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  • il y a 21 minutes
Depuis 2004, L’Atelier des Chefs accompagne celles et ceux qui souhaitent se former ou se reconvertir dans les métiers de la main, notamment dans la restauration mais aussi dans d’autres secteurs. Ces métiers manuels attirent de plus en plus, en témoignent leurs effectifs croissants. L’objectif de la nouvelle génération : se rapprocher de missions ayant du sens, dans des métiers en tension et désormais rémunérateurs.

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Transcription
00:04Dans un contexte où les métiers manuels attirent de plus en plus, la formation professionnelle devient un enjeu central pour
00:10répondre aux besoins des entreprises.
00:12Et depuis plus de 20 ans, l'atelier des chefs accompagne celles et ceux qui souhaitent se former ou se
00:17reconvertir dans ces métiers, notamment dans la restauration mais aussi bien d'autres secteurs.
00:22Pourquoi choisissent-ils les métiers de la main et quelles perspectives offrent-ils ? Nous allons voir tout de suite
00:27avec Nicolas Bergéraud.
00:29Bonjour, merci beaucoup d'être avec nous en plateau. Vous êtes cofondateur de l'atelier des chefs et vous avez
00:35été créé il y a plus de 20 ans, 2004.
00:3722 ans, juillet 2004.
00:39Voilà, à l'époque on parlait quand même beaucoup moins des métiers de la main. Déjà en termes de vision
00:44de ces métiers, ça a radicalement évolué, changé ?
00:48Ça a commencé à évoluer. Alors déjà, rien que la cuisine. La cuisine en 2004, c'était une corvée ménagère.
00:53Les gens disaient que c'était aussi embêtant à faire que le repassage ou le ménage.
00:57On a eu envie, avec François et Jean-Sébastien, mes deux associés, de remettre les Français au fourneau, de leur
01:02faire redécouvrir le plaisir de la cuisine.
01:03Donc là, à ce moment-là, on n'était vraiment que pour les amateurs, que pour les gens comme vous
01:06et moi. Puis petit à petit, on a évolué vers le professionnel, d'abord en présentiel, maintenant en distanciel.
01:11Et puis pas simplement sur la cuisine, sur tous les autres métiers qu'on appelle chez nous les métiers de
01:14la main et de l'humain, qui effectivement reprennent du poil de la bête.
01:18Justement, alors quelles sont les grandes étapes d'évolution de l'entreprise entre 2004 et aujourd'hui ? Est-ce
01:23qu'il y a eu des points charnières, on va dire, de consolisation ?
01:26Il y a eu des points très charnières. Quatre, en fait. On lance en juillet 2004, uniquement pour les amateurs.
01:31À partir de 2009, en 2009, il y a eu la crise des subprimes. Et donc, il y a eu
01:34un moment où notre business de cours de cuisine pour les amateurs était un peu difficile.
01:37Donc, on s'est mis à faire de la formation pro, mais en présentiel. On avait un atelier de formation
01:40professionnelle de cuisine uniquement en présentiel.
01:43À partir de 2011, on a commencé à lancer nos premiers cours de cuisine live en ligne. Donc là, c
01:48'était de nouveau pour les amateurs.
01:49C'était en direct et en ligne, tous les soirs, un cours à 19h30 pour qu'on cuisine tous ensemble
01:54et qu'on prépare un plat.
01:54Et donc, à partir de ce moment-là, on s'est rendu compte qu'on était capable de faire de
01:57la formation à distance.
01:58Et en 2017, on a lancé notre CAP, notre préparation au CAP de cuisine 100% digital.
02:05Et puis après, on a déroulé pour avoir maintenant 37 métiers sur lesquels on peut se former en digital.
02:10Oui, c'est ça, parce que vous n'êtes plus du tout seulement sur la restauration, même si vous appelez
02:14l'atelier des chefs, sur quels autres secteurs formés ?
02:16On est dans les secteurs du bâtiment, on est dans le secteur de la mécanique, on est dans le secteur...
02:20On vient de lancer un certain nombre encore de formations dans les métiers de bouche, la sommellerie, la cuisine végétale,
02:27le barista.
02:29Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, les formations qui se développent le plus, c'est celles du bâtiment.
02:34La plomberie, l'électricité, la maçonnerie, la climatisation, évidemment, avec les quatre mois qu'on vient de passer.
02:42Donc, aujourd'hui, on a pu prouver qu'on peut se former à n'importe quel métier d'artisanat en
02:46ligne pour obtenir un diplôme.
02:48Moi, je ne fais pas de formation sans diplôme.
02:50Formation avec un diplôme, soit un CAP de l'éducation nationale, soit un titre pro du ministère du Travail.
02:55Et après, surtout trouver un job, parce que c'est des jobs qui recrutent, qui recrutent, qui recrutent.
02:59Alors, vous avez parlé de formation digitale pour des métiers de la main. Comment ça se passe concrètement ?
03:03C'est vrai que comme ça...
03:04Alors, c'est vrai que ça interpelle un peu.
03:06Ça fait neuf ans qu'on a lancé ça et neuf ans qu'on essaye d'expliquer qu'une formation,
03:10c'est 200 heures de théorie, une formation chez nous.
03:12C'est 200 heures de théorie, 200 heures de pratique.
03:14Je vais prendre l'exemple de la cuisine, parce que je connais bien le CAP.
03:17Je l'ai passé en 2018 pour le plaisir de tester ma plateforme.
03:22Dans les poissons, il y a deux types de poissons.
03:24Il y a les poissons gronds, les poissons plats, et puis il y a les poissons à deux filets, poissons
03:27à quatre filets.
03:27Donc, il faut plein de théories pour comprendre la différence entre les différents poissons,
03:31comment ils sont, quelle est leur architecture.
03:34Et après, simplement, on apprend à lever le filet de poisson avec des vidéos.
03:37Bon, donc ça, c'est 200 heures de théorie pour tout apprendre sur toutes les règles et toutes les techniques
03:42de la cuisine,
03:43mais ça vaut aussi pour la plomberie, la maçonnerie, la couverture, etc.
03:46Et puis après, il y a 200 heures de pratique.
03:47Là, les gens doivent faire des exercices pratiques, soit chez eux, s'ils sont en reconversion professionnelle,
03:51soit en apprentissage chez le patron, et nous envoyer des photos ou des vidéos de ce qu'ils font
03:56pour qu'on puisse valider la qualité des productions.
03:59À la fin, on les présente aux examens de l'éducation nationale ou aux examens du ministère du Travail,
04:04et on a 97-98% selon les métiers de réussite aux examens.
04:08Donc, ça fonctionne techniquement.
04:10Après, comme le dit Jean-Sébastien, notre chef et associé,
04:13quand on a le CAP, on commence en restauration.
04:16Il faut cinq ans pour devenir vraiment cuisinier, puis encore cinq ans pour devenir chef.
04:20C'est des métiers qui s'apprennent évidemment sur le terrain,
04:22mais au moins, on a les codes, on a les postures de base.
04:25C'est ça, parce que vous avez parlé de diplômes, c'est des formations qui sont diplômantes,
04:31mais l'objectif derrière, c'est le poste, encore plus.
04:34Est-ce qu'à chaque fois, dans ces métiers-là, vous avez déjà en vision des offres de postes,
04:40des zones, des régions, des endroits où ils peuvent aller ?
04:43On ne lance jamais une formation si on n'est pas 100% sûr qu'il y a du boulot
04:46partout.
04:47Alors, quand je dis partout, évidemment, on va me dire qu'à cet endroit-là,
04:50je ne sais pas quoi, il n'y a pas besoin de boulanger ou de charcutier,
04:52mais objectivement, tous les métiers qu'on a lancés depuis cinq, six ans maintenant,
04:56ce n'est que des métiers qui sont en tension, donc des métiers qui cherchent de la main-d'œuvre.
05:00Et je le disais tout à l'heure qu'on reprit du poil de la bête.
05:02Pendant le Covid, les gens avaient envie de donner du sens à leur vie,
05:06donc d'être un peu moins derrière leurs écrans et faire un métier qui avait un peu plus de production.
05:12Et puis là, il y a un nouveau truc qui se passe, c'est depuis la fin de 2023,
05:14c'est l'avènement de l'intelligence artificielle,
05:16avec plein de gens qui disent, je suis derrière mon ordi,
05:18mais probablement que l'IA, dans les deux, trois, cinq ans à venir, va prendre mon job.
05:23Ou bien même des jeunes étudiants qui sont dans les grandes écoles aujourd'hui,
05:26qui disent, waouh, il va falloir que je revoie un peu mon plan de carrière.
05:29Et donc ces gens-là se disent, il faut que j'apprenne à faire un métier manuel,
05:32parce que c'est un métier d'avenir.
05:33Et je dois dire qu'un métier d'avenir manuel, on ne l'avait pas entendu depuis longtemps.
05:37Donc c'est vraiment un changement de paradigme sur l'éducation et la formation qui est hyper important.
05:42Et l'idée, c'est qu'à la fois les jeunes, leurs parents,
05:44que les parents arrêtent de dire, je veux absolument que passe ton bac d'abord,
05:48et que les proviseurs, en fin de troisième, arrêtent de dire,
05:50bon ben les bons, vous allez passer le bac, et puis les mauvais, vous allez faire un CAP.
05:53Non, ce n'est plus ça du tout.
05:54Maintenant, les métiers d'avenir, c'est les métiers de la main.
05:56Et ce Covid, justement, il a quand même vachement modifié la trajectoire de ces métiers
06:01dont on parle maintenant, comme des métiers en tension.
06:03Oui, les métiers essentiels, vous vous souvenez, du président qui parlait des métiers essentiels.
06:07Ça, ça a eu beaucoup d'impact pour vous ?
06:10Il y a eu cette première vague, effectivement, de ces métiers essentiels,
06:14de se dire, voilà un métier essentiel et qui a du sens.
06:19C'était les deux mots qui étaient importants.
06:21Et puis là, maintenant, on sent cette menace de l'IA qui fait qu'il y a des vagues entières
06:25de gens
06:25qui se disent, je veux faire ce métier-là parce que je sais que j'aurai toujours un boulot.
06:30Donc grâce à ça, on fait redécouvrir l'attrait de ces métiers de la main
06:34qui n'auraient jamais dû disparaître, objectif.
06:36Mais du côté des professionnels et des employeurs, du coup, est-ce que ça a valorisé aussi,
06:40même financièrement ? Est-ce que ça a permis d'apporter de meilleures rémunérations
06:45à ces métiers-là, par exemple ?
06:47Pas partout, évidemment.
06:48Il y avait plein de gens l'autre jour dans un débat qui disaient
06:51qu'on gagnait toujours mal sa vie en étant artisan.
06:53C'est vrai sur certains métiers, c'est peut-être vrai dans certaines régions.
06:57Maintenant, à Paris, faites venir un plombier chez vous, vous verrez que ça coûte un bras.
07:00Bon, et donc j'imagine que quelqu'un, en tout cas, gagne bien sa vie.
07:04Donc il y a un moment où, en effet, le rapport de force, je n'aime pas tellement ce mot
07:08-là,
07:08mais va changer entre salarié et patron.
07:10Il y a une telle carence aujourd'hui de professionnels de ces métiers-là
07:14que je pense que c'est le moment de se mettre sur le marché
07:17parce qu'il va y avoir du boulot et du boulot bien rémunéré.
07:19Il nous reste quelques secondes, mais comme vous avez franchi vos 20 ans,
07:22là, justement, les ambitions pour l'avenir, ça passerait pour quoi ?
07:25On continuait à développer plus de formations pour plus de types de personnes.
07:29Avant, on ne faisait que de la formation en reconversion.
07:30Maintenant, on fait de la formation en apprentissage.
07:33Moi, ma vision, c'est que je veux vraiment que, dans un avenir proche,
07:38les jeunes, les parents, les proviseurs, tout le monde se dit qu'un métier de la main,
07:42ce n'est pas la voie de garage, c'est au contraire une voie d'avenir.
07:45Et ma grande... Alors, ce que j'essaye de faire passer aujourd'hui,
07:48c'est que l'intelligence de la main, elle, elle n'est pas artificielle.
07:51Et que, vraiment, tous ceux qui vont choisir cette filière-là,
07:54ils ont encore du boulot pour un paquet de temps.
07:56Nicolas Bergerot, vous restez avec nous.
07:58On va tout de suite passer au débat éco pour comprendre vraiment les défis
08:01de ces métiers de la main et aussi de ces voies de professionnalisation
08:04qui sont souvent liées à ces métiers-là.
08:06C'est parti.
08:07Sous-titrage Société Radio-Canada
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