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  • il y a 45 minutes
Clément Brisse, 16 ans, interne dans un lycée professionnel de la Somme, jeune homme chétif, souvent moqué et harcelé .Au printemps 2017, il sèche les cours du matin. On va retrouver son corps flottant dans un étang. Les enquêteurs hésitent entre suicide et meurtre. Plusieurs suspects entendus, avant de s'arrêter sur un lycéen déconcertant. Est-il le tueur ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.

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Transcription
00:00Crime, 14h-15h, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:07Vers 22h, je vois le gendarme arriver, moi je les vois, je me suis dit, j'y m'en remets
00:11le Clément.
00:11Pour moi c'était ça, il m'en remet mon fils.
00:13Et puis c'est là qu'ils nous ont annoncé le décès de Clément.
00:18C'est horrible ! Et pourquoi ? Pourquoi lui ?
00:23Bonjour, Clément Brice, 16 ans, interne dans un lycée professionnel de la Somme.
00:28Garçon gentil, chétif, moqué, harcelé.
00:32Au printemps 2017, on retrouve son corps flottant dans un étang, suicide ou meurtre.
00:37Plusieurs suspects entendus avant de s'arrêter sur un lycéen déconcertant.
00:42Mais est-il le tueur, Clément Brice ?
00:44Harcelé jusqu'à la mort, l'heure du crime.
00:47Votre rendez-vous 100% fait divers et tout de suite sur RTL.
00:58Jeudi 30 mars 2017, 16h51, le proviseur adjoint du lycée professionnel Jean-Charles Pelletier, à Ham, dans la Somme, contacte
01:08la gendarmerie.
01:09Il signale la disparition d'un interne, Clément Brice, 16 ans.
01:14Il était bien en classe de 8h30 à 9h30, il devait reprendre les cours à 10h30.
01:20Mais plus personne ne l'a vu.
01:22Les parents, Francis, Christelle, qui habitent à 60 km de Ham, ont été contactés.
01:30Ils n'ont aucune nouvelle de leur fils.
01:33Les gendarmes se déplacent au lycée, interrogent des camarades de Clément, inscrits dans la même filière que lui, hôtellerie, restauration.
01:40Selon eux, Clément traîne en ce moment des idées noires.
01:44Il y a quatre jours, il a posté sur Facebook ce message.
01:48Je me sens perdu dans ce monde.
01:50Je reçois des coups de couteau dans le dos.
01:52Ça ne me donne plus envie de continuer ma vie.
01:55Je suis au bord de la rupture virtuelle.
01:58Je pense que le moment va peut-être sonner.
02:01La veille, au cours d'une discussion sur Snapchat, Clément avait lancé
02:06« Vivement que je crève, insuicide et redouté ».
02:13Jeudi 30 mars, trois heures après la disparition du lycéen,
02:18les gendarmes ratissent Ham et ses environs.
02:22À 20h, dans un bois proche du lycée,
02:25ils tombent sur un sac à dos qui contient une veste noire et un cahier au nom de Clément Brice.
02:30Six minutes plus tard, les enquêteurs découvrent un corps qui flotte à 2m50 de la rive
02:35d'un petit étang.
02:37C'est bien celui de Clément Brice.
02:40Torse nu, vêtu d'un jean et de basket,
02:43il porte une grosse plaie au cou, 10 cm de long, 4 de large.
02:48L'autopsie indique qu'il a eu la gorge tranchée,
02:50puis le lycéen est mort noyé.
02:53Ni stupéfiant, pas d'alcool, pas de psychotrope dans l'organisme.
02:57D'autres plaies et coupures sont relevées à la main droite,
03:00mais pas de traces d'autodéfense.
03:02Le légiste n'écarte pas formellement le suicide,
03:06mais aucune arme blanche type couteau aux tranchants lisses
03:10n'a été retrouvée dans l'étang et aux alentours.
03:16Les parents et les proches de Clément Brice décrivent un garçon gentil,
03:21serviable, solitaire, réservé, pas du tout agressif.
03:25Le lycéen, souffrant de dyslexie et dyspraxie,
03:29a montré longtemps des difficultés d'apprentissage.
03:32Il pouvait sécher les cours, mais il n'avait jamais fugué.
03:35Dans la famille, tout le monde savait que Clément supportait mal l'internat.
03:40Il était victime de moqueries, de harcèlement,
03:42au point de devenir un souffre-douleur.
03:45Les surveillants n'y prêtaient guère attention,
03:47il lui répondait qu'il se plaignait toujours.
03:50Une fois, un camarade, Anthony B.,
03:54lui a coupé les cheveux contre son gré
03:56et versé des somnifères dans un gâteau.
03:59Francis Brice, le papa, avait signalé l'incident à la gendarmerie.
04:03Maxime C., qui se présente comme le meilleur ami de la victime,
04:06confirme que Clément était moqué à cause de son grand-nez.
04:11Il était devenu de plus en plus solitaire.
04:13Les gendarmes apprennent que Clément est sorti du lycée
04:16le matin de sa mort, vers 10h10,
04:18avec un groupe d'élèves.
04:20Il n'a plus été revu.
04:22Par la suite, dans l'établissement,
04:24Anthony B., désigné comme son principal harceleur étant entendu,
04:29est mis hors de cause.
04:32Clément Brice est mort,
04:33frappé d'au moins deux coups de couteau,
04:35puis noyé dans un étang.
04:36C'est le début d'un mystère,
04:37parce que le légiste, en fait,
04:39on a l'impression que tout est simple,
04:40mais le légiste, il a bien du mal à savoir
04:42ce qui s'est passé.
04:43Il va même dire que c'est peut-être un suicide,
04:45même si, effectivement, le couteau n'est pas retrouvé.
04:48Donc, ça serait un suicide quand même pour le moins étrange.
04:50Les langues vont se délier.
04:52Un lycéen va de plus en plus intéresser les enquêteurs.
04:55Il aime beaucoup les couteaux,
04:56mais tout ça, on va le voir dans la suite de l'heure du crime.
04:59Et on va commencer à rentrer dans une enquête
05:01avec un début de résolution.
05:03Je dis bien un début,
05:04parce que rien n'est simple dans ce dossier.
05:07Alors, on revient au lycée Jean-Charles Pelletier,
05:09dans la Somme,
05:10avec la dernière sortie de Clément Brice,
05:13de l'établissement.
05:14C'était entre deux cours.
05:16Bonjour, Maître Guillaume Demarque.
05:18Bonjour, Monsieur.
05:18Merci beaucoup d'être avec nous en direct,
05:21aujourd'hui, dans l'heure du crime.
05:24Maître Guillaume Demarque,
05:25vous êtes avocat des parents de Clément Brice.
05:27Évidemment, ce dossier,
05:28vous l'avez suivi depuis le début.
05:31Je le disais,
05:32il sort de l'établissement,
05:33il est tué très vite, finalement, Clément.
05:36En tout cas, il perd la mort très vite.
05:37Il perd la vie, pardon, très vite.
05:38Oui, oui, en fait, on s'aperçoit,
05:40l'enquête a démontré que Clément était en cours
05:43de 8h30 à 9h30.
05:45Ensuite, il y a eu une récréation,
05:47lors de laquelle l'enquête a démontré
05:48qu'il avait disparu.
05:49Son corps est retrouvé en fin de journée,
05:51mais le légiste attestera
05:53de ce que la mort a été
05:54dans les premières heures
05:55qui ont suivi son échappatoire du lycée.
05:58La scène de découverte du corps,
06:00elle est brutale.
06:01Oui, c'est une scène qui est extrêmement violente,
06:02puisque les gendarmes pénètrent
06:04dans ce parc
06:06qui est parsemé d'arbres.
06:08Assez rapidement,
06:09lorsqu'on rentre dans ce parc,
06:10il tombe sur une première scène
06:12où il y a beaucoup, beaucoup de sang.
06:14On s'aperçoit qu'il y a beaucoup, beaucoup de sang.
06:16Et il s'avance encore un peu plus dans ce parc.
06:18Là, il y a un étang
06:19et à quelques mètres du bord
06:21flotte le corps de Clément.
06:23On s'est battu sur place.
06:25Il y a des signes qui permettent...
06:26Il était un petit peu déshabillé, Clément, aussi.
06:29On lui a enlevé son haut...
06:31Oui, le haut du corps est enlevé.
06:34Il n'y a pas de trace réelle de lutte,
06:36mais le médecin témoignera
06:38de ce qu'il y a sur la main de Clément.
06:41Il y a une coupure
06:42qui attesterait de lésions de défense
06:44lorsque celui-ci a été poignardé
06:46parce qu'il y a plusieurs coups de couteau
06:48qui ont été portés à Clément.
06:49Le médecin pense que c'est à ce moment-là
06:51qu'il s'est coupé la main.
06:53Alors, c'est une vraie stupéfaction
06:55dans ce lycée.
06:57C'est l'horreur absolue, oui.
06:58C'est ça, c'est l'horreur absolue.
06:59Lycée qui est un peu...
07:00Pas forcément très calme, d'ailleurs.
07:02C'est un lycée qui connaissait
07:04un certain nombre de difficultés, oui.
07:07C'était un lycée professionnel
07:08dans une région qui n'est pas forcément très simple.
07:11Mais en tout cas, c'est le lycée
07:12qui avaient choisi les parents de Clément.
07:14Ils avaient fait ce sacrifice à la fois humain
07:16parce que quand vous mettez votre enfant en internat,
07:18ça veut dire que vous ne voyez plus tous les soirs.
07:19À la famille familiale, on est forcément perturbé.
07:22Puis c'est un sacrifice qui était financier.
07:24Ils avaient, pour le bien de Clément,
07:26décidé de le confier à cet établissement.
07:27Et c'est ce qui a participé de leur deuil.
07:29Et des parents qui sont stupéfaits
07:31parce que c'est une famille aimante, les Brice.
07:34Oui, c'était des gens qui étaient extrêmement gentils.
07:37Ils y avaient à quatre.
07:38Il y avait le papa, la maman, Clément et puis sa contre-sœur.
07:40C'était une famille qui était très unie
07:41et qui avait décidé pour le bien de Clément
07:44parce que c'était aussi le souhait de Clément
07:45de le mettre, de le confier, j'allais dire,
07:47à cet établissement.
07:48Et ça s'est amené dans les circonstances
07:49que vous avez rappelées, oui.
07:50Bonjour Gautier Le Cardenel.
07:52Bonjour.
08:21Merci beaucoup d'être avec nous également dans cette heure du crime.
08:22effectivement, il était un adolescent
08:24qui traversait une période difficile.
08:26Il avait évoqué des envies suicidaires.
08:28Oui, il avait un mal-être profond.
08:33Et donc, c'est pour cette raison
08:34que la piste du suicide a été sérieusement envisagée au tout départ.
08:37Puisque forcément, c'était une piste à suivre.
08:41Il est harcelé, Clément Brice, le harcèlement scolaire.
08:43C'est un fléau, effectivement.
08:44On en parle quasiment tous les jours sur RTL.
08:46Il y a toujours des histoires qui rebondissent.
08:48Là, ça va très loin.
08:49Mais il est harcelé, Clément Brice, régulièrement,
08:52presque sans retenue, Gautier Le Cardenel ?
08:55Oui, c'est un peu le fil rouge dans cette affaire.
08:59Clément est harcelé de façon quasi quotidienne.
09:02Il est moqué.
09:04On le moque sur son physique.
09:05Il est humilié.
09:06Il est mis à l'écart par ses camarades.
09:10Ce harcèlement, il est vraiment connu au sein de son établissement.
09:14Il s'est remonté jusqu'à la vie scolaire,
09:16jusqu'à la direction de l'établissement.
09:18Ce n'est pas un harcèlement discret.
09:21Tout le monde est au courant.
09:22C'est même assumé par certains élèves.
09:26Maître Guillaume Demarque,
09:27on l'entend évidemment ce que dit très bien Gautier Le Cardenel.
09:31On a le sentiment que ce garçon,
09:33dont on vient de retrouver le cadavre dans un étang,
09:37sauvagement attaqué à coups de couteau.
09:38C'est incompréhensible.
09:40Il était tout seul finalement.
09:42Il était un peu perdu.
09:43Oui, c'est ce que l'enquête a révélé.
09:45C'est un garçon qui s'était ouvert de ses difficultés
09:50avec gentillesse.
09:53Il avait cherché des appuis auprès de camarades,
09:55auprès de la vie scolaire,
09:56auprès de l'établissement.
09:57Et à chaque fois, ça a été une fin de non recevoir.
10:00C'est-à-dire qu'il n'a jamais été pris réellement au sérieux.
10:04On a toujours un peu moqué.
10:06Il y avait toujours une bonne raison.
10:08Oui, il se plaignait toujours.
10:09Il y a un surveillant qui va le dire.
10:10Oui, c'est ce qu'a dit l'établissement.
10:14Parce que l'établissement, forcément,
10:15on s'est intéressé à la question de savoir
10:18comment un truc pareil peut arriver.
10:20Et l'établissement expliquait que c'était un gamin
10:22qui était un peu pleurnichard.
10:24Il y avait toujours une bonne raison.
10:25Oui, c'était un gamin qui était profondément malheureux surtout.
10:27Et puis, il y a un groupe tout de suite de harceleurs,
10:30entre guillemets, qui est identifié.
10:31Les interrogatoires, ils vont vite.
10:33Oui, c'est très simple.
10:34Parce qu'en fait, Clément était harcelé.
10:36On savait par qui.
10:37On savait qui étaient les quelques gamins
10:41qui tournaient autour de lui de façon extrêmement abjecte.
10:43Oui, parce que Gauthier Lacarnelle a rappelé un peu
10:45les harcèlements dont il faisait l'objet.
10:48Suspecté, un lycéen qui a toujours un couteau sur lui.
10:52Clément Brice harcelé jusqu'à la mort.
10:54Je suis sûr que les enquêteurs ne vont jamais rattraper
10:57l'auteur du meurtre, l'enquête de l'heure du crime.
10:59On se retrouve dans un instant sur RTL.
11:08Bonne journée sur RTL.
11:14RTL, votre radio.
11:16Mais...
11:16L'heure du crime, présentée par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
11:21L'heure du crime, consacrée à la mort de Clément Brice,
11:24un lycéen de la Somme, 16 ans, retrouvé dans un étang poignardé en mars 2017.
11:30Cet élève était harcelé depuis des semaines.
11:32Les enquêteurs veulent savoir qui l'accompagnait le jour fatal.
11:38Les gendarmes reconstituent la dernière journée de Clément Brice.
11:42Jeudi 30 mars 2017, il est aperçu vers 10h du matin en ville avec d'autres élèves.
11:48Le groupe se rend dans une épicerie.
11:50Clément repart rapidement vers le lycée en disant qu'il a un cours.
11:54Jérémy D., notre élève, part peu après, vers 11h.
11:58Le même Jérémy montre à un camarade un couteau avec une lame d'environ 15 cm,
12:05poignard qu'il aurait jeté dans une bouche d'égout.
12:08Jérémy, connu pour sa passion pour les couteaux, est alors placé en garde à vue.
12:12Des couteaux sont saisis chez lui, mais aucun n'a servi à frapper Clément.
12:17Le matin du meurtre, Jérémy raconte que Clément est parti en se dirigeant vers la mairie.
12:22Pour sa part, il a rejoint le lycée à 11h30, il a déjeuné à la cantine et il a suivi
12:27les cours de l'après-midi.
12:29Il ne s'est pas inquiété de l'absence de Clément, dit-il.
12:32Il a l'habitude de sécher les cours.
12:34Oui, il a jeté ce matin-là un couteau dans une bouche d'égout parce qu'il craignait une fouille
12:40au lycée.
12:41Il n'a pas attaqué Clément Brice.
12:43La garde à vue est levée.
12:47Jérémy est discrètement placé sous surveillance.
12:50Ses dossiers, médical, scolaire, énumèrent une longue liste de troubles du comportement, mensonges, provocations, vols, menaces.
13:01Il a même inventé un faux cambriolage pour dérober 4000 euros à ses grands-parents.
13:06Sa mère, entendue par les enquêteurs, le présente comme menteur, voleur, mais pas manipulateur.
13:13Les gendarmes remarquent que seuls trois élèves n'ont rien écrit sur les registres de condoléances.
13:20Jérémy, Anthony, présenté comme le harceleur de la victime, et Maxime, le soi-disant meilleur ami.
13:277 février 2018, 11 mois après la mort de Clément Brice, c'est Maxime qui est placé en garde à
13:33vue.
13:34Il révèle alors qu'il a menti.
13:36Il sait que c'est Jérémy qui a tué Clément.
13:41Avant la découverte du corps, il l'a entraîné jusqu'à l'étang.
13:44Il lui a montré le cadavre qui flottait.
13:47Il n'a rien dit, car Jérémy le menaçait.
13:50Maxime est mis en examen pour faux témoignages.
13:56Jeudi 8 février 2018, Jérémy est à nouveau placé en garde à vue.
14:00Les gendarmes l'informent que du sang de Clément a été retrouvé sur l'une de ses chaussures.
14:05Il répond qu'il ne s'est jamais battu avec la victime.
14:07Il nie en bloc.
14:09Il ne s'est pas rendu avec Maxime près de l'étang.
14:12Quant à sa passion pour les couteaux, c'est parce qu'il aime cuisiner.
14:17Jérémy est mis en examen pour meurtre.
14:18Il est écroué.
14:19Dans les mois qui suivent, le suspect reste sur ses dénégations.
14:23Deux ex-co-détenus affirment pourtant que Jérémy leur a avoué le crime.
14:28Il leur a dit avoir poignardé Clément Brice au torse, puis à la gorge,
14:32et avoir jeté son corps dans l'eau.
14:34Les co-détenus miment les gestes que leur a fait Jérémy.
14:38Geste compatible avec les constatations de l'autopsie, indique le légiste.
14:43Une communication depuis la prison est interceptée.
14:47Au téléphone, Jérémy confie à une cousine que le sang sur sa chaussure,
14:51c'est parce que Clément avait saigné du nez lors d'une bagarre.
14:54Et selon lui, les enquêteurs ne vont jamais rattraper l'auteur du meurtre.
15:00Enquête qui n'est pas terminée pour Jérémy.
15:03Audition, reconstitution, confrontation, entretien avec les psychiatres.
15:06Est-ce que ce lycéen qui se dit étranger à la mort de Clément Brice va changer de version ?
15:11C'est à ce moment-là tout l'enjeu de cette enquête et c'est à suivre dans le prochain
15:15chapitre de l'émission.
15:17En quelques mois, les soupçons ont fini par converger sur Jérémy.
15:24Maître Guillaume Demarque, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
15:27vous êtes l'avocat des parents de Clément Brice.
15:30Effectivement, tout converge vers lui parce qu'il y a beaucoup de choses.
15:33Il y a la passion pour les couteaux et puis un profil assez sombre quand même pour un garçon de
15:38cet âge.
15:38Il a 17 ans Jérémy.
15:40Oui, je veux dire, ce qui converge vers lui dès le départ,
15:43c'est que c'est quand même la personne avec laquelle Clément est sorti du lycée.
15:47C'est la dernière personne à avoir vu Clément Vivant.
15:51Il est acquis qu'il sort du lycée avec Clément et qu'il rentre du lycée sans Clément.
15:56Effectivement, l'enquête révèle que c'est quelqu'un qui a une personnalité très particulière,
16:01un comportement à la fois très froid et très perturbateur.
16:05C'est quelqu'un qui a multiplié les problèmes de comportement.
16:08Il a une passion qui est avérée pour les couteaux.
16:11Il a été plusieurs fois sanctionné.
16:13C'est connu dans le lycée par les élèves, par l'équipe éducative.
16:16C'est quelqu'un qui a, passément l'expression, un vrai problème avec les couteaux.
16:19Un vrai problème avec les couteaux, un vrai problème avec la violence.
16:22Effectivement, il est assez craint Jérémy dans ce cas.
16:25Oui, c'est quelqu'un qui, de part sa personnalité, de part les réactions qu'il est capable d'avoir,
16:29inspire la peur chez un certain nombre de lycéens.
16:31Alors, c'est étonnant aussi, il faut que vous nous en disiez un mot, Maître Guillaume Demarque,
16:35parce que c'est important, il y a cette garde à vue, la deuxième garde à vue en fait.
16:40Il y a beaucoup d'éléments.
16:41Les enquêteurs ont beaucoup d'éléments sous la main.
16:43Il y a notamment les traces de sang sur une des chaussures.
16:47Les traces de sang de Clément sur une chaussure du suspect.
16:49C'est vrai que c'est ce qui fait un peu basculer le dossier,
16:52parce que dans un premier temps, on a des éléments qui sont à charge,
16:55qui s'accumulent à la fois sur les faits, sur la personnalité.
16:58Mais il faut se souvenir qu'il a été placé le 31 mars 2017.
17:02Donc, dès le lendemain du meurtre de Clément, il a été placé en garde à vue.
17:06Alors qu'il a 17 ans, il passe 40 heures dans les mains de la section de recherche d'Amiens,
17:11qu'il l'assaille de questions et il a réponse à tout.
17:14Pendant 40 heures, il explique que Clément était son ami,
17:17qu'il n'était pas spécialement stressé lors de son retour en classe.
17:20Il est possible que peut-être on trouve son ADN.
17:22Et puis, voilà, il s'explique sur les couteaux.
17:24Un moment, un an après, les gendarmes lui opposent.
17:27J'allais dire à Clément,
17:28« Monsieur, explique-nous, tu lui expliques que tu n'as jamais eu de moins de problème avec Clément,
17:32qu'il n'y a pas eu de litige.
17:34Explique-nous, il y a la trace du sang de Clément sur ta chaussure. »
17:36« Qu'est-ce que ça fait là ? Et là, il ne bouge pas. »
17:38Non, non seulement il ne bouge pas.
17:39Il n'a absolument aucune explication.
17:41Évidemment, il ne peut pas en avoir,
17:42sauf à reconnaître qu'il est à l'origine de ce décès.
17:45Et c'est la ligne de conduite qui tiendra jusqu'au procès.
17:47Alors, effectivement, à 17 ans, c'est assez rare d'avoir ce genre d'attitude en garde à vue.
17:51Surtout qu'il n'a jamais eu affaire vraiment à la justice.
17:53Il a des petites histoires, mais il n'a mis rien de sérieux.
17:56Donc, effectivement, on se demande ce que ce garçon peut avoir dans la tête.
18:00En tout cas, il dément, voilà, dont acte.
18:03Gautier Le Cardenel, vous êtes avec nous dans cette heure du crime,
18:05journaliste au courrier Picard.
18:08Gautier Le Cardenel, on en parlait à l'instant avec Maître Guillaume Demarque.
18:13C'est un profil qui est un peu bouleversé, un peu sombre.
18:15Le profil du principal suspect.
18:20Menteur et voleur, on va même dire sa propre mère.
18:23Menteur et voleur.
18:24Oui, Jérémy D, le portrait qui est fait de ce jeune homme n'est pas très, très flatteur.
18:31Puisque même sa mère dit de lui qu'il est un voleur, un menteur.
18:36On apprendra qu'il a volé sa propre grand-mère de 4000 euros.
18:40Donc, c'est un jeune homme qui, en plus, on apprend,
18:44qui avait l'habitude de se balader avec des couteaux.
18:46Donc, c'est un lycéen qui avait un profil très particulier.
18:51Oui, c'est le moins qu'on puisse dire.
18:53Un profil, encore une fois, un petit peu effrayant, un petit peu inquiétant.
18:57Gauthier Le Cardenel, on en parlait à l'instant.
18:59Il y a les traces de sang, évidemment, sur les chaussures du suspect.
19:02C'est déjà un indice qui est important contre Jérémy.
19:05Mais il y a aussi les aveux de Maxime.
19:08Alors, Maxime, il se présentait comme le meilleur ami de la victime.
19:11Ce n'est pas tout à fait le cas.
19:13Il y a les aveux de Maxime qui dit que Jérémy l'a emmené voir le corps.
19:17Comme on va un petit peu au spectacle.
19:19C'est-à-dire qu'on emmène son meilleur copain.
19:21Tiens, je vais te montrer quelque chose.
19:22On va à l'étang, puis on voit ce corps qui flotte.
19:25Ça, c'est quand même...
19:26Ça pèse le lourd aussi dans le dossier.
19:29Oui, ça a été un rebondissement majeur dans l'enquête.
19:32Puisque ce jeune homme, d'abord, qui était entendu comme simple témoin,
19:36plusieurs fois, il maintenait la même version.
19:38Et puis, finalement, un jour, il craque.
19:42Et puis, il raconte que c'est le suspect qui l'a emmené voir le corps de Clément
19:46plusieurs heures avant que ce corps soit découvert officiellement par le secours.
19:51Ça veut dire qu'il savait où le corps était avant tout le monde.
19:54Son témoignage relie directement Jérémy Day au lieu découverte du corps.
19:58Donc, c'était un vrai rebondissement et un témoignage qui s'est révélé capital dans l'enquête.
20:02Bien sûr, ça s'accélère, effectivement, autour de ce garçon.
20:06Encore un mot sur les charges avec vous, Maître Guillaume Demarque.
20:10Il y a les témoignages des co-détenus.
20:11Alors, je sais, les co-détenus, il faut s'en méfier parce que parfois, ils répondent n'importe quoi.
20:15C'est assez fréquent dans les dossiers criminels.
20:17Mais là, ils recueillent des éléments qui ne sont pas tellement sortis dans le dossier.
20:23En tout cas, dans les médias.
20:25Ça ne fait pas basculer le dossier, mais c'est un élément qui s'est ajouté à un autre élément,
20:29puis ajouté à un autre élément, à soit un faisceau de conviction contre Jérémy.
20:34Et puis après, vous avez, j'allais dire, le coup de grâce, vous avez le sang sur les chaussures.
20:39Et puis, sur la même chaussure, vous avez l'ADN en mélange à la fois de Jérémy et de Clément.
20:45À partir de ce moment-là, ça devient totalement impossible pour Jérémy d'indiquer qu'il est totalement étranger à
20:52cette histoire.
20:53Un suspect très difficile à décrypter.
20:56Clément Brice, harcelé jusqu'à la mort.
20:58Il n'affiche aucune émotion et présente un étrange fonctionnement mental.
21:02L'enquête de l'heure du crime.
21:03Quelle sombre colère gardant lui le suspect numéro 1.
21:08À suivre, dans un court instant, sur RTL.
21:10Tous les jours, toute la journée.
21:20C'est RTL.
21:22L'heure du crime, présenté par Jean-Alphonse Richard, sur RTL.
21:27Je comprends la famille de Clément qui a besoin de le savoir.
21:29C'est tout à fait normal.
21:30Ils ont le droit à des réponses.
21:32Ils ont le droit à une justice.
21:34Je suis maman.
21:35C'est le mien qui est accusé.
21:36Et ça, c'est compliqué.
21:39Retour dans l'heure du crime.
21:40Sur l'affaire Clément Brice, un jeune lycéen de la Somme.
21:4316 ans.
21:44Frappé à coups de couteau.
21:45Égorgé et jeté dans un étang.
21:47En 2017, un autre lycéen mis en examen et écroué.
21:51Depuis le début, il n'y l'est fait.
21:53Deux ans après le meurtre.
21:54Une importante confrontation.
21:59Jeudi 28 février 2019.
22:01La juge d'instruction Damien organise une confrontation entre les mises en examen.
22:05Jérémy, soupçonné d'avoir tué Clément Brice, et Maxime.
22:09Jérémy fait valoir son droit au silence.
22:11Il s'en prend alors violemment à Maxime, qui prend peur et demande à quitter la pièce.
22:16La reconstitution qui suit, très attendue par la famille et les amis de Clément Brice,
22:21ne change pas la donne.
22:22Le principal suspect reste sur ses positions.
22:25Jérémy maintient qu'il n'a jamais mis les pieds près de cet étang.
22:29L'enquête a pourtant établi qu'il connaissait bien ce coin et venait y traîner.
22:332020, Jérémy, dont la détention provisoire atteint son seuil maximal,
22:38est libéré, placé sous contrôle judiciaire.
22:41La famille de Clément Brice se dit humiliée par cette décision.
22:45Mes clients estiment que la justice n'est pas allée assez vite
22:49et n'a jamais pris en compte leur douleur, déplore leur avocat, maître Guillaume Demarque.
22:56Les psys ont bien du mal à analyser la personnalité et le comportement de Jérémy.
23:01Ici, un expert psychiatre évoque un homme qui reste dans une froideur opératoire
23:06et n'exprime aucune émotion.
23:09Il n'exclut pas un dédoublement de la personnalité.
23:12Un lycéen à l'allure des plus sages, mais qui pourrait être impliqué dans un meurtre effrayant.
23:17L'infraction qui lui est reprochée et qu'il nie avec force
23:21pourrait s'inscrire dans son étrange fonctionnement mental, écrit le psychiatre.
23:26Le rapport du psychologue relève pour sa part un individu qui n'extériorise que très peu d'affects.
23:32Il le décrit comme impulsif, mais aussi séducteur.
23:35La juge souligne ses mensonges.
23:37Il est à ses yeux le seul et unique suspect.
23:43Alors, il y a beaucoup de choses là-dedans.
23:44Parce qu'il y a effectivement cette confrontation, tout d'abord, qui n'est pas inintéressante,
23:48même si ça ne va pas apporter grand-chose pour la vérité du dossier.
23:51Mais elle est assez spectaculaire.
23:53Maître Guillaume Demarque, vous avez défendé les parents de Clément Brice.
23:57J'ai été surpris par le fait que Maxime, d'un seul coup, éclate de colère lors de cette confrontation,
24:04qu'il insulte son ancien ami Maxime, et que celui-ci est peur.
24:10Il a vraiment peur.
24:11Il demande à sortir, il est complètement choqué.
24:13Il demande à partir, à quitter la salle.
24:16Oui, ce qu'il faut bien comprendre, c'est que Jérémy, il a une doux personnalité.
24:22Oui, c'est ça.
24:22Ça veut dire que, d'un côté, il est extrêmement froid face aux enquêteurs, face aux juges d'instruction.
24:28Ce qu'il faut bien comprendre aussi, c'est que Maxime, lui, sait ce dont est capable Jérémy.
24:33Ça veut dire que c'est quelqu'un qui est extrêmement froid, mais dont il est établi,
24:37et Maxime le sait fort bien, puisque Jérémy lui a montré le corps.
24:40Donc, il est établi que le type qui est à côté de lui, qui était un copain lycée,
24:45est capable, j'allais dire froidement, sans aucune raison, de poignarder, d'égorger quelqu'un.
24:49Donc, moi, je me mets à la place de Maxime, qui a 16 ans, qui est complètement terrorisé.
24:54Vous êtes d'accord, donc, avec cet expert qui dit que, finalement, il pourrait avoir une double personnalité, ce Jérémy
25:02?
25:03C'est ce que le dossier révèle.
25:04C'est-à-dire que vous avez quelqu'un qui est tout à fait froid, détaché,
25:09qui passe 40 heures en garde à vue, avoir réponse à tout,
25:12et puis vous avez une enquête qui démontre que, sans aucun doute possible,
25:17c'est lui qui a fait ce qu'on lui reproche.
25:19Donc, vous avez quelqu'un qui a la personnalité qu'on constate,
25:22et vous avez fait dans leur côté absolue.
25:24La reconstitution, je suppose que vous y étiez.
25:26Oui, bien sûr.
25:27Évidemment, Maître Guillaume Demarque.
25:29Comment ça se passe ?
25:30Comme ça, sur le papier, on dit, ça n'a rien donné, ça ne bouge pas.
25:34Mais est-ce que vous avez remarqué des choses qui étaient intéressantes ?
25:36L'objet de la reconstitution, c'est de permettre de se mettre sur place,
25:40de comprendre, au-delà d'un dossier papier,
25:42quel a été le cheminement de tel témoin, de telle mise en cause.
25:45Ça a permis de voir dans quelles conditions les lycéens étaient sortis du lycée,
25:50la distance qu'il y avait à parcourir pour aller jusqu'à ce parc,
25:54dans quelles conditions ce parc était boisé,
25:56à quel endroit on avait retrouvé les premières traces de sang,
25:58et puis à quel endroit on avait retrouvé le corps de Clément.
26:00C'était quelque chose qui est toujours important,
26:02une reconstitution d'un dossier criminel.
26:03Et les parents, ils attendent.
26:05Je pense que vous leur rendez compte, évidemment, de ce qui se passe.
26:08C'est votre job.
26:10Qu'est-ce qu'ils vous disent, les parents ?
26:11Ils sont un peu perdus ?
26:13Mais les enfants, les parents, ils sont écrasés par le chagrin.
26:16Parce qu'ils constatent, au vu du dossier, qu'il n'y a pas de contestation possible.
26:21Le Clément, il aura été pris par Jérémy.
26:24Ils constatent les avancées,
26:25ils constatent les dénégations qui sont formées par Jérémy.
26:29Ils ne comprennent pas qu'il n'ait pas, à tout le moins, l'envie de se soulager,
26:34d'expliquer, voilà, ça s'est passé comme ça, je l'ai fait comme si,
26:37pour telle ou telle raison.
26:38Il n'y aura jamais de bonnes raisons pour les parents,
26:39mais ça aurait pu peut-être un peu les aider à faire leur deuil.
26:42Oui, c'est ça.
26:43Donc ils attendent sans doute un geste, une parole.
26:45C'est terrifiant, parce que c'est toujours le cas dans ces affaires criminelles.
26:49Les parents, les victimes, sont prises à notage, quasiment, par celui qui a tué.
26:53Oui, bien sûr.
26:53Parce qu'en fait, celui qui a tué leur fils,
26:55c'est celui qui a recueilli son dernier soupir,
26:57ces dernières paroles.
26:59Qu'est-ce qu'il a dit lorsque tu l'as tué ?
27:02Est-ce qu'il a demandé pitié ?
27:04Est-ce qu'il a appelé sa maman ?
27:05Est-ce qu'il a fait...
27:06Voilà, c'est des fictions extrêmement atroces.
27:09Gautier Le Cardenel, avec vous,
27:11vous êtes journaliste au Courrier Picard,
27:14et avec nous, évidemment, depuis le début de cette émission.
27:16Alors, évidemment, il y a un point d'interrogation dans cette histoire,
27:19qui est central, c'est le mobile.
27:22Est-ce qu'on sait pourquoi Clément Brice a été tué ?
27:27Ben, le mobile, ça restera le très grand mystère de ce dossier.
27:32On sait qu'il y a le harcèlement.
27:34Est-ce que c'est l'aboutissement de ce harcèlement ?
27:38On l'ignore, en fait.
27:39Il n'y a aucun mobile qui a été découvert,
27:42et c'est ce qu'il y a de terrible dans cette affaire.
27:44Les deux ex-lycéens vont être jugés.
27:49Clément Brice harcelé jusqu'à la mort.
27:51Oui, j'avais des couteaux.
27:52Oui, je suis un voleur, mais je ne suis pas un meurtrier.
27:55L'enquête de l'ordre du crime.
27:57On se retrouve dans un instant sur RTL.
27:58Merci d'écouter RTL.
28:10RTL. Votre radio.
28:13L'heure du crime. Présenté par Jean-Alphonse Richard sur RTL.
28:18Au programme de l'heure du crime, l'affaire Clément Brice,
28:21ce lycée à 16 ans a été poignardé, égorgé et jeté dans un étang de la Somme.
28:26En mars 2017, un de ses camarades mis un examen pour meurtre,
28:30un autre pour faux témoignages.
28:32Le duo mineur au moment des faits est jugé plus de 4 ans après.
28:39Lundi 15 novembre 2021, Jérémy et Maxime,
28:42tous deux désormais âgés de 21 ans,
28:45comparaissent devant la cour d'assises des mineurs à Amiens.
28:48Le principal accusé, Jérémy,
28:50n'y toujours avoir donné des coups de couteau à Clément.
28:53Le sang de la victime sur sa chaussure ?
28:55Je ne peux pas l'expliquer car moi-même, je ne me l'explique pas, répond-il.
28:59Une ex-élève se présente comme la confidente de Clément Brice.
29:03Elle évoque le harcèlement qu'il subissait.
29:06Clément m'avait raconté qu'on lui avait rasé les cheveux,
29:11remplacé la crème de son gâteau par du dentifrice.
29:14J'étais allé voir le conseiller principal d'éducation,
29:17mais rien n'a été fait.
29:18Le proviseur par intérim,
29:20qui était en poste depuis moins de deux mois
29:23au moment de la mort de Clément Brice,
29:25évoque un lycée où plus rien ne fonctionnait
29:29et a l'ambiance délétère.
29:31C'est dans ce climat que le meurtre est survenu.
29:37Jérémy répète qu'il n'a pas tué Clément Brice,
29:40même si l'avocat général s'étonne des éléments à charge contre lui.
29:43« Oui, j'avais des couteaux,
29:45oui, j'étais un voleur,
29:47mais je ne suis pas un meurtrier », répète l'accusé.
29:49On lui fait remarquer que,
29:50sur les images de vidéosurveillance,
29:52on ne voit que lui marcher à côté de la victime.
29:55« Je me souviens de l'avoir dépassé,
29:57oui, mais j'ai continué ma vie.
30:00Je ne m'occupe pas des gens », réplique-t-il.
30:02L'avocat général réclame 20 ans de prison
30:05pour le suspect numéro 1.
30:06« Ça ne peut pas être quelqu'un d'autre »,
30:09martèle Guillaume Demarque,
30:11avocat de la famille Brice.
30:12L'avocate de Jérémy,
30:14Uria Zavonello,
30:16estime que le doute doit profiter
30:18à l'accusé.
30:20Et on va voir dans le chapitre suivant
30:22ce que va donner ce verdict.
30:24Pour l'instant, je reviens vers vous,
30:25Maître Guillaume Demarque,
30:26vous êtes l'avocat des parents de Clément Brice.
30:29Ces parents, ils sont là, évidemment,
30:30à l'audience,
30:31ils sont complètement écrasés par le chagrin.
30:33Les années n'ont pas réussi,
30:35ils n'ont pas réussi au fil des années
30:36à faire leur deuil de la perte de leur fils.
30:39Évidemment, alors quel climat,
30:41Maître Guillaume Demarque,
30:42vous connaissez bien les assises, etc.
30:45Vous avez fait plusieurs procès,
30:46vous connaissez bien ce genre de configuration.
30:49Quel climat règne sur cette salle d'assises ?
30:52Le procès d'assises,
30:53c'est toujours une ambiance particulière,
30:55c'est une ambiance qui est lourde.
30:56Parce que forcément,
30:58on est amené à se plonger dans la vie des gens
31:00au travers d'un dossier
31:01qui est particulièrement douloureux,
31:02par essence.
31:04Là, ça a une résonance particulière
31:05parce qu'on parle du meurtre d'un enfant.
31:08On parle d'un gamin de 16 ans
31:09qui a fini écorgé dans un étang.
31:12Moi, j'assiste des parents,
31:14j'assiste une jeune fille,
31:16puisque Clément avait une sœur
31:18qui sont totalement écrasée par le chagrin
31:20et qui entendent les dénégations
31:22absolument farfolues
31:24de celui qui est mis en cause.
31:27Donc, c'est vrai que lorsque
31:29ils entendent,
31:29le doute doit profiter à l'accusé.
31:32On est tous d'accord avec ça.
31:34Sauf que dans ce dossier,
31:35il n'y a aucun doute.
31:36Et c'est ça qui, selon vous,
31:37évidemment, fait la différence.
31:39Vous les découvrez,
31:40maître,
31:41enfin, pas tout à fait,
31:42puisqu'il y a eu la reconstitution,
31:44il y a eu la confrontation,
31:45mais vous les découvrez là,
31:46à l'audience,
31:47ces deux accusés,
31:48bon, il y en a un seul
31:49qui est intéressant,
31:50entre guillemets,
31:51c'est le principal,
31:52évidemment,
31:52c'est Jérémy.
31:54À quoi est-ce qu'ils ressemblent,
31:55ces deux garçons
31:56qui ont grandi depuis ?
31:57Mais ils sont majeurs.
31:59Alors, physiquement,
31:59ils sont assez dissonants,
32:01puisque vous avez Jérémy
32:02qui n'est pas très grand,
32:05avec des yeux très vifs,
32:07qui a un visage assez fermé,
32:09évidemment,
32:09parce qu'il encourt
32:10la peine la plus importante,
32:11mais on sent que c'est quelqu'un
32:13qui peut être très froid.
32:14Et d'ailleurs,
32:14il sera très froid
32:15tout au long des débats.
32:17Et puis, à côté,
32:17vous avez Maxime
32:18qui, lui,
32:18comparaît libre,
32:19à la différence de Jérémy,
32:23dont on comprend instantanément,
32:25lorsque l'on voit les deux,
32:27qu'il y en a un
32:28qui a l'ascendant sur l'autre.
32:29Et on voit tout à fait
32:31la façon dont ça s'est passé.
32:33On comprend tout à fait
32:34ce qui s'est joué
32:35dans le bureau du juge d'instruction
32:36avec Jérémy,
32:38qui intime à Maxime
32:39l'ordre de se taire.
32:40Et on voit l'autre,
32:41c'est une espèce
32:41de gros nounours
32:42qui est complètement dépassé
32:44par ce qui lui arrive.
32:46C'est étonnant
32:47ce que vous racontez,
32:48Maître Demarque,
32:48parce que des années après,
32:49il y a toujours
32:50cette impression
32:50non pas de violence,
32:52mais en tout cas
32:52d'intimidation
32:53de la part de Jérémy.
32:54Oui, on voit tout à fait
32:55que Jérémy n'a pas
32:57à parler
32:58pour que Maxime
32:59se taise.
32:59Il suffit qu'il le regarde,
33:01il lui jette un regard noir
33:02et on comprend tout à fait
33:04la peur
33:04qui a été celle de Maxime,
33:05même s'il a vraiment
33:06du mal à comprendre
33:07parce que
33:07si Maxime avait parlé plus tôt,
33:09l'enquête aurait été
33:10plus rapide
33:11et le procès
33:12n'aurait pas été le même.
33:13Leur douleur
33:13aurait été sans doute différente.
33:15Tout à fait,
33:16elle s'est même amplifiée
33:17cette douleur
33:17parce que face au silence,
33:18effectivement,
33:20l'heure gonfle
33:20et envahit les esprits.
33:23Gauthier,
33:23le cardenal journaliste
33:25courrier Picard.
33:25Alors, on est aux assises,
33:26évidemment,
33:27et c'est étonnant,
33:29encore une fois,
33:29l'aplomb du principal accusé,
33:31Jérémy.
33:33C'est un des aspects
33:34frappants de ce dossier,
33:35c'est que
33:35il y a Jérémy Day,
33:38mais il y a aussi
33:39le Maxime au début.
33:41Ce sont des jeunes
33:42qui ne sont pas
33:43des délinquants notoires,
33:44qui n'ont pas affaire
33:45aux gendarmes
33:47régulièrement
33:48et qui se retrouvent
33:50interrogés
33:50par les enquêteurs
33:51de la section de recherche
33:52d'Amiens
33:53qui sont quand même
33:54des écrans spécialistes
33:56dans ce type d'affaires.
33:59Et ces jeunes-là,
34:00ils ne lâchent rien.
34:01Est-ce que ça en tient
34:02au profil
34:03très particulier
34:04de Jérémy Day ?
34:05Je n'en sais rien,
34:06mais en tout cas,
34:06c'est assez hallucinant.
34:08Oui, c'est étonnant
34:09d'arriver aux assises
34:10avec un tel aplomb,
34:11une telle force,
34:11une telle puissance
34:12de dénégation.
34:13C'est assez rare
34:15à cet âge-là.
34:16Gautier Le Cardenal,
34:17encore une question
34:18sur le harcèlement scolaire.
34:20Ça m'intéresse,
34:21cette histoire,
34:21parce qu'effectivement,
34:23le harcèlement scolaire,
34:24il est aussi au centre
34:25de ce procès.
34:26On le sent bien,
34:27parce qu'avec le malheureux
34:28Clément Brice,
34:29ce harcèlement,
34:30il était,
34:31j'ai envie de dire,
34:32intense.
34:32Il ne s'arrêtait jamais,
34:33il continue,
34:33la nuit, le jour.
34:35Oui, forcément,
34:36tout au long du procès,
34:38le harcèlement était présent.
34:41On a découvert
34:42un établissement
34:42qui a été dépassé.
34:45Il a été décrit
34:46une ambiance délétère
34:47au sein du personnel,
34:48des jeunes en souffrance,
34:50des violents
34:51jusqu'en dehors
34:51de l'établissement.
34:52Et cet adolescent
34:54qui était harcelé
34:56à la vue de tous,
34:57n'a jamais été protégé
34:58par l'institution.
34:59Donc, forcément,
35:01cet aspect du harcèlement
35:03a été un peu
35:04comme un fil rouge
35:05au sein du procès.
35:07Après cinq jours
35:08de procès,
35:09le verdict.
35:11Clément Brice,
35:12harcelé jusqu'à la mort.
35:13La preuve définitive
35:14qu'il a bel et bien
35:15été tué.
35:16Clément,
35:17l'enquête
35:18de l'heure du crime,
35:19je vous retrouve
35:19tout de suite
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35:28L'heure du crime,
35:30présentée par
35:30Jean-Alphonse Richard
35:31sur RTL.
35:34Dans l'heure du crime,
35:34l'affaire Clément Brice,
35:35un lycéen de la Somme,
35:3716 ans,
35:37harcelé par ses camarades.
35:38En mars 2017,
35:39son corps est retrouvé
35:40dans un étang,
35:41il a été poignardé.
35:43Deux de ses camarades
35:44jugés quatre ans plus tard,
35:45l'un pour meurtre,
35:46l'autre pour faux témoignages,
35:48le verdict tombe.
35:52Vendredi 19 novembre 2021,
35:55Jérémy est condamné
35:56à 15 ans de prison
35:57pour la mort
35:58de Clément Brice.
35:59Les jurés
36:00lui ont accordé
36:01l'excuse
36:01de minorité,
36:03contrairement
36:03à ce que souhaitait
36:04l'avocat général.
36:06Maxime
36:06écope lui
36:07de deux ans
36:08de prison
36:08avec sursis.
36:09Jérémy indique
36:10qu'il fera appel.
36:11Il se désistera
36:13toutefois
36:13cinq mois plus tard.
36:14La preuve définitive
36:15qu'il a bel et bien tué
36:16Clément Brice
36:17assure l'avocat
36:18de la famille.
36:22En 2017,
36:23après le décès
36:24de Clément Brice,
36:25une association,
36:26Clément,
36:27un ange
36:28contre le harcèlement
36:29avait été créée.
36:30Dans la région
36:31de Hames,
36:32Francis Brice,
36:33le papa
36:34en avait pris
36:34la présidence
36:35espérant que
36:36cette action
36:37puisse participer
36:38à éradiquer
36:39le fléau
36:40du harcèlement scolaire.
36:42On a pris
36:43perpètre,
36:44nous.
36:44Notre famille
36:45est détruite
36:46et maintenant,
36:47tout ce qui nous reste
36:48à faire,
36:48c'est de regarder
36:50le temps qui passe.
36:51Formidable quand même.
36:53Formidable !
36:53Je vais vous dire une chose,
36:55je ne suis vraiment pas fier
36:57ce soir
36:59d'être français.
37:00C'est tout ce que j'ai à dire.
37:02La colère et le dégoût
37:04de Francis Brice,
37:05c'est le papa
37:06de Clément Brice,
37:07c'était après la condamnation
37:08évidemment de Jérémy
37:09le 19 novembre 2021.
37:13Maître Guillaume Demarque,
37:14vous êtes avec nous
37:14depuis le début
37:15de cette émission,
37:16avocat des parents
37:16de Clément Brice,
37:17évidemment,
37:18il y a deux condamnations,
37:20ça c'est indéniable,
37:21il n'y aura pas d'appel en plus,
37:22il s'est désisté
37:22de son appel,
37:24Jérémy,
37:25il y a deux condamnations,
37:26ça pourrait suffire
37:27pour une famille,
37:28mais là,
37:28ça ne suffit pas du tout.
37:31Vous savez,
37:32je pense que
37:33perdre un enfant,
37:34c'est ce qu'il y a de pire.
37:36Il faut en sourire
37:36dans des conditions
37:37aussi atroces.
37:38Je me dis souvent,
37:41la langue française
37:42n'a pas de mots,
37:43c'est-à-dire que
37:43vous perdez votre conjoint,
37:44vous êtes veuf,
37:45vous perdez vos parents,
37:47vous êtes orphelin,
37:48vous perdez votre enfant,
37:49il n'y a pas de mots.
37:50C'est vrai,
37:50exact.
37:51Il n'y a pas de mots.
37:51C'est pas d'enditionnaire.
37:53C'est contre l'ordre naturel
37:54des choses.
37:56Cette famille,
37:56elle a été brisée.
37:57Je vais dire,
37:58leur vie terrestre
37:59s'est arrêtée
37:59à ce moment-là.
38:01Donc,
38:01M. Brice,
38:01il y a des déclarations
38:02qui lui appartiennent,
38:03que je ne commenterai pas,
38:04mais à Dieu le plaît,
38:05est-ce que je rejoins
38:05dans cette situation-là.
38:07Les peines,
38:08finalement,
38:09sont modérées,
38:11j'ai envie de dire.
38:1115 ans de prison.
38:13L'avocat général,
38:13il en souhaitait 20.
38:15L'avocat général
38:16n'avait pas requis
38:18sur l'excuse
38:20de minorité,
38:20donc les accusés
38:22étaient mineurs.
38:23C'est le jeu normal
38:24de la loi
38:25et des institutions démocratiques.
38:27Les jurés
38:28se sont prononcés.
38:29Ce que je constate,
38:30c'est que Jérémy,
38:32qui n'avait de cesse
38:33de clamer son innocence
38:34sans jamais donner
38:35une piste d'explication,
38:37n'a pas soutenu son appel.
38:39C'est-à-dire,
38:40c'est pour moi
38:40la preuve ultime
38:41de sa culpabilité.
38:42C'est un aveu pour vous ?
38:44C'est-à-dire,
38:44quand vous prenez une peine
38:45qui n'est quand même pas neutre,
38:47qui n'est pas le maximum légal,
38:48mais qui n'est quand même pas neutre,
38:50que les institutions
38:51vous permettent
38:51d'interjeter appel.
38:53Vous faites appel
38:54et puis vous soumettez
38:55à des nouveaux juges.
38:57Les faits,
38:58il ne l'a pas fait.
38:59C'est-à-dire qu'il a
39:01pris pour acquis
39:02que la parole
39:03qu'il portait
39:03n'avait pas été crue
39:04et qu'il ne souhaitait pas
39:06aller plus loin en contact.
39:08Guillaume Gautier,
39:09pardon,
39:10le cardenal,
39:11journaliste,
39:11courrier,
39:12et puis on arrive
39:12au bout de l'histoire.
39:14Finalement,
39:14voilà,
39:15la justice a fini par passer.
39:18Il reste quand même
39:19des zones d'ombre,
39:20évidemment,
39:20parce qu'on ne sait pas
39:21exactement ce qui a pu se passer
39:22près de cet étang.
39:23Il n'a pas beaucoup parlé
39:24ou très peu parlé,
39:26Jérémy.
39:27Pas d'aveu,
39:28donc,
39:29mais les indices,
39:29il reste écrasant,
39:31Gautier ?
39:31Oui,
39:32les gendarmes
39:33de la section de recherche
39:34ont fait un travail
39:35remarquable
39:36dans cette affaire.
39:37En fait,
39:37ils ont fermé
39:38toutes les portes,
39:39même s'il n'y a
39:40pas d'aveu.
39:42Il n'y en avait pas besoin,
39:43en fait.
39:43Tous les éléments
39:44convergeaient vers l'accusé.
39:46Il n'avait aucune porte
39:47de sortie,
39:47en fait.
39:48Tout ce qui manquait
39:49pour beaucoup
39:49de l'enquête,
39:50c'était cet élément matériel.
39:52Ils l'ont eu
39:52avec la goutte de sang
39:54retrouvée sur la basket.
39:55À partir de ce moment-là,
39:56il y avait une certitude absolue
39:58que c'était lui
39:59l'auteur des faits.
40:01Maître Guillaume Demarque,
40:02c'est terrifiant,
40:03cette histoire,
40:03parce que Clément Brice,
40:05c'est le bouc émissaire
40:07dans cette histoire.
40:08Il n'aurait jamais dû mourir
40:09encore plus de cette façon,
40:10mais on l'a laissé seul,
40:14isolé.
40:14C'était un gamin
40:16qui visiblement
40:17était un chouette gamin.
40:18C'est un gamin
40:18qui était aimé
40:20de ses parents,
40:21qui était aimé de sa sœur.
40:22Un parent qui avait fait
40:23le sacrifice
40:24de le mettre
40:25dans cet internat
40:26parce qu'il semblait
40:27avoir trouvé sa voie professionnelle.
40:28Il voulait être cuisinier.
40:30Et puis,
40:30c'est un gamin
40:31qui part trop tôt
40:31dans des circonstances
40:32qui sont atroces.
40:34Les harceleurs,
40:35ils sont allés au bout
40:35finalement
40:36de leur démonstration.
40:38En tout cas,
40:38le harceleur Jérémy,
40:41là,
40:42il a mis à exécution
40:43finalement
40:44le pire des scénarios.
40:47On ne saura jamais
40:48ce qui s'est passé.
40:49On sait ce qui s'est passé.
40:50On sait que Jérémy
40:51a égorgé Clément
40:52dans ces conditions.
40:54Pourquoi ?
40:54On ne saura jamais.
40:56C'est encore ce dont
40:58il a privé
40:58les parents de Clément.
40:59Vous le disiez tout à l'heure,
41:00un lycée en déshérence,
41:02c'est la loi du plus fort
41:03qui l'a emporté.
41:04Oui,
41:04c'était compliqué
41:05lors de l'audience.
41:06On aurait dû un peu
41:06encadrer peut-être ça.
41:07Je pense qu'il y a eu
41:08peut-être des démarches
41:09pour savoir ce qui s'était passé
41:10aussi,
41:10une enquête interne,
41:11etc.
41:12Il y a sans doute
41:12une enquête interne.
41:13ce qui était flagrant
41:14lors de l'audience,
41:15c'est le défilé
41:15des témoins,
41:16des responsables,
41:17des proviseurs,
41:18des conseillers d'éducation
41:18de ce lycée
41:19qui vous expliquaient
41:21qu'ils étaient tous débordés,
41:29d'écoute.
41:29On aurait pu sauver
41:30Clément Brice ?
41:32Alors,
41:32est-ce qu'on aurait pu le sauver ?
41:34Ça,
41:34c'est la question
41:35qui hante forcément
41:35ce dossier.
41:36Mais il faut rester prudent
41:38puisque,
41:39même si la question est légitime,
41:42le lien entre la défaillance
41:44d'institution
41:45et le crime
41:47n'est pas forcément mécanique.
41:49Donc,
41:50on n'a pas de réponse
41:51à cette question.
41:52Merci Gauthier Le Cardenel,
41:53merci Guillaume Demarque
41:54d'avoir été les invités
41:55de l'heure du crime.
41:56Merci à l'équipe de l'émission,
41:57rédactrice en chef
41:58Justine Vigneau,
41:59préparation,
41:59Marie Bossard,
42:00Lili L'Abbaye,
42:01réalisation en direct.
42:02Jonathan Griveaux.

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