00:00On vit littéralement dans une dystopie, épisode 3873.
00:04En France aujourd'hui, si une femme ose dénoncer des insultes sexistes
00:07qu'elle a reçues dans le cadre de son travail,
00:09elle se fait condamner par la justice.
00:11Et celui qui a proféré les insultes n'est pas inquiété.
00:14Pour vous donner du contexte, l'entrepreneuse Tara Euse-Sarmani,
00:17qui lutte contre la précarité menstruelle,
00:20a été condamnée par la justice pour avoir dénoncé publiquement
00:23une insulte qu'elle a reçue sur LinkedIn de la part d'un entrepreneur.
00:26Cet homme, il s'est permis de l'insulter de connasse par message privé sur LinkedIn.
00:31Et donc pour dénoncer ce comportement,
00:32elle a pris un screenshot de la conversation privée
00:35pour la publier sur LinkedIn et en faire un post
00:37afin de dénoncer les propos sexistes de cet entrepreneur.
00:40Huit jours après la publication de son post,
00:43elle a été condamnée par la justice.
00:45Huit jours !
00:46En France, il y a des victimes d'agressions sexuelles
00:49qui, cinq ans, six ans, sept ans après avoir porté plainte,
00:52ne sont toujours pas prises en charge par la justice.
00:54Mais par contre, quand une femme dénonce des injures sexistes,
00:57là tout de suite, c'est une urgence de la condamner.
00:59C'est une urgence de la silencer finalement.
01:01Donc cette entrepreneuse se retrouve condamnée
01:03à payer des dommages et intérêts
01:05auprès de la personne qui l'a insultée.
01:07Ici, on peut parler de procédure bâillante.
01:10C'est-à-dire qu'on va attaquer la personne en face,
01:13alors même que c'est nous qui lui avons causé du tort,
01:15pour la faire taire.
01:16Parce que la justice, ça coûte extrêmement cher
01:19et c'est épuisant psychiquement, moralement et physiquement.
01:23Encore une fois, on a un bel exemple
01:24qu'en France, le système judiciaire est malade.