- il y a 1 semaine
En Roumanie, parler français est une tradition. Rencontre avec des Roumains qui nous font découvrir ce grand pays francophone d'Europe centrale et orientale. Première étape à Bucarest, surnommée le « Petit Paris », puis Timisoara, première ville libre de Roumanie en 1989 et Capitale européenne de la culture en 2023. Année de Production :
Catégorie
📺
TVTranscription
00:23Bonjour, je suis ravi de vous retrouver pour la suite de notre voyage en
00:28francophonie à travers la Roumanie. Après Bucarest et Timuchoara, je continue ma traversée
00:33du pays à la rencontre des Roumains francophones qui vont vous faire découvrir leur culture,
00:38leur mode de vie, mais aussi leur rapport avec la langue française. Première étape
00:41de notre voyage, la ville de Sibiu, je vais rencontrer Aline. Il s'occupe depuis 30 ans
00:46d'un jumelage qui fait vivre la francophonie dans sa ville, mais aussi dans toute la région
00:50de Transylvanie.
00:53Au cœur de la Transylvanie, cela fait donc 30 ans qu'Aline, un chef d'entreprise francophone,
00:58s'occupe du jumelage de Sibiu avec Rennes, la capitale de la Bretagne, dans le nord-ouest
01:03de la France. Il y a même, en plein cœur de Sibiu, une maison de l'Île-et-Vilaine,
01:08du nom du département français, dont Rennes est le chef lieu. C'est ici qu'Aline coordonne
01:14bénévolement une équipe chargée de faire vivre ce jumelage dans plusieurs domaines.
01:17La francophonie d'abord, avec des cours de français dans la maison et les écoles
01:21de la ville, avec une jeune enseignante française.
01:24Fondue, tu sais ce que c'est ?
01:25Oui, c'est des fromages.
01:27Oui, c'est bien, radue, tu vois.
01:28La jeunesse, ensuite, à travers des universités d'été francophones, où se rencontrent des
01:32jeunes français et roumains lors de camps de loisirs.
01:36Dans cette partie de la Roumanie très germanophone, la maison d'Île-et-Vilaine est un véritable
01:41oasis de francophonie.
01:44Pour me présenter Sibiu, Aline m'a donné rendez-vous en plein centre de la ville.
01:49Bonjour Aline.
01:50Bonjour Yvan, bienvenue à Sibiu.
01:52Ravi de te rencontrer.
01:53Ravi de faire ta connaissance.
01:55On est ici en Transylvanie.
01:57Voilà, tu es venu par la porte de sud de Transylvanie, qui est Sibiu.
02:00Alors tu sais, quand je me suis promené dans les rues de la ville, j'étais très étonné
02:03par ça, par ces fenêtres.
02:04Oui, on les appelle les yeux de Sibiu.
02:07C'est vraiment un emblème pour la ville.
02:09C'est des aérations de greniers qui datent du Moyen-Âge et qui te donnent l'impression
02:14qu'il y a des yeux qui sont un peu partout dans la ville.
02:17Donc Sibiu te regarde.
02:18Oui, c'est vraiment une ville qui a les yeux sur toi.
02:21C'est aussi une jolie ville, je trouve.
02:23Ah, merci bien.
02:24C'est vraiment une ville où on s'y plaît bien.
02:26Nous avons un fort passé, une forte histoire, mais aussi un présent très ancré.
02:31En 2007, nous avons été capitale européenne de la culture, mais la ville a porté aussi
02:36le titre de région gastronomique européenne.
02:38et nous sommes la seule ville à avoir trois étoiles dans le guide vers Michelin.
02:42Tu me fais découvrir ta belle ville de Sibiu ?
02:43Oui, j'ai très envie de te la faire découvrir.
02:46C'est parti.
02:54Alors Yvan, je ne vais pas te raconter des bêtises, mais ici on est sur le pont des mensonges.
02:59La légende dit que les gens qui partaient à l'armée et qui partaient de la grande place,
03:03ils passaient par dessous le pont et ils faisaient des promesses d'amour à leurs bien-aimés
03:08qui étaient sur le pont en leur promettant qu'ils vont être fidèles, qu'ils vont revenir.
03:13Et elles, qu'elles vont attendre.
03:15Et tu vois encore, il y a des gens qui témoignent de leur amour avec ces cadenas que la mairie
03:19enlève chaque semaine.
03:21Donc ça c'est vrai Aline, tu ne me dis pas de mensonges.
03:23Oui, c'est vrai.
03:23Tu ne me mens pas.
03:24Je ne te mens pas.
03:33Aline, quand on regarde les maisons, on sent l'influence germanique quand même.
03:37Oui, tout à fait.
03:38Sibiu est l'une des sept citadelles qui composent la Transylvanie.
03:41Le nom saxon étant Siebenbürgen, les sept citadelles.
03:45Et donc Sibiu est l'une des citadelles saxonnes qui composent la Transylvanie.
03:50Donc les relations avec l'Allemagne sont encore fortes.
03:52Elles sont très fortes et puissantes, effectivement.
04:00On voit bien que c'est une ville médiévale.
04:02Voilà, les remparts qui autrefois protégeaient des émeisseurs.
04:05Maintenant ça protège du mauvais temps ou du beau temps quand il y a trop de soleil.
04:10Alors je vais te présenter l'Allée des Célébrités.
04:12Là où tu es, Aline.
04:14Je n'ai pas encore une étoile là-bas.
04:16Ah bon ?
04:18Pourquoi on l'appelle l'Allée des Célébrités ?
04:20Alors c'est tout un tas de personnalités qui ont été présentes ici à Sibiu pour le festival de théâtre.
04:25Un festival qui rivalise avec celui d'Avignon ou d'Edinburgh.
04:31Et il y a beaucoup de francophones, Arlène Mouchkine.
04:33Voilà, il y a Isabelle Huppert.
04:35Ça va, Trampling.
04:37En fait c'est un petit peu Hollywood.
04:39Voilà, Oli-Sibiu.
04:40Oli-Sibiu, c'est pas mal.
04:48Aline veut me faire découvrir un autre partenariat franco-roumain pour valoriser le patrimoine touristique de la région en me
04:55proposant de prendre un petit train.
04:57Il est là le petit train.
04:59Nous sommes à la gare.
05:00Il y a la neige aussi.
05:01Oui, c'est le charme de la Transylvanie.
05:03On peut avoir les 4 saisons en une journée.
05:06Et le chef de gare est là.
05:07Mihail, le chef de gare et le président de l'association.
05:10Bonjour.
05:10Bonjour.
05:11Bonjour, Mihail.
05:14Il faut le billet.
05:15On ne peut pas monter dans le train sans avoir le billet.
05:17Merci.
05:19Et donc Aline, il y a deux wagons.
05:20Il y a un wagon pour les touristes.
05:22Ah, ils sont là, bonjour.
05:22Et il y a un wagon pour les VIP.
05:25Pour les personnalités comme toi.
05:26Et toi.
05:27Merci.
05:30Ah oui, c'est très mignon.
05:31On se croirait Aline dans l'Orient Express.
05:33Un Orient Express de Sibiu.
05:35Et ça dure à peu près combien de temps ?
05:36Une quarantaine de minutes.
05:37À travers la campagne roumaine.
05:39Voilà, pour découvrir un beau paysage.
05:57Aline, ce train, c'est une manière originale de faire découvrir ta région de Transylvanie.
06:01Oui, c'est vraiment une façon lente, comme on aime en Transylvanie, de découvrir la région.
06:06Ce train était condamné à devenir de la ferraille.
06:09Et c'est une association de bénévoles qui a mis ça en forme pour faire découvrir aux jeunes et aux
06:15moins jeunes une région splendide, flamboyante, une nature extraordinaire.
06:23Et ça donne une composante touristique nouvelle à cette région, une nouvelle vie à ce train qui est autrefois lié
06:29à Sibiu à Siguishwara.
06:45Et bien, c'était super.
06:46Ah, c'était agréable, non ?
06:50Salut, tu m'emmènes où ?
06:51Je t'emmène pour découvrir le village de Sibiel.
06:54Sibiel.
06:55Le petit Sibiu.
06:56Le petit Sibiu.
07:07Alors, bienvenue à Sibiel, Yvan.
07:09Nous sommes en plein cœur de Transylvanie.
07:12Et le soleil est revenu.
07:13Oui, voilà une nouvelle saison.
07:20Johanna vit avec sa famille installée à Sibiel depuis plusieurs générations.
07:25Cette parfaite francophone fait vivre le jumelage de Sibiel avec le village de Cornu en Ile-et-Vilaine.
07:33Elle ne présente pas uniquement les produits de sa région aux touristes qui viennent dans sa boutique.
07:37Elle dirige aussi l'étonnant musée d'icônes sur verre tout près de l'église.
07:45Le musée d'icônes sur verre a à peu près 600 objets dans sa collection.
07:50Quelques objets aussi d'artisanat, de costumes traditionnels, de coffres de dot.
07:57Mais la plupart sont les icônes.
07:59Chaque région a ses couleurs représentatives.
08:02Ici, à Nikola, par exemple, sont les couleurs qui sont plus proches de la terre, de la nature.
08:10Elles ne sont pas très colorées.
08:11Les personnes qui faisaient l'aventure au début, elles n'étaient pas des personnes qui ont étudié comment faire.
08:19Elles étaient des paysans qui faisaient ça pour pouvoir avoir une image de chaque saint, pour sentir plus leur protection.
08:28Comme vous voyez ici, il y a de grandes têtes ou de grands mots.
08:33Elles ne sont pas très élaborées.
08:35Les icônes qui viennent du pays de Fogarache, par exemple, comme cette icône-là, avec la Vierge qui pleure,
08:43qui est très représentative parce que le peintre, il a fait aussi le larme.
08:49La technique de la peinture sur verre est qu'on peint à l'envers.
08:53On tourne quand nous regardons dans un miroir.
08:57Si on regarde de ce côté-là, on voit que le verre se fait manuel, parce que ce n'est
09:05pas parfaitement droit.
09:07C'est ondulé.
09:20Belle cette église !
09:21N'est-ce pas ? C'est vraiment magnifique.
09:24Le centre de Sibiel.
09:27Aline, pourquoi ce jumelage est si important pour soi ?
09:31Pour moi, c'est vraiment une façon de bâtir une nouvelle Europe.
09:36C'est une façon parmi laquelle les gens peuvent arriver à mieux se connaître, à se découvrir,
09:42à partager ses cultures, à partager ses coutumes et à devenir meilleur comme ça.
09:48Cela fait déjà 30 ans que tu suis ce jumelage. Pourquoi tu t'engages avec autant de passion ?
09:52Je pense que ça fait partie un peu de mon ADN et en plus, ça fait partie de mon éducation,
09:58de ma culture.
09:59Et je pense qu'en s'investissant dans un tel jumelage, on s'enrichit mutuellement.
10:04Aline, tu es un excellent francophone. Qu'est-ce que la langue française t'apporte dans ton quotidien ?
10:09C'est une façon de vivre le monde, c'est une façon de comprendre le monde,
10:13de partager la culture des autres et ainsi pour mieux s'entendre les uns et les autres.
10:20Si tu avais un mot pour définir ta ville de Sibiu mais aussi la région de Transylvanie, ce serait lequel
10:24?
10:25Pour moi, ce serait sublime parce que ça vaut vraiment la peine de découvrir cette région
10:29à travers ses habitants, à travers ses coutumes, à travers sa gastronomie, à travers sa culture.
10:34Ça vaut la peine de voyager autant pour découvrir la Roumanie.
10:38Eh bien moi, je continue mon voyage. Je pars à Clouge, tu connais ?
10:41Oui, tu vas faire le beau voyage du sud de la Transylvanie vers le nord de la Transylvanie.
10:46Je te souhaite un excellent voyage jusque là-bas, une bonne découverte de Clouge.
10:50Eh bien merci de m'avoir fait découvrir ta ville et ta région Aline.
10:52C'est moi qui te remercie.
11:13Me voici à Clouge, je vais rencontrer Serban, c'est un artiste très connu ici en Roumanie.
11:17Il m'attend dans son atelier.
11:20Serban s'avoue est né et agrandi à Clouge dans un univers post-communiste dans le quartier périphérique de la
11:26ville,
11:26un ensemble en béton construit dans les années 1960.
11:30Un univers mélancolique et poétique qu'on retrouve dans ses toiles à travers ses personnages.
11:34Ses œuvres racontent une Roumanie ordinaire, entre un passé perdu et un avenir encore un peu flou.
11:40Serban fait partie de ce qu'on appelle l'école de Clouge,
11:43des artistes qui revisitent inlassablement l'histoire et la mémoire de leur pays.
11:48Bonjour Serban.
11:49Bonjour Ivan.
11:50Je suis ravi de te rencontrer dans ton atelier.
11:53Dans mon atelier, oui.
11:54Tu es en train de terminer cette peinture ?
11:55Presque finie. Je dois encore mettre un peu de matière.
11:59Qu'est-ce qui représente ce tableau ?
12:01C'est un mosaïque qui existe à Kishina, la capitale de Moldavie.
12:05Il s'appelle Laboureur Cosmique.
12:08C'est une peinture plutôt communiste ?
12:10Exactement.
12:11J'imaginais cette mosaïque dans une église abandonnée
12:16pour montrer le lien entre l'idéologie et la religion.
12:20Et ce personnage avec le t-shirt, il est étonnant.
12:22Ça fait référence à une peinture qui s'appelle Baptême de Piero della Francesca du XVe siècle.
12:29Un peintre que j'aime beaucoup.
12:31C'est un personnage qui se lève les habits pour être baptisé.
12:35Mais ce personnage va commencer à travailler sur le mosaïque.
12:40Alors il se change pour entrer à une autre étape.
12:44Ton travail qui est quand même de l'art contemporain, il est toujours lié à l'histoire de l'art.
12:47Oui, c'est toujours que je me sens inspiré de l'histoire de l'art.
12:53Et tu fais de la mosaïque.
12:54Quelques fois.
12:57Combien de temps tu as mis pour faire tout ça ?
12:59Trois semaines, je pense.
13:01Pourquoi tu es passé à la mosaïque ?
13:03Je ne sais pas, j'aime beaucoup la mosaïque de période de rallye socialiste.
13:07Comme un témoignage d'une époque historique que j'ai vécu.
13:13Quand tu étais enfant.
13:14Quand j'étais enfant.
13:17Je veux comprendre mieux cette époque.
13:21Cet personnage, l'ouvrier qui était un colonne de l'art officiel du passé.
13:28Maintenant, ces personnages sont des marginans.
13:31Mon objectif est de comprendre qui nous sommes aujourd'hui.
13:35Tu me fais visiter ta ville de Clouge ?
13:37Bien sûr.
13:37Avec ton regard d'artiste.
13:38On y va ?
14:01Ici, c'est un bâtiment intéressant, je pense.
14:05Le palais de téléphonie de les années 70.
14:10Je pense à un exemple très intéressant d'architecture moderniste qui a pu être construite pendant les années communistes.
14:18Mais pourquoi tu l'aimes bien ce bâtiment ?
14:19Il fait une référence à l'histoire médiévale de la cité.
14:23C'est un de tes coups de cœur ?
14:24Oui.
14:32Alors ici, c'est une petite galerie d'art contemporain.
14:35À Clouge, il y a beaucoup de galeries comme ça.
14:37Oui, quelques galeries ce sont.
14:39Mais j'espère qu'en futur, ça se développe.
14:41Et tu exposes ici ?
14:42Oui.
14:50Alors, c'est l'université d'art.
14:53J'ai étudié ici.
14:55C'est un bâtiment vieux du 15e siècle, gothique.
15:00Mais aussi la place où est né le roi de Hongrie, Matthias Corvin.
15:04Pour moi, c'est étrange d'imaginer que tu as étudié dans un bâtiment aussi ancien que tu fais de
15:08l'art contemporain.
15:08Pourquoi pas ?
15:09Pourquoi pas.
15:18Dans un petit écrin au cœur de Clouge se trouve l'Institut français.
15:23Ici, les habitants de la ville peuvent apprendre la langue française
15:26et entrer en contact direct avec la littérature francophone au sein de sa toute nouvelle médiathèque.
15:32L'Institut français est aussi un acteur culturel incontournable
15:35avec de nombreuses collaborations qu'il initie dans le domaine de l'art vivant ou de l'art contemporain.
15:40Dans une ville de festival artistique comme Clouge,
15:43l'Institut français propose au quotidien l'accès à une francophonie culturelle.
15:58Je te mène à Belvedere où est la plus belle vue sur la ville de Clouge.
16:02Et ça monte.
16:03Et ça monte.
16:04Et toi, t'es équipé.
16:05On dirait un randonneur, un artiste randonneur.
16:15On a pas mal monté d'escalier, mais ça vaut le coup parce que la vue sur Clouge est vraiment
16:19superbe.
16:20C'est pas mal, non ?
16:20C'est pas mal.
16:21Dis-moi, qu'est-ce qu'elle représente pour toi, ta ville de Clouge ?
16:24C'est la maison.
16:25C'est chez moi.
16:26Mais surtout, j'aime une cité universitaire, une cité pleine de jeunesse qui vient ici à studier et qui allume
16:37la cité.
16:38À travers tes oeuvres, tu présentes la Roumanie.
16:40Pourquoi c'est important de parler de ton pays à travers ton travail ?
16:43Parce que c'est la réalité qui m'intéresse.
16:46Mais aussi, je parle de moi-même, de le passé, le temps présent.
16:51Je suis un artiste observateur.
16:52Un artiste observateur.
16:54Tu n'as pas appris le français à l'école, mais malgré tout, tu parles très bien français.
16:57Quel rapport tu as avec cette langue ?
17:00Mon père parlait très bien français avec ma grand-mère.
17:03C'était une langue parlée dans la maison.
17:05Quand tu étais enfant, tu entendais parler français ?
17:07Oui, c'est vrai.
17:08Si tu avais un mot en français pour définir ta ville de Clouge, ce serait lequel ?
17:13Seulement chez moi, à la maison.
17:15Je suis à la maison.
17:16On est pas mal dans ta maison.
17:18Pas mal.
17:19Merci de m'avoir fait découvrir ta maison, ta ville de Clouge.
17:21Avec plaisir.
17:29Pour la dernière étape de notre voyage en Roumanie, je vais dans la ville de Yache.
17:33C'est à peu près à 300 km de Clouge.
17:36Et pour aller à Yache, il faut prendre le train de nuit.
17:43Yache, 22h28.
17:45Allez, c'est parti.
17:45Au revoir.
17:51Bonjour.
17:52Bonjour.
17:54Ça va ?
17:54Ça va, bien.
17:56Merci.
17:57Super.
17:57Vous parlez français ?
17:59Un peu.
17:59Un petit peu ?
18:00Allez, c'est parti pour 9h de train pour Yache.
18:03C'est vos filles.
18:26Et bien, me voici à Yache.
18:28Et pour me faire découvrir la ville, j'ai rendez-vous avec Sorina.
18:30Elle est professeure de français.
18:30Mais sa passion, c'est de faire découvrir sa ville.
18:38Bonjour et bienvenue à Yache, la ville romaine de l'amour.
18:49Bonjour, Yvan.
18:50Bonjour, Serina.
18:52Bienvenue à Yache.
18:53Sous son soleil.
18:54Oui.
18:54Et tu m'accueilles devant un palais gigantesque.
18:56Oui, c'est notre palais.
18:58C'est le palais iconique de Yache.
18:59C'est l'oeuvre d'un grand architecte francophone, Berindé, qui a pris comme modèle l'hôtel de ville de
19:05Paris.
19:05Ah oui, c'est vrai, ça ressemble un petit peu.
19:06Oui, voilà.
19:07Et puis, je t'accueille avec cette statue qui se trouve sur la borne zéro de la ville, qui appartient
19:12à un prince régnant très connu de Moldavie, Stefan Cholmare, mais qui appartient aussi à un sculpteur français très connu,
19:20Emmanuel Frémier.
19:21Tu sais qui c'est ?
19:21Non.
19:21Oh, c'est celui qui a fait la Jeanne d'Arc de la Place des Pyramides à Paris.
19:28Et puis, c'est le papa de l'archange Michel sur l'abbaye de Saint-Michel.
19:32Donc, en gros, ce que tu es en train de me dire, c'est qu'il y a toujours un
19:33lien entre un lieu culturel à Yache et la francophonie.
19:36Oui, tout à fait.
19:37C'est aussi un jeu entre le conservatisme, la traditionnalité de cette communauté et son cosmopolitisme, surtout francophone.
19:46Alors, par quoi on commence la visite ?
19:47On commence par le palais lui-même et le musée d'ethnographie.
19:50Bon, on y va.
19:55Surina, il est très impressionnant, ce palais.
19:57Oui, bien sûr.
20:00Regardez cette très belle mosaïque des griffons, comme on l'appelle, et qui a été faite avec des artisans de
20:05Chartres.
20:06Et parce que nous sommes dans la grande semaine de Pâques, nous allons parler des œufs.
20:11À la roumaine.
20:12À la roumaine.
20:19Voici les fameux œufs.
20:21Oui.
20:21Les œufs que nous appelons en roumains, c'est-à-dire dessinés d'une certaine manière unique, je dirais, en
20:29Europe.
20:30Et là, on a trois générations, alors.
20:31Oui, grand-mère, la mère, et Marie, la petite fille.
20:35Et ça, c'est très rare qu'on voit aujourd'hui toute une famille qui se transmet la tradition.
20:41Chaque œuf est différent.
20:43Chaque œuf est différent.
20:43Chaque œuf raconte une histoire.
20:45Parce que chaque œuf, par ses couleurs et par ses motifs, dit quelque chose.
20:49On a commencé avec des œufs blancs et rouges.
20:51Le rouge, le rouge, le sang de Jésus, évidemment.
20:54Mais par la suite, on est arrivé à obtenir des couleurs naturelles, le jaune, le vert, le bleu, le marron,
21:01et créer avec ces couleurs des symboles extraordinaires.
21:05En tout cas, elles sont très impliquées.
21:06Oui.
21:07Et surtout Marie.
21:07Marie, oui, bien sûr.
21:09Très impliquée.
21:09C'est l'avenir du métier.
21:11Et peut-être que, quand elle sera grande, elle saura faire aussi des blouses.
21:16Parce que vous voyez, elle porte, toutes les trois, des blouses roumaines.
21:19La fameuse blouse roumaine.
21:21La fameuse à 10, oui.
21:22Merci.
21:22Au revoir.
21:23Au revoir.
21:25Alors, voilà la salle des blouses roumaines, dans un espace entouré des tapisseries roumaines qui sont comme les blouses et
21:33comme les œufs.
21:34Tout un monde plein de messages.
21:37Alors, les blouses sont le patrimoine roumain.
21:40Ce sont des pièces du trésor roumain.
21:43Vous avez là des exemplaires extrêmement rares.
21:45Parce qu'elles sont très vieilles.
21:47Et puis parce que c'est fait, main.
21:50Et puis, de nouveau, les symboles qu'elle nous propose.
21:53Elle raconte une histoire.
21:54Vous avez ici le cheval et l'oiseau.
21:58Cela veut dire que la jeune femme attend un chevalier, un jeune homme très, très vaillant.
22:03Avec lequel elle aimerait peut-être commencer une histoire d'amour.
22:08Voilà les tourterelles ici qui attendent.
22:25On arrive ici au centre artistique, plus exactement dramatique de la ville, avec le théâtre national.
22:32Alors, Sorina, évidemment, je vais te demander quel rapport entre le théâtre national et la francophonie.
22:36Il y a eu Sarah Bernard, la grande Sarah Bernard, qui est venue la première fois en 1882.
22:43Et puis, ici, vis-à-vis de ce théâtre, il y avait le premier théâtre juif en édiche du monde.
22:51Alors, elle a voulu jouer sur cette scène.
22:53Et puis, trois fois de plus, elle est revenue à Iache.
22:56Et la dernière fois, ça a été vraiment extraordinaire.
22:59Parce que tout le monde savait que c'était sa dernière tournée.
23:03On dit qu'on avait acheté 15 000 billets.
23:06Tout le monde ne pouvait pas entrer.
23:07Mais ils sont restés ici, autour du théâtre, pour l'attendre et la saluer une dernière fois.
23:13C'est une belle histoire.
23:14Oui, très belle.
23:15Où est-ce que tu m'emmènes maintenant ?
23:16Maintenant, on va rencontrer M. Gustave Eiffel.
23:18Parce que Gustave Eiffel était aussi à Iache.
23:20Bien sûr.
23:20C'est incroyable, ça.
23:36Alors, nous voilà devant le grand hôtel Traian.
23:39Quel rapport avec Gustave Eiffel ?
23:41Gustave, c'est son hôtel.
23:43D'accord.
23:44Ce n'est pas la seule chose qu'il ait faite à Iache.
23:46Il a laissé quatre traces.
23:48Il a laissé un pont, il a laissé un marché alimentaire et il a fait, en dehors de la ville,
23:54un mausolée.
23:55Et donc, on se pose la question...
23:56Mais pourquoi Gustave Eiffel est venu à Iache ?
23:58Justement.
23:59Pourquoi ? On ne sait pas.
24:01Est-ce que c'était parce que, peut-être, il avait trouvé des ingénieurs qui puissent l'aider à parfaire
24:05son jeu de Lego
24:06ou parce qu'il était tout simplement ami de Iache ?
24:09Donc, c'est le mystère de l'amour de Gustave Eiffel pour Iache.
24:11Il était devenu Iaciot.
24:13Ça, c'est les habitants de Iache.
24:14J'ai les Iaciotes en français.
24:16Les Iaciotes.
24:17Ouais.
24:21En 1992, le président français François Mitterrand inaugure l'Institut français de Iache.
24:26Surina a d'ailleurs œuvré pour qu'il soit situé dans l'un des plus beaux bâtiments du patrimoine de
24:31la ville,
24:32au centre de la vie universitaire et culturelle.
24:35Avec ses 20 000 documents et ses salles de lecture, la médiathèque est un pôle d'attraction pour tous les
24:40francophones de la ville.
24:42L'Institut français est un lieu d'échange et de débat, un acteur central dans la vie culturelle de Iache.
24:58Et voilà.
24:59Ah là là, mais qu'est-ce que c'est que ce café, Sorina ?
25:02C'est un café très spécial.
25:04C'est un café roumain qui s'appelle Marguloman.
25:07C'est un café avec du cognac.
25:09D'accord.
25:09On peut traquer ?
25:10On peut traquer.
25:11Bien sûr.
25:12Pourquoi tu aimes tant ta ville de Iache ?
25:15Je crois que la ville de Iache est une ville qui vaut la peine d'être aimée.
25:20Et puis, elle est une ville qui représente un creuset pour l'identité roumaine et pour la culture roumaine.
25:26Il y a pas mal d'écrivains, de peintres, de musiciens qui proviennent de là.
25:30La francophonie et l'amour pour la France, c'est en fait une coordonnée très importante dans cette ville.
25:36Nous aimons la France.
25:38Nous sommes plutôt francophones qu'anglophones ou germanophones.
25:42Ici, nous sommes attachés à la France.
25:44Et qu'est-ce qu'elle représente, la francophonie en Roumanie ?
25:46Je crois que la francophonie pour la Roumanie, c'est un phare.
25:50C'est une opportunité de rester branchée à l'Europe.
25:53C'est pourquoi, je crois, nous nous sommes ouverts vers la jeunesse francophone
25:57qui crée une mosaïque franco-roumaine qui est très, très intéressante.
26:02Et je crois que c'est beau à voir.
26:04Si tu avais un mot en français pour définir ta ville de Yash, ce serait lequel ?
26:09Ce serait justement cosmopolite, dans la recette de laquelle la France joue un rôle très important.
26:17Eh bien, merci, Serena, pour cette promenade francophone dans les rues de Yash.
26:19Moi, je vous remercie de m'avoir donné l'occasion de le faire.
26:22Santé.
26:22Santé.
26:23Norok.
26:24Norok, comme on dit en Roumanie.
26:31Voilà, j'espère que ce voyage en francophonie à travers la Roumanie vous a plu.
26:35Alors, c'est vrai, on parle un peu moins français qu'au siècle dernier,
26:38mais vous allez encore trouver aujourd'hui de très nombreux Roumains
26:41qui vont venir spontanément vers vous pour parler en français,
26:44que ce soit dans les taxis, les cafés ou encore tout simplement ici, dans la rue.
26:48Alors, venez vivre l'expérience francophone en Roumanie.
26:51Nous, on se retrouve très prochainement pour une nouvelle destination sur TV5MONDE.
26:54D'ici là, portez-vous bien, où que vous soyez, sur la planète francophone.
26:57Salut.
26:59Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires