00:02A l'occasion de l'ouverture vendredi de la fête de l'UMA, j'accueille ce matin Théo
00:07Polidor, un jeune chanteur en plein essor qui participe au festival pour la toute première
00:12fois avec son groupe Théo & Nepoz. Bonjour Théo Polidor.
00:16Bonjour Florence, merci du fond du cœur de me faire l'honneur d'être ici. Je suis désolé
00:20si ma voix tremble un peu, c'est juste que j'arrête. Regarde autour de moi, je crois
00:24que j'ai encore du mal à réaliser que je suis vraiment la personne la plus connue à
00:27cette table.
00:28Alors Théo Polidor, ce n'est pas votre nom de scène, c'est bien votre vrai nom puisque
00:33votre père Jean-Philippe Polidor est le fondateur et président du label du même nom. Vous l'assumez
00:38ou vous n'aimez pas trop qu'on vous le rappelle ?
00:40Non, pas du tout. C'est juste que moi, je crois qu'un label, c'est avant tout une étiquette
00:43et les étiquettes, elles nous divisent. Par exemple, moi, quand je vous parle, je vois
00:47l'individu, pas la spikrine. Alors oui, je m'appelle Théo Polidor, c'est vrai, j'en
00:52suis fier, mais j'aurais tout aussi bien pu m'appeler Jean Dupont, Paul Durand ou Léa
00:56C'est doux. À un moment, c'est le public qui choisit.
00:58Très bien. D'ailleurs, je me posais aussi la question de votre invitation à la fête
01:02de Luma, qui est quand même un festival très engagé politiquement. Vous avez l'impression
01:06d'y avoir votre place ?
01:07Bien sûr, je vais même vous dire, c'est mon père qui m'a rendu sensible aux inégalités.
01:11Je me souviens que tous les soirs, pendant plus de dix ans, quand il me ramenait de l'école
01:14alsacienne, on passait devant Mocha, le SDF du quartier. Je n'ai jamais su son vrai
01:18prénom, mais je l'appelais comme ça parce qu'il dormait devant le Starbucks. Et là,
01:22à chaque fois, mon père me disait, tu vois Théo, la seule différence qu'il y a entre toi
01:25et Mocha, c'est la chance qu'il n'a pas pu saisir. Et je peux vous dire que j
01:28'ai
01:28retenu la leçon. Mais est-ce que vous avez eu le sentiment d'avoir été traité comme
01:31n'importe qui ?
01:32Pas sentiment, certitude. Vous savez pourquoi ? Parce que quand je lui dis que je me lançais
01:36dans la musique, papa, il a immédiatement appelé tous ses amis en maison de disque pour
01:40les prévenir que j'allais les contacter et qu'il devait absolument me traiter comme
01:43n'importe qui.
01:45Je comprends, mais c'est vrai qu'une telle réussite à dix-neuf ans, ça peut paraître
01:49précoce.
01:50C'est drôle, moi j'ai l'impression d'être en retard. Mozart, il avait sept ans quand il
01:54a composé sa première symphonie, Rimbaud 9 pour son premier poème. Louis XIV,
01:58il a régné à 16 ans. Je crois juste que le talent n'attend pas les années.
02:02Très bien. Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui Théopoli d'Or.
02:06Juste avant de partir, je voudrais faire une grosse dédicace aux autres membres du groupe
02:10qui n'ont malheureusement pas pu être là aujourd'hui puisque j'y étais. Alors, énorme
02:14énorme bisous à Basile Bicose à la basse, Kittri Universal à la batterie et Louis Anatole
02:18Live Nation au triangle.
02:19Merci France Inter. Merci Thomas Poitvin. Il est 8h01.
02:23Sous-titrage Société Radio-Canada
02:24Sous-titrage Société Radio-Canada
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