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Tous les jours, actualité, débats et bonne humeur rythment L'Heure des pros. Ce mardi, Pascal Praud revient sur l'explosion des prix du carburant et la conférence de presse du gouvernement pour annoncer de nouvelles aides.

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00:01Les carburants, parce que c'est un sujet qui évidemment est important.
00:05Il y a une réunion cet après-midi ?
00:06Conférence de presse même du ministre de l'économie, porte-parole du gouvernement,
00:10pour annoncer de nouvelles mesures d'aide.
00:12Ce qui circule, c'est peut-être rendre plus de personnes éligibles à cette aide, des grands rouleurs.
00:18Aujourd'hui c'est 17 000 euros de plafond par an pour être éligible,
00:21donc ça concerne en fait 3 millions de personnes.
00:23Mais les gens ne viennent même pas chercher.
00:24Dont la moitié en est sinon pas à demander, parce que c'est une usine à gaz.
00:27Mais les gens ne viennent même pas chercher.
00:28Les gens qui ont le droit à des aides, ils ne viennent pas.
00:30Mais pourquoi, ce qu'on avait dit, pourquoi ne pas fixer le taux des taxes à un prix
00:40où le carburant a été acheté ? Vous me comprenez ?
00:43C'est-à-dire que s'il a été acheté à 50 ou à 60, à ce moment-là, l
00:48'État ne gagne pas d'argent sur vous.
00:50On considère que l'État ne s'enrichit pas sur la bête.
00:57Mais parce que c'est des milliards et des milliards.
00:59Et que ces milliards, on en a besoin.
01:01Tout revient au même problème, Pascal.
01:03C'est le problème de la dette publique.
01:05Tout est là.
01:06Oui, mais il y a quelque chose d'immoral à ce que l'État se gave sur notre dos.
01:10Dans un monde normal, on aurait un budget qui serait à l'équilibre,
01:16on aurait même un peu de gras pour les jours où il y a des problèmes.
01:20Là, on est face à un problème.
01:21Et à ce moment-là, on utiliserait la cagnotte.
01:23Donc, la logique, ce serait ça.
01:25Vous saviez qu'on n'avait pas de raffinerie ?
01:26Vous l'avez découverte ?
01:27J'ai vu ça dans la presse.
01:28Vous le saviez les uns les autres ou pas ?
01:29Notre problème, c'est pas tant le détroit d'Hormuz qu'on n'a plus de raffinerie.
01:34On en a six, on en avait 24.
01:36Non.
01:36C'est ce que disait Pavlenko ce matin, Dimitri Pavlenko.
01:39Et je le crois volontiers.
01:41Oui, c'est les chiffres.
01:42Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi est-ce qu'on a perdu les trois quarts de ces
01:46raffineries ?
01:46Pourquoi est-ce qu'elles ont fermé ?
01:49Désindustrialisation ?
01:49Oui, mais je voudrais comprendre.
01:50Parce que les communes n'en veulent plus.
01:51Parce que l'importation...
01:53Effectivement, il y a des pays qui nous exportent des produits raffinés.
01:58C'est le problème de l'Arabie Saoudite, d'ailleurs.
02:01Parce qu'on est pris...
02:02Tout le monde a compris pourquoi est-ce qu'il y a un étau dans lequel la situation des Français
02:07va devenir assez rapidement irrespirable.
02:10C'est qu'il y a d'un côté, effectivement, la raréfaction du pétrole qui arrive du détroit d'Hormuz,
02:16du Golfe en général, parce qu'avec les problèmes à Babel Mendeb,
02:21c'est tout le pétrole exporté du Golfe qui désormais est limité.
02:27Et puis par ailleurs, le pétrole qui arrivait d'Ukraine et de Russie,
02:31et lui aussi les produits raffinés que nous vendaient la Russie,
02:34sont eux aussi désormais limités,
02:37parce que les Russes les gardent pour eux.
02:40Et enfin, les stocks stratégiques dans lesquels on a beaucoup puisé
02:46depuis le début du conflit,
02:48les stocks stratégiques ne sont désormais pas à sec,
02:51mais on en voit la fin.
02:54Donc il y a réellement, dans ces crises qui continuent,
02:58à la fois en Ukraine et en Russie, et dans le Golfe,
03:01le risque d'une pénurie de certains produits, notamment les produits raffinés.
03:05Sur les stocks stratégiques, vous vous souvenez,
03:07parce qu'on a découvert l'organisme qui était la sagesse.
03:12C'est-à-dire le ministre lui-même,
03:14vous vous rappelez de cette séquence absolument hallucinante,
03:18où on l'interrogeait, on lui disait,
03:20mais vous savez la sagesse ?
03:22Et il ne savait pas que la sagesse,
03:25ce sont des opérateurs privés,
03:27que l'État participe au conseil d'administration,
03:30mais n'a pas complètement voix au chapitre.
03:33Il peut enjoindre la sagesse, libérer les stocks.
03:36Mais on a fermé les raffineries parce que le coût était trop cher.
03:40Mais oui, c'est beaucoup plus cher de raffiner en France
03:43que de raffiner dans le Golfe.
03:44Et puis par ailleurs, on n'en veut pas dans les communes,
03:47les écologistes crient, ça pollue, c'est ça aussi.
03:50Il y a le problème environnemental que posent les raffineries.
03:53Bon, écoutez quelques Français qui ont été interrogés sur les carburants.
03:57Ah ben lui, il doit savoir.
04:00Même est-ce que je vais pouvoir manger bien à la fin du mois ?
04:04C'est juste abusé.
04:05Nous, en tout cas, dans les camions, on met jusqu'à presque 200 euros maintenant
04:09pour les réservoirs.
04:10Et dans les voitures, c'est minimum pour 40 litres.
04:13On est déjà à 110 euros.
04:14Je me moquais des gilets jaunes avant,
04:16mais là, franchement, ils ont juste raison.
04:20Ils ont juste raison.
04:20C'est impossible de part sur le travail,
04:23aller faire ses courses.
04:25Franchement, c'est juste invivable.
04:27Faire plaisir aux enfants, par exemple,
04:28manger au moins une fois par mois dehors avec les enfants,
04:31c'est un peu compliqué.
04:34Et oui, on va se priver un peu de se faire plaisir, en fait.
04:38On est à 2,88, parfois, dans certaines stations à service.
04:44Chez Total, c'est plafonné.
04:46Et Emmanuel Macron a demandé de l'aide.
04:47Oui, alors chez Total...
04:4999.
04:50Incroyable.
04:51C'est pour ça qu'il y a...
04:52Moi, dimanche, j'ai fait le plein dans Paris,
04:54une station à service, 1,99.
04:56Il n'y avait personne.
04:57Et j'ai dit...
04:58Parce qu'à là, elles sont prises d'assaut, en ce moment.
04:59Elles sont prises d'assaut ?
05:00Comment ?
05:02Je peux lui donner l'adresse.
05:03Non, mais...
05:05Et j'ai dit aux pompistes,
05:07je lui ai dit, mais il n'y a personne.
05:08Il me dit, non, c'est l'heure du déjeuner.
05:09Il était midi, dimanche.
05:11D'ailleurs, on entend moins la gauche parler de Total,
05:12en ce moment, vous aurez remarqué.
05:14C'est pas Total, c'est grâce à eux que le prix baisse.
05:15Et ce qui est frappant, c'est qu'on a véritablement l'impression
05:19d'être en voie de tiers-mondisation.
05:21Enfin, je suis désolée de le dire comme ça,
05:22mais ce qui est...
05:23Vous parliez, en début d'émission,
05:25des déclarations de Milley.
05:26Quand on regarde le PIB par habitant aux Etats-Unis,
05:29c'est 83 000 par habitant.
05:31En France, en Europe, c'est la moitié.
05:33Et pendant qu'eux, leur pouvoir d'achat s'envole,
05:36nous, ils diminuent.
05:37C'est une catastrophe à tous les niveaux économiquement.
05:39Et quand on entend des gens dire qu'ils vont se priver,
05:42en fait, c'est affligeant.
05:44Et vous aviez raison de dire que c'est immoral
05:46de voir que l'Etat ne cesse de nous taxer.
05:49Mais aujourd'hui, la dette est à un tel niveau
05:51qu'il est à l'os et qu'il n'est même pas capable
05:53de sauver les gens de telles situations.
05:55Ne serait-ce qu'en baissant une proportion des taxes
05:57qui sont aujourd'hui autour de 60% sur le carburant.
06:00Et les seuls...
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