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Périscolaire : «Ces affaires sont le résultat d'un État qui a abandonné ses enfants», s'indigne Sophie Audugé

Clélie Mathias, avec la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:0013h, 14h, Europe 1 Info.
00:0313h47 sur Europe 1, vous écoutez Coline Mathias et ses chroniqueurs Sophie Audugé et Georges Fenec.
00:07Sophie Audugé, on va parler hélas du périscolaire.
00:11Je vais citer quelques faits.
00:12Trois membres de l'équipe périscolaire d'une école maternelle à Paris ont été suspendus à titre conservatoire
00:17après des informations du Parisien selon lesquelles un élève, jeune l'élève en 3 ans, a quitté seul son établissement.
00:24A Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, deux membres de la direction d'un centre de loisirs ont été suspendus
00:29à titre conservatoire après un incident similaire, un enfant qui est parti aussi, c'était la semaine dernière.
00:35Je rajoute un intervenant qui est officié dans l'école privée catholique Saint-Laurent, garde à vue hier pour viol,
00:40agression sexuelle et violence.
00:42Il y a au moins 21 plaintes qui ont été déposées.
00:45Les parents dénoncent en plus une réponse tardive et inappropriée de la part de l'établissement.
00:50Je rajoute un animateur périscolaire dans une école près de Rennes,
00:54mis en examen pour viol et agression sexuelle sur de jeunes enfants.
00:57Il a été placé sous contrôle judiciaire, c'était un animateur de 21 ans.
01:04Écoutez Emmanuel Grégoire, le maire socialiste de Paris,
01:07qui a estimé que l'explosion des signalements d'agression sexuelle dans le périscolaire parisien
01:10était une atypiste, une atypiste statistique.
01:14Il répondait aux questions de la sénatrice LR.
01:16Agnès Évren, c'était la semaine dernière au Sénat.
01:18Je ne crois pas qu'il y ait de spécificité parisienne dans la matière.
01:20Et je crois que l'explosion des signalements, c'est lié à l'hypersensibilité du sujet,
01:25à l'attention des parents, à l'attention de notre propre administration,
01:29parce que l'atypiste statistique, elle est sur 2025 et 2026.
01:32Je n'en sais rien.
01:33C'est peut-être lié aussi à des défaillances qui étaient documentées dans un rapport de l'IGVP en 2015,
01:36puisque vous-même vous avez reconnu en tant que formation.
01:37Je ne crois pas, madame.
01:38Attention, vous savez, c'est systémique à l'échelle du pays.
01:41Oui, il y a une réalité à Paris, mais qui est liée sans doute au fait
01:44qu'on n'a pas suffisamment pris cette alerte série au début.
01:47Madame la rapporteure, de toute façon, vous avez le droit de penser ce que vous souhaitez.
01:50C'est plus votre droit, je crois, d'avoir pu démontrer que Paris disposait de dispositifs de prévention
01:56très en avant-garde par rapport à de très nombreux autres endroits.
01:59Alors, effectivement, je l'ai cité, il n'y a pas qu'à Paris, mais Sophie Audugé,
02:02est-ce qu'il y a une hypersensibilité à ces sujets ?
02:06Alors là, j'ai la chance que mon enfant de 3 ans, 4 ans, 5 ans
02:14n'ait pas été abusé par un animateur de périscolaire.
02:18Je pense que sinon, j'aurais beaucoup plus de mal à garder mon calme.
02:21C'est monstrueux de dire une chose pareille, franchement.
02:23Quand on sait ce que va induire pour la vie de ses enfants et de ses familles,
02:29et toute leur vie, cette agression sexuelle commise dans un espace
02:35où ils étaient censés être protégés,
02:37il ne faut quand même pas manquer de culot pour dire une horreur pareille.
02:42Moi, j'espère vraiment de tout mon cœur que ces gens-là seront traînés en justice
02:51et payeront pour ce qu'ils ont commis.
02:55La commission d'enquête, évidemment, dont j'ai écouté les auditions d'Emmanuel Grégoire et de Anne Hidalgo,
03:02montre que dès 2014, on savait qu'il y avait déjà dans le conservatoire parisien
03:06des plaintes et des signalements d'agressions sexuelles.
03:09On savait également qu'il y avait 18 écoles qui étaient déjà concernées par des plaintes du même registre.
03:18Une inspection générale a été mandatée, notamment par Anne Hidalgo,
03:22avec des recommandations, à peine 50% des recommandations ont été mises en œuvre.
03:26Et comme par hasard, entre 2020 et 2024,
03:28les signalements qui doivent être faits au titre de l'article 40 par la mairie
03:32n'ont plus été faits, ils étaient faits que par les parents.
03:35Ce qu'il faut également savoir, c'est que tous les signalements,
03:38toutes les plaintes qu'on a aujourd'hui, ce ne sont pas les animateurs qui les font,
03:43ou les gens qui sont présents sur place, les adultes présents sur place,
03:47auxquels les parents confient leurs enfants,
03:48qui vont signaler et dire,
03:50ce sont les parents parce que les petites victimes,
03:54petites entailles et grandes en termes d'offense à leur vie de demain,
03:58les petites victimes vont parler.
04:00Et là, je crois que ça dit plusieurs choses sur la société.
04:04Tout d'abord, que c'est le rôle des parents vraiment de rappeler à leurs enfants
04:09les règles essentielles qu'ils sont à respecter,
04:12c'est-à-dire que les adultes n'ont pas le droit de les toucher ni de les faire toucher.
04:16Et évidemment, d'avoir une communication très ouverte entre parents et enfants.
04:21Mais ça, c'est un aspect du sujet.
04:23L'autre aspect du sujet, c'est qu'aujourd'hui, en France,
04:26évidemment, c'est un problème systémique,
04:28mais ce n'est pas en France que le problème est systémique.
04:30C'est qu'on sait depuis toujours que les pédos criminels
04:33ciblent les endroits où il y a les enfants.
04:35Donc, si vous ne mettez pas en place des mesures structurelles majeures,
04:41drastiques, pour faire un frein, un mur,
04:44à ce que ces gens-là puissent infiltrer les écoles
04:47pour agresser des enfants,
04:50vous aurez des plaintes qui ne vont cesser d'arriver
04:54et des révélations toujours plus dans toutes les écoles de France
04:57avec particulièrement sur la région parisienne
05:00des choses aberrantes qui ont été faites
05:02dans les recrutements des animateurs à la va-vite,
05:05sans contrôle, sans formation, etc.
05:08Est-ce qu'on est au début ?
05:09Il faut redoubler de vigilance, en fait.
05:11Je dis qu'il faut casser le système.
05:12Oui, mais quand on embauche justement quelqu'un
05:14pour ce périscolaire, il faut redoubler de vigilance.
05:17Il faut casser le système
05:20et tant qu'on n'est pas capable de garantir la sécurité des enfants,
05:24eh bien, on prend prioritairement des femmes,
05:26on emplace une formation à la périculture extrêmement pointue
05:29et on fait un système de contrôle régulier
05:32et on rappelle qu'un animateur,
05:34je veux quand même rappeler le cas du fameux Michael M.
05:37qui a été condamné la semaine dernière,
05:39je veux dire, il y avait des animateurs
05:40qui savaient qu'il avait des actes déplacés,
05:43des agressions sur les enfants,
05:44ils l'ont même pris en photo,
05:47personne n'a déposé un article 40.
05:49Je veux dire, c'est quelque chose
05:50qui est quand même encadré juridiquement.
05:52Donc, il faut rappeler
05:53qu'un animateur qui est témoin
05:57a un devoir et peut être poursuivi
06:00s'il n'a pas fait cet acte.
06:02Jean-Frané.
06:03Pour le long d'énonciation de délit
06:05commis sur un mineur de moins de 15 ans,
06:09c'est une infraction.
06:10Moi, ce que j'attends,
06:11c'est évidemment les résultats prochains
06:14de la commission d'enquête sénatoriale,
06:16très important,
06:16savoir où sont les responsabilités,
06:19où sont les failles.
06:20Ce n'est pas un tribunal,
06:20c'est une commission d'enquête.
06:22La commission d'enquête va mettre à jour,
06:24va révéler les dysfonctionnements
06:26au niveau du recrutement,
06:27au niveau du signalement, etc.
06:29Et puis, j'attends aussi
06:31l'évolution des plaintes au pénal individuel
06:34qui ont été déposées par des familles
06:36contre les élus parisiens.
06:38Oui, donc Anne Hidalgo, Patrick Bloch
06:39et Emmanuel Grégoire.
06:41Et puis, vous savez,
06:41il y aura...
06:42N'oublions pas, n'oublions pas
06:44la pauvre Liana.
06:45Enfin, Anne Hidalgo et Patrick Bloch.
06:46Attention, n'oublions pas
06:48qu'il y a des fillettes
06:49qui sont mortes
06:50par des actions autour de l'école,
06:53des gens qui rôdaient autour de l'école.
06:56Et n'oublions pas aussi
06:59probablement un scandale à venir.
07:01On connaît déjà quelques éléments
07:03dans ce qu'on appelle les ASEU,
07:05vous savez, les aides sociales à l'enfance
07:06qui dépendent des départements.
07:08C'est-à-dire des enfants
07:09qui sont placés sous sauvegarde de justice
07:11et qu'on met dans des endroits
07:13où ils vont être des victimes.
07:15Tout cela montre bien,
07:16on va voir avec la loi intégrale,
07:17la protection, etc.,
07:19montre bien qu'on est face à un fléau.
07:22Un fléau, un vrai scandale national.
07:24Et d'ailleurs, la commission d'enquête sénatoriale
07:26ne se contente pas d'enquêter sur Paris.
07:28Il y a l'enquête sur l'ensemble du pays.
07:30Mais vous, c'est un sujet
07:32qui devrait d'ailleurs aussi occuper
07:33les prochaines échéances présidentielles
07:36avec des propositions très concrètes.
07:38Sophie Odugé.
07:39Oui, alors, je crois qu'il faut être très clair,
07:42ce n'est pas un fléau.
07:43C'est un symptôme d'un État
07:45qui a abandonné ses enfants
07:47et la protection des enfants.
07:49C'est dramatique de le dire,
07:50mais il y a peut-être 20 ou 30 ans,
07:52on était plus vigilants
07:53pour protéger les enfants.
07:56Je veux dire, c'est quand même ce qu'il faut dire.
07:58Qu'il y ait des pédocriminels,
08:00il y en a toujours eu,
08:01et que ces pédocriminels
08:03ciblent les endroits et les enfants,
08:04c'est connu depuis très longtemps.
08:06La réalité, c'est qu'on a
08:07une politique de protection de l'enfance
08:10qui est absolument pas
08:13à la hauteur des enjeux.
08:14Ça, c'est une réalité.
08:16C'est-à-dire qu'on a baissé la garde ?
08:17Ça veut dire que, bien sûr,
08:19on a baissé la garde.
08:20Quand vous faites rentrer n'importe qui
08:21dans les établissements scolaires,
08:22quand vous faites rentrer n'importe qui
08:24pour l'ASE,
08:24quand vous avez, au sein de l'ASE,
08:28où il y a des enfants
08:29qui sont là pour être protégés
08:32et que vous avez des réseaux de proxénètes
08:34qui les exploitent,
08:35c'est quand même un système
08:37quasiment industrialisé.
08:40Merci beaucoup, Sophie Audugé
08:42et Georges Fenech
08:42d'avoir participé au débat d'Europe 1 Info.
08:45Sur Europe 1,
08:45vous vous retrouvez tout de suite
08:46Marie-Estelle Dupont
08:47et Romain Desarmes
08:49pour « Et si on en parlait ? »
08:52Et puis moi, je vous redis à demain,
08:5313h pour Europe 1 Info
08:55et un grand merci à vous, Géraldine.

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