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  • il y a 1 semaine
Christine Kelly revient, de 11h à 13h, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

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Transcription
00:00Europe 1, Christine Kelly et vous.
00:02A 12h45 sur Europe 1, Christine Kelly et vous, dernière partie, vous réagissez au 01 80 20 39 21, c
00:08'est le numéro du standard d'Europe 1.
00:09Pour appeler Christine Kelly, nous parlerons du service national universel qui devient le service national volontaire avec plus de 3000
00:16jeunes pour le service national volontaire.
00:18Mais d'abord nous terminons le chapitre rentrée scolaire avec votre invitée, chère Christine Joachim Leflochimade, enseignant et essayiste.
00:25Oui, avant de quitter le studio d'Europe 1, peut-être un mot de la fin sur le sujet dont
00:30on parlait tout à l'heure.
00:31On va en aborder encore la rentrée scolaire évidemment demain, mais peut-être à la fois un mot sur la
00:37rentrée scolaire et puis peut-être sur ces 3000 jeunes
00:40pour une expérience qui dit beaucoup de l'époque, le nouveau service national volontaire qui démarre.
00:45Joachim Leflochimade.
00:45Mon mot de la fin, ce sera de dire que l'éducation nationale est devenue, au fil de nos renoncements,
00:50pareil à un camion sans chauffeur
00:52qui file vers le précipice en semant toujours plus de dégâts sur la route.
00:56Et que si on veut inverser les dynamiques en cours, alors ce qu'il faudra faire, c'est remonter dans
01:00l'habitacle
01:01et reprendre le contrôle du camion.
01:02Et ça, ça ne peut se faire qu'à l'occasion du juge de paix qu'est l'élection présidentielle.
01:06Merci beaucoup Joachim Leflochimade, enseignant et essayiste, auteur de Mabas sur l'éducation nationale,
01:12enquête sur un suicide assisté aux éditions du CR.
01:14Merci infiniment d'avoir arrêté avec nous en direct sur Europe 1.
01:173000 jeunes, pour une expérience qui dit beaucoup de l'époque, je le disais, le nouveau service national qui démarre.
01:23Il est volontaire, militaire, il dure 10 mois et doit progressivement monter en puissance.
01:29Dans une France qui s'interroge sur sa cohésion et dans une Europe confrontée au retour de la guerre,
01:35une vieille idée revient donc en force, donc par une nouvelle porte préparée.
01:40La jeunesse a servi le pays.
01:42Faut-il applaudir ce service national volontaire ?
01:46Moi déjà, je trouve que ces jeunes qui s'engagent, on peut les saluer.
01:50Ils viennent se mettre au service de la France et c'est une belle idée.
01:56Maintenant, est-ce que ça dépassera le stade du gadget et de l'anecdotique ?
02:01On peut se poser la question.
02:03C'est vrai que le service national universel avait quand même été un échec, on se souvient.
02:06Puis moi, j'ai souvenir de cette punition collective.
02:11Enfin, c'était des pompes à faire le soir pour des garçons qui étaient allés dans le dortoir des filles.
02:17Et alors là, ça avait fait un esclandre, je crois que c'était en 2022.
02:20Donc je me dis, est-ce qu'on va laisser les méthodes un peu énergiques qui sont propres à l
02:27'armée s'appliquer ?
02:28Bon, écoutez, on va le voir.
02:31Maintenant, j'ai peur que nous vivions un peu sur une espèce de nostalgie.
02:35C'est marrant, mais on se dit, finalement, c'était une erreur d'avoir supprimé le service militaire.
02:41C'était mieux avant.
02:43Peut-être que parce qu'il y avait le service militaire, c'était mieux avant.
02:46Il y avait un creuset commun, toutes les classes sociales se retrouvaient.
02:49On en faisait des hommes.
02:51Enfin bon, bref.
02:52Donc, il y a cette vieille idée qu'en revenant au service national, on pourrait tout résoudre.
02:57Est-ce que c'est vraiment la solution et la panacée ?
03:00J'ai quelques doutes, mais en l'occurrence, cette volonté, ces 3000 jeunes qui se sont levés,
03:07me rappellent qu'au moment du Bataclan, beaucoup de jeunes étaient allés frapper à la porte de l'armée,
03:11vous savez, des services de recrutement, en disant, moi, je veux me mettre au service de mon pays.
03:15Écoutez, tant mieux, il y a des jeunes qui veulent encore servir le pays.
03:19Ne nous en plaignons pas, ne soyons pas ronchons.
03:22Gabriel Cluzel sur Europe 1, Arthur de Vatrigan.
03:24Quel est l'objectif du service militaire, de ce service ?
03:27S'il est civique ou il est militaire ?
03:29S'il est civique, on a le sentiment qu'on demande à l'armée de remplacer tout ce qui ne
03:34marche pas.
03:34Alors, on va envoyer l'armée dans les cités quand la police n'arrive pas.
03:38On va demander à l'armée de remplacer l'école quand l'école n'instruit pas.
03:41Puis on va demander à l'armée de remplacer, vous savez, soit les colonies de vacances,
03:45soit le scoutisme, soit les patronages, parce qu'on n'arrive pas à créer de la solidarité
03:51et de mélanger les différentes sociologies.
03:52Quand on a suspendu le service militaire, parce que je rappelle qu'il est suspendu,
03:56il n'a pas été supprimé, n'importe quel président peut le suspendre,
03:59il n'y avait plus de mélange.
04:01Les classes très basses n'y allaient pas parce qu'on ne pouvait pas les prendre en charge
04:06et les classes très hautes étaient exemptées parce qu'ils avaient les bons réseaux.
04:09Au final, vous n'aviez que le moyen qui était là.
04:11Donc il n'y avait plus de mélange, il n'y avait plus de tout ça.
04:13Après, si l'objectif est militaire, là c'est différent.
04:15Mais si il est militaire, le principe de l'armée, ce n'est pas d'éduquer,
04:18c'est de préparer à la guerre et de gagner des guerres éventuellement.
04:20Et ça veut dire qu'il faudrait revoir d'autres modèles.
04:22On a dit qu'on voulait passer d'une armée de conscription à une armée professionnelle.
04:26Là, remettre un service militaire avec des réserves, c'est rechanger.
04:29Alors ça se passe en Europe, les pays scandinaves font un mélange
04:32et de conscription et de volontariat et de sélection, pourquoi pas ?
04:35Mais je trouve que le cap n'est pas clair.
04:37Et c'est vrai qu'en ce moment, on découvre en Occident
04:40qu'un voisin peut être un ennemi
04:42et que finalement, l'armée conventionnelle, ça peut être utile.
04:45Mais je trouve le cap pas clair, il serait bon que l'objectif soit précis,
04:50étalé dans le temps, parce qu'encore une fois, créer une réserve, c'est facile.
04:53L'entretenir, l'entraîner pendant plusieurs années, c'est autre chose.
04:57Objectif pas clair, je ne sais pas, Gabriel Cluzel, comment vous réagissez ?
05:00Parce que moi aussi, j'ai un peu cette petite interrogation,
05:03une petite épée de Damoclès.
05:05On se dit à la fois, c'est très intrayant, effectivement,
05:08mais où va-t-on avec là ?
05:10Est-ce que c'est pour fabriquer, en quelque sorte, si vous permettez l'expression,
05:13de lâcher un canon pour demain, des jeunes, s'en servir ?
05:17Et on comprend bien à la fois, tous ces parents,
05:21on parlait de l'école il y a quelques instants,
05:23qui ont rêvé aussi de règles, de disciplines pour leurs enfants
05:27et qui voudraient un cadre comme ça,
05:29ne serait-ce que quelques mois pour leurs enfants.
05:31Et puis peut-être, à quoi serviront peut-être ces jeunes demain ?
05:35Est-ce que le cap est si clair que ça ?
05:37Écoutez, c'est vrai qu'il y a une forme d'ambiguïté
05:40qu'attend-on une armée nounou ou une armée éducatrice,
05:46mais ce n'est pas sa vocation,
05:47même si elle peut l'avoir fait,
05:50mais ce n'était pas sa vocation ultime,
05:52au moment du service militaire.
05:53À l'époque, il y avait une conscription,
05:56parce qu'on se disait,
05:57si on se retrouve avec un conflit haute intensité,
06:01il faudra de la chair à canon, parlons clairement.
06:03Et donc, c'était à cet effet-là, quand même,
06:05que le service militaire était prévu.
06:08Mais néanmoins, c'est vrai qu'il y avait une forme d'éducation aussi.
06:12Donc là, quel est l'objectif ?
06:14Est-ce que c'est de fait d'avoir de la chair à canon
06:16pour des conflits à venir ?
06:18Mais lesquels ?
06:18C'est intéressant de le savoir.
06:20Ou est-ce que c'est de revenir dans cette configuration
06:24qui permettra de redonner un sens patriotique,
06:28un peu de discipline à des jeunes gens ?
06:30Oui, de fait, ce n'est pas très clair.
06:31Moi, je note que c'est un président qui n'a pas fait son service militaire.
06:34Je crois que c'est le premier, du reste,
06:35de tous les présidents de la République que nous avons eu,
06:38à ne pas l'avoir fait,
06:39qui le remet en place.
06:41Donc, sait-il lui-même exactement ce qu'il voulait ?
06:45A-t-il dit franchement le fond de sa pensée aux Français ?
06:49C'est une question.
06:50Moi, je dis, encore une fois,
06:52il faut voir le bien,
06:55c'est-à-dire qu'il y a encore des jeunes,
06:57puisque c'est volontaire aujourd'hui,
06:58des jeunes qui sont capables de s'engager au service de la France.
07:02Il n'y a pas beaucoup d'institutions qui tiennent debout.
07:05On disait de quelques côtés que l'on regarde,
07:07tout fout le camp.
07:08Je crois pouvoir dire que l'institution militaire
07:11tient encore debout.
07:13Et pour avoir entendu des militaires américains,
07:14certains disaient même,
07:15moi, je ne sais pas comment l'armée française fonctionne,
07:17elle a des bouts de chandelle,
07:18mais néanmoins, ça fonctionne.
07:21Donc, réjouissons-nous que cette institution fonctionne un cœur un peu
07:24et que ces jeunes soient attirés ?
07:2664% des Français sont favorables
07:28au retour de services militaires obligatoires,
07:31même, pour les 18-25 ans.
07:34Mais regardez le fossé générationnel.
07:36Chez les 18-24 ans,
07:37directement concernés,
07:39seuls 40% sont favorables.
07:40Chez les 50-64 ans,
07:4280%
07:43et chez les 65 ans et plus, 71%.
07:46Il y a le côté pratique, pardon,
07:48on ne l'a pas du tout évoqué,
07:49mais aujourd'hui,
07:50le nombre de biens immobiliers
07:52qui sont devenus des friches
07:53ou qui ont été vendus,
07:54vous savez,
07:54toutes ces emprises militaires,
07:56tous ces régiments
07:58qui avaient une vocation sociale.
07:59Parce qu'il faut le rappeler quand même,
08:01c'est que dans les petites villes,
08:02nous parlions des petites villes,
08:03et quand il y avait un régiment,
08:05quand il y avait un certain nombre de militaires dans cette ville,
08:09ça faisait un tissu social intéressant,
08:11des familles pour la ville
08:13qui aujourd'hui n'existent plus.
08:15Donc, il y a peut-être ce vieux rêve
08:16pour beaucoup de Français
08:17de revenir à cette armée
08:19qui était finalement assez omniprésente
08:22et qui a été réduite d'un coup
08:24comme peau de chagrin
08:24sous Jacques Chirac,
08:26François Mitterrand et quelques autres.
08:28Un tir de vatrigan.
08:29Ça me fait penser à la médecine,
08:31on dit qu'il faut plus de médecins
08:32en vanguilumuros clausus
08:33pour la armée,
08:33c'est pareil, très bien,
08:34mais qui forme et où ?
08:35Et on a le problème,
08:36c'est qu'à partir du moment
08:37où vous n'avez plus de formateurs
08:38et plus lieu pour accueillir les jeunes,
08:39vous ne pouvez pas.
08:40Mais encore une fois,
08:41la question, c'est
08:42quel est l'objectif ?
08:43Quoi qu'il arrive,
08:44des jeunes qui s'engagent
08:45font ça merveilleux.
08:45Mais quel est l'objectif ?
08:46Civique ou militaire ?
08:47Civique, j'y crois pas.
08:48Militaire, j'y crois plus.
08:50Comment se passent les dix mois
08:52pour la formation justement
08:53du service militaire,
08:56du service national,
08:57militaire, volontaire,
08:58qui commence aujourd'hui
08:59avec 3000 jeunes ?
09:00Alors il y a un mois
09:01de formation militaire initiale,
09:02discipline, sport, secourisme,
09:04combat, vie collective,
09:05base militaire,
09:06c'est intéressant.
09:07Neuf mois dans une unité
09:08sur le territoire national.
09:10Point très important pour rassurer
09:11peut-être que les jeunes
09:13du service national
09:14ne seront pas envoyés
09:15en opération extérieure
09:17ni en zone de guerre.
09:18J'ai envie de dire
09:18pour l'instant.
09:19Les chiffres à retenir,
09:212026, 3000 jeunes,
09:222027, 4000,
09:242028, 5000,
09:262029, 7500,
09:272030, c'est-à-dire
09:29dans quatre ans quand même,
09:302030, 10 000 jeunes
09:31et objectif,
09:31en 2035, 50 000 jeunes.
09:35La première marche
09:35d'un dispositif appelé
09:37à être multiplié
09:38par plus de 16.
09:39Mais c'est intéressant
09:40parce qu'on a vu
09:41comment la France tremblait
09:43lorsqu'Emmanuel Macron
09:44disait vouloir envoyer
09:45des troupes en Ukraine.
09:45Vous vous rappelez,
09:46Gabriel Cluzel ?
09:47Non, mais il est évident
09:49que si vous placez
09:51de ce point de vue,
09:52vous savez,
09:53la guerre,
09:54les militaires vous diront
09:56que ce n'est pas une belle chose,
09:57qu'elle n'est pas souhaitable,
09:58qu'elle est même
10:01profondément triste,
10:01que c'est affreux.
10:02Donc je crois
10:03qu'il ne faut pas souhaiter
10:04faire de nos enfants
10:05de la chair à canon,
10:06quoi qu'il arrive.
10:07Et ces choses-là,
10:08c'est certain,
10:09ne doivent pas être décidées
10:10à la légère.
10:13Merci beaucoup,
10:13Gabriel Cluzel,
10:14merci à Arthur de Vandrigon.
10:16Ça a été avec nous,
10:16c'est la première fois
10:17que vous êtes avec moi
10:17sur Europe 1.
10:18C'est toujours un grand plaisir
10:19d'être avec vous,
10:19cher Christian.
10:20Ça vous a plu,
10:21cette émission ?
10:22Ah tiens,
10:24j'ai envie qu'il revienne demain,
10:25c'est vrai.
10:26C'est une bonne résolution
10:27de la rentrée,
10:29je flatte.
10:30Non, mais c'est intéressant
10:31les faillots à l'école.
10:33Est-ce qu'on parle de rentrée ?
10:35Je l'ai trouvé bon,
10:36j'ai trouvé percutant,
10:37j'ai trouvé bien.
10:38Qu'est-ce que vous avez pensé ?
10:39Je reconnais.
10:39Je m'incline.
10:42Dix sur moi.
10:44Merci infiniment,
10:45Arthur de Vandrigon.
10:46Merci, Gabriel Cluzel.
10:47Merci, Gérard Dinamont.
10:49Tout de suite,
10:50Clélie Mathias
10:51pour Europe 1 Info,
10:5313h, 14h.
10:54Clélie,
10:55que nous vous attendons
10:56d'une minute à l'autre,
10:57elle arrive dans le studio
10:58pour nous parler
10:59de son programme.
11:03Rappelons qu'on se retrouve
11:05demain de 11h à 13h.
11:07Demain, c'est la rentrée scolaire.
11:08On va revenir
11:09sur la rentrée scolaire
11:10puisque c'est un sujet
11:10qui vous a passionné aujourd'hui.
11:13Beaucoup de choses à dire
11:14sur l'école,
11:15sur l'effondrement de l'école.
11:16Rendez-vous demain, 11h.
11:18Bonjour Clélie Mathias.
11:19Bonjour, Christiane.
11:20Bonjour à tous.
11:21L'école, on va en parler aussi,
11:22comme vous.
11:23Bien sûr, on va parler
11:24du scandale du périscolaire
11:25avec ce procès
11:26qui se tient aujourd'hui à Paris
11:27et cette ombre angoissante
11:29sur la rentrée.
11:30Alors, on a une pensée
11:30pour tous les élèves
11:32et les parents aussi
11:33qui parfois se contraignent,
11:35bien sûr,
11:36pour éviter certaines choses
11:37parce qu'ils ont peur.
11:38On peut les comprendre.
11:38J'avoue, j'en ai beaucoup parlé
11:40cet été avec beaucoup de parents
11:41qui se disent
11:41« Moi, périscolaire, c'est fini. »
11:43Excellente émission, ma chère Clélie.
11:44Merci, Christine.
11:45Merci, Christine.
11:45C'était Christine Kelly
11:46de Retour demain
11:47de 11h à 13h.
11:48Merci à tous.
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