00:00Le retour de l'info sur Europe 1, c'est dans quelques instants, mais d'abord votre édito politique avec
00:05Alexandre Devecchio.
00:06Bonjour Alexandre.
00:06Bonjour Alexis, bonjour à tous.
00:08Rédacteur en chef au Figaro et au Figaro Magazine.
00:10Et vous nous parlez ce matin, Alexandre, du refus, une fois de plus, du gouvernement de baisser les taxes sur
00:16les carburants.
00:17Exactement Alexis, et je vais vous dire pourquoi ce refus est une véritable erreur, une triple erreur même, économique, sociale
00:23et politique.
00:24Commençons par l'économie. Le chômage repart à la hausse, 8,3% au deuxième trimestre 2026, contre 8,1
00:31% au premier selon l'INSEE.
00:33La croissance, la Banque de France vient de revoir sa prévision pour 2026 à seulement 0,4%.
00:40Taxer encore plus le carburant dans ce contexte, c'est peser sur le pouvoir d'achat, sur la consommation et
00:45donc mécaniquement sur les recettes de l'État.
00:48Une politique comptable à courte vue, et pourtant il existe des marges de manœuvre.
00:52Nos taxes sur le carburant sont parmi les plus lourdes d'Europe, presque 60% du prix à la pompe.
00:57Les baisser coûteraient moins cher, et serait plus juste que d'empiler des chèques et des dispositifs que le Sénat
01:03lui-même qualifie d'usine à gaz.
01:05Et il faut le dire, les petites économies d'aujourd'hui sont trop souvent les grosses dépenses de demain.
01:10Et sur le plan social, Alexandre, qui paie vraiment ses taxes ?
01:13Pas le bobo parisien qui peut prendre le métro, son vélo ou même sa trottinette, ni le ministre qui dispose
01:19d'une voiture de fonction avec chauffeur.
01:22Nuit, l'ouvrier, la mère célibataire loin de sa crèche, l'agriculteur, le marin pêcheur qui vit de la mer
01:28et du port.
01:29Ou ce patient, obligé de rouler des kilomètres pour voir un médecin, faute d'en trouver un près de chez
01:34lui.
01:34Pour des millions de Français, cette fiscalité, c'est un vrai confinement énergétique.
01:39Refuser de l'abaisser, c'est prolonger l'oubli de la France périphérique et rurale par celle des métropoles.
01:44Et sur le plan politique, on pense forcément aux Gilets jaunes ?
01:47Forcément. Faut-il rappeler que la crise des Gilets jaunes est née précisément d'une taxe sur le carburant jugée
01:52injuste.
01:53Le coût politique fut immense. Des mois de blocage, une autorité de l'État écornée, une défiance jamais résorbée.
01:59Et près de 10 milliards d'euros de mesures d'urgence votées dans la précipitation en 2018 pour éteindre l
02:05'incendie.
02:05La preuve déjà que vouloir économiser quelques centaines de millions peut in fine coûter des dizaines de milliards.
02:11Est-ce que vous pensez, Alexandre, que ce mouvement des Gilets jaunes, à quelques mois d'une présidentielle, pourrait recommencer,
02:18pourrait revenir ?
02:18Je crains surtout que cette politique, censée rassurer les marchés, précipite la crise qu'elle prétend éviter.
02:24Les marchés détestent l'imprévisibilité et s'entêter ainsi.
02:28À ce moment-là, ce n'est pas de la stratégie, c'est du dogmatisme.
02:31Celui du gouvernement et de Bercy qui préfèrent couler le pays plutôt que de revenir sur leur ligne initiale.
02:37Économique, sociale, politique, la conjugaison de ces trois erreurs
02:40forme un cocktail explosif.
02:42Celui de France qui s'appauvrit, se fracture et qui un jour s'enflammera de nouveau
02:47parce que ses dirigeants n'auront pas voulu entendre à temps une colère pourtant prévisible.
02:51Et ça pourrait arriver plus vite que prévu puisqu'il y a un grand mouvement prévu en octobre.
02:56On verra s'il sera suivi.
02:58Merci Alexandre Devecchio.
02:59Merci Alexis.
02:59C'était votre édito politique.
03:00Bon week-end.
03:01Merci vous aussi.
03:02Merci.
03:02Merci.
03:02Merci.
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