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Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Plusieurs choses, on verra dans un instant, parce que c'est toujours tiré de la même enquête,
00:03et c'est lié à ce dont on parle ce soir, les gilets jaunes, etc.
00:07Le niveau de détestation qu'il y a en France.
00:10Les Français se détestent.
00:11Entre nous, nous détestons les uns les autres, les camps contre les autres,
00:15Lisa comptera les points dans un instant, des différents camps.
00:17Lisa détestait quelqu'un ?
00:18Elle a quand même dit qu'on se déteste les uns les autres.
00:21Sur ce plateau, le moment est venu de...
00:23Vous n'imaginez même pas.
00:24Sur ce plateau, vous n'imaginez pas.
00:26Qui déteste qui ?
00:26Sous-sol le font aussi, et donc on ne fait plus confiance à personne,
00:30il n'y a plus de mouvement, il n'y a plus d'empathie, d'intérêt pour la politique.
00:35De toute façon, tous menteurs, tous pourris, tout ce que vous...
00:38Rien, voilà.
00:39Donc plus rien à foutre.
00:40Plus rien à foutre.
00:41Ceux-là, ils sont en voie de perdition.
00:43Ils sont nombreux.
00:44Face à eux, vous avez les P2R, plus responsables de rien.
00:47Ils sont plutôt engagés, mais ils n'assument pas l'invraisemblable niveau
00:53de rejet, d'erreur, de faute qu'ils ont commise dans les périodes précédentes.
00:58Surtout, ils ne s'en expliquent pas.
01:00Ce n'est pas qu'on n'a pas le droit de changer d'avis,
01:01c'est qu'en général, on s'excuse ou on présente ses excuses pour s'être trompé.
01:05Et à ce moment-là, vous reprenez de la crédibilité en disant
01:08« je me suis trompé, mais... »
01:11Mais là, vous parlez des responsables politiques.
01:12Bien sûr.
01:12Mais responsables politiques dont le niveau baisse tendanciellement.
01:16Avant, on faisait beaucoup confiance à son maire.
01:17Maintenant, on lui met quand même beaucoup de baffe.
01:19Physiquement, je veux dire.
01:20Ce n'est pas à portée de baffe politique.
01:22C'est à portée de baffe physique.
01:24Il se produit quelque chose dans la déperdition de toute forme d'autorité
01:28au nom du fait qu'ils se sont tant trompés.
01:30Ce qui explique d'ailleurs la popularité de ceux qui disent
01:33« nous, on n'a jamais eu le pouvoir, vous ne pouvez pas nous faire ce reproche. »
01:36Et tous ceux qui nous expliquent que tout ce qu'on raconte, c'est n'importe quoi.
01:39Mais qui sont aussi détestés que les autres.
01:40Oui, oui, oui.
01:40Alors, ça n'empêche pas, par ailleurs...
01:41C'est vraiment que c'est très paradoxal.
01:43Mais en termes d'attention de vote, par contre, on sent bien
01:47qu'il y a des survivants au jour d'aujourd'hui.
01:51Moi, je vous en disais, au milieu, ce qui est le plus important,
01:53c'est ceux qui se demandent qui ou quoi va faire en sorte
01:58qu'ils se réinsèrent dans le système.
02:00Et curieusement, les jeunes s'y réinsèrent le plus, mais par la violence.
02:04Par la violence des soulèvements de la terre.
02:06Par la violence de l'agressivité.
02:08Et par la violence de la détestation des boomers.
02:11Par la détestation des vieux qui nous ont tout pris ou qui ne veulent pas partager.
02:15Et ce niveau-là de colère, en fait, n'est pas lié à ceux qui sont déjà hors du champ.
02:20Ne sont pas liés à ceux qui sont en train de sortir du champ.
02:22Par défaut d'assumer ce qu'on appelle en anglais accountability, la responsabilité de ce qu'on fait.
02:29Erreur ou pas.
02:30Ceux-là, ils peuvent passer à l'acte, mais sur des terrains inattendus.
02:35Du réengagement, mais par la violence, plutôt que par le vote ou par l'esprit associatif.
02:41Ou par ce que vous voulez.
02:41Il faudra voir ce que ça donne aussi dans les urnes.
02:43La colère, c'est quand même assez singulièrement un état d'esprit français.
02:48Je vous invite à relire un journaliste, un de nos anciens, qui était extraordinaire,
02:54qui s'appelait Jean-Raymond Tournoux, qui a été un des plus grands observateurs de la société gaullienne
02:59et qui rapporte exactement ce que le général de Gaulle pensait des Français.
03:05Il pensait exactement, à peu de choses près, ce qu'Emmanuel Macron a dit il y a très peu de
03:10temps
03:10à propos des Français réfractaires.
03:12Les Gaulois réfractaires.
03:13Oui.
03:14Alors, il pensait que les Français étaient des veaux.
03:17Ça a été popularisé.
03:19Mais il pensait aussi que les Français étaient des paresseux.
03:21Et il pensait que les Français étaient ingouvernables.
03:24Il l'a dit.
03:25Il l'a même aussi répété plusieurs fois à Alain Perfit,
03:28dans les carnets d'Alain Perfit.
03:30Et donc, c'est un caractère.
03:32Et si vous regardez l'histoire de France depuis la Révolution française,
03:37vous n'avez pas 20 à 30 ans qui soient calmes.
03:42Vous avez toujours, à intervalles réguliers,
03:46vous avez des accès de colère qui peuvent parfois dégénérer.
03:49Alors, mille ans de jacquerie.
03:51Et en plus, mille ans de jacquerie.
03:53Colère et détestation, je le disais, les élèves,
03:55parce que les Français, quand on regarde cette enquête du Célipoff,
03:58encore une fois, elle est costaude.
04:00Elle est élevé sur 13 000 personnes qui ont été interrogées.
04:02Il va y avoir huit vagues jusqu'à la présidentielle,
04:06avec les mêmes populations,
04:07ce qui va permettre pour la première fois
04:08d'avoir non pas des effets photographiques très brutaux,
04:12mais un processus évolutif.
04:14Mais alors, justement,
04:15on voit que les Français se détestent entre eux,
04:17que les différents blocs se détestent les uns les autres.
04:20Oui, au-delà du programme qu'ils défendent,
04:22de quelles notes donnez-vous aux sympathisants d'autres familles politiques ?
04:25C'est la question qui leur a été posée.
04:26Vous le voyez là, donc, zéro, c'est l'antipathie absolue,
04:29et dix, c'est la sympathie maximale.
04:31Résultat, les sympathisants de la France Insoumise
04:33sont les plus mal notés par les sympathisants d'autres parties.
04:3762% des interrogés donnent une note entre zéro et 3 sur 10,
04:40et 50%, vous le voyez, zéro ou 1 sur 10.
04:43Les électeurs du Rassemblement National sont aussi plutôt mal vus
04:46par leurs homologues des camps politiques adverses.
04:4845% donnent aux sympathisants du RN une note entre zéro et 3 sur 10.
04:5235% parlent de rejet absolu et donnent une note de zéro ou 1.
04:56Même degré d'empathie à l'égard des électeurs de Renaissance.
05:00Et pour les écologistes, les socialistes et les républicains,
05:03c'est un peu moins sévère, comme vous le voyez là.
05:05Et il en manque un, qu'on appelle aussi le premier parti de France,
05:08ce sont les abstentionnistes.
05:1055% des personnes se disent antipathiques à l'égard des abstentionnistes.
05:14C'est plus d'un sympathisant sur deux.
05:16C'est plus que la détestation envers les partisans du RN.
05:19Et c'est presque autant que celle contre les LFI.
05:23– Qu'est-ce qui se passe ?
05:24– Non mais en fait, il y a un problème de chiffres, si vous voulez.
05:26Les comptes ne sont pas bons.
05:27Parce que si tout le monde déteste tout le monde les absents,
05:30a fortiori, il y en a un qui a voté au moins trois fois à la même question.
05:35– On peut détester tout le monde.
05:37– On avait autant de réponses qu'il y avait de partis.
05:39– Mais on ne votait qu'une fois.
05:41Alors qu'il y a des questions où on votait à plusieurs reprises,
05:44notamment pour les questions inquiétudes.
05:46– Tout à fait.
05:46– Mais est-ce qu'on sait qui déteste qui ?
05:47– Évidemment.
05:48Entre le RN et la France insoumise, l'antipathie est mutuelle, réciproque.
05:5390% des sympathisants insoumis méprisent les électeurs du RN.
05:57Et 87% des lepénistes méprisent les mélenchonistes.
06:01Et sachez que la palme des électeurs qui ressentent le plus d'antipathie à l'égard des autres,
06:05ce sont les électeurs des Républicains.
06:07Même s'ils expriment une antipathie qui est plutôt modérée,
06:10on est loin des notes que vous avez vues là, un 0 à 3 sur 10,
06:13ils l'expriment envers quasiment tout le monde.
06:15– Est-ce que ça précisément, puisque tout le monde déteste tout le monde,
06:19ça ne bloque pas l'émergence d'un mouvement plus général,
06:22d'un mouvement du type gilet jaune, etc.,
06:23où tout le monde se retrouverait avec un bouc émissaire commun
06:28ou avec un mot d'ordre commun, les carburants, etc.
06:30– Socialement, les gilets jaunes, c'était ce qu'on appelle,
06:32pardon de le dire comme ça, mais sociologiquement,
06:34c'est toujours un peu…
06:35Les petits blancs, des gens qui travaillaient et qui ne faisaient grève que le week-end,
06:39parce que le reste, c'était des gens, des travailleurs pauvres.
06:42– Pas très jeunes, d'ailleurs.
06:43– Mais alors qu'ils votaient quand même pas tous la même chose.
06:46– Non, non, justement, qui correspondaient à à peu près toute la galaxie politique,
06:50mais ils avaient un rejet lié à la non prise en considération
06:54de leurs difficultés à vivre et à travailler,
06:57et en général non issus de l'immigration.
06:59– Et à vivre du travail.
07:00– Bien avoir tous ces éléments-là pour montrer ce qu'était le mouvement des gilets jaunes.
07:03Ensuite, il a dégénéré pour des tas de raisons,
07:06passé à la violence parce qu'il n'arrivait pas à s'exprimer politiquement
07:08ni à s'unifier sur des revendications,
07:11puisqu'il ne voulait ni chef ni revendications.
07:13Donc évidemment, au bout d'un moment, la négociation devenait compliquée.
07:15– Il y a eu quand même quelques revendications un peu générales.
07:18– Oui, mais jamais accepté par les autres qui désinguaient le chalet.
07:21– Jamais unanime, jamais unanime.
07:23– La juridique, oui, mais pas unanime.
07:24– Qui désinguait celui qui avait porté la revendication en disant
07:27« Mais tu ne nous représentes pas », et on repassait un tour.
07:30Et d'ailleurs, les ex-leaders de gilets jaunes sont plus nombreux
07:33que les anciens adhérents du Parti communiste.
07:35– Moi, j'ai un exemple assez étonnant,
07:37parce qu'il y avait Bernard Tapie qui était encore de ce monde à ce moment-là,
07:39et il pensait avoir compris les gilets jaunes.
07:42Donc il avait convoqué une vingtaine de gilets jaunes chez lui,
07:46ils avaient organisé un après-midi de conversation,
07:49les moralités, il s'était fait renvoyer dans ses buts,
07:52et puis tout le monde était reparti fâché,
07:54parce qu'il ne voulait surtout pas qu'il y ait un leader qui le prenne la tête.
07:57– Il y a deux questions à la Bauer.
07:59Vous disiez tout à l'heure, on pourrait avoir un mouvement pire que les gilets jaunes.
08:01Ça veut dire quoi ? Ça ressemble à quoi ?
08:02– Parce que pour la première fois, le fait que chacun se déteste
08:05dans de telles proportions appartenant à des mouvements politiques
08:08extraordinairement structurés et surtout militants,
08:11vous vous rappelez que les électeurs, c'est des électeurs.
08:12Les militants, c'est des militants.
08:14Moi, je respecte les militants.
08:15Les militants, c'est des gens qui sont engagés.
08:17Ils peuvent être parfois extrêmement durs, extrêmement violents,
08:20ils sont déterminés.
08:21Or, pour la première fois, vous avez deux organisations politiques
08:25extraordinairement déterminées, basiques, qui ont réussi à se structurer,
08:28notamment LFI au niveau des élections municipales.
08:31Pour la première fois, avec une architecture locale,
08:34ce qui n'est jamais arrivé, à part le Parti communiste,
08:37mais pour des raisons qui sont quand même extrêmement différentes,
08:39il y a aujourd'hui une structuration de mouvements politiques
08:42qui amène à vous dire qu'il n'y aura pas deux tours aux élections présidentielles.
08:46Je pronostique qu'il y en aura trois.
08:48Deux tours politiques et un tour social.
08:50Et cette question-là, elle est la plus inquiétante
08:53de ce qui n'apparaît pas encore suffisamment
08:55dans la première vague de ce sondage.
08:58– Vous ne voyez pas ça dans l'autre sens ?
08:59– Un tour social maintenant, et ensuite les deux tours de la présidentielle ?
09:02– Non.
09:02– L'espèce de catharsis maintenant, et ensuite on passe aux…
09:05– Ce serait une bonne nouvelle.
09:07Parce que ça redonnerait la dernière…
09:11– Au choix au peuple.
09:12– Au peuple, mais à la politique.
09:13– Oui, à la politique.
09:14– Donc au débouché de l'action.
09:15– Moi, c'est mon souhait.
09:17Je souhaite exactement ça.
09:19Quitte à avoir une insurrection sociale, autant que ça soit avant.
09:21– Mais parce que si c'est après, là, c'est l'architecture générale
09:26de ce qui fait aujourd'hui l'État et donc la nation qui disparaît.
09:29– Moi, je pense que si jamais il y a une révolte, de toute manière,
09:31elle dépassera, et de très loin, les organisations politiques.
09:34Et même Jean-Luc Mélenchon, on le voit d'ailleurs à travers son discours,
09:38il ne veut pas être à l'origine.
09:40Il sait très bien qu'il ne maîtrisera pas.
09:41– Il n'a jamais voulu d'ailleurs.
09:42– Il voudra.
09:43– Merci à la Bauer.
09:44Je rappelle votre dernier, la vérité sur le système Epstein aux éditions First,
09:47et je ne dis rien du prochain.
09:48– Non, et puis celui-là n'est pas fini.
09:50Vous avez vu que Mme Bécuot vient de faire un très joli complément,
09:55complément, pardon, pas complément,
09:56à ce livre en annonçant qu'il y avait 26 victimes,
09:59dont une partie inconnue, et des rabatteurs,
10:01donc des auteurs français inconnus,
10:04et que l'enquête commençait enfin à exister en France.
10:07Donc le sujet n'est pas un sujet du passé, c'est un sujet du futur.
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