
36:25ses voitures.
36:25Sur le papier,
36:26le Canada pourrait
36:27le plus subir
36:29une guerre commerciale
36:30avec les Etats-Unis
36:30dans le long terme.
36:31Le pays exporte
36:32plus de trois quarts
36:33de ses biens
36:34et en importe
36:35la moitié de son voisin.
36:36L'industrie canadienne
36:37est ultra dépendante
36:38du marché américain.
36:40Son industrie
36:40est en première ligne
36:41donc.
36:42Les Etats-Unis
36:42sont moins dépendants
36:44sur le papier
36:44sauf concernant l'énergie.
36:46Washington importe
36:47plus de 60%
36:48de son pétrole du Canada.
36:49Quasiment 100%
36:51de son gaz naturel
36:52importé vient de son voisin
36:53et cela rend difficile
36:55de trouver
36:55des alternatives
36:56à court terme.
36:57Une hausse des tarifs
36:58retombera indirectement
37:00sur le consommateur américain
37:02et à l'approche
37:02des mid-terms,
37:03cela pourrait fortement
37:04pénaliser Donald Trump.
37:05Merci Nathan Coquampo.
37:06Romuald,
37:07Sura,
37:08vous êtes toujours en ligne
37:08en direct depuis New York.
37:10qu'est-ce que le Canada
37:10a réellement les moyens
37:13d'imposer un rapport
37:15de force
37:15sans asphyxier
37:16sa propre économie ?
37:19Difficilement,
37:19mais sur le plan symbolique,
37:21oui.
37:22McCartney avait déjà
37:23été très ferme
37:24lorsqu'il est arrivé
37:25le Premier ministre canadien
37:26au pouvoir l'année dernière.
37:28Il avait su s'opposer
37:30avec élégance,
37:31respect,
37:32mais fermeté
37:32à Donald Trump
37:33qui d'ailleurs
37:34lui parlait un petit peu
37:35autrement
37:36que de la manière
37:37dont il parlait
37:38à son prédécesseur
37:38Justin Trudeau
37:39qui était en permanence
37:40humilié par le président américain.
37:42Donc depuis le départ,
37:43McCartney a su
37:45imposer
37:46une forme de résistance
37:47à Trump
37:49dans cette histoire
37:49de taxation
37:50tous azimuts.
37:51Aujourd'hui,
37:52jusqu'à un certain point,
37:54effectivement,
37:54si cette guerre
37:55tarifaire
37:57continue
37:57à aller encore plus loin,
37:59bien sûr
37:59que pour les États-Unis
38:00ce ne sera pas
38:01une très bonne chose,
38:02mais voyons quand même
38:03les choses
38:04telles qu'elles sont.
38:04les États-Unis
38:06sont un géant
38:07en comparaison
38:08avec le Canada.
38:10Près de 40 millions
38:11d'habitants au Canada,
38:12plus de 330
38:13aux États-Unis,
38:14cela dit tout.
38:15Donc aujourd'hui,
38:17c'est un petit peu
38:18David contre Goliath,
38:19mais une chose
38:19est certaine,
38:20c'est que le Premier ministre
38:21canadien
38:22donne une leçon
38:23aux Européens.
38:24Rappelons-nous
38:25la capitulation
38:25d'Ursula von der Leyen
38:26l'année dernière,
38:28taxation
38:28sans réprocité,
38:31un rêve
38:31pour Donald Trump.
38:32Aujourd'hui,
38:33le Premier ministre
38:34canadien montre
38:35qu'on peut résister
38:36et cela pourrait
38:37être payant
38:38car Donald Trump
38:39n'est pas le seul
38:39à décider.
38:40Il a des conseillers,
38:42il a un secrétaire
38:43au Trésor
38:44et tout un petit monde
38:45qui à terme
38:46pourrait lui dire
38:46écoutez,
38:47faisons baisser
38:48la température d'un cran.
38:49Alors justement,
38:50Romuald Siora,
38:51il y a le business
38:52roundtable
38:53qui réunit
38:53200 dirigeants
38:54de grandes entreprises
38:55américaines
38:56qui a appelé
38:57les deux gouvernements
38:58américains
38:59et canadiens
39:00à revenir
39:00à la table
39:01des négociations
39:02et à lever
39:03les droits de douane
39:04néfastes
39:05selon son directeur général.
39:07Est-ce que c'est
39:08le genre d'initiative
39:09que Donald Trump
39:10pourrait écouter
39:10ou les conseillers
39:12de Donald Trump
39:12pourraient écouter
39:13et convaincre ainsi
39:14le président américain ?
39:16– Oui,
39:17il pourrait écouter
39:19à moyen terme.
39:21Le problème,
39:21c'est que les choses
39:22sont allées un petit peu
39:23trop loin
39:23concernant Donald Trump.
39:25McCartney a fait preuve
39:26et avec raison
39:27d'une fermeté
39:28à laquelle Trump
39:29n'est pas habitué
39:30et on l'a vu,
39:31le Premier ministre
39:32de l'Ontario
39:34a littéralement
39:35insulté
39:35Donald Trump.
39:36Donc,
39:37il est fort à parier
39:38que le président
39:38n'est pas prêt
39:39alors qu'il est
39:39à mettre de l'eau
39:40dans son vin.
39:41Mais les jours passant,
39:42les semaines passant,
39:43oui,
39:44sans aucun doute
39:44Donald Trump
39:45pourrait être à l'écoute
39:46de ses conseillers
39:48ou de différentes organisations
39:49qui lui conseillent
39:51d'apaiser les choses.
39:52Surtout,
39:52je le répète,
39:53nous sommes à quelques semaines
39:54maintenant des élections
39:55qui s'annoncent
39:56très difficiles
39:56pour Donald Trump.
39:57Donc,
39:57il n'a pas besoin
39:58d'une crise supplémentaire.
39:59Vous savez,
39:59ici aux États-Unis,
40:00c'est quand même
40:00très mal vécu
40:01cette relation avec le Canada.
40:02C'est quand même
40:03le pays frère,
40:04le grand voisin
40:05de pays
40:06qui ont été quand même
40:07étroitement liés
40:08depuis plus de 150 ans
40:09comme aucun d'autres
40:11pays occidentaux
40:11ne l'a été
40:12avec l'un de ses partenaires.
40:13Allons dans les régions
40:14frontalières au Canada,
40:16la baisse de tourisme canadien
40:19a véritablement
40:20un impact
40:20sur l'économie locale.
40:23Donc,
40:23Donald Trump
40:24doit,
40:25dans certaines régions,
40:26ne pas oublier
40:26que ses électeurs
40:28qui, bien souvent,
40:29votent pour lui
40:29sont aujourd'hui
40:30assez fâchés.
40:30Je me permets très brièvement
40:31de revenir sur l'histoire
40:32du français.
40:34Donald Trump
40:34ment un petit peu.
40:36Donald Trump
40:36est agacé
40:37que de nombreux produits
40:38canadiens
40:39qui sont exportés
40:40aux États-Unis
40:41effectivement portent
40:42des mentions en français
40:43mais il est également
40:43agacé de voir
40:45beaucoup de produits
40:45américains ici.
40:46Quand vous allez
40:47dans les supermarchés
40:47aux États-Unis,
40:48vous avez beaucoup
40:48de produits
40:49où les choses
40:49sont également
40:50écrites en français
40:51et ça l'agace
40:51alors que ce sont
40:52des produits
40:53qui sont exportés
40:53au Canada.
40:55Le Canada se dit
40:57uni face aux droits
40:58de douane
40:58américains.
40:59Il n'empêche,
41:01est-ce qu'il y a
41:01un risque
41:01avec cette guerre
41:03tarifaire
41:04bien entamée
41:05entre les États-Unis
41:06et le Canada,
41:06est-ce qu'il y a
41:07un risque
41:07d'accentuer
41:08les fractures
41:09provinciales
41:10au Canada
41:11notamment face
41:12aux craintes
41:12de récession ?
41:15Oui, bien évidemment.
41:16Écoutez, regardez
41:17l'Alberta,
41:17cette province
41:18très riche
41:19en richesses naturelles
41:21qui est dans
41:22le columbiaire
41:23de Washington,
41:23cette province
41:24où il y a
41:25une très forte
41:26population ouvrière
41:28aujourd'hui
41:29a débilité
41:30d'indépendance.
41:31Les indépendantistes
41:32sont allés
41:33mendier
41:34des subventions
41:34à Washington,
41:35subventions
41:36qui ont été
41:36en partie d'ailleurs
41:37accordées,
41:38afin de tenter
41:39d'organiser
41:39un référendum
41:41qui, d'où pourrait
41:42résulter
41:43une indépendance.
41:44Alors il faudrait
41:44encore que l'indépendance
41:46soit acceptée
41:47par Ottawa.
41:47Mais imaginons,
41:48et c'est la stratégie
41:49trumpienne,
41:50que demain
41:51ce référendum
41:51ait lieu en Alberta,
41:53qu'il soit en faveur
41:54d'une indépendance,
41:55évidemment Ottawa
41:56s'y opposera,
41:57on peut imaginer
41:58une réaction
41:58très très forte
41:59de Washington
41:59qui aurait tout intérêt
42:00à voir l'Alberta
42:02quitter la fédération
42:03canadienne
42:04pour rejoindre
42:04les Etats-Unis.
42:05Aujourd'hui,
42:05on assiste à un spectacle
42:07quand même très particulier,
42:08une grande démocratie
42:09occidentale,
42:09les Etats-Unis
42:10sont en train
42:11d'essayer
42:12de créer
42:13une sécession
42:14au sein
42:15d'un autre pays
42:16démocratique.
42:17Est-ce que la dégradation
42:18des relations
42:19entre le Canada
42:20et les Etats-Unis
42:22sont le signe
42:23d'une rupture
42:23durable au sein
42:24de l'alliance
42:25de commerce
42:26en Amérique du Nord ?
42:29Oui, bien évidemment.
42:30Écoutez,
42:31l'objectif
42:32de cette administration,
42:33de Trump
42:33et ses alliés
42:34qui sont arrivés
42:34au pouvoir
42:35avec lui en 2025,
42:36est de mettre à bas
42:37tout le système
42:37multilatéral
42:38post-1945,
42:39que ce soit
42:40les organisations
42:41comme l'ONU,
42:42l'OTAN,
42:42que l'on vide
42:43de sa substance
42:44et qu'il y a une coquille vide.
42:45Et donc, bien évidemment,
42:46des traités
42:47comme celui
42:47de libre-échange
42:48qui pourtant
42:49a été mis en place
42:51par Donald Trump
42:51font partie
42:52de ce spectacle,
42:54pardon,
42:54de ce schéma
42:56post-1945
42:57et de ce paysage
43:00multilatéral
43:00qui est honnit
43:01par cette administration.
43:02N'oublions pas
43:03que l'objectif
43:03est de nous ramener
43:04dans une ère
43:05où règles de bilatéralisme,
43:06que ce soit
43:07pour les relations politiques
43:08ou économiques,
43:09c'est-à-dire
43:10où les alliances
43:10sont de circonstances
43:12et où l'on fait fi
43:13des traités internationaux.
43:14Donc, évidemment,
43:15ces tensions
43:16pourraient coûter très cher
43:18aux traités
43:18de libre-échange
43:19aujourd'hui
43:20en vigueur
43:20en Amérique du Nord.
43:21Merci beaucoup,
43:22Romuald Siora.
43:23Je rappelle que vous êtes
43:24chercheur associé à l'IRIS,
43:26directeur de l'Observatoire
43:27politique et géostratégique
43:29des États-Unis,
43:30auteur de
43:30Lettre ouverte à Trump
43:32d'un Américain de papier,
43:33un ouvrage
43:34qui sort
43:35le 23 septembre.
43:38Restez avec nous
43:39dans un instant
43:39sur BFM Business.
43:40On continue à parler
43:42de l'international
43:43et de la situation
43:44en Iran.
43:44A tout de suite.
43:45BFM Business présente
43:50Le 18h écho
43:52Stéphanie Collot
43:53On poursuit
43:54à l'international
43:55dans 18h écho
43:56avec les États-Unis
43:57qui mettent leur menace
43:58à exécution.
43:58Le secrétaire au Trésor
44:00Scott Bessent
44:01a présenté hier
44:02un nouveau train
44:02de sanctions
44:03dite secondaire.
44:04Objectif asphyxier
44:05économiquement l'Iran
44:07en menaçant
44:07ceux qui commercent
44:09avec Téhéran.
44:10Alors,
44:11si rien n'a encore
44:12été appliqué,
44:13un pays
44:13et notamment
44:14en première ligne
44:15Hélène Lefaou,
44:16c'est la Chine.
44:17Et oui,
44:17car le pays
44:18est le premier acheteur
44:20de pétrole iranien.
44:2190% des exportations
44:23de Téhéran
44:24sont en direction
44:25de la Chine.
44:26Alors,
44:26bien sûr,
44:26c'est indispensable
44:27pour l'économie.
44:29Même si,
44:29en fait,
44:30le partenariat
44:31avec Pékin
44:31ne s'arrête pas
44:32qu'au brut.
44:32l'année dernière,
44:33les échanges
44:34entre les deux pays
44:34hors pétrole
44:35se sont élevés
44:36à près de 10 milliards
44:38de dollars.
44:38Alors,
44:39bien sûr,
44:39face aux menaces américaines,
44:41la réponse de la Chine
44:42ne s'est pas faite attendre
44:43par la voix de son porte-parole
44:45aux affaires étrangères.
44:46La Chine s'est dit prête
44:47à défendre fermement
44:49ses intérêts.
44:49On l'écoute.
44:52La coopération
44:53entre la Chine
44:54et l'Iran
44:55s'est toujours déroulée
44:56dans le respect
44:56du droit international
44:57et ne doit faire l'objet
44:59d'aucune ingérence
45:00ni perturbation.
45:01La guerre économique
45:02et les pressions extrêmes
45:04ne contribueront pas
45:05à résoudre les problèmes
45:06mais ne feront qu'exacerber
45:08le conflit
45:08et porter atteinte
45:09aux droits
45:10et intérêts légitimes
45:11d'autres pays.
45:16Alors,
45:17la Chine n'est pas
45:17la seule à être menacée
45:18par Washington,
45:19même sous sanctions américaines.
45:20L'Iran continue
45:22d'avoir des partenaires
45:23commerciaux, Hélène.
45:24Exactement.
45:25Et c'est notamment
45:25le cas des Émirats Arabes Unis
45:27ou encore de la Turquie
45:29dont les échanges bilatéraux
45:30avec l'Iran
45:31se sont élevés
45:32respectivement
45:32à 28 milliards
45:33et presque 6 milliards
45:35de dollars en 2024.
45:36On peut aussi compter
45:37l'Irak
45:38ou encore l'Indre
45:39dans la liste.
45:40Alors, une fois encore,
45:41ce sont les hydrocarbures
45:42qui dominent
45:43les échanges avec l'Iran.
45:44L'Iran, par exemple,
45:45compte pour près
45:46de 20%
45:47dans les importations
45:48de gaz naturel
45:49avec la Turquie,
45:50même si Ankara
45:51tente ces derniers temps
45:52de diversifier
45:53ses ressources
45:54d'approvisionnement.
45:55D'un autre côté,
45:56l'Irak, lui,
45:56verserait entre 4 à 5 milliards
45:59de dollars par an
46:00à l'Iran
46:00pour l'achat
46:02de gaz naturel.
46:03Bien sûr,
46:03les hydrocarbures
46:04ne sont pas
46:04le seul partenariat.
46:06Il y a des partenariats
46:07aussi d'ordre financier
46:08comme notamment
46:08avec les Émirats Arabes Unis
46:10dont les banques
46:11ont longtemps eu
46:12un rôle majeur
46:13dans le réseau bancaire
46:14parallèle du régime iranien,
46:15mais aussi
46:16dans ses ventes
46:17illicites de pétrole.
46:18Toutefois,
46:19le pays a annoncé
46:20suspendre
46:20toute transaction financière
46:21et commerciale
46:22avec l'Iran
46:23suite aux deux tirs
46:24qu'a reçus
46:25son territoire.
46:26Merci,
46:27Eline Lefaou.
46:28Bonsoir,
46:29David Rigolet-Rose.
46:30Vous êtes chercheur
46:31à l'Institut français
46:32d'analyse stratégique
46:33et spécialiste de l'Iran,
46:34rédacteur en chef
46:35de la revue
46:35Orient Stratégique.
46:37Est-ce que
46:37ces nouvelles sanctions
46:39à l'encontre
46:40des partenaires commerciaux
46:41et financiers
46:42de l'Iran
46:43peuvent changer la donne
46:44dans le conflit ?
46:45On ne peut jamais
46:46présumer
46:47des effets
46:48qui se manifesteront,
46:50mais incontestablement,
46:51il y a une amplification.
46:53Alors,
46:53il faut rappeler
46:53que l'Iran est sous sanction
46:54depuis quatre décennies.
46:56Déjà,
46:57sanctions de toutes sortes,
46:59à la fois unilatérales
47:01et onusiennes,
47:02puisqu'elles ont été rétablies
47:03par le snapback
47:05fin 2025.
47:07Ce qu'il y a,
47:07c'est que là,
47:08il y a l'idée
47:09de Scott Besson,
47:10qui en fait
47:10est le véritable
47:11ministre de la guerre.
47:13ce n'est pas Pitexet,
47:14c'est Scott Besson.
47:16Il a décidé
47:17de mener
47:17une guerre économique,
47:18d'ailleurs,
47:18ça a été déclaré comme tel,
47:20pour faire passer
47:21l'Iran
47:22dans une économie
47:22de subsistance,
47:24justement,
47:25pour isoler totalement
47:27en coupant
47:28les dernières,
47:28je cite,
47:29les dernières lignes
47:30de survie économique.
47:33Et ça passe
47:34par effectivement
47:35la mise en garde
47:36contre les derniers,
47:37on va dire,
47:38interlocuteurs commerciaux
47:39et économiques.
47:40Vous les avez montrés.
47:41Avec en ligne de mire
47:41la Chine,
47:42mais est-ce que
47:42les Etats-Unis
47:43ont vraiment,
47:44ils ne l'ont pas
47:44nommé la Chine,
47:46mais clairement visé.
47:48Qu'est-ce que ça dit
47:48justement ?
47:49C'est-à-dire qu'on vise,
47:51on ne nomme pas,
47:52on vise,
47:53qu'est-ce que ça veut dire ça ?
47:54Pour l'instant,
47:55la Chine a réagi
47:56en disant qu'elle
47:56défendra fermement
47:57ses intérêts,
47:59parce qu'il n'est pas
48:00question de se soumettre
48:01à un dictat,
48:02ce qui est perçu
48:03à tort ou à raison
48:04comme un dictat américain.
48:06Mais il y a
48:07une arbre doutable,
48:08c'est les sanctions
48:09secondaires américaines,
48:10c'est-à-dire celles
48:11qui touchent tous les pays
48:12justement qui pourraient
48:13avoir des liens financiers
48:15ou autres par le biais
48:15de banques
48:16ou de soutien.
48:18Et notamment,
48:18il y a les systèmes
48:19des Tipots,
48:19les théières chinoises
48:21qui sont les raffineurs
48:22justement du pétrole
48:23de contrebande
48:25avec une prudence
48:26des banques chinoises
48:27et d'ailleurs,
48:27il y a une déclaration
48:28de Scott Besson
48:29en disant qu'une grande
48:31institution était
48:32dans le collimateur,
48:33il ne l'a pas mentionné
48:34et il n'est pas exclu
48:35que ce soit une institution
48:36chinoise.
48:37Pour l'instant,
48:38il ne l'a pas mentionné
48:38en disant qu'il laissait
48:40temporelle pour que les gens
48:42s'adaptent au nouvel
48:44ultimatum américain
48:45parce que c'est une extension
48:46du domaine de la guerre.
48:48C'est ça,
48:48mais parce que sanctionner
48:49les banques chinoises,
48:50ça serait un véritable
48:51choc financier mondial.
48:53Oui,
48:53et c'est à double tranchant
48:54parce qu'évidemment,
48:55les Chinois ont des possibilités
48:57de rétorsion,
48:58notamment sur les terres rares
48:59qui sont indispensables
49:01pour les nouvelles technologies
49:02et les matériels militaires
49:04américains.
49:04Mais là,
49:05on voit qu'on a passé un seuil
49:07de la part de...
49:08Il y a l'idée
49:09d'exclure du système
49:10dollar,
49:11tous ceux qui n'accepteraient
49:12pas de rentrer dans
49:13cette dynamique.
49:14Et c'est perçu
49:15par Téhéran
49:17comme une guerre économique,
49:18voire du terrorisme
49:19économique,
49:19et ils en appellent même
49:20au droit international.
49:21Mais ce n'est pas ça
49:22qui arrêtera
49:23la logique américaine
49:24qui a été validée
49:26par le président américain.
49:26Donald Trump
49:27qui affirme que l'Iran
49:28s'effondre complètement,
49:30mais après plusieurs mois
49:31de frappe,
49:32le régime,
49:33il est toujours là.
49:34Est-ce que ces sanctions
49:35économiques peuvent vraiment
49:38faire tomber le régime ?
49:39C'est l'objectif déclaré
49:40de Scott Besant,
49:41c'est de faire tomber
49:42le régime.
49:43Mais est-ce que c'est
49:43vraiment possible ?
49:44Avec évidemment
49:45une grande incertitude
49:46sur cette possibilité,
49:50mais c'est la stratégie
49:51qui a été adoptée,
49:52qui s'inscrit dans le temps
49:53long,
49:53ce qui n'était pas le cas
49:54jusqu'à présent de Trump
49:55qui voulait un résultat
49:56immédiat,
49:57et il s'est aperçu
49:57que ce n'était pas possible.
49:58Et donc,
49:59il y a effectivement
50:00cette stratégie.
50:01Alors jusqu'à présent,
50:02ceux qui payent le prix
50:03des sanctions,
50:03sans mauvais jeu de mots,
50:04c'est d'abord la population
50:05depuis très longtemps.
50:07Le Rials a passé
50:09le cap des 2 millions
50:10pour un dollar,
50:11c'est sans précédent.
50:12Il y a une érosion
50:13monétaire absolument
50:15vertigineuse
50:16avec une possibilité
50:18de stagflation
50:18parce qu'il y a
50:19une hyperinflation
50:20et un effondrement
50:21de la croissance.
50:22Ça inquiète
50:23les décideurs iraniens.
50:24Même Khalibaf,
50:25qui avait négocié
50:25justement avec les Américains,
50:27dit qu'il a dit
50:28à Bagdad,
50:29en ordre d'un passage,
50:30nous ne survivrons pas
50:30si nous n'acceptons pas
50:32de négocier.
50:33C'était un appel
50:33parce qu'en face,
50:34il sait très bien
50:35qu'il y a des radicaux
50:36qui ne veulent pas négocier.
50:37Et donc,
50:38il y a des tensions
50:38internes à Téhéran
50:39qui sont extrêmement fortes.
50:41Donc, ça peut fissurer
50:42le pouvoir en quelque sorte.
50:43C'est aussi un calcul
50:44des Américains.
50:45C'est effectivement
50:47d'appuyer
50:47là où ça fait mal
50:48au sein du Nesam,
50:49du système iranien.
50:51Le point fort
50:52de Téhéran aujourd'hui,
50:53ça reste
50:54le détroit d'Hormuz.
50:55C'est une arme
50:56que le régime
50:57a toujours en main.
50:59On a ce soir
50:59une déclaration
51:00du chef
51:00de la diplomatie d'Omane
51:02qui dit
51:02espérait annoncer bientôt
51:03un couloir
51:04de navigation
51:05temporaire
51:06dans le passage stratégique.
51:08C'est un effet d'annonce
51:09selon vous ?
51:10Oui, assez largement
51:11parce que ça fait
51:12des semaines
51:13qu'il y a des négociations
51:15entre Omanais
51:16et Iraniens
51:17en excluant délibérément
51:18les Américains.
51:19Mais en réalité,
51:19les Américains
51:20ont mis
51:21une route alternative.
51:23Ils ont même...
51:24Donald Trump a dit
51:25qu'il avait déminé
51:26et ils ont arrasé
51:27les rochers
51:28qui étaient à proximité
51:29d'Omane
51:29pour faire passer
51:31des bateaux
51:32de manière
51:35non visible.
51:36Ce qui fait
51:36qu'il y aurait
51:37plusieurs...
51:37Il y a des déclarations
51:38de Chris Wright
51:39qui est le secrétaire
51:40à l'énergie américaine
51:40en disant
51:41qu'il y a
51:41près de 10 millions
51:42de barils
51:42qui sortent.
51:44Ce qui expliquerait
51:44pour partie
51:45le lissage des cours.
51:46Oui, parce que là
51:47on est à 86 dollars
51:48le baril de Brest.
51:48Oui, qui n'ont pas explosé.
51:49Et ça pose un problème
51:50pour la stratégie iranienne
51:51parce qu'en réalité
51:51ils ont beaucoup moins la main.
51:52Il y a une dévaluation
51:54de la mainmise iranienne
51:55d'abord parce que
51:56les radars
51:56ont été frappés,
51:58les capacités de visée
52:00par drone et missiles
52:01ont été
52:01limites, amoindries
52:03et les américains
52:04font passer du pétrole.
52:05Il y en a qui passent
52:06par le détroit
52:07donc par la route
52:08que j'évoquais.
52:09Il y en a qui passent
52:10par terre
52:10qui sortent vers Yonbu
52:12via l'oléoduc
52:14saoudien
52:15qui part du Golfe
52:16et qui débouche
52:16à peu près
52:17à 4 millions.
52:18Il y a 2 ou 3 millions
52:20qui sortent
52:20en contournant
52:21qui sortent par Fujira
52:23qui est une excroissance
52:24des Émirats
52:25mais qui contournent.
52:26Et donc
52:27la mainmise
52:28on va dire
52:28la préemption
52:29qui avait été faite
52:30est relativisée
52:31aujourd'hui.
52:32Elle est beaucoup moins
52:33prégnante
52:34qu'elle n'a pu être
52:34il y a encore
52:35plusieurs semaines
52:36et ça pose un problème
52:37aux Iraniens
52:38parce qu'ils pariaient
52:39sur une explosion
52:40des cours
52:41du pétrole
52:41ce qui pour l'instant
52:44n'est pas le cas
52:44et ça pose le problème
52:46parce que
52:47ça peut valider
52:48une fuite en avant
52:49des ultras
52:49qui pourrait relancer
52:51des opérations
52:51pour faire justement
52:52exploser les cours.
52:54Quelle est
52:55la possible riposte
52:56que peut mettre
52:57en place Téhéran
52:58aujourd'hui
52:58à ces nouvelles sanctions
52:59de Washington ?
53:01Elle est relativement
53:03faible
53:03parce que
53:04il y a
53:05depuis plusieurs décennies
53:07et plusieurs années
53:07surtout
53:08il y a ce qu'on appelle
53:08en Iran
53:10une terminologie
53:11c'est
53:11c'est
53:12c'est-à-dire
53:13une économie
53:13de la résistance
53:14c'est-à-dire
53:15une forme de résilience
53:16qu'il y a eu
53:16sur le plan militaire
53:17et qui effectivement
53:18existe aussi
53:19sur le plan économique
53:20mais on se rappelle
53:21qu'en janvier
53:22les émeutes
53:23avaient débuté
53:24parce qu'il y avait
53:24un effondrement
53:25du Rial
53:25qui était
53:26à un niveau
53:27bien moindre
53:28qu'aujourd'hui
53:29et il se trouve
53:30qu'aujourd'hui
53:30il y a un effondrement
53:31du pouvoir d'achat
53:32qui est absolument terrible
53:34la différence
53:35avec la stratégie
53:36qui est élaborée
53:37semble-t-il aujourd'hui
53:37c'est qu'il ne s'agit
53:38pas seulement
53:38il s'agit d'éviter
53:40ce qui ne sera pas possible
53:41que ça touche
53:43uniquement
53:43la population
53:44l'objectif
53:45c'est de toucher
53:46au portefeuille
53:46les décideurs
53:47les gardiens de la révolution
53:48alors notamment
53:49les membres du Netzam
53:50ceux qui ont des intérêts
53:52des portefeuilles
53:53d'où justement
53:54la demande faite
53:55aux Émirats
53:55de couper
53:56toute relation
53:57commerciale
53:58et financière
53:59parce que Dubaï
54:00servait de plateforme
54:00donc c'est le portefeuille
54:02en quelque sorte
54:03des gardiens de la révolution
54:04qui est touché
54:05oui c'est l'objectif
54:06clairement
54:07parce que de toute façon
54:08l'objectif
54:09c'est pas d'appauvrir
54:09la population
54:10c'est de viser le régime
54:12qui pour l'instant
54:12était assez épargné
54:14les membres du régime
54:14ce qui n'était pas le cas
54:16de la population
54:16donc c'est
54:17c'est un ajustement
54:19assez subtil
54:20et complexe
54:21mais en frappant
54:22des secteurs
54:23très particuliers
54:23lors
54:25les plateformes numériques
54:26qui sont un substitut
54:28à la dévaluation
54:28de la monnaie nationale
54:30justement
54:30et qui servent beaucoup
54:32aux gardiens de la révolution
54:34les systèmes
54:35maritimes
54:35et aériens
54:36et là ça va poser
54:36des problèmes
54:37à d'autres pays
54:38par exemple l'Irak
54:38que vous évoquez
54:39parce qu'il y a
54:40les frontières terrestres
54:41et l'Irak sera impacté
54:42évidemment
54:42et l'Irak dépend aussi
54:44des Etats-Unis
54:44parce qu'il faut savoir
54:45que les dollars irakiens
54:46sont sous séquestre
54:48aux Etats-Unis
54:49ce sont les Américains
54:50qui donnent
54:50les dollars du pétrole
54:51justement
54:52de la vente du pétrole
54:54irakien
54:54donc tout ça
54:55est imbriqué
54:56tout est imbriqué
54:57mais en tout cas
54:58il y a effectivement
54:59une campagne ambitieuse
55:01au résultat
55:02très incertain
55:03mais effectivement
55:04manifestement
55:05très sérieuse
55:06Merci beaucoup David
55:07Rigolero
55:08je rappelle que vous êtes
55:09chercheur à l'Institut français
55:10d'analyse stratégique
55:11spécialiste de l'Iran
55:12rédacteur en chef
55:13de la revue
55:14Orient Stratégique
55:15tout de suite
55:16sur BFM Business
55:17vous avez rendez-vous
55:18avec François Sorel
55:18pour Tech & Co
55:19très bonne soirée
55:20à demain
55:21Le 18h écho
55:23sur BFM Business
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