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  • il y a 1 semaine
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:02La suite à 13h21 sur Europe 1.
00:05Vous écoutez Clélie Mathias et c'est le moment d'accueillir vos chroniqueurs.
00:08Clélie avec vous aujourd'hui, la journaliste au journal du dimanche, Hélène Rouet,
00:12le journaliste politique Sébastien Ligné,
00:13le chroniqueur international sur Europe 1 et CNews, Michel Fayad.
00:17Bonjour Michel Fayad.
00:18Bonjour.
00:19Bienvenue dans l'équipe d'Europe 1 Info.
00:21Évidemment, on va commencer par la rentrée scolaire.
00:24C'est la dernière pour Emmanuel Macron.
00:26C'est peut-être pas la dernière pour vos enfants.
00:29Non.
00:30Lui, il a décidé de se rendre auprès des lycéens en Lausère.
00:34Alors, on en profite pour faire un petit bilan du macronisme en termes d'éducation nationale.
00:39Je sais, Hélène, que vous vouliez parler de 40 ans d'éducation nationale.
00:42Parce que ça a commencé depuis un petit moment.
00:43On va peut-être se limiter à 10 ans, si vous le voulez bien.
00:45Lui, ministre de l'éducation nationale quand même en 10 ans.
00:48Ça fait un bon tournoi.
00:497 ans, 4 quand même.
00:50En plus, oui.
00:52Qu'est-ce que vous retenez ? Quel bilan ?
00:54Est-ce qu'il y a quand même, parce que je vous sens venir, mais il y a quand même
00:56du positif ?
00:58Ah, sur l'école ?
00:59Oui.
00:59Oui ?
00:59Non.
01:00Non.
01:00Enfin, j'en ai pas là.
01:01C'est un petit peu.
01:02Ah, plus nuisance.
01:0320%, 15% de positif.
01:05Michel Fayad ?
01:05Non, moi je pense que c'est catastrophique.
01:07D'accord, très bien.
01:10Alors allez-y développer, Hélène Rouet.
01:12Non, parce que, comme je vous dis, le problème date d'il y a plus longtemps que ça.
01:16Mais en revanche, c'est vrai que si on se met seulement sur les 10 ans de macronisme, a priori,
01:19quand on regarde avec tous les changements de ministres aussi, il y avait beaucoup de différences entre ces ministres-là.
01:23C'est-à-dire que vous n'avez aucune ligne directrice.
01:25Vous êtes passé d'un Jean-Michel Blanquer, ancien directeur de grande école, qui était plutôt ferme sur l'autorité,
01:31sur le retour d'un haut niveau, si vous voulez, dans les classes, etc.
01:33Il a essayé, lui, de mener quelques réformes.
01:35C'est une exigence, oui.
01:36Une certaine exigence, absolument.
01:38Et après, on est passé sur un papendiaï, où alors là, on était vraiment davantage dans une question d'idéologie,
01:43où si vous voulez, là, l'école n'avait plus vraiment de valeur d'autorité.
01:46Là, on est entré, en fait, dans un nouveau système, où aujourd'hui, vous avez malheureusement un grand nombre d
01:50'écoles, où en fait, les profs, aujourd'hui, déjà, ne sont plus des profs.
01:53Vous avez un peu le sentiment que c'est des animateurs de colo.
01:55Ah, vous allez venir sur les profs. Pour l'instant, je reste sur les élèves.
01:57Oui, mais malheureusement, c'est un tout. C'est-à-dire que vous n'avez plus de vouvoiements, vous n
02:01'avez plus, en fait, tout ce genre de choses qui faisaient précisément l'autorité de l'école et l'excellence
02:06française.
02:06Et après, maintenant, juste en termes de niveau, il y a juste à regarder tous les classements.
02:10Je veux dire, la France, il y a tant chute libre dans tous les classements, en maths, en français, parfois.
02:1523 derniers classements, dernière étude PISA, 23e en maths, 28e en lecture, 26e en sciences, sur les 85 pays qui
02:23y participent.
02:23Mais surtout, il faut regarder les courbes, c'est assez...
02:25Mais c'est ça, on baisse, en fait.
02:26On baisse, mais de manière assez constante.
02:28C'est ça, on baisse de manière constante, et manifestement, je ne vois aucune amélioration depuis les 10 ans au
02:33pouvoir d'Emmanuel Macron, au contraire.
02:35Michel Fayad.
02:36Oui, pour moi, le classement en mathématiques, notamment, est vraiment criant, parce qu'il y a des pays comme le
02:42Maroc qui ont réussi à investir et à faire évoluer leurs élèves par rapport à ça.
02:46Si vous allez dans les banques d'investissement à Londres ou ailleurs, il y a plein de Marocains parce qu
02:50'ils ont été éduqués sur les maths, les maths, les maths.
02:53Et nous, la France, une des six plus grandes puissances au monde, on n'est pas capable d'être dans
02:59le top 6, justement, c'est-à-dire à notre rang mondial au niveau des maths.
03:03C'est quand même incompréhensible.
03:05Être 22e, il faut vous imaginer.
03:06Aujourd'hui, on est à l'ère de l'intelligence artificielle, on est à l'ère de tous les progrès
03:12technologiques, on est aussi pour la transformation énergétique, digitale et tout.
03:18Et on a complètement abandonné le côté scientifique, et Hélène a raison, il y a aussi le côté littéraire, parce
03:23que la compréhension écrite de la part des élèves, elle est catastrophique.
03:28Ou l'orthographe aussi.
03:28Mais vous avez des élèves qui arrivent en 6e, ils ne savent pas lire.
03:31Je veux dire, à partir de ce moment-là, comment vous voulez que le début du collège se passe bien
03:34?
03:34Sébastien Ligné, comment expliquer ce déclassement scolaire par idéologie ?
03:40Mais c'est surtout qu'il y a une absence de vision politique, c'est-à-dire qu'on est
03:43typiquement dans un ministère où on ne peut pas avoir des résultats en 6 mois ou 1 an.
03:47Le problème, c'est qu'on a eu en effet Jean-Michel Blanquer, qui est quand même resté 5 ans,
03:50la totalité du premier quinquennat, ce qui est quand même un record de longévité et de stabilité,
03:55il aurait eu le temps de faire des choses.
03:57Et en effet, il avait une vision, on peut la contester ou non.
04:00Mais en réalité, sur ces 5 premières années, on a eu un bilan plus que mitigé.
04:04Déjà, la promesse initiale d'Emmanuel Macron de dédoubler les classes en primaire, on le sait aujourd'hui,
04:10c'est une promesse qui n'a été que très partiellement tenue, puisque le Sénat...
04:13C'est Thomas, c'était plutôt une bonne initiative, en tout cas.
04:17...qu'il a énormément porté lors de sa première campagne présidentielle.
04:20Le Sénat nous avait expliqué, à l'époque, qu'il fallait environ 20 000 emplois supplémentaires
04:24pour supporter ces dédoublements.
04:25On n'en a eu, au bout de 5 ans, que 7 000.
04:27Donc en réalité, on n'est pas du tout sur l'intégralité des classes qui ont été dédoublées.
04:31Et ensuite, il y a en effet cette réforme du lycée qu'il a portée,
04:34qui a eu des effets extrêmement mitigés, notamment sur les mathématiques.
04:38Encore une fois, le rapport du Sénat, avant la réforme de Jean-Michel Blanquer,
04:41vous aviez 90% des élèves en terminale qui avaient des cours de mathématiques.
04:46Après la réforme de Jean-Michel Blanquer, on est tombé à 59%.
04:50Ensuite, il ne faut pas s'étonner.
04:51Et puis plus globalement, cette chute de niveau, elle s'explique aussi par un problème
04:55de philosophie de l'éducation en France.
04:57Et ça, c'est beaucoup plus large.
04:58C'est qu'on a un problème dans ce pays, qui n'est pas le cas notamment dans les autres
05:01pays d'Europe.
05:01C'est que nous, on considère qu'il y a un parcours d'excellence.
05:04C'est-à-dire qu'on a rétrogradé les parcours professionnels,
05:08les parcours type CAP de formation.
05:10On explique en gros que si vous ne faites pas Bac S, Bac ES,
05:14les grandes filières, les filières générales, vous êtes un mauvais élève.
05:17Et vous n'avez rien à faire à l'éducation.
05:19Et si vous vous retrouvez en sciences du management
05:22ou en formation professionnelle ou en alternance,
05:24c'est que vous avez raté votre vie.
05:26Ça, c'est un problème fondamental dans notre gestion de l'éducation.
05:28C'est qu'on pousse tous les élèves,
05:30même ceux qui n'ont pas forcément le niveau, à faire des filières générales.
05:33Ils se retrouvent ensuite à l'université,
05:35où ils n'ont clairement pas le niveau et il n'y a plus de place.
05:37Et donc, ça fait chuter l'intégralité de la pyramide.
05:40Quand je vous ai posé la question du bilan du macronisme
05:43sur ces dix ans en matière, bien sûr, d'éducation scolaire,
05:46vous étiez un tout petit peu plus nuancé qu'Ellen Roué et Michel Fayad.
05:50Oui, mais parce que je prends les cinq années de Jean-Michel Blanquer,
05:54il y a eu quand même des choses.
05:55C'est-à-dire que je préfère en effet les cinq années de Jean-Michel Blanquer
05:58à l'accumulation de ministres qui ont suivi,
06:01où on est passé en effet de Pap Ndiaye à Gabriel Attal,
06:04à Nicole Belloubet,
06:05et chacun disait l'inverse de son prédécesseur.
06:08Bon, je préférais quand même la stabilité de Jean-Michel Blanquer.
06:10J'en viens juste aux profs, bien sûr,
06:13et à leur niveau aussi.
06:16Écoutez, Éric Deschavannes, il est professeur de philosophie à Sarcelles,
06:19il a affirmé ce matin sur Europe 1
06:21que le niveau des enseignants, lui aussi, dégringole, surtout en primaire.
06:24C'est au niveau du primaire que le niveau s'est dégradé,
06:27c'est-à-dire qu'on envoie de plus en plus de gens faire des études longues,
06:30l'acquisition des compétences en primaire
06:32qui permettent de faire des études longues se dégrade.
06:33On ne recrute pas les professeurs des écoles
06:36au même niveau selon les académies.
06:38Et dans les académies les plus en difficulté,
06:40Créteil et Versailles, par exemple,
06:42vous avez quasiment un ratio de 1 pour 1.
06:45C'est-à-dire qu'il suffit de se présenter pour être professeur d'école.
06:47Ah oui, d'accord, il n'y a aucune exigence.
06:49Il suffit de se présenter au concours.
06:50Alors que dans des académies
06:51où les résultats, par ailleurs, des élèves sont meilleurs,
06:55eh bien, la sélection des professeurs est plus rigoureuse.
06:58Eh oui, ça va de pair, souvent.
06:59C'est-à-dire qu'on parle d'école, donc faisons des maths.
07:01Si ça fait 40 ans que le niveau baisse,
07:02a priori, les professeurs d'aujourd'hui sont les élèves d'hier.
07:05Donc, en fait, c'est juste des mathématiques
07:06de voir que le niveau, effectivement, de toute façon,
07:08des professeurs est beaucoup moins grand.
07:10Il y a des exigences qui sont moins grandes.
07:11Et comme je vous le disais en première partie,
07:13on a aussi une perte de l'autorité
07:14qui fait que les profs sont devenus des animateurs
07:16et non plus des professeurs,
07:18parce que vous avez aussi les parents
07:19qui commencent aussi dès que votre enfant a une mauvaise note.
07:21Vous avez des parents qui vont voir les professeurs
07:23pour rouspéter.
07:23Donc maintenant, ça aussi, c'est un vrai concept
07:25qui participe évidemment à la baisse générale du niveau.
07:28Non, je souris parce que Géraldine commente, évidemment.
07:32Je connais ça parce que j'ai des professeurs
07:33dont je connais ça, effectivement.
07:36Est-ce que vous avez sérieusement envie d'être professeur en 2026 ?
07:39Vous êtes payé au lance-pierre.
07:42Les heures travaillées et non rémunérées
07:44se comptent par dizaines,
07:45parce que, pardon, s'il y a bien une profession
07:46qui travaille plus à la maison,
07:48ce sont les professeurs.
07:50Croire cette fable que les professeurs ne travaillent pas assez
07:52ou qu'ils ont trop de vacances,
07:53c'est une foutaise absolue,
07:54parce que pendant les vacances,
07:55les professeurs y travaillent en général.
07:56Et quand ils rentrent chez eux après 16 ou 17 heures,
07:59ils travaillent aussi,
08:00parce qu'ils ont du travail en plus.
08:01Et ce travail-là, il n'est pas payé.
08:03Donc à 2000 euros net, je crois, en entrée de carrière,
08:06on vous envoie en zone prioritaire.
08:07Personne n'a envie de faire ça.
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