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  • il y a 10 minutes
En 2025, le groupe CETIH opère un recentrage stratégique sur ses métiers historiques des portes et fenêtres. Une manière de regagner en compétitivité idustrielle. Son président, François Guerin, revient sur l'originalité de son actionnariat salarié, qui concerne 55 % des effectifs. Il explique comment l'entreprise arrive à faire face à la crise du logement et répond aux défis environnementaux.

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Transcription
00:04Bonjour François Guérin, bienvenue.
00:05Bonjour.
00:06Vous êtes le président du groupe SETI, on va parler menuiserie, industrie, fabrication française et beaucoup de RSE.
00:12Vous êtes une société à mission depuis 5 ans, j'ai donné quelques chiffres, 50 ans de savoir-faire, 230
00:18millions de chiffres d'affaires,
00:201200 collaborateurs, 616 salariés actionnaires, ça représente 55% des effectifs,
00:26et une demi-douzaine de sites industriels en France.
00:29Et vous, quand vous présentez le groupe SETI, vous dites quoi à vos interlocuteurs ?
00:34Je dis que c'est un groupe qui a vraiment une histoire particulière, un modèle assez unique,
00:39puisqu'on a associé beaucoup de briques, que nous on appelait le capitalisme utile et responsable.
00:43Utile parce qu'on est entreprise à mission, c'est-à-dire on s'est posé la question à quoi
00:47on sert,
00:48et responsable parce qu'on travaille beaucoup sur nos impacts,
00:50faire en sorte qu'effectivement on améliore chaque année l'impact de l'entreprise,
00:54et puis on cherche à partager aussi avec nos collaborateurs, nos territoires, la valeur qu'on crée.
00:59Donc on a essayé un peu de redonner du sens à un capitalisme qui, pendant ces dernières décennies,
01:05était devenu très financier.
01:07Et nous, on croit au capitalisme en tant que modèle de développement,
01:10mais il faut le rendre utile et responsable.
01:13C'était qui passe le demi-siècle à barre des 50 ans.
01:18Ça fait combien de temps que ces enjeux-là, cette vision-là, elle est finalement au cœur du modèle ?
01:23C'est en 2008 que ça a démarré, où on a commencé à...
01:27Il y avait l'esprit de responsabilité.
01:29Je crois que quand on parle de RSE, la première lettre R veut dire responsabilité.
01:33Mais ce n'était pas structuré, formalisé.
01:35Et en 2008, on a fait travailler un certain nombre de salariés,
01:39c'est une quarantaine, pour dire, voilà, si on va sur cette démarche RSE,
01:43comment on peut la structurer, comment on peut vraiment rendre tout ça concret ?
01:47Il y a eu une production de beaucoup d'idées.
01:49Et de là est partie une structuration très forte,
01:51qui a vraiment irrigué toute l'entreprise.
01:54Et ce n'est pas de la RSE, je dirais, de greenwashing, de social washing.
01:57On voulait tout de suite que ça soit concret, avec des indicateurs très précis,
02:00et que ça irrigue toute l'entreprise.
02:02Quels sont les métiers, les produits essentiels du groupe CETI aujourd'hui ?
02:06Alors CETI, c'est un acteur de la menuiserie industrielle.
02:09On est leader en France de la porte d'entrée pour maisons individuelles.
02:12Et on a aussi une activité importante en fenêtre.
02:15Donc on est vraiment sur ce métier de la menuiserie, du produit sur mesure.
02:19On a industrialisé un métier qui était assez artisanal.
02:21Est-ce que vous vous êtes recentré sur ces métiers,
02:24après être peut-être parti dans une autre direction ?
02:27Oui. On est parti de la porte d'entrée, on a intégré ensuite la fenêtre,
02:30et puis à un moment donné, on s'est dit, on a eu une opportunité de soutenir une entreprise
02:34qui avait des difficultés, qui s'appelait Sistovie, qui faisait du photovoltaïque.
02:37Et on s'était dit, ben voilà, les portes, les fenêtres, le photovoltaïque sur la toiture,
02:40on fait un peu l'enveloppe de l'habitat.
02:42Tout ça, on s'est dit, on va faire une offre aussi un peu rénovation énergétique.
02:45Et puis est arrivée la crise du bâtiment, qui a été vraiment très violente.
02:49C'est la plus grosse crise du bâtiment depuis 40 ans.
02:52Et avec une chute, par exemple, sur la maison individuelle,
02:54nous, on vend beaucoup de portes d'entrée de 65%.
02:56Face à ces difficultés-là du secteur, on ne pouvait pas supporter des diversifications difficiles.
03:03Et face à l'ultra-concurrence chinoise sur le photovoltaïque,
03:06qui vraiment massacrait les prix, là, on a pris des décisions.
03:10C'est-à-dire qu'on se reconcentre sur ce qui fait 85% de chiffre d'affaires,
03:14ce qui est robuste, c'est-à-dire la porte et la fenêtre.
03:16Mais c'était une vraie déception, parce qu'on a dû arrêter cette activité photovoltaïque
03:23face à ce dumping chinois, et à l'absence de soutien de l'Europe,
03:27où clairement on nous a dit, il y a d'autres combats à mener,
03:30la batterie électrique, la voiture électrique,
03:32mais le photovoltaïque, on passait ça en perte de profit.
03:35Donc, nous, c'était beaucoup d'argent, beaucoup de temps,
03:37et nécessité aussi de prendre des décisions,
03:39et ça fait partie des décisions du chef d'entreprise
03:42de se concentrer sur l'essentiel, nos activités.
03:45C'était une façon de préserver l'indépendance du groupe, aussi ?
03:49Oui. C'est-à-dire que, lorsque vous êtes face à ces environnements
03:52de plus en plus chaotiques, comme on voit depuis quelques années,
03:56après la crise Covid, la guerre en Ukraine,
03:58la guerre aujourd'hui dans le détroit d'Hormuz,
04:02tout ça fragilise les équilibres,
04:04et c'est difficile à la fois de passer à travers toutes ces crises,
04:08et en même temps de supporter des développements qui sont difficiles.
04:11Et on s'est dit qu'on maintient nos activités de développement
04:13très fortement sur le cœur du métier,
04:15et les diversifications, là, on a arrêté.
04:18Alors, il y a énormément de thèmes passionnants à aborder,
04:21ça tombe bien dans cette émission, on a du temps.
04:24Je voudrais qu'on parle, effectivement, de cet actionnariat,
04:26je l'ai dit tout à l'heure,
04:2755% de vos salariés qui sont aujourd'hui actionnaires.
04:31Ça date de quand, et qu'est-ce que ça change ?
04:34Alors, l'actionnariat salarié a démarré tôt chez nous,
04:37c'est l'ancien président Yann Roland qui avait initié ça.
04:40On est à la fin, je dirais, des années 90,
04:44et là, il y a quelques salariés au début,
04:47et puis un peu plus.
04:48Moi, je suis arrivé début 2009,
04:52grosso modo, il y avait près 150 salariés actionnaires,
04:54c'était ouvert à tous,
04:56cadres, ouvriers, techniciens.
04:59Et puis, en 2009,
05:03lors de la transmission de l'ancien président vers moi
05:05et les collaborateurs,
05:07c'est là où on a basculé entreprise à mission.
05:09Et je crois que les deux marchent ensemble.
05:10C'est-à-dire qu'entreprise à mission,
05:11vous intégrez l'intérêt collectif dans votre stratégie,
05:15et pour porter cet intérêt collectif,
05:16je pense que c'est, à mon avis, très adapté
05:19d'avoir une gouvernance et un actionnariat
05:21plus ouvert, plus collectif.
05:22Et je crois que ça crée,
05:24c'est un élément supplémentaire de sens,
05:27un supplément sidame,
05:28pourquoi ?
05:29Parce que quand vous êtes actionnaire,
05:31vous possédez une partie du projet,
05:35vous êtes plus fidèle.
05:36C'est-à-dire que vous sentez
05:38l'état d'esprit des salariés
05:41qui viennent de devenir actionnaires
05:42un petit peu changer ?
05:44Ça peut aller jusque-là ?
05:45Je crois qu'on ne peut pas parler de,
05:47je dirais parfois,
05:49est-ce que, quand on regarde un salarié,
05:51est-ce qu'il est plus motivé
05:52parce qu'il est actionnaire ?
05:54Je ne sais pas si c'est détectable comme ça.
05:56Mais en tout cas,
05:58les gens se sentent un attachement
06:00et s'approprient l'entreprise
06:02de façon beaucoup plus forte.
06:04Et je parlais de fidélisation.
06:05La fidélisation, c'est un élément,
06:06c'est une performance.
06:07Plus vous gardez les gens,
06:09plus deviennent aussi des experts,
06:10deviennent performants.
06:11Et puis, c'est cette attention
06:12portée aux petits détails dans l'entreprise.
06:14Si je suis actionnaire,
06:15je fais ça de façon symbolique.
06:16quand je m'en vais le soir,
06:17j'éteins la lumière.
06:18Parce que c'est une partie aussi de,
06:21je fais attention à chaque dépense.
06:23Mais est-ce que ce n'est pas un peu cosmétique
06:26dans les pistes de décision ?
06:27Il faut quand même un président,
06:29un directeur général.
06:30Enfin, ce n'est pas la démocratie participative
06:33tout le temps.
06:33Alors, on n'est pas une coopérative.
06:35On est bien dans un modèle un peu différent.
06:37Et puis, on grandit sur ce chemin-là.
06:40Vous savez, dans l'entreprise,
06:41on dit souvent qu'il y a trois grands dialogues
06:43qui structurent l'entreprise.
06:44Il y a le dialogue social.
06:45Il y a le dialogue, je dirais,
06:48opérationnel, professionnel.
06:49C'est-à-dire, là, on pilote le travail
06:50entre son manager et son collaborateur.
06:52Et puis, il y a un troisième dialogue.
06:54C'est le dialogue de gouvernance.
06:55Quelle place aux salariés ?
06:56Alors, quand on fait de l'actionnaire salarié
06:58et que c'est marginal,
07:00que c'est 100 salariés sur 1 200
07:03et que c'est 5 % du capital,
07:06effectivement, au début,
07:07on a démarré comme ça.
07:08Et ils avaient une place
07:09dans un comité stratégique consultatif,
07:11mais pas votant.
07:12Là, c'est une autre dimension.
07:14On a prise.
07:14Et lorsqu'on a basculé dans ce modèle-là
07:17où l'actionnariat salarié,
07:18c'est à peu près 55 % des salariés
07:20et c'est un tiers du capital,
07:22ils sont passés au comité stratégique
07:24et là, ils votent les grandes décisions.
07:26Et on commence à structurer aussi
07:28le dialogue de gouvernance
07:29de telle sorte que ce représentant
07:31des salariés actionnaires qui votent,
07:32il est alimenté par un ensemble de référents
07:35qui, eux, sont en relation
07:36avec tous les salariés actionnaires.
07:37Donc, je pense qu'on vit ce chemin-là.
07:39Au début, c'était très consultatif.
07:42Maintenant, ça commence à devenir plus structurant.
07:44Et je suis tout à fait d'accord,
07:45c'est qu'à la fin, il y a un arbitrage.
07:48Et le président ou la direction
07:50a son rôle là-dessus,
07:51c'est qu'ils doivent arbitrer
07:52entre des intérêts...
07:53On a plusieurs actionnaires,
07:55les différents actionnaires,
07:56et bien sûr, les intérêts de nos clients.
07:58Donc, il faut prendre des décisions.
08:00Et ce n'est pas forcément
08:01l'actionnariat salarié seul qui décidera.
08:03Donc, ça sera bien sûr un consensus
08:06qu'on trouvera,
08:07qui nous sembra être le plus adapté.
08:08Est-ce que ça suppose aussi,
08:10je sais que vous avez formé vos managers
08:12au management responsable,
08:13est-ce que ça suppose aussi
08:14un management un peu différent
08:17à tous les niveaux de l'entreprise ?
08:19Moi, je crois aux modèles
08:20qui ont une certaine cohérence.
08:21C'est-à-dire que si on prône
08:23l'entreprise à mission,
08:24l'entreprise à mission,
08:25c'est celle qui est souci
08:26de sa robustesse à court terme
08:27et de sa robustesse à long terme.
08:29Donc, on considère intérêt court terme,
08:30intérêt long terme.
08:31Ça veut dire que vous avez des managers,
08:33qui sont formés à ça.
08:35Moi, je définirais le management responsable
08:38par deux choses.
08:39Concilier court terme et long terme
08:40dans chaque décision
08:41et concilier l'intérêt
08:43des différentes parties prenantes.
08:44Est-ce que quand je décide quelque chose,
08:46ça respecte bien l'intérêt
08:48de mes actionnaires,
08:49des salariés,
08:50de mes clients,
08:51de mon territoire ?
08:52C'est trouver cette ligne de crête
08:54où vous arrivez à concilier les intérêts.
08:56Le management responsable, c'est ça.
08:57Et ça répond bien aussi
08:58aux enjeux de l'entreprise à mission
09:00qui est un peu sur cette ligne de crête,
09:01enjeu financier et enjeu extra-financier.
09:03Si on regarde d'ailleurs
09:04la raison d'être du groupe CETI,
09:06je vais la citer,
09:07s'engager pour une entreprise
09:09et un habitat harmonieux, durable
09:10et tourner vers l'humain.
09:11C'est toujours un moment important,
09:13la définition de la raison d'être.
09:16C'est la phase précédente,
09:18le choix de devenir carrément
09:19entreprise à mission,
09:20d'inscrire cette raison d'être
09:22dans les statuts.
09:22Enfin, il y a un certain nombre
09:24de contraintes ou d'engagements,
09:26appelons ça comme on veut.
09:28Est-ce que vous pouvez nous raconter
09:29ce moment ?
09:30C'est un moment de pause
09:32où on réfléchit
09:33pourquoi moi, président, je suis là ?
09:35À quoi je sers ?
09:36Pourquoi moi, salarié, je suis là ?
09:37Oui, c'est étonnant
09:38parce qu'en fait,
09:39on est tous convaincus
09:40qu'on fait sûrement un métier utile,
09:42qu'on essaie de le faire bien.
09:45Mais au moment où vous dites
09:46bon, on va vraiment maintenant
09:47faire une pause,
09:48s'arrêter tous ensemble
09:49et réfléchir sur notre raison d'être,
09:52dire à quoi on sert ?
09:53Ici, on n'était pas là,
09:54est-ce qu'on serait remplaçable facilement ?
09:55Mais il faut vraiment
09:56se poser cette question-là.
09:57Et là, c'est vrai qu'émergent
10:00pas mal de mots
10:02et qu'à la fin,
10:03il faut converger vers quelque chose
10:04de simple,
10:05qui nous définit bien.
10:07Il faut éviter les mots
10:08qui sont des assemblages
10:09un peu mous
10:10et qui manquent de singularité.
10:12Je crois que chaque entreprise
10:14a un ADN profond
10:15avec une singularité.
10:17C'est ce qu'on a essayé de trouver.
10:18Et notre particularité
10:19dans notre raison d'être,
10:20c'est s'engager pour un habitat,
10:23une entreprise durable,
10:24harmonie et tournée vers l'humain.
10:25C'est qu'on a dit
10:26s'engager pour une entreprise
10:27et un habitat.
10:29C'est-à-dire qu'on propose
10:30des choses pour l'habitat
10:31sur le marché,
10:32mais on est aussi une entreprise
10:33et on essaie de faire en sorte
10:35que ce qu'on a à l'extérieur
10:36sur le marché
10:37est bien ce qu'on est aussi
10:38à l'intérieur,
10:39harmonieux,
10:39durable et tournée vers l'humain.
10:40C'est comme une personne.
10:42On s'est imaginé,
10:43l'entreprise est une personne.
10:44Vous êtes plus aligné,
10:46plus vous-même
10:48si ce que vous dites,
10:49ce que vous faites,
10:50c'est ce que vous ressentez
10:51à l'intérieur.
10:52C'est ce qu'on a essayé
10:52dure notre raison d'être.
10:53Et alors sur les produits,
10:56sur ce que vous vendez finalement,
10:59alors là,
10:59on va vraiment rentrer
11:00dans la partie,
11:02notamment le E,
11:04environnemental de RSE.
11:05Qu'est-ce que ça signifie ?
11:06Ça signifie des choix de matériaux,
11:08je ne sais pas,
11:08de l'économie circulaire,
11:10du recyclage.
11:11Comment vous travaillez là-dessus ?
11:12Alors, on a différents indicateurs
11:15d'impact de l'entreprise.
11:16Alors, bien sûr,
11:17on pense tout de suite
11:17au bilan carbone,
11:20consommation d'eau,
11:20consommation d'énergie,
11:21les déchets,
11:22voilà.
11:23Ça, c'est tous les impacts
11:24qu'on génère en tant qu'entreprise
11:26sur le plan environnemental.
11:28On les pilote depuis 2009.
11:30Et moi, pour être très simple,
11:31je disais à chaque fois,
11:31on a des indicateurs,
11:32pour chaque porte produite
11:33ou chaque fenêtre produite,
11:34voilà ce qu'on consomme en énergie,
11:35voilà ce qu'on produit
11:37comme déchets,
11:38voilà le bilan carbone.
11:39Par produit, par porte ?
11:39Oui, pour donner
11:40des choses très concrètes.
11:41Et c'est possible
11:43dans la granularité
11:44d'arrivée chez nous ?
11:44On a notre bilan carbone
11:45au global,
11:46on peut le diviser
11:46par le nombre de portes produites,
11:48par activité.
11:48Donc, on sait ramener ça
11:49à des choses ultra concrètes.
11:50Et je pense que c'est important
11:52parce que quand vous êtes
11:53dans une activité industrielle
11:54avec 1200 personnes,
11:56dont à peu près 750,
11:57800 ouvriers,
11:58il est important
11:59que les indicateurs
12:01soient compris
12:01d'en bas jusqu'en haut
12:02et que quand je suis
12:03sur ma ligne de production,
12:05je sais où j'impacte
12:06parce que si je génère
12:07moins de déchets,
12:08je sais que j'impacte
12:09aussi ces indicateurs-là.
12:10Donc, on travaille
12:11sur beaucoup de choses.
12:12La première chose,
12:13c'est l'éco-conception.
12:14On se dit
12:14chaque fois qu'on conçoit
12:17un nouveau produit,
12:18on mesure son impact
12:19et le but,
12:20c'est de continuer
12:20à descendre le bilan carbone.
12:22Donc, bien sûr,
12:23c'est des écomatériaux,
12:24c'est du matériau recyclé
12:25en grande quantité.
12:27On conçoit
12:27des nouvelles gammes
12:28aujourd'hui à l'aluminium.
12:29On est à 78%,
12:30voire 82%
12:31de matériaux recyclés.
12:33Les filières existent ?
12:35Les filières existent.
12:36Parce qu'il y a aussi
12:36cette question-là,
12:37quand on parle
12:37dans l'économie circulaire,
12:38les filières ne sont pas
12:39forcément matures.
12:40Alors, les filières existent,
12:42mais effectivement,
12:43attention au phénomène
12:44de saturation,
12:44parce que tout le monde
12:45va se concentrer sur ça.
12:46Donc, ça veut dire
12:46qu'il faut travailler en amont
12:48avec les bonnes filières,
12:49les bons fournisseurs,
12:50des partenaires
12:51qui vont investir
12:51sur leurs capacités.
12:53En tout cas,
12:53c'est ce qu'on surveille.
12:54On investit aussi
12:55plus fortement
12:56sur des écomatériaux.
12:58Nous avons racheté
12:59une usine, par exemple,
13:00de fenêtres bois
13:01il n'y a pas très longtemps.
13:02On faisait des portes bois
13:03plus longtemps,
13:03mais pas en fenêtres.
13:04Et donc là,
13:04on est allé sur ces matériaux
13:05parce que c'est un élément
13:07premier, je dirais,
13:08pour baisser l'impact carbone,
13:09c'est les écomatériaux.
13:10Voilà des exemples.
13:11Est-ce que les premiers gains
13:13sont plus faciles ?
13:14J'entends souvent ça.
13:16Donc là,
13:16vous rentrez
13:16dans le moment plus difficile,
13:18c'est ça ?
13:19Pour tenir l'objectif.
13:21La première objectif
13:22de dire
13:22on va baisser de 30%
13:23notre bilan carbone
13:24d'ici 2030,
13:25ça, je dirais,
13:26on sent qu'on est
13:27sur la trajectoire
13:28et qu'on va l'atteindre.
13:30Obtenir 50%,
13:31on pourra sûrement l'atteindre.
13:32Quand on se dit
13:33à 2050,
13:34on sera en neutralité carbone,
13:36en faisant une activité industrielle,
13:38il faut être réaliste,
13:39ça sera complexe.
13:40Ça veut dire que
13:41je ne pense pas
13:41qu'une activité industrielle seule
13:43pourra juste garantir
13:44la neutralité carbone.
13:46Sûrement,
13:46il faudra investir
13:47sur une forme de compensation.
13:48Ce n'est pas ce que je préfère au début
13:49parce que je pense
13:50qu'il ne faut pas déporter
13:51le problème ailleurs.
13:52Mais arriver quand même
13:52à la neutralité à la fin,
13:54je pense qu'il nécessitera
13:54d'intégrer aussi
13:56des investissements
13:56de compensation
13:57type des forêts,
13:59chose comme ça.
14:00Vous parliez du contexte
14:01de cette crise du bâtiment
14:02qui est effectivement
14:03une crise historique.
14:06Les engagements environnementaux,
14:07ils ont aussi un coût.
14:08Est-ce que c'est plus difficile
14:10de porter ce coût ?
14:11Est-ce qu'au contraire,
14:12vous vous dites
14:13que ça ne nous rend plus
14:14résistants, résilients,
14:15aux chocs,
14:16notamment aux champs climatiques ?
14:18Elle est un peu longue,
14:19ma question.
14:19Mais est-ce que ça peut aussi
14:20être un avantage concurrentiel ?
14:22C'est un peu tout ça.
14:24C'est-à-dire que
14:26c'est incontournable
14:28parce que quand je disais
14:29que la démarche RSE,
14:31c'est un élément aussi
14:31de robustesse,
14:33la démarche RSE,
14:34c'est une façon
14:34de déminer les risques
14:35de demain.
14:36Et on sait que
14:37sur certains matériaux,
14:39il peut y avoir
14:40des pénuries fortes.
14:40Par exemple,
14:41vous prenez l'aluminium.
14:42L'aluminium,
14:43la consommation,
14:44le besoin en aluminium,
14:46j'irais augmente
14:47quasiment deux fois plus
14:48sur les 30 prochaines années
14:49que la capacité
14:50à produire de l'aluminium.
14:51Parce qu'on n'en trouve
14:52partout.
14:52Les avions en veulent,
14:53l'éronautique,
14:54les voitures en mettent
14:55de plus en plus
14:55pour alléger,
14:56la transition énergétique,
14:58les éoliennes,
14:59les photovoltaïques.
14:59Donc, on a cet enjeu.
15:01Donc, ne pas s'occuper
15:02de trouver des matériaux
15:03alternatifs
15:04ou de mettre du recycler
15:05dans nos produits,
15:06je pense que là,
15:07ce serait une erreur stratégique.
15:08C'est vrai pour l'eau aussi.
15:09Le risque,
15:10le stress idénique.
15:11On a investi
15:12il y a 15 ans
15:12dans un retraitement
15:13de nos rejets d'eau
15:14pour être en boucle
15:15fermée sur le site,
15:17sur un site
15:17qui consommait beaucoup d'eau.
15:19On a fait ça
15:22parce qu'il peut y avoir
15:22un arrêté préfectoral
15:23de restrictions
15:24où vous ne serez pas concerné.
15:25Et donc,
15:25on ne sera pas concerné.
15:26C'est pour ça que je dis
15:27que la RSE,
15:27quand vous occupez
15:28de vos impacts,
15:28en fait,
15:29vous améliorez votre robustesse
15:30ou vous déminez
15:31des risques futurs.
15:32Est-ce que ça...
15:33Et je repose la question
15:34en associant coût
15:36et ou avantage concurrentiel.
15:39Sur le coût, d'abord.
15:39Alors, le coût,
15:41si je prends par exemple
15:42l'aluminium recyclé,
15:44vous avez des coûts
15:45aujourd'hui sur le marché
15:46de la matière pure
15:47à aluminium recyclé
15:48qui peuvent aller jusqu'à 25-30%
15:50au-dessus du coût d'aluminium
15:52vierge.
15:53Donc, oui,
15:54c'est un surcoût.
15:55Maintenant,
15:56vous avez aussi un marché
15:58qui s'est réglementé
15:59et qui vous demande
16:00aujourd'hui
16:00des bâtiments bas carbone.
16:02Donc,
16:03vous pouvez privilégier le coût
16:04mais ça vous exclut
16:05de certains marchés
16:05qui exigent
16:06ce critère bas carbone.
16:07Donc, nous,
16:08on est sur cette ligne de crête.
16:09On essaie de conjuguer
16:10aussi de la productivité
16:11et de la performance
16:11mais d'être vraiment aligné
16:13sur cet enjeu
16:14de bas carbone.
16:15Donc, je pense que moi,
16:17le chemin,
16:17il est possible.
16:18En tout cas,
16:18nous,
16:19on a réussi justement
16:19à concilier ses intérêts.
16:21Alors, ça veut dire
16:21attention aussi
16:22à ne pas le faire
16:22trop brutalement.
16:23Et c'est pour ça
16:24qu'on a écrit
16:25dans nos trajectoires
16:25de transformation
16:27quelque chose
16:27d'assez progressif
16:28de telle sorte
16:29que les équilibres économiques
16:30on sait à les piloter.
16:31Tout en continuant
16:32de produire en France.
16:33Alors, ça,
16:34c'est notre volonté,
16:36notre détermination.
16:38Moi,
16:38j'ai toujours été
16:38dans l'industrie.
16:40D'abord,
16:40dans l'industrie automobile.
16:41J'ai vu aussi
16:42cette industrie
16:42commencer à se délocaliser
16:44et puis les ravages
16:44que ça peut faire.
16:46Donc, on a une chance
16:47et que nous,
16:47on fait une industrie
16:48de produits sur mesure
16:48qui nécessitent quand même
16:49de la proximité
16:50mais on tient vraiment
16:51à produire en France.
16:52Donc, on a suffisant en France.
16:53Et si on va dans d'autres pays,
16:54ce n'est pas pour délocaliser,
16:55c'est pour, je dirais,
16:56accompagner le développement
16:56dans certains pays
16:57et produire localement.
17:00Là aussi,
17:02ça vous donne
17:03une place,
17:04un privilégié
17:05pour évaluer
17:07l'état de l'industrie française,
17:09sa capacité
17:10à résister aux risques.
17:11On parle beaucoup
17:12de réindustrialisation.
17:14C'est l'un des thèmes
17:14de cette campagne présidentielle.
17:16Sauf qu'entre les mots
17:17et la réalité du terrain,
17:19quel constat vous faites ?
17:20Je pense qu'on a
17:23une vraie fragilité.
17:24C'est le niveau Europe.
17:28J'en ai parlé tout à l'heure
17:30quand on évoquait
17:31les panneaux photovoltaïques.
17:33Mais on est dans un pays
17:34qui a une vraie volonté,
17:35je pense,
17:36de réindustrialiser.
17:36Il y a eu des actions
17:37pour soutenir
17:38l'industrie française.
17:40Mais quand vous êtes soumis
17:42à cette concurrence
17:44internationale
17:44et où il y a
17:45une absence
17:46de protection
17:46au niveau européen,
17:47c'est compliqué.
17:49Moi, j'étais 2023,
17:50les Chinois ont divisé
17:51leur prix de vente
17:51par trois
17:52sur les panneaux photovoltaïques.
17:53On ne peut rien faire.
17:55Je vois aujourd'hui
17:55la bataille qui est
17:56sur les voitures électriques.
17:58Il y a des mesures.
17:59Seront-elles suffisantes ?
18:00J'ai des craintes.
18:00Donc je pense que là,
18:01on ne joue pas à armégal.
18:02On a un tsunami américain
18:04sur le plan
18:04de tout ce qui est digital,
18:06la tech.
18:07Et puis on a à l'autre côté
18:08l'industrie chinoise
18:09qui aussi est un autre tsunami.
18:12Donc l'Europe doit jouer
18:13un rôle de bouclier ?
18:14Je pense que l'Europe
18:14doit jouer un rôle
18:15de bouclier plus fort.
18:16Mais le problème,
18:17c'est qu'on est un peu
18:17pris en otage.
18:18Parce que dès lors
18:19qu'on impose des restrictions...
18:20Il y a des mesures de rétorsion.
18:22Derrière,
18:22c'est des mesures de rétorsion
18:23et on a peur.
18:24Donc là,
18:24on s'est construit
18:25une ultra-dépendance
18:26qui m'inquiète.
18:27Le chemin entre reprendre
18:29de l'indépendance
18:30tout en ne cassant pas
18:32la dynamique commerciale
18:34pour les entreprises
18:34qui exportent,
18:35c'est étroit.
18:37Mais je pense
18:38qu'on ne pourra pas
18:40réindustrialiser
18:41sans mettre un peu
18:41plus de protection
18:42par rapport à ceux
18:43qui ne jouent pas
18:44avec les mêmes règles.
18:45Comment vous restez compétitif
18:46dans ce contexte-là ?
18:49On reste compétitif
18:50parce qu'on a...
18:52Pour moi,
18:52je m'appuie toujours
18:53sur deux choses.
18:56c'est l'innovation.
19:00On est identifié
19:00comme une boîte innovante
19:01et sans arrêt,
19:03on amène des...
19:03Mais on ne cherche pas
19:04des innovations gadgets,
19:05mais des innovations utiles
19:06en lien avec aussi
19:07notre raison d'être.
19:08Donc on a toujours
19:09cette culture de l'innovation
19:10qui aide à l'attractivité
19:12de nos produits,
19:13qui a créé ce petit plus,
19:14ce petit coup d'avance.
19:15Et puis le deuxième pilier,
19:17je dirais,
19:18c'est la performance opérationnelle.
19:21quand on parle de RSE,
19:24pour moi,
19:25la performance opérationnelle
19:26fait partie de la démarche RSE.
19:28C'est-à-dire qu'on doit
19:29garantir ce pilier économique.
19:30Donc on est toujours
19:31en pilotage aussi
19:32pour dire plus d'innovation
19:34pour créer l'attractivité
19:35et plus de performance
19:36pour que cette innovation,
19:37elle ne soit pas
19:39au détriment du prix.
19:40On arrive encore à innover
19:41sur des portes ou des fenêtres.
19:42C'est quoi la dernière innovation,
19:43par exemple ?
19:44Dernière innovation,
19:46c'est que...
19:46Vous voyez,
19:48des fois,
19:49on l'a anticipé,
19:50puis c'est arrivé à ce moment-là.
19:51Mais on sentait bien
19:52qu'avec le rushement climatique,
19:54on a besoin aussi
19:55de ventiler mieux les maisons.
19:56Et qu'aujourd'hui,
19:57dans vos portes,
19:58vous n'avez pas ça
19:58sur des portes contemporaines.
19:59Donc on a créé
20:00des portes contemporaines
20:03où il y a une grille contemporaine,
20:06un design très affleurant.
20:07Et derrière,
20:08vous avez une vitre
20:09qui s'ouvre
20:10et qui vous permet
20:10d'ouvrir votre port d'entrée
20:11et de ventiler aussi la maison.
20:13Et si ça permet
20:14de faire une ventilation
20:15qui traverse la maison,
20:16ça rafraîchit la maison.
20:17Donc,
20:18et là,
20:18c'est sorti,
20:18en fait,
20:19il y a quelques mois
20:20avant la fameuse canicule.
20:22Et je dis toujours
20:22aussi à mes équipes,
20:23même si on traverse des crises,
20:25dans ces crises,
20:25c'est comme les chinois le disent très bien,
20:27mais il y a toujours
20:27une opportunité.
20:28Et à nous,
20:29face à ce réchauffement climatique,
20:30d'inventer les nouveaux produits
20:31qui vont aider
20:32à ce que la maison
20:32ne se réchauffe pas trop.
20:33Donc il y a sûrement
20:34des tas d'innovations à trouver.
20:35Et la crise du bâtiment,
20:38par effet de ricochet,
20:39elle impacte évidemment
20:40une entreprise comme la vôtre.
20:44Elle peut durer
20:44combien de temps encore ?
20:45Vous voyez ce que je veux dire
20:47avant qu'une entreprise
20:48puisse vraiment souffrir.
20:50On a connu
20:51deux années très fortes,
20:52une première année de baisse,
20:53deux années,
20:54on était vraiment au fond,
20:55je dirais,
20:56le marché était très très bas.
20:592026,
20:59on a eu un début d'amélioration.
21:01Et là,
21:01aujourd'hui,
21:02on est vraiment dans la phase
21:03de me poser la question.
21:03Au moment,
21:04il y a une très grande incertitude
21:05parce qu'à nouveau,
21:06les indicateurs
21:07se redégradent.
21:09est-ce purement conjoncturel
21:10il y a ce contexte international,
21:12cette incertitude politique française ?
21:14Ou est-ce le début
21:15d'une nouvelle récession ?
21:18J'avoue que moi,
21:19je n'ai pas la réponse,
21:20mais je pense qu'on n'est pas
21:22sortis de la crise.
21:23C'est-à-dire qu'on a avant
21:24un horizon plus clair
21:25et sûrement en mi-2027.
21:27On a vraiment une année
21:28encore d'incertitude
21:29où ça va rester assez bas.
21:30On était au salon
21:31de l'immobilier
21:31bas carbone
21:32la semaine dernière
21:34au Grand Palais à Paris.
21:35Est-ce que les entreprises
21:36du secteur
21:37qui misent
21:38justement sur cette,
21:39et vous en faites partie,
21:41sur cette priorité
21:43sont mieux armées
21:45pour résister
21:45à cette crise du bâtiment
21:46ou pas forcément ?
21:48Dans un marché
21:49qui est restreint,
21:51si vous avez des règles
21:52notamment sur des
21:53on va construire moins
21:54mais on va construire mieux
21:56avec des enjeux
21:57de bas carbone,
21:57je pense que vous êtes
21:59plus à même
21:59de répondre à ça.
22:00Si vous avez innové
22:02comme je disais tout à l'heure
22:02en intégrant dans vos offres
22:04produits des choses
22:04plus adaptées
22:05au chemin climatique,
22:06vous serez mieux à même
22:06aussi de prendre
22:07je dirais
22:08les marchés plus rares
22:09qui existeront.
22:10Donc oui,
22:11c'est un atout supplémentaire.
22:13Mais bien sûr,
22:13je dis toujours
22:14en restant,
22:15je dirais collé
22:15au niveau du prix
22:17parce que cette réalité-là
22:18elle est là.
22:19On a beaucoup parlé
22:20de RSE.
22:21C'est intéressant
22:22parce que vous la rebaptisez,
22:24vous dites
22:24il est urgent
22:25dans un contexte
22:25d'une société fragilisée
22:26de redonner le sens
22:27du rôle étendu
22:28de l'entreprise RSE
22:28comme refaire société
22:30par l'entreprise.
22:32Pourquoi et comment
22:33surtout l'entreprise
22:34peut jouer ce rôle ?
22:36Alors,
22:39on est dans une société,
22:40je vais dire
22:41peut-être des banalités,
22:41mais c'est vrai
22:42qui se fragilise,
22:43qui se radicalise
22:44où le mot
22:46du vivre ensemble
22:47est parfois
22:49pas très bien.
22:50Ce n'est pas une réalité.
22:52Quand on voit parfois
22:52que sur une simple
22:53affrication,
22:54on peut aller jusqu'à
22:54des personnes
22:55qui ont des actes
22:56ultra-violents,
22:57ça interpelle.
22:59Et l'entreprise
23:01est un lieu
23:02où on peut faire société
23:04au sens collaborer,
23:06coopérer,
23:07partager un cadre
23:08et des valeurs,
23:09partager un projet commun.
23:11Et ça,
23:11c'est les bases
23:11du faire société.
23:13Et je sais
23:14que j'avais entendu
23:14quelqu'un dire,
23:15vous savez,
23:16vous allez avoir
23:17des jeunes
23:17qui arrivent
23:18dans vos entreprises,
23:19des gens
23:19qui ne sont pas passés
23:21longtemps par l'école,
23:23qui n'ont pas connu
23:24le service national,
23:25qui ont parfois perdu
23:26des références religieuses.
23:28Alors moi,
23:28ce n'est pas mon cadre
23:29de référence,
23:30mais en tout cas,
23:30ça a aidé aussi.
23:31Non, mais c'est vrai
23:31que si on fait la liste
23:32des institutions
23:33qui charpentaient
23:34un peu la société française,
23:35la religion en faisait partie.
23:36La famille a un peu explosé.
23:38Et il dit,
23:39vous, entreprise,
23:40vous serez la dernière paroisse
23:41ou le dernier lieu
23:42de référence.
23:43En fait,
23:44je pense que c'est
23:45un peu le cas.
23:46C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
23:47d'ailleurs,
23:47qu'on questionne les Français,
23:49à 75%,
23:49ils ont confiance
23:50dans leur entreprise
23:52et à 15%,
23:52ils ont confiance
23:53dans les partis politiques.
23:55On est un lieu de proximité
23:57où les gens
23:58savent encore
23:59travailler ensemble,
24:01respecter les horaires,
24:02respecter les valeurs,
24:03partager un projet.
24:04Et ça,
24:04c'est ce que j'appelle
24:05faire société
24:06et c'est la base,
24:07je dirais,
24:08du fonctionnement
24:08de l'entreprise.
24:09Donc,
24:10l'entreprise
24:10est un lieu indispensable
24:12pour que la société fonctionne.
24:14Est-ce que ça passe aussi,
24:16pour vous,
24:16pour le groupe CETI,
24:17par un certain nombre
24:19d'engagement sociétaux ?
24:20Et là,
24:20on est dans le S
24:23de l'acronyme RSE.
24:25Oui,
24:26alors nous,
24:27sur le plan sociétal,
24:29on accompagne aussi
24:30dans les territoires
24:31où on est,
24:31on accompagne
24:32des associations.
24:34On a monté,
24:35d'ailleurs,
24:35un comité
24:37d'impact sociétal.
24:39Et ce n'est pas
24:40moi qui décide
24:41aujourd'hui,
24:42tout seul,
24:42dire on va faire ça,
24:43ça ou ça.
24:44Ce n'est pas la décision
24:44uniquement du président.
24:45Bien sûr,
24:46j'ai un rôle,
24:46mais c'est un comité
24:48qui regroupe,
24:49je dirais,
24:49des gens de tous nos sites
24:50et on regarde
24:51sur tous nos territoires
24:52en suivant
24:53une politique
24:54qu'on s'est donnée.
24:54Nous,
24:55on soutient la fragilité,
24:56soutient la précarité,
24:58par exemple énergétique,
25:00soutient des actions locales
25:02qui aident au vivre ensemble.
25:03Voilà nos axes.
25:05Et les salariés
25:05aident à,
25:06en tout cas,
25:07contribuer à porter des idées
25:08et à choisir
25:08les thèmes
25:09qu'on va soutenir
25:09dans nos territoires
25:10où nous sommes.
25:11Il y a les engagements
25:12sociétaux ou sociaux
25:13d'ailleurs,
25:13internes à l'entreprise.
25:14C'est-à-dire,
25:15on peut parler parité,
25:18on peut parler handicap,
25:21formation,
25:21etc.
25:22Donc là,
25:23je vais commencer
25:23par la parité,
25:24par exemple.
25:25Est-ce que ça fait partie
25:26des engagements
25:26ou des actions
25:28que vous menez ?
25:28Alors oui,
25:29encore la semaine dernière,
25:30on avait une partie
25:31de notre comité de direction
25:33qui était focus
25:34sur ce thème-là
25:35et c'est un thème
25:36pas facile en plus
25:37dans le secteur industriel.
25:39Nous,
25:39on est à peu près
25:40à,
25:40je dirais,
25:4129% de femmes
25:44et on a fait
25:44beaucoup d'actions
25:45sur le sujet.
25:47Je me souviens,
25:48il y a à peu près
25:4815-16 ans,
25:49il y avait très peu
25:49de femmes dans les ateliers.
25:50J'avais lancé une action
25:51qui avait marqué à l'époque,
25:53on dit,
25:53on ne porte plus
25:54dans les ateliers
25:55de charge.
25:56Les choses coulisses,
25:57glisses,
25:59roues,
25:59mais on ne porte plus
26:00et on a pu féminiser
26:02les ateliers.
26:02C'est comme ça
26:03qu'on a démarré.
26:04Et puis après,
26:04il y a toute la féminisation
26:05aussi dans l'encadrement.
26:07Là,
26:07c'est sûr qu'on se heurte
26:08aussi à cette réalité,
26:09c'est que dans les écoles
26:10d'ingénieurs,
26:11ça ne décolle pas
26:12autour de,
26:13j'ai entre 25 et 30%
26:14de proportion de femmes,
26:15donc on le retrouve
26:15effectivement dans les CV
26:16qu'on a.
26:17Mais c'est une action
26:17permanente que l'on mène
26:19avec un objectif
26:21de progression
26:21et on a,
26:23je dirais,
26:23en 15 ans,
26:23en tout cas dans nos ateliers
26:24de production,
26:25beaucoup progressé.
26:26Et le but,
26:26c'est de faire monter aussi.
26:28Pour l'instant,
26:29dans la hiérarchie,
26:30il y a plus de femmes
26:31dans les ateliers
26:31et un peu moins,
26:32plus on monte dans la hiérarchie
26:33parce que c'est souvent
26:34une difficulté.
26:34Sur le COMEG,
26:35tout est sur 8,
26:36il y a deux femmes,
26:37ce n'est pas suffisant,
26:38mais ça reflète,
26:40je dirais,
26:40un peu ce qu'on vit.
26:41Et donc,
26:42on a pris de nouvelles décisions
26:44d'augmenter aussi
26:45les personnes
26:46qui vont arriver
26:46en production en femmes
26:47pour faciliter
26:48cette capacité
26:49après à faire évoluer.
26:50Parce que directement
26:51recruter des femmes
26:53dans le secteur industriel
26:54sur un poste
26:54de direction d'usine,
26:56quand vous faites aujourd'hui
26:56une recherche de CV,
26:57c'est très dur déjà
26:58d'avoir un CV de femmes.
26:59Donc on s'est dit,
26:59il faut qu'on en fasse
27:00rentrer plus sur le terrain
27:02dans des postes opérationnels
27:04et petit à petit,
27:05ça va évoluer,
27:05ça va irriguer l'entreprise.
27:07Donc là,
27:07c'est vraiment une décision
27:08aussi d'action
27:08à la fois du court terme
27:09qu'on en peut
27:10mais aussi du long terme.
27:11Merci beaucoup François Guérin,
27:13bon vent au groupe SETI,
27:14à bientôt sur BeSmart4Change.
27:16Merci à toutes et à tous
27:18de votre fidélité
27:19à BeSmart4Change.
27:21Je vous dis à très vite.
27:21Salut.
27:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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