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  • il y a 1 semaine
Dans "L’Heure des Pros", les invités ont salué la mémoire de Philippe Bouvard. Philippe Chevallier s’est souvenu avec émotion d’un homme "exceptionnel", profondément attaché à son public. "Il a passé sa vie à vouloir faire rire les Français", se remémore Philippe Chevallier.

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Transcription
00:00Il avait effectivement, Bouvard, il avait commencé à créer son émission avec des cadors.
00:05Jacques Martin, Jean-Yann, vous vous rendez compte ?
00:09Il était sympa, vous trouvez qu'il était sympa ?
00:11Il était formidable, c'était un homme exceptionnel.
00:14Alors il fallait pas, il fallait, il était fidèle aux gens qu'il aimait,
00:19il fallait pas évidemment montrer des gages d'infidélité, là il était pas content.
00:24Il avait ce côté un petit peu huburois, mais il était formidable.
00:29Vous êtes allé dans son hôtel particulier de la rue Ferdinand ?
00:32Oui, bien sûr.
00:33Peut-être déjeuner ou dîner dans sa bibliothèque ?
00:35Oui, bien sûr, oui, oui.
00:36Il m'a parfois fait des confidences, je me rappelle, quand on était en gala, on partait en tournée,
00:42et je me rappelle dans l'avion, un jour, il ouvre le journal, ça devait être François,
00:46dont il était déjà le directeur, non, il était pas encore.
00:49Ou dans le Figaro, il voit, le chômage monte, c'était en 83, et là il était véritablement déconfié,
00:56enfin il était attristé, parce que pour lui, le travail c'est une obsession.
01:00Donc la pire des choses qui pouvait arriver à quelqu'un, c'était de pas avoir de travail.
01:04Et là il me dit, oh là là, les chômeurs, les chômeurs, et il me dit, vous savez mon cher
01:07Philippe,
01:08un de mes plus vieux copains, un de mes plus grands copains, c'est Henri Krasuki.
01:13Alors c'est quand même étonnant, parce qu'on s'y attend pas.
01:15Et pourquoi ? Parce qu'il aimait Krasuki, et ils avaient comme point commun l'amour de l'opéra et
01:21des livrets d'opéra.
01:22Et ils se réunissaient de temps en temps tous les deux, m'a-t-il dit, pour lire des livrets
01:25d'opéra.
01:26Alors c'est une génération exceptionnelle de journalistes,
01:30on la connaît bien celle-là, parce qu'elle nous a donné envie de faire ce métier,
01:33et c'est vrai que Drucker, Foucault, Chancel, Pivot, Labreau, Bernard Rapp, qui était peut-être un peu plus jeune,
01:45mais on a grandi avec tous ces gens-là, Jacques Martin, bien sûr.
01:49Donc il y avait un mélange d'humour, il y avait un mélange d'actualité, mais un mélange de très
01:54grandes cultures.
01:56Oui, bien sûr.
01:56C'est-à-dire que les références culturelles de tous les gens que je viens de citer,
02:00quand tu écoutes aujourd'hui, disons-le, les grosses têtes,
02:04c'est pas faire injure à Laurent Ruquier et ses sociétaires
02:07de dire que le niveau de connaissance culturelle des intervenants n'est pas le même.
02:12Et puis alors il était brillant à l'oral comme à l'écrit.
02:15Il écrivait remarquablement ses notes, par exemple,
02:16tous ses papiers dans le Figaro Madame, c'était d'une grande drôlerie et d'une grande subtilité.
02:23Et à l'oral, c'était parfait.
02:26Il n'y avait pas de...
02:27Les interviews, parfois je me dis, mais est-ce que ces relances étaient écrites
02:33ou est-ce qu'elles étaient improvisées ?
02:35Parce que c'est d'une justesse dans l'improvisation.
02:37En plus, le ton qu'il a toujours, je trouve que c'est un modèle d'interview.
02:42Oui, avec une ironie constante.
02:44Oui.
02:44Alors il avait des flèches acérées.
02:47Et pas toujours gentilles.
02:47Pas toujours gentilles, mais dans le fond, c'était quelqu'un, je crois,
02:50qui aimait les autres, qui aimait les gens,
02:52qui savait les admirer le cas échéant.
02:55Ceux qu'il n'aimait pas, il n'en parlait pas.
02:56Et puis, il aimait surtout le public.
02:58Moi, j'ai dans l'oreille des gens dont il a parlé.
03:00Je ne dirais pas ce qu'il en pensait.
03:02Mais j'en ai deux ou trois qui étaient RTL à l'époque.
03:05Il avait la langue, il pouvait...
03:07Oui, mais il le disait en privé.
03:09Ah oui, je suis d'accord.
03:10C'est ça, voilà.
03:11Il le disait en privé.
03:11Et il adorait le public.
03:13Et finalement, il a passé sa vie à vouloir faire rire les Français.
03:16C'est quand même extraordinaire.
03:17Alors...
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