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00:00Merci d'être avec nous en ce dimanche soir. On poursuit nos débats et les propositions, vous le savez, se
00:05multiplient pour baisser les prix des carburants
00:07et certains même pour les bloquer. Mais il faut reconnaître qu'il n'y a pas grand monde quand il
00:12s'agit de présenter la facture.
00:14Et au milieu de tout cela, le gouvernement est-il impuissant, tenu par la situation budgétaire, l'absence d'argent
00:20?
00:20Il n'y a plus d'argent, plus d'argent magique tout court. On en parle avec nos invités. Bruno
00:24Jérédier, restez avec nous.
00:25Laurence Saillet nous accompagne. Merci d'être là. Bonsoir à vous, Laurence, ancienne députée européenne, Les Républicains.
00:31Jérôme Sainte-Marie, bonsoir. Bonsoir. Président de l'Institut de sondage Pelling Vox et conseiller du Rassemblement national.
00:36Philippe Brun, bonsoir à vous, député socialiste de l'heure, candidat à la primaire pour la présidentielle.
00:43Pierre Chasserey, bonsoir. Bonsoir. Délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes.
00:48Peut-être une première question, peut-être que vous allez considérer que c'est une remarque un peu démago,
00:53mais qui parmi les politiques, les ministres, et je m'inclus dans tout ce milieu,
00:58même si on fait le plein quand même, fait le plein pour sa voiture ?
01:01Qui fait Philippe Brun ? Parmi les ministres, j'ai bien dit.
01:05Parmi les ministres, oui d'accord, mais la vérité c'est que je pense que tout le monde se rend
01:08bien compte
01:09qu'on y a une situation aujourd'hui qui est intenable.
01:10Moi je reviens de l'heure, ma circonscription, j'ai fait 16 déplacements, 16 événements ce week-end.
01:16À chaque moment, sur toutes les fois, les gens me prennent par la manche et me disent
01:20baisser le prix du carburant. Moi je suis élu d'une France qui ne peut pas vivre avec 2 euros
01:23le litre de carburant.
01:24On est à beaucoup plus que 2 euros aujourd'hui.
01:25Le trajet de domicile-travail moyen, dans ma circonscription, c'est 60 kilomètres.
01:29J'ai même des gens qui font 80 kilomètres, 100 kilomètres par jour.
01:31Donc c'est intenable avec une essence aussi chère.
01:33Donc il faut d'urgence baisser les taxes.
01:36Moi je propose ça depuis très longtemps.
01:37J'ai fait un rapport à l'Assemblée nationale sur le sujet,
01:39qui montre que ce qu'a fait le gouvernement socialiste espagnol
01:41a coûté beaucoup moins cher aux finances publiques que ce qu'on raconte.
01:44Moi je le dis, il y a une urgence aujourd'hui, il faut baisser immédiatement de 30 centimes.
01:48Et d'une certaine manière, le coût budgétaire, on peut le compenser par d'autres mesures.
01:51On aura peut-être l'occasion d'en reparler.
01:53On va en parler. Oui, oui, c'est plus important.
01:55À chaque fois on dit baisser les taxes.
01:57Je n'ai entendu personne aujourd'hui parmi ceux qui veulent baisser les taxes.
02:00Je ne dis pas que je suis contre.
02:01Et croyez bien que j'ai bien conscience de ce que vivent les Français.
02:05Mais il ne faut pas leur mentir.
02:07Vous ne mettez pas en face dans l'immédiat pour compenser.
02:09Alors d'abord, il faut se rendre compte d'une chose, c'est que ne pas baisser les taxes, ça
02:11nous a coûté très cher.
02:12Parce qu'en fait, il y a eu une baisse de volume gigantesque qu'on n'a pas eue en
02:14Espagne, qu'on n'a pas eue en Italie.
02:16Parce qu'eux, ils ont baissé les taxes.
02:17Et donc cette baisse de volume nous a coûté cher.
02:19Dans mon rapport, vous pouvez taper mon nom suivi de Aessence sur Google.
02:23Vous allez trouver dans le rapport, on chiffre le coût de la non-action.
02:25Parce qu'il y a eu des volumes qui ont beaucoup baissé.
02:27C'était au mois d'avril, au mois de mai.
02:28Et donc ça a coûté cher aux finances publiques.
02:30Donc ensuite, moi ce que je propose, c'est de mettre en place ce que proposent 6 autres pays européens
02:34qui proposent aujourd'hui qu'on taxe les super-profits des énergéticiens.
02:37Avec une différence.
02:38Tous les autres pays européens ont fait des efforts incroyables, des réformes structurelles.
02:41Ils ont bu la calise jusqu'à l'alli pour...
02:43Là, on parle du carburant.
02:44Oui, mais c'est un ensemble, un budget.
02:46Il y a 6 pays européens qui disent que ces sur-profits ne sont pas normaux.
02:52Et moi je tiens à dire quelque chose.
02:54Il y a une explosion aujourd'hui des sur-profits qui sont liés au trading.
02:57Et d'après le journal Challenge, il y a 20 milliards de sur-profits qui vont être réalisés
03:02sur les 3 majors européennes, uniquement sur la négoce, c'est-à-dire sur le trading,
03:06uniquement sur la spéculation.
03:07Et ça, c'est ce qu'on retrouve à la fin au prix à la pompe pour les gens.
03:11Moi je dis, baissons de 30 centimes immédiatement.
03:13Il n'y a pas besoin de réunir le Parlement.
03:14Un décret peut baisser la taxe intérieure sur les produits pétroliers.
03:18Ça s'appelle maintenant sur la consommation de produits énergétiques.
03:19On baisse de 30 centimes et on met en place au niveau européen cette taxe sur les super-profits.
03:23Pierre Chasserey, je vois que vous vous approuvez.
03:26Effectivement, on demandera quand même la facture après.
03:28C'était surtout techniquement, en fait.
03:30Vous avez tout à fait raison, puisque contrairement à ce qu'on nous dit
03:33sur le fait que l'Europe empêche une baisse des taxes, etc., c'est pas vrai.
03:37Il faut savoir que la France fait du zèle par rapport aux directives européennes.
03:40Les directives européennes autorisent aujourd'hui la France à baisser la TVA de 20 à 15 %,
03:45premier point, de baisser ce qu'on appelle pompeusement les axes de mobilité.
03:50C'est la TICPE, ça aussi c'est compliqué, vous inquiétez pas.
03:53C'est une taxe, on peut le baisser d'environ 35 centimes et à cela s'ajoutent les certificats d
03:57'énergie à 18 centimes.
03:58L'addition de tout TVA incluse ferait qu'aujourd'hui, si la France plaçait ces taxes au niveau des directives
04:04européennes,
04:05ni plus ni moins, en étant un bon élève.
04:07C'est 1,45€ le litre aujourd'hui.
04:09Et pourquoi les autres pays européens peuvent faire des choses ?
04:14Parce qu'ils ne n'ont pas notre endettement et parce qu'ils ne dépensent pas autant d'argent que
04:18nous.
04:1957% de dépenses publiques, on est les champions, même pas d'Europe, du monde.
04:23Donc à partir du moment où on s'est mis dans une situation où à chaque fois,
04:27et monsieur, vous qui êtes de gauche et qui n'êtes contre la réforme des retraites,
04:30vous citez, vous citez, vous avez le droit et vous avez heureusement qu'il y a des gens de gauche,
04:35vous citez l'Espagne, jusqu'à quel âge ils vont, à quel âge ils la reprêtent en Espagne ?
04:41Mais si, en fait, la réalité, c'est que vous demandez toujours plus de dépenses,
04:47et parce que vous demandez toujours plus de dépenses, parce que vous mentez aux Français,
04:50en laissant penser qu'ils vont travailler moins longtemps que les autres pays européens,
04:53on est dans une situation aujourd'hui où, si, c'est un ensemble, c'est un budget,
04:58c'est pas le carburant isolé, mais bien sûr, vous ne voyez jamais le rapport.
05:02Mais le rapport, c'est un budget global et c'est un sac global d'argent.
05:05Je pense que les gens, aujourd'hui, ils veulent qu'on règle cette histoire.
05:07Pardon, mais là, on ne va pas s'en sortir.
05:08Je dis simplement, on ne va pas s'en sortir.
05:11Je vous le dis, c'est un cri d'alerte que je vais faire quand même à votre antenne,
05:13mais vous en avez bien conscience.
05:15Il y a toute une France qui ne peut pas vivre avec un carburant à plus de 2 euros lits,
05:19c'est simple.
05:19Donc, soit à un moment, les politiques écoutent ce que disent les gens,
05:22et donc on arrête de se trouver des excuses, comme le fait Mme Saï,
05:24et en fait, on dit, voilà, on baisse de 30 centimes.
05:27Et ensuite, on met aussi les moyens, après la question du débat du budget, on l'aura,
05:31et aussi, je le dis, de taxer les super profits des énergiciens,
05:34parce que, pardon, ça va bien dans une poche, tout cet argent-là, d'accord ?
05:37Et cet argent-là, il ne va pas dans la poche de l'État, aujourd'hui,
05:39il va dans la poche des grands énergéticiens.
05:42Beaucoup des énergéticiens sont à l'étranger, vous allez pour les taxer.
05:46La taxation, pardon, ce n'est pas des pays communs qui pourront aller chercher la taxation.
05:49– Expliquez-nous pourquoi le gouvernement, l'État, prendraient le risque
05:53et se paierait le luxe d'une énorme crise pour faire du zèle à l'Union européenne ?
05:59– Comme ça a été dit, l'Union européenne nous impose une taxation à 15%
06:05et non pas à 20% comme actuellement.
06:07Le Rassemblement national le propose à 5,5% pour la TVA,
06:10sachant très bien que ça coûtera cher à l'État.
06:13– 15 milliards.
06:14– Ça coûtera cher à l'État, mais 5,5% c'est la taxation à la TVA
06:18pour les biens de première nécessité.
06:20Or, le carburant est un bien de première nécessité pour l'essentiel.
06:24Il faut savoir que 70% des Français doivent prendre leur véhicule
06:28pour se rendre au travail.
06:30Ça monte à 80% pour les ouvriers, seulement 60% pour les cadres.
06:34Donc vous voyez, il y a une injustice sociale.
06:36Il y a surtout, ça a été dit par M. Brun d'ailleurs,
06:38et moi je le vois bien dans les Hautes-Alpes, une injustice territoriale
06:41puisque quand vous êtes dans la France périphérique,
06:44dans les départements ruraux ou montagneux comme le mien,
06:47eh bien effectivement, vous n'avez pas le choix pour aller au travail.
06:50Vous ne pouvez pas prendre le métro quand vous êtes dans les Hautes-Alpes.
06:52Et par ailleurs, également, il y a toute une série de déplacements
06:55qui sont contraints pour amener les enfants à l'école, tout cela.
06:58Vous avez aussi des professionnels.
07:00Je pense notamment aux infirmières libérales, par exemple.
07:02Il n'y a pas que les routiers, etc.
07:04qui ont besoin de prendre leur véhicule.
07:06Ce qui fait que quand vous, attendez, je finis juste,
07:08quand vous raréfiez l'utilisation de la voiture,
07:11vous pénalisez des secteurs économiques entiers.
07:14Il y a des coûts cachés, en réalité, à cette TVA.
07:17Et donc, vous n'avez qu'un raisonnement économique à très courte vue.
07:20Et dernière chose, c'est quelque chose qui est sur la table
07:24depuis le début du premier quinquennat d'Emmanuel Macron.
07:27Et c'est quelque chose qui, dans l'état de compression des revenus des ménages,
07:32d'après la Nautin C, on a une baisse de 0,7%, je crois, cette année,
07:36du revenu disponible des ménages, donc une perte du pouvoir d'achat.
07:39Là, véritablement, cette rentrée, ça étrangle les ménages,
07:42mais ça étrangle également les entreprises.
07:44Étrangler, assommer, et quand on dit que c'est un plein
07:46qui entraîne un trop-plein de colère,
07:48l'énergie, c'est devenu le nerf de la guerre.
07:50Et très concrètement, Pierre Chasserey, vous représentez,
07:52en grande partie, justement, cette France de la voiture, de la bagnale.
07:56Vous vous dites, là, c'est maintenant la décision,
07:59parce qu'il est dit par beaucoup de responsables
08:01que c'est lié à la situation internationale, au contexte géopolitique,
08:04que ça dépend des humeurs de Donald Trump,
08:07des décisions de M. Poutine.
08:08Non, vous dites qu'il y a moyen d'agir maintenant et tout de suite.
08:11Trois choses importantes.
08:12La première, quand vous avez un grand gâteau
08:14qui s'appelle l'argent du carburant,
08:15et que l'État en prend 60%,
08:17il ne faut pas m'expliquer que le problème vient d'ailleurs.
08:2060% de taxes.
08:21On va se calmer un petit peu, quand même.
08:22Si demain, vous invitez quelqu'un à dîner
08:24et qu'autour de la table, il prend 60% du plat,
08:26vous allez lui dire qu'il exagère un petit peu.
08:28Ça, c'est le premier point.
08:29Le second point, je ne peux plus.
08:31Je ne supporte plus le panurgisme qui est de dire
08:34« La France n'a plus les moyens de... »
08:37Ce n'est pas vrai.
08:39Pourquoi ?
08:40C'est une vision économique
08:41qui nous plombe d'ailleurs depuis le mois d'avril.
08:44Ça fait depuis le mois d'avril que j'ai raison.
08:46On est en perte de croissance,
08:47ça n'a échappé à personne.
08:48Les prévisions de croissance sont à la baisse.
08:49C'est une évidence.
08:50On perdra peut-être un point de croissance à la fin de l'année.
08:52Je rappelle comme ça,
08:53la louche, un point de croissance, c'est 30 milliards.
08:55Et on est à 2% ?
08:57Mettons ça de côté,
08:58et s'il vous plaît,
09:00c'est très simple.
09:01Combien coûte une relance économique dans notre pays ?
09:04Comment fonctionne l'économie ?
09:05L'économie repose sur un indice,
09:07le PIB.
09:08Le PIB, c'est la croissance.
09:10La croissance, c'est uniquement,
09:12uniquement,
09:13la consommation.
09:15C'est-à-dire que quand vous perdez
09:16en consommation dans votre pays,
09:20vous perdez en croissance, en PIB.
09:22Et ça entraîne de l'inflation,
09:23et ça entraîne une baisse des dénotations internationales de la France, etc.
09:27Le coût induit, M. Brun,
09:28il est pire que ce que vous avez calculé.
09:30Donc le coût, ne rien faire,
09:32serait-il une catastrophe ?
09:33C'est pire.
09:34La France,
09:36pardonnez-moi,
09:36je termine juste ça.
09:38La France n'a plus les moyens
09:40de ne pas baisser les taxes.
09:42Évidemment, à court terme,
09:44à vision court-termiste politique,
09:45pour boucler le petit budget
09:47de M. Sébastien Lecornu
09:48à la fin de l'année.
09:49Oui,
09:50ça va faire un manque à gagner.
09:51Mais il ne vous aura pas échappé
09:52que nous sommes dans une situation politique
09:54qui est contrainte par un calendrier électoral.
09:57M. Lecornu n'a aucune marge de manœuvre.
09:58Il a fait un choix au printemps.
09:59C'est votre vision ?
10:00Non, ce n'est pas ma vision.
10:01C'est la situation politique
10:02qui fait qu'aujourd'hui,
10:03Sébastien Lecornu
10:04n'a pas de majorité.
10:04Vous avez raison sur ce point.
10:05Il ne peut rien faire voter.
10:06Attendez, je vais terminer.
10:07Pourquoi il a fait ?
10:08Il a fait un choix, effectivement,
10:09qui aujourd'hui se retourne contre lui.
10:11Il a d'abord fait le choix, au printemps,
10:13de ne pas faire comme l'Espagne,
10:15c'est-à-dire,
10:16pour faire simple,
10:17de baisser la TVA.
10:18Il n'a pas fait le choix de l'Italie
10:19qui, elle, joue plutôt sur les taxes
10:22qui ont été des politiques coûteuses au départ.
10:24C'est ce que disait M. Brun.
10:25Lui, il a fait le choix des aides ciblées.
10:27Ça coûtait moins cher.
10:28En gros, il a dépensé 2 milliards.
10:31Ça ne marche pas parce que la moitié des gens
10:32ne vont pas faire la démarche.
10:34Ça n'a pas marché.
10:35Ça n'a pas marché.
10:36Il n'a pas des professions
10:36parce qu'il y a un certain nombre.
10:38Les professionnels,
10:40mais j'allais dire,
10:41le M. Lambda,
10:42lui, il ne va pas forcément
10:44aller sur le QR code
10:45pour avoir les aides.
10:46C'est en cela que...
10:47Il n'y a pas que ça, M. Jésus.
10:48Mais surtout,
10:49il est pris à revers
10:50parce qu'il se passe aussi.
10:52Pourquoi ça augmente ?
10:53C'est aussi parce que
10:54les détroits sont bloqués
10:55et que, évidemment,
10:57les prix remontent encore.
10:58Ce qui est le cas aujourd'hui.
10:59Je pense qu'aujourd'hui,
11:00Sébastien Lecornu,
11:01il va avoir du mal
11:02à défendre les aides ciblées
11:04très longtemps
11:05parce qu'il n'y a pas raison
11:07de dire qu'à 2,50 ou 2,60
11:09ou 2,80...
11:10Bien sûr.
11:10Nous sommes face à une situation inexplicable.
11:13Personne ne veut imaginer
11:15une explosion sociale,
11:17une révolte,
11:18une jacquerie
11:19avant une élection présidentielle.
11:20Ce n'est pas que l'explosion sociale.
11:21Il y a un, l'explosion sociale.
11:23Il y a l'impossibilité
11:24pour les gens d'aller bosser.
11:25Moi, j'ai croisé une dame
11:26sur une foire à tout
11:26à Hakini.
11:27Elle m'a raconté
11:27que sa fille
11:28se mettait en arrêt maladie
11:29parce qu'elle ne peut pas
11:30aller travailler.
11:31Vous vous rendez compte ?
11:31Le coût pour les finances sociales.
11:33Ça crée une inflation très forte.
11:34Quand vous avez une inflation très forte,
11:35qu'est-ce qui se passe ?
11:36En général, à plus de 2 %,
11:38le coût de la dette augmente
11:39parce qu'il y a 10 %
11:41de notre dette
11:41qui est indexée sur l'inflation.
11:423,5 milliards en plus cette année.
11:45Il va falloir augmenter
11:45les retraites
11:46à la hauteur de...
11:47C'est le débat que nous avons
11:48sur l'indexation des retraites.
11:49À la hauteur...
11:50C'est votre problème, en fait.
11:51C'est que vous ne voyez
11:51qu'un côté de la calculatrice.
11:53Non, mais à la fin,
11:53si on ne touche pas au carburant,
11:55si on ne fait pas baisser le carburant,
11:57c'est tout le reste
11:57qui va augmenter.
11:58Donc, les effets vont être
11:59bien pires encore, budgétaires.
12:00Moi, je suis quand même...
12:01Je renseignez vous répondre.
12:02Non, mais pardon.
12:03Pour terminer ce que j'allais dire,
12:04l'Espagne,
12:05ils ont eu 3 % de croissance
12:07l'année dernière.
12:08Ils vont avoir 2,3 % de croissance
12:10cette année
12:10parce qu'ils ont compris
12:11que l'énergie...
12:11Ils ont travaillé 40 heures par semaine,
12:12quand on est à 35,
12:13à cause de la gauche.
12:14Mais non, mais voyez,
12:15vous comparez avec un pays.
12:16On parle du carburant, madame.
12:17Excusez-moi, madame.
12:18Mais non, mais c'est un ensemble.
12:20Pensez aux gens qui galèrent,
12:21qui nous regardent, là.
12:22Ils ont fait parler du carburant.
12:23Vous leur mentez.
12:24Vous leur mentez.
12:25Et après, votre litanie
12:26de trucs de droite depuis 30 ans,
12:27on en reparlera.
12:28Maintenant, on va parler du carburant.
12:29C'est bien d'accord, madame.
12:29Je vais vous parler.
12:30Excusez-moi, le carburant,
12:31ce n'est pas isolé.
12:32Ça fait partie d'un budget global.
12:33Je suis désolé.
12:34Laissez-moi terminer sur le carburant,
12:34je vous en supplie.
12:35Oui, mais on a compris.
12:36Tout le monde est sensibilisé.
12:37Vous n'avez rien compris, madame.
12:38Laissez-moi terminer.
12:39Il y a un moment.
12:40Vous allez répondre.
12:40Il faut qu'on arrive
12:41à faire baisser le prix
12:42de manière urgente.
12:44Et je vous le dis,
12:44les effets après seront en cascade.
12:46L'Espagne, je vous le dis,
12:47a fait baisser les prix.
12:47Ils ont une croissance
12:48qui va de 2% cette année.
12:49Nous, la demande a baissé
12:50de 0,7% le dernier trimestre,
12:52de 0,2% le premier trimestre.
12:53Et donc, qu'est-ce qui va se passer ?
12:54On va être en récession.
12:55Enfin, c'est ça qui va se passer.
12:56Donc, baisser les prix du carburant,
12:58ça aura des effets positifs
12:59pour toute l'économie française.
13:00Vous rendez compte autour de cette table
13:01entre vous, monsieur Brun et madame Saillet.
13:04Vous avez deux visions
13:04totalement antinomiques.
13:06Vous vous dites que si on ne fait rien,
13:08c'est la récession.
13:09Et madame Saillet dit
13:10parce que nous sommes
13:11dans une situation récessible,
13:13on ne peut pas avoir l'argent magique
13:15pour bloquer les prix.
13:15Moi, déjà, je pense que les taxes,
13:16il faut les baisser,
13:17les impôts de manière générale
13:19en France,
13:20parce qu'on est les premiers.
13:21La gauche veut toujours monter les impôts.
13:23Toujours.
13:24Pourquoi ?
13:24Parce qu'ils veulent toujours dépenser plus.
13:26Ce n'est pas un problème.
13:27Isoler le carburant, monsieur,
13:29s'il vous plaît.
13:30Même si je n'ai rien compris,
13:31j'ai des choses à dire.
13:32Baisser le carburant
13:33et compenser cette baisse de la TVA,
13:35il faut bien prendre l'argent quelque part.
13:37Donc, ce n'est pas juste
13:38une histoire de carburant.
13:40Il n'y a pas une pochette carburant,
13:42une pochette retraite,
13:43une pochette dépense publique
13:45de manière générale.
13:46On s'est mis dans cette situation
13:48parce qu'on n'a pas voulu réformer.
13:50Et les pays qui sont cités
13:51sont des pays qui ont réformé.
13:52L'Italie a énormément réformé
13:54avec une politique de droite.
13:56A qui la faute aujourd'hui,
13:56maintenant qu'on est dans cette situation ?
13:57Je suis heureuse de savoir
13:58que monsieur donne l'Italie en exemple.
13:59Mais à qui la faute ?
14:00Je vais finir.
14:01Vous savez,
14:02tous ceux qui disent
14:02qu'on a cramé la caisse.
14:04Pourquoi on a cramé la caisse ?
14:06Pas nous.
14:06Moi, je n'étais pas en responsabilité.
14:09C'est parce qu'il y a eu,
14:10notamment,
14:10des chèques carburants,
14:11le quoi qu'il en coûte,
14:13les mêmes qui pleurent aujourd'hui
14:14parce qu'on a cramé la caisse,
14:16demandent,
14:16tout le monde en demandait toujours plus,
14:18et demandent aujourd'hui
14:19les mêmes dispositifs
14:21qui le rendent.
14:21C'est ce que dit par exemple
14:22l'ancien ministre Bruno Le Maire
14:24pour expliquer qu'il n'est pas responsable.
14:26Pierre Chasserey et Jérôme Sainte-Marie.
14:27Alors juste pour revenir sur...
14:28C'est vrai que moi,
14:29je pense aux automobilistes.
14:30Je ne suis pas là pour faire de la politique
14:31ni à droite ni à gauche.
14:33Entendre les responsabilités.
14:35Vous savez,
14:36quand j'ai écrit mon livre
14:36Balance ton plein,
14:38j'ai regardé justement
14:39qui avait mis en place
14:40telle et telle mesure,
14:41les certificats d'économie d'énergie.
14:43Est-ce que c'est la droite ou la gauche ?
14:44C'est la droite,
14:45les certificats d'économie d'énergie.
14:46Et puis du côté des augmentations
14:49sur la TICPE,
14:50j'ai voulu voir qui c'était.
14:51C'est la gauche.
14:52Donc en fait,
14:53pour les automobilistes,
14:54ce qu'ils voient,
14:54c'est que finalement,
14:55pour l'instant,
14:56ça ne bouge pas
14:56et qu'il faut rendre un petit peu
14:58à tout le monde
14:58ce qui a été créé,
14:59c'est-à-dire un pays
14:59de toxicomanes des taxes
15:01où la seule mesure politique
15:02qu'on est capable de faire,
15:03c'est augmenter la fiscalité
15:04des deux côtés.
15:10Il défend sa proposition
15:11de blocage des prix
15:12et des marges
15:13depuis un certain temps
15:15et donc il sous-entend,
15:16enfin il sous-entend,
15:16il lui dit même clairement
15:17qu'il y a des profiteurs,
15:18des super profiteurs de crise.
15:20Écoutons Jean-Luc Mélenchon.
15:22Nous voulons véritablement
15:25et décidément
15:27la transformation
15:28de fond en comble
15:30du système de la société,
15:32une autre agriculture,
15:34une autre industrie,
15:36une autre répartition
15:37de la richesse.
15:39Nous voulons
15:40la révolution citoyenne,
15:42c'est-à-dire
15:43le contrôle populaire
15:44sur toutes les affaires
15:46qui le concernent
15:47directement.
15:49Jérôme Sainte-Marie,
15:50pourquoi je vois sourire ?
15:51Oui, ça me fait penser
15:52à ce que disait Clémenceau
15:53sur les discours
15:53de Jean Jaurès.
15:54Il disait,
15:54je reconnais les discours
15:55de Jean Jaurès
15:56au fait qu'ils sont toujours
15:57écrits au futur.
15:58C'est-à-dire qu'effectivement
15:59pour Mélenchon,
16:00il renvoie ça
16:01à des perspectives
16:01quasiment eschatologiques.
16:03Non, au Rassemblement national,
16:04je crois qu'on prend
16:05une solution
16:05qui est beaucoup plus immédiate.
16:07Il y a des causes profondes
16:08à l'État
16:09de l'économie française.
16:10Il y a aussi
16:10des causes nationales,
16:12des causes également
16:13européennes,
16:13par exemple sur le prix
16:15de l'électricité
16:16parce qu'on parle
16:17des carburants
16:18mais il y a aussi
16:18les dépenses énergétiques
16:20des ménages
16:21qui sont très importants
16:22et qui sont clairement liés
16:22à notre soumission
16:24à des directives européennes
16:25qui sont absolument absurdes
16:26et dictées par l'Allemagne
16:27pour l'essentiel.
16:28Mais enfin,
16:28une fois qu'on a sorti
16:29de toutes ces généralités,
16:30je rejoins
16:31certains intervenants
16:32sur le plateau
16:33pour dire qu'effectivement
16:34là il y a une urgence
16:35qui est un risque
16:35de récession.
16:36Les ménages sont littéralement
16:38pris à la gorge.
16:39Derrière le fait que
16:40vous savez,
16:41on parle souvent
16:42de reste à vivre
16:43et des dépenses contraintes,
16:44eh bien ça signifie
16:45que le reste à vivre
16:46va être comprimé
16:47par ces dépenses énergétiques
16:48qui sont encore une fois
16:49obligatoires
16:50pour la plupart des gens
16:51et ce qui est dépensé là
16:52et qui partira en taxe
16:53pour l'État
16:54ne sera pas dépensé
16:55dans les commerces locaux.
16:56Vous avez également
16:57désormais
16:58pour les agriculteurs
16:59par exemple
17:00une contrainte
17:01Mais bien sûr
17:01mais je vous pose
17:03de nouveau la question.
17:03Donc si vous voulez,
17:04attendez juste pour finir là-dessus,
17:05on est dans une situation
17:06qui rappelle un peu
17:07les débats lors de la crise
17:08de 1929
17:08quand certains,
17:09plutôt conservateurs,
17:10il faut le reconnaître,
17:11eh bien avaient provoqué
17:12une forme de catastrophe
17:13économique
17:14parce que justement
17:15ils avaient pris mesure
17:16d'économie
17:16au moment où il ne fallait
17:17pas le faire.
17:18Et là je crois
17:19qu'effectivement
17:19on est dans un état
17:20d'urgence économique
17:21pour l'État,
17:22pour la France
17:23comme pour les ménages.
17:24Nous sommes donc
17:24dans une situation
17:25d'urgence
17:26et même d'avantage
17:27de survie
17:28pour certains Français
17:29et en même temps
17:30le gouvernement
17:31eh bien regarde
17:32son budget.
17:34Lorsque tout à l'heure
17:35Maude Bréjean,
17:35la ministre,
17:37propose,
17:37dit qu'il est hors de question
17:39de geler l'impôt
17:39sur le revenu,
17:41Philbin,
17:41comment vous réagissez ?
17:42Est-ce que vous dites
17:43c'est déjà ça
17:46qu'il faut prendre aujourd'hui
17:47ou alors vous dites
17:47c'est totalement
17:48à côté de la plaque
17:49dans une situation
17:50si compliquée ?
17:51Pourquoi pas ?
17:51De toute façon,
17:51il faut indexer
17:52le barème de l'impôt
17:53sur le revenu,
17:55sinon tous les impôts
17:56augmenteraient de 2%
17:56donc il faut évidemment
17:57le faire.
17:58Maintenant,
17:58il va falloir
17:59que ce budget
18:00soit profondément transformé
18:02si on veut
18:02qu'il puisse être adopté
18:03notamment qu'il y ait
18:04des mesures
18:04pour le pouvoir d'achat
18:05et il y a oui
18:07plusieurs problèmes.
18:08Le premier problème
18:08c'est que le gouvernement
18:09ne peut faire
18:10aucune économie structurelle
18:12puisqu'il n'a pas
18:12la majorité pour le faire
18:13et que moi je pense
18:14qu'il y aura en 2027
18:15un grand débat.
18:16Et que vous allez censurer
18:17en tant que socialiste.
18:18La question est...
18:20Attendez,
18:20je vous pose la question
18:21Bruno,
18:22quelle est la responsabilité
18:23aujourd'hui ?
18:24On est à quelques mois
18:24de l'élection reine.
18:26On a quand même
18:27une situation
18:27extrêmement difficile
18:28pour des millions
18:29de Français
18:30et peut-être même
18:31que le prix peut aller
18:32en tous les cas
18:33pour un litre
18:33jusqu'à 3 euros.
18:34Certains disent aujourd'hui
18:35sur certains territoires
18:36c'est 3 euros.
18:37Quelle est l'urgence ?
18:38Faire passer un budget ?
18:39Fût-il mauvais ?
18:40Fût-il imparté ?
18:41Il n'y a pas besoin de budget.
18:42Il suffit juste de prendre
18:43un décret pour baisser les taxes
18:44donc il n'y a pas besoin
18:44de budget.
18:45Vous êtes d'accord aussi ?
18:45Non, il a tout à fait raison.
18:46Bien sûr, oui.
18:47C'est pour baisser les taxes
18:48et c'est pour les budgets.
18:49La TVA, non.
18:50Il ne faut pas un budget
18:50mais la TICPA
18:52c'est l'ancienne TIPP
18:54vous savez,
18:54c'est des centimes
18:56c'est un décret.
18:57Donc prenons le décret
18:57tout de suite de 30 centimes
18:58et pardon
18:59mais ça ne coûtera pas
19:0015 milliards
19:01en année pleine
19:01parce que la vérité
19:02c'est que l'Espagne
19:03ils ont un super bon step
19:03qu'au pilon l'Espagne
19:04c'est flottant
19:05c'est-à-dire que
19:06quand l'essence baisse
19:07la taxe remonte
19:08et ça coûte
19:09je regardais
19:10ce que ça a coûté
19:10les finances espagnoles
19:11c'est beaucoup moins
19:13que ce qu'on dit
19:13et quand le prix
19:15de l'essence monte
19:16la taxe baisse
19:16quand le prix de l'essence baisse
19:17la taxe monte
19:18il faut qu'on reprenne
19:19le même système
19:20Mettons que vous ayez raison
19:20M. Brun
19:21donc mettons que ça coûte
19:23une dizaine de milliards
19:24tout de suite
19:24beaucoup moins
19:25en Espagne
19:26ça a coûté
19:27un milliard
19:28Vous êtes d'accord
19:29que pour ce budget
19:30le Premier ministre lui-même
19:31cherche 30 milliards
19:32désespérément
19:34donc
19:35est-ce que derrière
19:36vous vous mettez autour
19:37de la table
19:38et vous l'aidez
19:40pour boucler ce budget
19:41qui ne va durer
19:42que 6 mois en réalité
19:43écoutez
19:43moi je pense
19:44mon avis à moi
19:45c'est que
19:45parce que vous serez
19:45les premiers à le censurer
19:46je pense
19:47non
19:48ce qu'il faut faire
19:49oui ou non
19:49on n'a pas compris
19:50la censure
19:51ça dépend sur quoi
19:52sur quel budget
19:52vous attendez la copie
19:54c'est quand même dommage
19:55ce qu'il faudrait faire
19:56le mieux
19:57la chose la plus sage
19:58moi c'est ce que je plaide
19:58depuis 6 mois
19:59c'est qu'on fasse
20:00pardonnez-moi de dire
20:01comment est-ce pas
20:01mais il faut reconduire
20:02le budget l'année dernière
20:03on fait une loi spéciale
20:04on reconduit le budget
20:05l'année dernière
20:05et le nouveau président
20:06la nouvelle présidente
20:07fera adopter son budget
20:09au mois de juillet
20:10je voudrais simplement
20:11il y a l'argent
20:12il y a les mesures
20:13qu'on peut utiliser
20:14il y a aussi le respect
20:15Robert Ménard
20:16en parlait tout à l'heure
20:17face à une France
20:18des gens ordinaires
20:19qui parfois
20:20est invisibilisée
20:21qui se sent
20:21à raison ou à tort
20:23dépossédée
20:24reléguée
20:26vous quand même
20:27vous l'incarnez
20:28en partie
20:28à travers votre association
20:29aujourd'hui
20:30on a l'impression
20:31que cette France-là
20:32pendant des années
20:32on lui a dit
20:33mais écoutez
20:34il y a les mobilités douces
20:35il y a les mobilités urbaines
20:37choisissez autre chose
20:37que votre voiture
20:38qui pollue
20:38mais je n'ai pas le choix
20:40vous avez prononcé le mot
20:43la question que je me suis posée
20:44avec mon équipe
20:44ces derniers jours
20:45c'était
20:45comment rendre visibles
20:47les invisibles
20:50et samedi
20:51on a lancé
20:52un site internet
20:53j'ose à peine prononcer le mot
20:54et je vais vous expliquer pourquoi
20:55à chaque fois
20:56qu'on lance
20:57un site internet
20:57sur une opération
20:58à 40 millions d'automobilistes
20:59tout se passe bien
21:00les serveurs tiennent
21:02il n'y a aucun souci
21:03même sur les pics de connexion
21:04et là maintenant
21:06depuis samedi
21:07on a un site internet
21:07sur les prix des carburantes
21:09il réclame la baisse des taxes
21:10un peu novateur
21:11parce que c'est vrai
21:12que vous rentrez votre nom
21:13et puis surtout
21:13votre code postal
21:15et quand vous cliquez
21:16c'est une manifestation numérique
21:17qui fait que vous êtes pointé
21:18sur la carte
21:19quand je lance
21:21balance-ton-plein.fr
21:22notre site
21:24crache
21:25tout de suite
21:26c'est à dire que là
21:27sans regarder
21:27il fonctionnait il y a 3 minutes
21:29et là je suis persuadé
21:30que dans les 3 minutes
21:31il crache
21:32parce qu'il y a une telle attente
21:34du côté des français
21:35sur une baisse des taxes
21:36sur le carburant
21:36qu'on ne peut plus refuser
21:38de voir les invisibles
21:39donc rendons
21:40visibles les invisibles
21:41et faisons en sorte
21:42que demain
21:42le gouvernement fasse
21:43au moins quelque chose
21:44comprenne que derrière
21:45le coût d'une baisse
21:46des recettes carburant
21:47il y a aussi
21:48les recettes
21:49de la croissance
21:50en France
21:50rendre visibles
21:51les invisibles
21:52c'est aussi le travail
21:53en tous les cas
21:54des renseignements
21:54le renseignement territorial
21:55qui montre
21:56qui apporte aux politiques
21:58un tableau de bord
21:59la décision est entre les mains
22:01du pouvoir
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