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  • il y a 1 semaine
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:0313h49 sur Europe 1, vous écoutez Clélie Mathias et ses deux chroniqueurs,
00:07les journalistes politiques à CNews, Thomas Bonnet et les journalistes Ivar Youfork, Clélie.
00:10On va parler de l'Islande qui a dit non à l'Union Européenne, juste avant quand même.
00:14Je reviens sur la campagne présidentielle.
00:16Je voudrais vous faire écouter la réaction de Jordan Bardella,
00:18parce que face à une éventuelle victoire de Marine Le Pen à la présidentielle,
00:22LFI, notamment Mathilde Panot, assume l'idée de résister de toutes les manières qu'il faut, je cite,
00:28Si donc le RN arrive au pouvoir, elle défend notamment l'idée de désobéissance civile
00:34et les grèves aussi comme forme de mobilisation démocratique.
00:37Écoutez la réaction de Jordan Bardella.
00:39Elle est un aveu de faiblesse de la part de la gauche qui déteste la démocratie,
00:43qui remet en cause les grands principes de l'état de droit et du fonctionnement électoral d'ores et déjà.
00:49Et c'est un aveu de faiblesse, ça veut dire qu'ils ont déjà perdu cette élection.
00:52L'attitude de la France insoumise en ce début de campagne est une attitude profondément incroyable,
00:59inquiétante, qui vise d'ores et déjà à remettre en cause la paix civile dans notre pays.
01:02Mais la France insoumise et M. Mélenchon ne veulent pas gagner cette élection présidentielle.
01:06Ils ne veulent pas protéger les institutions, ils veulent les détruire.
01:09Et je m'inquiète sur les intentions réelles de Jean-Luc Mélenchon.
01:13Yvan Riffel, vous y voyez vous aussi un aveu de faiblesse ?
01:15Ou au contraire, on peut dire que LFI est dans sa ligne,
01:17puisque ce n'est pas la première fois qu'ils le disent,
01:19et que c'est peut-être aussi le propre d'un parti révolutionnaire ?
01:21Je pense que LFI poursuit effectivement sa dérive stalinienne,
01:23sa dérive fasciste, fascistoïde.
01:26C'est une dérive qui ne supporte pas la contradiction,
01:30et qui à travers l'insulte et à travers la violence,
01:32parce que maintenant ce sont des propos violents,
01:34amène à faire comprendre que même en cas de l'échec de la France insoumise
01:38au second tour ou au premier tour,
01:40la France insoumise n'acceptera pas le verdict des urnes.
01:43Alors naturellement on peut très bien comprendre,
01:45et on n'interdira pas à la France insoumise de manifester,
01:47si c'est cela, la désobéissance civique, c'est tout à fait plausible.
01:51Et si cela va au-delà, et si c'était un refus effectivement
01:54d'accepter les règles qui ont été votées par l'ensemble des Français,
01:58on tombe là dans une dérive factieuse, dans une dérive fasciste en effet.
02:03Et donc on continue à penser, on continue à voir ce qu'est devenu
02:06la France insoumise dans la mesure où elle ne veut entendre
02:10que ses propres certitudes.
02:11Thomas Bonnet ?
02:12Oui, en plus de tout ce qu'a dit Yvan, avec lequel je suis d'accord,
02:15je trouve que c'est assez sidérant de voir aussi le peu de retentissement
02:18qu'ont à chaque fois les déclarations de la France insoumise,
02:21de Marine Tondoli aussi, qui a été un peu dans le même sens.
02:22Oui, oui, qui a dit la même chose à peu près.
02:23Ça passe, ça passe.
02:25Imaginez juste un instant qu'un élu du RN dise
02:26écoutez, demain si on perd les élections, nous on ne va pas accepter les verdicts.
02:29Je peux vous dire qu'on est en breaking news,
02:32en alerte info sur toutes les chaînes pendant plusieurs jours.
02:35Donc je constate ce deux poids, deux mesures.
02:37Je constate aussi que ça installe un peu cette idée dans l'esprit de beaucoup,
02:40c'est-à-dire que ça ne peut être que des menaces,
02:43peut-être qu'ils ne passeront pas à l'action.
02:44En tout cas, cette idée désormais, elle existe dans l'esprit de un certain nombre d'électeurs.
02:47Et au moment de voter,
02:49est-ce que certains ne vont pas se poser la question de se dire
02:51« Attendez, si je vote pour le RN, par exemple, ce qui serait leur choix,
02:54je risque demain d'être confronté au chaos, aux grèves, à que sais-je. »
02:59Donc effectivement, je n'aime pas du tout cette idée
03:01parce qu'on a un processus démocratique qui est ancien,
03:04qui est bien ancré dans nos traditions en France,
03:06mais qui est fragile.
03:07Et je crois que remettre en cause le verdict des urnes,
03:09comme le fait l'extrême-gauche,
03:11c'est extrêmement dangereux parce que ça veut dire que demain,
03:13on peut avoir des élections contestées
03:15et là, on basculerait dans autre chose.
03:17On ne serait plus du tout dans la démocratie telle qu'on la connaît.
03:19Oui, l'objectif, alors je vais le dire de manière grossière,
03:21mais ce serait de bordéliser pour faire peur avant le choix dans les urnes, en fait.
03:27Et ça, ça ne profite pas seulement à l'extrême-gauche,
03:28ça profite aussi à l'extrême-centre.
03:29Parce que l'extrême-centre, évidemment,
03:31condamne du bout des lèvres dès qu'on leur donne l'opportunité,
03:34mais ils devraient s'ériger contre ce qui est dit par l'extrême-gauche.
03:37Mais d'un certain côté, ils vont peut-être en profiter.
03:40Le calme, moi ou le chaos,
03:41on connaît cet argument malheureusement répété à l'envie par le président.
03:44Oui, c'est tout à fait juste.
03:46Et moi, je suis effaré de voir l'apathie des lanceurs d'alerte
03:49face à la dérive totalitaire qui se voit d'abord à travers l'idéologie islamiste,
03:54mais qui se voit à travers les comportements de la France insoumise
03:57qui soutient effectivement cette idéologie-là,
03:59mais qui se voit également à travers ce que j'ai appelé l'extrême-centre,
04:02qui devient lui aussi de plus en plus intolérant,
04:04et qui, par différents biais, est en train de faire comprendre
04:07que lui seul a la vérité révélée, si je puis dire,
04:11et qu'il n'y a pas d'autre alternative, encore une fois,
04:14là, je me répète, que les certitudes de ce bloc central.
04:17Et donc, cette dérive totalitaire devrait alerter tout le monde.
04:19Et c'est en cela que je me réjouis d'ailleurs de voir que le Rassemblement national,
04:23quand il aborde les questions économiques,
04:24on dit du Rassemblement national qu'il est socialiste,
04:26où je vois au contraire que la ligne libérale,
04:27qui me semble être l'antidote au totalitarisme,
04:29commence à imprégner doucement à travers Bardella, à travers Ciotti, etc.,
04:34à travers Marine Le Pen, qui parle même de règles d'or.
04:36Donc, ce n'est quand même pas du socialisme.
04:38Et donc, je trouve que l'antidote du libéralisme
04:40est ce qui pourrait nous sauver de cette dérive totalitaire.
04:43En tout cas, je note que cette expression extrême-centre vous plaît,
04:47vous l'utilisez tous les deux, d'ailleurs, depuis le début de cette émission.
04:50Elle répond, me semble-t-il, à un sectarisme qui est apparu très récemment,
04:55enfin, qui est apparu dans la Macronie.
04:57Pourquoi c'est important d'employer cette expression, à mon avis ?
04:59C'est parce que, justement, au sein du bloc central, du centre,
05:02on essaie de se faire passer comme nuancé, modéré,
05:05adepte de la nuance partout,
05:07là où les extrêmes seraient dans la radicalité.
05:09Or, dans le projet porté par l'extrême-centre,
05:12il y a une forme de radicalité dans la volonté de museler,
05:15de censurer, de réduire à zéro la parole de certains.
05:18Et ça, c'est, à mon avis, un complet qualifié d'extrême.
05:21On va terminer notre débat par l'Islande.
05:23Écoutez, Christone Frostat d'Ottir, la première ministre islandaise,
05:27qui a réagi hier au non lors de ce référendum
05:31qui a été organisé sur l'adhésion du pays à l'Union européenne.
05:35Je pense que le plus important, c'est que nous en sortions unis.
05:38Nous respectons ces résultats.
05:40Et une grande leçon pour moi, ainsi que pour le gouvernement,
05:43c'est que les citoyens sont satisfaits des relations actuelles
05:45avec l'Union européenne.
05:46Je ne considère donc pas cela comme un revers.
05:49Je vois cela comme une victoire pour la démocratie.
05:51Plus de 80% de la population a participé sur un sujet comme celui-ci.
05:56Nous pensons qu'il est crucial aujourd'hui de faire le point.
05:59Nous devons décider de ce que nous faisons concrètement,
06:01de la proposition ou de la candidature à ce stade.
06:04Mais je tiens à être tout à fait clair.
06:06Ce gouvernement ne poursuivra pas les négociations d'adhésion
06:10au cours de cette législature.
06:11La question est enterrée pour un avenir proche en tout cas.
06:1552,8% contre, 47,2% pour.
06:19Le constat est plutôt clair.
06:20Est-ce que cela signifie évidemment que l'Union européenne
06:23aujourd'hui ne fait plus rêver ?
06:25Alors qu'on pourrait dire que le contexte sécuritaire international
06:29aurait pu, un certain donc aussi,
06:32aurait pu pousser les Islandais justement à se raccrocher
06:34à l'Union européenne.
06:36Je crois savoir que le gouvernement emmené par la Première Ministre,
06:39donc peut-être vous pouvez nous rappeler le nom,
06:40chère Kelly,
06:42je crois que ce gouvernement est plutôt pro-adhésion à l'Union européenne.
06:45Je la trouve relativement fair-play justement
06:47de souligner le fait que la démocratie l'a emporté.
06:49Bon, il y a des raisons, je crois, très locales
06:52de l'ordre des questions de pêche
06:54qui ont beaucoup pesé dans le scrutin.
06:56Plus justement que la géopolitique internationale.
06:58Peut-être plus en effet,
06:59mais ça montre aussi en effet peut-être un manque de...
07:01Voilà, l'Union européenne n'attire plus comme avant.
07:04C'est une...
07:05C'est triste surtout déjà ?
07:07Oui, certains vous diraient peut-être que ce n'est pas triste.
07:10Ça dépend aussi de ce qu'on leur propose.
07:11Qu'est-ce que les Islandais avaient à gagner
07:13à une adhésion à l'Union européenne ?
07:14Est-ce qu'aujourd'hui, c'est vraiment si avantageux que ça ?
07:17Pas certain.
07:18Yvan Uffal.
07:18Est-ce que l'Union européenne n'a jamais attiré les peuples ?
07:21Je vous rappelle qu'en France, en 2005,
07:22nous avions voté à 55% contre la Constitution européenne
07:25qui nous a été malgré tout imposée.
07:27Je pense que quand on demande au peuple lui-même
07:31ce qui est bon pour son avenir
07:32et comment il voit la maîtrise de son destin,
07:35il réclame la souveraineté.
07:37Or, la souveraineté est incompatible
07:39avec la construction de l'Union européenne
07:40telle qu'elle est aujourd'hui,
07:41qui est une union supranationale
07:43qui dénigre et au peuple et aux nations
07:45d'avoir leur mot à dire.
07:46Et donc, les Islandais,
07:47mais vous auriez posé la question aux Français,
07:49ils auraient a priori répondu la même chose,
07:51les Islandais disent effectivement
07:53que nous voulons d'abord préserver prioritairement
07:55notre souveraineté, notre libre arbitre
07:57et non pas tomber sous les fourches codines
07:59d'une Union européenne
08:00qui est maintenant à perdu de vue
08:02et le peuple et les nations et les frontières
08:04et qui est devenue une sorte de ventre mou
08:08qui applaudit à la société ouverte à ses ennemis,
08:11en l'occurrence,
08:11et qui ne voit rien de la grande fragilité civilisationnelle
08:14de l'Europe elle-même.
08:15Donc, ça me paraît être encore un aveu d'échec.
08:18Ce qui est amusant,
08:19c'est de voir les propos très dépités
08:21des européistes.
08:22Je voyais Jacques Attali, par exemple,
08:23qui a fait un tweet en disant
08:25« Oui, le tweet de Mme Le Pen
08:26a sûrement été dicté par Poutine. »
08:29On retombe dans le complotisme de ce bloc central
08:31qui devient complètement idiot, d'ailleurs,
08:33entre parenthèses.
08:34Et donc, voilà, je me réjouis de cette décision.
08:37– Ça me paraît aussi totalement anachronique
08:39de vouloir continuer à faire entrer
08:41de nouveaux États membres,
08:42alors même que le fonctionnement à 27,
08:43justement, atteint ses limites.
08:45Et ce n'est pas moi qui le dis,
08:46c'est Bruno Le Maire qui dit lui-même
08:47« L'Europe à 27, c'est fini. »
08:49C'est son expression.
08:50Il veut, on le sait,
08:51une Europe à 6 ou 7.
08:52Mais force est de constater
08:53que 28 États membres,
08:5427 États membres,
08:55voire 30 demain,
08:56ça ne fonctionne pas.
08:57On ne peut pas avoir des consensus
08:58sur tous les sujets d'importance
09:00quand on est autant.
09:01Et surtout, ça se fait, en plus,
09:02c'est vrai, avec la dilution
09:04de la souveraineté de chacun des États
09:05qui doit laisser aux mains de l'Union Européenne
09:08des décisions qui le concernent
09:09très directement.
09:10Donc, je pense que c'est totalement anachronique
09:11de toute façon.
09:12Donc, merci aux Islandais.
09:13Et merci à madame la première ministre.
09:16– Non, Thomas, je ne reprononcerai pas son nom.
09:19Il faudrait poser la question aux Britanniques,
09:20savoir s'ils regrettent ou pas
09:21leur décision de quitter l'Union Européenne, finalement.
09:24C'est peut-être eux qui ont la réponse.
09:26Merci à tous les deux,
09:27Thomas Bonnet et Yvon Riaufol.
09:29Tout de suite, c'est Romain Desarbres
09:31et Marie-Estelle Dupont sur Europe 1
09:32pour « Et si on en parlait ? »
09:34Et moi, je vous dis, rendez-vous demain dès 13h.
09:36Merci Géraldine Hamon.
09:37– Merci Clélie, c'était Clélie Mathias.
09:39Excellente après-midi sur Europe 1.
09:40– Sous-titrage Société Radio-Canada
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