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La semaine de haut niveau du sommet annuel de l'ONU démarre ce mardi 22 septembre, au siège des Nations unies de New York. Donald Trump s'est exprimé devant l'assemblée, après une année marquée par le conflit au Moyen-Orient, les menaces sur le Groenland et les instabilités en Amérique latine, entre autres. Emmanuel Macron a aussi pris la parole.
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00:00L'Assemblée va à présent entendre une allocution de son Excellence Emmanuel Macron, président de la République française.
00:08Je prie le protocole d'accompagner son Excellence et je l'invite à s'adresser à l'Assemblée.
00:33Madame la Présidente, Madame la Secrétaire générale adjointe, Mesdames, Majesté, Mesdames, Messieurs les chefs d'Etat et de gouvernement, Mesdames,
00:43Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les ambassadrices, ambassadeurs et délégués, chers amis.
00:53Depuis ce matin, ici se succèdent les discours qui disent l'état du monde et j'ai peur de manquer
01:04d'originalité en le décrivant.
01:07Chacun décrit en effet le retour de l'impérialisme, de l'arrogance, du retour à la force sans règles ni
01:18retenues.
01:19Un monde au fond de concentration du pouvoir où quelques-uns pensent qu'on peut battre en brèche l'ordre
01:28international pour élargir ses frontières.
01:32Ou d'autres pensent qu'on peut fouler au pied la souveraineté des peuples pour en disposer soi-même.
01:41Et où quelques-uns pensent pouvoir décider de l'avenir de la planète, qu'il s'agisse du climat ou
01:47de l'intelligence artificielle.
01:49Et au fond, la question qui nous est posée de manière très simple consiste à savoir si nous voulons vivre
01:58dans cet état de nature, avec une forme de retour de la loi de la jungle,
02:04ou dans une société internationale civilisée.
02:11Notre devoir, plus que jamais, est de nous tenir droit aux côtés des Nations unies pour décider précisément ensemble de
02:20l'intérêt commun.
02:20C'est-à-dire du côté de ceux qui veulent choisir librement leur destin, leurs alliances, leurs modèles de développement,
02:27leur avenir.
02:29Du côté de ceux qui refusent que leur souveraineté soit confisquée par la force injuste ou par la peur.
02:36Et du côté de l'espoir.
02:39C'est la raison d'être de notre organisation, cette maison commune qui réunit les peuples libres, égaux, qui est
02:48fondée sur l'égalité souveraine de chacun de ses membres.
02:52C'est notre charte qui empêche que la puissance des uns leur permette de décider pour les autres.
02:59C'est elle surtout qui nous oblige à faire ensemble la démonstration de notre engagement et de notre capacité d
03:06'agir utilement.
03:07Vous savez l'attachement de la France aux Nations unies et sa volonté d'assumer pleinement les responsabilités particulières que
03:14la charte lui confie.
03:16Et je veux vous dire aussi l'engagement de mon pays à agir avec chacun d'entre vous pour renouveler
03:23les conditions de l'action multilatérale et faire la démonstration que nous sommes plus forts, plus efficaces, mieux capables de
03:31faire face ensemble aux défis communs.
03:36Ceux d'aujourd'hui et ceux qui viennent, qui nous échappent encore alors même que tout change autour de nous.
03:42J'évoquais le climat et l'environnement, c'est vrai aussi pour la guerre et la paix, c'est vrai
03:47évidemment pour les technologies comme pour le développement.
03:51Au fond, dans chacun de ces domaines, là où la loi du plus fort tente de s'imposer, il nous
03:56faut défendre la justice, l'intérêt commun et il faut le faire dans notre intérêt même à chacun.
04:04Car c'est notre charte qui protège cette possibilité de vivre ensemble.
04:11Alors, face au cours du monde et au fait que ce que nous sommes en train de vivre aujourd'hui,
04:17c'est l'accumulation de guerres que nous n'arrivons pas à résoudre, de crises qui se multiplient et de
04:23défis contemporains qui viennent porter une ombre nouvelle sur les générations nouvelles.
04:30Je crois que notre devoir, c'est de ne pas céder et au fond, le message que je suis venu
04:37porter aujourd'hui, comme je le fais depuis neuf ans, c'est celui d'une détermination, d'un optimisme de
04:44l'action.
04:44Mais c'est de vous dire, ne cédons pas à l'esprit de défaite, à la fatalité, au fond à
04:52ce qui est à la mode, qui serait de nous résoudre à dire cette organisation, nous y venons pour faire
04:57des discours, mais elle ne sert plus à grand chose.
04:59Mettons en place d'autres organisations où la loi du plus fort peut réussir et on peut peut-être imposer
05:04une autre paix.
05:06Ne cédons pas à cela, encore moins aujourd'hui qu'hier, et n'y cédons pas à cinq égards.
05:14Ce sont les cinq remarques que je voudrais faire.
05:16La première, ne cédons pas à une forme de fatalité face à la guerre et au malheur des peuples.
05:23Nous devons nous réengager pour trouver des solutions concrètes et bâtir la paix.
05:28Le droit international n'a jamais prétendu décrire la réalité.
05:32Il dit les limites que des puissances souveraines se sont volontairement fixées.
05:36Et pour que la force ne soit pas le seul recours en cas de désaccord, pour que même dans le
05:41face-à-face de la guerre, l'ennemi demeure un être humain.
05:44Ce sont les leçons du XXe siècle.
05:46Ceux qui veulent les oublier aujourd'hui commettent tout à la fois une faute morale et une erreur politique.
05:55Mais la réalité est là.
05:57Au Moyen-Orient, en Ukraine, en Afrique, l'industrialisation des crimes de guerre, des violations du droit et de la
06:04destruction des infrastructures civiles ouvrent un nouvel âge de la barbarie.
06:09Aucun d'entre nous ne peut vouloir être celui qui démantèle le cadre protecteur des conventions de Genève.
06:15Alors que les attaques se multiplient de Dniepro à Gaza, de Bukavu à El Facher, avec la Jordanie et le
06:24CICR.
06:25La France poursuivra donc ses efforts pour que l'initiative mondiale en faveur du droit international humanitaire, déjà rejointe par
06:34plus de 116 Etats, nous amène à renouveler ensemble nos engagements.
06:39Nous devons nous remobiliser pour défendre nos humanitaires, défendre le droit international humanitaire dans cette période.
06:46Comme nombre d'entre nous l'avons dit souvent, c'est aussi parce qu'il n'y a pas de
06:50paix sans justice que la France continue d'apporter un soutien à la fois politique et opérationnel,
06:55aux mécanismes internationaux de justice, d'enquête, de collecte d'épreuves, notamment les missions d'établissement des faits et que
07:07nous continuons et continuerons d'appuyer la Cour internationale de justice et son rôle central.
07:15Nous ne pouvons pas accepter le nouvel ordre de l'impunité que certains voudraient bâtir.
07:24C'est aussi pour cela qu'au Conseil de sécurité, la France soutient les réformes qui garantissent son efficacité.
07:29Sur le format, bien sûr, nous devons l'ouvrir à de nouveaux membres, à de nouvelles régions du monde, à
07:34commencer par l'Afrique, mais aussi sur le fond.
07:38Le Conseil de sécurité doit pouvoir agir face à des violations massives du droit international.
07:44Qui peut se satisfaire d'une impasse procédurale face à la barbarie ?
07:49L'initiative franco-mexicaine d'encadrement du droit de veto en cas d'atrocité de masse est plus que jamais
07:58nécessaire.
07:59Et je me félicite que 128 Etats membres la soutiennent désormais.
08:04La campagne doit continuer, permettre de l'emporter, donc obtenir l'engagement de chacun des membres permanents du Conseil de
08:11sécurité.
08:21Mais il ne suffit pas de convoquer le droit et d'invoquer nos valeurs pour satisfaire les obligations auxquelles nous
08:27avons chacun consenti en rejoignant les Nations unies.
08:30Notre devoir, c'est l'action. La France y est prête, en coalition avec tous ceux qui veulent agir dans
08:37le respect des principes de la charte et qui n'acceptent pas l'impuissance.
08:43Ainsi, en Ukraine, la coalition des volontaires que nous avons formée avec le Royaume-Uni et l'Allemagne rassemble l
08:50'ensemble de ceux qui sont prêts à garantir la paix et la stabilité au cœur de l'Europe,
08:55là où deux guerres mondiales ont commencé et dont personne ne peut se désintéresser.
09:01Beaucoup ici savent mieux que quiconque ce que le retour de la guerre en Europe peut signifier.
09:09Nous n'y céderons rien. La coalition des volontaires porte ce combat.
09:13Au Moyen-Orient, nous avons mis sur pied une coalition indépendante et multinationale pour restaurer la liberté de navigation dans
09:20le détroit d'Hormuz.
09:22Celle-ci ne doit pas être un objet de chantage. C'est un principe cardinal du droit international et il
09:29est dans l'intérêt de tous que les navires passent le détroit en toute sécurité
09:33et que l'approvisionnement énergétique de nos pays soit assuré. La réouverture du détroit d'Hormuz est une priorité.
09:41Le respect du droit international y est une priorité dans l'intérêt de tous et la France s'y engagera.
09:49En Afrique, nous portons une responsabilité collective face aux crises qui s'accumulent et aux réponses qui ne viennent pas.
09:56Au cœur des conflits, les opérations de paix doivent être plus efficaces et pour cela, elles doivent disposer des moyens
10:03adéquats et s'inscrire dans une meilleure coordination entre les Etats-Unis et les Etats-Hauts.
10:11J'évoquais déjà en 2018 le rôle des organisations régionales et l'organisation d'une meilleure coordination entre celles-ci
10:20et les Nations Unies.
10:21Lors du sommet Africa Forward à Nairobi avec plus de 30 chefs d'Etat africains, puis au siège de l
10:27'Union africaine à Addis Ababa aux côtés de l'ONU, nous l'avons dit clairement,
10:31l'Union africaine et les organisations régionales doivent être en capacité de jouer pleinement leur rôle en matière de paix
10:38et de sécurité sur le continent.
10:41Nous organiserons à Paris en novembre une réunion de reconstitution du Fonds de paix de l'Union africaine en marge
10:49du Forum de Paris sur la paix.
10:51Et j'appelle tous les contributeurs potentiels à y prendre des engagements forts et concrets.
10:58Ne pas céder donc face aux guerres, nous réengager, chercher à bâtir dans le respect de la charte des solutions.
11:06Le deuxième principe, c'est de ne pas céder à la tentation permanente du double standard.
11:16Car c'est celui qui divise notre planète et qui décrédibilise la cohérence de notre ordre international et de notre
11:24charte.
11:26Combien de fois avons-nous entendu que la souveraineté des peuples était valable en Europe, mais que quand il s
11:32'agissait de regarder le Moyen-Orient ou l'Afrique, on pouvait bien s'en passer ?
11:36Non, nous devons défendre partout les mêmes principes et le faire dans le respect de la charte, c'est-à
11:43-dire de la souveraineté de ces mêmes peuples, jamais en nous substituant à eux.
11:47Et à chaque fois que quelques Etats, parfois au nom même de l'ordre international, ont voulu se substituer au
11:54peuple pour changer tel régime ou changer tel système, ils ont plongé ces Etats dans des chaos plus grands encore.
12:10Aucun double standard, une vie égale une vie, la paix et la sécurité sont indivisibles et tous y ont droit.
12:19En Ukraine, depuis près de cinq ans, la Russie poursuit une guerre cruelle contre les civils et occupe le territoire
12:26d'un pays souverain.
12:27La France continuera d'apporter un soutien sans faille aux aspirations légitimes du peuple ukrainien à la paix, à la
12:34sécurité et à l'avenir.
12:36Dans le même temps, elle ne ménagera aucun effort pour que s'engage au plus vite une négociation utile entre
12:42l'Ukraine et la Russie.
12:43Nous devons défendre les Ukrainiens et les défendre plus que jamais avant l'hiver qui s'annonce, les défendre en
12:50matière d'énergie, les défendre pour avoir davantage d'intercepteurs et protéger leur population civile.
12:57C'est aussi pour cela que nous soutenons l'initiative d'un double moratoire, un moratoire sur l'énergie et
13:10les infrastructures civiles de part et d'autre,
13:12et un moratoire sur la mer Noire qui permettra de libérer les céréales et d'apporter une réponse à la
13:21question de sécurité alimentaire ô combien cruciale pour tant de pays émergents et en développement.
13:28Ce double moratoire est une nécessité.
13:32Proposons-le et mettons la Russie face à ses propres discours.
13:40Au Proche et Moyen-Orient, c'est encore le respect de la souveraineté de chacun qui peut seul amener la
13:45paix et la sécurité à tous, et c'est ce que nous défendons.
13:49Respect de la souveraineté pour les Libanais déplacés et dont les villages sont détruits les uns après les autres dans
13:56le sud.
13:58Seul un Liban pleinement souverain pourra conduire à faire rendre les armes au Hezbollah et à rétablir la sécurité pour
14:09la Libanée et tous les voisins.
14:11Souveraineté pour les Palestiniens, dont les droits les plus élémentaires sont encore aujourd'hui bafoués.
14:22Il y a un an, ici même, nous étions une douzaine d'États à reconnaître.
14:29La Palestine.
14:30J'entends le cynisme de certains.
14:33Reconnaissance de papier, regardez la réalité.
14:36Mais quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ?
14:42Certains sont flats d'une paix prétendue.
14:46Mais cette paix n'a pas rouvert une seule seconde les voies humanitaires.
14:49Devons-nous contempler ce spectacle qui nous fait honte à tous ?
14:55Jamais !
15:00Regardez ce qui se passe en Cisjordanie, où chaque jour des violations sont faites au nom de quoi ?
15:10Le Hamas n'a jamais sévi en Cisjordanie.
15:13C'est construire chaque jour l'impossibilité d'un projet qui est le respect des droits légitimes du peuple palestinien
15:21à exister.
15:22Mais c'est en même temps les conditions mêmes de la sécurité d'aujourd'hui et de demain pour Israël
15:29et son peuple.
15:30Sécurité à laquelle nous sommes attachés, existence à laquelle nous sommes attachés.
15:35Mais tous ceux qui prétendent que la sécurité d'Israël passe par la violation de la souveraineté de tous ses
15:41voisins,
15:41font une erreur funeste, affaiblissent la sécurité d'Israël pour aujourd'hui et pour demain.
15:47Et la menace !
15:56Souveraineté aussi pour la Syrie, dont la révolution ne doit pas être déçue.
16:02J'étais il y a quelques mois à Damas pour apporter le soutien de la France à la construction de
16:08la Syrie libre.
16:08Et nous devons poursuivre ses efforts et là aussi permettre à la Syrie de restaurer pleinement sa souveraineté et son
16:15unité.
16:17La France est engagée dans chacun de ses combats, comme nous sommes engagés avec l'Italie,
16:23avec l'aide de la Jordanie et de quelques autres et de tous les amis du Liban,
16:26pour trouver une suite efficace à notre engagement d'un demi-siècle au sein de la Finule,
16:31au service de tous les Libanais et de la souveraineté de leur pays.
16:36Pas de double standard, donc.
16:38Souveraineté des peuples partout.
16:41La troisième conviction, c'est que nous ne devons pas céder à la division du monde
16:47et à cette fracture que beaucoup décrivent, que certains utilisent, entre le Nord et le Sud.
16:55Nous ne réglerons aucun des défis de la planète si nous laissons cette division s'installer.
17:01Alors elle s'installe, elle se nourrit du double standard quand il est pratiqué par certains,
17:07mais nous avons besoin de réconcilier le Nord et le Sud pour répondre aux défis,
17:11qu'il s'agisse du climat, de la santé, du développement.
17:13C'est à ce titre que nous avons, ces dernières années, multiplié les initiatives.
17:18Face au Covid, avec les initiatives ACTA et COVAX,
17:22en partenariat avec l'Organisation mondiale de la santé et l'Union africaine,
17:27lorsqu'il s'est s'agit de relancer les économies avec le Fonds monétaire international
17:32pour réallouer des droits de tirage spéciaux
17:35et permettre de mieux financer les économies africaines.
17:37Et nous avons tenu parole en réallouant plus de 100 milliards de dollars de droits de tirage
17:43pour aider les pays africains.
17:46Mais nous devons constamment veiller à garder l'unité et ne pas opposer les blocs.
17:55C'est pourquoi il est si important de ne pas laisser se fracturer l'architecture mondiale de la santé.
18:01Nous devons continuer d'avancer sur sa réforme,
18:03mais en n'affaiblissant jamais l'Organisation mondiale de la santé,
18:07en permettant de finaliser le traité pandémie
18:10et en soutenant l'OMS et CDC Africa pour lutter encore plus efficacement contre Ebola.
18:17Nous devons aussi savoir lucidement réformer notre aide publique au développement
18:24et bâtir un investissement solidaire beaucoup plus efficace.
18:30C'est le sens de ce que nous avons fait en 2023 avec le Pacte pour la prospérité,
18:35les peuples et la planète.
18:36C'est le sens de l'initiative prise à Nairobi il y a quelques mois,
18:39lors du sommet Africa Forward,
18:41bâtir un nouveau consensus de l'investissement solidaire.
18:44Là où tant de pays sont en train de réduire leurs transferts
18:48et pourtant où les besoins de nombre de pays du Sud augmentent,
18:52nous devons aller plus vite et plus fort
18:55pour aider le FMI et la Banque mondiale à avoir plus d'efficacité,
19:00à améliorer l'efficacité de leurs instruments,
19:04à mieux mobiliser le secteur privé,
19:06à bâtir des mécanismes de garantie
19:08pour que dans les pays émergents,
19:10les pays à revenus intermédiaires et les pays en développement,
19:13nous puissions apporter une réponse plus efficace.
19:17C'est ce partenariat nouveau financier qu'il nous faut bâtir
19:21pour éviter la fracture entre le Nord et le Sud.
19:25De la même manière,
19:29ce partenariat Nord-Sud passe et passera
19:33par notre capacité à réouvrir des dialogues
19:36sur nos histoires communes, nos mémoires
19:38et nos relations culturelles.
19:40C'est ce que la France a cherché à faire ces dernières années
19:42par un travail de connaissance et de reconnaissance
19:44sur la base de travaux scientifiques conjoints,
19:47en lançant un processus législatif
19:50qui nous a permis d'enclencher la restitution
19:53des biens culturels,
19:55d'avoir là aussi, en quelque sorte,
19:57un partenariat de mémoire,
20:00de culture, d'histoire
20:03avec nombre de pays du Sud.
20:05Et nous poursuivons, avec le Ghana notamment,
20:08mais aussi avec tous les partenaires qui le souhaitent,
20:10le travail pour répondre aux besoins de justice réparatrice
20:13qui a été formulé.
20:14C'est une question de respect,
20:16et c'est sur ce respect aussi
20:19que se bâtit la réunion du Nord et du Sud.
20:23Au-delà des politiques de développement et de mémoire,
20:25de nouveaux partenariats impliquent aussi
20:28d'avoir une mondialisation,
20:31un commerce mondial plus efficace et plus équitable.
20:34C'est ce que nous avons cherché à faire lors du G7,
20:38organisé par la France,
20:40en associant plusieurs pays du Sud,
20:43en bâtissant à travers le sommet des Convergences
20:45un dialogue au-delà du G7
20:47avec la Chine, l'Inde,
20:51le Brésil, la Corée, le Kenya,
20:55et j'en passe,
20:57pour permettre d'améliorer notre organisation collective,
21:02d'éviter l'accumulation par quelques-uns
21:04des minerais critiques et des terres rares
21:07et de permettre une coopération plus efficace
21:09en matière de commerce comme en matière monétaire.
21:14Au fond, vous le comprenez,
21:16nous avons une responsabilité pour ne pas laisser s'installer
21:19cette fracture entre deux blocs.
21:23Le quatrième principe, c'est de ne pas céder
21:25à la fatalité en matière de climat et de biodiversité.
21:31Nous avons beaucoup fait ces dernières années,
21:34depuis les accords de Paris, il y a 11 ans,
21:37dont les principes restent valables,
21:39dont les accords sont à défendre
21:40et dont nous ne devons pas dévier.
21:44Mais j'entends comme vous le doute qui naît chez certains,
21:49la remise en cause de la science chez d'autres,
21:52et donc, là aussi, ne cédons rien.
21:55Si nous voulons répondre aux défis de la planète,
21:59ceux du climat, de la biodiversité,
22:01nous avons besoin du multilatéralisme d'action.
22:05C'est ce que nous avons cherché à faire
22:07à travers les One Planet Summit.
22:10C'est ce que nous avons aussi cherché à faire collectivement
22:13et réussi si on regarde la question des océans.
22:16Il y a quelques années, tout le monde nous disait
22:18qu'il était impossible de bâtir des accords
22:21pour protéger nos aires marines, nos océans.
22:24Regardez ce que nous avons fait il y a quelques années.
22:27Protéger 30 % de notre espace terrestre et de nos mers.
22:32Nous avons bâti cet accord.
22:34Nous améliorons chaque année sa mise en oeuvre.
22:36Et puis, beaucoup nous disaient que nous n'arrivions jamais,
22:39au fond, à préserver ce qui représente
22:44plus des 2 tiers de nos océans,
22:46la haute mer, au-delà de nos zones économiques exclusives.
22:50Nous avons réussi à mener cette négociation
22:52en engageant, là aussi, les grandes puissances.
22:55Ce fut l'accord dit BB&J.
22:57Et en quelques mois, nous avons finalisé
23:01les plus de 60 ratifications.
23:03Ce qui fait que cet accord, aujourd'hui, est en oeuvre.
23:06Le sommet de Nice, rassemblant les nations
23:10pour l'UNOC III en juin de l'année dernière,
23:14a permis d'accélérer ce travail,
23:16plus quelques autres réalisations.
23:18Et la 1re COP sur les océans se tiendra
23:21dans quelques mois, en janvier.
23:22C'est une formidable preuve de notre capacité
23:26à avoir des résultats concrets
23:28lorsque nous nous mobilisons et agissons ensemble.
23:30Et donc...
23:33Applaudissements
23:37Et donc, ne cédons rien à la fatalité du moment.
23:41Défendons nos acquis,
23:43mais défendons aussi nos principes.
23:45Nous devons défendre la science indépendante et libre.
23:49Protégeons le GIEC, l'IPBES,
23:51nos scientifiques qui nous alertent,
23:53qui mesurent, qui évaluent.
23:55Restons attachés aux accords de Paris,
23:58à nos trajectoires nationales,
23:59à notre décarbonation
24:00et à l'objectif de neutralité carbone à 2050.
24:04Prenons nos responsabilités,
24:05accélérons les coopérations, l'innovation,
24:08relançons le travail sur le crédit biodiversité
24:11et mettons en oeuvre nos objectifs
24:13sur la protection des forêts et des océans.
24:16Il n'y a aucune fatalité,
24:18que des décisions à prendre pour nous,
24:20dès aujourd'hui,
24:21qui sommes déjà les victimes du dérèglement climatique
24:24et plus encore pour nos enfants.
24:27Enfin, ne cédons rien à l'état du monde
24:33qui est en train d'émerger sur l'intelligence artificielle
24:36et par lequel quelques-uns voudraient nous faire croire
24:39que seuls deux puissances,
24:41les Etats-Unis et la Chine, pourraient décider,
24:43ou plus exactement que quelques acteurs économiques
24:47pourraient décider de tout,
24:49décider des innovations qu'ils veulent faire,
24:51décider les uns de faire une pause,
24:53les autres non,
24:54décider de savoir si les innovations qu'ils feront
24:58viendront attenter à la sécurité nationale de nos Etats,
25:01pourront demain permettre d'attaquer nos hôpitaux
25:03ou nos banques,
25:04et décider aussi de ce que sera l'avenir de nos sociétés.
25:09Non.
25:10Non.
25:12Et nous ne découvrons pas cela.
25:15Dès 2018, au sein du G7, avec nos amis canadiens,
25:19nous avons lancé le Partenariat mondial
25:21pour l'intelligence artificielle,
25:24adossant cette structure à l'OCDE
25:26pour commencer la discussion et la nécessité de régulation.
25:30Lors du Sommet pour l'action sur l'intelligence artificielle
25:33organisé à Paris en 2025,
25:35poursuivi par l'Inde en 2026
25:37et qui se tiendra en Suisse l'année prochaine,
25:40nous avons plaidé pour deux éléments très simples,
25:45que chaque région du monde puisse se doter de ses capacités propres,
25:49de calculs, de modèles LLM,
25:52d'écosystèmes d'intelligence artificielle,
25:55et pour que nous puissions développer la possibilité d'auditer ces modèles
26:00et de ne pas être dépendants simplement de quelques acteurs privés.
26:04L'Europe, d'ailleurs, a été la première, avec l'IA Act,
26:08à bâtir ces principes et en particulier la capacité à auditer ces modèles.
26:12Nous devons poursuivre sur cette voie.
26:15Et à cet égard, je veux ici insister sur un point,
26:18notre jeunesse et nos enfants.
26:21Nous avons trop tardé à protéger nos enfants et nos adolescents des réseaux sociaux.
26:25Partout dans nos sociétés, nous voyons les conséquences.
26:28Baisse de la capacité à apprendre.
26:32Épidémie d'obésité chez les uns,
26:35de troubles de la santé mentale chez les autres.
26:39Les constats sont là
26:40et les éléments de corrélation sont bien établis.
26:44C'est pourquoi nous avons lancé à quelques-uns une grande initiative
26:47pour protéger nos enfants et nos adolescents
26:50de l'accès aux réseaux sociaux avant 15 ans ou 16 ans, selon les pays.
26:54Et l'Europe a suivi maintenant ce pas
26:56qui a décidé de lancer une régulation.
26:58Et je veux saluer ici le caractère pionnier des Australiens
27:02qui ont été les premiers à légiférer en la matière.
27:05Nous allons poursuivre jusqu'au bout ce combat.
27:07Mais n'attendons pas les mêmes conséquences
27:10quand il s'agira de l'intelligence artificielle.
27:12Dès maintenant, nous devons protéger nos enfants
27:15et nos adolescents à cet égard.
27:18Regardez l'impact des chatbots sur nos enfants.
27:22C'est pourquoi nous avons réuni avec le Kenya, l'Espagne, l'Australie
27:26la Coalition pour les droits et la protection des enfants
27:29à l'ère de l'intelligence artificielle.
27:30Dès cet après-midi, nous la mobilisons.
27:33Et le Forum de Paris sur la paix sera le lieu
27:37où les 10 et 11 novembre prochains,
27:39nous voulons réunir l'ensemble des gouvernements,
27:43l'ensemble des organisations,
27:45l'ensemble des acteurs publics, privés,
27:48des entreprises et des académiques
27:50qui veulent accélérer cet agenda de protection de nos enfants.
27:53Et je vous donne rendez-vous le 10 et 11 novembre prochain
27:56à Paris à cet égard.
27:58Au-delà de cela, nous voyons bien la course
28:01au modèle frontière qui est lancé.
28:04Nous devons continuer d'investir,
28:06chacun dans nos géographies, pour y participer.
28:08Et la France est fière d'avoir justement un acteur
28:11qui est dans la compétition des modèles frontières.
28:14Et nous allons continuer d'investir,
28:15d'accompagner Mistral et Haï pour pouvoir tenir notre rang,
28:20essayer justement d'avoir un tel modèle.
28:23Mais nous devons aussi bâtir des coopérations nouvelles.
28:27Et je souhaite très profondément que tous les Etats souverains
28:31attachés à leur indépendance,
28:32Européens, Canadiens, Brésiliens, Indiens, Donésiens,
28:36Africains, Etats du Golfe, Singapour,
28:39et j'en passe, cette coalition des indépendants
28:41que j'ai plusieurs fois évoquée,
28:43ceux au fond qui ne veulent pas devenir les vassaux
28:45de l'un ou l'autre des deux grandes puissances mondiales,
28:49se mettent ensemble pour développer un modèle frontière open source,
28:54en mutualisant les capacités de calcul qui sont à leur disposition,
28:58en mutualisant leurs capacités d'investissement
29:00pour bâtir un modèle frontière d'intelligence artificielle
29:05en open source que nous partagerions.
29:08Nous ne devons pas dépendre de l'un ou de l'autre
29:12et nous devons réussir à pousser justement un tel agenda
29:16par la coopération.
29:19Enfin, il y a des domaines sur lesquels nous devons clairement
29:22établir les nouvelles règles du jeu,
29:24l'intelligence artificielle dans le spatial,
29:27dans la défense, dans la cybersécurité,
29:30comme je l'évoquais,
29:31a des conséquences profondes
29:33qui touchent notre sécurité nationale.
29:35Nous avons lancé ce dialogue
29:37lors du G7 de juin dernier à Evian.
29:40Plusieurs ont aujourd'hui mobilisé,
29:43et nous soutenons l'appel qui a été lancé
29:46par nos amis norvégiens et finlandais,
29:50et nous voulons continuer dans le cadre du G7,
29:53en lien aussi étroit avec nos amis britanniques
29:55qui auront l'année prochaine la responsabilité du G20
29:58à bâtir justement un agenda de coopération
30:02en matière d'intelligence artificielle
30:04pour protéger les éléments les plus sensibles
30:08qui touchent notre sécurité nationale.
30:10Comme nous avons par le passé su nous mettre d'accord
30:14pour bâtir une architecture internationale nouvelle
30:18quand il s'agissait des armes chimiques
30:20ou d'autres risques,
30:21nous devons acter qu'émergent aujourd'hui des sujets
30:24quand il s'agit du spatial, de la défense,
30:27de la cybersécurité,
30:28sur lequel nous devons reprendre le contrôle,
30:31qui impose des coopérations spécifiques
30:33et un cadre spécifique entre Etats membres,
30:35et nous devons bâtir cette coopération et ce cadre.
30:41Là-dessus, nous ne devons rien céder.
30:44Voilà les 5 principes d'action,
30:46et je ne suis à tous égards pas exhaustif,
30:48mais je vais m'arrêter là,
30:50auxquels la France croit
30:51et que je voulais aujourd'hui défendre devant vous.
30:54Et au fond, sur ces 5 points,
30:59mon message est de ne rien céder,
31:02ne rien céder à ce qui est en train de s'installer,
31:06qui est, au fond,
31:09une lente division du monde.
31:15Un esprit de défaite qui s'installe
31:17et qui laisserait quelques-uns
31:20dans l'abus de pouvoir.
31:22Abus de pouvoir des empires
31:24qui menacent la souveraineté des uns ou des autres.
31:27Abus de pouvoir de quelques-uns
31:29qui concentrent les capacités capitalistiques
31:32et qui auraient les droits ou de polluer
31:34ou d'agréger les capacités de calcul pour tous.
31:38Abus de pouvoir de quelques-uns
31:40qui voudraient concentrer les richesses.
31:43Face aux abus de pouvoir,
31:45nous devons retrouver ce qu'est la vitalité
31:47de notre organisation,
31:50ce multilatéralisme,
31:52qui est la défense d'un intérêt commun,
31:55d'une justice pour tous,
31:57et qui est, au fond,
31:59par l'unité,
32:01la justice et la coopération,
32:03de retrouver la seule efficacité,
32:07celle qui permet
32:08de rétablir une paix juste et durable
32:12dans nos pays,
32:13celle qui permet
32:14de retrouver l'unité
32:16entre le Nord et le Sud,
32:18celle qui permet
32:19de rebâtir un agenda d'action
32:22en matière de climat
32:24comme en matière technologique.
32:26Ne cédons rien.
32:27Plus que jamais,
32:28nous avons besoin
32:29de nos nations unies.
32:31Et à l'heure où nous procédons
32:32au choix de notre secrétaire général,
32:34et je veux rendre ici hommage
32:36à l'action d'Antonio Guterres
32:38durant toutes ces années,
32:39dans ce climat si dur,
32:41il n'a jamais rien cédé.
32:43à cette heure où nous avons
32:45à affronter des crises anciennes
32:47et des défis nouveaux,
32:49nous devons, en effet,
32:53continuer d'agir,
32:54aujourd'hui plus que jamais,
32:57d'avoir le courage
32:58d'être optimistes,
33:00de nous mobiliser
33:03et d'être utiles,
33:05de ne rien céder
33:06à l'esprit du temps
33:07pour toutes et pour tous.
33:10Vive les Nations unies !
33:12Merci.
33:16Applaudissements
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