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  • il y a 2 mois
Ce mercredi 26 août, François Sorel a reçu Isabelle Bordry, fondatrice de Retency, Christophe Aulnette, senior advisor chez Seven2 et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud, et Frédéric Simottel, journaliste BFM Business. Ils se sont penchés sur Bill Gates souhaitant réguler l'intelligence artificielle avec l'aide de la Chine, ainsi qu'OpenAI disant avoir fabriqué une meilleure puce devançant Nvidia en efficacité et rapidité, dans l'émission Tech & Co, la quotidienne, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au jeudi et réécoutez-la en podcast.

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Transcription
00:01Tech & Co, la quotidienne, le débrief de la tech.
00:05Le retour de Tech & Co, merci d'être là, bonne soirée, merci d'avoir choisi BFM Business.
00:10Tech & Co, la quotidienne, norénavant, noter ce nouvel horaire depuis la rentrée, depuis lundi, 19h, 20h30.
00:18Et on débriefe l'actu tech ce soir avec Isabelle Bordry, fondatrice de Rétensy,
00:23Christophe Holmette, qui est senior advisor chez 7to et ancien président de Microsoft France et Asie du Sud,
00:27et Frédéric Simotel, journaliste, bien sûr, à BFM Business.
00:32On va maintenant écouter Bill Gates, parce que la parole de Bill Gates est toujours intéressante,
00:39fondateur de Microsoft, bien sûr, qui a pris un peu de champ,
00:44qui, vous le savez, aujourd'hui est dans énormément d'associations pour aider le monde.
00:52Il a même été un peu dans les dossiers Epstein.
00:55Dossiers Epstein aussi, ça c'est la partie sombre.
00:57Il en a parlé dans l'interview.
00:58Si c'est une manière d'aider le monde, mais...
00:59Non, il en a parlé dans l'interview.
01:01Un monde un peu particulier, on va dire.
01:03Il a dit que c'était des erreurs de sa part, qu'il...
01:04Oui, oui, oui, qu'il avait sous-estimé, en fait, tout ça à l'époque, etc.
01:10Et donc, Bill Gates prend la parole, dans un domaine qu'il connaît bien, c'est la tech,
01:14et notamment concernant l'IA.
01:16C'est intéressant parce qu'il y a presque une contradiction, ce qu'il disait, il y a quelques mois,
01:21concernant l'intelligence artificielle, il avait plutôt un discours positif sur l'intelligence artificielle.
01:27Et là, on a l'impression qu'il tempère tout ça en disant, attention, ça va très vite,
01:34la médecine, la santé, les armes biologiques, la cybersécurité, on se rend compte qu'aujourd'hui,
01:39il y a de plus en plus de dérapages concernant l'intelligence artificielle.
01:42Et finalement, il faut une régulation qui ne soit pas locale, mais qui soit mondiale.
01:47Une régulation, c'est intéressant parce qu'il dit, moi je suis prêt à aller voir Xi Jinping,
01:53le président chinois, pour essayer de nous mettre d'accord concernant une espèce de...
01:58d'acte mondial, finalement, avec des gardes-fous.
02:02Comme dans le nucléaire.
02:03Comme dans le nucléaire, voilà.
02:05Ça prouve quand même, enfin, il mouille le maillot, si je puis dire,
02:09parce que finalement, ce n'est pas son rôle à Bill Gates.
02:13Aujourd'hui, Bill Gates, il est rangé des affaires.
02:15Ça devrait être, je ne sais pas moi, ou des hauts fonctionnaires, ou je ne sais pas qui,
02:19mais en tous les cas, lui, il prend ce sujet-là.
02:21Et je voulais avoir votre avis sur tout ça.
02:24Peut-être commencer par toi, Christophe, parce que tu as connu Bill Gates,
02:27évidemment, puisque tu as travaillé longtemps chez Microsoft.
02:31Est-ce que c'est une posture qui t'étonne ?
02:34Non, pas vraiment.
02:36Comme tu l'as dit, j'ai eu la chance, j'ai travaillé longtemps chez Microsoft,
02:39et il y a longtemps, j'ai eu l'occasion de côtoyer Bill Gates,
02:42y compris dans mes fonctions de direction générale.
02:47Et je pense que chez lui, en tout cas pour avoir échangé avec lui sur ces sujets-là,
02:52il y avait vraiment cette volonté de se projeter, après son rôle chez Microsoft,
02:55dans un rôle de sa fondation, qui a eu, je pense, un impact positif
03:00sur tout ensemble, sur sa volonté d'éradiquer les maladies tropicales,
03:05de travailler sur les problèmes de santé dans les pays pauvres, etc.
03:08C'était un engagement extrêmement authentique, en tout cas, et sincère.
03:13Autant que j'ai pu en juger, j'ai quitté Microsoft, je ne suis pas dans une dévotion,
03:19j'avais pu mesurer ça.
03:21Et je pense qu'aujourd'hui, effectivement, c'est intéressant,
03:25parce qu'il y a six mois, il était plutôt dans un discours plutôt positif,
03:29en disant, oui, non, mais l'IA ne va pas tout changer tout de suite,
03:31ça a mis du temps, il y a énormément de côtés.
03:33C'est formidable.
03:34Ce qui a visiblement changé sa vision des choses,
03:37ce sont ces agents qui, cet été, ont été capables, par eux-mêmes,
03:41de prendre le contrôle d'un certain nombre de systèmes
03:43et d'aller détruire en cyber, potentiellement, des systèmes d'information.
03:49Et un autre sujet, qui est la capacité d'algorithmes
03:52à pouvoir faire des agents pathogènes,
03:55cibler, définir de nouvelles maladies, s'attaquer.
03:57Et là, il s'est rendu compte qu'il y avait finalement une arme
04:00de destruction massive, potentiellement, dans les mains.
04:03Et de ce point de vue, on fait une comparaison assez rapide
04:06avec l'arme nucléaire, en disant, on aurait besoin un peu
04:09d'une autorité globale, un peu comme l'AIEA l'était,
04:12une sorte d'IA, si je puis dire,
04:14donc Agence Internationale pour l'Intelligence Artificielle,
04:16qui définirait un certain nombre de principes et de garde-fous
04:22pour lesquels les pays s'engageraient à ne pas les franchir.
04:25Le problème, aujourd'hui, c'est que, tu disais tout à l'heure,
04:29ce serait le rôle de qui ?
04:30De l'ONU ?
04:31Oui.
04:31Bon, ben non, discrédité.
04:33Les institutions multilatérales, elles ne sont pas...
04:36Difficile de trouver l'incarnant, en fait.
04:38Voilà, donc aujourd'hui, tu as le pape,
04:40qui a, dans son encyclique,
04:41Bill Gates, il fait référence dans son document,
04:43qui a fait un document remarquable,
04:44le pape que j'ai lu cet été,
04:48et Bill Gates, alors non pas qu'il soit le pape de la tech,
04:50c'est pas tout ce que je veux dire,
04:51mais, en tout cas, je pense qu'il se saisit du sujet.
04:56C'est une parole,
04:59bon, même si, effectivement,
05:02elle a pu être un peu...
05:04L'image a pu être un peu égratignée récemment,
05:08mais néanmoins, ça reste une parole forte.
05:11La seule chose, c'est que, bon,
05:14pour qu'il puisse être encore plus puissant,
05:16il lui faudrait le soutien des États-Unis là-dessus,
05:18et on sent mal,
05:20et d'ailleurs, j'ai regardé un peu quelles étaient les réactions
05:22des Républicains, de la Maison-Blanche,
05:24autour de son initiative,
05:25on ne peut pas dire que ce soit un franc soutien.
05:28Et en fait, on se voit très bien que pour que ça marche,
05:30un truc comme ça,
05:31où il y aurait une sorte d'équilibre de la terreur
05:33entre les États-Unis et la Chine,
05:37c'est seulement si,
05:39un des deux pense que l'autre est un peu trop en avance
05:41et il serait prêt à signer.
05:43Mais tant que l'un et l'autre pensent qu'ils peuvent aller plus vite,
05:45il n'y a aucune chance.
05:46Isabelle ?
05:47Oui, il y a effectivement un sujet,
05:49il y a aussi des problématiques de culture, en fait.
05:52Aux États-Unis, il y a cette notion d'autorégulation,
05:56où en fait, le chef d'entreprise a une éthique des valeurs
06:00qu'il fait respecter au sein de son entreprise,
06:03et où finalement, l'État est très à l'écart.
06:07On a vu quand même Trump, au printemps, interdire fable.
06:13Et ça a été quand même un choc pour toute la vallée.
06:17Alors, interdit pour les non-américains.
06:20Rappelons-le.
06:20Il faut en dire que c'était impossible.
06:22En fait, c'était le fait que les non-américains
06:25ne pouvaient effectivement l'utiliser,
06:28et donc au final, il fallait effectivement l'arrêter.
06:30Sachant qu'en plus, chez Anthropique,
06:32il y a énormément de non-américains qui travaillaient sur le produit.
06:35Donc, il y a eu une prise de position de Trump
06:38qui a été extrêmement violente
06:40et qui a secoué complètement la Silicon Valley.
06:43Et le patron d'Entroprique,
06:45qui par ailleurs a été un des invités du pape
06:49lorsqu'il a en fait communiqué sur son encyclique,
06:54cette même personne s'est révoltée contre la position de Trump.
06:58Alors que par ailleurs, avec le pape,
07:01il effectivement demandait une espèce de règle raisonnable au niveau mondial.
07:07Donc, c'est extrêmement compliqué de mettre le curseur
07:11entre une autorégulation des entreprises
07:15par l'intermédiaire en général aux États-Unis
07:18de la déontologie de leur manager.
07:21On voit que la déontologie de Steve Jobs
07:23n'avait rien à voir avec celle de Mark Zuckerberg.
07:26Et donc, vous avez des produits et des approches
07:29qui sont en termes de privacy,
07:31qui n'ont absolument rien à voir.
07:33Et puis, vous avez l'Europe,
07:36ou notamment la France,
07:37avec la création de la CNIL dans les années 70,
07:40mais qui a été créée pour protéger les citoyens français
07:43de l'État français.
07:45Puisqu'à l'époque, c'était les données de la sécurité sociale
07:49qui étaient en fait un énorme fichier CRM,
07:51comme on dirait aujourd'hui.
07:53Et l'idée, c'était d'avoir un organisme qui régule
07:56la capacité de l'État à pouvoir utiliser
07:59cette manne d'information.
08:01Et ce n'était pas du tout pour empêcher
08:03les entreprises de tourner en rond,
08:05mais c'était pour réguler la relation
08:08entre l'État et le citoyen.
08:10Et puis après, vous avez les prises de position de l'Europe,
08:12que moi, je trouve absolument essentielles,
08:15avec le RGPD, avec l'IA Act,
08:18qui en fait déterminent un certain nombre de valeurs
08:22qui sont des garde-fous et que les entrepreneurs
08:26sont obligés d'intégrer dans leur développement.
08:29Parce que je pense que lorsque vous développez
08:32une technologie, il n'y a pas de fatalité
08:36à ce qu'elle soit nocive.
08:38C'est-à-dire la complexité de développer des modèles IA,
08:41la complexité de développer des puces aujourd'hui
08:44est telle que si vous devez rajouter un petit peu plus
08:48avec une contrainte supplémentaire pour respecter des valeurs,
08:52ça ne représente rien en termes de difficultés
08:56ou de complexités.
08:57Mon point, c'est de dire qu'il n'y a pas de fatalité
08:59à suivre tout le monde en termes de privacy,
09:01il n'y a pas de fatalité à ce qu'une IA
09:05puisse avoir des mauvais comportements.
09:07Et d'ailleurs, OpenAI, là, avec OpenAI Teens,
09:10est en train de montrer qu'il peut mettre des contraintes
09:13pour éviter la technologie.
09:14Un chat GPT pour les adolescents.
09:16Et donc, en fait, tout le discours au niveau mondial,
09:19c'est de savoir quelles sont nos valeurs.
09:22Est-ce que les valeurs des États-Unis
09:24sont les mêmes que les valeurs chinoises
09:25et les mêmes que les valeurs européennes ?
09:28Et quel organisme va pouvoir effectivement édicter
09:32des règles que l'ensemble des entrepreneurs
09:35et des développeurs vont respecter ?
09:37En gros, c'est fixer des garde-fous
09:40qui seraient mondiaux.
09:42Et je pense que l'Europe est très en avance sur le sujet.
09:44Des lignes rouges à ne pas franchir.
09:45Lui, c'est ça.
09:46Et si la Chine s'engage à ne pas les franchir,
09:49les États-Unis aussi s'engagent à ne pas les franchir.
09:52Lui, il pense que c'est les États-Unis
09:54à faire le premier pas.
09:55La Chine suivra.
09:56Parce que lui, c'est ça.
09:56Il s'est surveillé les risques spécifiques à l'IA,
09:58donc les armes de bactéries.
10:00Les armes, des bactéries, enfin, un tas de choses.
10:03Éviter le surarmement aussi que tout le monde...
10:05Et puis, moi, il y a deux choses aussi.
10:06Dans son interview, on voit qu'ils l'ont frappé.
10:09Il y en a une, c'est que, comme tu disais,
10:11dans toutes ses activités philanthropiques,
10:12qu'il est au contact de populations assez vulnérables.
10:15Et là, il se dit, tiens, on voit déjà l'Europe
10:18qui est très puissante.
10:20Fable 5, on a réussi à couper.
10:21Donc, que dire des pollutions ?
10:23Ça va créer encore plus de fractures
10:25entre ces populations.
10:28Le deuxième point, c'est qu'il le dit aussi à un moment.
10:30Il dit, puis vous savez, moi, j'ai rencontré tous les patrons
10:32et je pense que beaucoup, en public, minimisent des risques
10:36parce que le cours de bourse,
10:37parce que les investissements et tout ça.
10:38Et ça, il le dit.
10:39Et je pense que pourquoi ?
10:41Parce qu'il n'avait que des coups à prendre
10:43dans cette prise d'opposition.
10:45Parce qu'on va dire, il est gentil, Bill Gates.
10:46C'est lui qui a mis tout ça.
10:47Ça a été le grand méchant à Microsoft.
10:48À une époque, c'était quand même le grand méchant.
10:50Il est gentil.
10:51Il est en train de nous dire,
10:52maintenant, on fait une régulation,
10:53alors que lui, il a un peu participé à tout ça.
10:55Et je pense que c'est pour ça que je...
10:57Enfin, je veux bien croire qu'il a une...
10:59Comment dire ?
11:00Une certaine sincérité dans tout ça.
11:02Parce qu'il a...
11:03Il a tout à perdre.
11:04Il a tout à perdre.
11:05Il est quand même au contact de...
11:07En tout cas, il n'a rien à gagner.
11:08Il va faire ça.
11:11Il peut prendre les coups.
11:12Et puis moi, je rappelle quand même,
11:13il y a un Jensen Wang, il y a deux ans,
11:15à qui, au CES 2024,
11:21on lui pose la question, c'est quoi...
11:23Donc, ça y est, on voyait monter, chat GPT, tout ça.
11:26Il dit, c'est quoi vos trois craintes à venir ?
11:29Il lui dit, moi, ma première crainte,
11:30c'est de ne pas pouvoir fournir mes clients.
11:31Parce que je n'aurai pas assez de puces.
11:33On le voit un petit peu avec la mémoire.
11:35Il dit, la deuxième chose, c'est la consommation énergétique.
11:39J'ai peur qu'on consomme beaucoup trop.
11:41On voit aujourd'hui...
11:42Et le troisième, et il l'a vraiment dit à l'époque,
11:45j'ai revérifié tout à l'heure,
11:47il a dit, j'ai peur de ces IA qui vont aller trop vite.
11:50Voilà, Jensen Wang disait ça à l'époque.
11:52Alors aujourd'hui, il en parle beaucoup moins.
11:53Il parle de physique.
11:54Il en parle beaucoup moins.
11:55Mais on voit quand même...
11:56Le problème, c'est que c'est contre-productif
11:58par rapport à son métier et à son job.
12:00Et souvenez-vous des histoires des moratoires.
12:01Évidemment, il y avait beaucoup de communication.
12:02Elon Musk a dit, il faut un moratoire
12:03parce qu'il était en retard.
12:04Il y a eu beaucoup de choses.
12:05Mais on sentait quand même,
12:07c'est la première fois où on avait quand même
12:08le patron qui disait,
12:09donc les gars, il faudrait qu'on arrête un petit peu
12:10d'aller trop vite dans ces...
12:12Alors qu'avant, tout le monde était dans cette course.
12:14Donc je pense que là, c'est quelque chose
12:17qui doit être écouté.
12:18Et puis on espère qu'il sera entendu
12:19par les grands de ce monde.
12:21Les enjeux sont tels qu'il a quelque part raison.
12:24La discussion, elle doit avoir lieu
12:25entre Xi Jinping et les Américains.
12:29C'est à ce niveau-là que ça se joue.
12:30Parce qu'aujourd'hui, comme l'IA est devenu un enjeu
12:34de domination économique, militaire, géopolitique,
12:38personne de lui-même va faire le premier pas
12:40en disant, j'arrête tant que...
12:41C'est pour ça que le parallèle avec le nucléaire
12:44est intéressant, parce qu'on est dans le même type
12:46de, on va dire, de menaces, finalement.
12:49Ce qui est intéressant, et on terminera peut-être là-dessus,
12:51c'est qu'il a aussi évoqué l'impact, en fait,
12:55de la, comment dirais-je, de l'emploi.
12:57Et il dit que selon lui, la société devrait réserver
13:01jusqu'à 40% des emplois actuels aux humains.
13:04Mais c'est dingue, parce que dire ça comme ça,
13:07ça veut dire qu'on a acquis que 60% des emplois humains
13:11vont disparaître à cause de l'IA.
13:13C'est dingue.
13:14Et il dit, il faut que des métiers restent humains,
13:18et il fait référence à son papa qui atteint
13:20la maladie d'Alzheimer, et il dit, ben voilà,
13:22il faut qu'il y ait une interaction humaine,
13:24parce qu'une IA ne pourra jamais remplacer l'humain.
13:27Mais c'est quand même, enfin, c'est aussi effrayant,
13:29je trouve, le fait de se dire qu'il faut réserver
13:3240% des emplois aux humains.
13:34C'est dingue.
13:36Je pense qu'il faut, pour ceux qui ne l'ont pas lu,
13:38aller lire cette interview, c'est vraiment...
13:40C'est un peu marrant.
13:41Et il y a aussi des nouveautés, là, dans les tests
13:43et les communications qu'il y a eu cet été,
13:45c'est cette notion de conscience.
13:48Et il est avéré, dans des tests qui ont été faits
13:50en faisant tourner des modèles, que tout d'un coup,
13:52un modèle IA avait la conscience
13:55de ce qu'il était en train de faire.
13:58Le piratage de Ging Face, hein.
14:00C'est quelque part, ils se sont dit, tiens,
14:02pour avoir accès à des...
14:03pour tester davantage d'IA,
14:05tiens, ben il y a eu Ging Face qui existe.
14:07Enfin, c'est les IA qui se disaient ça toutes seules.
14:08Et elles sortent de leur bac à sable,
14:10elles vont chez la pirate Ging Face, quoi.
14:14Voilà.
14:14Donc, effectivement, la notion de régulation
14:18et de respect des valeurs est essentielle.
14:20Maintenant, j'ai beaucoup, beaucoup de doutes en ce moment.
14:22On parlait de la non-prolifération nucléaire,
14:25mais regardez ce qui se passe en Iran en ce moment.
14:27Et la position de la Chine par rapport à l'Ian.
14:29J'ai beaucoup, beaucoup de doutes
14:30sur le fait que les Chinois acceptent aujourd'hui
14:33le moindre accord sur ces sujets-là avec Trump.
14:38Alors, peut-être avec Bill Gates et quelques entrepreneurs,
14:41mais ça va être extrêmement compliqué.
14:43Et je pense que c'est là où l'Europe a une vraie carte à jouer.
14:46Derrière, t'as les autres pays, les Indiens,
14:47ils vont dire quoi ?
14:48Ils vont dire, ben attendez, nous...
14:49Laissez-nous rattraper déjà, vous rattrapez,
14:51pour qu'on soit tous au même niveau.
14:53Les Japonais vont dire pareil.
14:54Enfin, tu vois, tout le monde dit,
14:55on veut bien s'arrêter, mais laissez-nous vous rattraper.
14:58Enfin, qu'on soit tous à peu près au même niveau,
14:59parce que je pense qu'il y a...
15:01Enfin, on parle des Chinois et des Américains, mais...
15:04Encore une fois, il faut faire le rapprochement avec le nucléaire.
15:08Tous les pays du monde n'ont pas cette puissance nucléaire.
15:11Et donc, c'était ceux qu'il avait qui discutaient entre eux.
15:14Mais ils ont interdit aux autres de l'avoir.
15:17À mon avis, c'est ça.
15:18La seule chose, c'est de dire, on continue à développer,
15:21mais par contre, on donne des règles sur l'utilisation.
15:23Parce que tu n'arrêteras pas...
15:25Mais on sait qu'aujourd'hui, avec le numérique,
15:26c'est compliqué d'interdire.
15:27Et c'est beaucoup plus difficile de venir inspecter un algorithme
15:30qu'une centrale nucléaire.
15:32Et puis là, en plus, c'est des emplois qui sont en jeu.
15:34Ce n'est pas des armes pour vous défendre ou pour attaquer.
15:37C'est les emplois et la vie quotidienne de millions de gens.
15:41Entrevoir deux milliards.
15:42De milliards de gens.
15:43C'est clair.
15:45On enchaîne avec...
15:46Tiens, on évoquait Nvidia.
15:47Est-ce que Nvidia serait menacée par un certain Open AI ?
15:52Parce qu'on le sait, l'un des plus gros clients de Nvidia,
15:56c'est sans doute Open AI.
15:57On le sait, parce que toute l'intelligence de Chagipiti,
16:02d'Open AI, de tous ses services,
16:04elle est réalisée par les puces de Jensen Young et d'Open AI.
16:08Sauf que Open AI, l'ajout fine, je trouve, dans cette histoire-là,
16:14puisqu'ils sont en train de mettre en place,
16:15et de créer des puces IA,
16:17dont une qui s'appelle Jalapianio,
16:19et qui pourrait être encore plus puissante que celle de Nvidia.
16:24Et je trouve intéressant de voir que finalement,
16:26celui qui faisait appel à Nvidia pour avoir cette puissance de calcul,
16:31se dit, mais attends, je ne veux pas être dépendant de ce gars-là pendant des années,
16:35il va falloir que je trouve une solution.
16:36Et donc, voilà, investir beaucoup d'argent pour créer ses propres puces.
16:41Et je voulais avoir votre point de vue là-dessus,
16:43parce que c'est déjà le cas finalement chez Google, chez Amazon,
16:46qui fabriquent leurs propres puces.
16:47Mais là, visiblement,
16:49elles seraient encore plus puissantes que les plus puissantes de Nvidia.
16:52Alors, il y a quelques nuances quand même,
16:53parce que sur les tests, je regardais,
16:55ils n'ont pas testé avec Rubin, notamment.
17:00Donc, ils ont mis de côté des choses beaucoup plus puissantes.
17:03Tu vois, Rubin a les dernières versions de Nvidia.
17:07Donc, voilà, ils n'ont pas testé ça.
17:08Oui, tu veux dire que la dernière puce n'est pas encore attaquée.
17:11Les tests ont été faits sur des modèles open source.
17:14Voilà, il faudrait peut-être tester sur tous les modèles cloud, etc.
17:18Et puis, pour l'instant, ils ne comptent pas vendre.
17:20Ils ne comptent pas le vendre, c'est pour l'usage interne.
17:22Et puis, dernière chose,
17:24qu'est-ce qui fait la force de Nvidia aujourd'hui ?
17:26C'est toute la partie Kuda,
17:28c'est toute la partie applicative au-dessus,
17:30de développement, des outils de développement.
17:31Et ça, ils ne l'ont pas encore.
17:33Après, derrière, c'est quand même un petit coup d'alerte.
17:38En disant, attention.
17:39Attention, mais de là à menacer Nvidia, je pense qu'il y a encore une marge.
17:42Non, mais je pense que c'est logique.
17:45C'est vrai que Google développe ses puces
17:50pour pouvoir concurrencer potentiellement Nvidia, Microsoft.
17:54Amazon aussi.
17:55Amazon.
17:55Nvidia est devenu un monopole incroyable,
18:00avec des marges phénoménales
18:02qui sont des marges dont on pourrait rêver.
18:05On parle de sa valorisation à plus de 10 000 milliards, maintenant.
18:07Oui, mais c'est monstrueux.
18:09C'est monstrueux, parce qu'en fait, ils sont devenus incontournables.
18:12Ça, ils en reviennent à 10 000 milliards.
18:15Ça impacte l'ensemble de l'industrie,
18:17les coûts des processeurs, les mémoires,
18:19parce qu'ils absorbent tout.
18:20Donc, c'est devenu un phénomène.
18:24Mais c'est sûr qu'en dépendre, c'est finalement être sous ces furches coding de Nvidia.
18:31Donc, de la part d'OpenAI, c'est normal de se dire,
18:33comme je maîtrise quand même la technologie de l'inférence, du LLM,
18:39je vais essayer de développer.
18:40Donc, ils arrivent à montrer qu'ils sont capables de le faire.
18:42Après, il y a un pas important pour être capable de l'industrialiser,
18:46d'en faire une véritable concurrence, y compris avec ce que tu dis,
18:49mais qui est aussi assez inquiétant pour les autres outils,
18:51parce que Nvidia, ils sont malins.
18:52Ils ne vont pas juste se contenter de faire du chip.
18:55Ils veulent développer les couches au-dessus.
18:57Mais on est dans un phénomène de compétition dans ce monde-là.
19:00Parce qu'en parallèle, on a vu cet été, Nvidia,
19:03il y avait une discussion en cours, je crois que ça a été réduit,
19:05on parlait d'un prêt de 100 milliards à OpenAI pour qu'il achète du Nvidia
19:10qui a finalement été réduit à 30 milliards.
19:12Donc, on voit que tout ce monde-là se nourrit un petit peu
19:16et finalement se dit, comment je vais survivre
19:18et je ne vais pas me faire commoditiser.
19:21Et OpenAI, on l'a déjà évoqué, est un des plus fragiles acteurs.
19:24– Bien sûr, dépendant en fait.
19:25– Et dépendant de Nvidia, n'a pas les poches profondes,
19:28il n'a pas de rente comme Google ou comme Microsoft
19:32pour avoir des business ultra profitables
19:35qui permettent de financer ou de lever de l'argent.
19:37Il doit arriver à démontrer par lui-même sa capacité
19:40à générer du revenu qui justifie la valorisation
19:44sur laquelle il lève des fonds.
19:45Donc, la pression est maximale.
19:47– Il est venu trop tard sur le monde d'entreprise,
19:49il était parti sur l'IA Général, le grand public, etc.
19:53Et là, il s'est rendu compte.
19:54Et le virage qu'il est en train de prendre…
19:55– Le business, c'était dans le B2B.
19:58– Ben voilà, donc Jap peut dépasser par clé.
20:00Japaleno, c'est un nom de piment mexicain,
20:03donc je pense que ça pique un peu la gorge.
20:05Ça va picoter Nvidia, mais je pense que ça va faire bien pour nous aussi.
20:09– Mais maintenant, ce qui est intéressant,
20:11c'est qu'on parle beaucoup d'Epanai,
20:12mais en fait, c'est quand même OpenAI, Broadcom,
20:13qui sont des gens sérieux, et TSMC, c'est-à-dire que c'est un consortium.
20:18– Il y a TSMC, tu as raison.
20:19– Donc, ce n'est pas que OpenAI,
20:20c'est aussi vraiment des experts dans ce qui se fait aujourd'hui.
20:25Ce qui est intéressant aussi, c'est que c'est une puce
20:27qui a été créée uniquement dans un but IA et d'inférence.
20:32C'est-à-dire que c'est la première fois qu'une puce a été pensée from scratch
20:36pour répondre à une problématique liée au fonctionnement quotidien de l'IA.
20:41Donc, c'est aussi un sujet qui est intéressant.
20:42On va voir quelle vie elle va avoir, mais c'est un sujet intéressant.
20:45– Et puis, en plus, elle a une latence très faible,
20:47elle est beaucoup plus rapide.
20:48– Elle est très rapide, d'après les premiers tests qui apparaissent.
20:51Et en plus, ce qui explique OpenAI,
20:54c'est qu'elle a été, en fait, en tous les cas,
20:56les couches logicielles qui, aujourd'hui,
20:58lui permettent de fonctionner extrêmement rapidement,
21:00ont été, en fait, codées,
21:02par le moteur OpenAI.
21:05Et donc, au lieu, ils ont gagné énormément de temps,
21:08c'est-à-dire que la panneau, pardon si j'écorche un peu le nom,
21:12en fait, a été créée en neuf mois
21:13avec les capacités Broadcom et les capacités TSMC,
21:17en plus des capacités de codage extrêmement rapides de OpenAI.
21:21Donc, c'est un produit assez étonnant sur le marché.
21:24Maintenant, est-ce qu'il va marcher ?
21:25On va voir.
21:27Mais c'est un produit assez unique, aujourd'hui, sur le marché.
21:29Et après, tous les acteurs sont à une course folle
21:33face à la fin de la loi de Moore.
21:35C'est-à-dire qu'aujourd'hui, ils sont obligés de chercher
21:38de l'efficacité, de l'efficacité, de l'efficacité,
21:40alors qu'au niveau du silicium et des puces,
21:43on arrive, on atteint des niveaux de pertinence
21:47que l'on n'arrive pas à débloquer,
21:49en tous les cas, dans les compétences et les contraintes
21:51qu'on a aujourd'hui physiques.
21:52Après, il y a un effet d'annonce important.
21:54On parlait tout à l'heure de l'IPO d'Entropic,
21:56l'IPO d'OpenAI aussi.
21:57C'est un moyen aussi de rassurer ces investisseurs,
21:59de dire, nous aussi, on développe des puces.
22:01Et puis, on regarde vers l'avenir.
22:03Elles ont un coût énergétique moindre,
22:04elles ont une latence.
22:07Et d'ailleurs, les hyperscalaires ne s'y trompent pas
22:09avec Google qui lance NPU.
22:12Chacun est dans ses compétences.
22:13Nous, vous voyez, on est aussi là-dedans.
22:14On est aussi dans cette course.
22:16Et on ne va pas dépendre uniquement de Nvidia
22:18et de ses puces hors de prix.
22:19Donc, il y a aussi cet effet.
22:20Et tu as d'autant plus raison
22:22qu'effectivement, OpenAI avait été un peu montré du doigt
22:25sur le fait de sa dépendance à Nvidia
22:27depuis le départ
22:28et ses investissements absolument gigantesques
22:31sur lesquels il avait apporté des garanties à Nvidia
22:34et qui paraissait absolument intenable
22:36pour les investisseurs.
22:37C'est intéressant quand même de voir
22:38que je pense que quand on réfléchit
22:42aux différentes vagues technologiques
22:44qu'on a pu observer
22:45et qui avons un certain vécu.
22:47Oui, nous observons tout ça depuis quelques temps.
22:49On a vu, voilà, l'interface graphique,
22:51l'Internet, le mobile, le cloud.
22:53La souris.
22:55Et non pas le mulot.
22:57Le mulot.
22:58Mais en fait, souvent, dans ces vagues technologiques,
23:01il y avait un acteur ou deux qui émergeaient
23:03et qui étaient un peu un winner,
23:05et là, en fait, on a cru à un moment donné
23:07que sur l'IA, ça allait être OpenAI.
23:10Et tout de suite, l'industrie a réagi.
23:11Et ce qui est absolument fascinant à observer
23:14et qui nous fait nous interroger ici aussi beaucoup,
23:19c'est comment la chaîne de valeur va se réorganiser.
23:23Où vont être les acteurs gagnants ?
23:25Est-ce que c'est le processeur
23:26ou est-ce que finalement il va y avoir des processeurs équivalents ?
23:28Est-ce que c'est le LLM où il va y avoir des open source ?
23:30Est-ce que c'est le logiciel où ils vont être remplacés par les agents ?
23:33Est-ce que c'est le conseil ?
23:34Et à chaque fois, si on faisait les différentes couches,
23:39on voit que tous les acteurs se mettent sur les différentes couches.
23:42Ils ne se spécialisent pas.
23:43Parce qu'NVIDIA veut aller sur les couches logicielles.
23:46OpenAI fait quasiment...
23:48Ils ont investi 30 milliards dans...
23:49Google vient d'annoncer qu'il allait avoir des agents
23:52pour faire de la Legal Tech.
23:54Enfin, la Legal Tech, il va faire des agents pour les avocats
23:58et ça pose une énorme question pour tous les acteurs de Legal Tech.
24:01Ce que je veux dire, c'est que tout le monde se met à faire un peu tout
24:04parce qu'ils se disent qu'il y a une révolution.
24:06On ne sait pas trop comment ça va se réorganiser.
24:08On a intérêt à ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier.
24:10C'est ça.
24:11Et plus on peut mettre deux dans des paniers différents, mieux ce sera.
24:14Oui, et puis les investissements sont tellement colossaux
24:17et les incertitudes sont quand même aussi importantes
24:19sur quel marché va effectivement émerger
24:22qu'il est absolument nécessaire de répartir ces investissements.
24:26Et puis n'oublie pas, moi je pense qu'il faut aussi regarder un peu dans le rétroviseur
24:28ces deux ou trois petits acteurs du genre Intel IBM
24:30qui sont en train de pousser leur puion tranquillement.
24:32IBM, on l'a vu cet été, qui commence aussi à travailler sur ces puces.
24:37Donc là aussi.
24:38Et puis les Chinois qui ne vont pas rester en train de regarder.
24:40Enfin, on l'a vu, on a parlé de Kimi 3 tout à l'heure.
24:42Mais même au niveau des composants, ils ne vont pas rester à regarder tout ça.
24:46Et puis il suffit qu'un anti-Trump bascule aux États-Unis.
24:51Enfin, je ne pense pas parce que sur la Chine...
24:53Non, et sur l'économie, ils ont...
24:55Sur la puissance économique américaine, je pense que personne n'a.
24:57Mais les puces chinoises pourraient commencer aussi à arriver chez nous.
25:00Bon, cela dit, on a un marché adressable de 30 000 milliards de dollars.
25:04Ça ne fait pas place pour quelques acteurs.
25:06Oui, exact.
25:08Il est bientôt 20h, toujours avec Isabelle Bordry, Christophe Honnête, Frédéric Simotel.
25:12On revient dans un instant pour notre dernière partie de Tech & Co.
25:16On débrie Flactutech jusqu'à 20h30.
25:18Donc, restez avec nous.
25:20A tout de suite.

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