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Le nageur Léon Marchand, multiple champion olympique et champion d’Europe, raconte son quotidien dans la série documentaire "Léon, au-delà de l'or". Il se confie à France Inter, lundi matin, avant sa diffusion sur France 2.

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Transcription
00:00Il nous a tous fait vibrer il y a deux ans, aux Jeux Olympiques, quatre médailles d'or
00:04et la France s'est embrasée pour le roi Léon.
00:07Son palmarès fait de lui l'un des plus grands athlètes français de tous les temps.
00:11Septuple champion du monde, il avale les records, s'impose aux championnats d'Europe cet été.
00:16Bonjour Léon Marchand.
00:17Bonjour.
00:18Merci d'être avec nous pour ce grand entretien exceptionnel sur France Inter.
00:22Vous avez choisi de vous dévoiler dans un documentaire formidable diffusé demain soir sur France 2,
00:28déjà vu par plus de 2 millions de téléspectateurs sur la plateforme France TV.
00:31Ça s'appelle Léon au-delà de l'or.
00:34C'est votre vie quotidienne qui a été filmée pendant un an sous le regard de votre père qui co
00:39-réalise ce film.
00:40Alors on s'est posé la question, pourquoi vouloir se raconter à 24 ans ?
00:45D'habitude c'est un projet qu'on mène plutôt en fin de carrière.
00:48Qu'est-ce que vous avez voulu nous dire avec ce documentaire ?
00:51Il y a plusieurs choses.
00:54Je pense que déjà c'était un moment qui était assez important pour moi.
00:57L'après-JO, un moment assez clé.
01:01C'est un moment aussi où je me suis posé des questions plus sur ma vie que sur ma vie
01:05sportive, en tout cas sur ma carrière.
01:08C'est un moment aussi où avec mon père on a eu cette idée, tout simplement.
01:12C'est un moment où on s'est dit que c'était bien aussi de montrer une vie de sportive
01:16de haut niveau qui est encore en activité.
01:17Et pas sur une fin de carrière justement.
01:20C'est un peu les planètes qui se sont alignées.
01:23Je suis parti en Australie, donc on s'est dit que c'était un moment qui était sympa à filmer.
01:28On a senti qu'il y avait quelque chose à raconter à ce moment-là.
01:31Et ça s'est fait un peu comme ça.
01:33Alors vous parlez des Jeux de Paris.
01:34On vous voit, Léon Marchand, raconter à quel point ça a été difficile de reprendre le chemin des bassins, d
01:40'avoir une raison de se lever le matin.
01:42Et c'est vrai.
01:43Pourquoi continuer quand on a tant gagné ?
01:47Oui, ça après il faudra voir le docu pour essayer de comprendre.
01:49Mais c'est surtout un peu réaliser son rêve à 22 ans.
01:54C'est un peu ça qui est difficile.
01:55Comment on fait quand on a réalisé son rêve à 22 ans ?
01:57On rêve de quoi ensuite ?
01:58Oui, voilà, c'est ça.
01:59Et surtout vers où on va ?
02:00Pas forcément en termes d'objectifs, mais plus vers le sens et vers la raison.
02:05Et de savoir pourquoi j'ai envie encore de continuer à nager, etc.
02:09J'y réponds un peu, partiellement dans le docu.
02:12Mais en tout cas, la base, c'est de revenir à ce que j'aime.
02:15Pourquoi je nage quand j'étais petit, en fait.
02:17Mais alors, pour les auditeurs de France Inter,
02:20parce qu'effectivement, ils vont certainement regarder le documentaire,
02:22ils ont envie de savoir pourquoi est-ce que vous nagez encore.
02:25Parce que vous avez cette phrase qui nous a interpellés.
02:28Vous dites, j'ai pas le goût de l'or.
02:30Vous racontez même, effectivement, il y a cette anecdote
02:32où vous laissez une des médailles dans une petite voiture de golf.
02:35Bon, ça, c'est quand même pas banal.
02:36Alors qu'on vient de gagner une médaille d'or de l'oublié.
02:38Qu'est-ce qui vous fait vibrer ?
02:41Qu'est-ce qui vous fait nager ?
02:42C'est quoi le carburant ?
02:43Le carburant, du coup, j'y reviens vachement dans le docu.
02:46Mais c'est mes sensations.
02:48C'est l'amusement.
02:49C'est le voyage.
02:50C'est des moments que je partage avec des nageurs que je connais,
02:54des nageurs avec qui je m'entraîne tous les jours,
02:56des coachs, pas mal de rencontres,
02:58des partages avec ma famille aussi,
02:59qui voyage, qui me suit dans mes compétitions, etc.
03:02Tous ces moments-là, en fait, c'est des choses que je me souviens vraiment.
03:05Par contre, le podium, la médaille, je m'en souviens beaucoup moins.
03:08Donc ça montre que c'est vraiment pas ça le carburant.
03:10C'est vraiment ce que je ressens,
03:12même en termes de glisse, en termes de préparation,
03:15au moment où je me sens à mon meilleur potentiel.
03:18Ça, c'est des moments qui sont rares dans une carrière de sportif.
03:21Et c'est ça que j'adore.
03:23L'autre difficulté qu'il y a Léon Marchand dans une carrière de sportif
03:26qu'on voit dans votre documentaire,
03:28c'est la notoriété qui vous tombe dessus comme ça,
03:30en particulier après les Jeux de Paris.
03:33Il y a votre maman qu'on voit dans le documentaire
03:35qui semble un peu regrettée comme une maman
03:37et c'est normal que vous ne lui apparteniez plus tout à fait.
03:39Et vous-même, il y a cette réflexion de
03:42qui je suis au-delà du masque public.
03:45C'est l'expression que vous utilisez.
03:47Est-ce que vous avez trouvé la réponse ?
03:50Oui, je l'ai la réponse.
03:51Après, c'est important de lutter pour la séparer.
03:55Par exemple, je vais faire une radio ce soir.
03:57Quand je rentre à la maison, il faut vraiment que je redevienne moi-même.
04:00Même si j'ai envie de vous donner de l'authenticité, etc.
04:03Il faut quand même séparer.
04:04Je ne peux pas complètement mélanger les deux.
04:07Surtout quand tu rentres chez toi et qu'il y a ta famille
04:09qui te connaît depuis que tu es là, depuis que tu es né.
04:12Qu'est-ce qu'on ne voit pas du rayon que votre famille voit
04:15et que là, peut-être, on ne voit pas dans cette interview ?
04:17Ça, je ne vais pas vous le dire.
04:19Justement, j'ai besoin d'avoir cette protection.
04:21Le fait d'avoir mon papa aussi dans ce deux-culs,
04:24d'avoir mon père,
04:26ça a permis un peu de contrôler ça aussi,
04:27de gérer cette limite et de l'amener où on voulait l'amener.
04:31On voulait en montrer aussi,
04:32parce qu'on a envie d'être honnête, d'être authentique.
04:35Il y a tout qui est naturel dans ce cul.
04:36Il n'y a rien qui a été forcé, etc.
04:39C'était vraiment le but,
04:40de montrer l'humain derrière le sportif.
04:42Mais du coup, il y a toujours cette limite
04:43qu'il faut savoir jouer avec.
04:45La limite de la vie privée,
04:46c'est qu'il y a certaines choses
04:47que vous n'avez pas voulu montrer dans ce documentaire ?
04:49Oui, c'est ça, exactement.
04:51Il y a un autre immense sportif
04:52qui connaît bien les affres de la notoriété.
04:55C'est votre ami Kylian Bappé.
04:57Il nous a envoyé un vocal pour vous, Léon Marchand.
04:59Salut Léon, j'espère que tu vas bien.
05:02Félicitations pour tes dernières victoires
05:04au championnat d'Europe.
05:06J'imagine que tu dois être fier
05:07et tu as raison de l'être.
05:11Tu es vraiment une véritable star
05:12pour nous les Français maintenant.
05:14Alors, je voulais savoir
05:14comment tu gères ce nouveau statut
05:18de personnalité importante pour nous en France.
05:22Mais sache que tu nous rends tous fiers.
05:24Donc, on est tous fiers de toi.
05:26Voilà, c'est la première surprise
05:27de ce grand entretien.
05:28Il y en aura d'autres.
05:29Alors, comment vous gérez
05:30ce nouveau statut de star ?
05:32C'est très gentil déjà.
05:33Merci Kylian.
05:35Comment je le gère ?
05:36Je fais comme je peux.
05:37Je m'améliore.
05:38Je pense que je suis de plus en plus à l'aise
05:39avec tout ça.
05:40J'ai une chance,
05:41c'est que je ne vis pas en France,
05:42moi, quand même.
05:42On ne va pas se mentir.
05:44J'ai ma vie qui est aux Etats-Unis.
05:46Je m'entraîne aux Etats-Unis.
05:47Ma routine est la même
05:48depuis, même avant les JO.
05:50Donc, ça n'a pas trop changé.
05:51Pour le coup, ma vie n'a pas trop changé là-bas.
05:52C'est aussi pour ça
05:53que vous ne rentrez pas en France,
05:55pas maintenant ?
05:55Oui, c'est ça.
05:56Après, comme je l'ai dit,
05:58ma structure d'entraînement
05:58elle est déjà mieux là-bas.
06:00Et en plus, c'est une chance
06:02parce qu'avec la popularité,
06:03ça m'aide beaucoup
06:03à avoir une vie normale.
06:04Parce que là, l'idée
06:05d'aller à la boulangerie
06:06et de signer 15 autographes,
06:08ça vous amuse moyen ?
06:11Là, par exemple,
06:12ça fait trois mois
06:13que je suis en France
06:14et en soi,
06:15je peux vivre normalement.
06:17Je peux le faire.
06:18Oui, je peux le faire.
06:18C'est juste que,
06:20en fait, dans ma tête,
06:21j'ai toujours ce scanner
06:21de me dire
06:22« Lui, il m'a peut-être remarqué,
06:23j'ai envie de prendre une photo, etc. »
06:25Et ça va me prendre
06:25peut-être cinq minutes en plus.
06:27Ce n'est pas grave,
06:27les gens sont gentils,
06:28c'est de l'amour qui est donné, etc.
06:30Mais je préfère quand même
06:31être incognito aux US.
06:32Je trouve ça plus calme
06:33et plus facile.
06:34Un mot, Léon Marchand,
06:35sur Kylian Mbappé
06:36qu'on vient d'entendre.
06:37Vous vous entendez bien ?
06:38Vous êtes à peu près
06:39de la même génération,
06:40même si vous êtes
06:40un peu plus jeune que Kylian.
06:42On voit aussi la relation
06:43que vous avez
06:43avec le basketteur
06:44Victor Wembanyama
06:45dans le documentaire.
06:46C'est quoi ?
06:47Vous êtes ami ?
06:47Vous vous envoyez des messages ?
06:48Vous vous commentez
06:49vos prestations sportives ?
06:51Respectives ?
06:52Oui, on essaie
06:53de rester en contact.
06:54On a des vies quand même
06:55qui sont assez chargées.
06:58Surtout avec des calendriers
06:59qui ne sont vraiment
06:59pas les mêmes
06:59entre les trois sports.
07:01Mais c'est assez génial
07:02de pouvoir déjà se rencontrer,
07:03de partager des idées, etc.
07:05Moi, j'ai eu la chance
07:05de le faire
07:05avec mon sponsor Nike
07:07qui a rencontré Victor.
07:09En plus,
07:10on n'habite pas très loin.
07:11Il est à San Antonio.
07:11Je suis à Austin.
07:13Mais du coup,
07:13c'était une rencontre
07:14qui était hyper intéressant.
07:16On s'est un peu reconnus aussi
07:18à ce moment-là.
07:19Reconnus, c'est-à-dire ?
07:19Dans la façon
07:20de parler de nos ambitions,
07:21de nos objectifs,
07:22de notre discipline,
07:23dans la façon
07:24où on élargit
07:25un peu nos horizons,
07:27notre curiosité, etc.
07:29J'ai trouvé
07:29qu'on se ressemblait
07:30plutôt pas mal.
07:31Partagez vos doutes
07:31aussi parfois
07:32parce que si on prend
07:33Kylian Mbappé,
07:35évidemment adoré,
07:36adulé pendant la Coupe du Monde,
07:38à d'autres moments
07:38très critiqué,
07:39quand il est au Real Madrid,
07:41quand certains
07:41commandent d'issèquent
07:42les moindres de ses propos.
07:44Est-ce que ça,
07:44c'est aussi quelque chose
07:45dont vous parlez
07:46entre vous
07:46de cette difficulté
07:47d'être exposé comme ça
07:49quand on est un jeune sportif
07:50et une jeune star internationale ?
07:52Moi, en fait,
07:53c'est beau
07:54parce que j'ai rencontré
07:55la famille Mbappé
07:56avant les JO.
07:58Et je me rappelle
07:59que c'est quelque chose
08:00que Kylian m'avait dit,
08:01m'avait un peu préparé
08:02à tout ça.
08:04Il m'avait juste dit
08:05que j'allais perdre
08:05ma spontanéité, etc.
08:07Après,
08:08au niveau de Kylian,
08:09c'est vraiment
08:09le moindre fait
08:10et geste
08:10qui est critiqué.
08:12Moi,
08:12je n'en suis pas là.
08:14Mais c'est vrai
08:15que j'avais été prévenu
08:16quand même.
08:16Donc, c'est cool.
08:17Merci à lui.
08:18Et voilà,
08:19après,
08:19on apprend à gérer
08:19comme on peut.
08:20On est jeune en plus.
08:21Alors,
08:22il y a votre mère
08:22qui vous prévient aussi.
08:23Elle a des mots
08:24assez durs.
08:24Elle dit aujourd'hui,
08:25tout va bien,
08:26mais le jour
08:26où ça se passera mal,
08:27tu vas te faire éclater.
08:29Est-ce qu'il faut vraiment
08:29penser à ça
08:30quand on est au sommet
08:31de sa gloire ?
08:33Bah oui,
08:33je pense qu'il faut y penser
08:34en vrai.
08:35Ouais ?
08:35Ouais,
08:35je pense que ça m'aide
08:37aussi à redescendre un peu.
08:38D'accord.
08:38C'est-à-dire que ça ne va pas
08:39durer toujours ?
08:40Bah non,
08:40je sais très bien
08:41de toute façon
08:41que ça ne va pas durer.
08:43Mais ça,
08:43je le sais
08:43parce que j'ai été éduqué
08:44comme ça,
08:45je pense.
08:45Donc,
08:45c'est grâce à mes parents,
08:46tout ça.
08:47Et elle me le rappelle.
08:48Elle a bien raison.
08:51Après,
08:51les mots sont durs,
08:52mais les mots sont vrais aussi.
08:53Il n'y a pas de mensonge
08:54là-dedans.
08:55Parce que pour celui
08:55qui regarde le documentaire,
08:56il voit tout l'amour
08:57qu'elle vous porte.
08:57Il se dit aussi,
08:58c'est assez dur
08:59d'avoir une mère inquiète
09:01pour son fils.
09:03Mais vous,
09:03ça vous permet
09:03de garder la tête froide
09:04et de garder les pieds sur terre ?
09:06Ouais,
09:06après,
09:06ça me fait aussi de la peine.
09:11engendrerait ça
09:11sur mes proches
09:12et sur ma famille.
09:14Je ne l'ai pas fait pour ça,
09:15en tout cas.
09:15Il faut qu'on parle
09:16de sport,
09:17Léon Marchand.
09:18Votre père,
09:19votre mère,
09:20votre oncle
09:20ont été des nageurs
09:22au plus haut niveau.
09:23Ils ont passé des heures
09:25à s'entraîner dans les bassins
09:26comme vous le faites aujourd'hui.
09:28Ils vous avaient dit
09:29que ce serait aussi difficile,
09:31voire ennuyeux.
09:32Je crois que c'est Bob Bowman,
09:33votre entraîneur américain,
09:34qui dit que s'entraîner
09:35à la natation,
09:36c'est effroyablement ennuyeux.
09:38Ouais,
09:39ce n'est pas le sport
09:40le plus drôle.
09:41Après,
09:42c'est parce que c'est
09:42un sport individuel.
09:44Donc,
09:45il y a beaucoup moins
09:45de partage
09:46que dans un sport co.
09:48On est enfermé.
09:49On est quand même,
09:50on voit le fond de la piscine
09:51ou le plafond de la piscine.
09:54Ouais,
09:54c'est ça.
09:54On compte les carreaux,
09:55souvent.
09:57En fait,
09:57mes parents
09:58m'avaient surtout prévenu
09:59sur les sacrifices
10:00d'une vie de sportive
10:01de haut niveau.
10:03Et aussi,
10:03ils avaient été très forts,
10:05je pense,
10:05sur le fait que
10:06être bon
10:07quand tu es très jeune,
10:08ça ne veut pas forcément
10:09dire grand-chose.
10:10Il faut continuer
10:10à faire ses études,
10:11il faut continuer
10:11à avoir un équilibre,
10:12etc.
10:13Et ça,
10:13j'ai eu la chance
10:13de l'avoir,
10:14ces conseils,
10:15on ne les a pas tous.
10:16Ils ont essayé
10:17parfois vos parents
10:18de vous dissuader
10:19d'être nageur ou pas ?
10:20Ouais,
10:20mon papa,
10:21mon père a essayé
10:22de me dissuader.
10:23Et vous lui avez répondu quoi ?
10:24Il a essayé de me dissuader,
10:25mais il voulait être sûr
10:26que ça vienne de moi.
10:27Et vous lui avez dit
10:27que tu n'es pas le mieux placé
10:28pour me dire
10:28de ne pas toucher,
10:29c'est ça, non ?
10:29Il y a un moment
10:30où il a compris
10:30que c'était vraiment
10:31ma passion
10:32et il m'a laissé faire.
10:34Mais il aurait préféré
10:34que je fasse autre chose.
10:35Il aurait préféré
10:35que vous fassiez quoi,
10:36par exemple ?
10:36Je ne sais pas,
10:37mais je pense plus
10:38une vie un peu plus cool,
10:39un peu moins disciplinée,
10:40que je sois peut-être
10:41un peu plus aussi
10:42dans le côté social,
10:43que j'ai une vie normale,
10:44en fait, tout simplement.
10:46C'est vrai qu'on voit
10:47l'aspect anormal
10:48de votre vie
10:49dans ce documentaire
10:49et notamment le rapport
10:50que vous avez
10:51avec vos entraîneurs.
10:52Ça, ça nous a fasciné
10:52avec Florence.
10:53On en voit deux
10:54qui sont très différents,
10:55avec des styles très différents.
10:55Il y a l'Australien
10:56qui s'appelle Dean Boxall
10:57qui est lui,
10:58très détendu,
10:58qui saute un peu en l'air,
10:59qui vous encourage.
11:00Et puis, il y a
11:00l'Américain Bob Bowman,
11:02le entraîneur mythique
11:03de la natation
11:04qui a entraîné
11:04Michael Phelps
11:05qui vous amène
11:06aux Jeux de Paris.
11:08Quand on vous voit
11:09siffler,
11:10il vous siffle
11:10dans les bassins
11:11comme si vous étiez
11:11une sorte de dauphin,
11:13il ne vous ménage pas.
11:15Comment ça se passe
11:16le rapport
11:16avec l'entraîneur ?
11:18On se dit parfois
11:18qu'il est dur
11:19Bob Bowman
11:19avec Léon Marchand
11:20quand il vous enguirlande
11:22après les courses
11:23qui n'étaient pas
11:24super réussies.
11:26Oui, je ne le trouve pas
11:27si dur que ça
11:27en vérité.
11:30Moi, déjà,
11:31c'est ce que je suis venu chercher.
11:33Je ne vais pas vers
11:33quelque chose
11:34qui est facile.
11:35C'est un peu
11:36ce que je lui demande aussi.
11:37J'ai envie qu'il soit engagé,
11:38j'ai envie qu'il soit impliqué.
11:40Qu'il soit dur,
11:41ça montre en fait
11:41que ça compte pour lui.
11:44Donc moi,
11:45je ne le vois pas
11:45comme quelqu'un
11:46de très difficile.
11:47En général,
11:48quand il l'est,
11:49c'est qu'il y a une raison.
11:51Et je crois que
11:52je le dis un peu
11:52dans le docu,
11:53mais en général,
11:53quand il nous engueule,
11:56entre guillemets,
11:57c'est que vraiment
11:57il y a un déclic
11:57à avoir
11:58et que c'est le moment
11:58d'y aller.
12:00Surtout avec les résultats
12:01qu'il a eus,
12:02en fait,
12:02on lui fait confiance
12:03et on l'écoute.
12:05Après,
12:05la relation
12:06entre entraîneur
12:07et entraîné,
12:07elle est quand même différente
12:08que ce qu'on a en France,
12:09par exemple.
12:10Pourquoi ?
12:10En France,
12:11on est beaucoup plus proche
12:12de son entraîneur.
12:14L'entraîneur va rester
12:15après la session,
12:16on va pouvoir discuter.
12:17C'est plus humain.
12:19Le rapport est plus humain.
12:20Aux US,
12:20c'est vraiment strictement
12:21les résultats,
12:23l'entraînement,
12:24s'il est fait,
12:24après on s'en va,
12:25on rentre chez nous,
12:26etc.
12:26Donc ça,
12:27c'était une vraie différence
12:27entre l'Europe
12:28et les US.
12:29Ce qu'on perçoit
12:30dans ce documentaire,
12:31Léon Marchand,
12:32c'est le travail acharné
12:34de l'entraînement,
12:35l'intensité physique
12:37des courses.
12:39Est-ce que vous pourriez
12:40nous décrire
12:42physiquement
12:42à 400 mètres,
12:43par exemple,
12:44qu'est-ce qui se passe
12:44dans vos poumons,
12:45qu'est-ce qui se passe
12:46dans vos jambes
12:47et puis qu'est-ce qui se passe
12:48dans votre tête ?
12:49Ça, pour le coup,
12:50c'était une raison
12:50pour laquelle j'ai envie
12:51de faire le documentaire aussi.
12:53C'est parce qu'on m'a souvent dit
12:54après mes interviews
12:55que ça a l'air facile
12:55ce que tu fais
12:57parce qu'ils ont vu
12:57les deux minutes de course.
12:59Non, on ne s'est pas dit ça.
13:01Oui, mais après,
13:02c'est une façon de dire aussi
13:03les gens ne le pensent peut-être pas.
13:05Mais c'était frustrant
13:06parce que moi,
13:06j'ai du mal à exprimer
13:07ce qu'on vit tous les jours.
13:08J'ai du mal
13:09à vraiment raconter
13:10ce que c'est un entraînement,
13:11justement.
13:12C'est pour ça que c'était important
13:13de pouvoir le voir,
13:13de l'entendre,
13:14de voir Bob Oman
13:15nous crier dessus,
13:16entre guillemets, etc.
13:17Ça, je trouvais
13:17que c'était bien
13:17de le montrer
13:19pour montrer vraiment
13:20la face cachée
13:20et notre vie, en fait,
13:22parce que notre vie,
13:22ce n'est pas les compétitions,
13:23c'est vraiment l'entraînement.
13:25Et le 400 mètres,
13:26quatre nages
13:26en termes de douleur,
13:28c'est ça ?
13:28Oui.
13:30D'intensité, en tout cas.
13:31D'intensité.
13:33Donc, il y a les quatre nages
13:35enchaînés.
13:36Donc, ce qui est important,
13:37c'est de bien faire les liaisons,
13:38de pouvoir recréer
13:39de la vitesse
13:39dans chaque nage
13:40après le papillon
13:41en dos, en brasse
13:42et en crôle.
13:43Et la douleur,
13:44elle survient en général
13:44aux 75-80 mètres,
13:47premier mètre.
13:49Très vite.
13:49Oui, ça arrive très vite.
13:51Après, on est habitué,
13:52on l'a répété.
13:52Donc, on sait
13:53comment le gérer,
13:54mais à peu près
13:55aux 80 mètres,
13:55je dirais,
13:56sur les 20 derniers mètres
13:57du papillon,
13:58donc les deux premières longueurs,
13:59on sent déjà
14:00qu'il faut ralentir
14:01un peu la voilure
14:02parce que sinon,
14:02on va avoir du mal
14:03à finir le 400 mètres.
14:06Moi, j'ai les virages
14:06qui me relancent vachement
14:07parce que je fais
14:08des longues coulées
14:09et c'est une de mes forces.
14:10Et ça veut dire
14:10qu'au niveau des poumons,
14:11c'est très intense
14:12et ça commence à brûler
14:14à partir du 125-150.
14:17Le dos,
14:18c'est un moment
14:18où il faut beaucoup respirer
14:20pour avoir de l'oxygène
14:21dans les poumons,
14:22justement.
14:23Et ce qui est très difficile,
14:24je pense,
14:25vraiment,
14:25le moment clé,
14:26c'est le virage dos-brasse.
14:28Parce que c'est un moment
14:29où on reste très longtemps
14:29sous l'eau
14:30et là, vraiment,
14:31on a les poumons qui brûlent,
14:32on a les jambes
14:32qui commencent à affaiblir,
14:34etc.
14:35La brasse,
14:36après, c'est...
14:37Par exemple, à Paris,
14:37j'avais la chance
14:38d'avoir le public
14:38qui me poussait.
14:39Donc, ça m'a aidé
14:40à relancer, etc.
14:41Et après, le crawl,
14:42en vrai,
14:42on est beaucoup moins lucide.
14:44On a le plafond
14:44qui est descendu.
14:46Donc, on essaye
14:47de faire comme on peut,
14:48de toucher le mur
14:48le plus rapidement possible.
14:50Mais on a vraiment
14:51le lactique
14:51qui s'est construit
14:52dans les bras et les jambes.
14:53L'acide lactique.
14:53Et quand on arrive à la fin,
14:55on est vraiment
14:55au bout du bout du bout
14:56de ce qu'on pouvait faire.
14:57Oui, épuisé.
14:59Vous parliez, Léon Marchand,
15:00de ce qui a beaucoup été commenté
15:01dans votre technique de nage,
15:02c'est la coulée.
15:03La spécificité,
15:04c'est-à-dire,
15:05je présume,
15:05le moment où vous restez
15:07sous l'eau
15:07avant de sortir
15:08la tête de l'eau,
15:08au point que certains,
15:09et c'est ce qui revenait
15:10pendant les Jeux,
15:10vous comparez à un dauphin.
15:12Ça vous a amusé
15:13ou pas ça, cette comparaison ?
15:14Oui, c'est drôle.
15:14Après, je l'ai beaucoup vu.
15:15Donc là, maintenant,
15:16c'est moins drôle.
15:17Mais au début,
15:18j'ai trouvé ça sympa.
15:20Ouais, en fait,
15:20moi, c'est vraiment ma force.
15:22Je la travaille depuis
15:23déjà 6-7 ans, je pense.
15:26Et après,
15:27ce n'est pas quelque chose
15:28que j'ai eu comme ça génétique.
15:30Oui, parce que certains se disent
15:31en fait, il a un don.
15:32Non, c'est quelque chose
15:33qui est travaillé.
15:34Je suis quand même prédisposé
15:35parce que mon corps
15:35a très peu de résistance
15:36dans l'eau.
15:37D'accord.
15:38Donc ça, voilà.
15:38Merci papa, merci maman.
15:40Ça, ce n'est pas ma faute,
15:41c'est comme ça.
15:42Et ça, c'est dû à quoi,
15:43la résistance ?
15:43C'est dû à la façon dont...
15:45En fait, quand je me mets en flèche,
15:46quand je suis vraiment
15:47aligné sous l'eau,
15:49j'ai très peu de résistance.
15:51Donc ça glisse bien,
15:52tout simplement.
15:54Après, ce que j'ai vraiment travaillé,
15:55c'est les ondulations,
15:56la vitesse
15:56et surtout l'endurance
15:58et surtout la tolérance
16:00à cette souffrance
16:00qu'on a dans les poumons.
16:01Vous parliez du public
16:03qui vous a aidé
16:04pendant les courses
16:05aux Jeux de Paris.
16:06On sait que vous êtes,
16:06et vous le racontez,
16:07que vous êtes très sensible
16:08aux sons.
16:10Qu'est-ce que vous entendez
16:12quand vous êtes en course
16:14dans un bassin ?
16:15Qu'est-ce que vous percevez
16:16de la folie du public
16:18qu'on a entendu
16:19pendant les Jeux olympiques ?
16:22En fait, c'est assez fou.
16:25Mais déjà, le départ,
16:28c'est dingue
16:29parce qu'on passe
16:30de beaucoup de bruit
16:31à un silence
16:32qui est assez gênant presque.
16:34C'est un peu malaisant.
16:35On entend le sifflet
16:36et là, le bruit recommence.
16:38On se retrouve dans l'eau,
16:39plus de bruit.
16:40Et après,
16:40quand on se retrouve à la surface,
16:41on a vraiment le clapotis,
16:42des vagues, etc.
16:43Donc, c'est un peu un brouillon
16:44de bruit.
16:45Ce n'est pas très agréable,
16:46on va dire.
16:47Et le seul moment
16:48où j'entendais vraiment
16:49le bruit des spectateurs,
16:50c'était en brasse
16:51parce que c'est un moment
16:52où on est vachement
16:53hors de l'eau.
16:54Et là, vous entendez la folie.
16:55Et là, pour le coup,
16:56j'entendais vraiment
16:57les gens m'encourager.
16:59Ça, c'était fou.
17:00Est-ce qu'il y a une course
17:00dont le souvenir sonore
17:02va vous accompagner
17:03toute votre vie ?
17:04Oui, le 200 papillons.
17:05Le 200 papillons
17:06contre le record band du monde,
17:08donc de la discipline.
17:10Au 150 m,
17:11j'entends vraiment
17:12que la piscine vibre.
17:13Ce n'était même plus du son.
17:16Et en fait,
17:16je me rappelle que,
17:17en général,
17:18sous l'eau,
17:18je ne le sens vraiment pas
17:19et là, je l'ai ressenti.
17:20Donc, c'était assez impressionnant.
17:22Il y a le bruit du stade
17:23et puis il y a
17:23le son de la musique
17:25puisqu'on découvre
17:26dans ce documentaire
17:27que vous êtes musicien,
17:29on peut le dire,
17:29du moins que vous composez
17:30de la musique,
17:31que vous composez
17:31de l'électro.
17:32C'est quoi pour vous la musique ?
17:34Est-ce que c'est
17:35une forme d'échappatoire ?
17:36Est-ce que ça vous permet
17:37de vous concentrer
17:39sur autre chose
17:39que votre corps
17:40dont vous testez les limites ?
17:43Oui, alors de base,
17:43c'est juste un truc
17:44que j'aime faire.
17:45Je ne me suis pas posé
17:46la question de mes vagues.
17:47Il y a d'ailleurs une image
17:47de vous petit
17:48en train de...
17:49Oui, oui, c'est ça.
17:50J'ai toujours aimé ça.
17:51J'ai toujours aimé
17:51surtout écouter
17:53beaucoup de musique.
17:55Et après,
17:56ça fait 4-5 ans
17:57que j'en fais.
17:58Et au début,
17:59c'était vraiment
17:59parce que je kiffais
18:00et maintenant,
18:00c'est vrai que c'est un vrai échappatoire.
18:02C'est un moment
18:02où je suis absorbé par le temps.
18:04Justement,
18:04je ne regarde pas le temps
18:05et je suis absorbé
18:05par ce que je fais.
18:07Ça peut durer des heures.
18:08Ça me vide l'esprit
18:10que ce soit une respiration.
18:11C'est un moment
18:12où je pense à autre chose
18:13qu'au carreau, justement.
18:15Alors, c'est vous
18:16qui co-signez
18:17la bande originale
18:18du documentaire
18:18avec Guillaume Alric
18:19du groupe The Blaze.
18:20Et bien, lui aussi,
18:21il nous a laissé
18:22un message pour vous.
18:23Salut Léon,
18:24c'est Guillaume
18:25de The Blaze
18:25et Enfants sauvages.
18:27J'espère que tu vas bien
18:28et je repensais à ces moments
18:29pendant le tournage
18:30du documentaire
18:31où on essayait toujours
18:32de trouver des points communs
18:34entre le sport et la musique.
18:36Et maintenant que je te connais,
18:37je me dis que
18:38tu es un petit peu
18:39le mélange de ces deux mondes.
18:40Tu es un sportif incroyable,
18:42mais tu es aussi
18:43quelqu'un de très sensible.
18:44En tout cas,
18:45ça se voit
18:45quand tu parles de musique
18:47ou lorsque tu fais de la musique.
18:48Et quand je suis allé
18:49devoir nager l'autre jour
18:50pour les championnats d'Europe,
18:51je me suis dit
18:52c'est fou
18:53parce qu'on imagine souvent
18:54que les sportifs
18:56doivent se couper
18:57de leurs émotions
18:57pour ne penser qu'à leur corps
18:59et se concentrer
18:59sur la ligne d'arrivée.
19:01Mais dans ton cas,
19:02justement,
19:03est-ce que cette sensibilité
19:04ce ne serait pas
19:05ce petit ingrédient
19:06que tu as en plus
19:07qui te permet de gagner
19:09justement parce que
19:10tu vois plus loin
19:10que la compétition
19:11et que tu vibres finalement
19:13pour quelque chose
19:14de plus précieux
19:15qu'une simple médaille ?
19:16Je t'embrasse
19:17et je te dis
19:18à tout bientôt.
19:19Formidable question.
19:20C'est très beau ce qu'il dit.
19:21Alors la sensibilité,
19:22c'est votre petit truc en plus ?
19:24Oui, je pense.
19:25Après, c'est quelque chose
19:26qu'on voit peut-être
19:27comme un défaut aussi
19:29quand on est jeune
19:29parce qu'on a du mal
19:30à le gérer, etc.
19:32Et on a l'impression
19:33que les autres
19:33ne sont pas comme nous.
19:35Mais moi, en fait,
19:35je pense qu'il y a
19:36quelques années,
19:37effectivement,
19:38mon énergie
19:39est venue plus
19:39de ce que j'avais
19:40dans le ventre
19:41que de l'envie de gagner,
19:42que de l'envie
19:43d'avoir une médaille
19:44comme il dit.
19:46Et je pense que
19:47les meilleurs moments
19:48que j'ai passés,
19:48c'est vraiment des moments
19:50cachés complètement
19:50à être dans une espèce
19:53de trance dans l'eau
19:54à des moments
19:55où c'est vraiment
19:56mon corps qui s'exprimait
19:57et c'est des moments
19:58qui sont vraiment forts
20:00où c'était vraiment
20:01une question de vibration,
20:02plus que de temps, etc.
20:05On va parler évidemment
20:08de ce qui vous attend
20:08en termes d'échéance sportive,
20:10les Jeux de 2028.
20:11Mais juste avant,
20:12là encore,
20:13question qu'on s'est posée
20:14avec Florence
20:14en regardant le documentaire
20:15et en travaillant
20:16sur cette interview,
20:17vous vous êtes mis
20:17au piano récemment.
20:19vous faites des études
20:20brillantes d'ingénierie,
20:22vous passez à peu près
20:236 heures par jour
20:24dans les bassins.
20:26Est-ce qu'il vous reste
20:26du temps pour faire
20:27les bêtises qu'on fait
20:28quand on a votre âge ?
20:30C'est-à-dire ?
20:31Ah bah,
20:31je ne sais pas,
20:32des bêtises en termes de,
20:33voilà,
20:33parfois des moments
20:34où la vie déraille
20:35quelque peu
20:36par rapport
20:36à ce qui était prévu ?
20:39Oui,
20:39alors après,
20:39je suis quelqu'un
20:40de très discipliné
20:41et je suis capable
20:43de rester très longtemps
20:44dans ce tunnel
20:45où rien ne dérape,
20:46mais ce n'est pas bon
20:47pour un humain.
20:47Et parfois,
20:48ça dérape ?
20:48C'est très mauvais
20:49pour un être humain
20:49parce que du coup,
20:50quand ça dérape,
20:50ça dérape vraiment.
20:52Ça,
20:52c'est ce que vous ne raconterez pas,
20:53c'est ça ?
20:54Oui,
20:54c'est ça.
20:54Non,
20:54non,
20:55mais je pense que
20:56je me laisse des moments
20:57justement un peu hors piste.
20:59J'en ai besoin.
21:01Et en fait,
21:02il faut le faire assez régulièrement,
21:03je pense,
21:03surtout dans une discipline
21:04comme la nôtre.
21:08Mais après,
21:08je ne saurais pas
21:09vous dire quoi exactement.
21:10Mais juste,
21:11par exemple,
21:11sur la question,
21:12on a beaucoup parlé
21:12de la santé mentale
21:13chez les sportifs.
21:14Est-ce que ça,
21:15c'est quelque chose
21:15auquel vous êtes sensible ?
21:16Précisément,
21:17cette idée qu'il faut
21:18à des moments des soupapes
21:19pour ne pas souffrir.
21:22Oui,
21:22absolument.
21:23Mais moi,
21:23je pense que ça a changé ma vie
21:24le fait que je travaille
21:26sur mon mental,
21:27le fait que je travaille
21:28sur mon bien-être
21:29plus que sur la performance.
21:32Et en vrai,
21:32moi,
21:33ce qui m'a vraiment changé,
21:35c'était de faire des pauses.
21:36Mais de me forcer
21:37à faire des pauses.
21:37C'est-à-dire de ne pas nager ?
21:38Parce qu'en fait,
21:39les gens qui sont un peu
21:40obsédés par leur sport,
21:42ils n'ont pas envie
21:43de faire des pauses.
21:43Il n'y a jamais un moment
21:44où tu n'as envie
21:44de faire une pause.
21:45Tu as envie de t'améliorer,
21:46de te réveiller le lendemain,
21:47de continuer, etc.
21:49Surtout quand tu vois
21:50que tu ne t'améliores pas
21:51ou alors que tu vois
21:51que tu as réussi.
21:52En fait,
21:52il n'y a plus aucun arrêt.
21:54Et moi,
21:55vraiment,
21:55j'ai commencé à me forcer
21:56à faire des pauses
21:56depuis 4-5 ans.
21:58Et au final,
21:59on perd très peu.
22:00On perd très peu de temps.
22:01Et par contre,
22:02dans la tête,
22:02ça fait un bien fou.
22:04Alors,
22:05est-ce que vous allez pouvoir
22:06faire des pauses
22:06dans les deux ans qui viennent ?
22:07Parce qu'il y a des échéances
22:08évidemment qui arrivent.
22:10Les Mondios
22:10l'été prochain à Budapest.
22:11Les Jeux quasiment chez vous
22:13à la maison
22:14puisqu'aux Etats-Unis
22:15dans deux ans.
22:17Ça va être un long tunnel
22:18ça ou pas ?
22:19Ça va être un long tunnel
22:21mais il va falloir
22:21le parsemer de pauses
22:22je pense.
22:25J'ai quand même
22:26pris mon temps
22:27depuis les JO de Paris.
22:29Je n'ai pas encore
22:29rejoint le tunnel complètement.
22:31Je sais qu'il va arriver
22:32comme vous le dites
22:33dans les prochains mois.
22:35Mais voilà,
22:35l'été,
22:36je prends plus de temps
22:36qu'avant.
22:37Je prends plus de temps
22:38aussi pour construire
22:39ma saison.
22:39Je sais que la saison
22:40est longue.
22:41Donc,
22:41je pense que je gère
22:42de mieux en mieux
22:42mon énergie mentale
22:44et physique.
22:46Après,
22:46on ne va pas se le cacher
22:47il y a un moment
22:47où il faudra quand même
22:48y aller.
22:49Est-ce que vous savez déjà
22:50ce que vous visez
22:51pour les JO ?
22:54Non.
22:55Faire mieux qu'à Paris,
22:56est-ce que c'est possible ?
22:57Non,
22:58j'ai envie de faire différemment.
22:59Je n'ai pas envie
23:00de faire mieux qu'à Paris.
23:00Déjà,
23:00ça va être compliqué.
23:02Il y a le record
23:03qu'on connaît
23:03de celui de Michael Phelps,
23:048 médailles à Pékin ?
23:06Non,
23:06ça,
23:06je ne sais pas du tout.
23:09En plus,
23:09Michael Phelps,
23:10il a fait ça
23:10avec des relais.
23:12Avec 8 médailles d'orges.
23:13Et les relais américains,
23:14c'est quand même costaud.
23:16Je ne sais même pas
23:17s'il chargeait mon programme
23:18de la sorte.
23:19c'est ce qu'il va me faire
23:21me challenger.
23:22Ce sera peut-être
23:23juste de nager
23:23des courses différentes.
23:25Là,
23:26en tout cas,
23:26j'ai fait des petits tests
23:27au championnat d'Europe
23:28sur des courses
23:29que je ne faisais pas d'habitude.
23:31Des endroits
23:31où je ne m'étais jamais
23:32vraiment mis
23:33un peu sorti
23:33de ma zone de confort.
23:34Et j'ai beaucoup aimé.
23:35Je pense que je me verrais
23:36plus faire ça
23:37qu'Hochon.
23:37Et à quel moment
23:38on définit ses objectifs ?
23:41L'objectif,
23:42c'est LA.
23:43Dans tous les cas,
23:44je prépare le 400m4 nage.
23:45Toutes les courses
23:46sont un peu dedans.
23:47C'est-à-dire que
23:48si je me prépare
23:48pour le 400m4 nage,
23:49je peux très bien faire
23:50du papillon,
23:50mais aussi du dos,
23:51mais aussi de la brasse,
23:52mais aussi du crawl.
23:54Donc voilà,
23:55l'objectif,
23:55il va se dessiner.
23:57Je sais à peu près
23:58quel cours je vais faire,
23:58mais ce n'est pas encore précis.
23:59Au fur et à mesure
24:00de la compétition.
24:01Pour terminer,
24:01Léon Marchand,
24:02troisième et dernière surprise
24:03de ce grand entretien.
24:05Il y a un dernier vocal
24:06pour vous,
24:07signé par le capitaine
24:09du 15 de France
24:09et capitaine
24:10du Stade Toulousain.
24:11Écoutez.
24:11Salut Léon,
24:12j'espère que tu vas bien.
24:14Déjà,
24:14je voulais te féliciter
24:15pour tes encore
24:17nouvelles médailles d'or.
24:18On commence à s'y habituer,
24:19mais ça reste exceptionnel.
24:22J'aurais deux questions
24:24pour sortir de la natation.
24:26Je sais que tu es passionné
24:27de musique
24:27et que tu y passes
24:28beaucoup de temps.
24:29J'aimerais savoir
24:30quand est-ce qu'on aura
24:31la joie d'écouter
24:32ton prochain album
24:33ou ton prochain set
24:35en live.
24:36J'aimerais le noter
24:37dans l'agenda
24:37pour ne pas le manquer.
24:39Et deuxième question,
24:40quand est-ce que tu reviens
24:42à Toulouse
24:43pour qu'on se fasse
24:44un petit repas
24:45avec notre ami Olivier ?
24:46À bientôt.
24:47Voilà,
24:48vous avez reconnu
24:48la voix d'Antoine Dupont.
24:50Le set,
24:51l'album,
24:52aller à Toulouse.
24:53Dans les deux ans
24:54qui viennent,
24:54ça va être un peu compliqué,
24:55non ?
24:55Oui,
24:56je pense que ça va être
24:57un peu compliqué,
24:57mais je vais pouvoir
24:58trouver le temps,
24:58je pense,
24:59surtout pour Antoine
25:00et pour Oli.
25:03Après,
25:03pour la musique,
25:05je pense que je sortirai
25:07quelque chose,
25:08mais une fois que j'aurais
25:08plus de temps
25:08d'envoyer d'énergie.
25:10Donc sortir un album ?
25:12Un album,
25:12non,
25:13en parlant pas
25:13peut-être d'album,
25:14mais déjà
25:14quelques sons,
25:15ce serait vraiment cool.
25:17J'ai plein de sons
25:17qui traînent dans mon ordinateur,
25:19mais ce ne sont pas
25:19des choses qui sont mixées,
25:20qui sont finalisées.
25:22Donc peut-être un jour,
25:24je ne sais pas,
25:24je ne pourrais pas dire
25:25de date comme ça.
25:25Léon Marchand,
25:26vous allez revenir en France
25:27un jour ?
25:28Je ne sais pas.
25:30En fait,
25:31je reviens tous les étés
25:31pour les championnats de France.
25:33Mais revenir vivre en France ?
25:34Je ne sais pas ça encore,
25:35je ne sais pas où je vais vivre.
25:38La ferveur des Français,
25:39à quel point ils vous aiment,
25:40à quel point vous êtes devenu
25:41une icône.
25:42Est-ce que vous vous dites
25:43quand même
25:44j'aurais envie
25:45à un moment donné
25:46dans les années qui viennent,
25:47peut-être quand j'arrêterai
25:48la natation
25:49de faire ma vie en France ?
25:51Si je veux faire ma vie en France,
25:52ce n'est pas pour ça.
25:53C'est parce qu'on a
25:54un pays incroyable,
25:55je pense plutôt,
25:56pour la nourriture,
25:57pour la culture,
25:58pour ma famille
25:59qui vit encore ici
25:59et pour mes potes.
26:01Ce n'est pas du tout
26:01pour la ferveur
26:02quand je rentrerai.
26:05Mais pourquoi pas ?
26:06En tout cas,
26:06j'ai passé pas mal de temps
26:07en France
26:07et je pense que
26:09j'ai retrouvé le plaisir
26:09d'être ici.
26:11Merci,
26:12merci beaucoup Léon Marchand
26:13d'avoir été notre invité ce matin.
26:14On a été ravis,
26:16très heureux vraiment
26:16d'avoir la chance
26:17de vous recevoir.
26:19Avec plaisir, merci.
26:20Merci.
26:20Merci.

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