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  • il y a 1 semaine
Le 7 septembre, la commission d'enquête du Sénat sur le traitement des violences dans le périscolaire poursuivait ses auditions.
En juin 2026, la Chambre haute a ouvert une commission d'enquête consacrée aux violences dans le périscolaire. La sénatrice LR de Paris Agnès Evren en est la rapporteure. Cette mission est née du scandale du périscolaire à Paris, révélé en avril 2026 : 132 animateurs ont été suspendus, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles.
Laure Beccuau, procureure de la République près le tribunal de Paris et Laurent Guy, procureur de la République adjoint, sont d'abord venus exposer devant les sénateurs la façon dont ils traitent les dossiers de violences sexuelles sur mineurs, en particulier depuis la circulaire du garde des Sceaux sur le sujet. Ils ont annoncé avoir 2900 enquêtes en cours.
Ensuite, c'est la brigade de protection des mineurs de Paris qui a été entendue, représentée par Vincent Kozierow, chef de la brigade de protection des mineurs de Paris et Denis Collas, directeur-adjoint de la police judiciaire chargé des brigades centrales à la préfecture de police de Paris. Ils ont détaillé lors de leur audition les processus d'audition des mineurs victimes et expliqué que le temps nécessaire était pris pour recueillir la parole des enfants.
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00:00:01Générique
00:00:09Bonjour à tous, ravi de vous retrouver sur Public Sénat pour un nouveau numéro de 100% Sénat,
00:00:14l'émission qui vous fait vivre les travaux de la Haute Assemblée.
00:00:17La commission d'enquête du Sénat sur les violences sexuelles dans le secteur périscolaire poursuit ses travaux.
00:00:22Les sénateurs ont entendu hier la procureure de Paris,
00:00:25alors que le périscolaire parisien est touché par de nombreux scandales de violences sexuelles.
00:00:30Au total, 235 enquêtes pénales ont été ouvertes par le parquet de Paris.
00:00:34Je vous laisse écouter cette audition.
00:00:36Nous poursuivons donc nos travaux dans le cadre de la mission d'information sur la prévention et le traitement des
00:00:43violences dans le périscolaire
00:00:44avec l'audition de madame Laure Bécuot.
00:00:47Vous êtes madame procureure de la République auprès du tribunal de Paris
00:00:50et monsieur Laurent Guy, procureur de la République adjoint.
00:00:54Il ne s'agit bien sûr pas pour notre commission de s'immiscer dans des procédures judiciaires en cours
00:01:01ni d'obtenir des informations sur telle ou telle affaire pour laquelle des poursuites ont été engagées et sur lesquelles
00:01:08vous êtes saisis.
00:01:09Nous entendons bien Agnès et Évren rapporteurs et moi-même ainsi que l'ensemble des sénateurs présents
00:01:16conduire les travaux de cette mission d'information dotée des prérogatives d'une commission d'enquête
00:01:21dans le strict respect du principe de séparation des pouvoirs conformément aux dispositions de l'article 6 de l'ordonnance
00:01:28du 17 novembre 1958.
00:01:30J'indique par ailleurs que vous nous avez apporté un certain nombre de réponses écrites aux questions que nous vous
00:01:36avons posées
00:01:37et bien sûr nous vous en remercions, ça nous permettra d'aller plus directement sur certaines questions.
00:01:43Après plusieurs mois de rumeurs, de révélations dans la presse sur des écoles concernées,
00:01:49vous avez donné en mai dernier madame la procureure pour la première fois des chiffres clairs sur le nombre d
00:01:55'enquêtes en cours.
00:01:56Je le rappelle, 84 écoles maternelles, une vingtaine d'écoles élémentaires et une dizaine de crèches
00:02:02étaient ainsi sous le coup d'enquêtes menées par le parquet de Paris.
00:02:06Vous précisiez également que tous les arrondissements étaient concernés.
00:02:11Ces chiffres ont évidemment fait l'effet d'un véritable électrochoc.
00:02:16Aussi avons-nous souhaité vous auditionner d'une part pour que vous fassiez le point cinq mois après
00:02:21sur l'évolution de la situation et d'autre part pour nous indiquer comment le service public de la justice
00:02:28à Paris
00:02:29fait face à ce nombre important d'affaires.
00:02:33Avant de laisser la parole à notre rapporteur pour des questions liminaires,
00:02:37je vous rappelle qu'un faux témoignage devant notre mission d'information dotée des pouvoirs de commission d'enquête,
00:02:41comme je le rappelais, serait passible des peines prévues aux articles 434-13, 434-14 et 15 du code pénal.
00:02:50Je veux vous inviter à, chacun à votre tour, à prêter serment, à dire toute la vérité,
00:02:55rien que la vérité en levant la main droite et en disant je le jure, madame la procureure.
00:02:59Merci, monsieur le procureur.
00:03:00Merci.
00:03:02Et donc je précise également qu'il vous appartient, le cas échéant évidemment,
00:03:07d'indiquer vos éventuels liens d'intérêt au conflit d'intérêt en relation avec l'objet de la commission d
00:03:12'enquête, s'il y en a.
00:03:14Merci.
00:03:14Enfin, cette audition est diffusée en direct sur le site internet du Sénat.
00:03:17Et sans plus tarder, je donne la parole à notre rapporteur, la sénatrice Agnès Évrenne.
00:03:23Je vous remercie, monsieur le président, madame la procureure de la République de Paris,
00:03:28monsieur le procureur adjoint, je vous remercie d'avoir, de vous être rendu disponible pour cette audition.
00:03:34Et je remercie également le président Laurent Laffont d'avoir permis la convocation de cette commission
00:03:39alors que nous sommes en pleine suspension parlementaire.
00:03:42Depuis plus d'un an, ça a été dit, de nombreuses affaires de violences commises sur des enfants dans le
00:03:47cadre périscolaire
00:03:48sont révélées dans les médias.
00:03:50Je dois le dire, je reste comme sénatrice de Paris, comme citoyenne, mais également comme maman,
00:03:56effarée par l'ampleur de ce qui s'est passé et par le silence, il faut le dire, qui a
00:04:01prévalu depuis plus de dix ans.
00:04:03Vos services nous ont transmis des chiffres terrifiants, 235 enquêtes pénales ont été ouvertes par le parquet de Paris
00:04:10pour des violences commises en milieu scolaire et périscolaire.
00:04:14Vous nous détaillerez bien évidemment ces chiffres.
00:04:16Alors oui, Paris fait figure d'exception par le nombre d'enfers et aussi par l'incroyable Omerta qui a
00:04:22longtemps régné.
00:04:23Pour autant, et je l'ai dit à nombreuses reprises, si Paris est un cas exceptionnel, pour autant, Paris n
00:04:29'est pas une exception.
00:04:30Et ces défaillances se répètent au plan national dans près de 70 départements.
00:04:38Alors aujourd'hui, un constat s'impose.
00:04:40Le périscolaire est un angle mort de la protection de l'enfance.
00:04:43J'ai auditionné jeudi et vendredi plusieurs collectifs de familles de victimes venues de toute la France.
00:04:49Leur témoignage était absolument bouleversant.
00:04:52Vraiment, tous nous disent la même chose.
00:04:54Un enfant qui change brutalement.
00:04:58Ces enfants ont parlé avec beaucoup de courage.
00:05:01Leurs parents ont alerté et trop souvent, ils ont eu le sentiment que leurs paroles n'étaient pas entendues.
00:05:08Ils se sont heurtés à un silence effroyable, au déni, au mépris.
00:05:13Ils ont fini souvent par chercher eux-mêmes les informations, recouper les témoignages, appeler les autres parents, relancer les services.
00:05:20Et c'est d'ailleurs, madame la procureure de la République de Paris, la raison de cette audition.
00:05:25Notre commission, ça a été dit par le président, n'est pas là pour instruire à la place de la
00:05:28justice, bien sûr.
00:05:30Elle est là pour comprendre et en finir avec ses dysfonctionnements et les drames qu'ils produisent.
00:05:35Ces premières auditions ont démontré qu'une chose s'est profondément abîmée.
00:05:39Et je tiens à vous le dire, la confiance des parents, la confiance dans les institutions démocratiques et leurs élus,
00:05:46la confiance dans l'école.
00:05:47Et oui aussi, madame la procureure, la confiance dans la justice.
00:05:51Vous le savez comme nous, une majorité de Français aujourd'hui doutent de leur justice.
00:05:55Selon le dernier baromètre du CEVIPOF, seuls 45% de nos concitoyens lui accordent encore leur confiance.
00:06:03Or, ce à quoi nous assistons depuis des mois n'est hélas pas de nature à les rassurer.
00:06:08Quand on dépose plainte pour son enfant agressé sexuellement et que l'on reste des semaines, des mois sans nouvelles,
00:06:15on perd confiance.
00:06:17Quand un enfant de 3, 4 ou 5 ans doit attendre des mois entiers avant d'être entendu, on perd
00:06:24confiance.
00:06:24Quand on découvre un classement sans suite sans que personne n'explique rien, on perd confiance.
00:06:29Et dans chacun de ces témoignages, la même phrase revient terrible, déchirante.
00:06:34On n'a pas cru mon enfant.
00:06:37Après avoir lui entendu toutes ces familles, notre conviction profonde est que notre chaîne de protection des plus fragiles ne
00:06:43fonctionne plus comme elle le devrait.
00:06:45Je souhaite donc très concrètement, madame la procureure, monsieur le procureur adjoint, vous poser des questions extrêmement concrètes qui me
00:06:52semblent absolument essentielles.
00:06:54Et ensuite, naturellement, je laisserai la parole à mes collègues sénateurs ici présents pour vous poser des questions.
00:06:58La première concerne le délai et les modalités de recueil de la parole de l'enfant.
00:07:03Ces délais, vous le savez, sont parfois extrêmement longs.
00:07:07Or, de très nombreuses victimes sont des enfants de maternelle à 3 ans, 4 ans, 5 ans.
00:07:12La mémoire s'efface très rapidement au bout de quelques semaines.
00:07:16Que faut-il changer pour que la justice s'adapte au temps de l'enfant plutôt que de demander à
00:07:22l'enfant de s'adapter au temps de la justice ?
00:07:24A cela s'ajoute une autre difficulté.
00:07:27Certains parents sont confrontés à des refus de prise de plainte, quand d'autres nous signalent les conditions d'audition.
00:07:33D'ailleurs, je dois souligner le sentiment de violence pour les parents qu'a pu représenter l'audition de leur
00:07:40enfant par la brigade de protection des mineurs,
00:07:42voire dans certains cas au commissariat de quartier par des policiers en uniforme.
00:07:47Pouvez-vous nous préciser comment se décide la répartition des auditions de mineurs entre brigade des mineurs, unités d'accueil
00:07:54pédiatrique et commissariat ?
00:07:56Comment décidez-vous où et par qui un enfant est auditionné ?
00:08:00La gravité des faits et l'âge de l'enfant sont-ils déterminants ?
00:08:04Ou les disponibilités des services jouent-elles aussi un rôle ?
00:08:08Mon deuxième point porte sur la parole de l'enfant et la chaîne de la preuve.
00:08:12Des parents ont le sentiment que toutes les paroles de l'enfant ne pèsent pas du même poids.
00:08:18L'audition de l'enfant devant la brigade de protection des mineurs aurait ainsi une valeur de preuve plus forte
00:08:24que les déclarations ou constatations faites en urgence médico-judiciaire
00:08:28devant les professionnels du recueil de la parole, un psy par exemple, ou encore les témoignages de parents rapportant certains
00:08:35propos tenus par l'enfant.
00:08:37Qu'en est-il si un enfant parfois très jeune change sa version des faits ?
00:08:42Comment les différentes versions sont-elles mises au regard de l'une de l'autre ?
00:08:47Enfin, mon troisième point concerne l'information et la communication avec les parents de victimes et les collectivités de l
00:08:53'avancement de l'enquête et de la procédure en cours.
00:08:56C'est probablement d'ailleurs sur ce point que la colère est la plus forte.
00:09:00Je connais les exigences du secret de l'enquête, Madame la Procureure, et de la présomption d'innocence et j
00:09:05'y suis naturellement très attachée.
00:09:07Mais le secret de l'enquête ne peut pas devenir le silence opposé aux victimes.
00:09:12Quand des familles restent sans information pendant des mois, y compris au stade d'un classement sans suite, cela crée
00:09:17de l'angoisse.
00:09:18Et vous le savez.
00:09:19Vous écrivez d'ailleurs vous-même dans votre questionnaire, dans le questionnaire auquel vous avez bien voulu répondre,
00:09:24que la longueur des procédures peut provoquer chez les parents, entre guillemets, c'est vos mots, un sentiment d'abandon,
00:09:31et que les plaignants se tournent davantage vers les services d'enquête que vers le parquet pour savoir où en
00:09:37est leur dossier.
00:09:38Comment améliorer l'information des parents, mais aussi celle des collectivités concernées, sans compromettre le bon déroulement de l'enquête
00:09:46?
00:09:46Pour conclure, madame la procureure, je refuse de faire partie de celles et ceux qui ferment les yeux.
00:09:50La confiance en nos institutions est abîmée.
00:09:53Nous devons l'entendre, nous devons comprendre pourquoi, et surtout, nous devons savoir comment reconstruire cette confiance.
00:10:00Je vous remercie de votre présence et par avance de vos réponses à ces questions précises.
00:10:05Merci.
00:10:05Madame la procureure, je vais vous laisser la parole pour répondre à cette première série de questions.
00:10:10Oui.
00:10:10Si vous le permettez, à titre de préambule, les jeunes...
00:10:14Monsieur le Président, merci.
00:10:15Madame la rapporteure, mesdames les sénatrices, messieurs les sénateurs.
00:10:20Quelques mots en préambule, mais extrêmement rapidement, et surtout pas pour éviter de répondre à vos questions.
00:10:25D'abord, pour vous remercier de cette opportunité qui nous est offerte de nous exprimer devant vous
00:10:31et de partager ce qu'est la réalité de notre lutte quotidienne, quotidienne, contre les violences perpétrées à l'encontre
00:10:39des mineurs.
00:10:40Les violences physiques et sexuelles imposées aux mineurs et la lutte contre ces violences sont des points de priorité de
00:10:50politique pénale d'évidence.
00:10:52D'évidence. Parce que nous avons bien conscience que les traumatismes sont durables, qu'ils sont majeurs.
00:11:01Et cette priorité de politique pénale, je vais dire, va s'en dire, même si elle est constamment répétée au
00:11:08sein des parquets et constamment partagée.
00:11:12Alors l'enjeu pour la procureure de la République que je suis, c'est aujourd'hui de concilier une massification,
00:11:19et j'ose le terme, des signalements.
00:11:22Et la spécificité et la complexité des actes d'enquête, d'une part, mais aussi la finesse d'analyse et
00:11:30de traitement que ces enquêtes vont demander au cas par cas.
00:11:34Vous l'aurez bien compris, mener une politique pénale, par exemple, en matière de conduite sous l'empire de l
00:11:38'État alcoolique, peut passer par des instructions générales.
00:11:42Tel taux dépassé, telle personnalité de récidive.
00:11:46L'examen d'un dossier de violence sexuelle ou de violence à l'égard d'un mineur, c'est une
00:11:52priorité imposée, une réponse pénale, je dirais, déterminée, ambitieuse.
00:11:58Mais à chaque dossier, il y méritera un regard individualisé.
00:12:04Donc ça impose pour cette spécificité et complexité des actes d'enquête et cette finesse d'analyse que ces dossiers
00:12:12demandent au cas par cas,
00:12:13de structurer cette politique pénale prioritaire sur, je dirais, trois piliers.
00:12:18D'abord, respecter une procédure judiciaire particulière à la spécificité reconnue des services spécialisés,
00:12:28des auditions menées notamment au sein du protocole Nietzsche, au sein des salles Mélanie.
00:12:36Assurer parallèlement une protection du mineur lorsque ça s'impose et également recourir à toute expertise.
00:12:43utile et tout témoignage utile.
00:12:46Il faut avoir aussi des circuits de priorisation et c'est ce qui est mis en place au sein de
00:12:52la section des mineurs du parquet de Paris.
00:12:54Et puis, je l'ai dit, une réponse pénale ambitieuse avec un accompagnement renforcé des victimes et un engagement fort
00:13:01sur celles-ci.
00:13:03Alors, bien sûr, ce sont les ambitions et il faut savoir se regarder dans le miroir et mesurer l'efficience
00:13:10de notre prise en compte de la révélation des faits.
00:13:13Il faut restaurer la confiance.
00:13:15J'ai, madame la rapporteure, tout à fait conscience des attentes et voire des déceptions que nos fonctionnements collectifs provoquent
00:13:26et, singulièrement, sur ce qui me concerne, le fonctionnement de l'institution judiciaire.
00:13:30C'est pourquoi, face à cette conscience, non seulement il y a des relations très étroites qui sont menées avec
00:13:38la préfecture de police afin d'améliorer les process et la marge de progrès, elle est importante.
00:13:45Mais, encore une fois, je vous avais dit les chiffres sur les violences périscolaires et scolaires que nous avons transmis.
00:13:53Je vous en donne un autre.
00:13:55Le chiffre total des violences sexuelles subies par les mineurs, vous savez que notre garde des Sceaux nous a demandé
00:14:02d'en faire un état.
00:14:03À l'heure actuelle, le chiffre dont nous disposons est 2 900 enquêtes en cours.
00:14:092 900.
00:14:112 900.
00:14:12Oui.
00:14:13Sur le parquet.
00:14:15Pardon ?
00:14:15Oui, uniquement sur notre parquet.
00:14:16Uniquement sur notre parquet.
00:14:17Donc, vous aurez compris que, je fais un calcul rapide, les violences périscolaires, c'est à peu près 10%
00:14:24des dossiers que nous avons à traiter.
00:14:28Donc, cet enjeu, il est majeur et, évidemment, il faut savoir communiquer.
00:14:36Et j'en ai eu conscience avant la création de votre commission, si vous le permettez, puisque, lorsque a surgi
00:14:42à Paris, en fin d'année dernière, un blast, je dirais, au sein d'un arrondissement où de nombreuses victimes
00:14:49avaient émergé et où de nombreux établissements étaient concernés,
00:14:53j'ai décidé, c'était une première, de proposer aux parents, qui étaient les parents plaignants dans ces dossiers, de
00:15:01nous rencontrer au sein du palais de justice.
00:15:03Et il y a eu une proposition de rencontre à l'auditorium du palais de justice.
00:15:07Ce sont venus les parents qui le souhaitaient.
00:15:09Et nous n'avons pas, évidemment, parlé de ces dossiers au cas par cas, mais nous avons, évidemment, parlé, expliqué
00:15:16la procédure et essayé de signifier que les temps n'étaient pas le mépris,
00:15:21que les enquêtes, la complexité des enquêtes et que, dès lors, eh bien, il faut, évidemment, expliquer aux parents ce
00:15:29qui se passe.
00:15:30Et dans cette même action parallèle, j'avais mis en place, il y a au moins un an et demi,
00:15:38ce qu'on a appelé le groupe AVEC, qui est un groupe qui travaille sur la victimisation secondaire.
00:15:46Alors que mes propos ne pensent pas que travailler sur la victimisation secondaire, ce n'est pas travailler sur la
00:15:52victimisation primaire.
00:15:53C'est-à-dire qu'il faut que les enquêtes arrivent, il faut que les services spécialisés puissent être mobilisés,
00:15:59voire renforcés.
00:16:01Mais cela étant, tout ce que vous avez exprimé d'attente des parents sont actuellement, parmi un plan d'action
00:16:10qui a démarré depuis le 1er septembre, traité par le parquet.
00:16:13C'est-à-dire que les classements sont ensuite individualisés, avec la possibilité de rencontre des victimes, l'interrogation sur
00:16:21ces auditions multipliées et sur les confrontations,
00:16:24l'accompagnement des victimes avec les associations des victimes et une cartographie des points où on va pouvoir se renseigner.
00:16:33Donc tout cela, ça veut être traité.
00:16:36Mais ce que, de mon point de vue, votre commission doit entendre, c'est que nous nous trouvons face à
00:16:44une confrontation de deux exigences.
00:16:48L'exigence du temps, vous l'avez dit, parce que la parole de l'enfant est une parole qu'il
00:16:52faut recueillir dans la proximité de sa temporalité,
00:16:55pour qu'elle ait sa force de vérité, et l'exigence de la qualité.
00:17:01Une grande partie des incompréhensions que nous rencontrons de la part des plaignants ou des victimes,
00:17:09dans ce sujet-là comme dans d'autres qui concernent les violences sexuelles et sexistes, c'est le taux de
00:17:14classement.
00:17:17Le taux de classement, il peut être incontournable et il y aura toujours des classements.
00:17:22Il faut se le dire, parce que nonobstant le fait que la parole de l'enfant, par définition, doit être
00:17:28écoutée et par définition ne doit pas être remise en cause,
00:17:32l'exigence pour les magistrats, quels qu'ils soient, c'est de l'étayer suffisamment pour que les poursuites pénales
00:17:40soient possibles,
00:17:43que les réquisitions soient possibles et que les condamnations interviennent.
00:17:47Et vous avez vu combien ces dossiers sont complexes.
00:17:50Deux dossiers, j'en parle parce qu'ils ont fait la une des médias.
00:17:53Le parquet, lui, avait la conviction que ça tenait.
00:17:55Le tribunal n'a pas partagé cette conviction.
00:17:59Un appel est en cours.
00:18:00La cour d'appel tranchera.
00:18:01Mais vous voyez la singularité de ces dossiers.
00:18:04Et donc, là, pour étayer cette parole, ils font des enquêtes de qualité.
00:18:10C'est-à-dire que moi, j'ai l'habitude de dire, en matière de violence sexuelle, généralement,
00:18:15cette phrase de ces paroles contre paroles, ça n'est pas légitime si une enquête est bien faite.
00:18:22C'est-à-dire que si une enquête est bien faite, j'allais dire, les témoignages se pèsent et ne
00:18:28se comptent pas.
00:18:29Ça veut dire que la créduité d'une parole, la réalité d'un mot, la réalité d'une attitude lorsqu
00:18:36'on est entendu en salle Mélanie,
00:18:39qu'on comptait à une vérification de comment est configurée l'école,
00:18:45de quel a été le comportement de celui qui a mis en cause par rapport aux règles dont il avait
00:18:49connaissance.
00:18:49Tout ça, c'est une enquête qui se structure.
00:18:53Ce sont des expertises.
00:18:54Ce sont des expertises médicales aussi qui peuvent intervenir.
00:18:58parce qu'il n'y a pas seulement le préjudice économique, enfin, pas économique, pardon, physique immédiat,
00:19:04il y a surtout voir si le trauma postérieur n'est pas révélateur de la réalité de l'agression.
00:19:10Donc tout ça, ce sont des enquêtes qui ne se font pas l'espace d'un instant et qui durent.
00:19:15Et on a donc la confrontation de la multiplication de ces enquêtes extrêmement spécialisées et complexes,
00:19:21puisque nous avons multiplication et donc des délais d'enquête qui augmentent.
00:19:25Et donc des délais d'enquête, et parmi toutes ces procédures que nous souhaiterions traiter avec la même qualité,
00:19:32nous avons des nécessités de priorisation.
00:19:35Et pour être transparente avec vous, les nécessités de priorisation,
00:19:38c'est typiquement le milieu du périscolaire, c'est parti de ces priorisations au sein des enquêtes de violences sexuelles
00:19:46à l'encontre des mineurs,
00:19:47parce que nous savons que nous avons un mis en cause qui est susceptible d'être encore au contact des
00:19:52mineurs.
00:19:53Et ça, c'est parmi les critères de priorisation.
00:19:57Mais vous aurez compris tout de suite que ce critère de priorisation concerne aussi tous les dossiers incestueux.
00:20:03Et vous savez à quel point il y a de nombreux dossiers incestueux qui continuent de nous être amenés.
00:20:10Nous savons aujourd'hui, et c'est ce que je constate, et c'est ce que vous avez constaté sans
00:20:15doute,
00:20:16le fait que lorsque nos institutions collectivement s'emparent d'un sujet pénal,
00:20:24eh bien les révélations arrivent.
00:20:26Et du coup, dans le temps de cette révélation,
00:20:29eh bien brutalement nous avons une augmentation des plaintes,
00:20:33une augmentation de la révélation des faits.
00:20:34Et je vous le disais, madame la rapporteure, la prochaine étape pour nous au pénal,
00:20:38je vous le dis, je vous l'annonce,
00:20:40la prochaine étape où on aura ce blast de lutte contre les chiffres noirs qui nous attendent,
00:20:44je vous le dirais, ça sera les violences dont sont victimes les personnes âgées et frappées de handicap.
00:20:50Donc voilà.
00:20:51Mais je reposais vos questions, parce que je n'ai sans doute pas répondu à tout.
00:20:54Mais en tout cas, j'espère vous avoir convaincu que ce que vous avez entendu de votre commission,
00:21:01nous l'entendons, nous essayons de progresser sur un chemin de qualité.
00:21:06Et bien sûr, lorsque vous me dites, par exemple, que les avis de classement sans suite ne sont pas envoyés,
00:21:15je ne vous cache pas que ça m'étonne, parce que autant dans, par exemple,
00:21:18des faits d'atteinte au bien, c'est possible, parce qu'il y a une autre procédure,
00:21:21autant là, non seulement nous sommes très attachés aux avis,
00:21:24mais nous sommes attachés aux avis personnalisés.
00:21:28Très franchement, madame la procureure, je vous écoute,
00:21:30mais sur les classements sans suite, je ne peux pas être convaincue.
00:21:34Quand on entend les parents qui découvrent par hasard,
00:21:38parfois même pas par leur avocat, l'existence d'un classement sans suite,
00:21:41c'est une seconde violence pour eux.
00:21:43D'autant qu'il faut qu'on leur explique, ça n'est pas un certificat d'innocence.
00:21:47Ça ne veut pas dire que les faits n'ont pas eu lieu.
00:21:50C'est juste que la parole de l'enfant n'était pas suffisamment, sans doute, précise,
00:21:54corroborée ou suffisamment claire.
00:21:56Sauf que quand les délais sont si longs et que l'enfant est entendu 3, 4 mois après,
00:22:01comment est-ce qu'on peut attendre d'un enfant qui est en maternelle,
00:22:04que sa parole soit si précise ?
00:22:06C'est pour ça que cette preuve pénale qui repose en fait sur la révélation des enfants
00:22:11et sur la précision de la parole de l'enfant,
00:22:13si malheureusement l'audition a lieu quelques mois après,
00:22:16et dans des conditions parfois qui sont très difficiles,
00:22:19il y a des enfants qui sont entendus dans des commissariats,
00:22:21avec des policiers en uniforme,
00:22:23ils pensent qu'ils sont punis, ils pensent qu'ils sont punis.
00:22:25Donc ils ne peuvent pas s'exprimer.
00:22:27Comment se fait-il, et je poserai la question évidemment au procureur général de Paris,
00:22:31comment se fait-il que les conditions d'audition de ces enfants
00:22:34ne soient pas aussi, j'allais dire, cohérentes et rationnelles
00:22:38en fonction de l'âge de l'enfant et de la gravité des faits ?
00:22:40Ça c'est une question, et encore une fois je le redis,
00:22:43l'absence d'information des parents les rend complètement fous,
00:22:49parce que ça n'est pas l'information en fait qui crée la panique,
00:22:53c'est ce silence qui crée la panique.
00:22:55Beaucoup m'ont dit que parfois la brigade de protection des mineurs,
00:22:58ils avaient une forme de manque d'empathie des officiers.
00:23:01Vous voyez, tout ça est très très douloureux.
00:23:03Donc oui, les classements sans suite, c'est une vraie question pour nous,
00:23:06parce qu'elle est une seconde violence pour les parents,
00:23:08et ils ne la comprennent pas.
00:23:10Alors encore une fois, je vous le redis,
00:23:12par ce plan d'action qui est mené sur cette action
00:23:14sur la victimisation secondaire,
00:23:16il y a quatre choses qui peuvent être faites facilement
00:23:19parmi 27 mesures qui vont être portées par le parquet
00:23:23sur les 55 qui ont émergé de ce plan d'action.
00:23:26C'est les classements sans suite individualisés et suivis,
00:23:30ce sont l'information tout au long de l'enquête des parents,
00:23:33ce sont le questionnement de ces confrontations,
00:23:37alors qu'il existe moins avec des mineurs,
00:23:39mais ce principe de la confrontation en la matière
00:23:42doit être questionné avec le mis en cause.
00:23:45Et le dernier point, c'est évidemment la formation policiers,
00:23:48gendarmes et de l'ensemble des intervenants,
00:23:51et des magistrats.
00:23:52Je ne dis pas que l'ensemble des magistrats,
00:23:54policiers, gendarmes ne sont pas formés,
00:23:56mais il faut continuer ces formations.
00:23:58Vous savez qu'il y a un turnover,
00:23:59vous savez que de plus en plus de magistrats
00:24:01vont être confrontés à ces sujets.
00:24:03Il faut qu'on ait tous la même connaissance du psychotrauma,
00:24:07il faut qu'on ait tous la même connaissance
00:24:10de tout ce qui se passe autour de ces violences sexuelles
00:24:14et de tous ces comportements
00:24:16qui peuvent être des points d'analyse,
00:24:18des points probatoires sur les procédures.
00:24:22Avant de laisser la parole à mes collègues,
00:24:24sur le refus de dépôt de plainte.
00:24:27Alors ça, c'est inadmissible, je vous le dis tout clairement.
00:24:30C'est inadmissible, non seulement c'est contraire
00:24:32au code de procédure pénale.
00:24:34Ce sont des sujets, lorsqu'ils me sont remontés,
00:24:37pour tout vous dire, j'ai des liens avec les associations
00:24:40d'aide aux victimes, et notamment Paris et d'autres victimes,
00:24:42à qui je demande de me remonter immédiatement
00:24:45toute information des victimes d'un refus de plainte
00:24:47qui leur serait opposé.
00:24:48Et je demande des explications aux chefs de service
00:24:52qui sont concernés, donc au DTSP.
00:24:53Alors comment font les parents, madame la procureure ?
00:24:55Est-ce qu'ils peuvent entrer en contact avec vous ?
00:24:57Est-ce que vous avez des chiffres sur le nombre de refus
00:25:00de dépôt de plainte qu'on aurait eu depuis 2025 ?
00:25:03Non, vous n'avez pas de chiffres.
00:25:04Non, je n'ai pas de chiffres.
00:25:07Alors il faut savoir que la procureure de Paris que je suis
00:25:11a la chance d'avoir au sein de son cabinet
00:25:13une commissaire et une commandante
00:25:15qui appartiennent à la préfecture de police
00:25:17qui sont au sein de mon cabinet
00:25:18et qui me permettent ainsi d'avoir des liens
00:25:20avec la préfecture de police assez étroits
00:25:22pour faire remonter tous les dysfonctionnements.
00:25:24Alors je ne sais pas si régulièrement
00:25:28Paris et d'autres victimes est directement en lien
00:25:30avec ce commissariat et cette commandante,
00:25:33mais je peux vous dire que les refus de dépôt de plainte,
00:25:36c'est inadmissible.
00:25:37Ça ne doit pas avoir...
00:25:38C'est une obligation en plus de prendre...
00:25:40C'est une obligation.
00:25:41C'est une obligation.
00:25:42Donc ça, ça n'est pas possible.
00:25:43Sur les parents qui entendent encore une fois,
00:25:46qui sachent qu'ils peuvent s'adresser au service enquêteur,
00:25:50parce qu'évidemment, je pense, sur ce qui nous est remonté,
00:25:54que partie de ces parents doivent appeler
00:25:56ce qu'on appelle chez nous le SAUGE,
00:25:57qui doit consulter la procédure.
00:25:59Et si tant est que cette procédure soit déjà enregistrée chez nous,
00:26:02on doit leur dire enquête en cours.
00:26:04Et donc le réflexe des parents, c'est à ce moment-là
00:26:06d'appeler le service enquêteur.
00:26:07Mais nous sommes en train de structurer
00:26:11une réponse plus forte
00:26:12pour que les parents soient informés
00:26:15de se dérouler de la chaîne pénale
00:26:17qui aura un délai incontournable
00:26:19et qui, pour certains, c'est vrai,
00:26:21aura un délai plus important qu'un autre.
00:26:23C'est-à-dire que c'est vrai qu'on est obligé,
00:26:25je vous l'explique,
00:26:26ses priorités, c'est le mis en cause.
00:26:29Et donc les violences périscolaires
00:26:30sont parmi cette priorité.
00:26:32Deuxième priorité, un mis en cause
00:26:33lorsqu'on le crible sur ses antécédents
00:26:35qui a des antécédents sexuels,
00:26:38y compris classés.
00:26:40Et donc là, ça devient aussi une priorité.
00:26:42Donc vous voyez, c'est tout cela.
00:26:44Et puis malheureusement,
00:26:46l'enfant qui aura été concerné
00:26:49par, je ne sais pas moi,
00:26:50un animateur périscolaire
00:26:52qui n'exerce plus ses fonctions,
00:26:54qui ne s'agissait pas de violences,
00:26:55ayant entraîné de violences sexuelles
00:26:57et sans incapacité,
00:26:58il est possible que son dossier
00:27:00soit en dessous de la pile
00:27:01et que les parents attendent.
00:27:03Je ne peux pas avoir d'autres discours
00:27:05de vérité au regard des moyens
00:27:07dont la brigade des mineurs dispose
00:27:09et dont mon parquet dispose
00:27:10à l'heure actuelle.
00:27:12Et pourtant, encore une fois,
00:27:13ce sont des enquêtes qui sont priorisées.
00:27:17Donc véritablement,
00:27:17il faut penser à cela.
00:27:19Moi, j'avais aussi un message
00:27:21à faire passer, si je puis dire.
00:27:23C'est qu'évidemment,
00:27:24je suis prête à communiquer,
00:27:26vous l'avez dit,
00:27:26je crois avoir été une première
00:27:28qui a mis sur la place publique
00:27:29le nombre d'enquêtes que nous affrontions.
00:27:31Il n'y avait pas le règne du silence
00:27:33au sein du parquet de Paris.
00:27:36Mais il faut que l'on puisse aussi
00:27:39agir dans la prévention.
00:27:41Parce que moi, j'ai conscience
00:27:42que quand j'arrive,
00:27:43malheureusement,
00:27:44le trauma, il a eu lieu
00:27:45puisque les faits ont eu lieu.
00:27:47Donc il faut vraiment une prévention
00:27:49par un discours adressé aux mineurs.
00:27:51Il faut qu'on leur apprenne
00:27:52à savoir dire non,
00:27:53à se dire dans quelle situation
00:27:56ils doivent parler
00:27:57parce que la situation, pour elle,
00:28:00elle ne devrait pas exister.
00:28:01Il faut une formation des professionnels,
00:28:04des professionnels du périscolaire.
00:28:06Et puis, je ne vous cache pas
00:28:08que la troisième étape
00:28:09sera peut-être aussi
00:28:10de continuer à s'interroger,
00:28:14mais là, c'est pour la pédocriminité
00:28:16en règle générale,
00:28:17sur éventuellement des lignes téléphoniques.
00:28:20Ça existe pas mal au Canada,
00:28:21notamment, et en Belgique,
00:28:22de l'agresseur potentiel
00:28:24qui sait téléphoner
00:28:25lorsqu'il se dit
00:28:26qu'il s'interroge lui-même
00:28:28sur ses propres déviances
00:28:29et qu'il souhaite des relais
00:28:31pour s'arrêter.
00:28:33Voilà ce que je pouvais,
00:28:35mais j'ai peut-être oublié
00:28:36de répondre à certaines de vos questions.
00:28:37Je suis prête à y répondre.
00:28:40Je vais donner la parole
00:28:41à mes collègues.
00:28:43On va commencer par Laure Larcos,
00:28:44puis ensuite Colombe Brossel.
00:28:46Merci, monsieur le président.
00:28:48Alors moi, j'avais deux questions.
00:28:51Quelle est l'articulation
00:28:52de votre travail
00:28:53avec la mairie de Paris,
00:28:55mais ça serait pour d'autres mairies,
00:28:58bien évidemment,
00:28:59dans le cadre d'autres tribunaux,
00:29:01et avec l'éducation nationale ?
00:29:04La confrontation de vos dossiers,
00:29:07d'avoir un groupe
00:29:08qui puisse faire le lien
00:29:09entre les trois administrations.
00:29:13Et puis une autre question.
00:29:15Je ne suis pas juriste,
00:29:17donc je vais peut-être dire
00:29:18une énormité.
00:29:20Pourquoi est-ce qu'à partir du moment
00:29:21où il y a dépôt de plainte,
00:29:23que ce soit de l'école
00:29:27ou des parents,
00:29:28pourquoi ces personnes
00:29:29ne sont pas suspendues
00:29:32temporairement,
00:29:33mais de manière immédiate
00:29:35et radicale ?
00:29:36Qu'elles ne soient pas déplacées
00:29:37dans un autre lieu,
00:29:39comme malheureusement,
00:29:40ça se fait,
00:29:41et on l'a bien vu,
00:29:43lors de tous ces cas de viol.
00:29:47C'est une question pour moi
00:29:48qui est centrale,
00:29:50et bien évidemment,
00:29:51il y a suspicieux.
00:29:52Enfin, il y a bien sûr,
00:29:53ils sont présumés innocents,
00:29:55mais avant la fin du dossier,
00:29:58pourquoi ils ne sont pas
00:30:00suspendus systématiquement ?
00:30:02C'est vraiment la loi à changer,
00:30:03mais est-ce que là-dessus,
00:30:06vous auriez des conseils ?
00:30:09Sur votre première question,
00:30:12nous avons avec la mairie de Paris
00:30:15une convention qui a été signée,
00:30:17elle date de 2012.
00:30:18Elle est actuellement
00:30:19en cours de révision,
00:30:20parce qu'évidemment,
00:30:21les sujets ne sont plus
00:30:22évidemment les mêmes
00:30:23que ceux sans doute
00:30:25qui ont présidé à la signature
00:30:26de cette convention
00:30:27avec la mairie de Paris.
00:30:30Il y a également un protocole
00:30:33qui est en existant
00:30:37avec l'éducation nationale.
00:30:39Alors là aussi,
00:30:40en cours de révision,
00:30:41parce que je vous explique,
00:30:43la spécificité du parquet de Paris,
00:30:44c'est qu'il y avait déjà
00:30:46une convention,
00:30:49mais les signalements
00:30:50qui étaient faits
00:30:50par l'éducation nationale
00:30:51passaient par ce qu'on appelait
00:30:53les RIMS,
00:30:53les recueils d'informations
00:30:55en milieu scolaire,
00:30:56d'incidents en milieu scolaire.
00:30:57Et ces RIMS
00:31:00se sont développés
00:31:01à tel point
00:31:02que nous avons eu
00:31:03la vision conjointe
00:31:06éducation nationale
00:31:07avec Mme la rectrice
00:31:08et le parquet
00:31:09et les services de police
00:31:10qu'on nous signalait
00:31:13un peu,
00:31:13vous me passez l'expression,
00:31:15des faits
00:31:16de très très bas du spectre
00:31:18qui, dès lors,
00:31:20étaient noyés
00:31:22parmi les faits
00:31:23les plus anciens,
00:31:24dont les plus graves.
00:31:26Donc, nous avons
00:31:27révisé cette convention
00:31:28et aujourd'hui,
00:31:30j'intervenais
00:31:31tout à fait récemment
00:31:32devant l'ensemble
00:31:33des personnels éducatifs
00:31:34des directeurs
00:31:35de la plaque parisienne
00:31:37pour leur rentrée
00:31:38et nous allons remettre
00:31:39sur le haut de la pile
00:31:40les signalements
00:31:41par l'article 40
00:31:43parce que cet article 40,
00:31:45il est trop méconnu encore
00:31:46et trop inutilisé.
00:31:49Donc, quand je vous disais
00:31:50formation des professionnels,
00:31:52c'est une formation
00:31:52au recueil
00:31:53de la parole de l'enfant
00:31:54parce que, en fait,
00:31:55les enfants parlent
00:31:57mais quelquefois,
00:31:58ils ne sont pas
00:31:59entendus, en fait.
00:32:01Écoutez, c'est-à-dire
00:32:02qu'on ne perçoit pas
00:32:02la mesure de leur parole.
00:32:04Et donc,
00:32:05il faut aussi
00:32:06la formation
00:32:07des professionnels
00:32:08sur leur devoir
00:32:10de rédiger
00:32:11des articles 40
00:32:12lorsqu'ils constatent
00:32:14des infractions pénales.
00:32:15Pour répondre
00:32:16aux faits
00:32:17de suspension,
00:32:18ça ne m'appartient pas.
00:32:19Moi, j'ai un cadre
00:32:19juridique
00:32:20qui est très clair.
00:32:22C'est, je peux, moi,
00:32:23interdire à quelqu'un
00:32:24de mise en cause
00:32:25d'exercer son activité
00:32:26professionnelle
00:32:27à partir du moment
00:32:28où j'ai engagé
00:32:29des poursuites
00:32:30et associé
00:32:31à ces poursuites,
00:32:32il y a le prononcé
00:32:33de ce qu'on appelle
00:32:34un contrôle judiciaire
00:32:35et ces contrôles judiciaires
00:32:38font assez souvent,
00:32:39importent assez souvent
00:32:40l'interdiction
00:32:41d'exercer
00:32:41le contact des enfants.
00:32:43Et ensuite,
00:32:43lorsqu'il y a des condamnations,
00:32:44il y a aussi
00:32:45cette interdiction.
00:32:46Et d'ailleurs,
00:32:46c'est un gros sujet
00:32:47et je l'évoque d'ailleurs
00:32:48dans le questionnaire
00:32:49que vous nous avez adressé.
00:32:51C'est-à-dire que
00:32:52les délais d'enquête
00:32:52ne sont assez souvent,
00:32:54malheureusement,
00:32:55pas compatibles
00:32:56avec les temps
00:32:57de suspension
00:32:58qui, là,
00:32:58appartiennent
00:33:00aux responsables
00:33:01qui est...
00:33:02Alors, vous voyez,
00:33:03je sors de mon domaine,
00:33:03je vais peut-être dire
00:33:04une horreur,
00:33:05mais je crois
00:33:05que c'est de 4 mois.
00:33:06Et donc,
00:33:07je ne suis pas sûre
00:33:08que ça soit renouvelable.
00:33:10Et donc, enfin, bref,
00:33:11donc tout ça
00:33:11fait des contre-chocs
00:33:13qui sont extrêmement
00:33:14compliqués
00:33:15à mener.
00:33:17Colombe-Roussel.
00:33:18Je peux peut-être
00:33:19préciser quelques points
00:33:20en pratique aux pratiques,
00:33:22du coup,
00:33:23au-delà des conventions
00:33:23qui nous lient
00:33:24avec l'éducation nationale
00:33:25ou la ville de Paris.
00:33:26Le parquet des mineurs,
00:33:28donc la section
00:33:28de notre parquet
00:33:29qui s'occupe
00:33:30de ce type de dossier,
00:33:31a évidemment
00:33:32des relations
00:33:33très étroites
00:33:33avec à la fois
00:33:34l'éducation nationale
00:33:35et la direction juridique
00:33:37de la ville de Paris,
00:33:38surtout ce qui va concerner
00:33:39le statut
00:33:40des personnes mises en cause.
00:33:42Il faut savoir
00:33:43qu'effectivement,
00:33:43notre difficulté juridique,
00:33:45celle-ci,
00:33:45c'est de dire
00:33:46qu'il faut qu'on ait
00:33:46suffisamment d'éléments
00:33:48à charge
00:33:48pour engager des poursuites,
00:33:49pour pouvoir dénoncer
00:33:51officiellement
00:33:52à l'autorité de tutelle
00:33:53que telle personne
00:33:54est mise en cause.
00:33:55Mais pour autant,
00:33:56à partir du moment
00:33:57où, d'une part,
00:33:59la majorité des signalements
00:34:00proviennent
00:34:02de la ville
00:34:03ou de l'éducation nationale,
00:34:04donc ils sont informés
00:34:05du problème
00:34:06parce que les parents
00:34:07ont parlé à l'école,
00:34:08la proportion
00:34:09du premier événement
00:34:11dans les procédures
00:34:11qu'on a reçues
00:34:12sur ces 235 enquêtes,
00:34:14c'est 60% de signalements
00:34:16qui arrivent en premier
00:34:17et 40% de plaintes
00:34:18qui surviennent en premier.
00:34:20C'est à relativiser
00:34:21puisqu'en général,
00:34:22c'est concomitant.
00:34:23La plainte,
00:34:23les parents vont aller
00:34:24tout de suite déposer plainte
00:34:25et le temps
00:34:26que le circuit administratif
00:34:27du signalement se fasse,
00:34:28deux jours après,
00:34:28on va avoir un signalement
00:34:30de l'éducation nationale
00:34:31ou de la ville.
00:34:32Mais en tout cas,
00:34:33on voit quand même
00:34:34qu'il y a une préoccupation
00:34:36et que souvent,
00:34:37l'information est détenue
00:34:39par la collectivité
00:34:40ou par l'autorité
00:34:42qui connaît
00:34:44la mise en cause.
00:34:45Et la plupart du temps,
00:34:46il y a des mesures
00:34:47de suspension
00:34:48déjà effectives.
00:34:49C'est là qu'on tombe
00:34:50sur la difficulté
00:34:51du délai
00:34:52de ces quelques mois
00:34:53renouvelables
00:34:53pendant lesquels
00:34:55notre enquête
00:34:56progresse,
00:34:57mais parfois difficilement.
00:34:59Si on prend l'exemple
00:35:00d'une enquête
00:35:00l'année dernière
00:35:01qui concernait
00:35:02un grand nombre d'élèves
00:35:03et un grand nombre
00:35:03de mises en cause,
00:35:05heureusement,
00:35:05la brigade des mineurs
00:35:06a pu dégager des moyens
00:35:07pour essayer
00:35:07de la traiter
00:35:08en quelques mois,
00:35:09mais quelques mois,
00:35:10c'est de toute façon
00:35:11plus long
00:35:11que ce délai
00:35:12de suspension,
00:35:13ce qui est une vraie
00:35:14difficulté.
00:35:15Et puis,
00:35:15pendant ce délai,
00:35:16on n'est sûr
00:35:17de rien
00:35:18quant à la réalité
00:35:19de la mise en cause
00:35:20effective de la personne.
00:35:22Donc,
00:35:22c'est compliqué
00:35:22de renseigner
00:35:23l'autorité administrative
00:35:25ou l'employeur
00:35:26pour faire court
00:35:27du mise en cause
00:35:28puisqu'on n'a pas
00:35:29grand-chose
00:35:29de concret
00:35:30à lui dire,
00:35:30si ce n'est que
00:35:31l'enquête
00:35:31est toujours en cours.
00:35:34Les contacts
00:35:35sont étroits
00:35:35également
00:35:36parce qu'on peut
00:35:37être amené
00:35:37à solliciter
00:35:39l'employeur
00:35:40pour connaître
00:35:41les antécédents
00:35:42de la personne.
00:35:42Quand est-ce qu'elle
00:35:43a été embauchée ?
00:35:44Est-ce que c'est
00:35:44un contrat actuel ?
00:35:45Est-ce qu'il est titulaire ?
00:35:46Quels étaient
00:35:47ses précédents postes ?
00:35:48Ça peut être intéressant
00:35:49effectivement aussi
00:35:49pour nous.
00:35:50Est-ce qu'il a eu
00:35:51des incidents disciplinaires ?
00:35:52Etc.
00:35:53Forcément,
00:35:53à partir du moment
00:35:54où on se renseigne
00:35:55sur une personne
00:35:57dans le cadre
00:35:58d'une enquête,
00:35:58ça peut mettre
00:35:59la puce à l'oreille,
00:36:00si vous me passez
00:36:00l'expression,
00:36:01à l'autorité d'emploi.
00:36:03Il y a également
00:36:04des contacts
00:36:06réguliers
00:36:06avec l'inspection générale
00:36:08de la ville de Paris.
00:36:09Lorsqu'elle est confrontée
00:36:11à des situations
00:36:12ou peut-être
00:36:13d'organisation
00:36:14ou de défauts
00:36:15de surveillance
00:36:16ou d'incidents
00:36:17à caractère sexuel
00:36:18ou de violence
00:36:19dans un centre
00:36:21d'accueil périscolaire,
00:36:22par exemple,
00:36:23elle peut pouvoir
00:36:25décider de faire
00:36:26un contrôle
00:36:26de ce lieu.
00:36:28Et donc,
00:36:29elle nous avise
00:36:29qu'elle envisage
00:36:30de le faire
00:36:31et on a des liens
00:36:33pour éviter
00:36:34d'une part
00:36:34que les auditions
00:36:35de cette inspection générale
00:36:38viennent perturber
00:36:39l'enquête
00:36:39pour entendre
00:36:40les mêmes témoins
00:36:40ou les mêmes parents
00:36:41alors qu'ils sont
00:36:43en cours d'audition
00:36:43ou sur le point
00:36:44d'être entendus
00:36:44par la police.
00:36:47Et puis,
00:36:48elle prévient également
00:36:49quand elle a terminé
00:36:49ses travaux,
00:36:50ce qui nous permet
00:36:51dans l'enquête
00:36:51éventuellement
00:36:52de solliciter
00:36:52la commission,
00:36:54l'inspection
00:36:56générale
00:36:56pour avoir
00:36:58un extrait
00:36:58de son rapport
00:36:59ou le rapport
00:37:00entier
00:37:00pour voir
00:37:01si elle a constaté
00:37:02des dysfonctionnements
00:37:02structurels
00:37:03dans l'établissement
00:37:04qui peuvent
00:37:04à la fois
00:37:06éclairer
00:37:06sur le rôle précis
00:37:07du mis en cause,
00:37:08sur quelles règles existaient,
00:37:09est-ce qu'il les a
00:37:10complètement ignorées,
00:37:11etc.
00:37:11Ça peut être aussi
00:37:12un des éléments
00:37:12de preuve
00:37:14justement
00:37:15par rapport
00:37:15à cette parole difficile.
00:37:18Donc,
00:37:19recueil des enfants,
00:37:20souvent,
00:37:21la plupart du temps,
00:37:21dénégation évidemment
00:37:22du mis en cause.
00:37:23Donc,
00:37:24il faut pouvoir avoir
00:37:24un tas d'éléments
00:37:25et donc,
00:37:25ça y participe.
00:37:27Donc,
00:37:28des relations
00:37:28étroites
00:37:29à la fois sur
00:37:32comment mieux informer
00:37:34l'autorité d'emploi
00:37:35de ce qui se passe
00:37:37et puis,
00:37:38une fois que les choses
00:37:39sont déclenchées,
00:37:40comment pouvoir obtenir
00:37:42effectivement
00:37:42ou échanger des éléments
00:37:43sans évidemment
00:37:45piéter sur les prérogatives
00:37:46respectives
00:37:46et sur notre secret
00:37:48de l'enquête
00:37:48qui parfois nous pèse
00:37:49évidemment,
00:37:50mais avec lequel
00:37:51évidemment,
00:37:52nous ne pourrons pas
00:37:53transiger.
00:37:54sur les classements
00:37:55sans suite
00:37:56puisque,
00:37:57vous l'avez compris,
00:37:58c'est vraiment
00:37:58quelque chose
00:37:59qui m'importe
00:38:00énormément
00:38:00dans ce groupe
00:38:01de travail
00:38:02que nous avons mené
00:38:03où nous avons
00:38:04entendu des victimes
00:38:05et à ce groupe
00:38:05de travail
00:38:06sur la victimisation
00:38:06secondaire
00:38:08appartenait
00:38:08des victimes.
00:38:09Donc,
00:38:09leur regard
00:38:10était pour nous
00:38:10aussi,
00:38:11je pense,
00:38:12éclairant
00:38:12qu'il a dû l'être
00:38:13pour votre commission.
00:38:15D'abord,
00:38:15je tiens à préciser
00:38:16parce que nous sommes
00:38:18en direct
00:38:19que les avocats
00:38:20ou les parents
00:38:21qui auraient appris
00:38:24un classement
00:38:25parce qu'ils se sont
00:38:25renseignés
00:38:26sans qu'ils aient
00:38:26imprimé le classement,
00:38:27je les invite
00:38:28à m'écrire.
00:38:29Je les invite
00:38:30à m'écrire
00:38:31parce que pour moi,
00:38:32ça pouvait exister
00:38:34dans l'espace
00:38:35d'un instant,
00:38:35c'est-à-dire
00:38:35le classement est décidé,
00:38:36le temps que le greffe
00:38:37formalise le courrier,
00:38:38l'envoie,
00:38:39il peut y avoir
00:38:39un décalé.
00:38:40D'après ce que vous avez
00:38:41l'air de me dire,
00:38:42ça a une récurrence
00:38:43qui m'inquiète
00:38:44et qui m'avait
00:38:45jusqu'à présent,
00:38:46pour Paris en tout cas,
00:38:47pas été signalée.
00:38:49Donc,
00:38:49je le dis très clairement.
00:38:52Si je n'étais pas
00:38:54résout d'une difficulté
00:38:55dont je n'avais pas connaissance,
00:38:56je le dis pour les avocats,
00:38:57si ce sont des avocats
00:38:58qui vous ont dit ça,
00:38:59parce que tous les mois,
00:39:01j'ai une rencontre
00:39:03avec le bâtonnier de Paris,
00:39:04donc ils peuvent faire remonter
00:39:05par le bâtonnier
00:39:07les interrogations
00:39:07qu'ils ont
00:39:07sur notre fonctionnement.
00:39:09Ces réunions sont faites
00:39:10pour ça.
00:39:11Et bien sûr,
00:39:11pour les parents
00:39:12qui n'ont pas d'avocat,
00:39:13ils s'adressent
00:39:13à Paris et nos victimes,
00:39:15ils écrivent
00:39:16à Paris et nos victimes.
00:39:17C'est une association
00:39:18avec qui on travaille
00:39:19dans le lien étroit
00:39:20et on criblera
00:39:21les motifs pour lesquels
00:39:22ça a pu arriver
00:39:23parce que ça ne doit pas arriver.
00:39:25Ça ne doit pas arriver
00:39:27parce qu'encore une fois,
00:39:28non seulement
00:39:29les classements
00:39:30sont une obligation
00:39:32pour le ministère
00:39:33de la Justice,
00:39:34mais ce que je veux
00:39:35porter moi
00:39:35au sein du parquet de Paris,
00:39:36c'est que ces classements
00:39:37en la matière
00:39:38doivent être individualisés.
00:39:40Donc je ne comprends pas
00:39:42ce hiatus
00:39:42que vous me révélez
00:39:44aujourd'hui
00:39:44sur la commission.
00:39:45Je veux en connaître
00:39:46l'importance
00:39:48et ça, évidemment,
00:39:49en l'état où je veux reprendre,
00:39:50je ne le sais pas.
00:39:51Je ne vous dis pas
00:39:52que ça n'existe pas.
00:39:53Je vous assure
00:39:54que dans tous les témoignages
00:39:55qu'on a reçus,
00:39:57lus et entendus
00:39:58de la part
00:39:58des parents de victimes,
00:40:00c'était systématiquement
00:40:01cette violence
00:40:02d'apprendre
00:40:03par hasard
00:40:04un classement sans suite
00:40:06sans même leur expliquer.
00:40:07On continue à suivre
00:40:09la commission d'enquête
00:40:09du Sénat
00:40:10sur les violences sexuelles
00:40:11dans le secteur périscolaire.
00:40:13Les sénateurs ont entendu
00:40:14la Brigade de protection
00:40:15des mineurs de Paris.
00:40:16Nous finissons
00:40:19le cycle d'audition
00:40:20de ce matin
00:40:21par l'audition
00:40:22de la Brigade
00:40:23de protection des mineurs.
00:40:25Nous recevons
00:40:26M. Vincent Kosserov,
00:40:29chef de la Brigade
00:40:30de protection des mineurs
00:40:30de Paris
00:40:31et M. Tonicolas,
00:40:33directeur adjoint
00:40:33de la police judiciaire
00:40:34chargé des brigades centrales
00:40:36de la préfecture
00:40:38de police de Paris.
00:40:39M. Kosserov,
00:40:40M. Kola,
00:40:41je vous remercie bien sûr
00:40:42de vous être rendu disponible
00:40:43ce matin
00:40:44ou plutôt ce midi
00:40:45et je vous prie
00:40:46de bien vouloir
00:40:48excuser le retard
00:40:49que nous avons pris
00:40:50dans les discussions
00:40:52que nous avons eues
00:40:53avec les procureurs
00:40:55tout au long
00:40:55de la matinée.
00:40:57Le président Laffont
00:40:57a présidé
00:40:58les deux premières auditions.
00:40:59Il m'a demandé
00:41:00de présider
00:41:00la suivante
00:41:02étant pris
00:41:02par d'autres auditions.
00:41:06Le recueil
00:41:07de la parole
00:41:07des enfants
00:41:07est primordial
00:41:08dans les affaires
00:41:09de violence
00:41:10dans le cadre
00:41:11périscolaire
00:41:13et d'étant plus
00:41:14que souvent
00:41:14il n'y a pas
00:41:15d'évidence physique
00:41:16ni de témoignage
00:41:17de tiers
00:41:18ayant vu
00:41:19ce qu'il se passait.
00:41:21Les chiffres
00:41:22de vos paris
00:41:22sont édifiants
00:41:23malheureusement
00:41:24235 procédures
00:41:25sont en cours
00:41:26avec parfois
00:41:27et même souvent
00:41:28plusieurs victimes
00:41:29par procédure.
00:41:30Dans ce contexte
00:41:31il s'agit
00:41:32de vous interroger
00:41:33sur les modalités
00:41:34de recueil
00:41:34de la parole
00:41:35mais aussi
00:41:36sur la manière
00:41:37dont la brigade
00:41:39de protection
00:41:39des mineurs
00:41:40fait face
00:41:41à cet afflux
00:41:42d'affaires
00:41:43qui s'ajoute
00:41:44à toutes celles
00:41:45dont elle a la charge.
00:41:46Je pense
00:41:47aux violences
00:41:49infrafamiliales
00:41:49par exemple.
00:41:50Bien entendu
00:41:51il ne s'agit pas
00:41:52pour notre commission
00:41:53de s'immiscer
00:41:54dans des procédures
00:41:56judiciaires en cours
00:41:57ni d'obtenir
00:41:58des informations
00:41:58sur telle ou telle affaire
00:41:59pour laquelle
00:42:00des poursuites
00:42:01ont été engagées.
00:42:03A chacune
00:42:03de nos auditions
00:42:04et je le fais
00:42:05en son nom
00:42:05le président
00:42:06à la fond
00:42:06rappelle
00:42:10et Agnès Evren
00:42:11notre rapporteur
00:42:12partage
00:42:13que nous conduisons
00:42:14ces travaux
00:42:15de cette mission
00:42:16d'information
00:42:17dotée des prérogatives
00:42:18d'une commission
00:42:19d'enquête
00:42:19dans le strict respect
00:42:21du principe
00:42:21de séparation
00:42:22des pouvoirs
00:42:23conformément
00:42:23aux dispositions
00:42:24de l'article 6
00:42:26de l'ordonnance
00:42:27du 17 novembre 1958.
00:42:30Avant de celer
00:42:31la parole
00:42:31à notre rapporteur
00:42:32pour des questions
00:42:33liminaires
00:42:34je rappelle
00:42:35qu'un faux témoignage
00:42:36devant notre commission
00:42:37d'information
00:42:38dotée de pouvoir
00:42:39de commission d'enquête
00:42:40serait passible
00:42:41des peines prévues
00:42:42aux articles 434
00:42:4413
00:42:4514
00:42:4515
00:42:46du code pénal
00:42:48je vous invite
00:42:48ainsi
00:42:49chacun à votre tour
00:42:51après des serments
00:42:52de dire toute la vérité
00:42:53et la vérité
00:42:54en levant la main droite
00:42:55et en disant
00:42:56je le jure
00:42:56je le jure
00:42:59je le jure
00:43:00merci
00:43:01je précise également
00:43:02qui vous appartient
00:43:03le cas échéant
00:43:04d'indiquer vos éventuels liens
00:43:05d'intérêt ou conflit
00:43:06d'intérêt en relation
00:43:07avec l'objet
00:43:08d'un coup
00:43:08sans enquête
00:43:09je pense qu'il n'y en a pas
00:43:10ni pour l'autre
00:43:11enfin cette audition
00:43:13est diffusée en direct
00:43:14sur le site internet
00:43:16du Sénat
00:43:16je cède la parole
00:43:17à notre rapporteur
00:43:18Agnès Sévère
00:43:19je vous remercie
00:43:20monsieur le président
00:43:21monsieur le chef
00:43:22de la brigade
00:43:22de la protection
00:43:23des mineurs de Paris
00:43:24monsieur le directeur
00:43:25adjoint de la police judiciaire
00:43:26je vous remercie
00:43:27de vous être rendu disponible
00:43:29pour cette audition
00:43:31et sachez
00:43:32qu'elle a lieu
00:43:33dans un moment exceptionnel
00:43:34puisqu'en fait
00:43:35nous sommes en pleine
00:43:36suspension parlementaire
00:43:37et les travaux du Sénat
00:43:38ne reprendront qu'en octobre
00:43:39voilà
00:43:40alors il était indispensable
00:43:43que cette commission
00:43:45puisse vous entendre
00:43:46tant le recueil
00:43:47de la parole
00:43:48des petites victimes
00:43:49est absolument déterminant
00:43:51pour les suites
00:43:53d'une enquête
00:43:53alors d'abord
00:43:55pour commencer
00:43:56je voudrais vous dire
00:43:57tout le respect
00:43:57que j'ai pour le travail
00:43:59des policiers
00:44:00de la brigade
00:44:00de protection des mineurs
00:44:01et je connais bien évidemment
00:44:02la difficulté
00:44:03qui est la vôtre
00:44:05et l'engagement
00:44:06de vos équipes
00:44:07mais
00:44:08hélas
00:44:09depuis le début
00:44:10de nos travaux
00:44:11et j'ai reçu
00:44:11énormément de familles
00:44:13encore une fois
00:44:14je le redis
00:44:14pas seulement de Paris
00:44:15mais venus de toute la France
00:44:17des familles d'enfants
00:44:18victimes
00:44:19et ce qu'elles m'ont dit
00:44:21est assez
00:44:22comment dire
00:44:23décevant
00:44:24je dois le dire
00:44:25parce que
00:44:27elles m'ont fait part
00:44:28de leur désarroi
00:44:29il s'agit quand même
00:44:30de parents d'enfants
00:44:30de 3, 4, 5 ans
00:44:32quand elles ont été
00:44:33auditionnées
00:44:35par la brigade
00:44:35de protection
00:44:36des mineurs
00:44:37alors qu'elles s'attendaient
00:44:38à une prise en charge
00:44:39et un accompagnement
00:44:40elles se sont heurtées
00:44:41à un silence
00:44:43je dois le dire
00:44:44des officiers
00:44:44et si j'ose dire
00:44:46à un manque d'empathie
00:44:47pas une seule famille
00:44:49nous a dit
00:44:49que les choses
00:44:50s'étaient bien passées
00:44:51et pardonner ma franchise
00:44:53mais il y a aussi
00:44:54la colère
00:44:54et l'émotion
00:44:56des parents
00:44:57à l'heure
00:44:57où il y a une forme
00:44:58de défiance
00:44:59vis-à-vis de la justice
00:44:59et la police
00:45:01un peu moins
00:45:02c'est pour ça
00:45:02que je vais vous parler
00:45:03très franchement
00:45:03des parents nous disent
00:45:05avoir attendu
00:45:06des mois
00:45:07avant que leur enfant
00:45:08soit entendu
00:45:09des parents
00:45:10ont eu le sentiment
00:45:10que le témoignage
00:45:11de leur enfant
00:45:12devait s'inscrire
00:45:13dans un planning
00:45:14dans un temps contraint
00:45:1520 minutes parfois
00:45:16seul
00:45:18face à des inconnus
00:45:19on parle d'enfants
00:45:20de 3, 4, 5 ans
00:45:21des parents ressortent
00:45:23sans savoir
00:45:23ce qui va se passer ensuite
00:45:24et surtout des parents
00:45:26nous posent
00:45:27cette question simple
00:45:28mon enfant
00:45:29a-t-il été
00:45:30vraiment entendu
00:45:32et je dois dire
00:45:33que vos propres réponses
00:45:34à notre questionnaire
00:45:35très précises
00:45:36et je vous en remercie
00:45:37m'ont alerté
00:45:38vous écrivez
00:45:39que les services
00:45:40d'investigation
00:45:42dont la brigade
00:45:43de protection des mineurs
00:45:44ne sont pas
00:45:45en capacité
00:45:46de pouvoir traiter
00:45:47avec suffisamment
00:45:48de diligence
00:45:49c'est vous
00:45:50qui l'écrivez
00:45:50les très nombreux dossiers
00:45:52relatifs
00:45:53aux périscolaires
00:45:54dès lors
00:45:55une question se pose
00:45:56quand vous ne pouvez pas
00:45:58traiter suffisamment vite
00:46:00qui en paie le prix
00:46:01de ce retard
00:46:02ce n'est pas l'institution
00:46:03ce sont les enfants
00:46:04traumatisés
00:46:05et les parents
00:46:06dont la vie
00:46:07est brisée
00:46:09car en matière
00:46:10de violences sexuelles
00:46:11vous le savez mieux
00:46:12que nous tous
00:46:13le temps
00:46:14n'est jamais neutre
00:46:15il peut rendre
00:46:16la parole
00:46:17plus compliquée
00:46:18imprécise
00:46:19et parfois
00:46:20enfermer même
00:46:21l'enfant
00:46:21dans un silence
00:46:23il y a un autre
00:46:24enjeu majeur
00:46:25celui de la préservation
00:46:26des preuves
00:46:27lorsqu'un animateur
00:46:28est suspendu
00:46:28avant que son téléphone
00:46:29ou son ordinateur
00:46:30ne puissent être saisi
00:46:32comment éviter alors
00:46:34qu'il ait le temps
00:46:35de supprimer
00:46:36des photos
00:46:36ou des fichiers
00:46:37quelles mesures
00:46:38peuvent être prises
00:46:39immédiatement
00:46:41pour préserver
00:46:42ces preuves numériques
00:46:45je voudrais donc
00:46:46comprendre
00:46:46d'abord très concrètement
00:46:47comment vous recueillez
00:46:49la parole
00:46:49des plus jeunes
00:46:50le protocole
00:46:51est-il le même
00:46:52pour un enfant
00:46:53de maternelle
00:46:54que pour un enfant
00:46:55plus âgé
00:46:55comment se déroule
00:46:57une audition
00:46:57la présence
00:46:59d'un avocat
00:46:59d'un psychologue
00:47:00ou d'une personne
00:47:02familière
00:47:02est-elle parfois
00:47:03possible
00:47:04s'agissant maintenant
00:47:06des salles
00:47:06Mélanie
00:47:07vous disposiez
00:47:08de deux salles
00:47:08spécialement aménagées
00:47:10pour recueillir
00:47:10la parole
00:47:11des enfants
00:47:11aujourd'hui
00:47:12et vous le précisez
00:47:13dans votre réponse
00:47:14au questionnaire
00:47:15une seule
00:47:16est utilisée
00:47:16la seconde
00:47:18sert de bureau
00:47:18aux enquêteurs
00:47:19venus en renfort
00:47:20et aucun commissariat
00:47:22parisien
00:47:23n'est doté
00:47:23de salles
00:47:24Mélanie
00:47:25il y a trois salles
00:47:26supplémentaires
00:47:26qui doivent ouvrir
00:47:27donc dans les UAPED
00:47:30de Necker
00:47:31Trousseau
00:47:32et Robert Debré
00:47:33et le protocole
00:47:34je crois
00:47:35est toujours
00:47:35en cours de signature
00:47:35il paraît que
00:47:37les salles ont ouvert
00:47:37là aujourd'hui
00:47:38ah aujourd'hui
00:47:39vous voyez
00:47:40vous nous le direz
00:47:41donc vous nous dites
00:47:42qu'une seule salle
00:47:43suffit aujourd'hui
00:47:44aux besoins
00:47:44de la BPM
00:47:45comment cette capacité
00:47:46peut-elle être suffisante
00:47:47alors que vous reconnaissez
00:47:48vous-même
00:47:49que vous ne pouvez pas
00:47:50traiter les dossiers
00:47:51périscolaires
00:47:52avec suffisamment
00:47:53de diligence
00:47:54disposez-vous
00:47:54aujourd'hui
00:47:55des moyens
00:47:55et humains
00:47:56financiers
00:47:57nécessaires
00:47:57autre sujet majeur
00:47:59vous reconnaissez
00:48:00qu'il n'existe
00:48:00aucune procédure
00:48:01systématique
00:48:02d'information
00:48:04on en a parlé
00:48:05tout à l'heure
00:48:06de l'ensemble
00:48:06des employeurs
00:48:07ou anciens employeurs
00:48:08d'une personne
00:48:08soupçonnée
00:48:08de violences
00:48:09sur mineurs
00:48:09autrement dit
00:48:10une personne
00:48:11peut être mise en cause
00:48:12dans une structure
00:48:13accueillant des enfants
00:48:13sans qu'il existe
00:48:15automatiquement
00:48:15de mécanisme
00:48:16permettant
00:48:17de vérifier
00:48:17tous les autres lieux
00:48:18où elle a travaillé
00:48:19ou travaille encore
00:48:20c'est évidemment
00:48:21un trou majeur
00:48:22dans la raquette
00:48:23pour notre chaîne
00:48:24de protection
00:48:25enfin
00:48:26vos réponses
00:48:27dressent un constat
00:48:28très sévère
00:48:29du fonctionnement
00:48:30actuel du système
00:48:31et ça a été dit
00:48:32tout à l'heure
00:48:33par ma collègue
00:48:33Lord Arcos
00:48:34vous parlez d'acteurs
00:48:35qui travaillent
00:48:35en tuyaux d'orgue
00:48:37d'enfants obligés
00:48:39de répéter
00:48:39plusieurs fois
00:48:40ce qu'ils ont subi
00:48:41et vous employez
00:48:42vous-même
00:48:42l'expression
00:48:43de victimisation secondaire
00:48:44dont nous a parlé
00:48:45d'ailleurs
00:48:45la procureure
00:48:45de la République
00:48:46de Paris ce matin
00:48:47notre commission
00:48:48est là
00:48:48pour comprendre
00:48:49précisément
00:48:49ce qui ne fonctionne pas
00:48:51et établir
00:48:52les responsabilités
00:48:53mais surtout
00:48:53des recommandations
00:48:54parce que
00:48:55ce que les parents
00:48:56attendent
00:48:56ce sont des recommandations
00:48:57des solutions
00:48:58pour mettre fin
00:48:59hélas
00:49:00à ces délits
00:49:01et à ces crimes
00:49:02je veux donc vous demander
00:49:03comment la BPM
00:49:04fait concrètement
00:49:05face à l'afflux
00:49:06des affaires périscolaires
00:49:07comment se répartissent
00:49:08les enfants
00:49:08à attendre
00:49:09entre la BPM
00:49:11les UAPED
00:49:11et les commissariats
00:49:12existe-t-il un tri
00:49:14selon la gravité des faits
00:49:15le nombre de victimes
00:49:17l'âge de l'enfant
00:49:18ou les preuves disponibles
00:49:19et surtout
00:49:20des consignes
00:49:20ont-elles été données
00:49:21pour fixer un objectif
00:49:22d'audition rapide
00:49:24des enfants
00:49:25quel est aujourd'hui
00:49:26le délai cible
00:49:27car il n'existe
00:49:28aucun délai
00:49:29comment
00:49:30s'il n'existe aucun délai
00:49:32comment garantir
00:49:32en fait
00:49:33qu'un enfant
00:49:34de 4 ou 5 ans
00:49:35ne devra pas attendre
00:49:36plusieurs semaines
00:49:37comme je vous l'ai dit
00:49:37avant d'être entendu
00:49:39je vous remercie
00:49:40et je compte évidemment
00:49:41sur votre franchise
00:49:42les familles
00:49:43qui nous écoutent
00:49:44attendent
00:49:45des réponses
00:49:49merci
00:49:50merci madame la rapporteure
00:49:50pour ces très nombreuses questions
00:49:52on va essayer
00:49:52d'apporter des réponses
00:49:53à l'ensemble
00:49:56de ces questionnements
00:49:58bien compréhensibles
00:50:00tout d'abord
00:50:01comme vous
00:50:01je voudrais rendre hommage
00:50:02aux enquêteurs
00:50:04de la BPM
00:50:04alors la BPM
00:50:06c'est une des brigades
00:50:08des mineurs
00:50:08de France
00:50:09c'est pas
00:50:09certainement pas
00:50:10toute la France
00:50:10elle travaille
00:50:11sur Paris
00:50:12essentiellement
00:50:13elle peut être compétente
00:50:14également sur les trois départements
00:50:15de la Petite Couronne
00:50:16mais en Petite Couronne
00:50:17il y a des sûretés départementales
00:50:18qui traitent
00:50:20des affaires
00:50:21de mineurs
00:50:22et puis
00:50:22elle a les pouvoirs
00:50:23comme tous les OPJ
00:50:25ils peuvent travailler
00:50:25dans toute la France aussi
00:50:26sur délégation de pouvoir
00:50:27des juges d'instruction
00:50:29ou des procureurs
00:50:31mais donc
00:50:31nous
00:50:32la brigade de protection
00:50:34des mineurs
00:50:35elle a un quasi-monopole
00:50:37sur Paris
00:50:37les commissariats
00:50:39de police
00:50:39prenant quand même
00:50:40quelques affaires
00:50:42enfin des affaires
00:50:43ayant trait
00:50:46aux mineurs
00:50:46victimes
00:50:47notamment
00:50:48en intrafamilial
00:50:49ou les affaires
00:50:51de raquettes
00:50:52de harcèlement
00:50:53à l'école
00:50:55etc.
00:50:55qui peuvent parfois
00:50:56être aussi
00:50:57dans le champ
00:50:58du périscolaire
00:50:59ce qui fait que
00:50:59quand on regarde
00:51:01les chiffres
00:51:01qui vous sont annoncés
00:51:02sur le nombre d'affaires
00:51:04on a
00:51:05toutes ces affaires-là
00:51:06ne sont pas
00:51:06à la brigade
00:51:06de protection des mineurs
00:51:08voilà
00:51:10alors vos questions
00:51:11elles tournent
00:51:13beaucoup
00:51:13effectivement
00:51:14sur le recueil
00:51:15de la parole
00:51:15de l'enfant
00:51:16c'est un élément
00:51:17primordial
00:51:18dans ces affaires
00:51:20puisque
00:51:20bien souvent
00:51:21comme l'a dit
00:51:22monsieur le vice-président
00:51:23on va se retrouver
00:51:23avec la parole
00:51:24de l'un
00:51:24contre la parole
00:51:25de l'autre
00:51:25donc on n'a pas
00:51:27c'est très difficile
00:51:28d'avoir des éléments
00:51:28de preuves matérielles
00:51:30même si on essaye
00:51:31que les enfants
00:51:33passent le plus rapidement
00:51:34possible
00:51:35devant un médecin
00:51:36des UMJ
00:51:37pour qu'il y ait
00:51:38des constatations
00:51:39de fait
00:51:39mais bien souvent
00:51:40ces constatations
00:51:41elles ne sont pas
00:51:41complètement éclairantes
00:51:42sur ce qui a pu
00:51:44se passer
00:51:44ou ne pas se passer
00:51:48les auditions
00:51:48donc elles doivent être
00:51:50planifiées
00:51:50quand même
00:51:50avec les parents
00:51:51ça se fait sur rendez-vous
00:51:53il faut que les parents
00:51:54soient disponibles
00:51:56ils ne le sont pas
00:51:57tout le temps
00:51:59quelquefois
00:52:00ils ont déposé plainte
00:52:00et ils ne comprennent pas
00:52:01pourquoi ils doivent revenir
00:52:02devant la brigade
00:52:03de protection des mineurs
00:52:04donc il faut leur expliquer
00:52:05donc effectivement
00:52:06il y a un planning
00:52:07qui est fait
00:52:10les enquêteurs
00:52:10on en a suffisamment
00:52:12de formés
00:52:13ce n'est pas un manque
00:52:14d'enquêteurs
00:52:14formés
00:52:16aux éditions
00:52:17niches
00:52:18qui nous posent problème
00:52:19c'est aussi le fait
00:52:20qu'il faut prévoir
00:52:21un expert
00:52:22ensuite pour voir l'enfant
00:52:23qu'il faut que la psychologue
00:52:24soit aussi disponible
00:52:25pour voir l'enfant
00:52:27et puis ces auditions là
00:52:29elles sont extrêmement lourdes
00:52:31parce que là
00:52:32quand vous me dites
00:52:32que les enfants
00:52:33ont été entendus
00:52:3320 minutes
00:52:34je ne peux pas le croire
00:52:35ce n'est pas en audition
00:52:35de niches
00:52:36c'est peut-être
00:52:38un recueil
00:52:39de témoignages
00:52:40lambda
00:52:41mais à la brigade
00:52:43des mineurs
00:52:43aucun enfant
00:52:44n'a été entendu
00:52:4520 minutes
00:52:48ça me paraît
00:52:49en audition
00:52:50c'est systématique
00:52:51c'est à dire
00:52:52qu'on nous dit tous
00:52:53on est enfermé
00:52:53dans un créneau
00:52:54on nous dit
00:52:55comment est-ce que l'enfant
00:52:56peut libérer sa parole
00:52:57si on sent que tout
00:52:59est minuté
00:52:59alors tout n'est pas
00:53:00une minuté
00:53:00alors déjà
00:53:01il y a tout un processus
00:53:02pour accueillir la famille
00:53:03il y a tellement d'affaires
00:53:04que sans doute
00:53:05forcément
00:53:06il y a un tel
00:53:07non mais on a
00:53:08on a le temps
00:53:09quand le mineur est là
00:53:10on a le temps pour
00:53:11je vous assure
00:53:11que ce n'est pas du tout
00:53:12les témoignages
00:53:12et je vous les enverrai
00:53:14les témoignages écrits
00:53:15on les a
00:53:15je vous les envoie
00:53:16oui mais je vous crois
00:53:17je vous crois
00:53:18mais
00:53:20est-ce que c'est nos affaires
00:53:21est-ce que c'est les affaires
00:53:22dont on parle là
00:53:23est-ce que c'est les mineurs
00:53:24victimes dont on parle
00:53:26oui
00:53:27on parle du périscolaire
00:53:28on n'est que dans le cadre
00:53:29périscolaire
00:53:31tout à fait
00:53:32effectivement
00:53:34il faut voir
00:53:35par rapport
00:53:36à l'audition des mineurs
00:53:37une spécificité
00:53:38surtout quand on parle
00:53:39de mineurs
00:53:40qui sont très jeunes
00:53:41comme c'est le cas
00:53:42souvent dans le cadre
00:53:42du périscolaire
00:53:43alors déjà
00:53:44juste au préalable
00:53:45je voulais vraiment
00:53:46tirer l'attention
00:53:47sur le fait
00:53:48que les enquêteurs
00:53:49qui viennent
00:53:49à la brigade de protection
00:53:50des mineurs
00:53:51ne viennent jamais
00:53:52là par hasard
00:53:52ils sont tous
00:53:53pleinement investis
00:53:55et sur la question
00:53:56des mineurs
00:53:57et ils ont tous
00:53:58une écoute
00:53:58très attentive
00:54:00de ceci
00:54:00après
00:54:01et je comprends
00:54:02aussi
00:54:02tout à fait
00:54:04les demandes
00:54:05et les questionnements
00:54:05des parents
00:54:06puisque venir
00:54:07à la brigade
00:54:07des protections
00:54:08des mineurs
00:54:08au delà
00:54:09finalement
00:54:10de ce qui se passe
00:54:11est un traumatisme
00:54:14est difficile
00:54:15mais l'audition
00:54:16des mineurs
00:54:17est très spécifique
00:54:18c'est à dire
00:54:18qu'on a le temps
00:54:19de l'audition
00:54:20en tant que telle
00:54:21qui peut être
00:54:21extrêmement courte
00:54:23notamment si
00:54:24le mineur
00:54:25ne veut pas parler
00:54:26ne souhaite pas
00:54:27ou n'est pas à l'aise
00:54:28etc
00:54:28mais en fait
00:54:29le protocole
00:54:30NICHT
00:54:31qui est le protocole
00:54:32spécifique
00:54:32pour l'audition
00:54:33des enfants
00:54:34entre 2 et 12 ans
00:54:37intègre beaucoup plus
00:54:38que l'audition
00:54:39elle est beaucoup plus large
00:54:42dans le cadre
00:54:43d'un majeur
00:54:44on va voir
00:54:45le temps
00:54:46on arrive
00:54:46on prend une plainte
00:54:47et c'est finalement
00:54:50l'ensemble
00:54:50de la composante
00:54:50pour le protocole
00:54:52NICHT
00:54:52en fait
00:54:52il y a
00:54:53l'audition
00:54:54quelque part
00:54:55commence avant même
00:54:56l'audition
00:54:57en tant que telle
00:54:57dans la salle
00:54:58Mélanie
00:54:59juste sur le cheminement
00:55:01un enfant
00:55:02il va falloir
00:55:03avoir
00:55:04bénéficié
00:55:05de sa confiance
00:55:05de façon à ce qu'il puisse
00:55:07parler
00:55:07et bien entendu
00:55:08ce n'est pas comme un adulte
00:55:10qui va se retrouver
00:55:11directement devant un policier
00:55:12et il va
00:55:13tout de suite
00:55:14donner les informations
00:55:15là on est
00:55:16dans le cadre
00:55:17je dirais
00:55:18si je peux me permettre
00:55:18très loin
00:55:19de la plainte en ligne
00:55:20ou de la plainte
00:55:21sur rendez-vous
00:55:21des commissariats
00:55:23qu'on peut connaître
00:55:24pour les majeurs
00:55:25ici
00:55:26l'enfant arrive
00:55:27avec ses parents
00:55:28il est accueilli
00:55:29dans une salle
00:55:30qui est une salle
00:55:31où il y a des jouets
00:55:32où il peut être à l'aise
00:55:34et ensuite
00:55:35il va être pris en charge
00:55:36par un enquêteur
00:55:37qui va en fait
00:55:38lui faire faire le tour
00:55:40du service
00:55:41qui va discuter
00:55:42avec lui
00:55:43et déjà
00:55:43finalement
00:55:44on est
00:55:45pour créer un lien
00:55:47et en fait
00:55:48on est déjà
00:55:48dans le cadre
00:55:49de la préaudition
00:55:50parce que le protocole niche
00:55:51ce n'est pas
00:55:52l'audition
00:55:52en tant que tel
00:55:53c'est aussi
00:55:54le non-dit
00:55:55c'est le non-verbal
00:55:57et c'est toute
00:55:59cette appréhension
00:55:59c'est-à-dire
00:56:00dans cette phase
00:56:01où on va finalement
00:56:02quelque part
00:56:03de l'extérieur
00:56:03où on a l'impression
00:56:04qu'on se promène
00:56:04dans le service
00:56:06à regarder des images
00:56:08des photos
00:56:09de la petite sirène
00:56:10ou d'autres images
00:56:10Disney
00:56:11non ça va
00:56:11beaucoup plus loin
00:56:12c'est-à-dire
00:56:13qu'on va essayer
00:56:13de voir
00:56:14sur le mineur
00:56:16comment il analyse
00:56:17sa mémoire
00:56:18comment il parle
00:56:18du détail
00:56:19comment il se comporte
00:56:20dans la temporalité
00:56:22c'est-à-dire
00:56:23et ça
00:56:24bien entendu
00:56:24ça ne se voit pas
00:56:25et ça
00:56:26ne se ressent pas
00:56:28non plus
00:56:28peut-être
00:56:29de la part
00:56:31des parents
00:56:32et ensuite
00:56:33finalement
00:56:34après tout ce cheminement
00:56:35on va lui montrer
00:56:36et quand le lien
00:56:37l'enquêteur voit
00:56:38que le lien
00:56:39s'est installé
00:56:41et qu'on peut aller
00:56:41à l'audition
00:56:42on va aller
00:56:43sur
00:56:44l'audition telle qu'elle
00:56:46l'accompagnement
00:56:46en salle
00:56:47Mélanie
00:56:48et là effectivement
00:56:49l'audition
00:56:50peut aller
00:56:52très vite
00:56:53parce qu'il n'y a
00:56:54pas de grand chose
00:56:55et surtout
00:56:56parce qu'un enfant
00:56:58c'est surtout jeune
00:57:00c'est une capacité
00:57:01de concentration
00:57:02extrêmement faible
00:57:04extrêmement rapide
00:57:07là quand il se promène
00:57:08tout se passe
00:57:09tout se passe bien
00:57:10mais quand on rentre
00:57:11dans la salle
00:57:12Mélanie
00:57:12on va lui présenter
00:57:13la salle
00:57:13et là il va se rendre compte
00:57:15bien évidemment
00:57:15même si la salle
00:57:16est adaptée
00:57:17que le moment
00:57:19est particulier
00:57:21et il est très jeune
00:57:22il évite
00:57:23alors la salle
00:57:23est aménagée
00:57:24pour éviter
00:57:24qu'il se déconcentre
00:57:25mais
00:57:25pardon
00:57:26il est seul
00:57:27c'est à dire
00:57:27qu'il est seul
00:57:28quand même
00:57:28face à un inconnu
00:57:29est-ce que c'est
00:57:30c'est inenvisageable
00:57:31d'avoir un parent
00:57:32pourriez-vous nous expliquer
00:57:33pourquoi
00:57:33oui
00:57:34alors ça je peux aussi
00:57:35vous expliquer
00:57:36mais en tout cas
00:57:36je voulais revenir aussi
00:57:37sur le fait
00:57:38que parfois
00:57:39peut-être ressenti
00:57:40le fait que l'audition
00:57:41en tant que telle
00:57:41en tout cas
00:57:42comme on la voit
00:57:42peut-être extrêmement courte
00:57:44sur le fait
00:57:45d'être seul
00:57:46en fait
00:57:47on part
00:57:48sur
00:57:49notre protocole
00:57:50donc le protocole
00:57:51NICHT
00:57:52qui est pour nous
00:57:53la référence
00:57:54et qui effectivement
00:57:55préconise
00:57:57le fait
00:57:57que l'enfant
00:57:58se retrouve
00:57:59avec un enquêteur
00:58:01d'où l'importance
00:58:02aussi
00:58:02de cette petite période
00:58:04préalable
00:58:05de rencontre
00:58:06de ce qu'on appelle
00:58:07de mise en confiance
00:58:08parce que
00:58:09en fait
00:58:10ce protocole
00:58:11prévoit
00:58:11que l'enfant
00:58:12doit être
00:58:13il doit y avoir
00:58:14un recueil
00:58:15de la parole
00:58:15mais surtout
00:58:16il doit y avoir
00:58:19l'enfant doit avoir
00:58:20l'impression
00:58:20qu'il peut dire
00:58:21les choses
00:58:22qu'il peut
00:58:23dire les choses
00:58:24avec un parent
00:58:25effectivement
00:58:25ça va être
00:58:26rassurant
00:58:27rassurant
00:58:27pour l'enfant
00:58:29mais rassurant
00:58:30aussi
00:58:31bien évidemment
00:58:31pour les parents
00:58:32mais
00:58:33avec son parent
00:58:34il y a un risque
00:58:36de compromettre
00:58:37aussi le recueil
00:58:37le recueil
00:58:39de la parole
00:58:40de l'enfant
00:58:41c'est aussi
00:58:42le recueil
00:58:43objectif
00:58:44et direct
00:58:45de la parole
00:58:45d'un enfant
00:58:46avec son parent
00:58:47il va peut-être
00:58:48pas vouloir
00:58:48il va vouloir
00:58:49faire plaisir
00:58:50peut-être
00:58:51à son
00:58:51à son parent
00:58:53il va pas vouloir
00:58:54le décevoir
00:58:55il va pas vouloir
00:58:56le rendre triste
00:58:57et donc
00:58:58il risque
00:58:59de pouvoir
00:59:01avoir
00:59:01une audition
00:59:02qui ne sera pas
00:59:03une audition
00:59:04on va dire
00:59:06objective
00:59:07des choses
00:59:07c'est pour ça
00:59:08en fait
00:59:08qu'ils ne sont pas
00:59:09présents
00:59:10mais par contre
00:59:11on les tient
00:59:11aussi à former
00:59:12des choses
00:59:12mais en tout cas
00:59:13c'est le protocole
00:59:15qui prévoit
00:59:16cette audition
00:59:17de 12 ans
00:59:18globalement
00:59:19et qui préconise
00:59:20le fait
00:59:20que le parent
00:59:22et que
00:59:24le entretien
00:59:25se fasse uniquement
00:59:25entre l'enquêteur
00:59:26et l'enfant
00:59:28après il y a un temps
00:59:29aussi avec les parents
00:59:29après l'audition
00:59:30l'enquêteur
00:59:32explique aux parents
00:59:33comment ça s'est passé
00:59:35ce qu'a pu dire
00:59:36ou ne pas dire
00:59:37l'enfant
00:59:37ce qu'a pu être compris
00:59:39ou pas bien compris
00:59:41et c'est là
00:59:41où effectivement
00:59:43quelquefois
00:59:43les parents
00:59:44reçoivent mal
00:59:45ce message
00:59:45parce que
00:59:46quelquefois
00:59:46l'enquêteur
00:59:47n'arrive pas
00:59:48soit à faire parler
00:59:49l'enfant
00:59:49soit à lui faire dire
00:59:51la même chose
00:59:51que ce qu'il a dit
00:59:52à ses parents
00:59:52donc quand il y a
00:59:53un écart entre les deux
00:59:54c'est compliqué
00:59:55pour les parents
00:59:57à entendre
00:59:58et ça
00:59:58on le comprend bien
00:59:59et les enquêteurs
01:00:00le comprennent bien
01:00:01ils essayent
01:00:01de déraisonner
01:00:03mais nous derrière
01:00:04on est quand même
01:00:05dans un cadre pénal
01:00:06le but c'est
01:00:07d'emmener
01:00:08les mises en cause
01:00:09enfin s'ils ont
01:00:10commis une infraction
01:00:11de les emmener
01:00:11devant le tribunal
01:00:12voire devant la cour d'assises
01:00:13si le témoignage
01:00:15qui est quand même
01:00:15un élément très important
01:00:16de cette enquête
01:00:18il est fragile
01:00:19parce que
01:00:20on n'a pas respecté
01:00:21le protocole
01:00:22ou on a fait venir
01:00:24les parents
01:00:24ou on a interrompu
01:00:25l'avocat
01:00:26du mis en cause
01:00:27il en fera
01:00:29usage
01:00:29pour fragiliser
01:00:31notre procédure
01:00:35donc c'est en ça
01:00:37que
01:00:38la BPM
01:00:39elle ne fait pas du tout
01:00:40de l'abattage
01:00:40quand vous me disiez
01:00:42ça fait 20 minutes
01:00:42par enfant
01:00:43c'est pas 20 minutes
01:00:44on ne prend pas
01:00:45des rendez-vous
01:00:46toutes les 20 minutes
01:00:46c'est plutôt
01:00:48un ou deux rendez-vous
01:00:49par demi-journée
01:00:50pour un enquêteur
01:00:53les délais sont parfois
01:00:54d'attente
01:00:55avant que l'enfant
01:00:56soit auditionné
01:00:56sont assez longs
01:00:57du coup les parents
01:00:58sont d'autant plus
01:00:59c'est le contraste
01:01:00de la rapidité
01:01:02avec laquelle
01:01:02ils sont ensuite
01:01:03entendus
01:01:04alors ça aussi
01:01:05on essaye de les entendre
01:01:06le plus rapidement possible
01:01:08mais là aussi
01:01:09on a des obstacles
01:01:12alors je dis quelquefois
01:01:13les parents
01:01:14ne sont pas forcément
01:01:15disponibles
01:01:16comme on le souhaiterait
01:01:18quelquefois
01:01:19les témoignages
01:01:21arrivent tellement longtemps
01:01:22après
01:01:25qu'on peut se permettre
01:01:27malheureusement
01:01:27de faire passer
01:01:28d'autres témoignages
01:01:29avant
01:01:29et donc de prendre
01:01:29une ou deux semaines
01:01:30en attendant
01:01:32de pouvoir
01:01:33faire passer cet enfant
01:01:35en protocole
01:01:36NICHT
01:01:36voilà
01:01:37il y a des impondérables
01:01:39alors effectivement
01:01:41il y a parfois
01:01:41des délais
01:01:42et nous sommes les premiers
01:01:44bien entendu
01:01:45à les regretter
01:01:46après
01:01:47c'est vrai
01:01:48que ce protocole
01:01:49est à la fois
01:01:50plutôt performant
01:01:52mais il est
01:01:54globalement chronophage
01:01:55il faut savoir
01:01:56globalement
01:01:56une audition
01:01:57c'est à dire
01:01:58alors l'audition
01:01:58pas en tant que telle
01:02:00c'est à dire
01:02:00on se retrouve
01:02:01dans la salle de Mélanie
01:02:01mais l'avant
01:02:04et l'après
01:02:04ils rompent souvent
01:02:05une heure
01:02:06plus d'une heure
01:02:06il y a la retranscription
01:02:08qui est extrêmement longue
01:02:10puisque la retranscription
01:02:11n'est pas simplement
01:02:12finalement
01:02:13il ne faut pas voir
01:02:14l'enquêteur
01:02:14qui est avec son ordinateur
01:02:15et qui tape
01:02:17tout est enregistré
01:02:18et après
01:02:19il va retranscrire
01:02:20et il va retranscrire
01:02:21le dit et le non dit
01:02:22j'insiste
01:02:23parce que c'est
01:02:24extrêmement
01:02:26lourd
01:02:27compliqué
01:02:29mais ça peut être
01:02:30aussi important
01:02:30et donc
01:02:31lorsqu'on se retrouve
01:02:32sur les dossiers
01:02:33périscolaires
01:02:33qui sont des dossiers
01:02:36où il y a
01:02:37énormément de personnes
01:02:38à auditionner
01:02:39les dossiers
01:02:41parfois
01:02:42d'inceste
01:02:43vont se faire
01:02:43dans le secret
01:02:44du foyer familial
01:02:46dans le dossier
01:02:47périscolaire
01:02:48il y a bien entendu
01:02:49qu'il est périscolaire
01:02:50dit que l'enfant
01:02:51n'est pas seul
01:02:51déjà il peut y avoir
01:02:52une pluralité
01:02:53de victimes
01:02:54mais il y a une pluralité
01:02:55d'acteurs
01:02:56aussi
01:02:57dans un des dossiers
01:02:59qu'on a traité
01:03:01récemment
01:03:02dossier
01:03:02des périscolaires
01:03:03on a entendu
01:03:04pour un seul dossier
01:03:0644 enfants
01:03:08donc
01:03:09nécessairement
01:03:10et encore une fois
01:03:11on le regrette
01:03:11mais c'est vrai
01:03:12que par rapport
01:03:13au temps d'audition
01:03:13au temps de retranscription
01:03:16si les premiers enfants
01:03:17vont passer
01:03:18plus rapidement
01:03:19mais malheureusement
01:03:20quand on arrive
01:03:21sur 44 enfants
01:03:22ils vont arriver
01:03:23les derniers
01:03:23vont sans doute
01:03:24arriver plus longtemps
01:03:25dans le temps
01:03:25ce qui est
01:03:28ce qui est compliqué
01:03:30à entendre
01:03:32mais malheureusement
01:03:32c'est une problématique
01:03:34aussi
01:03:35l'audition
01:03:36j'insiste vraiment
01:03:38l'audition d'un enfant
01:03:39à la brigade
01:03:40des protections
01:03:40des mineurs
01:03:41surtout du jeune enfant
01:03:43est quelque chose
01:03:44de totalement différent
01:03:45de ce que l'on peut voir
01:03:46dans les commissariats
01:03:47où effectivement
01:03:48il y a des plaintes
01:03:50sur rendez-vous
01:03:50il y a des choses
01:03:51là c'est beaucoup
01:03:52plus compliqué
01:03:53et des fois aussi
01:03:54les auditions
01:03:56elles sont reprises
01:03:57c'est à dire
01:03:57qu'on voit
01:03:58que c'est un enfant
01:04:00donc on va
01:04:00ce n'est pas le jour
01:04:01ce n'est pas le moment
01:04:02et si ce n'est pas le moment
01:04:04on ne va pas non plus insister
01:04:07et on va préférer
01:04:09le repousser
01:04:10et donc ça peut repousser
01:04:11aussi d'autant
01:04:12mais la parole
01:04:13d'un mineur
01:04:14est beaucoup plus
01:04:15compliquée
01:04:16bien entendu
01:04:17à prendre
01:04:18que celle
01:04:19d'un adulte
01:04:21sur
01:04:23alors le
01:04:24j'irais le secret
01:04:25de l'enquête
01:04:25parce que nous
01:04:26on est
01:04:26on est soumis
01:04:27au secret
01:04:28de l'enquête
01:04:29j'entends bien
01:04:30qu'on nous fait le reproche
01:04:31de ne pas suffisamment
01:04:32communiquer
01:04:32de ne pas suffisamment
01:04:33informer
01:04:34et les employeurs
01:04:36et les familles
01:04:37et etc
01:04:38du déroulé
01:04:39de la procédure
01:04:40mais ça
01:04:41nous sommes
01:04:42contraints
01:04:43par le code
01:04:43de procédure pénale
01:04:44à respecter
01:04:45le secret
01:04:46de l'enquête
01:04:46donc on peut dire
01:04:47certaines choses
01:04:48mais on ne peut pas dire
01:04:49grand chose
01:04:49ce n'est pas à nous
01:04:51je ne veux pas me défausser
01:04:53mais c'est plutôt au procureur
01:04:54de prendre
01:04:57ces éléments
01:04:58en compte
01:05:00parce que
01:05:02nous
01:05:02si des choses
01:05:03se retrouvent
01:05:04dans la presse
01:05:04si des choses
01:05:05se retrouvent
01:05:06dans les médias
01:05:08ça nous est reproché
01:05:09ça déclenche
01:05:10des enquêtes
01:05:10en interne
01:05:11etc
01:05:11donc évidemment
01:05:13il y a des fuites
01:05:14puisqu'il y a des parents
01:05:16qui se constituent
01:05:16partie civile
01:05:17ou qui ont accès
01:05:18au dossier
01:05:18via leur avocat
01:05:19etc
01:05:19donc il y a
01:05:21tout un tas de choses
01:05:22qui peuvent sortir
01:05:23et des informations
01:05:23circulent
01:05:24mais nous
01:05:25de notre propre chef
01:05:26on ne peut pas
01:05:28comme ça
01:05:28divulguer
01:05:29ce qui se passe
01:05:30dans une enquête
01:05:31ce qu'on souhaite faire
01:05:32et ce qu'on a déjà fait
01:05:35et ce qu'on a pu démontrer
01:05:36ou ne pas démontrer
01:05:46si si
01:05:47non non
01:05:47c'est
01:05:47le fonctionnement
01:05:49en tuyau d'orgue
01:05:49dont vous parliez
01:05:50dans la réponse
01:05:51au questionnaire
01:05:52oui alors
01:05:54c'est vrai que
01:05:55ça vaut pour
01:05:56l'ensemble
01:05:57de la matière
01:05:57de la protection
01:06:00des mineurs
01:06:00c'est pas propre
01:06:01au périscolaire
01:06:02mais c'est vrai que
01:06:03pour les mineurs
01:06:06le sujet
01:06:06il déborde
01:06:07largement
01:06:09celui de la police
01:06:10la police
01:06:11ne peut pas tout
01:06:11et en fait
01:06:13on lui demande
01:06:14beaucoup de choses
01:06:15par moment
01:06:16on se transforme
01:06:17en service
01:06:18d'enquête sociale
01:06:19alors c'est pas
01:06:20pour le périscolaire
01:06:20mais il y a des
01:06:21il y a des enquêtes
01:06:23sur de l'intrafamilial
01:06:24etc
01:06:25où
01:06:27clairement
01:06:27l'infraction
01:06:29elle n'est pas
01:06:29forcément là
01:06:30mais on nous demande
01:06:31quand même
01:06:31de faire des investigations
01:06:33pour savoir
01:06:33si dans la famille
01:06:34tout va bien
01:06:35si les parents
01:06:36s'occupent bien
01:06:37de leurs enfants
01:06:37etc
01:06:38vous voyez
01:06:39je peux pas vous citer
01:06:40d'exemple
01:06:41parce que
01:06:41là encore
01:06:42je suis soumis
01:06:43au secret
01:06:44mais
01:06:46mais on a
01:06:46des cas
01:06:47vraiment typiques
01:06:49et donc là
01:06:52on ne sait pas
01:06:53ce que font
01:06:54les services sociaux
01:06:55dans ce domaine là
01:06:57comment ils enquêtent
01:06:58eux sur ces familles
01:06:59et il y a
01:07:01pareil
01:07:02avec les unités
01:07:04alors les UAPED
01:07:04ont signé une convention
01:07:05mais pareil
01:07:06pendant longtemps
01:07:07les services
01:07:09des urgences
01:07:11ou des hôpitaux
01:07:11travaillaient dans leur domaine
01:07:13nous signalaient pas forcément
01:07:14les choses
01:07:14bon maintenant
01:07:15ça a fortement
01:07:19changé
01:07:19mais
01:07:20mais il reste encore
01:07:21je pense pas mal
01:07:21de choses à faire
01:07:23et c'était effectivement
01:07:24une des pistes
01:07:26qu'on vous soumettait
01:07:27de regrouper
01:07:28dans des
01:07:29dans une unité commune
01:07:31les services
01:07:32qui s'occupent
01:07:32de l'enfance
01:07:34c'est un vieux
01:07:35un vœu pieux peut-être
01:07:36mais
01:07:37je pense qu'il y aurait
01:07:38un meilleur échange
01:07:39d'informations
01:07:39et plus d'efficacité
01:07:41puisqu'on ne ferait pas
01:07:41les enquêtes en double
01:07:42ou au moins
01:07:43il y aura un partage
01:07:44d'informations
01:07:44qui ferait qu'on avancerait
01:07:46plus vite
01:07:52Merci beaucoup
01:07:53j'avais deux questions
01:07:55d'abord je rebondis
01:07:56sur ce que vous venez
01:07:57de dire à l'instant
01:07:58sur le fonctionnement
01:08:00du tuyau d'orgue
01:08:01en l'élargissant
01:08:02à l'ensemble
01:08:02de vos missions
01:08:04en disant
01:08:05je vous cite
01:08:06on ne sait pas
01:08:07ce que font
01:08:07les services sociaux
01:08:10qu'est-ce qui manque
01:08:12pardon de vous le dire
01:08:13comme ça
01:08:13mais qu'est-ce qui manque
01:08:14pour que vous ayez
01:08:15les uns et les autres
01:08:16des informations
01:08:16qui soient partagées
01:08:19parce que
01:08:20la BPM existe
01:08:22depuis longtemps
01:08:22les services sociaux
01:08:23de la ville de Paris
01:08:24aussi
01:08:24et il y a des modalités
01:08:27de partage d'informations
01:08:28y compris individuelles
01:08:30est-ce que c'est
01:08:31un point spécifique
01:08:33parce que nouveau
01:08:34parce que confronté
01:08:35à une inflation
01:08:36de plainte
01:08:37mais j'avoue
01:08:38que j'ai trouvé
01:08:38ce propos
01:08:39en tout cas
01:08:42perturbant
01:08:43en 2026
01:08:44je termine
01:08:44j'ai une deuxième question
01:08:46la procureure de Paris
01:08:47nous disait
01:08:48qu'il y avait
01:08:482900
01:08:49c'est ça le chiffre
01:08:50qu'elle nous a donné
01:08:51de plainte
01:08:52de plainte
01:08:552900
01:08:57signalement
01:08:57pardon
01:08:58merci
01:08:59pour
01:09:00inflation
01:09:01sexuelle
01:09:02envers
01:09:02des mineurs
01:09:03ces signalements
01:09:04j'imagine
01:09:06d'après l'organisation
01:09:07que vous nous avez décrite
01:09:07arrivent majoritairement
01:09:10en traitement
01:09:11à la brigade
01:09:11de protection
01:09:12des mineurs
01:09:12comment est-ce que
01:09:13vous établissez
01:09:14des priorités
01:09:16est-ce qu'il y a
01:09:17des critères
01:09:18est-ce qu'il y a
01:09:19des sujets
01:09:20est-ce qu'il y a
01:09:20des questions
01:09:22de temporalité
01:09:23qui vous permettent
01:09:24d'établir
01:09:24des priorités
01:09:26permettant
01:09:27ensuite
01:09:27de dérouler
01:09:28ce que
01:09:29notre collègue
01:09:30rapporteur
01:09:31déroulait
01:09:31en termes
01:09:32d'enquête
01:09:36pour la question
01:09:37des échanges
01:09:38avec les services sociaux
01:09:40effectivement il y a
01:09:40des échanges
01:09:41mais il y a une multitude
01:09:42de services sociaux
01:09:42il y a une multitude
01:09:43d'antennes
01:09:43il y a une multitude
01:09:44d'intervenants
01:09:45et là c'est compliqué
01:09:46pour les enquêteurs
01:09:47de refaire une enquête
01:09:48pour savoir
01:09:49qui s'occupe de quoi
01:09:49et qui a quoi
01:09:50comme information
01:09:51et ce qui est fait
01:09:52derrière
01:09:52comment
01:09:55je sais très spontanément
01:09:56en disant
01:09:57il suffit de demander
01:09:57et la réponse
01:09:58est fournie
01:09:59de qui s'en occupe
01:10:01et de quel service
01:10:02s'en occupe
01:10:03oui ben il suffit
01:10:03de demander
01:10:04sauf qu'il suffit
01:10:04de demander
01:10:05quand vous avez
01:10:05comme vous dites
01:10:061900 dossiers
01:10:08en cours
01:10:10ben non mais
01:10:10oui bien sûr
01:10:11il suffit de demander
01:10:12on peut demander
01:10:12mais si vous voulez
01:10:13s'il y avait
01:10:14des échanges plus réguliers
01:10:16déjà ce serait pas
01:10:17à l'initiative
01:10:18du policier
01:10:19ce serait peut-être
01:10:20voilà à l'initiative
01:10:21des services sociaux
01:10:22aussi
01:10:22ça peut être
01:10:23dans les deux sens
01:10:25voilà c'est en ça
01:10:26où on manque
01:10:27d'échange
01:10:28évidemment que
01:10:29en plus les services sociaux
01:10:30ne répondent pas forcément
01:10:31parce qu'ils aussi
01:10:31sont soumis
01:10:32à des contraintes
01:10:33etc
01:10:34mais je pense
01:10:35qu'il y aurait
01:10:37matière quand même
01:10:38à améliorer
01:10:38les choses
01:10:39voilà
01:10:42je rebondis
01:10:43sur ce que vous dites
01:10:44ça sous-entend
01:10:45que la brigade
01:10:46des protections
01:10:47des mineurs
01:10:47dans le cadre
01:10:48de ces investigations
01:10:50découvre peut-être
01:10:51au fur et à mesure
01:10:52qu'il y a une enquête
01:10:52en lien avec
01:10:53les services sociaux
01:10:54et donc se tourne
01:10:55et ça peut être compliqué
01:10:57vers les services sociaux
01:10:58pour avoir des infos
01:10:58les services sociaux
01:11:00sont informés
01:11:00comment eux
01:11:01du fait que
01:11:02la brigade des mineurs
01:11:04est en charge
01:11:05d'une investigation
01:11:06pour pouvoir
01:11:07se tourner vers vous
01:11:08alors là
01:11:09juste
01:11:09on dépasse le cadre
01:11:11du périscolaire
01:11:12on est d'accord
01:11:12ces remarques là
01:11:14parce que les services sociaux
01:11:16dans le périscolaire
01:11:17c'est pas
01:11:17leur coeur de métier
01:11:19alors comment
01:11:20ils sont
01:11:26oui bah ils sont
01:11:29au cours de leur enquête
01:11:31ils cherchent des informations
01:11:32alors juste
01:11:34effectivement
01:11:34sur la question
01:11:35des liens
01:11:36avec les services sociaux
01:11:37c'est une problématique
01:11:39qu'on n'a pas
01:11:40franchement
01:11:41sur le périscolaire
01:11:43non
01:11:43on n'est pas
01:11:44on n'est pas
01:11:44dans une problématique
01:11:45puisque
01:11:45les services sociaux
01:11:46vont justement
01:11:47s'intéresser plutôt
01:11:48à ce qui se passe
01:11:49dans le domaine
01:11:50de la famille
01:11:53de ce qui se passe
01:11:54dans l'appartement
01:11:55donc sur la question
01:11:56du périscolaire
01:11:56on n'est
01:11:57pas dans ce domaine là
01:11:59après sur la question
01:12:00juste
01:12:00effectivement peut-être
01:12:02des tuyaux d'orgue
01:12:04et le lien
01:12:04avec
01:12:06avec
01:12:06le périscolaire pur
01:12:08c'est que
01:12:09on remarque des fois
01:12:10avant que le dossier
01:12:11nous arrive
01:12:12c'est qu'il y a eu
01:12:12des acteurs différents
01:12:14que ce soit
01:12:15éducation nationale
01:12:16ou autre
01:12:16qui ont tendance
01:12:18à entendre
01:12:19et ça
01:12:20là c'est une véritable
01:12:21difficulté
01:12:22parce que
01:12:23ce que j'évoquais avant
01:12:24on tend à vouloir
01:12:25et c'est pour ça
01:12:26qu'on n'a pas
01:12:27également
01:12:27pour venir sur
01:12:28une question
01:12:29madame la rapporteure
01:12:31on ne prend pas
01:12:32les parents
01:12:32justement parce qu'on
01:12:33souhaite garder
01:12:34la plus pure
01:12:36on va dire
01:12:37la parole
01:12:37de l'enfant
01:12:39et
01:12:39dans ses mots
01:12:40parce que
01:12:41on le voit
01:12:42ça vient perturber
01:12:43cette problématique
01:12:44de tuyaux d'orgue
01:12:45avec des intervenants
01:12:46extérieurs
01:12:47on va voir
01:12:48qu'il y a
01:12:48un langage
01:12:49qui n'est pas
01:12:50le langage
01:12:51d'un enfant
01:12:51qui arrive chez nous
01:12:53des explications
01:12:54qui ne sont pas
01:12:55le langage d'un enfant
01:12:55et là pour le coup
01:12:56ça perturbe l'enquête
01:12:57donc c'est par rapport
01:12:58à cet aspect là
01:12:59où des fois
01:13:00ça se fait justement
01:13:01de la victimisation secondaire
01:13:02c'est à dire
01:13:03quand l'enfant
01:13:03revit le traumatisme
01:13:05plus il est entendu
01:13:06par des acteurs différents
01:13:07plus il revit le traumatisme
01:13:08et que forcément
01:13:09ensuite dans le recueil
01:13:10de la parole
01:13:11ça peut en effet
01:13:11fragiliser la preuve pénale
01:13:13tout repose sur la preuve
01:13:15effectivement
01:13:16il y a une double problématique
01:13:17il y a une problématique
01:13:18juridique
01:13:19parce que
01:13:20dans nos affaires
01:13:21ça va être
01:13:22comme beaucoup
01:13:23dans les affaires
01:13:23caractère sexuel
01:13:24ça va être la parole
01:13:25de l'un
01:13:25la parole de l'autre
01:13:26donc le témoignage
01:13:27est important
01:13:27et la pureté
01:13:29on va dire
01:13:29du témoignage
01:13:30de l'enfant
01:13:31est important
01:13:32dans ces mots
01:13:34et ensuite
01:13:35il y a le côté
01:13:37humain
01:13:37où l'enfant
01:13:39va dire les choses
01:13:40plusieurs fois
01:13:41donc ça a modifié
01:13:42son discours
01:13:42et psychologiquement
01:13:43effectivement
01:13:44ça va être compliqué
01:13:44et on a vu
01:13:45effectivement
01:13:46il y a des dossiers
01:13:47de périscolaire
01:13:47où il y a eu
01:13:49des auditions
01:13:50enfin
01:13:50pas policières
01:13:52qui ont été réalisées
01:13:53avec des interlocuteurs
01:13:55qui vont essayer
01:13:56de comprendre la situation
01:13:57qui vont essayer
01:13:59de voir
01:14:00ce qui s'est passé
01:14:01alors que là
01:14:02on est dans le cadre
01:14:03de l'enquête pénale
01:14:03et donc
01:14:05il est important
01:14:05d'éviter justement
01:14:06ce filet d'orgue
01:14:07et que ça arrive
01:14:08finalement
01:14:10chez nous
01:14:10directement
01:14:11et qu'on puisse
01:14:12les entendre
01:14:12dans le propos
01:14:13pour sauvegarder la preuve
01:14:14et également
01:14:15le traumatisme
01:14:16d'être entendu
01:14:17plusieurs fois
01:14:17sur les faits
01:14:19la parole
01:14:20c'est quand même
01:14:20très très très violent
01:14:21pour un enfant
01:14:22d'être entendu
01:14:23dans un commissariat
01:14:24de police
01:14:24avec des policiers
01:14:25en uniforme
01:14:27des parents
01:14:28m'ont dit
01:14:28que l'enfant
01:14:29avait l'impression
01:14:30comme il était
01:14:31face à un policier
01:14:32d'être puni
01:14:32et que donc forcément
01:14:33il s'enferme
01:14:34dans le silence
01:14:35c'est pour ça
01:14:36les conditions
01:14:36en fait
01:14:37de recueil
01:14:37de la parole
01:14:38sont absolument
01:14:39essentielles
01:14:39en fonction
01:14:40de l'enfant
01:14:40qui parle
01:14:41devant une UAPD
01:14:42ou devant un psy
01:14:43devant un médecin
01:14:44ou devant la brigade
01:14:45de protection
01:14:45des mineurs
01:14:46que vaut justement
01:14:48je poser la question
01:14:48du poids
01:14:49de la parole
01:14:50en fonction
01:14:51des interlocuteurs
01:14:52en fait
01:14:52quelle est celle
01:14:53qui a le plus
01:14:54d'importance
01:14:55de valeur
01:14:55pour la preuve pénale
01:14:59c'est l'onission
01:15:00NICHT
01:15:00qui a le plus
01:15:01de valeur
01:15:02pour les enfants
01:15:03parce que
01:15:04NICHT
01:15:04elle va jusqu'à
01:15:0512 ans
01:15:0513 ans
01:15:05mais c'est pas
01:15:06voilà
01:15:06mais c'est
01:15:09celle-là
01:15:09qui a le plus
01:15:10de poids
01:15:10là les enquêteurs
01:15:11sont en civil
01:15:12la brigade des mineurs
01:15:14c'est 80%
01:15:15de femmes
01:15:16pour 20%
01:15:17d'hommes
01:15:17donc c'est
01:15:19voilà
01:15:19on est dans des
01:15:20dans un contexte
01:15:22qui est plutôt favorable
01:15:23je pense
01:15:23à libérer
01:15:25la parole
01:15:25de l'enfant
01:15:26mais
01:15:29si je peux me permettre
01:15:30c'est
01:15:30demander la parole
01:15:32la prise de parole
01:15:33la plus importante
01:15:33pour moi
01:15:34c'est celle
01:15:35qui donnera
01:15:35au juge
01:15:36finalement
01:15:37parce que le but
01:15:38d'une affaire pénale
01:15:38c'est d'arriver
01:15:39finalement en justice
01:15:40et que ça puisse être tranché
01:15:41c'est de l'audition
01:15:42qui semblera
01:15:43la plus naturelle
01:15:45la moins finalement
01:15:45compromise
01:15:47et
01:15:48on va dire
01:15:49qu'à la BPM
01:15:50il y a
01:15:51une technicité
01:15:52une expérience
01:15:52à pouvoir
01:15:53auditionner
01:15:55on a des fois
01:15:56des auditions
01:15:57qu'on nous amène
01:15:58des pré
01:15:59on va dire
01:15:59des pré-auditions
01:16:00des pré-rapports
01:16:01qui sont faits
01:16:03d'une façon
01:16:06qu'on pense bien
01:16:07pour l'enfant
01:16:08mais malheureusement
01:16:09qui ne sont pas
01:16:10adaptés
01:16:10à celui-ci
01:16:12on a des questions
01:16:13on a des fois
01:16:14des questions
01:16:16ouvertes
01:16:17et les questions ouvertes
01:16:19c'est aux antipodes
01:16:20de notre technique
01:16:21nous on pose
01:16:22les questions fermées
01:16:24les questions fermées
01:16:25c'est aux antipodes
01:16:25de notre technique
01:16:26nous on pose
01:16:26des questions ouvertes
01:16:27justement pour éviter
01:16:28le côté
01:16:31influent
01:16:32on va
01:16:34aussi
01:16:36nos locaux
01:16:36alors on n'a pas
01:16:37de policiers
01:16:38effectivement
01:16:38en tenue
01:16:39on n'est pas
01:16:40on est dans un
01:16:41bâtiment
01:16:42qui est un bâtiment
01:16:43de police
01:16:43mais
01:16:44quand on arrive
01:16:48à la BPM
01:16:49la première chose
01:16:50que l'on voit
01:16:50c'est un mur
01:16:52avec des dessins
01:16:53et la petite sirène
01:16:53on est aussi loin
01:16:56on est loin
01:16:56de l'image
01:16:57on va dire
01:16:58du commissariat
01:17:00avec toute sa
01:17:03rigueur
01:17:04donc
01:17:05on est
01:17:06vraiment
01:17:06sur des personnes
01:17:07qui sont
01:17:09adaptées sur l'audition
01:17:10et qui vont
01:17:10savoir poser question
01:17:12parce qu'effectivement
01:17:12il y a
01:17:13encore une fois
01:17:14je comprends
01:17:15tout à fait
01:17:15que ce soit
01:17:16certains professionnels
01:17:17ou les parents
01:17:18qui veulent comprendre
01:17:19qui veulent savoir
01:17:20ce qui s'est passé
01:17:22ce qui s'est passé
01:17:23à leur enfant
01:17:24mais qui vont
01:17:27malheureusement
01:17:29entendre l'enfant
01:17:30d'une façon
01:17:30qui n'est pas
01:17:31la plus adaptée
01:17:33pour lui
01:17:34et surtout
01:17:34qui est compromettant
01:17:36pour l'enquête
01:17:37parce que
01:17:38le but d'une enquête
01:17:39c'est d'arriver à l'audience
01:17:40et si on pose
01:17:41à un enfant
01:17:41des questions
01:17:42type
01:17:43est-ce que c'est
01:17:43monsieur I
01:17:45est-ce que c'est
01:17:45monsieur X
01:17:46est-ce que c'est toi
01:17:47est-ce qu'il a fait
01:17:48ceci
01:17:50et bien
01:17:50c'est une audition
01:17:52qui risque
01:17:52d'être compromise
01:17:53et vu que
01:17:54dans nos dossiers
01:17:54de violence sexuelle
01:17:56c'est malheureusement
01:17:57souvent la parole
01:17:57de l'un
01:17:57contre la parole
01:17:58de l'autre
01:17:58si la parole
01:17:59de la victime
01:18:01peut apparaître
01:18:02fragile
01:18:03ou en tout cas
01:18:04que la défense
01:18:05souhaite la fragiliser
01:18:07c'est tout
01:18:08qui est compromis
01:18:09c'est pour ça
01:18:09nous notre objectif
01:18:11c'est vraiment
01:18:11d'aller dans le sens
01:18:14d'avoir une procédure
01:18:17la plus neutre
01:18:18et possible
01:18:19et surtout
01:18:20qu'elle soit
01:18:22jugeable
01:18:24on comprend
01:18:25et on reconnait
01:18:27votre professionnalisme
01:18:28et puis la complexité
01:18:30de ce que vous faites
01:18:32mais vous ne pouvez pas
01:18:34non plus entendre
01:18:34ce que la rapporteure
01:18:35a dit tout à l'heure
01:18:36au début
01:18:37de l'audition
01:18:39cette incompréhension
01:18:40des parents
01:18:41ce sentiment
01:18:42de ne pas être accompagné
01:18:43ce sentiment
01:18:43que les choses
01:18:44ne fonctionnent pas
01:18:45et vous essayez
01:18:46de nous dire
01:18:47comment elles fonctionnent
01:18:48et vous nous dites
01:18:50avec un concert professionnel
01:18:52que vous avez le sentiment
01:18:54d'essayer de faire
01:18:54les choses
01:18:54le mieux possible
01:18:55mais pourquoi
01:18:56ce hiatus
01:18:57entre ce qu'on entend
01:18:59et ce que vous nous dites
01:19:00et on prend vos paroles
01:19:02pour celles de professionnels
01:19:04qui
01:19:06donc comment essayer
01:19:07peut-être à ce moment
01:19:07d'améliorer les choses
01:19:08dans cette situation
01:19:09particulière
01:19:11avec une attente
01:19:12de la société
01:19:14qui est en train
01:19:15de changer
01:19:15avec une question
01:19:16qui est en train
01:19:17de se cristalliser
01:19:18et qui donc interroge
01:19:20très certainement
01:19:21vos pratiques professionnelles
01:19:22même si je comprends
01:19:23qu'elles sont aussi
01:19:24parfaitement cadrées
01:19:25on l'a entendu
01:19:25toute la matinée
01:19:26par les procédures
01:19:29en fait c'est extrêmement
01:19:30compliqué
01:19:32notamment
01:19:33pour les affaires
01:19:34de périscolaire
01:19:35parce que
01:19:36c'est ce que je vous disais
01:19:39au début
01:19:41nous on n'arrive pas
01:19:42à démontrer
01:19:42à chaque fois
01:19:44que les enfants
01:19:44sont victimes
01:19:45donc les parents
01:19:46qui ressortent
01:19:48de la BPM
01:19:50et à qui on a dit
01:19:51ben écoutez
01:19:52on n'est pas certain
01:19:53que votre enfant
01:19:54ait été victime
01:19:55ils ont beaucoup
01:19:56de mal à l'entendre
01:19:56mais nous
01:19:57on se doit de leur dire
01:19:59parce que malheureusement
01:20:00on sait que la procédure
01:20:01aura du mal à tenir
01:20:02avec un témoignage
01:20:04qui
01:20:05n'est pas suffisamment
01:20:07probant
01:20:08pour
01:20:09pour le parquet
01:20:11et pour les magistrats
01:20:11qui devront faire ensuite
01:20:12les poursuites
01:20:14donc c'est ça en fait
01:20:15la grosse difficulté
01:20:16alors là
01:20:17on a une psychologue
01:20:19on a différents outils
01:20:21pour accompagner
01:20:22les familles
01:20:24même si en fait
01:20:25ces outils là
01:20:26étaient plus mis en place
01:20:27pour accompagner
01:20:27les enfants
01:20:29réellement victimes
01:20:30dont on voyait vraiment
01:20:31qu'il y avait
01:20:32un traumatisme
01:20:33etc
01:20:33mais il y a
01:20:35il y a des
01:20:36il y a des parents
01:20:37et je
01:20:38je comprends
01:20:41effectivement
01:20:42qu'ils aient du mal
01:20:43à l'admettre
01:20:44mais
01:20:45pour lesquels
01:20:46nous ne pouvons pas
01:20:47démontrer
01:20:48que leur enfant
01:20:48a été
01:20:49a été victime
01:20:51d'attouchements
01:20:52voilà
01:20:52mais c'est pareil
01:20:53pour un adulte
01:20:54quand il se présente
01:20:54en commissariat
01:20:55et que
01:20:56il n'est pas bien reçu
01:20:58parce que
01:20:59l'infraction
01:21:01ne paraît pas constituée
01:21:03est-ce que tout repose
01:21:05sur la parole
01:21:05de l'enfant
01:21:06parce que
01:21:06tous les symptômes
01:21:08nous ont été décrits
01:21:09par les parents
01:21:10ce sont les mêmes
01:21:12un enfant
01:21:12qui change
01:21:13le comportement
01:21:14brutalement
01:21:15refait pipi au lit
01:21:17terreur nocturne
01:21:18humeur instable
01:21:20hurlement
01:21:21devant la porte
01:21:21de l'école
01:21:22le corps de l'enfant
01:21:23parle aussi
01:21:24il y a sa parole
01:21:25qui peut en effet
01:21:26être imprécise
01:21:26mais alors
01:21:27si elle n'est pas
01:21:28corroborée
01:21:29recoupée
01:21:29et précise
01:21:30alors
01:21:32ça aboutit
01:21:33parfois à un classement
01:21:33sans suite
01:21:34mais je pense
01:21:34qu'il faut aussi
01:21:35entendre les parents
01:21:36quand ils disent
01:21:37que l'enfant
01:21:38a subi un traumatisme
01:21:40et que ce traumatisme
01:21:41se voit tout simplement
01:21:42dans son corps
01:21:44alors nous
01:21:45on les entend
01:21:46les parents
01:21:47là dessus
01:21:47après le policier
01:21:49il n'est pas expert
01:21:49c'est pas lui
01:21:50qui va pouvoir dire
01:21:50parce que
01:21:51l'enfant
01:21:52a tel comportement
01:21:54ça veut dire
01:21:55obligatoirement
01:21:55c'est pris en compte
01:21:57il voit des experts
01:21:58ensuite les enfants
01:22:00oui
01:22:01justement
01:22:01c'est pris
01:22:02en compte
01:22:02doublement
01:22:03alors déjà
01:22:03il y a les unités
01:22:04médicaux
01:22:05et les EMJ
01:22:05où là
01:22:06il va y avoir
01:22:07une étude
01:22:07de l'impact psy
01:22:08et de l'impact
01:22:09aussi physique
01:22:10puisqu'on va
01:22:11également
01:22:11les médecins
01:22:12vont chercher
01:22:12s'il y a eu
01:22:15une atteinte
01:22:16alors sur les atteintes
01:22:17sexuelles
01:22:18c'est parfois compliqué
01:22:19l'atteinte
01:22:19c'est
01:22:20les agressions
01:22:21sexuelles
01:22:21déjà ne vont pas
01:22:22se voir
01:22:22physiquement
01:22:25c'est l'essentiel
01:22:26du domaine
01:22:26du périscolaire
01:22:27mais il va y avoir
01:22:28l'élément psychologique
01:22:29qui va être pris en compte
01:22:30et c'est pour ça aussi
01:22:31que je précisais
01:22:32que l'audition
01:22:34NICHT
01:22:35n'est pas
01:22:35une audition
01:22:38d'adulte
01:22:38c'est une audition
01:22:39qui fait appel
01:22:40à tout le reste
01:22:41c'est pour ça
01:22:41qu'elle est filmée
01:22:42également
01:22:43de manière à pouvoir
01:22:45justement
01:22:45voir ce mouvement
01:22:46parce qu'une audition
01:22:47justement
01:22:48elles sont parfois
01:22:49très courtes
01:22:50un enfant
01:22:51qui va se mettre
01:22:53qui va dire
01:22:54je ne veux pas parler
01:22:55qui va partir
01:22:56etc
01:22:57on ne va pas l'obliger
01:22:58à rester
01:22:59elle va être très courte
01:22:59il ne s'agit pas
01:23:00que l'audition
01:23:01devienne un traumatisme
01:23:02supplémentaire
01:23:03au traumatisme initial
01:23:06mais par contre
01:23:07le fait que ça soit filmé
01:23:09et qu'il y ait aussi
01:23:09des observations
01:23:10des enquêteurs
01:23:11préalables
01:23:12même si encore une fois
01:23:13ils ne sont pas
01:23:13médecins experts
01:23:14ça va aussi
01:23:16permettre
01:23:16un certain nombre
01:23:17de choses
01:23:18voir
01:23:18que l'enfant
01:23:20se recroqueville
01:23:21l'enfant
01:23:22essaie de changer
01:23:24conversation
01:23:25ou autre
01:23:25c'est des éléments
01:23:26également
01:23:27qui sont
01:23:28qui apparaissent
01:23:29dans l'audition
01:23:30et comme c'est filmé
01:23:31également
01:23:32ça peut être exploité
01:23:33plus tard
01:23:33pour que
01:23:34au niveau
01:23:35de la prise
01:23:35de décision
01:23:36des suites judiciaires
01:23:37qui n'appartiennent
01:23:38pas à la police
01:23:39il puisse y avoir
01:23:40une appréciation
01:23:41la plus
01:23:43juste possible
01:23:47une question
01:23:49à laquelle
01:23:50vous n'avez pas répondu
01:23:51c'est qu'il y a
01:23:52un enjeu majeur
01:23:53c'est la préservation
01:23:54de la preuve
01:23:55et donc
01:23:56comment
01:23:56est-ce possible
01:23:58qu'en fait
01:23:58avant même
01:23:59qu'un animateur
01:23:59soit suspendu
01:24:01on puisse lui retirer
01:24:02en fait son téléphone
01:24:03ou son ordinateur
01:24:04parce que forcément
01:24:05il va détruire
01:24:06les preuves
01:24:07donc qu'est-ce qu'on peut faire
01:24:08pour éviter ça
01:24:09beaucoup de parents
01:24:10nous ont témoigné
01:24:11également
01:24:13d'animateurs
01:24:14prédateurs
01:24:14qui avaient réussi
01:24:15entre temps
01:24:16évidemment
01:24:16puisqu'ils ont eu le temps
01:24:17à supprimer
01:24:18toutes les preuves
01:24:19dans les ordinateurs
01:24:20et sur les téléphones
01:24:21de photos
01:24:22notamment
01:24:25juste
01:24:26effectivement
01:24:26alors
01:24:27le principe
01:24:28c'est
01:24:28que
01:24:30la perquisition
01:24:31a lieu
01:24:32généralement
01:24:32au moment
01:24:33de l'interpellation
01:24:34et du placement
01:24:35en garde à vue
01:24:36et pour cela
01:24:37une audition
01:24:37garde à vue
01:24:38pour que ça
01:24:39puisse aller au bout
01:24:41on a besoin
01:24:42de recueillir
01:24:42un certain nombre
01:24:43d'éléments
01:24:43et d'avoir
01:24:43un certain nombre
01:24:44de vérifications
01:24:45après sans rentrer
01:24:46dans le détail
01:24:47technique
01:24:48on va dire
01:24:49des méthodes
01:24:49d'investigation
01:24:50de la police
01:24:51judiciaire
01:24:52on a
01:24:53quand même
01:24:55une capacité
01:24:55à vérifier
01:24:56un certain nombre
01:24:56de choses
01:24:57sans saisir
01:24:58directement
01:24:59le matériel
01:25:00et également
01:25:04ce que l'on
01:25:05prend
01:25:05comme matériel
01:25:07lors des
01:25:08perquisitions
01:25:09fait l'objet
01:25:09d'exploitations
01:25:10qui sont
01:25:11des exploitations
01:25:12techniques
01:25:14réalisées
01:25:14par
01:25:15en tout cas
01:25:15ce qui concerne
01:25:16la brigade
01:25:16de protection
01:25:16des mineurs
01:25:17de Paris
01:25:18un groupe
01:25:18dédié
01:25:19qui dispose
01:25:20de matériel
01:25:21spécifique
01:25:21et autre
01:25:22qui permet
01:25:25quand même
01:25:25de faire
01:25:25de l'exploitation
01:25:26parce qu'effectivement
01:25:28c'est souvent
01:25:29la parole
01:25:30de l'un
01:25:30contre la parole
01:25:31de l'autre
01:25:31mais il y a aussi
01:25:33l'environnement
01:25:34alors on auditionne
01:25:36pour ça qu'on auditionne
01:25:37l'environnement
01:25:38des enfants
01:25:38et qu'on arrive
01:25:39comme ça
01:25:39très rapidement
01:25:40à un nombre
01:25:40d'auditions
01:25:41conséquent
01:25:41mais on va aussi
01:25:43de l'autre côté
01:25:44faire des auditions
01:25:46particulières
01:25:46de l'environnement
01:25:48du mis en cause
01:25:48donc c'est
01:25:50effectivement
01:25:51c'est la récupération
01:25:52du matériel
01:25:53parce que
01:25:54quelqu'un qui va
01:25:54avoir
01:25:56généralement
01:25:57un procédé
01:25:58avant d'aller
01:25:59sur
01:25:59l'action
01:26:01il y a souvent
01:26:02du fantasme
01:26:04qui se fait
01:26:05par le biais
01:26:05d'internet
01:26:07et autres
01:26:07mais aussi
01:26:09il y a
01:26:09on va auditionner
01:26:11l'environnement
01:26:13pour connaître
01:26:14un certain nombre
01:26:15de choses
01:26:16sur la personne
01:26:17donc
01:26:18les éléments
01:26:19de preuve
01:26:20vont au-delà
01:26:21finalement
01:26:21de la simple saisie
01:26:23d'un matériel
01:26:24informatique
01:26:25et
01:26:25de
01:26:26la vérification
01:26:27de ce qu'il y a
01:26:28sur cet outil informatique
01:26:29à l'instant T
01:26:30oui on a quand même
01:26:31des éléments
01:26:32dans beaucoup
01:26:33d'enquêtes
01:26:34on est confronté
01:26:35à ce problème
01:26:36de la saisie
01:26:36du matériel informatique
01:26:38ils ont le temps
01:26:39de détruire
01:26:40les preuves
01:26:41c'est ça
01:26:41oui mais nous on a le temps
01:26:42de travailler
01:26:42sur ces preuves aussi
01:26:44sans vous dévoiler
01:26:44de secret
01:26:48on arrive quand même
01:26:49à reconstituer
01:26:50énormément de choses
01:26:53après sur le tri
01:26:54des dossiers
01:26:55parce que vous vouliez
01:26:55savoir comment
01:26:56on priorisait
01:26:56les dossiers
01:26:57alors en fait
01:26:58il faut savoir
01:26:58que la brigade des mineurs
01:26:59est confrontée
01:27:01à ce phénomène
01:27:02du périscolaire
01:27:02au phénomène
01:27:03du proxénétisme
01:27:04aussi
01:27:04le proxénétisme
01:27:05des mineurs
01:27:05ça explose
01:27:08également
01:27:09en 10 ans
01:27:10les chiffres
01:27:10ont énormément
01:27:12progressé
01:27:13donc la brigade
01:27:14de protection
01:27:16des mineurs
01:27:16elle voit
01:27:17les situations
01:27:18donc en fonction
01:27:20du risque
01:27:21pour l'enfant
01:27:22enfin pour les enfants
01:27:25en fonction
01:27:26de la réitération
01:27:27en fonction
01:27:27du profil
01:27:28aussi des personnes
01:27:29mises en cause
01:27:29puisqu'on fait
01:27:30des criblages
01:27:31quand les dossiers
01:27:32arrivent
01:27:33pour voir s'ils ont
01:27:34des antécédents
01:27:35ou pas
01:27:35s'ils sont déjà connus
01:27:36les dossiers
01:27:37sont priorisés
01:27:38les uns
01:27:39par rapport aux autres
01:27:41mais
01:27:42tout domaine
01:27:42confondu
01:27:43ça peut être
01:27:43de l'inceste
01:27:44ça peut être
01:27:45du proxénétisme
01:27:45ça peut être
01:27:47la pédopornographie
01:27:48enfin voilà
01:27:49il n'y a pas
01:27:51un domaine
01:27:51qui
01:27:53prioritaire
01:27:53par rapport aux autres
01:27:55même si par moment
01:27:56il y a des dossiers
01:27:57par exemple
01:27:57dans le périscolaire
01:27:57qui ont nécessité
01:27:58à ce que toute la brigade
01:27:59soit mobilisée
01:28:01donc forcément
01:28:02pendant ce temps là
01:28:02les autres dossiers
01:28:03sont traités
01:28:04avec moins d'alent
01:28:07vous avez pu suivre
01:28:09la commission d'enquête
01:28:10du Sénat
01:28:10sur les violences sexuelles
01:28:12dans le secteur
01:28:12périscolaire
01:28:13c'est la fin de cette émission
01:28:14merci de l'avoir suivi
01:28:16continuez à suivre
01:28:17l'actualité politique
01:28:17et parlementaire
01:28:18sur notre site internet
01:28:19publicsénat.fr
01:28:20je vous souhaite
01:28:21une très bonne journée
01:28:22sur Public Sénat
01:28:24Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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