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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Je reviens à mon point de départ, à mon fil conducteur, le carburant, partie des prix du carburant,
00:05complètement délirant, de plus en plus délirant.
00:07Trump dit ce soir, le problème il est en Russie, il est en Ukraine, il n'est pas au Moyen
00:11-Orient.
00:11On va quand même s'intéresser à ce qui se passe au Moyen-Orient parce que la situation se détériore
00:14encore un peu plus.
00:15On va regarder la carte ce soir avec les outils alliés des Iraniens au Yémen
00:20qui sont maintenant entrés de plein pied dans cette guerre en s'attaquant,
00:24en se réattaquant au détroit de Bab el-Mandeb, en s'attaquant à l'Arabie Saoudite,
00:29aussi ces dernières heures et ces derniers jours, l'Arabie Saoudite qui a répliqué,
00:32mais ils ont frappé les outils à plusieurs bases militaires en Arabie Saoudite,
00:35encore une ces dernières heures, plusieurs sites pétroliers frappés en Arabie Saoudite,
00:39notamment un oléodique qui permet de passer de l'Est vers l'Ouest
00:43pour aller rattraper le canal de Suez.
00:46Ça, c'est un vrai tournant, ça, ça pèse beaucoup plus à la pompe chez nous en France ?
00:51– Ah bah évidemment, c'est l'essentiel.
00:53Vous gérez 30% du problème alors qu'ailleurs vous en gérez quelques pourcents.
00:58L'endroit où il y a le plus de pétrole est l'endroit qui pèse le plus
01:01sur l'économie mondiale, surtout qu'une très grande partie de ce pétrole,
01:06ce gaz et les produits dérivés, à part les parties agricoles,
01:09ils n'allaient pas vers l'Europe ou les États-Unis,
01:12ils allaient pour l'essentiel vers l'Asie, où la demande est la plus forte.
01:15– Et pour revenir quand même à la question du pétrole et de la pénurie
01:21ou des frappes ukrainiennes qui empêcheraient les exports russes
01:25et qui feraient augmenter les prix aux États-Unis et en Europe,
01:28mais en fait, il y a un embargo sur le pétrole russe.
01:31Il y a eu quelques exceptions, ce sont des waivers que signait Donald Trump
01:35au mois de mars pour autoriser exceptionnellement les importations de pétrole russe.
01:41– Mais les importations de pétrole russe sont interdites.
01:45– Officiellement à l'arrêt, officiellement.
01:47– En tout cas pour les États-Unis.
01:48Alors l'Inde s'en contrefiche, mais le pétrole qui est acheté,
01:52il continue de couler et il est acheté moins cher.
01:54Donc il ne nourrit pas une pénurie.
01:56– Bon alors je reste au Moyen-Orient avec ces images effectivement des frappes en Arabie saoudite.
01:59L'Iran dit qu'il n'a rien à voir là-dedans.
02:01Il dit que les outils sont totalement autonomes
02:03et ce ne sont pas eux qui tirent les ficelles derrière
02:06pour perturber encore un peu plus le commerce mondial,
02:11notamment du pétrole.
02:12Qu'est-ce qu'on croit de ce que nous disent les Iraniens ce soir ?
02:14Rien.
02:14– Absolument rien.
02:15– Rien du tout.
02:15– Voilà.
02:16– Mais ça veut dire que, en gros…
02:18– Vous avez les poker menteurs d'un côté, échec menteur de l'autre.
02:21– Ça veut dire que, ce qu'on peut dire ce soir aux téléspectateurs qui nous regardent,
02:25c'est que les outils sont entièrement contrôlés,
02:27comme le Hezbollah, le Hamas et les outils, les proxys,
02:33par Téhéran, les gardiens de la Révolution
02:34et l'actuel patron du corps des gardiens de la Révolution,
02:37qui d'ailleurs, pendant très longtemps, ne s'en est même pas caché,
02:40puisque les visites étaient identifiées entre les uns et les autres.
02:44Il y a même eu des sommets avec photographie,
02:48avant le 7 octobre, de manière assez régulière,
02:50et depuis le 7 octobre, de manière un peu plus discrète,
02:54mais pas tant que ça quand même.
02:55Donc, pendant un temps, les outils ont accepté,
02:58contre paiement relativement important,
03:00de ne pas participer au conflit Iran-Israël-États-Unis,
03:06alors même qu'ils avaient envoyé beaucoup de missiles dans la phase 1,
03:10les outils avaient attaqué Israël en direct dans la phase 1,
03:13s'étaient arrêtés de le faire dans une sorte de protocole d'accord
03:17qui a pris mécaniquement fin,
03:19à cause d'un conflit propre au Yémen,
03:22où il y a trois opérateurs,
03:24il n'y a pas seulement les Saoudiens et les outils,
03:26il y a aussi les Émiratis, en tout cas les Abu Dhabiens,
03:29parce que les Émiratis, c'est une sorte de...
03:32Voilà.
03:33Et où les Émiratis et les Saoudiens n'ont pas les mêmes intérêts,
03:38n'ont pas les mêmes alliés, n'ont pas les mêmes...
03:40– Comme dans toute la corne de l'Afrique.
03:42– Comme partout.
03:43Sauf que là, ça c'est vu, ils se sont battus entre eux,
03:46avec leur proxy dans chaque sens.
03:47À la fin, tout le monde a perdu,
03:50tout le monde a perdu,
03:51c'est-à-dire les Saoudiens et les Émiratis,
03:54par division,
03:55ce qui reste du gouvernement du non-national
03:57n'a qu'une seule trouille,
03:58c'est de perdre son dernier bastion
04:00qui est en train de se réduire comme peau de chagrin,
04:02et évidemment, la perte du port de Mokka
04:05a été l'élément le plus remarquable de cette affaire.
04:08Donc c'est un bouleversement stratégique.
04:10Par ailleurs, les outils disent
04:11« Ah tata, on ne ferme pas Babel Mandel,
04:14on n'est pas dingue,
04:15parce qu'on n'a pas envie de s'en prendre plein de la figure
04:16par tout le monde,
04:17on le ferme seulement pour les Saoudiens,
04:19les autres peuvent passer,
04:20vous savez, c'est comme les Iraniens qui disaient
04:21« On le ferme seulement pour les Américains
04:23et leurs alliés. »
04:24Le problème, ce sont les assureurs derrière
04:25qui vont dire « Attendez, moi, je ne passe pas là. »
04:27Oui, enfin, il y en a qui sont plus intelligents
04:29ou plus courageux que d'autres.
04:30Les bâtiments de votre maison mère
04:33passent avec régularité.
04:34C'est à la CGM pour le saluer d'ailleurs.
04:39Mais alors, on voyait à l'instant
04:41les 109 dollars et quelques ce soir pour le baril.
04:43Il a augmenté tout au long du week-end,
04:45il a un port baissé là aujourd'hui.
04:47Est-ce que ça veut dire qu'on s'enfonce
04:49encore un peu plus dans une guerre
04:50qu'on avait un tout petit peu oubliée au Moyen-Orient,
04:52qu'on voyait moins ou plus de loin ?
04:54Est-ce que là, on s'enfonce encore un peu plus
04:55dans cette guerre-là ?
04:56Ou dans la guerre ou le désordre ?
04:58Au moment où on se parle,
04:59la moitié de la population mondiale est en guerre.
05:01Là, moitié, 50% du monde
05:04est en guerre avec quelqu'un.
05:06En interne, en externe,
05:07avec des conflits larvés,
05:09une centaine de conflits
05:10dont on ne parle jamais,
05:12sauf quand il fait un peu plus
05:15ou un peu pire
05:16ou qu'il y a un peu plus d'effet
05:17sur ce qu'on a.
05:18Nous n'avons jamais atteint un tel degré
05:20de désagrégation depuis la Deuxième Guerre mondiale
05:22et les décolonisations.
05:2445, 62, 65.
05:26Nous sommes face à un souci
05:28qui est le désordre général du monde.
05:29Pour la première fois,
05:30on a une guerre globale
05:32qui n'est pas mondiale.
05:34Tout le monde n'est pas en guerre avec tout le monde,
05:35mais nous avons suffisamment
05:37de micro-guerres un peu partout
05:39pour avoir réussi à rendre totalement chaotique
05:42l'organisation du monde
05:43et notamment l'organisation du monde commercial.
05:46C'est-à-dire tous ceux qui sont les flux,
05:49pas seulement les conflits territoriaux
05:51où on continue à avoir des flux
05:53parce qu'il y a des neutres ici,
05:54des gentils là,
05:55des bienveillants ailleurs,
05:57les Suisses qui gèrent la caisse de tout le monde.
05:58Non, tout ça est terminé.
06:00Il se produit un événement
06:01qui est une crise totale
06:03au sens de la guerre totale
06:05qu'avait imaginé Clausewitz
06:06tout en se trompant
06:07sur les intentions réelles de Napoléon.
06:09Là, on a dans une crise totale
06:10parce qu'aucune des crises
06:11que nous avons vécues depuis 10 ans
06:13n'est terminée
06:14et chacune vient se rajouter
06:16à la précédente.
06:18Il faut ajouter une chose, Alain Bauer,
06:19c'est qu'à la guerre
06:20telle qu'on l'entend de façon classique,
06:22il y a la guerre hybride aujourd'hui aussi.
06:24Et cette guerre hybride,
06:25ben si, parce que si, si.
06:27Et c'est très important.
06:27Je ne connais plus de guerre non hybride.
06:29Il n'y a jamais eu de guerre non hybride.
06:31Oui, mais il y a des nouvelles donnes de la guerre.
06:33Par exemple, je vais vous en prendre un exemple
06:35très flagrant,
06:36même si on refuse de le voir.
06:38Ce qui s'est passé à Soïta cet été
06:41est une forme de guerre hybride.
06:43Exactement.
06:44C'est-à-dire que vous mettez sur les routes
06:46un nombre important de migrants
06:49et vous provoquez une crise migratoire
06:51chez des partenaires
06:53que vous voulez chatouiller.
06:55C'est d'ailleurs ce qu'a très bien compris
06:57la Turquie aussi.
06:58Et vous avez des guerres hybrides
07:01qui traversent le monde
07:03et qui sont considérablement gênantes.
07:05Et je ne parle pas évidemment
07:06des guerres numériques
07:08qui passent par la voie numérique
07:10et qui perturbent considérablement
07:13l'ordre international.
07:14Je suis d'accord avec vous
07:14sur les nouvelles formes de la guerre.
07:15Mais sur l'hybridité de la guerre,
07:17toute guerre est hybride par nature.
07:17Oui, mais d'accord.
07:18Mais ce time, il y a là,
07:20c'est l'incapacité à régler
07:22un vieux conflit colonial
07:24en gardant des morceaux d'empire.
07:25Nous avons un conflit
07:26sur deux bouts de rocher
07:27avec le Vanuatu.
07:28Je ne me rappelais même pas
07:29que deux bouts de rocher
07:31étaient un sujet majeur.
07:32et nos amis argentins
07:33sont en train de nous retrouver.
07:34Les folk lances.
07:35J'attends que les Espagnols
07:36essayent de nous faire gibraltar.
07:39Aujourd'hui,
07:40c'est un événement
07:41que personne ne traite.
07:42Les trois parties constitutives
07:44de la Grande-Bretagne
07:45qui ne sont pas l'Angleterre
07:46se sont réunies
07:46pour décider de la manière
07:48dont ils vont créer
07:48leur sécession.
07:50L'Écosse, l'Irlande,
07:51le Pays de Galles.
07:53J'en ai oublié un ?
07:53Non, c'est vrai.
07:55Donc, il se produit
07:56des événements relativement importants.
07:58Je rappelle que l'Écosse,
07:59c'est là où il y a
07:59ce qui reste de sous-marins britanniques
08:01et de têtes nucléaires américaines.
08:04Il se produit
08:06une désagrégation sous nos yeux
08:08à laquelle nous ne portons pas
08:09énormément d'attention
08:11parce qu'on a l'impression
08:12que ça n'est pas important.
08:14Il se trouve que désormais,
08:15n'importe quel micro-événement
08:18peut avoir,
08:18comme je reviens
08:19sur votre question du départ,
08:21des conséquences
08:21parfaitement inattendues.
08:23Et en général,
08:24quand ça déflagre,
08:26c'est à cause d'un micro-événement
08:27que nous n'avions pas vu,
08:30mais pas pris en compte.
08:32– Alors, je reviens
08:33au carburant
08:34et à ce qui se passe
08:35chez nous.
08:36– Vous allez faire le plein
08:36en sortant.
08:37– Mon obsession,
08:37je ne veux pas faire le…
08:38Non, même pas.
08:39Mais je vous remontre
08:40les prix ce soir,
08:41les moyennes de ce soir.
08:43Je vous le disais tout à l'heure,
08:44on est à 2,30 euros
08:45pour le gasoil,
08:462,21 euros
08:46pour le 98
08:47et 2,11 euros
08:49pour le sans-plomb 95.
08:50Vous voyez les derniers prix
08:51ce soir
08:52et la différence
08:53avec septembre 2025.
08:54Et cette question
08:55à 1 milliard,
08:56Alain Bauer,
08:56est-ce qu'on est en train
08:57de se mettre en place
08:58petit à petit
09:00les conditions
09:01d'une résurgence
09:02d'un mouvement de colère ?
09:04Évidemment,
09:05tout le monde
09:05a les gilets jaunes en tête,
09:06mais d'un mouvement de colère,
09:07de quelque chose
09:07qui ressemblerait
09:08aux gilets jaunes ?
09:09– Alors, moi,
09:10je crois que oui,
09:11je ne m'en suis pas caché.
09:12D'ailleurs,
09:13je pense que c'est même
09:13un mouvement pire
09:15du point de vue
09:15des colères.
09:16– Oui.
09:17– Par contre,
09:18il y a une différence
09:18avec les gilets jaunes,
09:19c'est que les gilets jaunes,
09:20il y avait des faits générateurs
09:21avec des auteurs identifiés.
09:24– Le gasoil,
09:25Édouard Philippe,
09:28les 20 kilomètres…
09:29– 80 kilomètres.
09:30– Heureusement
09:30que ce n'était pas 20.
09:31– Non, non,
09:31mais 80 kilomètres.
09:32– 80 kilomètres,
09:33c'était assez compliqué
09:34comme ça.
09:35– Donc,
09:35on pouvait identifier
09:36des auteurs,
09:36on pouvait gérer
09:37la colère vers,
09:39là, on va gérer
09:39la colère vers Poutine,
09:41les outils,
09:42voilà.
09:42Moi, je crois
09:42qu'il va y avoir
09:43une immense colère.
09:44Mais vous avez vu,
09:45dans les dernières enquêtes
09:47d'opinion,
09:47la très belle enquête
09:48à 13 000 personnes.
09:50– C'est l'époque.
09:50– On va en parler
09:51dans une seconde.
09:51– C'est très important.
09:52Vous avez des éléments
09:54absolument essentiels
09:55sur que le niveau
09:56d'inquiétude
09:56est plus important
09:57que le niveau de colère.
09:58Et je crois
09:59que c'est un élément important.
10:00Ce qu'il ne faudrait pas,
10:01c'est qu'à force
10:02de ne pas traiter
10:03la possibilité
10:04de la colère,
10:05on pense qu'on va
10:06calmer l'inquiétude
10:08en faisant à peu près
10:09n'importe quoi
10:09d'un point de vue politique,
10:10en racontant n'importe quoi
10:12à des gens
10:12qui n'en ont plus confiance.
10:14– Il y a quand même
10:15une colère froide
10:17qui incite plutôt
10:18les gens,
10:18par exemple,
10:19à épargner,
10:20je ne sais pas
10:21si vous avez vu,
10:21mais il y a une traîne
10:23sur les réseaux sociaux,
10:23notamment TikTok,
10:25de ne pas dépenser
10:26chez des très jeunes
10:27parce qu'ils n'ont
10:28aucune vision
10:29de l'avenir.
10:30En fait,
10:30c'est de la colère froide
10:31qui incite
10:32à rester bloqué,
10:33à rester avec soi,
10:34chez soi.
10:35– Attendez,
10:35je vous laisse ta parole.
10:36– Il y a une règle historique
10:37quand même,
10:38il ne faut pas oublier,
10:39c'est que ce n'est pas
10:40dans les phases
10:41les pires
10:41qu'on se révolte.
10:43– Les pires économiquement,
10:43on voulait dire.
10:44Et les gilets jaunes
10:46ne sont pas nés
10:47d'une déformation économique.
10:49– Alors attendez,
10:49les pires économiques.
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