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  • il y a 4 minutes
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00Avocat, président du centre de réflexion sur la sécurité intérieure.
00:04Bienvenue Thibon de Montbréal sur ce plateau.
00:08Ça va être plus calme.
00:10Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion d'écouter ce débat.
00:13Juste la fin.
00:14Juste la fin.
00:15Ça dit quand même quelque chose de cette campagne présidentielle.
00:18Oui, qui n'a pas encore vraiment commencé.
00:21Ah bon ?
00:22Non, moi je pense qu'elle n'a pas vraiment commencé.
00:24Je pense qu'il y a un parisianisme.
00:27Ça intéresse beaucoup les gens qui sont passionnés par la politique.
00:29J'en fais partie, je ne le nie pas.
00:32Mais je pense qu'en France, partout en France,
00:35il y a un double phénomène que beaucoup de gens ne réalisent pas à Paris
00:40et dont je me suis rendu compte,
00:42parce que depuis trois ans,
00:44avec le centre de réflexion sur la sécurité intérieure que je préside,
00:47j'ai fait plus de 50 réunions publiques.
00:49J'ai vu près de 10 000 personnes.
00:51Et il y a un rejet massif du système parisien
00:55qui gouverne depuis une vingtaine d'années
00:57que beaucoup de gens ne réalisent pas à Paris.
01:00Et par ailleurs, il y a le sentiment,
01:03mais qui transparaît dans les études d'opinion,
01:06qu'il y a un décalage entre les sujets qui sont abordés
01:08et les préoccupations réelles, profondes des gens
01:11dans les petites villes, dans les villages.
01:14Mais malgré tout, quand même, un intérêt pour le débat politique
01:17dans le sens où il y a une attente de la présidentielle,
01:20une volonté de changement ?
01:21Alors, les Français ont toujours été intéressés par le débat politique
01:24et il y a plus qu'une volonté de changement,
01:28il y a une volonté de rupture.
01:29C'est exactement le terme que j'allais employer.
01:31Mais votre question, c'était est-ce que la campagne a commencé ?
01:35Moi, je n'ai pas l'impression.
01:37Je veux dire, à part voir des candidats boire des bières
01:40ou servir des apfels quiches...
01:44Ça, c'est pour Gabriel Attal et Édouard Philippe ?
01:46Oui, mais ils ne peuvent pas parler de ce qu'ils ont fait
01:47pendant qu'ils étaient au pouvoir.
01:49Donc, il faut bien qu'ils essaient de faire diversion.
01:51Ça ne trompera personne.
01:52Mais en attendant, c'est pour ça qu'il y a un rejet, si vous voulez.
01:55Les gens qui souffrent du pouvoir d'achat,
01:57on va peut-être parler du prix de l'essence, etc.
01:58Mais quand ils voient des gens qui ont été Premier ministre
02:02essayer de détourner l'attention en buvant des coups
02:05ou en servant des frites,
02:06je ne suis pas sûr qu'ils soient à la hauteur de ce qu'ils attendent.
02:08Et ça va venir, bien sûr.
02:10La campagne, on va y plonger.
02:12Mais je pense qu'on est dans pré-campagne.
02:14Mais à quel moment on y plonge ?
02:15Ah ben ça, je n'en sais rien, on va voir.
02:17Moi, je pense qu'il va se passer tellement de choses,
02:20notamment sur les questions de sécurité.
02:22Il peut y avoir des ruptures économiques.
02:24La situation est quand même catastrophique sur tous les fronts
02:27qu'il ne faut pas sous-estimer l'impact
02:30que pourront avoir certains événements
02:34sur la montée en puissance de cette campagne.
02:37Et puis le casting de l'élection, on le connaîtra en janvier.
02:40Mais on ne le connaît pas maintenant.
02:41Vous dites qu'il va se passer tellement de choses,
02:44notamment sur le plan sécuritaire, c'est-à-dire ?
02:46Aujourd'hui, si vous voulez, on est en France
02:51et puis dans le monde,
02:52et donc la France comme pays du monde,
02:55toutes les certitudes qu'on pouvait avoir,
02:57aussi fragiles soient-elles, ont volé en éclats.
03:00Sur le territoire français,
03:01vous avez une violence absolument endémique.
03:05Rien que cette semaine,
03:06vous avez deux étrangers en situation irrégulière
03:09qui ont tué des Français.
03:10Bon, ben voilà, on n'en a pas beaucoup parlé.
03:13Pourquoi on n'en a pas beaucoup parlé ?
03:14Il y a 30 ans, ça aurait fait la une pendant 10 jours.
03:16On n'en parle plus parce que, malheureusement,
03:18c'est comme la grenouille dans l'eau qui boue.
03:20C'est-à-dire que petit à petit, on s'habitue,
03:22ce qui est terrible.
03:23Il ne faut pas s'habituer à ça.
03:25Les Français ne s'y habituent pas.
03:26Mais dans le débat public, j'ai l'impression,
03:28hélas qu'on s'y habitue.
03:30On voit l'ultra-gauche
03:33qui est de plus en plus active.
03:35On entend un discours du côté de la France insoumise
03:37avec des gens comme Bali Bakayoko,
03:40le maire de Saint-Denis,
03:42avec Rima Hassan,
03:43avec Jean-Luc Mélenchon
03:44qui rend hommage à la Jeune Garde
03:45qui est le seul groupuscule fasciste en France aujourd'hui,
03:49qui donc ont un discours,
03:51on va dire pour le moins ambivalent,
03:53sur la violence.
03:53C'est-à-dire qu'on a une force politique
03:55qui représente à peu près un quart
03:58de sympathisants en France
03:59par rapport à l'électorat,
04:00à peu près, peut-être un petit peu moins,
04:02et qui, d'ores et déjà,
04:05séduit, tente de séduire ses électeurs
04:06pour gagner par les urnes,
04:08ça c'est le jeu démocratique
04:09et c'est tout à fait légitime,
04:10mais aussi par les armes,
04:11c'est-à-dire en attisant une violence potentielle.
04:16Si vous prenez aussi ce qui se passe dans le monde,
04:18on a de plus en plus en Europe,
04:20encore ce matin en Bulgarie,
04:22des événements de ce qu'on appelle de guerre hybride,
04:24c'est-à-dire des actes de sabotage,
04:26des attentats,
04:27enfin, on peut placer tout un tas de synonymes
04:29qui ont lieu désormais régulièrement.
04:31Il y a quatre centrales thermiques allemandes
04:32qui ont été visées en dix jours.
04:33Personne n'en a parlé en France.
04:35Personne n'en a parlé.
04:36C'est des dix derniers jours.
04:37Donc, tout ça pour vous dire,
04:38par rapport au sujet,
04:40que personne ne peut savoir l'impact
04:42qu'auront tous ces événements
04:43dans les trois ou quatre mois qui viennent.
04:44Et j'en ajoute un...
04:46Mais vous dites que la gauche
04:47est uniquement la gauche.
04:48Je précise d'ailleurs que vous avez participé
04:50à la campagne de Valérie Pécresse,
04:52la dernière campagne présidentielle,
04:54sur les questions de sécurité.
04:55C'était il y a quatre ans et demi.
04:56Oui, mais ce que je veux dire,
04:57c'est que c'est un homme de droite
04:58qui se tient face à moi.
04:59Ah oui, bien sûr.
05:00Voilà, pour ceux qui ne le savent pas.
05:02Et là, vous venez...
05:02Pour ceux qui ne le savaient pas,
05:03ils l'ont compris.
05:04Oui, ça, c'est sûr.
05:05Mais vous pouvez...
05:07Est-ce qu'il est juste
05:08d'attribuer uniquement à la France insoumise,
05:11à la gauche,
05:14cette volonté aujourd'hui
05:15de mettre de l'huile sur le feu,
05:17notamment sur le plan sécuritaire ?
05:19Alors, il y a deux manières
05:21de répondre à votre question.
05:22Au sens étroit de l'incitation,
05:25ou plutôt du fait de flirter
05:27avec les incitations à la violence physique,
05:29il n'y a absolument aucun doute
05:31que seul l'entourage de la France insoumise
05:33fait ça.
05:33Ça, ce sont les seuls.
05:35Maintenant que les uns ou les autres
05:38veuillent utiliser la situation sécuritaire
05:40pour mettre en avant des programmes politiques,
05:44ça, c'est le jeu démocratique normal.
05:46Et je vais même vous dire,
05:47c'est la poule et l'œuf.
05:48C'est-à-dire que, vous savez,
05:49c'est les vieux arguments
05:51qu'on entend beaucoup
05:52dans certaines rédactions,
05:54des gens qui disent
05:54« Ah, mais ça, il ne faut pas en parler
05:55parce que ça va faire le jeu
05:56de l'extrême droite. »
05:57Mais prenez l'exemple de la Suède
05:59ou du Danemark.
06:00Ce sont des pays
06:01où l'extrême droite
06:01s'est effondrée le jour
06:03où les sociodémocrates,
06:04donc la gauche,
06:05centre-gauche,
06:06ont accepté enfin
06:07de mettre des mots
06:08sur la réalité
06:09et de mettre en œuvre
06:11des programmes
06:12qui aujourd'hui
06:14feraient rougir
06:14la gauche française
06:16et même une partie de la droite.
06:17Donc, quand on parle
06:18du réel aux gens,
06:19ça les rassure.
06:20Et les gens se détendent
06:21parce qu'ils ont l'impression
06:22que l'État remplit
06:23la seule fonction importante
06:25qui est la sienne,
06:26c'est le régalien,
06:27c'est-à-dire protéger.
06:28Protéger les Français.
06:29Alors, très intéressant,
06:30à ce sujet,
06:31selon vous,
06:31qui, aujourd'hui,
06:32sur les questions sécuritaires,
06:35a le discours
06:36le plus réaliste ?
06:38Regardez,
06:38on a sélectionné
06:39quelques mesures
06:40emblématiques
06:40de certains candidats,
06:41justement,
06:42dans le domaine
06:42de la sécurité.
06:44Il y a, évidemment,
06:46celle de Bruno Rotailleau
06:47qui veut faire primer
06:48le droit français
06:48sur les décisions
06:49de juridiction européenne
06:50sur l'immigration
06:51et de sécurité.
06:52L'interdiction du port du voile
06:54dans l'espace public,
06:54ça, c'est ce que prône
06:55Marine Le Pen.
06:56Gabriel Attal, lui,
06:57il insiste sur la nécessité
06:59de mettre en place
06:59des comparisions immédiates
07:01pour les mineurs
07:01et la fin de l'excuse
07:03de minorité.
07:04Édouard Philippe
07:04veut des peines planchées
07:05pour les infractions
07:06les plus graves
07:07et Jean-Luc Mélenchon
07:08veut, lui,
07:09la suppression
07:10de l'IGPN
07:12et l'IGGN.
07:12L'IGPN,
07:13c'est notamment
07:13la police des polices.
07:15Est-ce qu'il y a
07:16une mesure,
07:17tout d'abord,
07:18qui vous semble
07:19prendre le dessus
07:20sur les autres
07:20et une qu'il faut
07:22éliminer automatiquement ?
07:24Déjà,
07:25c'est un concours
07:25l'épine.
07:26C'est-à-dire que
07:27c'est une sorte
07:27d'inventaire
07:28à l'après-verre,
07:29de course à l'échalote
07:30et, enfin,
07:30j'en reviens
07:30à ce qu'on disait
07:31au début,
07:31mais on n'est qu'au mois
07:32de septembre.
07:32L'élection,
07:33elle est dans huit mois.
07:34Donc,
07:35les programmes
07:36vont se bâtir,
07:37vont se structurer,
07:39vont être financés
07:39parce que,
07:40pour l'instant,
07:41ce sont des ballons d'essai
07:43pour voir un petit peu
07:44comment ça réagit.
07:45Et puis ensuite,
07:46il n'y a pas simplement
07:47la question du programme,
07:47il y a la question
07:48de l'incarnation.
07:49Quand vous prenez
07:51des gens
07:51qui ont été au pouvoir
07:52ces dix dernières années
07:53et qui viennent vous dire
07:54tout à coup
07:55qu'ils vont renverser
07:55une table
07:56qu'ils ont construite,
07:57je pense qu'il y a un problème.
07:59Quel que soit ce qu'ils disent,
08:00il y a un problème de crédibilité.
08:02Ce n'est pas pour moi.
08:03Non, mais je sais
08:04que vous relayez
08:05ce que vous voyez
08:06au travers de vos études.
08:07C'est ça qui est très intéressant.
08:09C'est rédhibitoire
08:09pour les Français.
08:12Et encore une fois,
08:13les intéressés
08:14n'ont pas l'air
08:14de tellement s'en rendre compte.
08:15Ce que je pense.
08:16Mais donc,
08:17ça vaut aussi
08:17pour Bruno Retailleau,
08:18ancien ministre de l'Intérieur.
08:19Ce que je pense.
08:20Ah, mais moi,
08:20je pense que Bruno Retailleau
08:23devra faire montre
08:24de beaucoup de pédagogie
08:25pour expliquer
08:26pourquoi il a été gouverné.
08:29Bruno Retailleau,
08:29c'est aussi le candidat
08:31d'un parti
08:33qui, aujourd'hui,
08:34a perdu beaucoup de crédit
08:35dans l'opinion publique
08:36partout sur le territoire.
08:37C'est une réalité.
08:38Encore une fois,
08:39quoi que j'en pense,
08:40c'est une réalité.
08:40Donc ça ne le disqualifie pas
08:41pour autant ?
08:42Personne ne l'est disqualifié.
08:43Et qui suis-je ?
08:44Attends,
08:44je ne vais pas me mettre
08:45à venir sur votre antenne
08:46pour donner des brevets
08:47en disqualification.
08:48Mais vous insistez sur ce point
08:49en disant
08:50comment on peut être audible ?
08:51Oui, parce que j'insiste
08:52sur ce point
08:53parce qu'il m'apparaît
08:54être le point central
08:55de décalage
08:57entre le débat public
08:58aujourd'hui
08:59et la réalité
09:00de ce que j'entends
09:01sur le terrain
09:02et de ce que disent
09:02les Français.
09:03Et il n'y a pas qu'à moi
09:03qui le disent.
09:04C'est dans les enquêtes
09:05d'opinion aussi,
09:05sur les attentes,
09:06etc.
09:07Et ça,
09:08je trouve ça assez fascinant.
09:09C'est pour ça
09:10que je vous le dis ce soir
09:10parce que je trouve ça fascinant.
09:11Intéressant,
09:12effectivement.
09:12Et sur le fond,
09:14alors évidemment,
09:14c'est le concours Lépine
09:16sur le plan sécuritaire.
09:19Mais selon vous,
09:20est-ce que vous observez
09:21justement sur le terrain
09:23quelles seraient
09:24les trois mesures prioritaires
09:26à mettre en place
09:26aujourd'hui
09:28et qui devraient figurer
09:29au fond
09:29dans chaque programme
09:30de chaque candidat ?
09:31Alors, il y a des mesures micro,
09:33c'est-à-dire qu'on peut prendre
09:33très vite,
09:34question de volonté politique
09:35et de courage,
09:36et des mesures macro,
09:37c'est-à-dire qui nécessitent
09:38de très grands bouleversements
09:39juridiques.
09:40La mesure micro,
09:42c'est purement une question,
09:44je viens de le dire,
09:44de courage politique.
09:46Ce serait que l'État
09:47assume ce que les Français
09:48attendent
09:49et ce qui est sa mission première,
09:50c'est-à-dire l'usage
09:51de la force légitime
09:52pour reprendre le contrôle
09:53sur le terrain.
09:54C'est-à-dire qu'on laisse
09:55les policiers et les gendarmes
09:57appliquer la loi.
09:58Il ne s'agit pas de voter
09:59une loi supplémentaire,
10:00etc.
10:00C'est simplement une question
10:01d'état d'esprit.
10:02C'est qu'aujourd'hui,
10:02les policiers et les gendarmes
10:03ne se sentent pas soutenus,
10:05que ce soit par leur hiérarchie,
10:08l'administration
10:08ou par la justice,
10:10lorsqu'ils sont sur le terrain
10:12au contact des voyous
10:13pour protéger les Français.
10:15Donc, le jour
10:16où on aura une chaîne
10:17qui partira de l'Élysée,
10:19qui passera par Matignon
10:19et qui descendra,
10:21je fais un mouvement en double,
10:22vers l'intérieur
10:23et les préfets
10:24et ensuite vers la justice
10:26et les procureurs
10:27qui viendra dire
10:29nous assumons,
10:30ce qui est d'ailleurs
10:31le fondement de l'État,
10:32c'est-à-dire d'utiliser
10:33la force légitime
10:34sur le terrain,
10:35y compris s'il y a de la casse
10:37chez les gens qui sèment
10:39la perturbation
10:40et qui s'en prennent
10:40dans nos concitoyens,
10:41on aura fait un énorme progrès.
10:43Pourquoi ?
10:43C'est très important.
10:44Parce qu'aujourd'hui,
10:46tous les gens,
10:47les représentants de l'État,
10:48les profs dans les hôpitaux,
10:50etc.,
10:50ils subissent.
10:51C'est-à-dire qu'ils sont
10:53de plus en plus agressés,
10:54verbalement et parfois physiquement,
10:55et cette impression
10:56d'impuissance générale,
10:58eh bien,
10:58elle s'est répandue.
10:59Et en fait,
11:00vous savez,
11:02la politique,
11:03la vie,
11:04ce sont des histoires
11:04de dynamique.
11:05Si on inverse la dynamique,
11:07à ce moment-là,
11:08la peur peut changer de camp,
11:10comme a dit un célèbre
11:11ministre de l'Intérieur.
11:11Je pense que la peur
11:12doit changer de camp.
11:13Et quand on commencera
11:15à le faire et à l'assumer,
11:17la peur changera de camp.
11:18Donc priorité à ça.
11:18Et ça,
11:1980% des Français
11:20seraient d'accord.
11:20Et sur la mesure,
11:22vous m'avez dit,
11:23une mesure micro,
11:24c'est-à-dire qu'on peut
11:24mettre en place tout de suite,
11:25et une mesure complexe
11:27à mettre en place,
11:28mais qui me paraît
11:28indispensable à moyen terme,
11:30je pense qu'il faut faire
11:31une réforme constitutionnelle
11:33massive.
11:33En deux mots,
11:34revenir à l'orthodoxie
11:36de la Constitution de 1958,
11:37mais moderniser,
11:38parce qu'évidemment,
11:39le monde a changé.
11:40Mais qu'est-ce que ça changerait,
11:41ça ?
11:42Qu'est-ce que ça apporterait
11:43de plus ?
11:43C'est important,
11:44ce que vous dites,
11:45parce qu'on parle beaucoup
11:46de revoir la Constitution,
11:47de changer la Constitution.
11:48D'abord, je pense qu'il faut revoir
11:51les pouvoirs du Conseil constitutionnel
11:53qui s'est complètement affranchi
11:56de ce qui était dans le texte
11:57de 1958.
11:58Il y a eu une bascule
11:59jurisprudentielle en 1971
12:00qui, depuis, a abouti au fait
12:02qu'un peu comme une rivière
12:04pendant une crue,
12:05le Conseil constitutionnel
12:05est complètement sorti de son lit
12:07et il s'est mis,
12:08sans aucune légitimité démocratique,
12:10à prendre des décisions
12:11et à censurer régulièrement
12:13ce que votaient les représentants.
12:14C'est un peu ce que dit Bruno Retailleau,
12:15il faut laisser le dernier mot au peuple.
12:18Vous êtes d'accord ?
12:19Vous êtes aligné avec ça ?
12:20Je suis d'accord avec Bruno Retailleau
12:21là-dessus,
12:21avec d'autres qui le disent,
12:22mais je pense même
12:23qu'il faut aller plus loin
12:24que le projet que Bruno Retailleau a.
12:25Deux questions d'actualité importantes.
12:27Tout d'abord,
12:28cette note du renseignement territorial,
12:29on parlait de l'exaspération,
12:30du décalage entre ce qui se passe
12:32sur le terrain
12:33et ce que disent les politiques.
12:34C'est une information BFM TV,
12:36donc le renseignement territorial
12:37qui incite à une vigilance particulière
12:39à tout autre rassemblement planifié
12:41ou spontané
12:42se revendiquant des gilets jaunes,
12:43au regard des risques de troubles
12:45à l'ordre public
12:46inhérent à ce type de mobilisation.
12:48Les prix de l'essence explosent
12:50et effectivement,
12:51des appels à se rassembler
12:52se multiplient sur les réseaux sociaux.
12:54C'est ce que dit
12:55le renseignement territorial.
12:56Est-ce que le fait
12:57que cette note existe
12:59est le signe même
13:00d'une inquiétude importante
13:02ou c'est juste une volonté d'anticiper ?
13:04Les deux.
13:05Le renseignement territorial,
13:06il fait son job,
13:07c'est-à-dire qu'il alerte le pouvoir
13:09sur des éléments qui lui remontent.
13:11C'est une réalité.
13:12Ce samedi, là, hier,
13:13il y avait déjà des premiers gilets jaunes
13:15à certains endroits.
13:16Pas beaucoup,
13:16mais c'est la première fois
13:17qu'on les revoit depuis 2019.
13:19Il y avait très peu de monde.
13:19On est d'accord.
13:20Oui, mais enfin,
13:21c'est toujours plus
13:21que depuis six ans.
13:23Et il y a un appel,
13:24effectivement,
13:25pour le 17 octobre
13:26à des mouvements
13:27avec des actions
13:28selon les appels,
13:29d'ailleurs,
13:29qui pourraient être violentes.
13:30On va voir.
13:31Vous croyez à un retour
13:32des gilets jaunes ?
13:32Non, alors attendez,
13:33c'est ce que j'allais vous dire.
13:34On va voir,
13:35parce que ça fait plusieurs fois
13:36depuis six ans
13:42Donc, très sincèrement,
13:43je ne sais pas.
13:43Je sais qu'il y a
13:44une exaspération.
13:46Je sais aussi
13:47que le prix de l'essence,
13:48quand on regarde
13:49ce qui s'est passé
13:49dans le Golfe cette semaine,
13:50notamment à la fin de la semaine,
13:51avec le deuxième détroit
13:53de Babel Mandel
13:53qui a été fermé
13:55et, on l'a peu dit,
13:56mais le pipeline
13:57d'Arabie Saoudite
13:58qui a été stoppé
14:01par les outils,
14:02ça veut dire
14:03que la production
14:03d'Arabie Saoudite
14:04s'est effondrée,
14:05ou plus exactement
14:06son exportation,
14:07et ça va nécessairement,
14:08il faut que les gens
14:09qui nous regardent le saches,
14:10avoir dans quelques semaines
14:11– Un impact sur les prix.
14:13– Ah mais un vrai.
14:14Donc, l'essence
14:15va continuer à augmenter.
14:17Donc, est-ce qu'il va en résulter
14:18un mouvement social
14:19sur lequel d'autres mouvements
14:21pourraient se greffer ?
14:23Je ne sais pas,
14:23mais il y a un vrai risque.
14:25J'ajoute que
14:25c'est le principe
14:26de la bordélisation
14:27dans un pays faible.
14:28Quand vous avez
14:29des mouvements qui commencent,
14:31d'autres viennent s'agréger dessus.
14:33Là encore,
14:33je ne sais pas
14:33si ceux qui nous regardent
14:34le savent,
14:35mais cette semaine en France,
14:36il y a deux villes,
14:37à Chambéry et à Laval,
14:39où il y a eu
14:39des émeutes urbaines
14:40extrêmement violentes,
14:41avec à Chambéry
14:42comme origine
14:43la mort d'un jeune homme
14:44et le mot s'est répandu
14:45que les policiers
14:46l'avaient tué,
14:46ce qui était faux.
14:47Et à Laval,
14:48la condamnation pénale
14:49d'un individu
14:50qui n'a pas plu
14:51à ses copains.
14:52Donc, on a affaire
14:53à des gens
14:53qui sont quand même
14:54très vite éruptifs
14:55et il pourrait tout à fait
14:56y avoir
14:56une convergence objective
14:59dont on avait beaucoup
15:00parlé justement
15:01au moment des Gilets jaunes.
15:03Un mot aussi,
15:03dernière question
15:04sur ce déraillement
15:05spectaculaire
15:06en Normandie.
15:0844 personnes blessées
15:10aujourd'hui,
15:10elles vont mieux,
15:12elles sont sorties d'affaires.
15:13Heureusement,
15:13mais ça aurait pu être
15:14dramatique.
15:15Le choc a été
15:15extrêmement violent.
15:18Choc attribué
15:19donc à cette autre,
15:21en fait,
15:21à ce bout de rail,
15:22je vais y arriver,
15:23qui était présent
15:23sur l'une des voies.
15:24On parle d'un morceau
15:25de rail,
15:25en fait,
15:26on va le voir à l'image,
15:27de près de 300 kilos.
15:29L'enquête,
15:29elle se poursuit activement,
15:30c'est ce qu'a dit
15:31aujourd'hui le préfet,
15:33mais pour l'instant,
15:33on ne sait pas
15:34ce qui s'est passé.
15:35La piste d'un acte
15:37malveillant est évoquée.
15:39Elle s'est un peu dégonflée
15:40au fil des heures.
15:41Vous,
15:41quel regard vous portez
15:43sur ce sujet ?
15:45Est-ce qu'il y a
15:46un mode opératoire ?
15:47Est-ce que ça rappelle
15:47quelque chose ?
15:48Est-ce qu'il y a
15:48un sujet autour des trains ?
15:50Oui,
15:50il y a un sujet
15:52autour des trains,
15:52mais vous savez,
15:54il y a un sujet,
15:55on vit dans une démocratie,
15:56on a un grand territoire
15:58et on ne peut pas
15:58en surveiller
15:59chaque mètre carré.
16:01Et d'ailleurs,
16:01je pense que nos concitoyens
16:02n'aimeraient pas ça.
16:03Ils auraient raison.
16:04Donc,
16:04oui,
16:05bien sûr qu'il y a un sujet
16:05autour des trains,
16:07comme il y en a eu
16:08pendant la grande période
16:10de terrorisme islamiste,
16:11qui n'est d'ailleurs
16:12pas du tout fini,
16:12même si on n'en parle plus.
16:14Donc,
16:14il y a un sujet.
16:15Moi,
16:15la question que je me pose,
16:16je n'ai pas d'élément particulier
16:17à vous apporter ce soir,
16:18c'est que s'il est vrai
16:20que le train
16:20qui est passé une heure avant
16:21sur cette même voie
16:22n'a pas rencontré
16:23cet obstacle,
16:24c'est que mécaniquement,
16:25cet obstacle a été posé
16:26sur la voie,
16:27soit par accident,
16:28soit par malveillance,
16:29dans l'heure qui a suivi.
16:31Un rail de 300 kilos,
16:32Hervé Morin,
16:33le président de la région
16:33Normandie,
16:34s'est interrogé.
16:35C'est difficile d'imaginer
16:36que ce soit un accident.
16:39Et si ça n'est pas un accident,
16:40alors pardon,
16:41mais il faut faire attention
16:41aux mots.
16:42C'est soit un accident,
16:44soit un attentat,
16:44mais ce n'est pas
16:44un acte de malveillance.
16:46Il faut quand même
16:46faire attention aux mots
16:47qu'on emploie.
16:48L'acte de malveillance,
16:49c'est de tirer la sonnette
16:50d'alarme pour que le train
16:51s'arrête et embêter
16:52tout le monde.
16:52Là, on prend le risque
16:54de tuer des gens.
16:55Vous l'avez rappelé,
16:55une personne grièvement blessée,
16:57ça aurait pu être bien pire.
16:59Heureusement,
16:59ça n'a pas été le cas.
17:00Mais là,
17:00on bascule dans autre chose.
17:02Cette semaine aussi,
17:02un pylône électrique
17:04en Haute-Savoie
17:05a été touché,
17:06qui alimentait notamment
17:07une usine
17:08qui est dans la chaîne
17:08d'armement.
17:09Donc, il y a tout un tas
17:11d'hypothèses
17:12depuis l'accident
17:13jusqu'à l'ultra-gauche,
17:14jusqu'à un pays étranger.
17:16Je ne sais pas.
17:16Ce que vous dites,
17:17en tout cas,
17:17c'est que ça ne peut pas
17:18être un entre-deux.
17:19Soit c'est un accident,
17:20soit c'est un acte terroriste.
17:21Soit c'est un accident,
17:22soit c'est très grave.
17:23Merci beaucoup.
17:24Merci Thibault de Montréal
17:25d'avoir été avec nous.
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