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  • il y a 15 minutes

L’ex-maire PS de Paris Anne Hidalgo et son ancien premier adjoint Patrick Bloche sont entendus par la commission d’enquête sénatoriale sur le périscolaire en France, avant l’audition de l’édile de la capitale Emmanuel Grégoire mercredi 16 septembre.

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Transcription
00:00Absolument, dans l'année 2014-2015, 18 cas de suspicions d'agressions sexuelles.
00:07Absolument, et les process à l'époque aussi, mais le fait le plus générateur de cette demande, ce sont des
00:16agressions dans les conservatoires.
00:18A l'occasion de cela, remonte et on nous informe, on m'informe par les voix de l'administration.
00:25Vous savez, le maire, il a comme information ce qui lui remonte et donc je suis informée de cette situation.
00:33Cette situation est très grave. Je décide d'agir immédiatement en commandant cette inspection générale qui va être décisive puisqu
00:41'elle va lancer tout un processus qui n'existait pas alors de professionnalisation, de recueil des signalements.
00:50Et pardon, mais la convention avec le procureur est extrêmement importante parce que la convention avec le procureur, elle va
00:59faciliter aussi la relation évidente.
01:03Et on voit qu'il y a un déficit là-dessus.
01:05Madame Hidalgo, la convention, on y reviendra, ça concerne les modalités de mise en place, encore une fois, des actions.
01:12Moi, je vous repose la question, encore une fois, qu'est-ce que vous saviez précisément et concrètement, concrètement, qu
01:20'avez-vous mis en place sans attendre en fait des résultats de ce rapport d'inspection,
01:25puisqu'en fait, le rapport a été commandé au mois de novembre et les résultats en juin.
01:29Donc, il y a eu huit mois qui se sont découlés.
01:31C'était juste une question concrète.
01:33La mise en place, vous savez, j'arrive comme maire de Paris en 2014, dans la foulée, c'est-à
01:39-dire en novembre 2014, je demande ce rapport.
01:45Donc, je n'ai pas beaucoup attendu parce que, évidemment, très consciente et très concernée par ce sujet des violences
01:52contre nos enfants, voulant protéger les enfants.
01:55Je demande à l'administration, parce qu'il faut travailler sérieusement, il faut aussi faire des enquêtes administratives pour connaître
02:02la réalité du point de vue de l'administration, de ce qui s'est passé.
02:06J'engage cette discussion avec le parquet parce qu'il va y avoir des suites judiciaires et c'est important
02:12d'avoir ce travail partenarial avec le parquet.
02:15Et sur les situations, je demande depuis le début, depuis la connaissance de ces éléments-là, la suspension des agents,
02:24le signalement des faits, parce que je l'ai dit tout à l'heure,
02:28chaque fois que j'ai eu connaissance d'un délit commis, y compris par des adjoints de mon équipe, j
02:36'ai immédiatement alerté le parquet.
02:39Donc, la procédure de l'article 40, je l'ai, pardon du terme, dégainé un nombre très important.
02:48On va y revenir, madame Hidalgo.
02:49Donc ça, plus les suspensions et les enquêtes administratives.
02:54Ce que je constate, c'est qu'en fait, dès novembre 2014, et c'est écrit dans le rapport, il
02:59y avait d'ores et déjà des signalements qui mettaient en cause des agents,
03:0212 signalements en 2014 et 12 en 2015, mais vous dites, en fait, ne pas avoir été informé de ces
03:10signalements.
03:11Je n'ai pas dit cela. Je dis qu'au vu de la situation préoccupante dans laquelle il y avait
03:19des signalements qui avaient été faits,
03:21des cas dans les conservatoires parisiens et dans le périscolaire, j'ai décidé d'agir et d'agir sérieusement dans
03:30ma responsabilité de maire,
03:31en lançant cette inspection générale, en recueillant très vite les recommandations de cette inspection générale
03:38et en engageant le travail nécessaire, bien sûr, au sein de mon administration, avec la DRH, avec toutes les équipes
03:45nécessaires,
03:46mais aussi avec le parquet de Paris et le procureur Molas.
03:49Oui, nous allons dérouler tous ces faits.
03:51Ma deuxième question, en fait, vise à comprendre à quel moment avez-vous compris que ces violences périscolaires, en fait,
03:59n'étaient plus quelques cas isolés, mais concernaient un grand nombre d'écoles à Paris ?
04:07À quel moment ?
04:08En 2014, lorsque je décide de lancer cette inspection générale, c'est parce que je comprends qu'il y a
04:16un sujet
04:17et que ce sujet doit être traité de façon professionnelle, qu'il y a des temps qui sont des temps,
04:22entre guillemets,
04:23de danger potentiel, le temps du recrutement, et on va recruter, bien sûr, beaucoup, parce que nous mettons en place
04:30le service,
04:31notamment du périscolaire, mais c'est vrai aussi pour la petite enfance.
04:35Il y a le temps dans l'école, l'information, la formation des agents, et puis il y a le
04:43traitement des signalements et des victimes,
04:46à la fois par l'administration et la relation qui doit être précisée avec les familles et avec les autres
04:53institutions.
04:54Donc, je prends conscience, dès 2014, de l'importance de cela.
04:59Et d'ailleurs, dans tous les rapports, les éléments des plans successifs et des corrections du dispositif qu'on a
05:08apporté,
05:08et chaque fois qu'il y avait un signalement qui montrait une faille, cela montre que j'ai eu, pendant
05:14mes 12 années de mère, une conscience aiguë.
05:18Et pour moi, la protection de l'enfance, vous l'avez dit, c'est une valeur, c'est un élément
05:25essentiel dans notre rôle d'adulte, d'institution et de mère.
05:29Nous sommes là pour protéger les plus fragiles, les plus vulnérables.
05:32Les plus vulnérables d'entre nous sont bien sûr les enfants.
05:34Donc, j'ai toujours eu conscience de l'importance, de la gravité de ces situations.
05:39C'est pour cela que, de 2015 à 2026, fin de mon mandat en mars 2026, j'ai eu à
05:47cœur de mettre en place ces différents processus
05:51qui ont montré leur faillibilité.
05:55Parce que si nous sommes là, c'est que malgré tout cela, il y a quand même des prédateurs qui
06:01se sont inscrits et qui ont agressé nos enfants.
06:06Sinon, nous ne serions pas là.
06:07Donc, il y a un échec collectif.
06:09Mais pour ce qui est de ma prise de conscience, vous savez qu'en 2020, je nomme Dominique Versigny comme
06:16adjointe, après ma réélection,
06:19comme adjointe en charge de la protection de l'enfance et des droits de l'enfant, c'est une première.
06:25Elle a été défenseure des droits de l'enfant.
06:26Je sais qu'elle va aussi m'aider à rehausser le dispositif que nous avons fait en temps.
06:31Ma question, elle était très précise.
06:32Oui, ma réponse l'est aussi.
06:33A quel moment avez-vous compris que ces affaires étaient systémiques et que ça n'était pas quelques cas isolés
06:40?
06:40Je vous redonne les chiffres qui m'ont été donnés d'ailleurs par le parquet il y a quelques jours.
06:45121 écoles maternelles publiques ont fait l'objet d'enquêtes.
06:49Cela signifie que 33% des écoles maternelles publiques, c'est-à-dire près d'une école maternelle sur trois,
06:55est concernée par une enquête judiciaire et une élémentaire publique sur six.
07:00Est-ce que vous maintenez que ces violences périscolaires n'ont pas de caractère systémique ?
07:05Je ne sais pas ce que vous entendez par systémique.
07:07Ce sont des violences d'une gravité absolue dans laquelle, et vous l'avez dit au début et M. le
07:14Président aussi,
07:15nous sommes là pour rechercher où les failles ont été, où elles peuvent être identifiées,
07:22pour qu'il n'y ait plus à l'issue de cette commission d'enquête, je l'espère,
07:27et que le législateur prenne aussi sa place dans le dispositif à venir, qu'il n'y ait plus de
07:34failles.
07:34Je ne sais pas ce que vous entendez par systémique.
07:36C'est un sujet national, c'est un sujet global.
07:41La violence contre nos enfants...
07:42Attendez, je réponds, madame.
07:43Je parle à l'échelle de Paris.
07:45Je réponds.
07:45Quand on a un tiers des écoles concernées par des enquêtes, c'était ça ma question tout à fait concrète.
07:51Ce qui est systémique, c'est la violence globale, les agressions contre nos enfants.
07:5480% de ces agressions ont lieu dans les familles.
07:58Et le reste, effectivement, dans tous les endroits où les enfants sont accueillis,
08:03que ce soit les centres de loisirs, les écoles, le périscolaire, les colonies de vacances.
08:08Bref, là où il y a des enfants.
08:09Ce qui est systémique dans notre pays, c'est qu'il y a enfin aujourd'hui une prise de conscience
08:15de nos institutions.
08:16Et je m'en félicite et votre commission contribue à cela.
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