- il y a 4 semaines
Retrouvez le Morning Meeting du mardi 8 septembre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:04BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Brahe.
00:11Avec en plateau, donc, Benoît Vesco. Bonjour Benoît.
00:13Vous êtes président de l'UBAC Asset Management et Gérald Grand,
00:16directeur délégué en charge de l'allocation d'actifs chez Fondesys.
00:19Bonjour Gérald.
00:20Bonjour Etienne.
00:20Merci à tous les deux de nous accompagner ce matin.
00:23Alors avant la BCE jeudi et puis l'inflation américaine vendredi,
00:27on va se pencher un petit peu sur ces marchés actions avec, on le voit ce matin,
00:31une ouverture en légère baisse sur les principaux indices en Europe.
00:35Il faut dire que le pétrole continue de grimper et comme ces derniers jours,
00:39Benoît Vesco, à chaque fois que le pétrole monte, ça a un impact sur le marché obligataire.
00:42Encore ce matin, le Bund, donc le 10 ans allemand, est à 3,4%.
00:47C'est une première depuis 2011 et le 10 ans français est toujours au-delà des 85%
00:51pour la première fois depuis 2008.
00:53Oui, clairement, on a bien depuis déjà maintenant quelques semaines et quelques mois
00:57une pression sur les marchés obligataires.
01:01On ne voit pas vraiment de désescalade, on n'en voit pas même du tout de désescalade
01:06sur cette guerre en Iran et cette réouverture potentielle du détroit d'Harmouz.
01:10Et les derniers espoirs, même s'ils étaient ténus, se sont évanouis encore au cours de la nuit.
01:15Donc on a bien une pression sur le marché obligataire.
01:17Et je dirais qu'il y a deux facteurs sur le marché obligataire.
01:20Il y a des facteurs structurels, l'endettement des pays occidentaux
01:24qui n'a fait qu'augmenter au cours de ces dernières décennies
01:26et un facteur conjoncturel, c'est prix de l'énergie depuis la fermeture du détroit d'Harmouz
01:31qui reste à des niveaux élevés, qui même repartent à la hausse comme vous le disiez.
01:38Et il faut l'associer à une certaine incertitude sur ce que veut faire la Réserve fédérale américaine.
01:45Depuis la nomination du président Kevin Warch, il y a un soupçon.
01:49Est-ce que Kevin Warch est réellement indépendant ?
01:52Les conditions de sa nomination ont semé le doute.
01:54Et donc les marchés obligataires font le travail, font quelque part le travail des banques centrales.
01:59Et les taux se tendent.
02:00Alors ce qui est frappant, en tout cas moi ça me frappe,
02:03peut-être que Général Grande vous allez me dire non, c'est normal,
02:06la partie action résiste très bien.
02:07C'est vrai que certes l'Europe et Wall Street ne sont plus sur des niveaux records,
02:14mais on n'en est pas très loin, on est allé à 4-5% des plus hauts qui ont
02:17été touchés cet été.
02:19C'est-à-dire que le marché action s'habitue à ce pétrole cher, 98 dollars.
02:24On est quand même sur un plus haut de fin juillet, il y avait une belle détente cet été.
02:27Là le pétrole a réussi à reprendre 10-15 dollars en ligne droite.
02:30Et pour l'instant la partie action ne branche pas trop.
02:33Oui c'est normal Etienne.
02:34Non mais plus sérieusement, je rajouterai un mot à ce qu'a dit Benoît sur l'attention des taux longs.
02:41Alors ça a été largement commenté, c'est pour ça que je ne vais pas m'éterniser là-dessus,
02:43mais il y a quand même un troisième facteur qui est ultra important depuis quelques mois,
02:47c'est que l'État américain et plus généralement les États dans le monde
02:52sont en concurrence dans leur levée de fonds avec des entreprises américaines,
02:57notamment dans la tech et l'IA, qui émettent de la dette à tour de bras,
03:01en centaines de milliards de dollars pour financer leurs dépenses d'investissement
03:05qui jusqu'à il y a 6-12 mois étaient financées exclusivement par des cash flows.
03:12Donc ça c'est un autre point qui évidemment tend les rendements à long terme
03:16parce que lorsque vous êtes investisseur et que vous avez le choix entre un Google ou un Amazon ou autre
03:21et l'État américain avec effectivement les entêtements qu'a souligné Benoît,
03:26on peut se poser la question rationnelle de savoir vers où l'on va.
03:31Donc ça c'est une première aparté.
03:32Et ça rejoint finalement votre question sur les actions,
03:35c'est que finalement l'investisseur se dit oui les taux longs se tendent,
03:40mais est-ce que comme ne l'a pas souligné Kevin Warsh au moment de Jackson Hole,
03:45donc il y a maintenant deux semaines et demie à peu près,
03:48ce n'est pas pour de bonnes raisons,
03:49et ces bonnes raisons c'est aussi une économie américaine qui se porte bien.
03:54C'est-à-dire que globalement le PIB nominal américain est solide,
03:59les ventes finales, donc toutes ventes confondues aux États-Unis se portent bien,
04:03le marché de l'emploi on l'a vu vendredi,
04:05quoi qu'on en dit sur les chiffres et comment ils sont calculés,
04:07peu importe, ce n'est pas le débat,
04:08aujourd'hui il est quand même solide,
04:10et cela sans forcément de tensions fortes sur les prix de la main-d'œuvre américaine.
04:17Mais est-ce que ce n'est pas l'IA qui brouille un petit peu tous ces signaux ?
04:19Parce que pendant des semaines, des mois,
04:21et d'ailleurs c'était l'argument, et vous j'imagine qu'en termes d'allocation,
04:24vous l'avez également appliqué, cette règle,
04:26on avait une économie en cas, et on le voyait bien,
04:28notamment sur la partie actions,
04:29c'était l'intelligence artificielle qui tirait la dynamique.
04:33Mais ce qui est moins le cas.
04:34D'un point de vue macroéconomique,
04:35on a toujours quand même des inégalités qui sont présentes,
04:38bon ça bien sûr, ça fait des années malheureusement que ça persiste,
04:41mais quand vous regardez cette croissance,
04:44le taux de chômage, etc.,
04:46aujourd'hui le marché peut s'en contenter ?
04:49Malheureusement, si je dois être un peu cynique,
04:51le marché ne regarde pas que l'emploi,
04:54il regarde surtout la croissance des bénéfices
04:56et la pérennité de cette croissance.
04:57Et là, le constat, il est assez criant.
05:01On l'a vu, on vient d'achever la semaine dernière
05:04la publication de tous les résultats du deuxième trimestre aux Etats-Unis,
05:07et le résultat était spectaculaire.
05:1052% de croissance sur un en glissant.
05:13Certes, même si on retraite des effets comptables,
05:15de prise de mark-to-market,
05:17des participations, des gros hyperscalers,
05:19c'est quand même de l'ordre de 30%,
05:21mais aussi et surtout,
05:22on voit qu'il n'y a pas que la tech qui est en progression.
05:25C'est-à-dire qu'en dehors de la tech,
05:26les autres secteurs se sont très bien comportés,
05:28et on est bien au-dessus des attentes que l'on avait.
05:30Et je termine là-dessus,
05:31les révisions déjà pour la suite
05:34continuent de progresser, et partout dans le monde,
05:36pas qu'aux Etats-Unis.
05:36Et ça, c'est un facteur qui est très solide pour le moment.
05:39Dans l'intelligence artificielle,
05:40il faudra encore suivre Adobe et Oracle,
05:42deux publications jeudi,
05:44notamment Oracle.
05:45On se souvient que plusieurs fois,
05:46Oracle avait inquiété les investisseurs
05:48en ce qui concerne notamment
05:49la monétisation de l'intelligence artificielle.
05:52Benoît Vesco chez Delubac AM.
05:54Est-ce que, quand vous regardez aujourd'hui
05:55ce thème de l'intelligence artificielle,
05:57vous dites, ça y est, ça commence un peu
05:58à se diffuser à l'ensemble des secteurs,
06:00ou non, c'est encore trop tôt ?
06:02Non, c'est exactement ça.
06:03Vous le disiez tout à l'heure,
06:04d'abord, les géants de l'IA ont capté
06:07l'essentiel de l'attention des marchés actions,
06:09et depuis, ces centaines de milliards de dollars
06:12qui arrivent en investissement
06:13se diffusent à l'ensemble de l'économie.
06:15Alors la bonne nouvelle,
06:16c'est qu'on retrouve des acteurs en Europe
06:18qui sont favorisés,
06:18mais au fur et à mesure,
06:20on fabrique des câbles,
06:21ça peut être un prix simian par exemple,
06:23on a besoin d'efficacité énergétique,
06:26on a besoin aussi d'infrastructures
06:29pour l'ensemble de ces data centers.
06:31Donc tous ces investissements gigantesques
06:34se diffusent à l'ensemble de l'économie,
06:35on retrouve des champions européens,
06:37un Soitech par exemple,
06:38qui a des technologies particulières
06:40qui intéressent les marchés.
06:42Donc tout ça est très intéressant
06:43puisqu'on n'est plus aussi concentré
06:46que ce qu'on a pu être au tout début.
06:48Est-ce que toutes ces nouvelles
06:49ne sont pas déjà dans les cours ?
06:51C'est-à-dire que quand vous évoquez
06:53ces valeurs liées à l'électrification,
06:55c'est vrai que ça fait déjà un an,
06:56deux ans, bientôt trois ans
06:57qu'elles sont portées par l'IA.
07:00C'est de plus en plus concret.
07:01C'est ça qui est intéressant.
07:02C'est-à-dire qu'il y a eu aussi
07:03la période d'anticipation,
07:04effectivement,
07:05on voyait ces milliards annoncés,
07:07ils arrivent,
07:08les cannes de commandes se gonflent
07:09et donc ça, c'est quelque chose d'intéressant.
07:11Après, il n'y a pas que la thématique de l'IA
07:13et ça aussi, c'est un élément intéressant
07:14quand on gère un portefeuille.
07:16On va retrouver des thématiques
07:18beaucoup plus larges,
07:19comme par exemple des thématiques de santé,
07:22de secteur bancaire,
07:22financier qui se regonflent
07:24et qui fonctionnent bien.
07:26Donc là aussi, il faut être
07:27un peu plus diversifié
07:28qu'à certains moments.
07:30C'est une bonne chose sur les marchés
07:32puisque avoir une concentration ultra forte
07:35n'était pas satisfaisant.
07:37Il fallait l'être à un moment donné,
07:38mais ce n'était pas satisfaisant.
07:40On retrouve des portefeuilles plus équilibrés.
07:42Et si on rajoute une autre jambe
07:44qui est la jambe obligataire
07:44quand on vend des portefeuilles
07:45avec une dose de prudence,
07:47on retrouve sur les parties
07:48une investment grade, par exemple,
07:50en zone euro,
07:51des portefeuilles
07:51où on peut constituer des rendements
07:53à 4%
07:54sans prendre un grand risque
07:56sur les émetteurs.
07:56Là aussi,
07:57on commence à avoir des choses
07:59assez intéressantes
08:00dans cette thématique
08:01de construction de portefeuilles.
08:03Le baril de Brent
08:04est donc ce matin à 98 dollars.
08:06Les cours du gaz en Europe
08:07sont sur des plus hauts de 3 ans.
08:0973 euros le mégawatt-heure.
08:11Est-ce que c'est un sujet
08:13aujourd'hui pour les investisseurs,
08:15Gérald Grant,
08:16notamment pour vous
08:17en tant qu'allocataire ?
08:18Est-ce que vous vous dites
08:18aujourd'hui,
08:19au vu de ces prix
08:20des matières premières,
08:21je ne sais pas,
08:21il faut continuer
08:22à être long
08:24sur la partie matières premières
08:26et puis plutôt short
08:27sur la partie industrielle
08:29ou les industriels
08:31se sont adaptés ?
08:33Il y a beaucoup de questions
08:34et on touche
08:35en sous-jacent
08:36la problématique
08:37des banques centrales également.
08:38Je vais juste commencer
08:39à répondre sur la partie
08:41métaux et énergie,
08:42etc.
08:43Sur les métaux
08:44et les matières premières
08:45en général,
08:46vous voyez l'absurde,
08:47c'est que sur les matières premières
08:47en général,
08:48nous, on aime beaucoup
08:49tout ce qui est métaux
08:50liés effectivement
08:51à ce qu'on évoquait tout à l'heure
08:52à la transition énergétique
08:53qui sert notamment à l'IA,
08:55pas que,
08:56mais notamment.
08:57Et là,
08:57on l'a vu au cours de l'été,
08:59ça s'est plutôt bien passé
09:00sur ces segments-là,
09:02contrairement par exemple
09:02à d'autres secteurs
09:03comme le solaire
09:04qui ont souffert au mois d'août.
09:05Mais sur les métaux
09:06qui sont utiles là-dedans,
09:08ça s'est bien passé.
09:09Donc ça,
09:09c'est un premier point.
09:10Le deuxième point,
09:11je vais aller sur les banques centrales
09:12parce que finalement,
09:13est-ce que c'est un sujet ou pas ?
09:15Paradoxalement,
09:15on est dans un contexte
09:17où les deux grandes banques centrales
09:18que sont la BCE
09:19qui se réunit donc jeudi
09:21et la Fed
09:23mercredi de la semaine prochaine
09:24se retrouvent dans une situation
09:26où l'une va
09:28très certainement
09:28relever les taux,
09:29en tout cas,
09:29c'est pricé à 100%,
09:30c'est la BCE
09:31et la Fed,
09:32on ne sait pas encore très bien,
09:34les estimations de marché
09:35sont autour de 60%,
09:36mais dans les deux cas,
09:38on a une BCE
09:39qui a priori
09:40n'a pas besoin
09:41de monter ses taux
09:42au regard de l'économie
09:43et une Fed
09:44qui en aurait besoin.
09:46Pourquoi la BCE
09:46n'en a pas besoin ?
09:47Parce que,
09:48Madame Lagarde
09:48l'a dit elle-même
09:49au mois de mars,
09:50la Banque Centrale Européenne
09:51ne peut rien faire
09:52sur les prix de l'énergie
09:53et là,
09:54elle va monter ses taux
09:55en justifiant
09:56que les prix de l'énergie
09:57sont en train de monter.
09:58Or,
09:58ce n'est pas le sujet de l'Europe.
09:59L'Europe,
10:00la consommation ralentit,
10:02l'investissement diminue
10:03et ce qui marche,
10:04c'est le commerce extérieur.
10:05Sur quoi les taux
10:07vont influencer
10:08le plus négativement,
10:09évidemment,
10:09sur la consommation
10:10et l'investissement.
10:11Donc,
10:11on va taper là
10:12où ça fait mal encore
10:13et on ne va absolument pas
10:15résoudre le problème
10:15de l'énergie
10:16qui est totalement indépendant
10:18de la Banque Centrale
10:18et qui plus est,
10:19je vais aller même plus loin,
10:20les prix de l'énergie
10:21coûtent au consommateur final
10:22mais ne rapportent pas
10:23grand-chose à l'Europe
10:24puisqu'on importe quasiment tout.
10:25Alors qu'aux Etats-Unis,
10:26quand un État
10:27va dépenser
10:28dans la hausse de l'énergie,
10:29ça va aider probablement
10:30les producteurs
10:32du Texas notamment.
10:33On a des valeurs
10:34quand même énergétiques
10:35en Europe.
10:35D'ailleurs,
10:36on l'a eu sur le stock 650,
10:38la croissance des bénéfices
10:39par action
10:39a été tirée par ce segment.
10:40Oui, c'est vrai
10:41et effectivement,
10:42le secteur de l'énergie
10:43a été un des gros contributeurs
10:45de la performance
10:46des marchés.
10:46Chaque année,
10:47on a un qui tire beaucoup.
10:48Il y a deux ans,
10:50l'année dernière,
10:51c'était les bancaires.
10:52Donc, chaque année,
10:53on a un gros secteur
10:54qui tire.
10:54Là, l'énergie a contribué
10:55mais la question
10:56qu'on doit se poser,
10:56c'est est-ce que réellement
10:59on doit se soucier
11:00du comportement
11:02des prix de l'énergie
11:02à plus long terme
11:03et c'est pour ça
11:04que quand on regarde
11:04aujourd'hui
11:05les anticipations d'inflation
11:06que ce soit au niveau
11:07des ménages
11:08ou des marchés
11:08via ce qu'on appelle
11:09les break-even d'inflation,
11:11finalement,
11:11elles sont pour le moment
11:12encore très ancrées
11:13et c'est tout le rôle
11:15aujourd'hui de Kevin Warch,
11:16nouveau gouverneur de la Fed,
11:17c'est de maintenir
11:18cet ancrage d'inflation
11:19qui reste ancré
11:20jusqu'à ce qu'elle ne le soit plus.
11:21Les banques centrales
11:22ont habitué
11:23d'une certaine façon
11:24les investisseurs.
11:25Cette hausse de taux de jeudi
11:26n'est pas encore annoncée
11:27mais elle est déjà anticipée.
11:28Le marché anticipe même
11:29encore une autre hausse de taux
11:30d'ici à la fin de l'année.
11:32Est-ce que ça amène
11:33aujourd'hui
11:34à être prudent
11:34sur la partie européenne
11:36ou non ?
11:36Aujourd'hui,
11:37c'est dans les prix
11:37et puis au contraire,
11:38on peut s'attendre
11:39à une bonne nouvelle.
11:40C'est-à-dire que
11:40toutes les mauvaises nouvelles
11:40peut-être sont déjà
11:41dans les cours.
11:42Pour faire très vite
11:43parce que je parle beaucoup,
11:45en Europe,
11:46je pense que globalement,
11:47la santé économique européenne,
11:49finalement,
11:49en dehors de ce que j'ai dit
11:50sur l'économie
11:51et l'investissement,
11:52ça ne va pas si mal en fait.
11:54On a eu une révision
11:55à la hausse
11:56du PIB de la zone euro.
11:58La BCE jeudi
11:59pourrait d'ailleurs,
12:00puisque vu que le discours
12:01est déjà écrit sur le reste,
12:02peut-être qu'elle peut
12:02se pencher sur autre chose
12:03et pourquoi pas effectivement
12:05revoir à la hausse
12:06les perspectives
12:07pour les mois qui viennent.
12:09Donc finalement,
12:10ça ne va pas si mal
12:10et surtout,
12:11les résultats des entreprises
12:12aujourd'hui aussi en Europe
12:14continuent d'être révisés
12:15à la hausse.
12:15Donc il n'y a pas que les États-Unis.
12:16Il y a quand même
12:17une diffusion même géographique.
12:18J'imagine que vous partagez
12:19ce point de vue,
12:19Benoît Rescot.
12:20Oui, tout à fait.
12:21Alors la BCE,
12:22en fait,
12:22elle fait ce qu'on appelle
12:23une hausse de taux préventive,
12:24entre guillemets.
12:25Donc pour les marchés,
12:27que ce soit aux États-Unis d'ailleurs
12:28ou en zone euro,
12:29on ne rentre pas
12:30dans un cycle
12:30de hausse de taux directeur régulier
12:32comme on l'a pu le vivre
12:33en 2022-23.
12:35On est dans ce schéma
12:36où les banques centrales
12:38se doivent de se méfier
12:39d'anticipation inflationniste
12:41qui monterait trop.
12:42Et c'est bien ça.
12:43Pourquoi on est dans
12:43une hausse de taux préventive ?
12:44Parce que pour le moment,
12:46certes,
12:47l'inflation est portée
12:48par la hausse des prix d'énergie,
12:49mais on ne voit pas réellement
12:50ce qu'on appelle
12:51les effets de second tour.
12:52On ne voit pas
12:52ces hausses de prix
12:53se diffuser à l'ensemble
12:54de l'économie.
12:55Donc là,
12:56la BCE est dans son rôle.
12:57Elle a un mandat simple,
12:58c'est qu'on batte l'inflation.
12:59L'inflation monte,
13:00elle monte ses taux directeurs.
13:01Mais elle n'annonce pas
13:03de poursuite régulière
13:04de ce mouvement-là.
13:06Le mois de septembre
13:08et le mois d'octobre
13:09ne sont jamais des mois
13:10très bullish
13:11sur la partie action.
13:12Hier, vous me disiez,
13:13il faut peut-être commencer
13:14un petit peu à se préparer
13:15à un rallye de fin d'année.
13:16Alors bon,
13:16on verra s'il se produit.
13:17Mais visiblement,
13:18là, chez vous,
13:19chez Delubakam,
13:19vous commencez un petit peu
13:20à faire votre liste de courses
13:21en se disant,
13:22tiens, on a quelques valeurs,
13:24quelques secteurs
13:25sur lesquels il faut
13:26d'ores et déjà commencer
13:27à peut-être pas se positionner,
13:29mais regardez.
13:30Oui, ce qui est intéressant
13:31dans cette année
13:32que l'on vit actuellement,
13:33c'est que c'est une année
13:34électorale aux États-Unis.
13:35Et quand on regarde
13:36le comportement
13:37de ces années électorales
13:39aux États-Unis,
13:39on voit qu'il y a généralement
13:41un creux en amont
13:42des élections.
13:43Pourquoi ?
13:44Parce que probablement
13:45un peu de tensions politiques
13:47et d'annonces,
13:48et on a un président
13:49qui en est un peu spécialiste,
13:51d'annonces un peu exagérées,
13:52qui peuvent inquiéter
13:53les marchés.
13:54On a tous les ingrédients.
13:56La hausse des taux
13:57dont on parle depuis ce matin
13:59est bien là
14:00pour calmer un peu
14:01les ardeurs des marchés.
14:03Et puis ensuite,
14:04ce qu'on constate en moyenne,
14:05c'est une phase de soulagement.
14:07Une fois que ces élections
14:08sont passées,
14:09on revient au business
14:11as usual,
14:11entre guillemets,
14:12et on constate à nouveau
14:13ce qu'on disait tout à l'heure,
14:15des entreprises qui vont bien,
14:16une croissance qui est très résiliente
14:17et qui permettent aux marchés
14:18de se refocaliser
14:19sur le fondamental.
14:20Et c'est ça qu'on anticipe
14:21tactiquement actuellement.
14:233 novembre,
14:24il faut retenir cette date.
14:25C'est un mardi,
14:25la date des mid-terms.
14:26Donc pour le mois de novembre,
14:28il faut être prêt.
14:28Comment vous tenez prêt
14:29pour cette fin d'année ?
14:30On regarde comme tous les marchés,
14:33on suit un petit peu
14:33ce qui se passe au fur et à mesure.
14:35Et puis,
14:36un creux n'est pas forcément
14:37annonciateur
14:38d'une baisse forte des marchés,
14:39mais peut être au contraire
14:41annonciateur d'une réorganisation
14:42des portefeuilles.
14:43On l'a vu notamment au printemps,
14:44le buy the deep aux Etats-Unis.
14:47Il a été rapide.
14:48Oui, il a été rapide
14:49et on a des marchés actions
14:50qui n'ont pas baissé tant que ça.
14:52Le mot de la fin,
14:53Gérald Grant,
14:54donc on l'a compris,
14:55vous êtes optimiste
14:55sur la partie actions,
14:56la croissance des profits,
14:57c'est encore et toujours
14:58le moteur pour vous ?
14:59Complètement.
15:00Maintenant,
15:01il n'empêche que,
15:02comme le dit Benoît,
15:02on peut aussi réorganiser
15:04un peu les portefeuilles.
15:05Nous, nous le conseillons
15:05à nos clients depuis plusieurs mois
15:07de diversifier un peu plus
15:09plutôt que le trade,
15:11si je peux me permettre,
15:11unique de l'IA et de la tech
15:13ou de la diversification émergente
15:15qui, comme je l'ai déjà dit
15:16sur ce plateau,
15:17n'est en fait pas
15:17une réelle diversification
15:18compte tenu de l'importance
15:19de certains pays
15:20comme Taïwan et Corée
15:21dans ces secteurs.
15:23Donc, attention à cela aussi.
15:24La value européenne
15:25a super bien marché
15:26et marche très bien
15:26depuis même plusieurs années.
15:28Il y a de la diversification
15:29à aller chercher.
15:30Optimiste,
15:31mais effectivement,
15:32regardez bien ces portefeuilles,
15:33les diversifiez un peu plus
15:34parce qu'il peut y avoir
15:36des mouvements de respiration
15:37de marché
15:37qui seront peut-être
15:38à mettre à profit.
15:40Merci à tous les deux
15:41de nous raccompagner ce matin.
15:42Gérald Grand,
15:42directeur délégué
15:44en charge de l'allocation
15:45d'actifs de Fondésis
15:46et Benoît Vesco,
15:46président de Delubac
15:47Asset Management.
15:48Rendez-vous le 3 ou 4 novembre.
15:50Alors, Benoît,
15:50merci à tous les deux
15:51de nous raccompagner ce matin.