00:0111h-13h, Christine Kelly et vous sur Europe 1.
00:04Avant de nous donner la parole, Joachim Lefloguimad, Fabrice Laffitte qui réalise l'émission.
00:08Vous me disiez que votre fille, elle, elle commence là, elle vient d'avoir son CAPES.
00:12Eh bien c'est sa première rentrée, oui, sa première rentrée en tant que prof.
00:14Elle est contente ? Oui, elle est prof stagiaire, donc elle vient d'avoir son CAPES.
00:17Prof d'anglais et elle est un petit peu anxieuse, elle a beaucoup cogité et travaillé ces derniers jours
00:22pour préparer ses cours, puisqu'elle est dans un collège, elle va avoir des quatrièmes et des cinquièmes.
00:26Et donc ça va être ses premières leçons à partir de demain, les jeter dans le grand bain.
00:3022 ans, prof d'anglais.
00:31Elle a beaucoup de courage de se lancer dans cette carrière.
00:35Exactement, comme Géraldine Hamon.
00:36C'est un très beau métier.
00:38Exactement, tout à fait.
00:39Et si c'était à refaire, je le referais.
00:40C'est vrai ?
00:41Sans aucun problème.
00:42Ah oui, pourquoi vous avez quitté l'enseignement ?
00:43Parce que j'ai eu une nouvelle fois une belle opportunité en radio,
00:48donc j'ai privilégié la radio, j'ai laissé mes élèves, pourquoi pas, plus tard, revoir mes élèves.
00:54Vraiment, c'est un beau métier.
00:56Je serais bien aimé être votre élève en tout cas.
00:58C'est trop bien vous confier ma fille, Joachim Lofloquimade.
01:01Voilà, moi, cette initiative d'Éric Ciotti à propos de cette levée du drapeau de la Marseillaise,
01:07tous les jours à l'école, qu'est-ce que ça vous inspire ?
01:10Ça m'inspire le fait que je partage le diagnostic selon lequel la crise de l'autorité est une des
01:15principales fissures dans l'édifice scolaire aujourd'hui.
01:18Toutes les statistiques concordent à le montrer, toute l'expérience vécue des enseignants va dans ce sens-là.
01:25Je considère que des symboles peuvent aider à remettre l'autorité au centre, que ce soit l'uniforme, la marseillaise,
01:33le lever de drapeau.
01:35On pourrait aller vers ça.
01:36Et d'ailleurs, l'école de la République elle-même est longtemps allée vers ça,
01:38puisque l'école de la Troisième République, c'était ça, ce qui montre bien qu'il n'y a rien
01:43de fascisant dans la proposition qui est faite par Éric Ciotti.
01:47Merci. Maintenant, ce que je considère aussi, c'est qu'il faut aller au-delà des symboles et que ce
01:50que nous avons à combattre,
01:51c'est une lame de fond idéologique qui, depuis une cinquantaine d'années maintenant,
01:55en est venue à faire qu'on considère depuis en plus l'école comme une sorte de contre-société libertaire,
02:02où selon les discours officiels, les enseignants n'auraient pas à transmettre, mais les enfants auraient à co-construire les
02:08savoirs.
02:09Et par ailleurs, on a voulu faire, depuis une quarantaine d'années, comme s'il fallait choisir entre l'autorité
02:14et l'éducation.
02:14C'était le titre d'un ouvrage de référence sorti en 1995 de Jean Goussey, un prof de sciences de
02:19l'éducation,
02:20qui s'intitulait « Autorité ou éducation ». Comme si les deux étaient incompatibles, je crois que c'est exactement
02:25l'inverse.
02:25Et par ailleurs, si on veut remettre l'autorité au centre, ce que je défends encore une fois,
02:29ce qu'il faut, c'est aussi remettre le savoir au centre, parce que je crois qu'il n'y
02:32a rien qui structure mieux l'esprit
02:33que les savoirs que l'on transmet, ou que l'on transmettait auparavant,
02:37et qu'aujourd'hui, on se refuse de plus en plus à transmettre.
02:39Remettre le savoir au centre, autorité ou éducation, en en prenant deux auditeurs.
02:44D'abord, Marisol, qui nous appelle de Pau, et ensuite Benoît, qui nous appelle de Paca.
02:48Bonjour, Marisol.
02:50Bonjour, Christiane. Il y a plusieurs sujets pour lesquels j'aimerais bien m'entretenir avec vous.
02:55Bon, là, je reste sur le sujet du jour, évidemment.
02:57Les enfants ont besoin de rigueur.
03:00Et aujourd'hui, tout le monde a peur de punir, de gronder, tout ça.
03:04Et au niveau de l'éducation, il faut former les profs.
03:08Je connais beaucoup de profs compétents qui en ont marre et qui quittent l'éducation nationale.
03:13Ça commence par là, mais ça commence par le début.
03:16Il faudrait qu'à cette élection, moi, je suis grand-mère,
03:20et je demande à toutes les grands-mères de réfléchir à cette élection.
03:23Et qu'il faut remettre tout au départ.
03:25L'éducation, les profs, éduquer des profs, les embaucher à des prix intéressants,
03:33les motiver. Et nos enfants seront motivés.
03:36Tout fout le camp. Et c'est depuis le départ qu'il faut prendre tout ça.
03:39Il faut repartir à zéro. Il faut comprendre.
03:42Moi, j'ai 76 ans. Et je demande à toutes les grands-mères et tous les grands-pères
03:46de réfléchir et de voter utile, de ne pas faire n'importe quoi
03:50et ne pas dire qu'ils ont peur.
03:51Moi, j'ai 76 ans depuis avant-hier.
03:54Mais bon Dieu, il me reste combien d'années ?
03:56Peur de quoi ? Moi, j'ai peur de rien, moi.
03:59Moi, ce que je veux, c'est que mes cinq petits-enfants, ils s'en sortent.
04:02Tout fout le camp. Repartir à zéro.
04:05Vous appelez les grands-pères et les grand-mères.
04:06Et les parents ? Qu'est-ce que vous dites aux parents ?
04:09Vous dites les grands-pères et les grand-mères.
04:10Vous voyez, je viens de recevoir un message d'une ancienne collègue
04:13qui, d'ailleurs, elle était à la retraite.
04:15Et elle m'a dit, elle nous écoute.
04:16Donc, c'est Laurence. Hello, Géraldine.
04:18J'écoute l'émission à la radio.
04:19Il faudrait aussi parler de l'ingérence des parents.
04:22Et c'est le départ.
04:23Oui, alors, Marisol, merci de nous avoir appelés en direct sur Europe 1.
04:26Merci pour ce coup de gueule que vous avez ce cri du cœur
04:28que vous avez lancé en direct sur Europe 1 depuis Pau.
04:31Donc, Marisol qui nous disait qu'elle a 76 ans.
04:34Elle dit, tout fout le camp.
04:35Il faut repartir à zéro.
04:37Elle demande aux parents, aux grands-pères et aux grands-mères
04:39de reprendre les choses en main et de ne pas avoir peur.
04:42Benoît, vous nous appelez de PACA.
04:43Ensuite, je vous fais réagir, tous dans le studio d'Europe 1.
04:46Vous avez, vous, 41 ans.
04:47Vous nous appelez de PACA.
04:48Et qu'est-ce que vous répondez par rapport à peut-être
04:50ce que vient de dire Marisol
04:52et aussi ce que disait tout à l'heure Joachim Le Frockingman,
04:55autorité ou éducation ?
04:57Oui, bonjour.
04:58Voilà, j'ai entendu tout à l'heure le monsieur que vous venez de citer.
05:04Joachim Le Frockingman, oui.
05:05Il disait que chaque directeur de l'école
05:09devrait pouvoir choisir sa pédagogie, etc.
05:13C'était Arthur de Vatrigan.
05:15Et vous avez une petite fille de 9 ans.
05:17C'est ça, exactement.
05:18Et je trouve que cette réflexion est complètement décalée
05:23par rapport à ce qu'il faudrait aujourd'hui.
05:26Il faut repenser l'ensemble du système éducatif.
05:30On ne peut pas donner des clés comme ça, pédagogiques,
05:32à une seule personne pour l'ensemble d'un établissement.
05:37Ce n'est pas possible.
05:38Ça, c'est antidémocratique déjà dans un premier temps
05:41puisque l'école doit être égale pour tout le monde.
05:45On doit avoir la même éducation,
05:48l'accès aux informations,
05:50l'accès à une pédagogie commune.
05:53C'est comme ça qu'on va s'en sortir,
05:54en donnant aussi des moyens aux établissements,
05:57aux professeurs.
05:58Et il faut qu'une bonne partie de l'argent public
06:01soit envoyé dans l'éducation nationale,
06:06dans ce système-là,
06:08parce qu'il n'y a que par l'éducation
06:09qu'on arrivera à élever l'ensemble de notre pays
06:12et de nos enfants, tout simplement.
06:14– Bien sûr.
06:15Merci beaucoup, Benoît,
06:16pour ce cri depuis PACA.
06:18Vous avez 41 ans,
06:19vous avez une petite fille de 9 ans.
06:21Arthur Devintrigan vous répond.
06:23Merci de nous avoir appelés au Standard d'Europe.
06:24Arthur Devintrigan sur l'Europe.
06:25La pédagogie n'empêche pas d'avoir un cadre commun,
06:28bien évidemment.
06:29Je souhaite simplement que le directeur d'établissement
06:33ait beaucoup plus d'autonomie
06:34pour gérer son établissement
06:35et pour recruter les professeurs
06:37qu'il souhaite recruter.
06:38Et je vais vous dire en quoi c'est très démocratique,
06:40c'est parce que j'associe à ça
06:41la possibilité et même l'obligation
06:45pour les parents de choisir
06:47et de pouvoir choisir l'école.
06:48C'est-à-dire que c'est très démocratique.
06:50Vous avez plusieurs choix d'école,
06:52avec plusieurs directeurs qui choisissent différents professeurs,
06:55et le parent a le droit de choisir
06:56dans quelle école il souhaite mettre ses enfants.
06:58Et même de financer.
06:59Moi je vais jusqu'au chèque éducation,
07:00c'est qu'on permet aux parents
07:02de financer l'école qu'ils choisissent.
07:04Et là c'est démocratique.
07:0510 secondes avant la pause.
07:06Il y a des initiatives de terrain qui marchent,
07:08je ne suis pas pour qu'on les bride.
07:10Maintenant quand le Titanic fonce vers l'iceberg,
07:12ce qu'il faut aussi,
07:13c'est faire en sorte qu'on change le cap pour tout le monde
07:15et pas qu'on somme chacun d'affrêter son canot de sauvetage.
07:18C'est pour ça que je crois qu'il faut un changement de cap politique
07:20au sommet du ministère
07:21et que ce changement de cap politique
07:22ne pourrait être mis en oeuvre que si on a un spoil-système.
07:24C'est-à-dire qu'on change les personnes
07:26à tous les postes clés du ministère.
07:28Ce qu'on a toujours refusé de faire depuis 50 ans,
07:30c'est toujours les mêmes qui sont au pouvoir.
07:31Est-ce encore possible tout ça ?
07:31Gabriel Clujet, 10 secondes avant la pause.
07:32Non, moi je crois qu'il n'y a aucune remise en cause
07:34et c'est ce qui me frappe le plus de l'éducation nationale
07:36dans toutes ses composantes.
07:38On va dans le mur, vous avez raison, c'est le Titanic,
07:40il y a des gens qui essaient de mettre des chaloupes.
07:42On fait en sorte de...
07:43Il a déjà touché l'iceberg.
07:44Oui, voilà, mais on fait en sorte de les...
07:46de les faire couler parce que c'est un peu
07:51les tubes témoins de ce qui fonctionne,
07:52donc on ne veut surtout pas le voir.
07:53Moi, je crois très honnêtement,
07:55je suis très pessimiste, à quelques exceptions près,
07:58avec l'éducation nationale telle qu'elle est actuellement.
08:01Le mammouth me paraît très difficilement réformable.
08:04Le mammouth très difficilement réformable.
08:07Alors peut-être que le service militaire peut aider
08:09en termes d'autorité.
08:11Je ne sais pas, moi c'est quelque chose...
08:12Aujourd'hui, c'est un jour J
08:14où il y a quelque chose qui se passe.
08:173 000 jeunes volontaires pour le service militaire.
08:20Est-ce le retour de l'autorité ?
08:21Un beau chiffre, 3 000 ans.
08:22Oui, absolument.
08:236 mois, 800 euros par mois, etc.
08:26Est-ce qu'on va vers la guerre
08:27ou bien est-ce que c'est le retour de l'autorité ?
08:29Faut-il applaudir ?
08:30Faut-il s'inquiéter ?
08:32Appelez-nous au standard d'Europe 1.
08:330 1, 80 20 30 9 21.
08:35Le numéro est non surtaxé.
08:36Avant de retrouver Christine Kelly et vous sur Europe 1,
08:38je vous rappelle que chaque matin,
08:40de 7h à 9h,
08:41vous retrouvez Dimitri Pavlenko
08:43avec Anissa Haddadi
08:45et toute l'équipe d'Europe 1 Matin
08:47comme Laurence Ferrari,
08:48Philippe Vall ou encore Catherine Ney
08:50et deux nouvelles signatures,
08:52l'économiste Marc Toiti
08:54et la philosophe et essayiste
08:56Julia De Funès.
08:57Europe 1 Matin,
08:58présenté par Dimitri Pavlenko,
09:00c'est demain de 7h à 9h sur Europe 1.
09:02Sous-titrage Société Radio-Canada
09:04Sous-titrage Société Radio-Canada
09:06Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires