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  • il y a 1 semaine
Raphaël Glucksmann, candidat “Place Publique” à la primaire de la gauche et à l’élection présidentielle, s’exprimait depuis la Foire de Châlons-en-Champagne ce samedi 5 septembre.

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Transcription
00:00On connaît votre soutien indéfectible à l'Ukraine.
00:02Le Rassemblement National, et notamment Louis Alliot sur notre plateau,
00:05a dit que si le RN arrivait au pouvoir, il couperait le robinet.
00:09C'est-à-dire que la France...
00:10C'est-à-dire que la France capitulerait face à Vladimir Poutine.
00:13C'est ça que ça veut dire.
00:14Pour vous, c'est ça, ces déclarations ?
00:16Le Rassemblement National est le parti de la soumission au dictateur Vladimir Poutine
00:22qui menace la sécurité des Européennes et des Européens.
00:25Le Rassemblement National ne doit pas prendre le pouvoir en 2027
00:28parce que ce serait la victoire de Vladimir Poutine
00:32et la défaite des démocraties européennes.
00:35Et donc, en réalité, nous avons face à nous un parti qui se dit nationaliste,
00:40qui se dit souverainiste, qui se dit patriote
00:42et qui agit pour les intérêts de la Russie de Vladimir Poutine,
00:46des États-Unis de Donald Trump ou de la Chine du Parti communiste chinois.
00:49Et donc, nous avons face à nous un rassemblement de patriotes de pacotis
00:56qui sont prêts à sacrifier la sécurité des Françaises et des Français.
00:59Et j'aimerais que les choses soient très claires.
01:01Ce n'est pas simplement par solidarité envers un peuple qui lutte pour sa liberté,
01:05le peuple ukrainien, depuis tant d'années, que nous aidons l'Ukraine.
01:09C'est pour notre propre sécurité parce que nous sommes les cibles
01:12de la dictature de Vladimir Poutine.
01:14Et vous avez vu ce qui s'est passé en Allemagne.
01:17Vous avez vu les attaques de drones sur un aéroport allemand.
01:20Je ne sais pas si vous avez vu aussi les bombes posées sur des rails en Pologne
01:24où circulent des trains commerciaux.
01:26Et donc, nous sommes, nous, Européens, ciblés par le régime russe.
01:30Et toute forme de faiblesse, toute forme de soumission
01:34n'est qu'une invitation à l'agression.
01:37Et donc, le Rassemblement National, c'est le parti, dans cette élection,
01:40de la soumission à la Russie de Poutine,
01:42de la soumission aux Etats-Unis de Trump, c'est le parti de l'étranger.
01:45Mais est-ce que la France a encore les moyens d'aider l'Ukraine ?
01:47Jordan Bardella, hier, depuis la Grande-Bretagne, a dit que la France est ruinée.
01:51Est-ce que la France a encore les moyens, dans le contexte végétaire qu'on connaît,
01:54d'aider l'Ukraine comme elle le fait aujourd'hui ?
01:56La France, comme l'Union Européenne dans son ensemble,
02:00aide l'Ukraine parce que sa sécurité est en jeu.
02:03Un pays a toujours les moyens de défendre sa sécurité.
02:07Et la première responsabilité d'un président de la République,
02:10c'est d'assurer la sécurité de sa nation.
02:13Et donc, expliquer qu'on couperait les aides à l'Ukraine,
02:17c'est en réalité expliquer qu'une guerre qui coûtera beaucoup plus cher à la France,
02:23eh bien, aura lieu sur le sol européen.
02:26Parce que ce qui nous protège aujourd'hui de la machine de guerre russe,
02:30c'est la résistance ukrainienne.
02:31Vous coupez les aides à la résistance ukrainienne,
02:34vous aurez la guerre dans les pays baltes ou en Pologne,
02:36avec des pays auxquels nous sommes liés par des accords de défense.
02:40Et donc, nous serons directement impliqués.
02:42Tout recul sur l'Ukraine entraînera un coût considérable,
02:47pas seulement un coût financier, mais un coût humain pour les Françaises et les Français.
02:51Et donc, ce que propose le Rassemblement national là,
02:55trahit les intérêts stratégiques, les intérêts vitaux de la nation française.
02:59Un mot également sur l'héritage.
03:01On en entend beaucoup parler ces derniers jours dans l'actualité.
03:04Chaque candidat fait plus ou moins ses propositions.
03:06Quelles sont les vôtres ?
03:07Nous avons mis sur la table la question des méga-héritages
03:11qui sont aujourd'hui moins taxés en France que dans les pays européens
03:16qui sont comparables, par exemple l'Allemagne.
03:18Et donc, ce que nous, nous proposons, c'est une mesure simple.
03:21On taxe les méga-héritages.
03:24C'est-à-dire 99% des héritages en France ne seront pas touchés.
03:27Je parle là des très gros héritages.
03:30Et ce que nous gagnons en augmentant cette taxe,
03:34nous le rendons aux salariés français sous la forme d'une hausse de salaire équivalente.
03:39Ce que ça veut dire, c'est qu'on va transférer 15 milliards d'euros
03:41des méga-héritiers vers les travailleurs français.
03:46Vous savez, il y a 50 ans, les deux tiers du patrimoine des Français
03:51étaient constitués par le produit de leur travail
03:53et un tiers seulement par leur héritage.
03:56Aujourd'hui, c'est l'exact inverse.
03:58Les deux tiers, c'est le produit de l'héritage
03:59et un tiers seulement le produit du travail.
04:01On est en train de constituer une société de rentiers et d'héritiers
04:05au lieu d'une société de travailleurs.
04:06Moi, je veux une société de travailleurs en France.
04:08Je veux qu'on puisse vivre dignement de son travail.
04:12Alors, les sociétés d'héritiers, c'est des sociétés d'ancien régime
04:15qui sont sclérosées et bloquées.
04:17Il faut qu'on arrive, nous, à faire en sorte
04:20que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.
04:23– M. Kluxmann, hier, Jordan Bardella est en Grande-Bretagne.
04:27Il a signé un pacte migratoire avec Nigel Farage.
04:30C'est le leader de l'extrême droite en Grande-Bretagne.
04:33Qu'est-ce que ça vous inspire ? Ça vous inquiète ?
04:35– Une fois de plus, le Rassemblement national signe un pacte
04:39qui, heureusement, n'a aucune valeur légale
04:41puisqu'il ne s'agit absolument pas d'un pacte entre deux gouvernements,
04:44mais qui est au détriment des intérêts de la France.
04:47Ce qu'il signe avec Nigel Farage, c'est à nouveau une capitulation des Français.
04:52Ça veut dire qu'il déresponsabilise complètement le Royaume-Uni
04:56de la question migratoire et que tout va à nouveau peser sur les épaules des Français.
05:01Mais vous savez, c'est la marque de fabrique du Rassemblement national.
05:05La faiblesse quand il s'agit de défendre les intérêts de la France.
05:09Regardez leur vote.
05:10Regardez leur vote au Parlement européen.
05:13Tout ce qui permet de protéger les industries européennes, françaises en particulier,
05:18que ce soit sur la question des industries de défense.
05:19Moi, j'ai travaillé et j'ai lutté d'arrache-pied
05:23contre le complexe militaro-industriel américain
05:25pour pouvoir faire en sorte qu'on réserve les fonds consacrés à la défense,
05:29les fonds européens, aux industries européennes.
05:32Et en premier lieu, puisque nous avons la première industrie de défense européenne,
05:37aux industries françaises.
05:38Le Rassemblement national s'y est opposé.
05:42Donc ils ont servi les intérêts du complexe militaro-industriel américain.
05:46Je pourrais prendre l'exemple du vote à l'Assemblée nationale de Mme Le Pen
05:49sur la taxe sur les petits colis chinois
05:52qui sont en train de détruire notre industrie de la mode, par exemple,
05:56ou nos commerces de centre-ville qui ferment les uns après les autres
06:00face à une concurrence déloyale de ces petits colis chinois
06:02qui ne sont absolument pas contrôlés à l'entrée sur notre territoire,
06:05qui ne sont pas taxés.
06:07Et bien quand enfin il y a une réaction et qu'on taxe les petits colis chinois,
06:10que fait Mme Le Pen ?
06:11Elle vote contre, mais elle vote pourquoi alors ?
06:14Pour les intérêts de Chine ?
06:16Contre les intérêts des producteurs français ?
06:18Contre les intérêts des commerçants français de Centrebourg ?
06:21C'est ça la réalité du Rassemblement national.
06:23Alors il y a les discours, il y a les discours sur la France,
06:25il y a les discours sur la nation,
06:27mais derrière il y a les actes.
06:28Et ces actes-là sont toujours en contradiction
06:31avec les intérêts nationaux français.
06:32Et donc ce que je veux dire, c'est un message simple.
06:35Nous sommes, nous, les véritables patriotes.
06:38Et vous, Président, sur la question de l'immigration,
06:40justement, qu'est-ce que vous feriez ?
06:41Est-ce que vous iriez en Grande-Bretagne
06:43pour discuter avec le gouvernement britannique
06:45sur cette question des migrants ?
06:46Évidemment qu'il faut une coopération avec les Britanniques.
06:49Et je discuterai avec le gouvernement britannique.
06:51Et nous trouvons un accord.
06:53Mais de manière générale, moi je vais être très clair avec vous,
06:57il faut une maîtrise, il faut un contrôle,
07:01mais il faut arrêter avec ce mythe de l'immigration zéro.
07:05Quand le Rassemblement national, y compris,
07:08d'ailleurs c'était lors du débat organisé par le MEDEF,
07:12Mme Le Pen, quand on lui pose la question de la dette française,
07:15elle répond « Immigration et Union européenne »
07:17parce qu'elle n'a rien à dire sur la dette ou sur l'économie,
07:19mais ce qu'elle veut c'est repartir sur l'immigration.
07:22Quand elle répond « Immigration »,
07:24vous auriez dû voir le visage interloqué des entrepreneurs français.
07:28Parce qu'en réalité, l'immigration zéro,
07:31c'est la mort de l'économie française.
07:33Moi je ne sacrifierais pas l'économie française
07:35à la xénophobie du Rassemblement national.
07:38Et oui, il faut une immigration de travail,
07:41il faut une immigration qu'on contrôle, qu'on maîtrise.
07:43Et nos sociétés ne doivent pas céder à cette tentation du repli sur soi total
07:49qui entraînerait une chute et de nos économies et de nos démocraties.
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