00:00Mais revenons sur les audiences et Philippe Bailly est avec nous, il est fondateur de NPA Conseil.
00:06C'est pas du NPA, c'est pas monsieur Poutou.
00:13On était même là 8 ans auparavant, ce qui fait qu'au moment où il a monté le NPA sans
00:20beaucoup d'égards,
00:22j'ai fait une petite publicité à l'époque en disant que nous on était des militants de la révolution
00:26numérique.
00:28Bonjour Philippe Bailly, vous êtes spécialiste des questions médias et vous scrutez, que ce soit les audiences,
00:36l'activité également sur cette campagne présidentielle.
00:41Tout à l'heure j'ai ouvert et fermé une parenthèse, je disais sur une campagne présidentielle,
00:47un premier débat n'aurait pas dû être préempté par une chaîne d'information,
00:52mais aurait dû être libre de droit et diffusable sur toutes les chaînes d'information,
00:58puisque c'est d'utilité publique.
01:00Mais avant d'aller sur ce terrain, peut-être sur l'audience, je disais en moyenne plus d'un million
01:04de téléspectateurs,
01:05c'est un très gros score entre 17h et 20h, signe que cette campagne peut-être, là aussi elle passionne,
01:12elle commence déjà à passionner les Français.
01:14La campagne ça va être le feuilleton médiatique des huit prochains mois, enfin médiatique, politique,
01:20avec effectivement un vrai intérêt, d'autant plus d'intérêt qu'aujourd'hui il y a deux favoris clairs pour
01:29être présents au deuxième tour,
01:31mais il y a aussi beaucoup de mouvements et de guerres de mouvements entre la gauche non LFI et le
01:38bloc central,
01:39et à l'intérieur de ces deux ensembles pour savoir qui vont être les aspirants à éviter ou à empêcher
01:46un deuxième tour Mélenchon-Le Pen.
01:47Bref, il y a une guerre de mouvements qui est rentrée et qui crée les ingrédients d'un bon spectacle
01:54aussi médiatique.
01:56Et aujourd'hui un bon spectacle médiatique, ça se paye ou ça vaut de l'or entre guillemets pour les
02:06chaînes de télévision.
02:07Regardez Netflix qui a payé 100 millions de dollars pour simplement quelques minutes d'image d'un nouveau jeu vidéo.
02:18Aujourd'hui tout ce qui fait spectacle, tout ce qui fait exclusivité devient vraiment pas béni pour les programmateurs.
02:24Alors je suis rarement sur Netflix, je suis souvent sur MyCanal, mais ça c'est un choix très personnel, monsieur
02:29Bayou.
02:29Tant qu'il y a en cours, c'est l'âge des jeux vidéo.
02:35Autre question, monsieur Bayou, je disais, il y a quand même une petite polémique.
02:39En tous les cas, moi j'ai vraiment, j'ai pas compris pourquoi un débat d'utilité publique,
02:46aussi important que le premier débat qui concernait donc tous les Français,
02:51n'était pas à la disposition de toutes les chaînes d'information.
02:54Et il eût été normal de voir ce débat à la disposition de l'ensemble des chaînes d'information
03:02et même de l'ensemble des chaînes radio, Philippe Bayou ?
03:05Écoutez, est-ce que c'est normal ? Moi je n'irai pas sur ce terrain.
03:10Est-ce qu'en tout cas ça a été juridiquement bien ficelé ?
03:12On dirait quand même qu'il y avait quelques doutes, puisqu'y compris BFM a été annoncé comme le diffuseur
03:23unique,
03:24mais BFM a commencé à diffuser avec un autre jeu de caméra,
03:28enfin donc une autre réalisation, et puis le son leur a été coupé, donc ils y ont renoncé.
03:33Je pense que les juristes vont échanger quelques papiers bleus dans les jours à venir.
03:38Ensuite, est-ce que c'est normal ou pas ?
03:41Bon, manifestement les chiffres que vous avez donnés en tout cas prouvent que ça n'a pas empêché
03:45ceux qui étaient intéressés de venir le voir.
03:48Quand on regarde, quand on pense au débat dans les campagnes,
03:52c'est assez rare que les chaînes d'info en particulier coprogramment et codiffusent un même débat.
04:01Ce que ça veut dire en tout cas, c'est qu'on a aujourd'hui un paysage des chaînes d
04:05'info
04:05qui est extrêmement compétitif, avec trois d'entre elles qui se tiennent dans un mouchoir de poche pas très loin,
04:12et qu'effectivement, du coup, ça crée une forme d'accessibilité ou de concurrence très forte.
04:18Là où je peux vous rejoindre Philippe Bailly, qu'une chaîne d'information ou qu'une radio
04:22souhaite organiser en son nom un débat, c'est tout à son honneur.
04:28Et libre à elle de le faire dans les prochaines semaines, dans les prochains mois.
04:32Mais là, c'est tout autre chose.
04:34C'est-à-dire qu'on était au MEDEF, c'est l'université du MEDEF, on est à Roland-Garros.
04:39Le MEDEF n'appartient pas, si je ne m'abuse, à une seule chaîne d'information.
04:45Et encore une fois, je pense que d'ailleurs, ça aurait pu être intéressant pour tout le monde
04:50de dire que le cœur et le nerf de la guerre pour cette présidentielle, c'est l'économie,
04:56puisqu'on va récupérer un pays en grande difficulté économique.
05:01On a pour la première fois des candidats qui sont face aux grands patrons et aux hauts patrons.
05:07Et donc, il va falloir le diffuser un maximum et trouver une source de diffusion maximum.
05:14Mais ça, c'est un avis personnel, cher Philippe Bailly.
05:16Je vais juste faire un dernier parallèle pour montrer qu'effectivement,
05:23aujourd'hui, tout peut être sujet à exclusivité.
05:25Quand vous prenez les Jeux d'un actif qui sont là aussi,
05:29normalement des preuves universelles, etc.
05:31En l'occurrence, ça a été diffusé, des cérémonies d'ouverture et de clôture en exclusivité par France Télévisions.
05:37Qu'on s'en désole ou qu'on trouve ça normal,
05:41parce qu'aujourd'hui, effectivement, tout est sujet à exclusivité, y compris la politique.
05:45Merci beaucoup, Philippe Bailly, d'être intervenu à 11h40 en direct sur Europe.