- il y a 1 semaine
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accomagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00J'aimerais bien qu'on entende comment Jordan Bardella fait encore entendre sa différence ce soir sur ce sujet,
00:05alors que Marine Le Pen a redit il y a deux jours, réforme des retraites, on part à 62 ans,
00:1260 ans si on a commencé à travailler avant 20 ans, il ne reprend pas du tout les idées de
00:18Marine Le Pen à son compte.
00:19Écoutez.
00:20Moi je pense qu'il faut un système qui mette davantage en valeur la durée de cotisation,
00:25et Marine a parlé d'une durée de cotisation qui irait jusqu'à 42 ans,
00:29c'est ce que nous avons défendu, et nous sommes en train en ce moment d'y travailler.
00:31Donc il n'y a aucun hiatus entre vous sur la capitalisation également ?
00:35Plus de capitalisation implique.
00:37Nous en avons besoin bien sûr.
00:38On en a besoin, et sur ce point Marine Le Pen reprend aussi ses propositions.
00:42Soyons honnêtes, il n'y a pas une grande démocratie qui, dans la situation démographique dans laquelle nous sommes,
00:49et avec un système de répartition, n'a pas développé de la capitalisation.
00:53Donc moi je suis partisan, et je suis favorable à ce que nous développions la capitalisation.
00:57Pourquoi ? Pour permettre aux Français qui arrivent en retraite de pouvoir avoir des revenus supplémentaires.
01:04On est bien d'accord Nicolas Demena que sur ce sujet central, ils ne parviennent pas à dire la même
01:09chose.
01:09Est-ce que c'est un problème ?
01:12On a bien entendu Marine Le Pen devant les patrons dire qu'elle ne bougerait pas sur cette question-là.
01:17Elle a bougé sur d'autres points.
01:19Elle est venue sur une ligne plus libéralo-bardélienne, si j'ose dire.
01:23Mais là, sur les retraites, c'est effectivement, de toute façon, ça fait partie de ses fondamentaux.
01:28L'histoire de, on part à 60 ans, 62 avant qu'on puisse, 60 ans si on a commencé très
01:35tôt.
01:35Donc là-dessus, j'avoue qu'il faudra bien, il présente leur programme, je pense, mercredi ou quelque chose comme
01:41ça, en tout cas au milieu de semaine.
01:43Donc il faudra déjà voir qui le présente, si c'est Marine Le Pen ou si c'est Jordan Bardella
01:47et s'ils disent la même chose.
01:48Parce qu'il est revenu plusieurs fois pour essayer de nous rassurer, nous rassurer.
01:52Pour nous expliquer qu'au fond, c'était entre eux un duo, un ticket, un tandem.
01:57Marine Le Pen parle de binôme.
01:58Mais les sujets de divergence restent quand même profonds.
02:02Est-ce que ça, ça ne peut pas devenir un problème, cette divergence ?
02:05D'ailleurs, qui, effectivement, bonne question, qui va présenter le programme économique du Rassemblement National ?
02:09Alors ça, je ne sais pas, mais en revanche...
02:11Mais vous pensez que ça doit être lui ?
02:12Non, mais en tout cas, le programme qui sera présenté, il est fait en commun, évidemment.
02:19Jordan Bardella, il sera le Premier ministre de Marine Le Pen et ils travaillent ensemble avec des équipes sur chaque
02:25sujet
02:26pour qu'on ait le projet le plus abouti possible et budgétisé.
02:29Mais ils ne sont pas d'accord sur ce point, ils sont bien d'accord.
02:31Non, sur quoi ? On parle de 42 annuités.
02:34Vous savez, je sais que vous êtes sérieux, M. Domenech, vous avez peut-être vu déjà la réforme des retraites
02:39qu'on avait pu présenter, l'alternative.
02:41Quand on commençait à travailler à 25 ans, on partait à 67 ans.
02:46Il y avait déjà 42 annuités, donc on reste sur le même modèle.
02:49Nous, ce qu'on dit avec notre réforme des retraites,
02:51c'est parce que c'est de manière enfantine, on peut dire on augmente l'âge, on augmente l'âge.
02:54Pour nous, ce qu'il faut, c'est faire en sorte qu'on retrouve de la productivité.
02:59Et comment on fait pour retrouver de la productivité ?
03:01Eh bien, on essaie de former des jeunes vers les secteurs aujourd'hui où on est en pénurie pour qu
03:05'on réindustrialise.
03:06La vraie difficulté de la France aujourd'hui, c'est qu'on a un déficit commercial colossal,
03:10notamment sur l'industrie manufacturière.
03:11Donc, quand vous incitez les jeunes à aller vers l'apprentissage à entre 17 et 20 ans,
03:17sur des métiers qui sont en tension, justement,
03:19et qu'on va ensuite recréer de l'activité économique réindustrialisée grâce à ces jeunes-là
03:26et qui vont recréer de la richesse dans le pays, vous augmentez la productivité.
03:29Mais on peut développer sur l'industrie globalement, parce qu'il y a aussi...
03:32Mais là, vous nous expliquez la logique de la réforme défendue par Marie-Logaine.
03:36Ah oui, mais c'est important quand même, parce que nous, on ne fait pas des choses comme ça.
03:37On part sur ce plateau, en votre âme et conscience, que Jordan Bardella et Marine Le Pen
03:42disent et pensent exactement la même chose sur la réforme des retraites.
03:45Jordan Bardella, je suis précis, j'écoute.
03:47Il vient de dire jusqu'à 42 annuités.
03:50C'est déjà la réforme des retraites qu'on a proposée.
03:53Et la capitalisation.
03:55Alors, on dit que le modèle de répartition est évidemment le modèle de base,
03:59et Jordan Bardella n'a pas dit l'inverse, et qu'il peut y avoir à la marge...
04:03Il dit plusieurs fois le mot capitalisation.
04:05Non mais, vous savez, aujourd'hui aussi, je veux dire, qu'il y ait une part de capitalisation
04:10pour certaines personnes, on tient toujours, on a toujours tenu ce discours-là.
04:15Mais le modèle de base, le modèle qui permet à tout le monde d'assurer une retraite
04:20à un niveau qui correspond au contrat social qu'on a passé avec les salariés,
04:24c'est le modèle par répartition.
04:25Et c'est ce modèle-là qu'on veut défendre, et on le défendra en recréant de la productivité
04:30dans ce pays et en s'adaptant aux enjeux de demain.
04:32Parce que, moi je me souviens en 2017, de M. Macron qui nous parlait de la Startup Nation,
04:37on a une nation tiers-mondisée.
04:39Aujourd'hui, on a 23%.
04:41On a 23% des entreprises qui utilisent l'intelligence artificielle sérieusement.
04:45Une nation tiers-mondisée.
04:47Quand l'Allemagne est à 46%.
04:49On a pris un retard considérable sur la robotisation, sur l'IA.
04:52C'est des sujets, par exemple, qui vont nous permettre de recréer de la richesse dans ce pays.
04:55Ça vous fait sourire ?
04:56Oui, parce que vous me posiez il y a quelques instants la question de savoir si j'étais un philippiste
04:59ou un attaliste.
05:00Moi, je vois plus de différences entre Marine Le Pen et Bardella qu'entre Gabriel Attal et Édouard Philippe.
05:05Donc, c'est vous dire, j'ai écouté effectivement avec beaucoup d'attention son entretien avec Marie-Chantret tout à
05:09l'heure.
05:10J'ai senti quand même qu'il était plus que gêné aux entronnures sur un certain nombre de sujets.
05:12Les retraites en font partie.
05:14Mais pas uniquement sur le fameux plan d'économie du budget de l'État.
05:18Oui, mais il faut savoir que la question des retraites, en fait, elle énerve absolument tous les sujets de déficit
05:25et de dette.
05:26Parce que quiconque, et pour moi, c'est d'ailleurs, on va dire, ma règle d'or pour ces présidentielles,
05:30je ne pourrai jamais voter pour un candidat qui ne fera pas de la question de la gestion des retraites
05:34et de sa nécessaire réforme fondamentale un enjeu majeur de cette élection pour une raison simple.
05:40C'est une question d'équité sociale.
05:41C'est une question aussi de transmission générationnelle d'un modèle social auquel moi, comme beaucoup de Français, suis très
05:46attaché.
05:46Et donc, si on ne règle pas ce problème-là, c'est de la dette pour demain, pour après-demain.
05:51Et à moyen terme, c'est une pyramide de Ponzi.
05:53Ça ne peut plus fonctionner sur cette base-là.
05:55Donc, tous ceux qui vous expliquent, et c'est d'ailleurs assez amusant parce que moi, ce que j'entends,
05:58les candidats, on va dire, du bloc central sont les seuls à évoquer des propositions
06:02qui sont parfois dures à entendre.
06:04On parle de la désindexation, etc.
06:06Mais des propositions qui s'adressent aux gens qui vont être amenés à les valider électoralement.
06:11Je vois LFI et le Rassemblement National, eux, c'est simple,
06:14ils font des propositions qui, électoralement, ne coûtent rien.
06:17C'est-à-dire que les économies du RN, c'est simple, elles pèsent sur les étrangers et l'Union
06:20Européenne.
06:21Je fais simple, donc des gens qui ne votent pas en France.
06:23Et les économies LFI, c'est simple, c'est toujours les milliardaires, les fameux nusifs.
06:28Donc, c'est quelques centaines de personnes en France.
06:30Donc, électoralement, ce n'est pas cher.
06:31Nous, on est les seuls à être en responsabilité et à dire aux Français, oui, ce modèle-là, il va
06:35falloir le réformer.
06:36C'est un accord de dette et déficit public, M. Guéranion.
06:38Vous voulez qu'on fasse le détail de cette dette-là ?
06:39Mais oui, on va faire le détail.
06:40Vous voulez qu'on voit ce que pèse le poids des retraites sur le budget de l'État ?
06:43Mais vous n'êtes même pas capable d'évaluer à chaque fois les déficits publics ?
06:46Chaque année, vous nous annoncez des chiffres et au final, il y a des...
06:49Vous avez été la part des retraites sur le poids du déficit public et de la dette ?
06:53Est-ce que vous le connaissez ?
06:53Mais monsieur...
06:54Et vous allez me dire qu'il n'y a pas de réforme à faire, qu'on va partir à
06:56soi ce moment-là.
06:56Mais oui, mais c'est vrai, mais c'est ce que je...
06:58Il y a une réforme des retraites à faire.
07:00Pour le coup, on va vous mettre d'accord.
07:01Il y a une réforme des retraites à faire pour...
07:03Non, non, mais attendez, moi j'aimerais bien que les...
07:05Sur la réforme des retraites et ces divergences que nie, évidemment, Alexandre Nicoliste,
07:10sur la réforme des retraites entre Marine Le Pen et Jordan Berlina, pour vous, c'est une évidence ?
07:14Personnellement, je m'en fiche.
07:15Ils ne sont pas d'accord entre eux, ils se battent entre eux.
07:16Chaque fois qu'il y en a un qui parle, l'autre dit l'inverse, ça m'arrange.
07:19Parce qu'on ne comprend plus rien à ce qu'ils racontent.
07:21Et nous, au moins c'est clair, c'est départ en retraite à 60 ans,
07:24à taux plein pour une carrière complète.
07:25Et je vais vous dire comment on fait.
07:26Parce qu'il y a un sujet dont, apparemment, tout le monde se fout.
07:29C'est l'augmentation des salaires.
07:31Ben oui.
07:31Quand vous augmentez le SMIC, justement, vous augmentez les cotisations
07:35et vous provoquez une augmentation générale des salaires.
07:38De tous les salaires.
07:38Parce que si vous augmentez le SMIC, c'est par récocher, c'est tous les salaires que vous augmentez.
07:42Exactement, merci de le dire.
07:43C'est tous les salaires, à 100%.
07:44Exactement, merci de le dire.
07:45Et ben voilà quelqu'un qui fait de l'économie sérieusement.
07:47Parce qu'effectivement, quand on augmente les salaires les plus bas,
07:51ça provoque généralement une augmentation générale des salaires.
07:53Ce qui fait donc que la part qui vient dans le travail plutôt que dans le capital s'élève.
07:58Et que cette part s'élevant, la part de cotisation qui va dans le système de retraite,
08:02également s'améliore.
08:02Vous savez que ça a été inflationniste comme système.
08:05Alors c'est effectivement inflationniste.
08:07Je pourrais savoir que si vous mettez en place un blocage des prix, ce qui est tout à fait possible.
08:09J'aimerais dire une chose.
08:12Il y a une mesure qu'il faut mettre en place.
08:13C'est l'égalité salariale entre les femmes et les hommes.
08:15Parce que le jour où vous ferez ça, déjà vous faites rentrer plusieurs milliards d'euros dans les caisses de
08:18l'État.
08:19D'accord ?
08:19Parce qu'à l'heure actuelle, ce n'est pas le cas.
08:20C'est écrit dans la loi.
08:21Les femmes sont à l'égalité avec les hommes.
08:24Mais ça n'est pas respecté.
08:25Et la question des salaires, c'est la question centrale.
08:27Et justement, moi, franchement,
08:29M. Bardella décide de mettre la question de l'immigration au centre du débat avec un référendum, blablabla.
08:33La question qui pèse sur les fins de mois, à la fin du mois,
08:36c'est combien j'ai sur mon compte et est-ce que je vais pouvoir nourrir ma famille ?
08:38Il n'a pas parlé que d'immigration dans cette interview.
08:40Il a aussi parlé de l'augmentation des salaires.
08:42Non, et pour le coup, je suis bien d'accord avec vous sur ce point.
08:45Il a parlé des salaires, mais l'égalité homme-femme, ce soir, il n'en a pas parlé.
08:49Il en a parlé à d'autres occasions.
08:51En l'occurrence, je revenais sur ce point parce que je suis d'accord avec vous là-dessus.
08:55Thierry Arnaud, sur les divergences, les dissonances sur la réforme des retraites,
08:59d'une certaine manière, il ne les nie pas.
09:02Il les explique même avec un raisonnement assez intéressant.
09:05En fait, il parle de l'ampleur finalement qu'a pris le Rassemblement national,
09:09ce qui pourrait aujourd'hui justifier le fait qu'il y a plusieurs lignes au sein du parti.
09:14Oui, il dit qu'on est devenu un parti tellement grand maintenant
09:16que les sondages nous prêtent l'intention de vote de plus d'un Français sur deux
09:20au second tour de l'élection présidentielle.
09:21Et donc, quand on est une formation politique de cette dimension,
09:24il n'est pas anormal qu'il y ait différentes musiques, différentes opinions.
09:29Et c'est le prix à payer lorsqu'on devient le premier parti de France,
09:33celui qui recueille le maximum de suffrages.
09:34Ça attire la route ou pas ?
09:36Moi, j'ai trouvé que c'était intéressant qu'il l'assume.
09:38Et j'ai trouvé au fond que dans cette interview,
09:42on a entendu Jordan Bardella qui était fidèle à Marine Le Pen,
09:45mais en même temps émancipé et qui assumait cette émancipation.
09:48Parce que l'une des conséquences de ce qu'on a vécu ces derniers mois,
09:51c'est que les déboires judiciaires de Marine Le Pen ont fait de Jordan Bardella
09:55non seulement un présidentiable, mais un présidentiable qui avait,
09:59je parle sous le contrôle de Bernard, dans les intentions de vote,
10:01plutôt de meilleur score que Marine Le Pen.
10:03Et donc, il a conquis une stature, il a conquis un capital politique.
10:07Et aujourd'hui, ce qu'il nous a dit pendant une heure, d'une certaine façon,
10:10c'est que ce capital politique, il entendait bien le conserver et l'utiliser.
10:14– Très intéressant, merci pour la passe à Bernard Sananès,
10:18c'est aussi l'un des événements ce soir, c'est notre dernier sondage élable pour BFM TV,
10:23en vue de la présidentielle.
10:25Ce qui est clair, Bernard, c'est que Marine Le Pen est donnée ce soir,
10:29gagnante, quelles que soient les configurations.
10:31On va revenir évidemment sur les enseignements de ce sondage,
10:33mais pour réagir à ce que disait Thierry Arnault,
10:35est-ce qu'elle fait moins bien que lorsque Jordan Bardella a été testé dans les derniers sondages ?
10:40– En certaines hypothèses, un tout petit peu moins bien,
10:43mais la substitution est quasiment parfaite pour l'instant.
10:46Marine Le Pen rassemblerait entre 34 et 35,5% des intentions de vote.
10:52Elle est relativement stable, il n'y a pas eu d'effet retour.
10:55On l'avait mesuré la première fois le 11 juillet, juste après son procès.
10:59Il n'y a pas eu d'effet négatif de sa condamnation.
11:03Sa diète médiatique de l'été ne l'a pas pénalisée non plus.
11:07Elle a un corps électoral qui est extrêmement solide,
11:09un socle électoral extrêmement solide, extrêmement mobilisé.
11:12J'ajoute que quand on fait le total des voix de la droite radicale ou de l'extrême droite,
11:16je laisse le débat sémantique à d'autres,
11:20on est à plus de 40% si on totalise la candidature Le Pen,
11:24plus Dupont-Aignan, plus Éric Zemmour.
11:26Deuxième bloc, c'est la gauche.
11:29La gauche qui rassemblerait dans cette enquête.
11:31J'essaie de donner une vue par bloc.
11:32– Oui, oui, bien sûr.
11:32– C'est intéressant, un tiers des intentions de vote.
11:34C'est à peu près comme la dernière fois.
11:36Il y a une toute petite progression de Raphaël Luxman.
11:40C'est normal quand il y a une entrée en campagne, un point, un point et demi.
11:43Pas assez pour rivaliser avec Jean-Luc Mélenchon,
11:46mais assez pour stopper ce qui était la dynamique très forte
11:50que nous avions mesurée de Jean-Luc Mélenchon juste en juillet.
11:53Jean-Luc Mélenchon est crédité entre 14 et 14,5% des suffrages.
11:57Je rappelle un point, il était à la même époque à 8% en 2021.
12:02Donc cette dynamique, même si dans cette vague, il y a un léger tassement,
12:06elle est nettement plus forte déjà pour Jean-Luc Mélenchon qu'en 2021.
12:10Et puis troisième information, Édouard Philippe stabilise sa seconde place.
12:14Non pas qu'il progresse énormément, 0,5 à 17%.
12:17C'est évidemment loin de suffire pour assurer un ticket pour le second tour.
12:22Mais effectivement, il a réussi à distancer un tout petit peu Gabriel Attal,
12:27notamment parce qu'il attire plus d'électeurs de droite.
12:31Est-ce que c'est le résultat de sa rentrée qui est plutôt marquée à droite ?
12:35Et même sur les électeurs du bloc central, il fait mieux que Gabriel Attal.
12:40Pour l'instant, on serait à 17% dans cette intention de vote pour Édouard Philippe,
12:4414% pour Jean-Luc Mélenchon.
12:45C'est très important de rappeler qu'on est dans les marges d'erreur.
12:47Et puis je termine par un dernier point, c'est la situation complexe pour Bruno Retailleau.
12:52Il est crédité de 6 à 6,5% des suffrages si c'est Édouard Philippe le candidat,
12:57entre 9 et 9,5% si c'est Gabriel Attal.
13:00C'est effectivement compliqué pour le président du groupe LR au Sénat
13:04de créer pour l'instant une dynamique.
13:06Je vais commencer avec vous.
13:07Peut-être, est-ce qu'il n'est pas temps de s'en remettre à l'évidence, Édouard Philippe ?
13:11Vous disiez tout à l'heure, moi je n'ai pas encore fait mon choix,
13:13je m'inscris dans le macronisme.
13:15Est-ce qu'il n'est pas temps de s'en remettre à l'évidence
13:17et de dire que voilà, Édouard Philippe, c'est votre seule chance à ce stade
13:22de vous qualifier au second tour ?
13:23Une fois de plus, je ne vais pas faire de langue de bois
13:25parce que je n'ai pas d'étiquette partisane,
13:28donc je peux parler assez librement de ces questions-là.
13:30La question des personnes, pour moi, est relativement secondaire.
13:33Ce qui compte, c'est qu'est-ce qu'on met sur la table ?
13:35Je vous l'ai dit, moi j'ai une règle d'or,
13:36c'est l'approche sur la question des retraites,
13:38mais j'en ai beaucoup d'autres,
13:39y compris que le candidat putatif de notre famille politique
13:43s'inscrive dans ce qui, pour moi, est fondamental,
13:45le macronisme, et cette notion de dépassement et de rassemblement.
13:48Oui, sauf que vous nous disiez tout à l'heure,
13:49moi, pour le coup, dans mon camp,
13:51mes différents candidats sont plutôt alignés sur les sujets majeurs,
13:53donc ça va se jouer à la personne, à l'incarnation.
13:55Oui, mais c'est ce que je pense.
13:56Et pour en revenir effectivement à cette question de personne,
13:58moi, ce qui me pose un véritable problème,
14:00c'est le sentiment d'impréparation que ça suscite en moi.
14:03C'est-à-dire qu'à l'heure actuelle, vous avez des sondages,
14:05vous allez en avoir de plus en plus souvent,
14:07tous les jours, tous les deux jours,
14:08les sondages, c'est une photographie à un instant T.
14:10Ça dessine effectivement potentiellement une dynamique
14:12quand vous les superposez,
14:13comme des photos qu'on ajoute, qui font un film au final.
14:17Mais la question, c'est celle de la préparation,
14:19c'est qu'à aucun moment, au sein de notre famille politique,
14:22qui comporte plusieurs parties,
14:23parce que là, on a Horizon et Renaissance,
14:25mais on a aussi le Modem et d'autres encore,
14:26ne s'est posé la question de comment est-ce qu'on se départage,
14:29à quel moment on se départage, sur la base de quoi,
14:31est-ce que c'est les sondages, est-ce qu'on lance une primaire ?
14:33Là, je vois, en ce moment, il y a beaucoup d'appels encore
14:35à une primaire du centre et de la droite.
14:37Donc, le sujet n'a jamais été évoqué.
14:39Et moi, je trouve ça parfaitement irresponsable,
14:41parce que je n'accepterai pas que qui que ce soit
14:44porte la responsabilité historique de proposer aux Français,
14:46demain, un deuxième tour entre M. Mélenchon et Mme Le Pen.
14:50Parce que ce sont des solutions funestes pour mon pays.
14:52Ce qu'on voit, pour parler encore un peu du bloc central,
14:56Bernard Sanaez, c'est que si Gabriel Attal
14:59maintenait sa candidature, pour le coup,
15:02ça doperait le score de Raphaël Glucksmann.
15:04– S'il y a trois candidats du bloc central plus des Républicains,
15:11alors que le total de cet ensemble-là ne pèse pas plus d'un quart
15:14des suffrages, évidemment, c'est l'élimination assurée.
15:17Et même s'il n'y avait que deux candidats,
15:20un candidat de l'ex-majorité présidentielle,
15:23un candidat de LR, ce serait évidemment pas une qualification assurée,
15:28notamment parce que Jean-Luc Mélenchon est juste derrière.
15:30Donc c'est vrai que cet appel qu'on entend depuis quelques jours à la primaire,
15:36mais sur quelle configuration, là-dessus je vous rejoins,
15:38sur quelle configuration, une primaire pour qu'elle fonctionne,
15:40il faut qu'elle ait un scope assez clair pour pouvoir mobiliser des gens
15:44qui partagent, non pas l'intégralité des mesures, des programmes,
15:48mais en tout cas un socle de valeurs.
15:50C'est comme ça qu'elles ont réussi à rassembler en 2011 et en 2016,
15:54et la primaire ne suffit pas, elle suffit à désigner un candidat,
15:57mais elle ne suffit pas à assurer évidemment la victoire du camp
16:01qu'il a choisi comme mode de département.
16:02Mais avec un sondage comme ça, pendant juste un tout petit mot,
16:05avec un sondage comme ça, et s'ils se confirment dans les jours
16:08et les semaines qui viennent, les primaires c'est out,
16:10parce qu'on voit quand même, Edouard Philippe maintient son avance,
16:18Le match n'est pas plié, mais ça a bougé, c'est ce que montre ce...
16:27Bruno Retailleau est tiré vers le bas, il va devoir partir.
16:31Une conséquence, ce seront aussi les comptes de campagne,
16:33parce que ça, ça va jouer aussi sur les ralliements potentiels.
16:36Donc plus on tarde effectivement à s'entendre au sein d'une famille politique,
16:39je rappelle qu'on parle quand même de deux anciens premiers ministres d'Emmanuel Macron,
16:42dont l'un, Gabriel Attal, a été ministre sous Edouard Philippe.
16:45Donc je pense que, à ma connaissance, on n'a pas eu de schisme au sein de notre famille politique,
16:49je pense qu'il y a largement matière à s'entendre.
16:51Donc il y a aussi la question du ralliement, à quel moment il intervient,
16:54dans quel sens, et qui paye la note finale,
16:57parce que les comptes de campagne vont aussi intégrer ces dépenses-là.
17:00Est-ce que vous pensez que ces scores s'expliquent aussi
17:01parce que Gabriel Attal paie davantage son appartenance au macronisme aujourd'hui,
17:06aux yeux des électeurs ?
17:07Oui, je pense que dans une certaine mesure, effectivement,
17:09alors ils ont été l'un et l'autre premier ministre d'Emmanuel Macron,
17:12d'ailleurs, évidemment, Edouard Philippe l'a été plus longtemps que Gabriel Attal,
17:16beaucoup plus longtemps, mais dans une première période,
17:19et je pense que dans cette campagne, il a plus, effectivement,
17:23supposé une forme d'émancipation par rapport à l'actuel président de la République,
17:27alors que Gabriel Attal, lui, continue, même s'il a de réelles divergences,
17:31qu'il a exprimées de manière très claire, avec des formules parfois brutales,
17:35et notamment, évidemment, depuis la dissolution.
17:37Mais il reste associé, je pense, dans l'esprit des Français,
17:41de beaucoup d'entre eux, en tout cas, effectivement,
17:43au bilan du président de la République,
17:45et ça, forcément, ça pèse sur sa campagne.
17:47Et on voit bien qu'à chaque prise de parole,
17:49c'était le cas notamment devant le MEDEF avant-hier,
17:53il marque sa différence,
17:54et il marque cette volonté de se dissocier du bilan du président de la République.
17:57Parce que, honnêtement, c'est l'adversaire que vous redoutez le plus
18:00au Rassemblement National, Edouard Philippe ?
18:02– On ne se pose pas ce type de question.
18:04Pour nous, l'adversaire, c'est la situation du pays, en fait.
18:08– Non, non, non, je ne fais pas de la langue de bois, madame.
18:12– Vous travaillez sur les sondages, vous regardez bien ce qui ressort de ces sondages.
18:15– Mais je l'ai vu, le sondage.
18:15– Oui.
18:16– Et je le vois quand je vois, justement, ceux qui souffrent le plus,
18:19quand je vois les ouvriers, je le disais tout à l'heure,
18:21qui, dès le premier tour, veulent voter pour Marine Le Pen,
18:24entre 50 et 55 %.
18:25On n'a jamais vu ça dans notre pays.
18:26Face à Jean-Luc Mélenchon, on est ordonnés à 79 %,
18:29si on suit ce sondage, justement, chez les ouvriers.
18:31J'ai les Français qui souffrent le plus.
18:33Parce que…
18:35– 69.
18:36– Combien ?
18:36– 69.
18:37– 69, pardon, j'ai dit quoi ?
18:38– 79.
18:39– Vous voyez trop beau.
18:40– Non, mais même, on pourrait parler des sondages…
18:43– Non, mais moi, vous me demandez, du coup, sur le sondage,
18:45je vous réponds sur le sondage.
18:46Mais moi, ce qui m'inquiète, c'est, quand je parle de la situation du pays,
18:50on parle du déficit public, de la dette, depuis tout à l'heure.
18:52Mais c'est qu'on a connu, depuis 2017,
18:5670 % d'augmentation des fermetures d'entreprises,
18:59si on enlève les micro-entreprises, avec des salariés,
19:02avec des gens qui en souffrent.
19:04Quand M. Léaumant parle de rehausser le SMIC,
19:06c'est super intéressant, la question des salaires,
19:08et c'est essentiel.
19:09Mais on ne décide pas d'augmenter les salaires de manière…
19:12– Vous ne voulez pas le faire ?
19:13– Si, justement.
19:13– Bah non.
19:14– Mais si, M. Léaumant.
19:15– Mais M. Léaumant.
19:16– Non, vous êtes contre ?
19:16– Oui, on ne veut pas augmenter.
19:18– On l'a déposé à l'Assemblée nationale, vous avez voté contre ?
19:19– Je peux vous répondre, M. Léaumant ?
19:20– Je vais répondre, vous avez voté contre.
19:21– Parce que ça ne marchera pas, M. Léaumant.
19:24Si vous n'améliorez pas la situation économique des entreprises
19:27et vous leur imposez, alors qu'elles n'ont jamais été autant en difficulté
19:30qu'actuellement, vous leur demandez d'augmenter le SMIC
19:33avec les charges qui vont avec, vous allez augmenter,
19:36vous allez faire que beaucoup d'entreprises vont fermer.
19:38Ce qu'on doit faire, c'est baisser la pression fiscale
19:43sur les entreprises, c'est baisser le prix de l'électricité.
19:45On parle des impôts de production, nous, la CVAE, la CFE,
19:48là, c'est 3S, c'est 16 milliards d'euros, c'est 18, mais c'est pas grave.
19:52Et je finis juste sur une phrase, parce que là, j'ai parlé des salaires.
19:55Mais tout à l'heure, vous avez exprimé M. Léaumant sur les salaires.
19:56– Il y en aura d'autres débats, on continuera à son côté.
19:59– N'importe quoi sur mon programme, je n'ai pas le droit de répondre.
20:02– Non, non, non, non, non, je suis désolée.
20:04– J'ai moins parlé sur le volet économique, je veux juste finir sur les…
20:08– Non, mais c'est quand même ça que le vrai sujet, c'est le pouvoir d'achat,
20:10c'est aussi les dépenses contraintes.
20:12– Il y a un peu de respect pour le débat public.
20:13– Tout à l'heure, en venant, moi, je suis privilégié,
20:16mais en venant, j'ai fait un plan, le Técompte, c'est dans votre compte, l'augmentation du suit.
20:20– Non, mais attendez, écoutez, c'est très intéressant,
20:22et on aura maintes occasions, mais vous aurez d'autres occasions.
20:26– Non, je n'ai pas d'autres occasions, je vous le dis.
20:27– Merci, vous reviendrez. Merci beaucoup, non, mais vous êtes là.
20:30– Je vais parler quand même.
20:31– Merci, messieurs, je vous…
20:32– Non, mais attendez, je vous rappelle que l'interview de Jordan Barbella sera rediffusée.
20:38Alors ça, je suis désolée, je ne suis pas d'accord.
20:40À partir du moment où je dis c'est terminé, c'est terminé.
20:4323h10, interview de Jordan Barbella, vous reviendrez quand vous voudrez sur ce plateau.
20:47On continuera à confronter. Je suis prise en otage.
20:51À tout de suite, on se retrouve pour faire le point sur la situation au Néphal.
20:56À tout de suite.
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