- il y a 2 mois
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00:00Mais d'abord, un point sur la situation en Ukraine après cette frappe meurtrière près de Kiev.
00:04Au moins 37 personnes sont mortes après qu'un drone russe a frappé un dépôt de munitions cette nuit.
00:09On va tout de suite aller retrouver notre journaliste sur place, Guillaume Tac.
00:13Des frappes russes qui ont donc provoqué des explosions et un gros incendie.
00:18Le bilan est particulièrement lourd, Guillaume.
00:22Effectivement, ce serait un drone russe de type chalet qui s'est abattu hier soir sur le village de Mila,
00:28donc à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale ukrainienne.
00:32Et selon les témoins, cela entraînait un départ de feu et surtout des détonations après,
00:38ce qui indique que probablement étaient entreposées là des matériaux explosifs ou potentiellement des munitions.
00:45Des centaines d'immeubles résidentiels et de maisons ont été évacués.
00:50Et le bilan, évidemment, pourrait encore s'alourdir.
00:52Ce n'est malheureusement pas le seul départ de feu qu'il y a eu au cours des dames les
00:56jours,
00:56puisque la Russie a adapté sa tactique.
00:58On savait déjà que les Russes frappaient la capitale à l'intervalle régulier avec les missiles balistiques.
01:02Mais au cours des trois derniers jours, ils ont tiré des grappes de drones de type chalet vers Kiev
01:08à intervalles extrêmement réguliers, quasiment toutes les heures.
01:11Et les alertes aériennes s'enchaînent ici à Kiev.
01:13Il y en a d'ailleurs une en cours ici pendant que je vous parle.
01:17Merci beaucoup, Guillaume Tac, alors que le maire de Kiev, à l'instant, évoque de nouvelles alertes.
01:24On va en parler avec notre équipe.
01:27On est en plateau avec Sergei Gironov.
01:29Bonsoir Sergei, ancien officier du renseignement du KGB.
01:32Olivier Ravanello à vos côtés, consultant politique international pour BFM TV.
01:37Bonsoir Olivier et le général Jérôme Pellis, consultant de défense.
01:42Bonsoir à tous les trois.
01:44Bonjour, pardon, à tous les trois.
01:46Cet entrepôt-là, il a été visé.
01:49Cet entrepôt, il était dans une zone résidentielle.
01:52Et ce qui est important de souligner, c'est que ça a suscité la colère de Vladimir Zelensky, Sergei Gironov.
01:57Beaucoup de critiques quant à l'emplacement de cet entrepôt.
02:00Pourquoi cet entrepôt si stratégique était là, au cœur des résidences ?
02:04La question est là, surtout que ce n'est pas la première fois.
02:07Il est arrivé déjà il y a quelques temps, il y a quelques jours, la même chose, exactement la même
02:11chose.
02:12Donc un entrepôt qui était au milieu des habitations.
02:15Et donc, vous comprenez, quand il y a en fait une explosion d'un entrepôt comme ça,
02:20il y a toutes les maisons qui sont autour et tous les gens qui sont autour qui sont directement menacés.
02:25Donc il y a eu aussi une trentaine de morts pendant l'explosion précédente.
02:29Et Zelensky, aujourd'hui, il était furieux.
02:33Il a dit qu'on aurait été...
02:36Commettre les mêmes erreurs relève de négligence criminelle.
02:39C'est ça, ça veut dire qu'en fait, déjà, quand ça s'est arrivé il y a quelques jours,
02:44il a posé la question de déplacer tous les entrepôts en dehors des zones résidentielles.
02:49Et là, la deuxième fois, il arrive une chose comme ça.
02:53Bien évidemment, c'est une énorme faute.
02:56Général Pellis, qu'on dit que c'est-on de cet entrepôt-là ?
02:58Alors, visiblement, il devait y avoir des munitions, des explosifs,
03:02parce que le résultat des explosions, il n'est pas lié directement au drone-shade.
03:09Le drone-shade n'a pas suffisamment d'explosifs pour créer, faire autant, un bilan aussi important.
03:15C'est-à-dire qu'en fait, il va provoquer des explosions successives,
03:18parce qu'il y avait donc ces stocks de munitions, de drones, de matières explosives.
03:24Mais c'est toute la difficulté lorsque vous êtes en guerre depuis plus de 4 ans et demi,
03:30c'est-à-dire comment, pour un pays comme l'Ukraine, vous essayez à la fois de préserver votre population
03:38civile,
03:38mais aussi de préserver vos infrastructures militaires ou liées.
03:42Voilà, si vous construisez un très grand dépôt au milieu de nulle part, il sera également visible.
03:47Donc c'est ça, en fait, le cauchemar.
03:50Et le fait, il faut le souligner, que pour Moscou, il n'y a aucune ambiguïté à frapper,
03:55que ce soit un dépôt de munitions, un centre commercial, voire des hôpitaux.
04:00L'objectif, c'est de faire un maximum de victimes.
04:03Et là, eh bien oui, le coup pour Moscou, il a réussi,
04:09puisque non seulement ils détruisent des munitions qui sont forcément, qui seraient utilisées contre eux,
04:14mais en même temps, de très nombreuses victimes.
04:17Et ce n'est pas la seule attaque qui a eu lieu, Olivier Ravanello, au cours de la nuit.
04:22On compte au moins 2 missiles tirés par la Russie et 267 drones d'attaque.
04:27On a réellement l'impression d'une montée en puissance des frappes russes ces derniers jours, ces dernières semaines.
04:33Nous qui observons ça vraiment avec attention, on l'a vu durant tout l'été.
04:36Il y a une montée en puissance, à la fois sur la diversification des cibles qui sont visées,
04:43à la fois des cibles civiles, à la fois des cibles militaires.
04:47La Russie a décidé de répondre du tac au tac avec la fameuse nouvelle doctrine de Poutine.
04:51Ils ont ouvert la boîte de Pandore.
04:53Nous allons faire la même chose, c'est-à-dire d'aller frapper,
04:56y compris très très en profondeur sur des cibles civiles.
04:59Et puis, cette intensification des vagues de drones.
05:03On parlait de plusieurs centaines de drones qui sont envoyés à chaque fois.
05:07Et au fur et à mesure, pendant plusieurs heures, chaque jour,
05:10ce sont presque 600 à 800 drones qui sont tirés de part et d'autre.
05:15Ajoutez à cela les missiles ou balistiques ou de croisière.
05:19Vous avez une montée en puissance du feu qui est utilisée, qui est extrêmement inquiétante.
05:25Et qui est illimitée, leur capacité à utiliser des drones ?
05:29Alors les drones, ils les fabriquent.
05:31En continu ?
05:32Oui, en quelque sorte.
05:33Ils les améliorent.
05:35Il y a une partie des drones Shade qui ont été équipés maintenant de moteurs à réaction,
05:38qui vont beaucoup plus vite.
05:39Ils sont difficiles à intercepter.
05:41Et puis, vous avez des Ukrainiens qui ont de moins en moins d'intercepteurs.
05:45Je ressortais les chiffres, c'est quand même ça qui est extraordinaire.
05:47Au début de ce conflit, on leur a livré 675 Patriots.
05:52En 2025, c'était 360.
05:55Et cette année, en 2026, l'objectif, c'est d'arriver à leur donner 260 missiles intercepteurs.
06:01Plus ils se font bombarder par des missiles, moins ils ont de missiles intercepteurs.
06:05Montée en puissance des frappes russes.
06:08Et ces informations données par plusieurs médias américains cette semaine,
06:14notamment le Wall Street Journal, qui affirme que le président russe, Vladimir Poutine,
06:18pourrait défier l'OTAN avec une attaque limitée dans les prochaines années.
06:23Et ça aurait été la raison pour laquelle le patron de la CIA se serait rendu à Moscou
06:27pour tenter de l'en dissuader.
06:28Vous y croyez, vous, à ça ?
06:29Il en a parlé peut-être un tout petit peu sur la marge.
06:32Mais en fait, la raison n'est pas celle-ci, à mon avis.
06:36Parce que le directeur de la CIA, en fait, il faut regarder avec quel avion il est arrivé à Moscou.
06:41Il est arrivé avec un AC-17.
06:43C'est un avion qui est capable de transporter 76 tonnes de marchandises.
06:47En fait, c'est un cargo militaire.
06:49Et donc, en fait, d'ailleurs, il a voyagé avec un C-32 jusqu'à Ega.
06:54Et puis après, il a changé d'avion.
06:55Qu'est-ce que ça signifie, ça ?
06:56Ça signifie qu'on a été, à mon avis, avec les Russes.
06:59Parce qu'il y a un autre avion russe du groupement présidentiel de Russie, Rossiya,
07:06qui est parti derrière le départ du directeur de la CIA.
07:09Et à mon avis, il y a un échange peut-être de matériel entre les antennes de la CIA à
07:14Moscou
07:15et l'antenne du SVR à Washington.
07:18Et donc, à mon avis, il y avait un truc comme ça.
07:21Mais bien évidemment, comme il était à Moscou, à la marge,
07:24donc il a rencontré, sur les certains, Bortnikov et Narichkin,
07:27donc le directeur du FSB.
07:29Et le FSB, c'est le contre-espionnage,
07:31et le directeur du SVR, c'est le service d'espionnage politique.
07:35Et Poutine a dit, enfin, Peskov a dit qu'elle n'a pas rencontré Poutine.
07:39Peskov, le porte-parole du Kremlin.
07:40Je ne crois pas.
07:42Peskov, son métier, c'est de mentir.
07:44Il reçoit l'argent pour ça.
07:45Et donc, là, il fait ça.
07:47En fait, avec Peskov, c'est très facile.
07:49Vous remettez tout simplement à l'envers tout ce qu'il a dit.
07:52S'il a dit que Red Klyfna n'a pas rencontré Poutine,
07:56c'est qu'il a rencontré Poutine.
07:57C'est pour ça, menteur professionnel, ce que vous dites, Sergei Gino,
08:00c'est pour ça qu'on n'est pas très rassuré
08:01quand on l'entend parler d'une attaque possible
08:04sur un pays allié de l'OTAN.
08:05Écoutez les propos du porte-parole du Kremlin.
08:11De nombreuses histoires alarmistes de ce genre sont publiées en ce moment.
08:15Bien entendu, cela n'a rien à voir avec la réalité
08:18et n'a rien à voir avec les intentions de la Russie.
08:21La Russie poursuit son opération militaire spéciale.
08:24Elle préférerait atteindre ses objectifs par des moyens pacifiques,
08:27mais en l'absence de toute possibilité de le faire,
08:31elle continue son opération militaire spéciale
08:33afin de garantir sa sécurité et ses intérêts
08:36dans le contexte du conflit autour de l'Ukraine.
08:43Donc, Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin,
08:45qui dit que tout ça, ce sont des propos alarmistes, non fondés,
08:49Donald Trump aussi rentre dans le jeu,
08:51dit que cette visite-là, c'est une visite de semi-routine
08:54pour reprendre ses mots.
08:57Il faut s'en inquiéter ?
08:58Quel est l'état réel de la menace ?
09:01La menace russe est une menace réelle.
09:04Alors, la seule chose, c'est qu'il faut bien comprendre
09:07qu'il ne s'agit pas qu'on ne va pas voir les chars russes
09:10débouler en Pologne pour aller jusqu'à Berlin,
09:13pourquoi pas jusqu'à Strasbourg.
09:16Il faut craindre quoi, concrètement ?
09:18En fait, cette guerre hybride que la Russie mène déjà depuis longtemps,
09:21avec un spectre extrêmement large.
09:23Alors, ça va de la désinformation,
09:25la manipulation de l'information,
09:27les cyberattaques,
09:28mais aussi, et ça, c'est plus inquiétant,
09:31la multiplication, je dirais, de petites actions cinétiques.
09:35Par exemple, ce sont les fameux drones chargés d'explosifs
09:37sur l'aéroport de Leipzig.
09:39C'est perturber le fonctionnement des pays européens,
09:45en particulier, on va dire, sur la frange à l'Est.
09:49C'est aussi des sabotages sur nos industries.
09:52Est-ce que ça peut être des frappes contre certains pays baltes ?
09:56Non, mais des petites actions, voilà.
10:00Mais ça, ils le font déjà.
10:02Bien sûr, mais ça crée un climat de tension,
10:06et également le fait qu'on n'est jamais à l'abri d'un dérapage.
10:09C'est-à-dire que vous avez un avion de patrouille maritime russe
10:13qui va passer très près, voire trop près, d'un État balte,
10:17et là, à ce moment-là, une réaction, un dérapage.
10:21Et, bien entendu, il ne faut pas oublier,
10:23et ça, c'est l'élément pour moi le plus important,
10:25c'est que cette pression de la part de Moscou ne va cesser d'augmenter.
10:29C'est bien ça, la problématique,
10:31d'autant plus que les usines d'armement russe tournent à plein régime.
10:35Et donc, l'attaque massive, non,
10:38mais cette multiplication d'actions de guerres hybrides, oui.
10:43Il y a même un parallèle par rapport à ce qu'on a raconté tout à l'heure,
10:47en Ukraine, dans la région de Boucha.
10:49Vous avez en Bulgarie et en Italie,
10:52et en Bulgarie, il y a l'usine de fabrication de munitions.
10:57Vous savez, la Bulgarie, c'est le seul pays
10:59qui produit encore des munitions du calibre 152
11:02pour les armements russes.
11:05Et il y a un dépôt à côté du Rhum
11:07qui a sauté aussi il y a quelques jours.
11:11Et donc, ça aussi, plus tous les services d'espionnage,
11:14parce qu'il y a aussi des espions russes qui sont partout.
11:17On les cueille de plus en plus.
11:19Et donc, on trouve de plus en plus de gens
11:21qui fonctionnent avec eux, y compris au sein de l'OTAN.
11:24Mais quelle est votre interprétation à vous, Sergueï ?
11:27Quel type d'attaque limitée ?
11:29Quand on parle d'une attaque limitée de la part de Poutine
11:32sur un des alliés de l'OTAN,
11:33j'imagine que ça va un peu plus loin
11:35que les opérations de déstabilisation
11:36auxquelles on est déjà confrontés.
11:37En fait, en gros, Poutine ne considère pas
11:40que c'est l'ouverture d'un deuxième front.
11:42Pour lui, c'est le seul et le même front.
11:44Ça veut dire que créer quelque chose à l'intérieur de l'Europe
11:48pour que l'Europe aide moins l'Ukraine.
11:50En disant, maintenant, vous voyez,
11:52nous avons un danger pour nous-mêmes
11:54et donc nous ne pouvons plus donner autant d'armement
11:56et autant d'argent à l'Ukraine
11:57parce qu'il faut se le préserver pour nous-mêmes.
12:00L'objectif, c'est ça, Olivier Ravanello ?
12:02C'est de nous dissuader à poursuivre,
12:06non pas la guerre, puisqu'on n'est pas en guerre,
12:08mais l'aide accordée à l'Ukraine ?
12:10Il y a deux objectifs, selon moi.
12:12Il y a déjà de tester la façon
12:14dont militairement l'OTAN répond.
12:16C'est-à-dire qu'à chaque fois que vous poussez un peu le bouchon,
12:19vous voyez comment l'adversaire réagit.
12:21Est-ce que les processus se mettent bien en place ?
12:23Est-ce que la machine est bien huilée ?
12:25Est-ce que l'adversaire est bien positionné ?
12:28Vous pouvez imaginer des opérations un peu tordues.
12:32N'oubliez pas qu'il y a quand même une enclave russe
12:34qui est au milieu de l'Europe, qui s'appelle Kaliningrad,
12:36qui est reliée par un tout petit corridor
12:39jusqu'à la Biélorussie.
12:41Demain, parce qu'il y a des populations russes dans la région,
12:43vous pouvez avoir des Russes qui disent
12:45uniquement par mesure de sécurité,
12:46on va un peu pousser les murs
12:48et puis occuper une partie, quelques kilomètres,
12:52parce que nos populations ne se sentent pas vraiment en sécurité.
12:56Bon, on fait quoi dans ce cas-là ?
12:57On réagit comment ?
12:58Ils grignotent 2 km² de territoire au sein de l'OTAN.
13:03Qu'est-ce que fait l'OTAN ?
13:04Est-ce qu'elle engage de le faire pour ça ou pas ?
13:06C'est la logique de grignotage.
13:08Et puis, il y a aussi à chaque fois
13:10d'envoyer des messages aux opinions des pays européens,
13:14parce que nous avons des gouvernements élus,
13:16à la grande différence de la Russie,
13:18et c'est ça qui change tout,
13:19et de faire pression sur ces opinions
13:20pour à la longue leur dire
13:22« Vous êtes vraiment sûrs que le jeu en vaut la chandelle ? »
13:25Est-ce que vos gouvernantes ne sont pas un petit peu illuminées
13:28à vouloir soutenir les Ukrainiens ?
13:29Vous auriez bien intérêt à vous en laver les mains
13:32et à faire machine arrière.
13:33des opérations qui peuvent avoir un impact
13:35dans le contexte politique français, notamment.
13:38Merci beaucoup à tous les trois.
13:4037 morts dans cette nouvelle frappe russe
13:42à côté de Kiev.