- il y a 1 semaine
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.
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00:00Alors il y a d'un côté les procès contre effectivement certains mises en cause
00:05et puis il y a les responsabilités, notamment de la ville de Paris.
00:09Il y a une commission d'enquête sénatoriale qui est en cours,
00:13qui va reprendre en tout cas ses travaux.
00:15Et d'ailleurs Anne Hidalgo, son ancien premier adjoint Patrick Bloch
00:18et puis le nouveau maire socialiste de Paris Emmanuel Grégoire
00:22vont être auditionnés dans le courant septembre, mi-septembre je crois.
00:25C'est ça, voilà, mi-septembre, à partir du 15 septembre.
00:27Et je voudrais vous faire écouter Agnès Évrenne, qui est la sénatrice LR de Paris,
00:32qui est à la tête, on va dire, de cette commission d'enquête.
00:34Rapporteur.
00:35Voilà, rapporteur.
00:35Elle a dénoncé hier dans Europe un soir, elle était l'invité de Pierre de Villeneuve,
00:39elle a dénoncé l'immobilisme de la mairie de Paris sur ce scandale du périscolaire.
00:43Paris savait, depuis 2015, avec le rapport de l'inspection générale de la ville de Paris,
00:48ça n'est pas l'opposition qui a écrit ce rapport,
00:50c'est l'inspection générale de la mairie de Paris
00:53et qui pointait exactement les défaillances,
00:56ce qui les documentait, les défaillances d'aujourd'hui.
00:58Elle disait, par exemple, attention, c'est une gestion empirique,
01:02les signalements ne remontent pas,
01:04il y a 31 situations de risque d'abus sexuels
01:07si on ne met pas des vrais process.
01:09Et puis, autre chose, c'est la formation.
01:11Vous savez, quand un enfant est agressé,
01:13il y a des changements de comportement brutaux.
01:16C'est-à-dire que tout à coup, il se remet à faire pipi au lit,
01:18la colère, la peur, l'anxiété, mal au ventre.
01:22Et donc, ce sont des signaux faibles
01:24que les adultes devraient immédiatement repérer
01:27pour ensuite alerter immédiatement.
01:30Je rajoute qu'Anne Hidalgo et Patrick Bloch
01:32sont visées par trois plaintes directement
01:33pour non-assistance à personne en danger.
01:36Elles ont été déposées ces plaintes fin août
01:37par des familles d'enfants victimes d'agressions sexuelles
01:41lors d'un temps périscolaire.
01:42Georges Fenech.
01:43Il y aurait beaucoup de choses à dire.
01:45D'abord, se féliciter de la mise en place
01:48de cette commission d'enquête.
01:50C'est très important.
01:52Moi, je ne crois pas du tout, par exemple,
01:53à l'efficacité de la commission d'enquête
01:55dite indépendante qu'a mis en place la mairie de Paris.
01:58D'ailleurs, Mme Hidalgo, je crois savoir,
02:00sauf erreur,
02:02qu'elle a déjà dit qu'elle n'irait pas devant cette commission.
02:04Par contre, devant la commission d'enquête sénatoriale,
02:07on est obligé de répondre à une convocation.
02:09Il y a même des moyens coercitifs si vous n'y allez pas.
02:12C'est-à-dire, on vous envoie les gendarmes.
02:13Donc là, à partir du 15 septembre,
02:15on va voir effectivement les grands élus de Paris
02:18devoir s'expliquer devant la représentation nationale,
02:22qu'est le Sénat également,
02:24sur est-ce qu'ils savaient ou est-ce qu'ils ne savaient pas.
02:28Et s'ils savaient, comme tout semble l'indiquer,
02:31ce rapport,
02:33souvenez-vous de l'intervention du maire du 6e de Paris,
02:36M. Lecoq,
02:38le dire très clairement,
02:40et puis Rachida Dati,
02:41qui pendant la campagne aussi en parlait,
02:42et la réponse de Mme Hidalgo,
02:44c'est de dire,
02:44mais vous faites une obsession,
02:45vous faites une obsession, etc.
02:47Donc là, oui,
02:48savaient-ils ou ne savaient-ils pas ?
02:50Et s'ils savaient,
02:52ont-ils dénoncé ou n'ont-ils pas dénoncé ?
02:54Parce que la loi prévoit très clairement
02:56le délit de non-dénonciation
02:59lorsqu'une autorité apprend,
03:01pas que l'autorité,
03:02mais en particulier,
03:03il y a une circonstance agrande pour l'autorité constituée,
03:06apprend l'existence d'un délit sur un mineur,
03:08doit nécessairement,
03:10obligatoirement,
03:10le dénoncer à l'autorité judiciaire,
03:12et vous avez une peine importante,
03:13je crois de l'ordre de 5 ans,
03:14qui est prévue en cas de défaillance.
03:16Donc cette commission va avoir
03:18une importance considérable,
03:20et je crois que toutes les familles l'attendent,
03:22et certaines des familles,
03:24on vous l'avait rappelé,
03:24Clélie,
03:25ont déposé plainte individuellement
03:26contre certains élus,
03:28donc il va y avoir parallèlement
03:30une commission d'enquête
03:31qui ne devra pas empiéter
03:32sur l'aspect purement pénal,
03:34bien entendu,
03:34et la justice qui va aussi travailler maintenant
03:37sur des faits qui sont absolument
03:39un scandale national,
03:41je crois qu'en 2025,
03:42il y a eu 160 000 estimations de signalement,
03:46c'est un phénomène de masse
03:48qui ne peut pas continuer,
03:50qui ne peut pas nous laisser indifférents.
03:51C'est ce qu'on parle de Paris,
03:52mais ça va certainement dépasser,
03:54et ça dépasse déjà les frontières de la capitale.
03:56Oui, parce que la commission d'enquête
03:57va s'intéresser à l'ensemble
03:59de ce qui se passe dans le pays.
04:00Comment protéger nos enfants ?
04:02Sophie Audugé,
04:03je vous soumets cette déclaration
04:05de Ségolène Royal,
04:06candidate à la primaire socialiste,
04:07qui a proposé de mettre en place
04:08des caméras pour protéger les enfants.
04:10Elle était sur BFM TV ce matin,
04:12vous allez l'écouter
04:13et nous dire ce que vous en pensez.
04:14La première chose à faire,
04:15c'est de mettre des caméras
04:16de vidéosurveillance partout.
04:18Pourquoi ça n'est pas encore fait ?
04:19Des caméras devant les écoles ?
04:21Dans le péril scolaire,
04:22mais bien sûr.
04:24C'est très...
04:24Mais bien sûr,
04:25déjà il n'y aurait plus de passage à l'acte,
04:27mais bien évidemment.
04:28Mais des caméras...
04:29D'ailleurs dans tous les lieux
04:30où il y a un accueil
04:31de publics fragiles,
04:34il doit y avoir des caméras.
04:35Donc ça veut dire dans les EHPAD,
04:36dans les crèches,
04:38dans les écoles,
04:38partout où il y a un public vulnérable ?
04:40Mais bien sûr.
04:41Mais bien sûr,
04:42avec le droit aussi aux parents
04:44de mettre des caméras
04:44quand ils confient leurs enfants
04:45à des nourrices.
04:46Vous les incitez à mettre des caméras
04:49quand ils mettent leurs enfants
04:51chez nous.
04:52Sophie Eudigé,
04:52vous en pensez quoi ?
04:53Des caméras partout,
04:54ça aiderait ?
04:56En l'occurrence,
04:57on ne peut pas nier le fait
05:00que ça aurait un effet dispensif.
05:02Ce qu'elle dit,
05:02évidemment.
05:03Est-ce qu'il faut qu'on en arrive là ?
05:05Moi,
05:05c'est quand même un monde
05:08ou une époque
05:09que je trouve absolument terrifiante.
05:11Si on est obligé
05:12de mettre des caméras partout,
05:14je dirais qu'il y a déjà
05:14énormément de choses
05:15qui sont à faire.
05:16Vous évoquiez le fait
05:17que la mairie de Paris
05:20était au courant.
05:22Je ne vais pas présumer
05:23de faits qui seront avérés,
05:25j'imagine,
05:25par la commission d'enquête.
05:26Mais il semblerait quand même
05:27que, oui,
05:28les signalements
05:29étaient remontés
05:30au bureau de la maire de Paris.
05:32Donc,
05:33ils le savaient.
05:33Et je rappelle quand même
05:35qu'une autre commission d'enquête
05:36qui est parlementaire,
05:37celle-ci,
05:37qui a fait pas mal de bruit,
05:38qui était celle de Bétarame,
05:39où effectivement,
05:40ils ont reçu en délégation
05:42l'éducation nationale.
05:44Et ça,
05:44c'est tout à fait officiel,
05:46vérifiable,
05:46puisque ça n'est dans le rapport.
05:48La direction
05:49de services de sécurité
05:51de l'éducation nationale
05:52a confirmé
05:53que sur une seule année scolaire,
05:54celle de,
05:55je crois que c'est 2024,
05:56il y avait 1200 signalements
05:57dans les établissements publics
05:58qui étaient remontés
05:59de faits de violences
06:00faits par des personnels
06:01de l'éducation nationale
06:02sur des enfants,
06:03parmi lesquels
06:04300 d'abus sexuels
06:06qui étaient signalés.
06:08Alors évidemment,
06:08le signalement
06:08ne correspond pas nécessairement
06:11à des faits.
06:12Mais il s'avère que
06:13quand ces faits sont signalés,
06:16l'État confirme
06:18qu'il n'y a aucun suivi.
06:20C'est-à-dire qu'on sait...
06:21Oui, c'est ça.
06:21Au moins, il y a un signal.
06:22Ensuite, on essaie de savoir
06:23si ça correspond à une réalité ou non.
06:25Le problème,
06:26aujourd'hui,
06:27c'est-à-dire que les parents,
06:29d'abord,
06:29ils voudraient avoir la garantie
06:31que les gens
06:31qui sont mis en contact
06:32de leurs enfants
06:33ne sont pas des dangereux
06:34pédocriminels.
06:34Ça, c'est pas fait.
06:35Ensuite,
06:36quand il y a le moindre fait signalé
06:37ou que quelqu'un a vu,
06:38comme l'a rappelé Georges,
06:40je veux dire,
06:40les collègues,
06:41s'ils ont le moindre doute,
06:42c'est pas qu'ils prennent la parole.
06:44Voilà.
06:44Non, mais qu'ils lancent
06:45un article 40.
06:46Je veux dire,
06:47c'est quand même
06:47la moindre des choses.
06:48Vaut mieux avoir
06:48trop d'articles 40
06:50et qu'à la fin,
06:51il ne se soit rien passé
06:51que de laisser...
06:52Ça, c'est des dizaines
06:54et des dizaines d'enfants
06:55qui sont massacrés à vie.
06:57Il faut bien avoir conscience
06:58qu'un enfant
06:58qui est victime
07:00d'abus sexuels,
07:01il va en payer
07:02les frais
07:03toute sa vie,
07:04lui et sa famille.
07:05Au fait, vous en pensez quoi
07:06de ce questionnaire
07:07qui va être distribué
07:08à l'automne
07:09à 10 millions d'élèves ?
07:10C'est ce qu'a annoncé
07:10le ministre de l'Éducation nationale.
07:12Donc ça va
07:12de la grande section maternelle.
07:14Ils ne savent pas encore
07:15lire et écrire,
07:15je le rappelle,
07:16à 5 ans.
07:17Grande section maternelle
07:18jusqu'à la terminale.
07:19Justement,
07:19ils vont être interrogés
07:20anonymement
07:21sur les violences sexistes
07:22et sexuelles
07:22qu'ils auraient
07:23ou qu'ils ont pu subir.
07:26Écoutez,
07:26vous l'avez dit,
07:27je veux dire,
07:29de toute façon,
07:29ce gouvernement...
07:30Il y a la grande section
07:31puis après,
07:32il y a les autres.
07:33Mais quand Samuel Paty
07:34a été décapité,
07:35on a fait des guides de laïcité
07:36puis on a formé les profs.
07:38Donc à un moment,
07:39voilà,
07:39là,
07:39il y a des enfants
07:40qui sont abusés sexuellement
07:41dans l'enceinte scolaire
07:42et puis on leur pose,
07:43on leur fait un questionnaire.
07:44Ce n'est pas aux enfants
07:45de se protéger,
07:46c'est à la société
07:47de protéger les enfants,
07:48aux adultes
07:48de protéger les enfants.
07:50Alors je distinguerais,
07:51comme vous l'avez fait,
07:51les moins de 12 ans
07:52et les plus de 12 ans.
07:53Je veux dire,
07:53des enfants qui ne savent pas lire,
07:54vous n'allez pas leur demander
07:55de remplir un questionnaire.
07:56Je veux dire,
07:57ça ne ressemble à rien du tout.
07:59Anonymement,
07:59ils ne savent même pas
07:59ce que ça veut dire,
08:00évidemment.
08:01Et de toute façon,
08:02qu'est-ce qu'ils vont faire ?
08:03Qu'est-ce qu'ils vont faire,
08:04les enfants ?
08:05Je veux dire,
08:05à un moment,
08:05ce n'est pas à eux
08:06de se protéger,
08:07c'est aux adultes
08:07de créer les conditions
08:08de la protection des enfants.
08:10Peut-être que ça permettra
08:11d'avoir un état des lieux
08:12et de savoir
08:12ou peut-être d'alerter
08:13et de dire
08:14il faut des médecins,
08:15des psychologues.
08:16Je crois que c'est
08:16une fausse bonne idée.
08:19Un cas concret,
08:20vous avez une fillette
08:21de 8 ans
08:22qui, sous le couvert d'anonymat,
08:24dit
08:25Monsieur Attel
08:26ou mon papa
08:27m'a fait toucher son zizi.
08:29Qu'est-ce que vous faites
08:30après avec ça ?
08:31Vous allez le laisser comme ça ?
08:33Vous savez qu'il y a un crime
08:34qui vient de se commettre ?
08:35C'est anonyme ?
08:36Vous ne savez pas qui ?
08:37Vous allez déclencher
08:39une enquête dans la classe
08:39pour savoir
08:40qui a écrit ça ?
08:41Ce n'est pas possible.
08:42Il faut un entretien individuel,
08:45annuel,
08:46avec chaque enfant,
08:47par des personnels formés.
08:49Oui,
08:50c'est évident.
08:50Parce que recueillir
08:51la parole des enfants,
08:52ça ne se fait pas n'importe comment.
08:53Mais bien sûr.
08:54Et pas comme ça
08:56un questionnaire
08:57à choix multiples peut-être.
08:59Là,
09:00je crois qu'on essaie
09:01de trouver des solutions.
09:02Et c'est ce qu'on a proposé
09:03dans notre livre
09:04avec le docteur Maurice Berger.
09:05Je veux dire,
09:05il faut des vrais médecins,
09:06des vrais psychologues
09:07dont c'est le métier.
09:08C'est le seul moyen.
09:09C'est le seul moyen.
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