- il y a 1 semaine
Ce mardi 1er septembre, retrouvez le replay de l'émission USA Today présenté par Antoine Larigaudrie sur BFM Business.
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00:01BFM Business, 15h30, 16h.
00:08USA Today, Antoine Larigauderie.
00:11Soyez les bienvenus pour cette nouvelle édition d'USA Today,
00:14votre demi-heure spécialement consacrée au marché américain,
00:17à l'ouverture de Wall Street, à la cloche, c'est dans une quinzaine de secondes.
00:21Énormément de sujets à la une, mais alors évidemment,
00:24tous les yeux sont braqués sur le marché obligataire,
00:26qui n'arrête pas de se tendre, qui n'arrête pas de provoquer des déséquilibres.
00:29On en parle depuis des semaines et des semaines.
00:31C'est sensible en Europe, mais c'est de plus en plus sensible du côté des Etats-Unis.
00:34Et ça, la communauté financière commence à s'en inquiéter.
00:37Vous l'entendez, la séance vient de commencer du côté de Wall Street.
00:43Et les indices sont dans le rouge pour commencer cette séance à la cloche.
00:48On a eu une baisse de 0,7% du Dow Jones, 53 195 points, 185 très exactement.
00:57Autant vous dire que la séance ne commence pas très très bien.
01:01Les indices sont dans le rouge, moins 1,29% pour le Nasdaq et moins 0,72% pour le
01:06S&P 500.
01:07La volatilité remonte un petit peu si on regarde l'indice VIX, on est à 15,90%.
01:11Donc je vous le disais, la principale cause de tout cela,
01:13ce sont ces déséquilibres causés par les tensions sur le marché obligataire américain.
01:17A tel point que ça provoque aussi des déséquilibres entre les Etats-Unis et le Japon.
01:22Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor, est au chevet direct de ce qui se passe du côté du Japon.
01:28Et notamment l'affaiblissement du Yen, la montée des taux japonais.
01:33Scott Bessent appelle même la Banque du Japon à relever ces taux.
01:36Bref, on a le sentiment qu'il y a une petite situation d'urgence qui se prépare du côté des
01:41marchés américains,
01:41du côté des marchés japonais.
01:42Et ça, c'est du déséquilibre de manière générale pour l'ensemble des marchés financiers.
01:47Sinon, on a bien sûr beaucoup de nouvelles dans la tech.
01:49C'est le premier jour de l'après Tim Cook chez Apple.
01:52Et puis, on a également du remue-ménage à nouveau du côté de l'intelligence artificielle.
01:57On y passera pas mal de temps, notamment du côté d'Anthropic, notamment du côté d'NVIDIA.
02:04Vous allez voir des choses qui se passent, des accords qui se nouent.
02:06Encore une fois, USA Today, c'est parti.
02:09C'est l'ouverture des marchés américains.
02:10C'est tout de suite sur BFM Business.
02:17Avec nos invités du jour, nous sommes avec Christian Fontaine du magazine Le Revenu,
02:23Franklin Pichard de Kipling, bonjour, et puis Félix Baron du Club des investisseurs indépendants.
02:28Et évidemment, notre grand témoin des marchés américains, comme tous les jours, vous le retrouvez à l'antenne,
02:32c'est John Plassard de Cité Gestion.
02:35John, je le disais, ça continue de se tendre sur la dette américaine, sur le 10 ans, sur le 30
02:40ans.
02:41Ça commence à piquer et ça se voit sur le cours des actions.
02:44Là, on commence assez mal ce début de séance du côté de Wall Street.
02:49Oui, et puis ce qui est très intéressant de noter, Antoine, c'est que ce n'est pas seulement un
02:53mouvement américain,
02:54parce que tout le monde pense aux 10 ans américains, voire japonais.
02:58Mais si on regarde les obligations souveraines mondiales, elles affichent un rendement de plus de 3,70%.
03:04C'est leur plus haut niveau depuis mi-2008.
03:08Un mauvais souvenir pour ceux qui étaient sur les marchés.
03:12La grande crise financière, la deuxième plus grande depuis 1929.
03:17Alors évidemment, le Japon, on l'a vu il y a quelques semaines, c'est devenu l'épicentre discret.
03:22On a son taux à 10 ans qui a touché 3%.
03:25C'est un niveau inédit depuis 1996.
03:29Et on est aussi avec un 30 ans sur des plus hauts de 1998.
03:34Donc on est dans une situation, alors attention au mot, on ne veut pas amener la panique,
03:40mais on est dans une situation de contagion, je l'ai bien dit, dans les marchés développés.
03:47On a les obligations australiennes, par exemple, qui suivent presque autant les bons souverains japonais
03:56que les très juristes américains.
03:5810 ans australiens, il est au plus haut depuis 2000 ans.
04:01Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
04:03Ça veut dire qu'un investisseur, il ne peut plus se protéger d'une remontée mondiale des taux
04:07simplement en allant autre part qu'aux États-Unis ou qu'au Japon.
04:12Donc on est dans une situation où, évidemment, on en a assez parlé,
04:16on a donné l'explication, les déficits, la dette, la concurrence avec les entreprises
04:21de l'intelligence artificielle qui émettent aussi des emprunts,
04:25mais on est aussi dans une réévaluation qui a changé depuis pas très longtemps,
04:33presque depuis Jackson Hole, où en fait on a les investisseurs qui parient à 70%
04:39sur une remontée des taux de la Fed dans deux semaines.
04:43On parie sur une remontée des taux de la BCE la semaine prochaine
04:48et bien évidemment sur la Banque du Japon, c'est quasiment certain,
04:53qui devraient monter les taux.
04:55Donc le risque, c'est celui de taux durablement élevés.
04:59Et évidemment, on l'a dit, le problème c'est la dette, le problème c'est le déficit.
05:03On revient sur ce thème et d'un emballement.
05:06Et quand on parle d'emballement, ça veut dire qu'à un moment,
05:09on n'arrive plus à éteindre le feu sur la dette, notamment sur la dette longue.
05:16Alors on regarde un petit peu ce qui se passe sur le marché obligataire,
05:19sur les dettes 10 ans, effectivement ça s'est un petit peu tendu sur la dette américaine
05:22par rapport à hier à 4,77.
05:24On est toujours du côté des 3,35 pour la dette allemande.
05:28On s'est tendu de deux points de base, mais bon, un petit problème
05:32qui va commencer à piquer aussi du côté français, c'est qu'on est à 4,2% pour la
05:36dette française.
05:37Donc là, on commence à être un petit peu en situation de débordement.
05:41Christian Fontaine, ça fait quand même des semaines et des semaines
05:43que les voyaux en orange s'allument, c'est en train de passer à l'oranger franchement foncé.
05:48Oui, la rentrée est chaude, on va dire.
05:50Alors, ça fait peur.
05:52Oui, ça pourrait piquer, et j'utilise le conditionnel,
05:54parce que pour l'instant, ça pique relativement peu.
05:56Alors, vous citiez effectivement l'ouverture marché Wall Street,
06:00Dow Jones en recul, c'est vrai, mais au cours de cet été,
06:04ça s'est plutôt bien passé sur l'ensemble des marchés,
06:06avec de nouveaux records historiques autour du 10 août des deux côtés de l'Atlantique.
06:11Alors, c'est vrai que normalement, lorsque les taux d'intérêt progressent,
06:14les obligations deviennent plus intéressantes,
06:16et donc il peut y avoir un phénomène de vaste communiquant
06:19que pour l'instant, on ne voit pas encore trop.
06:21Par contre, oui, je suis entièrement d'accord,
06:23dans la mesure où c'est un vrai sujet,
06:25c'est un vrai sujet parce que ça va considérablement impacter
06:29le montant d'intérêt payé par les pouvoirs publics
06:33et payé par les gouvernements ultra-endettés des deux côtés de l'Atlantique.
06:36Et puis, c'est aussi un vrai sujet, et ça, on ne le dit pas assez,
06:39c'est un vrai sujet pour les particuliers,
06:41c'est un vrai sujet pour les emprunteurs,
06:44avec un impact à terme sur le marché de l'immobilier.
06:49Et puis, ça peut aussi avoir un impact,
06:51mais sur lequel il faut y revenir,
06:53surtout les placements, entre guillemets, sans risque,
06:55à commencer par l'assurance-vie en euros.
06:57Le front euro va commencer à devenir intéressant, ça c'est sûr.
07:00Oui, alors ça, d'accord, effectivement,
07:02puisque les assureurs qui achètent beaucoup d'obligations
07:08vont effectivement pouvoir mettre en portefeuille
07:10des obligations autour de 4%,
07:12donc ça vaut mieux qu'il y a quelques années
07:14autour de 0,5, 1 ou 2, c'est vrai.
07:16Donc oui, l'assurance-vie en euros va bien se comporter
07:21très certainement encore cette année et les années suivantes,
07:23mais attention, il ne faut pas se leurrer.
07:25Il ne faut pas considérer que c'est l'occasion
07:28d'y aller les deux pieds devant,
07:30tout simplement parce que les rendements nets
07:32d'hausses des prix et nets de prélèvements sociaux et fiscaux
07:35vont tourner autour de l'inflation, au à peine mieux.
07:38Donc on n'a pas un rendement à la hauteur des enjeux,
07:42notamment, je dirais, en matière d'épargne-retraite
07:45et nécessaire pour avoir une épargne bien rémunérée.
07:50Francklin Pichard, de votre regard,
07:52le marché action est peut-être un petit peu complaisant
07:55avec la situation actuelle sur les taux ?
07:57Oui, c'est-à-dire que le marché action continue
07:59de regarder la saison des publications.
08:02Il se décorèle un petit peu des taux
08:05parce que c'est vrai que dans l'analyse qui est faite,
08:09ce n'est pas un krach auquel on s'attend dans l'immédiat.
08:12Pour le moment, c'est simplement préoccupant.
08:13Ce qui pourrait déclencher et amplifier un phénomène,
08:18ce serait une accélération dans les mouvements sur les taux.
08:22Donc pour les actionnaires, les porteurs de marché action,
08:27on rentre dans une période de volatilité
08:31certainement exacerbée par rapport à ce qu'on a pu connaître
08:33au cours des mois précédents.
08:34Et c'est surtout ça qui va être important.
08:36Mais de krach à court terme, on ne l'anticipe pas,
08:40on ne l'imagine pas, on n'a pas un alignement des planètes pour ça.
08:43Donc on va attendre encore un petit peu,
08:45on va raison garder, on surveille.
08:47Ça interviendra vraisemblablement.
08:49Et forcément, on conseille à nos clients de refaire du cash
08:54parce que le jour où on aura cette correction,
08:56il faudra avoir du cash pour venir se renforcer à la baisse.
09:00Félix Baron, de votre regard, est-ce qu'il y a des raisons,
09:05alors en cette rentrée, d'arbitrer, de se dire,
09:10bon, la situation elle est X désormais, notamment sur les taux,
09:14est-ce que ça provoque des arbitrages ?
09:16Est-ce que ça mérite qu'on attende encore un petit peu
09:18que les tendances s'affermissent ?
09:20Enfin, vous en êtes où, globalement, vous ?
09:22Ce que je regarde, c'est trois points.
09:24C'est que sur la dette américaine, si elle augmente,
09:27c'est un taux de rendement obligatoire,
09:30c'est l'addition à la fois d'un taux d'intérêt
09:32qui reflète la croissance de l'économie, globalement,
09:34et d'une prime.
09:35Et c'est surtout la prime qui augmente,
09:37un peu comme si plus personne ne voulait de la dette américaine,
09:39dit de manière très grossière.
09:41Ce qu'on sait, c'est qu'au mois d'août,
09:42les dernières adjudications de dette étaient plus compliquées
09:44avec la Grande-Bretagne et la Chine et le Japon
09:46qu'en veulent de moins en moins.
09:47Je dirais que le problème n'est pas américain,
09:49il vient presque du Japon.
09:50Parce que si on a le Japon qui resserre sur le Yen
09:54les taux d'intérêt qui les montent,
09:56pour un particulier, comme pour un investisseur institutionnel japonais,
09:59quel est l'intérêt d'aller se prendre de la dette américaine
10:02qu'on doit edger, donc payer un taux de change,
10:05payer la couverture du taux de change, plus avec une prime,
10:07alors qu'on a du 30 ans japonais à 4% ?
10:09C'est vrai qu'il se fait la même de carry trade.
10:11Le problème, c'est que le Japon est un gros consommateur
10:14de dettes souveraines américaines, de dettes obligataires américaines.
10:17La deuxième chose, vous l'aviez dit,
10:19ça ouvre un problème de carry trade.
10:21On dit qu'il y a à peu près 2100 milliards de sujets sur le carry trade.
10:25Donc ça, c'est le premier point à surveiller.
10:27Le deuxième point, c'est la corrélation,
10:30Franck, là, on parlait,
10:31entre le marché actions et le marché obligations.
10:34La corrélation, on la connaît,
10:35normalement, elle est négative et elle est mécanique.
10:36Prix, des obligations baissent,
10:38les actions montent et vice-versa.
10:40Là, si on a, comme on l'a vu,
10:42on a entrevu quelques séances cet été,
10:44à la fois des obligations et des actions
10:45qui baissent en même temps,
10:48en fait, les obligues ne jouent plus leur rôle d'assurance.
10:51Et ça, ça devient plus inquiétant.
10:52C'est vraiment ce que j'observe.
10:53La troisième chose,
10:54c'est à ce niveau de taux d'intérêt
10:56et de taux de rendement sur la dette,
10:58ça devient une espèce d'écarteur entre deux économies.
11:00Vous avez l'économie des géants
11:01qui n'ont pas besoin de la dette,
11:04qui ne sont pas concernés par le marché obligataire.
11:07Qui s'auto-edge entre eux.
11:08Les actions de cash, des NVIDIA,
11:10les Hyperscalers, les Mac 7, etc.
11:14Ils peuvent financer leur capex sur leur trésorerie.
11:16Et puis, vous avez ceux qui ont besoin du marché de crédit.
11:18Et ça, ça va écarter énormément les performances
11:21et ça va augmenter les disparités dans les économies.
11:24Celles qui sont très locales
11:25et celles qui sont très internationalisées.
11:27Alors, du coup, on sent que ça chauffe
11:28et principalement avec un épicentre au Japon, John.
11:32Et du coup, ça provoque des réactions assez épidermiques.
11:36Alors, notamment de Scott Besant, qui va directement...
11:39On se souvient cet été que le trésor américain,
11:42le trésor, était intervenu en faveur du Yen,
11:45en faveur d'un soutien du Yen,
11:46dans une action coordonnée avec la Banque du Japon.
11:48Et là, c'est carrément Scott Besant,
11:50le secrétaire américain au trésor,
11:52qui se fait conseiller en politique monétaire
11:54de la Banque du Japon en leur disant
11:55« Relevez vos taux, parce que sinon,
11:57ça risque de déborder. »
11:59Est-ce qu'on n'a pas un petit sentiment
12:02de panique à bord là-dedans, John ?
12:04Oui, tout à fait.
12:05Mais on rappelle quand même que l'intervention coordonnée
12:09entre les Américains et les Japonais
12:11est une première depuis 1998.
12:14Qui n'a rien donné, d'ailleurs.
12:15C'était vraiment quelque chose, exactement,
12:18pour défendre le seuil des 160 pour un dollar, Yen.
12:23Alors, on y est à nouveau.
12:24Et on rappelle aussi que Tokyo a déjà dépensé
12:28un montant de plus de 100 milliards de dollars
12:30en un mois pour essayer de défendre sa monnaie.
12:35Alors, évidemment, c'est une situation totalement inhabituelle.
12:38Déjà, un, qu'on ait Scott Besant qui demande de monter les taux.
12:42Alors, ce n'est pas aux États-Unis,
12:43mais bon, on est dans une situation
12:46qui ne va pas dans le sens de Donald Trump.
12:50Mais la question, c'est qu'il faut aussi soutenir le Yen.
12:55Il y a trop de différentiels de taux
12:57entre le Japon et les États-Unis,
13:00surtout si la Fed monte ses taux dans 10 jours.
13:04Et là, ce sera encore plus grand.
13:06Donc, évidemment, les attentes sont extrêmement fortes
13:09sur la Banque centrale du Japon.
13:12La Banque centrale du Japon doit absolument relever ses taux
13:16pour défendre le Yen, contenir l'inflation importée.
13:21Mais, et c'est ça qui est très compliqué,
13:24ils ne doivent pas provoquer une nouvelle accélération
13:28des rendements qui, évidemment, fragiliserait
13:30les finances publiques japonaises.
13:33Et puis, la contamination dont je parlais avant
13:36vers les autres marchés.
13:38Donc, on est dans une situation très compliquée
13:40où, avant, on avait l'impression de dire
13:43« ça, c'est contenu aux États-Unis,
13:45ça, c'est contenu à l'Angleterre,
13:47ça, c'est contenu au Japon. »
13:49Et là, on comprend que c'est un système international
13:53et qu'un rendement dépend aussi d'un autre.
13:59Et ça, c'est très important.
14:00C'est la tectonique obligataire
14:03qui est en train de faire feu de tout bois.
14:06Et juste une chose qui, je pense, est assez importante
14:09parce que, vous savez, avant, lorsqu'on parlait
14:12des rendements obligataires, on cherchait un chiffre.
14:14Le 10 ans, c'était 5 %.
14:16Après 5 %, eh bien, c'était la panique.
14:18Eh bien là, que ce soit au Japon,
14:21que ce soit aux États-Unis,
14:22on n'a pas besoin d'avoir un rendement précis.
14:26Il faut, le vrai signal, je dirais,
14:28c'est une combinaison de mauvaises adjudications.
14:31Par exemple, que ce soit au Japon ou aux États-Unis,
14:34la hausse persistante du pétrole,
14:36on n'en a pas encore parlé,
14:37le pétrole monte,
14:38les anticipations d'inflation montent,
14:40un spread de crédit qui s'écarte.
14:42Et puis, en définitive,
14:44et c'est ce qui nous posera potentiellement problème,
14:47eh bien, des actions qui sont incapables
14:50d'absorber, d'une certaine manière,
14:53la remontée des taux.
14:54– Franklin Pichard, vous en avez connu,
14:57des périodes comme ça,
14:59où les banques centrales ont des interventions communes
15:01pour soit soutenir une monnaie,
15:03soit faire baisser les taux, etc.,
15:05où il y a des politiques coordonnées.
15:07Alors déjà, premièrement, c'est un signe déplorable
15:10pour l'ensemble du marché et pour la confiance.
15:13Et puis, généralement, les effets sont...
15:15– C'est non seulement contre-productif,
15:19mais là, on a l'impression qu'il y a beaucoup d'amateurisme.
15:21C'est-à-dire qu'on s'attaque aux Japonais,
15:23on s'attaque à la Banque du Japon
15:25et, en fait, on lui demande de faire quelque chose
15:28qui va se retourner contre les États-Unis
15:30à brève échéance.
15:32Ça va être ça, comme ça vient d'être évoqué à l'instant.
15:34On a le problème du carry trade.
15:35Aujourd'hui, les investisseurs allaient emprunter
15:38à pas cher au Japon
15:40et faisaient leurs acquisitions ailleurs.
15:42Aujourd'hui, les Japonais n'ont pu faire cette opération
15:45d'aller investir ailleurs que dans leur pays.
15:48Ils vont commencer à regarder le Japon de plus près.
15:51Donc, il va y avoir un problème sur les émissions
15:54un peu partout dans le monde,
15:55parce que ça va avoir un effet également
15:58sur les émissions européennes.
16:00On l'a vu aujourd'hui,
16:01que ce soit la Grande-Bretagne, la France et d'autres,
16:04sont obligés de...
16:06On leur demande une prime sur les échéances longues,
16:10parce qu'aujourd'hui, on a tellement de choix,
16:11on va aller donner son argent aux plus offrants.
16:15Donc, ça risque d'être quelque chose d'assez important
16:19avec des conséquences relativement graves à moyen terme
16:21et où on considère qu'à un moment,
16:24le marché va s'auto-réaliser
16:27dans une petite panique avant
16:31et qui pourrait, à ce moment-là,
16:33déclencher une crise plus grave
16:34sur les marchés obligataires.
16:36On n'en est pas là.
16:36On n'en est pas là encore.
16:38Mais enfin, c'est ce que les investisseurs
16:40redoutent aujourd'hui.
16:41Oui, d'autant que Christian Fontaine,
16:43et puis on était tous là il y a deux ans,
16:45il y a eu le feu, entre guillemets, au Japon
16:48à cause d'un problème de débouclement de Caritrade,
16:51c'était il y a deux ans,
16:51et ça avait mis un bon coup de grisou sur les marchés.
16:54On s'en était remis assez vite.
16:56Là, les raisons sont peut-être
16:57un petit peu plus structurelles, on va dire.
17:00En fait, il y a une question
17:01et une solution qui fait débat.
17:03La question, c'est vrai, effectivement,
17:05je suis d'accord avec vous,
17:06que c'est le grand chamboule-tout,
17:07le grand chamboule-tout au niveau des devises,
17:09au niveau des politiques monétaires,
17:11au niveau des politiques budgétaires,
17:13au niveau des taux d'intérêt.
17:15Et face à ça, quelle est la solution historique
17:17que les investisseurs particuliers ont entre les mains ?
17:19C'est la fameuse stratégie du portefeuille équilibré,
17:2350% actions, 50% obligations,
17:25mais comme vient le dire Félix,
17:26aujourd'hui ça ne fonctionne plus.
17:28En tout cas, ça ne fonctionne plus aussi bien.
17:30Donc, entièrement d'accord avec mon voisin
17:32pour détenir une poche de liquidité,
17:36à la fois qui pourra faire coussin amortisseur
17:40et qui pourra, je dirais, aider les particuliers
17:43à saisir des opportunités le moment venu.
17:46Mais il y a une question qu'on n'a pas encore posée,
17:48c'est en cette rentrée 2026,
17:52et surtout dans une émission qui s'appelle USA Today,
17:54c'est la problématique de l'allocation d'actifs.
17:56Et quel pourcentage d'actions américaines
17:58par rapport aux actions émergentes, voire européennes ?
18:01Il y a un sujet qu'on n'a pas encore abordé,
18:03c'est vrai que la hausse des taux d'intérêt est valable
18:06aussi bien du côté des États-Unis, du côté du Japon qu'en Europe,
18:10mais en France, je dirais qu'au niveau de la France,
18:14il y a cette instabilité politique,
18:16ce risque politique dont il faut tenir compte.
18:21Et je terminerai en disant que c'est une bonne raison,
18:24il y a beaucoup de gestions institutionnelles en ce moment
18:26qui vont dans ce sens-là, qui s'allègent sur la France,
18:29voire sur l'Europe, et pourquoi pas pour se renforcer sur les États-Unis.
18:33Au revenu, on recommande une part en actions américaines
18:38entre 40 et 45 % en fonction du profil plutôt prudent
18:42ou plutôt équilibré.
18:44Mais je pense que c'est bien.
18:47Il me semble que ce risque politique sur la France,
18:51on peut être patriote et lucide,
18:54ne doit pas être sous-estimé, bien sûr.
18:59On va passer à l'actualité des entreprises,
19:01et notamment de la tech.
19:02Alors, Félix Baron va avoir pas mal de choses à nous dire dessus,
19:04c'est un petit peu son dada.
19:06John, Goldman Sachs nous fait encore des prévisions
19:10mirobolantes sur les robots dans la rue.
19:15Goldman Sachs qui revoit très fortement ses estimations
19:17à la hausse pour ses prochaines années.
19:18Alors, je dois vous dire, John,
19:20il y a 6-7 ans, Goldman Sachs faisait déjà des prévisions
19:25mais absolument monstrueuses autour du marché de la voiture autonome.
19:28On parlait de, je ne sais plus, c'était entre 500 et 600 milliards de dollars.
19:33On l'attend toujours ce marché.
19:34Malgré tout, là, en ce qui concerne les robots,
19:37ça pourrait être un petit peu plus réalisable, entre guillemets.
19:41Oui, alors, effectivement, c'est que Goldman Sachs aime bien mettre en avant
19:45des situations et des thèmes qui sont un petit peu extrêmes.
19:49Mais il y a un tout petit peu plus de détails,
19:51c'est pour ça que je pense que c'est intéressant d'en parler.
19:54Alors, le headline, comme on dit, le titre accrocheur,
19:59c'est que Goldman vient de multiplier par près de 5
20:02ses prévisions de vente mondiale de robots pour 2035,
20:05qui serait à 6,5 millions d'unités contre 1,4 millions avant.
20:12Et ce marché serait valorisé à près de 140 milliards de dollars,
20:18entre 38 milliards par rapport aux anciennes prévisions.
20:22Alors, évidemment, vous allez me dire, est-ce qu'ils ont la bonne boussole ?
20:27Mais la question, c'est que ça ne viendra pas simplement
20:30de l'intelligence artificielle, mais aussi du prix.
20:33Et je pense que ça, c'est très intéressant.
20:35Pourquoi ? Parce que Goldman estime qu'un humanoïde moyen,
20:40je ne sais pas si on peut dire ça comme ça,
20:41le prix d'un humanoïde moyen peut tomber d'environ actuellement
20:47de 42 000 dollars à 21 000 dollars en 2035.
20:52Donc, on est dans une situation où le temps de retour sur investissement
20:57se réduit de plus en plus à 1,6 années.
21:01Donc, ça devient assez intéressant.
21:03Et même, ils vont un tout petit peu plus loin et ils prennent l'exemple d'Amazon.
21:08Et Amazon, qui exploite déjà près de 1 million de robots sur près de 300 sites,
21:13eh bien, Goldman estime que l'automatisation, donc jusqu'en 2032, voire au-delà,
21:20pourrait générer jusqu'à 72 milliards de dollars d'économies entre 2026 et 2030 pour Amazon.
21:28Et ça, bien évidemment, et on l'imagine, il y aurait un potentiel de hausse de Mars-Gebit
21:34qui serait absolument extraordinaire.
21:37Alors, évidemment, il faut faire attention avec ça.
21:39Mais on voit qu'on est quand même, on parlait du développement des robots.
21:42Et là, on est au stade supérieur où on parle de la baisse des prix des robots
21:48et de l'utilisation, bien évidemment, de plus en plus importante.
21:52Félix Baron, on s'interroge toujours sur les retours sur investissement des CAPEX
21:56dans l'intelligence artificielle.
21:58Là, en ce qui concerne la simple robotique, l'équation semble un petit peu plus simple à résoudre
22:05et en tout cas plus fiable en matière de dynamiques économiques, on va dire.
22:10Oui, et je pense que c'est très important d'en parler
22:12puisque c'est un marché dont on ne va pas être les premiers consommateurs.
22:15Les premiers consommateurs, on le disait il y a un instant, ça va être les entreprises.
22:2172 milliards de dollars économisés sur les coûts de service pour Amazon,
22:26c'est 240 points de base sur sa marge débite.
22:29Donc, imaginez une marge débite qui progresse de 2,4% par an.
22:33Les marchés, ils ne vont pas juste applaudir, ils vont être euphoriques.
22:36Donc, vous avez cette première perspective chez un premier client dont type logistique Amazon.
22:41Maintenant, on passe aux constructeurs automobiles.
22:43Ils estiment que s'ils achètent des robots, peu importe 42 000 dollars, 21 000 dollars,
22:49ça pourrait représenter de 1 à 6 points d'amélioration sur la marge brute.
22:54Et on sait à quel point la marge brute est vraiment la boussole qui indique le nord
22:59pour l'industrie automobile qui va mal.
23:02Donc, la demande est très importante.
23:06Qu'on soit à 1 million d'unités, à 6 millions d'unités en 2030, 1 million,
23:11c'est Goldman Sachs, touche du doigt le fait que le marché est énorme,
23:16mais personne, même pas Goldman Sachs, ils sont bien informés,
23:19peut dire à quoi va ressembler le marché en 2035.
23:23Ce qui me paraît important, c'est qu'il va y avoir une consommation très forte de robots humanoïdes,
23:28pas forcément pour les particuliers, mais surtout dans les entreprises
23:31avec énormément de process manufacturiers,
23:33que le robot va devenir une commodité un peu comme le drone,
23:37et qu'exactement comme pour le drone, il va probablement falloir,
23:41si on veut faire un trade et investir, regarder côté non pas chez les vendeurs de drones,
23:49mais plutôt chez les acheteurs qui s'intéressent et investissent plus vers Amazon
23:54ou vers l'industrie automobile, ceux qui vont améliorer leur marge,
23:57plutôt que ceux qui vont les produire, parce qu'on ne connaît pas encore le prix.
24:00Et on sait qu'il va y avoir des goulots d'étranglement,
24:03des aimants, les aimants, la visserie, les capteurs de mouvements, etc.
24:08Tous les goulots d'étranglement qu'on a vus sur l'infrastructure,
24:11le côté matériel de l'IA, vont arriver sur les robots.
24:15Donc c'est des pistes à avoir en tête, mais ce marché, encore une fois,
24:20on a du mal à dire à quoi il va ressembler, mais il va être énorme.
24:22John, un petit mot quand même, parce que c'est le premier jour d'Apple,
24:27de l'ère après Tim Cook, c'est John Ternus désormais
24:31qui va présider au destiné d'Apple.
24:33On a un groupe qui a été extrêmement conservateur,
24:37qui n'a pas subi des cadrages débordements sur investissez dans l'IA,
24:40investissez dans les data centers, non.
24:42Il s'est dit non, notre boulot c'est de faire des téléphones,
24:45c'est de faire des ordinateurs, c'est de faire rêver,
24:47c'est de faire du design, c'est de faire des objets techniques.
24:50Donc Tim Cook a quand même remporté une victoire assez éclatante à ce niveau-là.
24:53Est-ce que vous pensez que John Ternus va être sur la même lignée ?
24:57Écoutez, celui qui nous a fait rêver,
24:59je n'ai rien contre l'actuel dirigeant, l'ancien dirigeant,
25:03mais celui qui nous a fait rêver, c'est Steve Jobs.
25:04Steve Jobs.
25:05N'allons pas par quatre chemins.
25:07Et en fait, John Ternus est le premier dirigeant depuis Steve Jobs
25:11à venir directement de l'ingénierie plutôt que des opérations.
25:16Et ça, c'est très important.
25:18Il ne vient pas de nulle part, il est chez Apple depuis 2001.
25:21Il est rentré dans l'ingénierie matérielle en 2013 et puis il a été membre de l'équipe dirigeante depuis
25:312021.
25:32Il a supervisé les équipes derrière le iPhone, le Mac, l'iPad, l'Apple Watch, les AirPods et le Vision
25:39Pro.
25:39Donc, il est vraiment dans l'entreprise.
25:43Et puis aussi, ce qui est intéressant, c'est de voir que son actif le plus important pour l'instant,
25:50c'est la transition du Mac vers les puces maison.
25:54Donc, on est dans une situation où il est très, très bien loti.
25:58L'outil, ce n'est pas un inconnu et potentiellement, l'intelligence artificielle,
26:03vous savez, tout le monde disait, on en a parlé souvent, tout le monde disait,
26:07Apple, ils sont en retard sur l'intelligence artificielle.
26:09Oui, ils n'auront pas leur propre intelligence artificielle,
26:12mais ils seront assez intelligents pour utiliser une autre intelligence artificielle
26:16et le mettre dans leur iPhone, par exemple.
26:20Et puis, on rappelle juste une chose qui est quand même assez incroyable,
26:23c'est qu'il hérite d'une machine financière absolument extraordinaire,
26:27parce que sous Tim Cook, Apple a ajouté quand même 4 320 milliards de dollars
26:33de capitalisation boursière.
26:35Donc, c'est quelque chose d'absolument extraordinaire.
26:38Donc, ce n'est pas une société en faillite dont il hérite, bien au contraire.
26:42Il a évidemment du pain sur la planche, mais potentiellement, c'est la bonne personne.
26:47John, il nous reste 30 secondes.
26:49Est-ce que vous pouvez nous dire vraiment en quelques mots ce deal que vient de signer Anthropik
26:54à 35 milliards de dollars, qui est important dans le domaine de l'intelligence artificielle, justement ?
26:59Oui, donc Anthropik qui vient d'ajouter environ 35 milliards de dollars de capacité informatique
27:06auprès de Lambda, c'est un fournisseur du cloud qui est soutenu par NVIDIA
27:10pour un centre de données Texan d'environ 350 mégawatts.
27:15Qu'est-ce que ça veut dire très concrètement ?
27:17Ça veut dire que l'intelligence artificielle ne se mesure plus seulement en nombre de plus,
27:21mais aussi aux accès sécurisés, à l'électricité, au terrain et au réseau.
27:28Et en quelques jours, vous avez Anthropik qui aurait engagé jusqu'à 80 milliards de dollars
27:35de location de puissance de calcul avant même son introduction aux bourses.
27:40Donc on voit que c'est vraiment un terrain absolument extraordinaire
27:44et que Anthropik fait feu de tout bois, on l'a déjà dit aujourd'hui,
27:49mais vraiment, il se focalise sur la sécurité, la sécurisation de l'électricité, de la puissance.
27:57Christian Fontaine, on a vraiment une lutte là, sans merci,
28:02entre les conservateurs de chez Apple et puis ceux qui continuent d'investir, d'investir, d'investir,
28:09et sans forcément de retour sur investissement en quelques secondes.
28:12Ce qui est bien, c'est que vous soyez conservateur ou pas,
28:15de toute façon, les cours de bourse progressent.
28:17Ça, c'est le bonheur intégral.
28:19Donc on voit en cette rentrée, c'était Nvidia la semaine dernière Anthropik aujourd'hui,
28:22qu'en fait, les géants américains de la tech vont continuer à faire,
28:27je dirais, l'actualité en cette rentrée.
28:30Et bien sûr, il faut y être.
28:32Il faut y être présent dans la tech américaine et plutôt à travers,
28:35et ça, c'est une différence qu'on a parfois avec Félix.
28:39C'est un débat qu'on a eu 20 fois,
28:40mais plutôt au lieu d'essayer de chercher l'aiguille dans une botte de foin,
28:44on achète la botte de foin.
28:47Et donc, on investit dans un ETF qui réplique,
28:49c'est-à-dire dans une pour 500 ou le Nasdaq.
28:51Franklin Pichard, le mot de la fin.
28:53Apple est peut-être un petit peu au-dessus du débat.
28:55C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on a vu cette opération.
28:57Ça ne se fait pas directement entre Anthropik et Nvidia.
29:00En fait, le pivot, c'est Nvidia.
29:02On le voit apparaître maintenant sur toute la ligne.
29:05Et quand on discute avec les analystes,
29:07ils disent finalement qu'il est client, fournisseur, il fait tout.
29:11Et donc, aller trouver des modèles d'évaluation par rapport à ce secteur,
29:15ça va être un sale boulot pour les analystes
29:17et trouver la véritable valeur de ces titres-là.
29:20Absolument.
29:21Merci beaucoup, Franklin Pichard de Kipling.
29:24On avait Christian Fontey du magazine Le Revenu.
29:25Félix Baron du Club des investisseurs indépendants.
29:27Merci d'avoir été avec nous.
29:29John, merci infiniment.
29:30John Plassard, cité gestion, vous retrouve demain
29:32pour une nouvelle édition du USA Today.
29:34On enchaîne tout de suite avec BFM Boursa.
29:36Tout de suite.
29:39USA Today sur BFM Business.
29:41USA Today sur BFM Business.
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