- il y a 20 minutes
Thierry Cotillard, président du groupement Mousquetaires, à la tête de plus de 2 000 magasins Intermarché et Netto, appelle à "se préparer au pire" sur la hausse des prix des carburants. Il appelle le gouvernement "à prendre des décisions d'accompagnement plus larges que les aides ciblées".
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Et voici le grand entretien avec le patron d'Intermarché, c'est le groupement Mousquetaire.
00:05Et avec vos questions, chers auditeurs, et vos réactions au 01 45 24 7000 et sur l'appli Radio France.
00:12Bonjour Thierry Cotillard.
00:13Bonjour.
00:13Merci d'être avec nous ce matin sur France Inter à la tête de plus de 2000 magasins,
00:18Intermarché et Netto, notamment partout en France.
00:21Vous êtes en première ligne pour mesurer les difficultés des Français
00:25avec ce litre de carburant de gasoil à presque 2,50 euros en moyenne,
00:30le retour de l'inflation alimentaire.
00:33Comment est-ce que vous qualifiez cette rentrée du point de vue du pouvoir d'achat des Français ?
00:37C'est une rentrée qui est quand même très compliquée
00:39parce que ce prix de l'essence, vous venez de l'évoquer après 2,50, ça pèse.
00:43Il y a quand même un Français sur cinq qui met un mois de salaire pour payer l'essence.
00:47Donc derrière, on a moins de déplacements.
00:49Et puis il y a un impact sur la consommation où ça s'accélère,
00:51les gens qui font des arbitrages ou qui déconsomment.
00:53Donc une rentrée un peu morose, il faut le dire.
00:56Même si sur la rentrée scolaire, les cours sont coûtés moins cher.
00:59Sur l'échelle de Richter, ça peut se dire des crises.
01:01Vous avez connu comme patron de la grande distribution la pandémie de Covid,
01:05la crise énergétique liée à la guerre en Ukraine,
01:08la crise des Gilets jaunes, évidemment.
01:10Encore avant, comment est-ce que vous situez là
01:13les sortes de multi-crises qu'on est en train de vivre sur cette échelle-là ?
01:16En fait, le pire, ça a été le Covid.
01:19Mais je suis inquiet, en fait, pas seulement de ce qu'on vit là,
01:22mais de ce qu'on va vivre.
01:22On va certainement en parler.
01:24C'est-à-dire, si la situation ne se détend pas,
01:26si on dépasse les 2,50 euros et si ça dure,
01:29il y aura un mur d'inflation et on va revivre la crise de l'Ukraine.
01:32Vous vous rappelez, on avait pris 20% en deux ans.
01:34Alors précisément, vous êtes distributeur,
01:36parce que vous avez des stations-service à coller à vos supermarchés.
01:39On entend dire 3 euros le litre.
01:42C'est pour bientôt ?
01:43C'est une perspective que vous envisagez ?
01:45En fait, j'ai la même réponse depuis 8 mois, c'est totalement imprévisible.
01:49Ça va dépendre de ce qui se passe en Arabie Saoudite, ça va dépendre des déclarations de Trump.
01:54Il faut se préparer au pire et j'ai envie de vous dire, on n'a pas tellement de levier
01:58de manœuvre parce qu'on a 2, 3 centimes de marge.
02:00Donc, il faut que le gouvernement se prépare à prendre peut-être des décisions d'accompagnement qui aillent plus large
02:05que les ciblés,
02:06qui sont évidemment la bonne politique à l'heure actuelle.
02:09Combien le litre de gazole dans vos stations-service ?
02:12Il est à 2,40.
02:13Oui, c'est-à-dire à peu près, à la moyenne, on est un peu en dessous de 2,41.
02:16C'est ça.
02:16Aujourd'hui, hier, à ce même micro, Thierry Cotillard, le ministre de l'économie, Roland Lescure, nous disait que
02:2117% des stations sur tout le territoire avaient au moins un carburant manquant,
02:25c'est-à-dire faisaient l'objet de pénuries.
02:27Dans vos stations-service, qu'est-ce que ça donne ? Est-ce qu'elles sont toutes achalandées ?
02:30Il nous précisait aussi que dans ces 17%, il y avait 91% de 9 stations sur 10
02:35qui étaient des stations totales qui étaient visées par des pénuries.
02:37C'est exactement ça, en fait. On a un petit écart de prix, vous le savez, entre Total et tous
02:41les autres acteurs.
02:42Est-ce que vous ne plafonnez pas comme Total ?
02:43On ne plafonne pas. On aimerait bien d'ailleurs que Total nous fasse ses prix de raffineur,
02:47comme ça on pourrait pratiquer les mêmes prix.
02:49Ce n'est pas le sujet, la réalité. Pas d'inquiétude sur la pénurie, puisque chez Intermarché, chez Leclerc, chez
02:54Système 8,
02:54il n'y a pas de pénurie quand vous allez à nos pompes.
02:57Et surtout, il y a des stocks stratégiques qui sont de plusieurs semaines, qui n'ont pas été attaqués au
03:01niveau de la France.
03:02Plusieurs semaines, c'est-à-dire qu'au fond, on peut tenir combien de temps ?
03:04Je crois que c'est deux mois. C'est deux mois, donc il y a de la marge.
03:08Donc seulement deux mois de visibilité ?
03:09Oui, oui, tout à fait.
03:10Vous dites que les gens se déplacent moins.
03:12Qu'est-ce que vous avez noté comme baisse de distribution, de consommation de carburant dans vos stations ?
03:18On est à moins 6, donc c'est quand même notoire. Ça fait beaucoup de volume.
03:23Le gouvernement, Thierry Cotillard, va annoncer dans la journée, en fin d'après-midi, des nouvelles aides sur le carburant.
03:29Pour aller plus loin que les aides ciblées, les aides dites gros rouleurs qui ont déjà été décidées,
03:34est-ce que vous considérez que c'est nécessaire ?
03:37Et est-ce que c'est la bonne stratégie de rester sur cette idée de cibler ceux qui en ont
03:41besoin,
03:42plutôt que des aides qui arroseraient plus large ?
03:43Alors j'ai toujours défendu l'idée que comme on n'avait plus les moyens du quoi qu'il en
03:47coûte, il fallait cibler.
03:48Il fallait absolument cibler le premier maillon de la chaîne, les transporteurs, les agriculteurs,
03:52sinon vous alliez avoir une inflation en cascade.
03:54Ce qu'il faut faire aujourd'hui, c'est recalculer.
03:56C'est-à-dire que ces aides ont été calculées à un moment où il y avait un niveau qui
04:00était peut-être à 1,80 quand on est à 2,50.
04:02Évidemment, l'aide doit être plus importante.
04:04Et puis ce qu'on a vécu surtout la semaine dernière avec les pêcheurs, qu'on connaît bien,
04:08c'est qu'il est inacceptable qu'il y ait eu des aides qui ont été payées pour mai
04:11et que depuis, rien n'a été débloqué.
04:14Donc il y a une urgence, si vous voulez, à faire l'annonce qu'on aide, mais il faut surtout
04:17le faire concrètement.
04:18Je rappelle aux auditeurs qui peuvent nous appeler, sans doute ont-ils des sueurs froides
04:22en faisant leur plein à la pompe à essence, qu'ils viennent nous en parler.
04:26Ils sont évidemment les bienvenus.
04:29Il est question d'une règle d'or.
04:31Le gouvernement s'apprêterait à proposer une règle d'or dans le budget 2027
04:36pour redistribuer le surplus de TVA généré par la hausse des prix des carburants.
04:40C'est une information de nos amis de France Info ce matin.
04:44C'est du bon sens, il faut le faire.
04:46Je pense que les Français ne comprendraient pas à 2,5 ans, voire plus,
04:50que ça enrichisse l'État et qu'il n'y ait pas de redistribution.
04:53Donc il y a une baisse des volumes.
04:54Le moins 6 qu'on a chez Intermarché, je pense que c'est la tendance du marché
04:59puisque la première économie, c'est de ne pas prendre sa voiture.
05:01Maintenant, le niveau taxe en pourcentage est très important et surtout en valeur.
05:05C'est beaucoup plus que quand c'était 1,5 ans.
05:07Donc il faut faire l'équation et le surplus, je pense que c'est une très bonne décision politique
05:10que de penser qu'il faille le redistribuer.
05:13Mais vous savez, Thierry Cotillère, que certaines oppositions notamment
05:16vont y voir la validation de leurs arguments consistant à dire
05:19il ne faut pas seulement faire des aides ciblées, mais il faut baisser les taxes
05:21puisque l'État s'enrichit au fur et à mesure que le prix à la pompe augmente.
05:27Quel regard est-ce que vous portez sur ces propositions,
05:29pour dire les choses notamment du Rassemblement national,
05:32qui dit qu'il faut passer de 20 à 5,5% la TVA sur les carburants ?
05:36Alors, je ne vais pas commenter la position d'un parti.
05:39Je vous dirais que si on peut effectivement avoir cette position de bon sens
05:44de dire les surplus vont être redistribués, c'est une première chose.
05:47Et ce qu'on a poussé, Michel-Édouard Leclerc l'a dit et je l'ai repris,
05:50c'est qu'il y a une taxe qui s'appelle les C2E,
05:53qui sont les certificats d'économie d'énergie,
05:56qui sont très importants pour notre futur
05:58puisque ça finance les schémas de décarbonation,
06:00il ne faudra jamais revenir dessus.
06:01Par contre, dans une situation aussi exceptionnelle,
06:04on pourrait penser qu'il faille la suspendre.
06:06On parle de 20 à 25 centimes et ça, ça ferait la différence.
06:09Donc je pense que quand on va dépasser les 2,50 euros,
06:12le gouvernement doit vraiment statuer sur cette suspension de C2E
06:15qui permettrait de l'argent.
06:16Mais c'est de l'argent en moins pour la transition écologique,
06:18pour l'électrification des usages, pour les travaux de rénovation.
06:21Exactement, mais c'est privilégier l'urgence.
06:23En gros, on passe la bosse et puis on préparera à l'avenir dans 6 mois.
06:26De la même façon qu'on peut revenir sur la qualité du raffinage,
06:31c'est-à-dire des diesels.
06:32Le président Macron hier a écrit à Ursula von der Leyen
06:34pour lui demander si ce n'était pas possible
06:36de baisser un peu en exigence qualitative et environnementale
06:41la production de ce carburant spécifique
06:45qui est celui qui est le plus cher actuellement.
06:47C'est-à-dire qu'à période exceptionnelle,
06:50l'écologie du climat...
06:52Toutes les mesures, quand les Français serrent la ceinture,
06:54quand on est à 2,40 et qu'on n'arrive pas,
06:57comme un cinquième des Français,
06:58à joindre les deux bouts à la fin du mois.
07:01Je vous rappelle qu'un cinquième des Français
07:02sont régulièrement dans le rouge.
07:03Toutes les mesures qui permettront de baisser le prix de l'essence
07:06sont les bienvenues.
07:07Juste un mot avant de parler d'inflation,
07:08puisqu'on a cette question de Philippe.
07:09Vous l'avez évoqué rapidement, mais ça mérite d'y revenir.
07:12Philippe, qui vous demande sur l'application Radio France,
07:14pourquoi est-ce que vous ne plafonnez pas les prix comme total ?
07:16En fait, je ne peux pas les plafonner
07:18parce que j'ai une variabilité du prix d'achat
07:21en fonction des annonces.
07:23Un jour, je vais l'acheter à 2,20.
07:24Le lendemain, je vais l'acheter à 2,30.
07:26Et donc, si je plafonne à 2,25,
07:28le jour où c'est 2,30,
07:29je perds 5 centimes et 5 centimes,
07:33je n'ai pas les moyens et quand on parle
07:36des opérations prix-coûtant, je pourrais vous faire l'annonce
07:38ce matin sur France Inter, super, je vous fais une opération
07:40prix-coûtant, on va parler de 3 centimes,
07:42c'est ma marge. Donc, ce n'est pas ça qu'attendent les Français.
07:44Les Français attendent 30 centimes, c'est pour ça que je vous parle
07:46de mesures plus structurelles.
07:48Vous parlez des Français qui sont dans le rouge,
07:50on suppose que l'argent qui passe
07:52dans les pleins aux stations-services, c'est de l'argent
07:54en moins pour remplir
07:57son caddie au supermarché.
07:58Vous le constatez ?
07:59Vous avez cité pour le groupement des mousquetaires intermarchés,
08:01on a une activité plus large qui est celle aussi du bricolage,
08:03le bricomarché.
08:04J'ai envie de vous dire, l'alimentation tient,
08:07c'est-à-dire qu'on n'a pas de baisse
08:09de volume, qui était notre inquiétude,
08:11parce que crise de pouvoir d'achat, est-ce que les gens vont déconsommer ?
08:13Il n'y a pas de déconsommation.
08:15Mais je pense qu'on profite aussi
08:17d'un report, c'est-à-dire dans cette période
08:19d'incertitude, de morosité,
08:20les gens ne se font plus plaisir à aller au restaurant,
08:22il y a certainement un circuit de distribution qui fait
08:24du moins 10, du moins 15, et évidemment qu'on ne va pas
08:27au resto, qu'on ne se fait pas plaisir, on mange à la maison.
08:31Et du bricolage, on est à moins 5 sur le bricolage.
08:33Donc il y a des secteurs d'activité, je ne vous parle pas
08:35du vêtement, de la chaussure.
08:37Ce qui est superflu, ça ne passe plus.
08:39Mais le panier moyen, il n'a pas baissé.
08:41Non, alors le panier moyen, il baisse,
08:43c'est-à-dire qu'on assiste à un phénomène
08:45assez nouveau, c'est que je vais venir plus souvent
08:46et je vais dépenser moins, de manière à
08:49effectivement calibrer mes dépenses.
08:51Cette crise des carburants antiricotières,
08:53elle vient s'ajouter à une crise agricole, avec des
08:55productions qui, on en a beaucoup parlé
08:57sur cette antenne, ont beaucoup souffert cet été.
08:59On a tous constaté, je crois, l'augmentation
09:01des prix des fruits et légumes, les tomates
09:03par exemple. Est-ce qu'on est reparti
09:05dans un cycle d'inflation
09:08alimentaire, comme on a pu la connaître
09:09il y a encore
09:112 ou 3 ans ? On a une bonne lecture, et je pense
09:13que c'est important de la donner aux auditeurs.
09:15Stabilité des prix depuis un an, après
09:17le mur qu'on a pris de 20%.
09:19Avant l'été, on s'est pris des hausses sur l'eau minérale,
09:21on a pris 7-8 centimes, parce que le plastique
09:23à cause d'Hormuzes a pris 15%.
09:25Là, cette rentrée, elle est marquée par des préricoles,
09:28vous venez de le mentionner,
09:29qui prennent une inflation, une flambée, mais qui
09:31est nécessaire, je l'ai déjà dit. Si on n'achète pas
09:33plus cher aux agriculteurs, ils ont 30 à 40%
09:35de volume en moins, ils ne seront pas là dans un an.
09:37Ce qui va se passer maintenant,
09:39rien pendant 6 mois, et le seul sujet
09:41c'est quels vont être les négo en mars.
09:43Vous savez, une fois par an, on négocie pour un an
09:45les prix. Là, moi j'ai une inquiétude.
09:48En fait, quand vous regardez
09:49les critères économiques,
09:51tout est dans le rouge pour dire qu'on va reprendre
09:53une grosse inflation, parce que l'électricité,
09:55le gazole est cher, le plastique va être cher,
09:57et la matière première agricole va être chère.
09:59Donc au-delà des produits frais, on peut avoir
10:01un renchérissement d'à peu près tout ce que
10:03vous vendez dans vos enseignes.
10:04Et qu'est-ce qui est en train de se passer ?
10:06Nos industriels, tous les fournisseurs,
10:07préparent le budget 2027,
10:09et donc ils définissent leurs tarifs.
10:11Et donc là, il y a un message à leur passer,
10:13je profite de l'antenne,
10:14pour leur dire, soyons raisonnables.
10:16Soyons raisonnables, parce que,
10:17très honnêtement, quand on connaît la difficulté
10:19pour certains de finir la fin de mois,
10:21reprendre 8, 9, 10% sur les courses alimentaires,
10:24ce sera compliqué.
10:25Et on va rentrer dans le détail,
10:26puisque, par ailleurs, vous signez notamment
10:28une tribune dans les échos,
10:29vous faites un certain nombre de propositions,
10:30mais juste pour qu'on soit bien clair
10:31pour nos auditeurs sur le constat
10:33que vous faites ce matin.
10:34Si les choses ne se passent pas
10:36comme vous le souhaitez,
10:37et si les acteurs de la grande distribution,
10:38les industriels, ne sont pas responsables,
10:40le scénario, c'est quoi ?
10:41Est-ce qu'on pourrait revenir
10:43à des chiffres d'inflation,
10:44à deux chiffres ?
10:45Est-ce que c'est quelque chose
10:46de l'ordre du possible
10:47dans les mois qui viennent ?
10:48Oui, ça n'est pas exclu.
10:49C'est pour ça qu'on tire la sonnette d'alarme.
10:51On pourrait se reprendre à 8, 10, 12%
10:53selon les catégories de produits.
10:55Alors, dans cette tribune
10:56que vous signez dans les échos ce matin,
10:58vous parlez d'un risque,
11:00d'une spirale inflation-déconsommation majeure.
11:04C'est quoi ce scénario ?
11:05Est-ce que vous pouvez nous le décrire précisément ?
11:07C'est le mauvais scénario,
11:09c'est-à-dire une inflation forte aura un impact,
11:11les gens acheteront moins,
11:12moins de volume,
11:13et à ce moment-là,
11:14vous avez toute la chaîne
11:15qui produira moins,
11:16donc c'est moins d'investissements
11:18dans les usines,
11:18c'est moins d'emplois,
11:19et c'est, j'allais dire,
11:20la mauvaise limonade.
11:21Il faut absolument éviter ça,
11:22et en fait, l'économie française,
11:24elle tient notamment
11:24parce que la consommation est là.
11:26Donc, soyons raisonnables,
11:27il faut une inflation qui soit maîtrisée,
11:31un prix juste,
11:32mais non spéculée.
11:32Alors, on va prendre acteur par acteur,
11:34si vous permettez,
11:36puisque dans les négociations,
11:37il y a la grande distribution,
11:39il y a les industriels,
11:40dans les industriels,
11:41il y a plusieurs types d'industriels,
11:43et il y a les agriculteurs.
11:44Alors, on va commencer par les agriculteurs.
11:46Là, l'objectif de votre démarche,
11:48c'est de faire en sorte
11:48qu'ils soient mieux rémunérés,
11:50notamment après les difficultés
11:51qu'ils ont vécues cet été.
11:53Ça ne va pas de soi,
11:54de mieux les rémunérer ?
11:55Ce n'est pas déjà ce que vous faites ?
11:56C'est même écrit.
11:57Dans les lois,
11:58notamment l'égalime, l'égalime 2.
11:59Mais en fait, moi,
12:00je n'achète pas en direct un agriculteur.
12:02Je le fais quand j'ai ma laiterie,
12:04c'est le cas pour les mousquetaires,
12:06je le fais sur les fruits et légumes,
12:07mais dans beaucoup de cas,
12:08je n'achète pas le lait,
12:09je l'achète à un industriel
12:10qui met le lait dans la boîte.
12:11Donc, il faut bien comprendre
12:13que la logique serait
12:15qu'on ait la marche en avant.
12:16C'est-à-dire, l'industriel achète
12:18à un prix à l'agriculteur
12:19qui nous répercute
12:20en toute transparence.
12:21Je n'ai pas la transparence,
12:21donc j'appelle à être transparent
12:23et je prends l'engagement
12:24qu'on a déjà pris l'année dernière.
12:26À partir du moment
12:27où on a la transparence payée
12:28par le laitier,
12:29à son agriculteur,
12:30nous achèterons cette inflation.
12:32C'est très fort ce que vous disiez,
12:32Thierry Kutia,
12:33vous disiez tout à l'heure
12:33si on ne fait pas ça,
12:34les agriculteurs ne seront plus là
12:35l'année prochaine.
12:36C'est évident.
12:37Aujourd'hui, un litre de lait,
12:38c'est 44-45 centimes le point mort
12:40pour s'en sortir.
12:41Le cours est à 40 centimes.
12:43Vous voyez des gens
12:44qui vont se lever le matin,
12:45continuer à travailler
12:46pour perdre de l'argent.
12:47Ça ne marchera pas.
12:47On a un agriculteur sur deux
12:49qui part en retraite.
12:50Si on ne décide pas là
12:51de la rémunération des agriculteurs,
12:53c'est un métier qui disparaîtra.
12:54Vous dites qu'il n'y a pas de transparence
12:56en parlant des industriels.
12:58Ça veut dire qu'il y a
12:59des profiteurs de crise ?
13:00En fait, c'est le combat
13:02qu'on va mener.
13:02C'est-à-dire qu'il ne faut pas
13:03mettre tout le monde
13:04dans le même panier.
13:05Il y a effectivement
13:05des agriculteurs en difficulté,
13:07des PME qui sont aussi fragiles,
13:09des multinationales
13:11qui globalement sortent le résultat.
13:12Nous, on veut combattre
13:14celui qui pourrait être
13:15profiteur de crise.
13:16Il y en a eu
13:16parce que certains ont vraiment
13:17eu des meilleurs résultats
13:19depuis deux, trois ans.
13:20Il faudra être vigilant.
13:21Ce sont des grosses
13:22multinationales américaines
13:24avec de très bonnes marques.
13:25Non, je n'ai pas envie
13:25de leur faire de la pub.
13:26Je n'ai pas envie
13:27de leur faire de la pub ce matin.
13:28Non, mais c'est juste
13:29pour qu'on essaie
13:29de comprendre là encore
13:30et même si les négociations
13:31commerciales n'ont pas encore commencé
13:33et on va en parler
13:33dans un instant,
13:35c'est sur quel type de produit
13:37qu'il y a des augmentations
13:38qui sont des augmentations indues ?
13:39Écoutez, il y a quelque chose
13:41qui va vous choquer
13:43comme nous et mes acheteurs,
13:44c'est quand le cacao
13:45avait pris 30%
13:46la tablette a pris 50%.
13:47Donc, il y a eu un peu plus de marge
13:48que la seule évolution
13:49de la matière première.
13:50Ça fait un petit moment
13:51que le cacao, il chute.
13:53Il a vraiment baissé.
13:54On continue de nous proposer
13:55des hausses sur la tablette
13:56de chocolat.
13:57C'est ça qui ne va pas.
13:58Et en fait, on est souvent
13:58décrié, vous savez,
13:59comme finalement
14:00le méchant de l'histoire
14:01qui va négocier.
14:03Je reprends un chiffre
14:04très précis.
14:04En 2022, le panier,
14:06on a fait un panier
14:07de 12 produits,
14:08c'était 37 euros.
14:09Après l'avoir négocié,
14:11aujourd'hui, il est à 51 euros.
14:13Donc, vous imaginez,
14:13pour les Français,
14:14ils ont pris 40%.
14:14Si nous n'avions pas fait
14:16la négociation,
14:16c'est-à-dire accepter les tarifs,
14:17il aurait été à 71 euros.
14:19Donc, autorisez-nous,
14:21pour ceux qui ont
14:21beaucoup de bénéfices,
14:22de faire ce métier
14:23de négociateur.
14:23Donc, il n'y a aucune espèce
14:24de responsabilité
14:25de la grande distribution
14:26dans l'inflation ?
14:27Vous êtes au fond
14:28les sortes de chevaliers blancs
14:29face aux cavaliers de l'apocalypse ?
14:31Vous savez, en fait,
14:32nous, on a des hausses
14:33et en fait, on a des baisses.
14:35Notre métier,
14:35c'est de les répercuter.
14:36En fait, on n'a pas,
14:37je peux vous assurer,
14:38Bercy contrôle,
14:39le métier de distributeur,
14:41c'est 2% de résultats.
14:42Alors, la marge est à 20,
14:43mais j'ai 18% de charge.
14:44Ça, c'est la réalité
14:45quand tout va bien.
14:45Et vous savez bien
14:46qu'il y a des acteurs
14:46qui ont disparu.
14:47On n'en a pas tant que ça
14:49sous le coude,
14:50sinon, ça irait beaucoup mieux.
14:51Juste une seconde
14:52pour revenir sur les agriculteurs.
14:53Quand vous dites
14:54n'exigeons pas de baisse de prix
14:55par principe,
14:56ça veut dire que c'est
14:57ce que vous faisiez jusqu'ici ?
14:59C'est-à-dire ?
15:00Quand vous dites...
15:01Vous-même, dans votre tribune,
15:03vous dites, en gros,
15:03vous parlez pour votre secteur
15:04de la distribution
15:05et vous dites
15:06n'exigeons pas de baisse de prix
15:07par principe.
15:09Est-ce que c'est
15:09ce que vous faisiez
15:10jusqu'ici ?
15:11Ces dernières années,
15:12oui, c'était la consigne
15:13que j'avais
15:14quand je disais
15:16je recevrai
15:16un grand industriel du lait
15:19que lorsqu'il se sera
15:19mis d'accord
15:20avec les agriculteurs
15:21et je ne négocierai pas
15:22le prix du lait,
15:23c'est ce que j'ai demandé.
15:24Et donc, c'est une réalité
15:25parce que la loi l'a demandé
15:26et surtout,
15:26c'est un état d'esprit.
15:27Nous, on veut préserver
15:28le monde agricole.
15:29Mais Thierry Cotière,
15:30est-ce que ça veut dire aussi
15:30et là encore, pardon,
15:31on va être obligé
15:32de citer quelques personnes
15:33quand certains de vos collègues
15:34de la grande distribution
15:35viennent dans ces studios
15:35en parlant de casser la gueule
15:37à l'inflation ?
15:38Ça, c'était l'expression
15:39de Michel Oire-Leclerc.
15:40Et dans ce combat
15:41contre la vie chère
15:42qui est par ailleurs
15:43parfaitement légitime
15:44pour les consommateurs,
15:45est-ce qu'il y a eu
15:45une forme d'excès,
15:47de course
15:48à la compression
15:49des prix ?
15:50Est-ce que c'est aussi ça
15:51qu'il faut arrêter
15:51quand vous dites,
15:52là encore dans cette tribune,
15:53n'exigeons pas de baisse de prix
15:54par principe,
15:55ne nions pas les hausses
15:56lorsqu'elles sont réelles
15:57et documentées ?
15:58Écoutez, je crois
15:58qu'il ne faut pas être
16:00dans une position caricaturale,
16:01il faut être responsable.
16:02C'est-à-dire que derrière un prix,
16:04il y a une entreprise,
16:05il y a des emplois,
16:05il y a même un agriculteur.
16:06Donc il faut faire preuve
16:07de discernement.
16:09Protégeons les gens
16:09qui sont fragiles
16:10et tapons sur ceux
16:11qui ont les moyens
16:12de nous redonner
16:13un peu de pouvoir d'achat.
16:14C'est un peu caricatural
16:16parce qu'évidemment,
16:17ça donne l'impression
16:18que c'est un théâtre.
16:19Mais je peux vous assurer
16:20que ce métier de négociateur,
16:21il est utile
16:22et que les Français en bénéficient
16:23lorsqu'on a fini
16:24les négociations.
16:24Puisque vous parlez
16:25de négociations,
16:26c'est une tradition
16:27dans votre secteur annuel.
16:29Ça se passe pendant trois mois.
16:31Dites-moi si je me trompe,
16:32mais décembre, janvier, février,
16:33grosso modo.
16:34Ce sont les négociations
16:36annuelles commerciales
16:37entre vous,
16:39les industriels,
16:40les agriculteurs.
16:42Vous dites qu'il faudrait
16:43que ça puisse avoir lieu
16:44toute l'année.
16:45Oui, parce qu'en fait,
16:46lorsqu'on a figé le prix,
16:47si dans l'économie,
16:49il ne se passe rien,
16:50ce prix est justifié.
16:51Mais lorsque vous avez Hormuz
16:52qui arrive un mois après
16:55avoir négocié,
16:56c'est la cata.
16:56C'est-à-dire que là,
16:57ça vient au détriment
16:58de ceux qui produisent
16:59puisqu'ils ont des coûts
17:00de production
17:01qui sont trop importants.
17:02Cette date butoir,
17:03c'est une spécificité française.
17:05Les mousquetaires sont
17:06en Pologne,
17:07au Portugal.
17:08On vit les négociations
17:10au fil de l'année.
17:11C'est-à-dire,
17:11quand ça hausse,
17:12on renégocie.
17:13Quand ça baisse,
17:13on renégocie.
17:14Et ça donne
17:15beaucoup plus de flexibilité.
17:16Qu'est-ce qui vous est opposé
17:18comme argument
17:19quand vous demandez
17:19au gouvernement,
17:20et c'est un sujet récurrent
17:22depuis précisément,
17:23notamment en 2022,
17:24de dire qu'il faut laisser
17:25davantage de flexibilité
17:26dans les négociations ?
17:27Qu'est-ce qui vous est opposé ?
17:29Je pense qu'il y a
17:31un travail de fond
17:32du lobby,
17:33en fait,
17:33des industriels
17:34qui ont certainement
17:35un intérêt aussi
17:35à avoir cette date butoir.
17:37Qui leur permet quoi ?
17:38D'exiger davantage
17:39d'augmentation de prix ?
17:40Oui, et puis,
17:42rendez-vous compte,
17:43on a 5000 fournisseurs.
17:44Donc,
17:45quand vous en avez traité
17:46un certain nombre
17:48avant la date butoir,
17:49vous arrivez
17:50dans la dernière semaine,
17:51vous avez 500 dossiers
17:52à faire.
17:52donc ça devient très compliqué.
17:54C'est nous qui sommes sous pression
17:55de pouvoir signer
17:56avec certaines grandes marques.
17:58Donc,
17:58je pense en fait
17:59qu'il faudrait maintenant
17:59à l'approche
18:00d'un programme présidentiel
18:01remettre ça à plat
18:02pour qu'à un moment,
18:03on ait une responsabilité
18:05sur toute la chaîne alimentaire
18:06parce qu'on parle bien sûr
18:07du pouvoir d'achat,
18:08mais on parle aussi
18:09de la souveraineté
18:09et de l'amour agricole.
18:10Alors,
18:10vous nous fournissez
18:11une transition toute trouvée,
18:12Thierry Cotillard,
18:13puisque vous parlez
18:13de la présidentielle.
18:14On peut ouvrir
18:14pour terminer cet entretien
18:15le chapitre
18:17de la façon
18:18dont le monde
18:19de l'entreprise
18:20peut en quelque sorte
18:22participer
18:22à la campagne présidentielle.
18:23D'abord,
18:24pour commencer,
18:25est-ce que c'est mauvais
18:26pour le commerce
18:27une élection présidentielle ?
18:28Est-ce que ça aura
18:29un impact
18:30sur vos affaires ?
18:31C'est jamais une bonne année
18:32en fait.
18:32On a l'historique,
18:33on a le recul.
18:34Les années d'élections présidentielles,
18:36face à l'incertitude
18:37de savoir
18:38quel candidat
18:38et donc quel programme
18:40avec fiscalité,
18:41autres impôts et autres,
18:42c'est jamais bon.
18:43Donc on sait
18:45que pour 2027,
18:46on ne mettra pas
18:46un budget
18:47en forte croissance
18:47parce qu'on sait
18:48qu'il y aura
18:49cette élection
18:49qui va peser
18:50sur le moral
18:51et donc la consommation française.
18:52Au-delà de l'incertitude
18:53présidentielle,
18:54il y a déjà ce budget
18:55qui va être complexe
18:56à mettre en œuvre,
18:57le budget 2027.
18:59Quand vous lisez
19:01cet effort
19:01de 54 milliards d'euros
19:02prévu par le gouvernement,
19:04le gel des APL,
19:05du point d'indice
19:06des fonctionnaires,
19:07la désindexation
19:07d'une partie
19:08des pensions de retraite,
19:09vous vous dites quoi ?
19:10Ce n'est pas bon
19:11pour le commerce
19:12mais on n'a pas le choix,
19:13c'est un mal nécessaire ?
19:14Non, je dis
19:15que c'est une bonne décision.
19:17On ne pilote pas
19:18la France
19:18comme on pilote
19:19une entreprise
19:20mais je dis à chaque fois
19:20qu'il y a quand même
19:20des logiques économiques.
19:22Le problème de la France,
19:23ce n'est pas ses ressources,
19:24je pense qu'on paye
19:25assez d'impôts,
19:25c'est de moins dépenser.
19:26Donc quand le Premier ministre
19:27fait l'annonce
19:28d'une réduction
19:29de 50 milliards,
19:30on espère qu'elle est structurelle,
19:31c'est-à-dire qu'elle va s'agérer.
19:32Pour vous dire,
19:33elle ne l'est pas
19:33parce qu'on sait déjà
19:34que sur ce montant
19:35des 54 milliards,
19:36il est calculé
19:36de telle manière
19:37à gonfler l'effort
19:39qui est fait pour le budget
19:40et qu'en réalité,
19:41on est plutôt
19:41sans doute une dizaine
19:42ou une quinzaine
19:43de milliards de moins.
19:44Bon, en tout cas,
19:46l'annonce est belle
19:47et comme vous dites,
19:48la réalisation,
19:48il faudra la faire
19:49et puis malheureusement,
19:50ce qui sera fait cette année,
19:52ça va revenir
19:52sur la table
19:54l'année prochaine
19:54parce qu'on sait
19:55qu'on vit au-dessus
19:56un peu de nos moyens
19:57et il faudra en fait
19:58ce courage politique
19:59qu'on attend des candidats
20:00pour changer de méthode,
20:02pour annoncer un chiffre
20:03et puis surtout
20:03pour prioriser
20:05et puis faire ce qu'on fait
20:06dans les entreprises,
20:07arrêter certains projets.
20:08Quitte à ce que ce soit
20:09une baisse de pouvoir d'achat
20:10pour certains
20:11ou en tout cas
20:11une stagnation
20:12vu le niveau de l'inflation
20:14qui va se répercuter
20:15dans votre activité commerciale.
20:16Côté chefs d'entreprise,
20:16on a une autre lecture,
20:17c'est-à-dire
20:17on aimerait bien
20:18que le gouvernement
20:19fasse des économies
20:20pour faire quoi ?
20:21Pour rapprocher le net
20:22des charges.
20:23Pour augmenter les salaires.
20:24Exactement,
20:25du brut pour augmenter les salaires
20:26parce que c'est une réalité
20:27et donc aujourd'hui,
20:28le sujet du pouvoir d'achat,
20:30c'est surtout un sujet
20:33pour pouvoir mieux consommer.
20:34Et on va parler
20:34de la question des salaires
20:35qui est déjà dans cette campagne
20:36mais juste toujours
20:37sur le budget.
20:38Vous dites c'est bien,
20:40c'est un effort nécessaire.
20:41Qu'est-ce que vous répondez
20:42à ceux qui disent
20:43on va demander des efforts
20:45aux retraités,
20:46on va demander des efforts
20:46à ceux qui bénéficient
20:47des aides au logement,
20:48aux fonctionnaires
20:49et à côté de ça,
20:51les entreprises,
20:52elles ne vont pas payer
20:53un euro en plus.
20:53Les grandes entreprises,
20:55la contribution dite exceptionnelle
20:56va être moins importante
20:57qu'elle ne l'était
20:57l'année dernière.
20:58Est-ce que c'est une juste
21:00répartition de l'effort ?
21:01Il y a un sujet
21:03certainement de fiscalité
21:04de très grands groupes
21:05qui ont optimisé
21:06leur fiscalité
21:07en ne payant pas d'impôts.
21:08C'est ça qui me choque.
21:09C'est-à-dire des groupes
21:09qui font des milliards
21:10de chiffres d'affaires,
21:11des centaines de millions d'euros
21:12qui nous fournissent
21:12et qui ne payent pas d'impôts
21:14en France,
21:14ça, ça me choque.
21:15Et pour l'égalité sociale,
21:17j'aimerais bien
21:17qu'on travaille le sujet.
21:18Ensuite, à la question
21:19est-ce que j'ai envie
21:20d'être taxé,
21:21j'ai envie d'avoir
21:22cette réponse de vous dire
21:22c'est bon,
21:23on est dans le pays
21:24le plus fiscalisé,
21:25on est dans le secteur
21:26qu'avant le plus d'impôts,
21:27on attend plutôt
21:28la baisse du train de vie
21:29de l'État
21:29et des dépenses
21:30qui soient moindres.
21:31Mais je vous le redis,
21:32il y a non pas
21:33des économies à faire
21:34mais il y a des impôts
21:35à aller chercher
21:35simplement en remettant
21:37la fraude
21:38à l'ordre du jour.
21:39Est-ce que l'idée
21:40d'une TVA sociale
21:41comme l'évoquait
21:42à notre micro
21:43Dominique Schellcher,
21:44le patron de Coopérative
21:45Vue,
21:46il y a 15 jours
21:47serait bonne selon vous ?
21:48C'est-à-dire
21:49augmenter la TVA
21:50pour baisser les cotisations
21:51salariales
21:52et augmenter les salaires ?
21:53Moi je crois
21:54quand aujourd'hui
21:55le français
21:55il paye plus cher
21:56pour se déplacer
21:56pour vivre,
21:57je crois que
21:57ce n'est pas le moment
21:59de lui annoncer
22:00qu'on va lui
22:01le faire payer plus cher
22:02la consommation.
22:03Moi je crois
22:04qu'elle a de social
22:05que le nom
22:05cette TVA.
22:06Pourquoi ?
22:06Parce qu'en fait
22:07les plus bas salaires
22:08vont être les plus pénalisés
22:10et une chose est sûre
22:11c'est qu'on va
22:13mettre une TVA
22:13qui va faire
22:14que les produits
22:14vont être plus chers,
22:15l'inflation va être immédiate
22:16mais avant
22:17qu'on réduise les charges
22:18il va se passer
22:19un petit peu de temps
22:19et il peut y avoir un écart.
22:20Pardon de tirer que dire
22:21mais dans la proposition
22:22telle qu'elle est formulée
22:23à la fois par Dominique Schellcher
22:24ou par des politiques
22:24l'idée c'est une bascule immédiate
22:25c'est-à-dire
22:26vous augmentez la TVA
22:28et avec ce produit-là
22:29vous baissez
22:30du même montant
22:31les cotisations salariales.
22:32Ce serait bien
22:33mais l'histoire a prouvé
22:35que ça mettait
22:35un petit temps
22:36entre les deux
22:36mais si c'est immédiat
22:37pourquoi pas ?
22:38Je vous le redis
22:40il y a quand même
22:41un sujet
22:41pour les bas salaires
22:42et je pense que
22:43sur les produits
22:44de grande consommation
22:44il faudrait à ce moment-là
22:46faire un distinguo
22:46et ne pas augmenter la TVA.
22:48Un dernier mot
22:48Thierry Cotillard
22:49puisque quand on pose
22:51la question
22:51de la façon
22:52dont vous allez
22:52vous immiscer
22:54dans la campagne présidentielle
22:54vous chef d'entreprise
22:55se pose aussi la question
22:56de la façon
22:58dont vous percevez
22:59la perspective
23:00d'une victoire
23:01du Rassemblement National.
23:02Est-ce que
23:02comme chef d'entreprise
23:03comme patron
23:04de la grande distribution
23:04la perspective
23:05d'une victoire du RN
23:07vous inquiète ?
23:08Écoutez
23:09nous
23:10on a décidé
23:11avec notre syndicat
23:12de recevoir
23:12tous les candidats
23:13et s'est posé la question
23:14est-ce que
23:15LFI et RN
23:16considérant
23:17qu'ils ont
23:17une représentativité nationale
23:18nous les recevons
23:19et nous dialoguons.
23:20Notre rôle
23:21et surtout ce matin
23:22c'est pas de vous dire
23:23pour qui on aurait envie
23:24de voter
23:24on a surtout envie
23:25de vous dire
23:26qu'on doit
23:27acculturer
23:27tous les candidats
23:28à la réalité économique
23:30du pouvoir d'achat
23:31de la souveraineté alimentaire
23:32et on le fait
23:34dans ce cadre-là
23:34puisqu'on les reçoit.
23:35Est-ce que les programmes
23:36du RN
23:37de la France Insoumise
23:38sont suffisamment
23:38acculturés
23:39à cette culture économique ?
23:40C'est pour ça
23:40qu'on y consacre du temps.
23:41C'est pour ça
23:42qu'on y consacre du temps.
23:43Merci Thierry Cotillard
23:44merci d'être venu
23:45au micro de France Inter
23:47ce matin
Commentaires