00:0116h, 18h, Pascal Proulx et vous sur Europe 1.
00:04Parlons ensemble des événements qui ont eu lieu cet été.
00:07Qu'avez-vous retenu de l'actualité ? Qu'est-ce qui vous a énervé et ému ?
00:10La photo d'Emmanuel Macron en jet-ski, tout le débat sur la climatisation,
00:14les données du fisc piraté, le maire d'Alaix s'exfiltré par le raid
00:18après des menaces de mort de la DZ mafia, l'héroïsme des pompiers
00:21dans le pays pendant les incendies, François Fillon suspendu de la Légion d'honneur,
00:26la mort de Philippe Bouvard, Edouard Philippe qui propose une hausse de 20%
00:29du salaire des enseignants, un congé d'amitié proposé par la France 1 Insoumise.
00:34Bah tiens justement, écoutez ce que disait Madame Clémence Guettet,
00:37députée de la France Insoumise, c'était hier matin sur France Inter.
00:41Le fait est qu'aujourd'hui, la famille traditionnelle, vous l'avez dit,
00:44elle est survalorisée, le couple, majoritairement couple hétérosexuel,
00:48la famille avec des enfants, comme institution, prônée d'ailleurs par la droite,
00:53par les réactionnaires de tout temps et de toute époque.
00:55Pas besoin de vous rappeler la devise de la France pétainiste,
00:58c'est une forme d'extrême-droitisation de la société,
01:00que de revenir à cette famille traditionnelle.
01:02C'est-à-dire qu'on est quand même à un niveau du débat qui est assez inquiétant,
01:06lorsqu'on pense que la famille est une notion d'extrême-droite,
01:11la famille c'est tout simplement un choix.
01:13Moi, je ne critique pas ceux qui veulent vivre seuls,
01:17bien leur fassent, s'ils ont envie de traverser la vie en solitaire,
01:25ou sans jamais être mariés, paxés, ou même avoir un compagnon, c'est leur vie.
01:29Je n'irais pas juger ça, je ne dirais pas que c'est être de gauche, de droite,
01:33d'extrême-gauche ou d'extrême-droite, de traverser la vie en solitaire.
01:37On en est là.
01:38Voilà, mais Kevin, qui est avec nous, qui habite Rambouillet,
01:42qui est un auditeur qu'on apprécie,
01:44parce qu'il apporte de la diversité à notre antenne, diversité d'opinion,
01:50puisque Kevin, je crois que vous êtes gardien d'immeuble, c'est bien cela, Kevin ?
01:56Oui, bonjour, tout à fait.
01:57Bonjour, et vous êtes, disons-le, un sympathisant de la France insoumise.
02:02Militant de la France insoumise, oui.
02:04Vous êtes un militant.
02:05Alors, par exemple, moi, je peux vous faire réagir, parce que ça m'intéresse.
02:09Manon Aubry a dit qu'il faut interdire les milliardaires.
02:12Est-ce que vous êtes d'accord avec cette phrase ?
02:16Pour moi, dans un monde idéal, je suis tout à fait d'accord, moi.
02:22Je trouve ça assez malsain d'avoir des fortunes à 193 milliards, 200 milliards,
02:28pendant que la moitié de la planète crève la dalle.
02:32Oui, moi, je trouve ça, il y a un problème dans notre société qui a été construite comme ça.
02:37En tout cas, oui, pour moi, c'est indécent d'avoir 193 milliards de fortunes.
02:41Effectivement, il y a un problème dans notre société.
02:43C'est entendu, mais alors, vous remplacez, comment vous faites vivre dans ces cas-là,
02:50les uns et les autres, dans une société ?
02:52Alors, je ne sais pas, votre modèle de société, si c'est le collectivisme à la façon de l'URSS,
02:59où on divise tout et tout le monde a la même chose, à le même salaire, pourquoi pas ?
03:06Les col-cause et les softs, on peut revenir à ce système-là,
03:11qui effectivement permettra, on dirait que tout le monde doit avoir la même chose.
03:15C'est une autre logique.
03:17Alors, monsieur Proulx, ne soyez pas caricatural, respectez un petit peu mon avis.
03:21Ne prenez pas l'exemple tout de suite de l'URSS,
03:24parce que je ne suis pas du tout un partisan de l'URSS ni de Staline.
03:28Mon modèle de société idéale, c'est assez utopique,
03:32mais je préfère parler de politique réelle.
03:33Mais moi, dans une société idéale, oui, c'est le partage de la richesse.
03:37Des gens ne devraient pas mourir de faim sur la planète Terre.
03:40Après, ça peut paraître bisounours,
03:41mais si pour vous, c'est un ordre normal qu'il y ait des gens qui crèvent la dalle
03:45et d'autres qui se gavent en termes de fortune,
03:47c'est votre avis.
03:48En tout cas, moi, je ne partage pas du tout cette opinion.
03:50Mais par exemple, ces gens dont on parle et qui sont milliardaires,
03:54ils contribuent beaucoup à la société,
03:56d'abord parce qu'ils peuvent effectivement produire de la richesse
04:00lorsqu'ils sont à la tête des entreprises,
04:02et puis surtout, il y a de la redistribution.
04:04Vous savez, en France, il y a beaucoup de redistribution
04:07à travers les impôts, les taxes, etc.
04:11Donc, cet argent, il repart, il est remis dans le circuit.
04:15La thèse du ruissellement, ça ne fonctionne pas du tout.
04:19On le voit d'ailleurs sous Macron,
04:20qui est l'un des premiers présidents des ultra-riches en France.
04:24Le nombre de familles de grandes fortunes
04:26qui a augmenté sous son mandat, c'est énorme.
04:28Et j'attends toujours, les gens comme moi,
04:29attendent toujours la redistribution.
04:30On ne l'attend pas.
04:31Pendant qu'eux se gavent,
04:34on peut avoir des opérations fiscales,
04:36des optimisations.
04:38Nous, on n'a pas ces moyens-là.
04:39Et il marche beaucoup sur la finance, sur les dividendes.
04:42Et vous allez me faire aussi la théorie
04:44de M. Bernard Arnault a extrêmement travaillé.
04:47Non, M. Bernard Arnault doit dire merci à M. Mitterrand
04:50par rapport à l'affaire Boustak ou sur la première entreprise.
04:52Il a bénéficié de l'argent public.
04:56Ce qui est drôle, c'est en fait ce que je perçois
04:58dans ce que vous dites,
04:59et c'est ça qui m'ennuie dans la société d'aujourd'hui,
05:01c'est le ressentiment, c'est la rancœur
05:03et pourquoi pas même la haine.
05:05C'est intéressant.
05:06Bernard Arnault, c'est quelqu'un qui,
05:08sans lui, il y a des dizaines et des centaines,
05:11par exemple, de métiers qui n'existeraient plus.
05:13Parce que ce sont des métiers du luxe
05:15qu'il a valorisés, d'ailleurs avec des gens
05:18qui font des métiers très précis, bien sûr,
05:21parce que l'univers du luxe, alors évidemment,
05:24l'univers du luxe, il touche une certaine catégorie
05:26de clients d'une très grande exigence.
05:30C'est un fleuron de l'industrie française,
05:33c'est un acteur majeur de l'économie mondiale
05:35et vous, vous ramenez ça à une aide publique
05:38qu'il aurait eu de François Mitterrand,
05:40c'est possible d'ailleurs, et de l'affaire Boustak.
05:43Mais lorsqu'il a racheté Boustak,
05:45c'est qu'il était le seul à racheter
05:47et d'autres auraient pu racheter cette entreprise.
05:49Alors, je ne connais pas précisément
05:52l'aide publique à ce moment-là,
05:54mais ce que je trouve étonnant toujours,
05:58c'est une forme de rancœur.
06:00J'ai envie de dire, mais tenter de faire la même chose.
06:03Tenter de faire la même chose.
06:05Vous savez, les chefs d'entreprise,
06:07il y en a beaucoup qui sont partis de rien.
06:10Ils n'avaient pas un centime.
06:12Et puis, ils ont pris leur risque.
06:15Ils ont pris leur risque.
06:17Et c'est ça qui m'ennuie dans cette société.
06:19Quand j'entends Jean-Luc Mélenchon pareil,
06:21c'est la société du soupçon,
06:24c'est la société de la rancœur,
06:26c'est la société du ressentiment.
06:28Vous dites que vous ne voyez pas
06:30le ruissellement arriver sur vous.
06:33J'imagine quand même qu'il y a pour vous des aides,
06:37si vous appartenez à une famille modeste.
06:40Je ne sais pas vos revenus,
06:43quels sont-ils ?
06:44Peut-être avez-vous touché 400 euros
06:48le mardi 18 août de la prime de la rentrée ?
06:51Je ne sais pas si vous êtes concerné ou pas
06:52par cette prime, Kevin ?
06:54J'ai trois enfants.
06:57Effectivement, j'ai bénéficié de cette prime.
06:59Bon, ça, ce n'est pas rien.
07:00Ce n'est pas rien d'avoir une prime.
07:02Vous savez que cette prime,
07:03elle n'existait pas avant 1974.
07:06Non, mais M. Pro,
07:08cette prime, bien sûr, c'est très, très bien.
07:10Mais attention, pour cette prime,
07:11je ne suis pas en train de dire merci à Bernard Arnault.
07:13Je dis merci à mes anciens
07:15qui se sont engagés et combattus
07:17pour une lutte sociale.
07:18Ce n'est pas la France qui a donné.
07:20Ce sont des gens qui ont milité de leur temps
07:22pour qu'on puisse avoir des acquis sociaux et des aides.
07:24Ce n'est pas Bernard Arnault, monsieur.
07:26Non, mais ce que je veux vous dire,
07:28c'est que tous les gens que vous ciblez,
07:31ils participent par la rentrée d'argent,
07:35par les impôts.
07:36Bien sûr, je ne peux pas vous dire autre chose.
07:39Parce que l'argent,
07:39ce n'est pas l'argent magique,
07:42Kévin, on a eu ces discussions souvent.
07:45Oui, mais M. Pro,
07:46ce n'est pas de leur bonne volonté qu'ils donnent.
07:48Regardez bien, M. Pro,
07:49pourquoi vous dites ça ?
07:50Moi, je paye des impôts et je donne...
07:52Attendez, M. Pro,
07:54si ils donnent,
07:54je parle de Bernard Arnault et les milliardaires,
07:56si ils donnent,
07:57c'est parce que la loi les oblige.
07:58Mais M. Pro,
07:59l'argument, à chaque fois,
08:00regardez bien,
08:01l'argument,
08:02quand on sort qu'on veut taxer
08:04le patrimoine des ultra-riches,
08:05le premier argument qu'on me ressort,
08:07c'est
08:08« Ils vont partir,
08:09ils vont tous fuir ».
08:10Vous savez,
08:11ils sont beaucoup taxés,
08:12les ultra-riches.
08:13Ils ne donnent pas de leur bon cœur.
08:14Il est 16h27.
08:15On marque une pause.
08:16Ils sont beaucoup taxés.
08:17Vous savez,
08:17c'est simple.
08:18D'ailleurs,
08:20Kévin,
08:20nous sommes le pays
08:21le plus taxé au monde.
08:23Donc,
08:24moi,
08:24je veux bien qu'on soit
08:24encore plus taxés.
08:25c'est-à-dire que ceux
08:27qui sont les plus favorisés
08:29payent plus
08:30qu'ils ne paieraient
08:31dans aucun autre pays.
08:33C'est un fait.
08:35Il est 16h28.
08:36On est avec Kévin.
08:37Mais c'est intéressant
08:38d'avoir évidemment
08:38des opinions contradictoires.
08:41On marque une pause.
08:42Et dans un instant,
08:43c'est Émilie Dès pour le flash.
08:44Et comme Kévin,
08:45vous pouvez réagir
08:46avec Pascal Frost
08:47sur Europe 1.
08:47Un seul numéro,
08:48le 01-80-20-39-21.
08:51A tout de suite
08:52sur Europe 1.