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Ce vendredi 25 septembre, Audrey Maubert a reçu Mossi Traoré, créateur, et Juliette Weiss, journaliste BFM Business, dans l'émission Iconic Business sur BFM Business. Retrouvez l'émission le mardi et réécoutez la en podcast.
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00:02Générique
00:07Iconique Business, le luxe by BFM Business, Audrey Maubert
00:13Drapé, asymétrie, empiècement en cascade, manche XXL, le style Mossy du créateur Mossy Traoré rappelle indéniablement celui de Madame Gray.
00:22Il a même donné à l'école de haute couture qu'il a fondé le prénom de cette technicienne, de
00:26cette virtuose de la mode.
00:28L'actualité de la griffe Mossy, c'est aussi la Paris Fashion Week. L'enjeu est grand pour cette maison
00:33invitée.
00:33La reconnaissance aussi culturelle cette fois avec une exposition en ce moment au Musème de Marseille.
00:39Un créateur éthique engagé, pas de 20 mots apparemment. Il nous en dira plus dans un instant. Il est dans
00:44Iconique Business.
00:46A suivre également les désirables de la semaine, ce sera la sélection de Juliette Weiss.
00:50Emporio Armani bouscule les traditions familiales, oui, avec un directeur artistique qui ne vient pas de cette famille.
00:56On en parle dans un instant. C'est Iconique Business. Bienvenue.
01:03Dans Iconique Business, cette semaine avec nous, Mossy Traoré, créateur. Bonjour.
01:07Bonjour.
01:08Merci d'être là à la tête de Mossy. Maison invité, je le disais, à la Paris Fashion Week, une
01:12marque indépendante.
01:13Le prochain défilé, ce sera le 4 octobre. Mode féminine, printemps-été 2027.
01:19Qu'est-ce qu'on doit attendre sans nous dévoiler tous les secrets ?
01:22Le style Mossy, quel est-il ? Comment vous le décrivez ?
01:25Le style Mossy, c'est une couture contemporaine, du quotidien, urbaine, poétique, très conceptuelle, avec une vraie écriture qui m
01:40'est propre.
01:40Oui, avec une vraie personnalité. On va y revenir en détail.
01:44En piècement, drapé à symétrie, il y a quoi ? Le côté sculptural d'un Azzedine Alaïa, le drapé signature
01:52de Madame Gray, l'architecture et les couleurs même d'un Christian Dior.
01:56C'est un peu tout ça que vous allez piocher ? Ou en même temps, de l'un, de l
02:00'une d'ailleurs, découlent les autres ?
02:02Je pense que depuis que j'ai commencé mes études dans la mode, dans mon parcours d'étudiant, c'est
02:08vrai que quand j'ai commencé mes études, celui qui m'a fait aimer ce métier et qui m'a
02:13donné envie, c'est Yoji Yamamoto.
02:16La première expo que j'ai vue dans ma vie, c'était une expo Yoji Yamamoto au Musée des Arts
02:20Décoratifs.
02:21Et en sortant de cette expo, c'était avant que je commence des études dans la mode, j'ai compris
02:24que créer, c'est être libre, en fait.
02:26Et ça m'a accompagné toute ma carrière.
02:28Quand j'étais étudiant, il y a eu aussi John Galliano, l'exubérance, le côté théâtral.
02:34L'envoyant.
02:35Voilà, ça m'a animé. Moi, j'aimais l'énergie qui se dégageait de son travail.
02:39Et puis, durant mes études, j'ai découvert Madame Gré, qui a été une très grande source d'inspiration, de
02:45passion.
02:47Moi, j'ai aimé le travail de cette femme, qui est juste extraordinaire, qui, pour moi, est la plus grande
02:51couturière française, que la mode français, en tout cas, est connue.
02:54Elle est vraiment l'incarnation du savoir-faire et de la technicienne en termes d'artisan des mains.
03:02Surtout la générosité dans le travail, la rigueur, la perfection.
03:06Et dans mon parcours, j'ai aussi eu la chance de rencontrer une autre femme extraordinaire, Josette Thomas, qui avait
03:12travaillé chez Madame Gré, à 17 ans, chez M. Balantaga, qui m'a aidé à créer mon école.
03:16Puis, il y a eu d'autres références, Issemi Ake, Margiela.
03:24Voilà, le style Mossier, aujourd'hui, il prend sa naissance, ses racines, à travers la passion que j'ai eue
03:31à découvrir le travail de ces noms-là.
03:33Mais on entend quand même le contraste et le paradoxe, en fait, avec des échos, un côté un peu flamboyant
03:38et un côté un peu plus sage, mais très rigoureux aussi dans la ligne et dans les coupes.
03:49Moi, j'aime sculpter le vêtement aussi un petit peu, par les jeux d'asymétrie, de superposition.
03:56Moi, j'aime une couture poétique et je pense que sculpter le vêtement apporte cette idée-là.
04:03Et après, oui, il y a de la rigueur dans la recherche, dans les volumes.
04:08Des fois, il y a des idées qui peuvent en un coup jaillir et je sais ce que je veux.
04:12Parfois, il y a des vêtements, des silhouettes où ça va prendre beaucoup de temps.
04:17Mais je fonctionne à l'émotion, en fait.
04:19À l'émotion et cette émotion, l'idée, c'est de la retranscrire, de la transmettre au moment des défilés.
04:25Mais pour exister quand on est une marque indépendante, quand on est une maison invitée à la Paris Fashion Week,
04:30et pour s'offrir la visibilité, il faut quoi ?
04:33Scénariser quelque chose de complètement fou, de complètement différent et en même temps, qui fait écho à son propre ADN
04:39?
04:40Oui, en fait, c'est une recette qui réunit un petit peu tout ça avec tous ses ingrédients.
04:45Moi, dans les ingrédients, je veux rester libre d'être qui je suis, de faire ce que j'aime, ce
04:50qui me passionne.
04:51Ensuite, j'aime l'audace.
04:53Moi, j'aime les challenges.
04:55Moi, j'aime les projets, l'inattendu, la spontanéité.
05:00Enfin, voilà, moi, je suis généreux dans la passion.
05:02Et dans tous vos défilés, vous avez tout osé ?
05:05Ah ouais, j'ai fait des choses pas mal.
05:07Un défilé en pleine avenue Montaigne, un défilé dans le crématorium du Père Lachet,
05:13un défilé à la cour d'appel de Paris, sous la forme de mon propre procès,
05:18un défilé en hommage aux éboueurs, un défilé dans ma cité, en pleine Fashion Week,
05:26un shooting photo au Taj Mahal.
05:29Ouais, si mes souvenirs sont bons, un défilé dans une église.
05:34Donc, je pense que j'ai pu explorer pas mal d'idées que j'affectionnais.
05:41Aller au bout sans vous contraindre, vos inspirations, vous les avez évoquées.
05:46Mais l'inspiration, on la trouve aussi dans les matières.
05:48Quelles sont vos matières de prédilection ?
05:49Ce qui joue justement sur ce drapé, sur ces effets ?
05:52Moi, j'aime le tissu en mouvement.
05:54Donc, les matières un peu fluides, les laines froides, les laines chaudes.
06:00Puis, j'aime bien donner une autre idée à la matière.
06:02Une laine lourde, j'ai envie de la laisser raconter un peu de légèreté,
06:08de la fluidité, de la souplesse.
06:10Moi, j'aime la matière en mouvement.
06:12J'ai besoin de cela.
06:14Donc, voilà, j'aime bien les organzas aussi, les matières un peu poétiques.
06:20Je travaille beaucoup avec les matières japonaises.
06:24J'aime l'artisanat japonais qui m'inspire énormément.
06:27Et puis aussi, j'aime les matières qui me permettent d'exprimer mes collabs artistiques.
06:32Donc, j'aime les matières naturelles.
06:34Je travaille beaucoup l'innovation en ce moment,
06:36avec des industries qui n'ont rien à voir avec la mode.
06:38C'est vrai ?
06:39Oui, on travaille sur la revalorisation de déchets,
06:42notamment avec des partenaires en Bretagne,
06:46Arteza, avec qui on travaille sur la revalorisation des terres de chantier.
06:50On a créé un tissu à partir de cela.
06:51D'accord.
06:52La caséine de lait.
06:54Donc là, je travaille, j'expérimente avec le groupe Saventia, un projet.
07:00Les produits de maison en fin de vie, les produits de litterie.
07:03Pareil, on a fait un tissu en recyclant tous ces produits.
07:06Et puis, je travaille beaucoup en ce moment avec l'industrie du caoutchouc,
07:09avec qui on doit présenter prochainement une robe à base de déchets de caoutchouc recyclés
07:14pour le salon de l'automobile.
07:16Donc, en fait, quand vous vous présentez comme du prêt-à-porter éthique,
07:20c'est tout ça qui se cache derrière.
07:22Qu'est-ce que ça signifie concrètement ?
07:24Parce qu'on a beaucoup entendu cette petite musique où, à un moment,
07:26c'était un argument marketing.
07:28Mais quand on parle justement de matières recyclées, etc.,
07:32et de vraies démarches, il y a quoi derrière pour vous ?
07:35En fait, c'est un engagement sincère.
07:37Moi, je ne recherche pas le projet pour faire le buzz, en fait.
07:40Ce que je recherche, c'est vraiment le projet où il y a de la profondeur.
07:44Alors, j'aime les projets qui peuvent, par la suite, avoir un impact
07:50auprès de l'industrie, auprès de territoires,
07:53un impact en termes de création d'emplois.
07:55Donc, c'est vraiment ce que je recherche dans les projets.
07:58Et donc, ça prend plus de temps.
08:01Et je pense qu'il y a deux itinéraires qui peuvent se construire.
08:04C'est soit on fait un projet, on cherche le buzz,
08:07donc il n'y a pas de profondeur et c'est sur l'instantané.
08:10Ou soit on préfère travailler sur un projet moyen-long terme,
08:13mais où derrière, on sait qu'on va structurer
08:16tout un écosystème, une industrie.
08:20Et je suis plutôt dans ce type de projet-là.
08:22Et ça veut dire que vous pensez aussi l'ensemble
08:24de vos collaborations artistiques de la même manière ?
08:27Parce qu'elles sont systématiques, vos partenariats.
08:30Ça fait partie aussi de votre manière de construire les collections.
08:34Pourquoi vous les faites et comment vous les choisissez ?
08:37À l'émotion, au coup de cœur.
08:40J'aime me laisser surprendre.
08:43Par exemple, des artistes comme Libé.
08:48Je suis tombé amoureux de son travail, son langage, son code,
08:51son écriture dans l'art contemporain.
08:54Je n'aurais jamais imaginé qu'un jour,
08:55le charbon m'inspirait pour mon travail.
08:58Donc, c'est vraiment la rencontre.
09:01Je pense que j'ai la chance de faire un métier
09:04qui passionne à travers les rencontres.
09:06Et chaque rencontre me nourrit,
09:08m'inspire et je me laisse guider.
09:11Et là, les prochaines collaborations ?
09:15Je ne peux pas tout vous dire
09:17parce qu'il y a des projets un peu confidentiels.
09:20Vous avez parlé de ce que j'ai fait au Mucem.
09:22C'était une richesse de rencontres incroyable.
09:26Là, je me suis dit, c'est un livre qui se ferme
09:28et c'est un autre livre qui s'ouvre
09:30avec plein de chapitres que j'ai déjà en tête.
09:32Et pour vous donner un ordre d'idées,
09:35il y aura toujours un peu de mode,
09:37de designers textiles,
09:40d'artistes contemporains.
09:42L'art contemporain, ça, ça me parle.
09:44Et les nouvelles technologies un petit peu aussi.
09:45D'accord, d'être à la croisée des univers
09:47et que ça se réponde dans un dialogue.
09:50Et la musique aussi.
09:51Pour mon prochain projet d'expo,
09:53j'aimerais proposer des challenges
09:57à des artistes musiciens.
09:58Ok, pour faire rentrer dans la mode
10:01tous les univers artistiques.
10:03Le vêtement est donc clairement pour vous
10:04l'expression de quoi ?
10:05De votre personnalité,
10:07vecteur de valeurs, de goûts, d'inspiration ?
10:10C'est un peu tout ça.
10:11C'est comme un voyage où j'ai envie
10:13d'amener dans ma valise
10:14les émotions, les souvenirs,
10:20les rêves.
10:21Parce que je suis un grand rêveur
10:22et j'ai quelques rêves dans la valise aussi.
10:25Donc ouais, c'est un ensemble de choses.
10:28Mais c'est la passion.
10:30Je pense qu'on a la chance
10:31de faire des métiers passionnants.
10:33Il y a une réalité économique, bien sûr,
10:35dans ce qu'on fait.
10:39Mais il n'y a pas de secret.
10:40Je pense faire partie
10:43d'une catégorie de personnes
10:44qui se lèvent le matin
10:45et qui sont contents d'aller travailler
10:46parce qu'on aime ce qu'on fait.
10:49Et tout ça, c'est ça qui nourrit
10:51un petit peu, on va dire,
10:52cet écosystème autour de moi
10:55qui va à des rencontres
10:56avec des artisans, des artistes
10:58ou même des gens
10:59qui viennent s'inscrire dans notre école
11:01et qu'on aide à s'insérer professionnellement.
11:04C'est un métier de rencontre.
11:05C'était une envie,
11:07une prédisposition ?
11:08Parce que quand on a cette passion
11:09qui nous porte tous les jours,
11:11est-ce que c'était une vocation ?
11:14Franchement,
11:17c'est venu très tôt,
11:18la passion pour les looks,
11:20la création, la mode.
11:21J'étais au lycée,
11:22c'était à la période du bac,
11:24enfin, même avant mon bac.
11:27Et après, je me suis noyé dans ma passion.
11:30Et donc, les études se sont enchaînées de la sorte,
11:32les stages vous ont nourri,
11:34une envie.
11:34Dans tous les cas,
11:35le socle, c'est une envie de partager
11:36et de transmettre.
11:37Vous avez fondé une école de haute couture,
11:39les ateliers Alix.
11:41Ces ateliers, ils forment qui ?
11:42Et ils sont destinés à quoi ?
11:44C'est quoi le projet ?
11:45En fait, on forme des couturiers,
11:47des couturières.
11:47Donc, on forme des premières mains qualifiées
11:49en haute couture
11:50pour le flou et le tailleur.
11:51Puis après, c'est des gens avec le diplôme,
11:53les bagages qu'ils peuvent acquérir.
11:54Ils peuvent aller travailler
11:55dans les ateliers de haute couture,
11:57dans le prêt-à-porter de luxe,
11:59dans le costume,
12:00dans les robes de mariée, etc.
12:02Mais en fait, on forme les mains de demain.
12:05Donc, ce qu'on forme,
12:06c'est des vrais techniciens du vêtement
12:07pour le montage.
12:09Donc, on forme les couturiers,
12:11en fait, aujourd'hui.
12:12Les ateliers parisiens,
12:14aussi une association.
12:15Et là, quelle vocation ?
12:17Ça vient se compléter,
12:18ça rejoint ce qu'on disait tout à l'heure
12:20sur un prêt-à-porter éthique
12:22et sur votre engagement
12:23et ce qui nourrit votre parcours ?
12:25En fait, mon association,
12:26aujourd'hui,
12:27elle a plus une vocation
12:28à favoriser la promotion
12:30des métiers de la mode,
12:31des métiers d'art,
12:32de la culture
12:33dans les quartiers prioritaires.
12:34Je faisais des expositions
12:36sur les murs de mon quartier,
12:37à la Goutte d'Or,
12:38dans les grilles du Square Léon.
12:40Mais aussi,
12:41permettre à des publics
12:42qui sont éloignés de ce milieu
12:43de les rapprocher,
12:46d'aider de temps en temps
12:47des personnes en difficulté
12:48grâce à cette structure associative.
12:51Donc voilà,
12:52aujourd'hui,
12:52les choses sont un peu scindées.
12:53J'ai ma marque
12:54et mes activités un peu business.
12:55Et de l'autre côté,
12:57les projets à vocation sociale
12:58menés à travers l'association.
13:00C'est indissociable pour vous
13:01dans votre parcours ?
13:03Je suis né à Paris 18e,
13:06mais j'ai grandi en banlieue.
13:09Et plus jeune,
13:10moi,
13:10je n'ai pas eu la chance
13:11qu'on m'emmène
13:12au musée Galiera,
13:13au musée du Louvre,
13:14aux arts déco
13:15ou aller voir des défilés.
13:18Je trouve que ça manque.
13:19Je trouve que ça manque.
13:21Moi, j'ai envie d'offrir
13:24aux mamans de mon quartier
13:25ou aux jeunes de mon quartier
13:27et des autres quartiers
13:28parce que c'est un projet
13:30qui ne s'articule pas
13:30que autour de notre territoire.
13:32mais on travaille
13:33avec d'autres territoires
13:35de France.
13:36L'Occitanie aujourd'hui,
13:38Marseille,
13:39Aix-en-Provence,
13:40la Guyane française,
13:42des pays à l'étranger,
13:43l'Inde, le Mali.
13:44Je travaille un peu
13:46sur des projets
13:47où le but,
13:47c'est de donner la chance
13:48à des gens qui méritent
13:49et qui n'ont peut-être
13:50pas les moyens.
13:51En fait,
13:51on essaie de faire
13:51la courte échelle
13:52pour faire escalader le mur.
13:54Donner l'accès
13:54et tracer la voie
13:56en accéléré.
13:57Je suis sur un territoire
13:58aujourd'hui
13:59notamment par Yest-Marne-Bois.
14:03dans l'Est parisien.
14:05Ce que j'aimerais,
14:06c'est que sur ce territoire
14:07aujourd'hui,
14:08c'est un territoire
14:09qui est dynamique,
14:10qui veut se réinventer
14:11un petit peu.
14:12Il y a beaucoup de choses
14:13qui se font dans le 93,
14:14par exemple,
14:14au niveau de la mode.
14:15Vous avez Chanel,
14:16vous avez Hermès,
14:19il y a LVMH.
14:20C'est vrai que nous,
14:21dans le Val-de-Marne,
14:22aujourd'hui,
14:22on a besoin aussi
14:23d'amener des projets
14:25à impact social,
14:27culturel
14:27qui favorisent
14:29la création d'emplois.
14:30C'est le grand écart
14:31avec la Fashion Week.
14:32L'objectif
14:33de la Fashion Week
14:34de Paris,
14:36c'est quoi ?
14:37C'est le rayonnement ?
14:38C'est accroître
14:39les ventes
14:40via la visibilité ?
14:42C'est tout ça ?
14:43La Fashion Week,
14:44c'est le rendez-vous
14:45des professionnels
14:45de la mode aussi.
14:46Ce n'est pas que
14:47la visibilité.
14:48Non, ce n'est pas
14:48une grande fête seulement.
14:50Il y a un côté festif.
14:52Mais ce n'est pas que ça,
14:53en termes de business.
14:53C'est beaucoup d'enjeux
14:56sur cette période,
14:57des enjeux d'image,
14:58de visibilité,
14:59des enjeux économiques,
15:00puisqu'on fait des collections
15:01qu'il faut commercialiser,
15:03etc.
15:04Après,
15:04moi,
15:05j'ai créé un modèle économique,
15:06un business model
15:06qui est plus large
15:07que la simple mise en œuvre
15:10d'une marque
15:10avec des ventes
15:11de ses collections.
15:12C'est un écosystème
15:13beaucoup plus large
15:13qui va de la création,
15:15la distribution,
15:15la formation,
15:16l'insertion,
15:17l'innovation
15:18et puis la culture.
15:21parce que je bosse
15:22sur beaucoup de projets
15:23d'expo en ce moment,
15:24mais c'est aussi
15:25pour susciter des vocations.
15:28Je ne suis pas que
15:28dans un rôle
15:29d'un créateur de mode
15:30qui a fondé sa marque.
15:32C'est au-delà de cela,
15:33en fait.
15:34C'est un chemin de croix
15:35d'avoir sa maison de mode ?
15:37Ah !
15:38C'est...
15:41C'est beaucoup,
15:42beaucoup,
15:42beaucoup de travail.
15:43Ça demande beaucoup
15:44de sacrifices.
15:46C'est passionnant,
15:47certes,
15:48mais c'est beaucoup
15:49de responsabilités
15:49sur ses épaules
15:51d'avoir juste sa marque.
15:53C'est vrai que moi,
15:53aujourd'hui,
15:54la marque,
15:54l'école,
15:55ça fait beaucoup
15:55de responsabilités.
15:57Mais voilà,
15:57j'ai la chance
15:58de rencontrer aussi
15:58des gens extraordinaires
15:59autour de moi
16:00qui s'investissent
16:01dans ce projet,
16:02qui m'épaulent
16:04sur l'école.
16:05Aujourd'hui,
16:06on est un partenariat,
16:07un soutien de la maison Chanel,
16:08ce qui n'est pas rien.
16:09Ça me permet
16:10de souffler un peu plus.
16:11Et ça permet aussi
16:13d'équilibrer,
16:14évidemment,
16:14certaines marques
16:15ont eu des difficultés,
16:16c'est compliqué,
16:18y compris quand on a
16:19un positionnement
16:20haut de gamme.
16:21Est-ce que vous trouvez
16:23l'équilibre financier ?
16:24Est-ce que vous courez
16:25après la rentabilité ?
16:26Oui,
16:27la Fashion Week
16:28offre une visibilité
16:29et un accès
16:30à une clientèle
16:30plus internationale.
16:32Est-ce que c'est
16:33assez solide,
16:33après,
16:34sur une année
16:34qui s'écoule ?
16:37Je ne vais pas mentir,
16:38c'est aujourd'hui
16:40un jeune créateur
16:42ou une maison indépendante,
16:44c'est comme si vous avez
16:45une petite fourmi
16:46et puis des éléphants
16:47à côté,
16:47parce qu'il y a la concurrence
16:49de tous ces grands groupes
16:50de luxe
16:50qui ont des moyens colossaux.
16:53Mais le challenge,
16:54il est passionnant.
16:54Comment on invente
16:56son business model
16:57à côté de gens
16:59qui ont des moyens
16:59quasi limités
17:00par rapport à nous,
17:01même s'il y a
17:01des restrictions budgétaires
17:02et qu'il y a une conjoncture
17:03qui n'est peut-être
17:03pas favorable ?
17:04C'est ça que moi que j'aime,
17:05c'est aujourd'hui,
17:07de notre côté,
17:08en tout cas,
17:08on a réussi à développer
17:09un modèle économique
17:10qui ne repose pas
17:11que sur les ventes
17:12des vêtements.
17:12Parce que sinon,
17:13aujourd'hui,
17:13ce serait très difficile.
17:14Ce serait fragile.
17:15Et de fait,
17:16avec une clientèle
17:17plus internationale,
17:18étant donné les rendez-vous,
17:19c'est quoi ?
17:19C'est une clientèle américaine
17:21parce que c'est la clientèle
17:22américaine qui voyage
17:23et qui a le pouvoir d'achat ?
17:26Aujourd'hui,
17:26moi,
17:26j'ai une diversité de clientes.
17:30Aujourd'hui,
17:30j'ai fait le choix
17:31de travailler
17:31qu'avec un seul magasin
17:33parce qu'il y a des marques
17:37tous les jours,
17:39des nouvelles marques.
17:40Le marché est saturé.
17:41Donc,
17:42je me dis,
17:42je préfère venir
17:43avec un récit authentique,
17:45de choisir ma distribution,
17:47mon modèle de distribution.
17:49Je pense qu'il y a
17:50un équilibre économique
17:54et que ça me convienne,
17:56que je m'éclate,
17:57que je peux créer
17:57de l'emploi pour des gens.
17:59Ça me suffit.
17:59Donc,
18:00une stratégie retail
18:00très resserrée
18:02justement pour maîtriser
18:03le récit.
18:04Un aboutissement
18:05lorsqu'on est styliste,
18:07créateur,
18:09d'avoir une exposition.
18:10Je parlais de celle
18:11du Musème à Marseille.
18:13Mocitra aurait la mode aussi.
18:15Comment ça s'est fait
18:16et on y trouve quoi ?
18:17Est-ce que vraiment
18:18c'est l'aboutissement ?
18:19Parce qu'en fait,
18:19on laisse une trace
18:21et il y a une transmission
18:23culturelle
18:24plus qu'en termes d'objets ?
18:27Je pense que moi,
18:29en fait,
18:29il y a eu deux aspects.
18:30C'est que très tôt,
18:31j'ai suscité
18:31beaucoup d'attraits
18:33pour l'art.
18:36Et j'ai fait
18:37des collabs
18:37avec beaucoup d'artistes.
18:39J'ai fait des expos
18:40dans mon quartier.
18:42C'était assez naturel.
18:43Voilà,
18:43au Carousel du Louvre,
18:44j'ai fait des projets d'expo
18:45avec des danseurs
18:46de l'Opéra de Paris,
18:47etc.
18:48Et en fait...
18:49Vous aviez fait un stage
18:50d'ailleurs.
18:51Oui,
18:52j'ai eu la chance.
18:53Une femme qui m'a donné
18:54ma chance
18:54d'intégrer
18:55l'Opéra de Paris.
18:58Et du coup,
18:59il y a eu cet aspect-là
19:01où j'ai voulu moi-même
19:01aller toquer aux portes
19:02de l'art.
19:04Et après,
19:05il y a eu un prix
19:07gagné,
19:07le fonds de dotation
19:08Maison Mode Méditerranée.
19:10J'avais gagné un prix
19:11qui m'ont beaucoup soutenu,
19:12qui ont voulu me faire connaître
19:13et découvrir à Marseille.
19:15J'avais travaillé aussi
19:16avec le 19M
19:17dans le cadre du défilé
19:19Chanel à Marseille
19:20et l'expo
19:20pour Saint-Jean.
19:22Je faisais partie
19:22du comité éditorial.
19:25Donc,
19:25tout ça a fait
19:26que j'ai été amené
19:28à être mis en contact
19:29avec les équipes
19:30du Mucem
19:32et c'était en fait
19:33la première fois
19:34qu'ils invitaient
19:34un créateur de mode
19:35pour le co-commissariat
19:37d'une exposition.
19:38J'ai eu la chance
19:39que la commissaire
19:41Julia Ferleni
19:42avec qui on a travaillé,
19:43on s'est très bien entendus,
19:44on avait des valeurs
19:45en commun,
19:46elle m'a fait adorer
19:47et Marseille.
19:48Et le football aussi ?
19:49Je suis superteur de l'OM.
19:53En fait,
19:54ça s'est fait naturellement.
19:55Et puis,
19:56ils ont vu
19:57que mon univers
19:57était très large,
19:58ils ne s'arrêtaient pas
19:59que à la mode.
20:00Donc forcément,
20:01pour eux,
20:02ça les a nourris
20:03et moi,
20:04d'aller dans les réserves
20:05du Mucem,
20:06ça m'a nourri aussi.
20:07Donc,
20:07le mariage,
20:08il s'est fait assez facilement.
20:08Et c'était logique
20:09à raconter.
20:10Mossi Traoré,
20:11créateur,
20:12merci d'avoir été
20:13dans Iconic Business.
20:14Le défilé
20:14à la Paris Fashion Week
20:15le 4 octobre.
20:17Bon,
20:17ça aura lieu où ?
20:18Ce sera encore dingue ?
20:19Ah !
20:20Il y a une très belle surprise.
20:23Mais je ne peux pas le dire
20:24sinon on va spoiler.
20:25sinon on perd la surprise.
20:26Mais en tout cas,
20:27il faut rester attentif.
20:29Il y a en tout cas
20:29une belle histoire
20:30qu'on va raconter.
20:31Et peut-être,
20:32vous avez doublé déjà
20:34avec la Fashion Week Copenhague
20:36parce qu'en termes d'éthique,
20:38est-ce que c'est un projet
20:39ou pas du tout ?
20:40Moi,
20:40je suis ouvert à tout.
20:41J'ai déjà été invité
20:42une fois à Copenhague
20:42pour aller sur une mission.
20:46on voyage.
20:47J'ai déjà été invité en Inde
20:49à faire une collection capsule
20:50avec des tissus traditionnels indiens.
20:53Je suis ouvert.
20:54Ça dépend des projets
20:55qu'on me propose.
20:56Donc,
20:56tout est possible.
20:57Merci beaucoup
20:58d'avoir été
20:58dans Iconic Business.
20:59Tout de suite,
21:00les désirables de la semaine.
21:01Tout ce qui nous a fait
21:02envie, séduit
21:03et intriguer
21:03ces derniers jours.
21:08On retrouve Juliette Weiss,
21:09journaliste BFM Business,
21:10spécialiste du luxe avec nous.
21:12Bonjour Juliette.
21:13Bonjour Audrey.
21:13Votre sélection cette semaine,
21:15allez,
21:16on commence fort
21:16avec un nouveau DA chez Armani.
21:18Et alors,
21:18la première,
21:19c'est une première,
21:20il n'est pas du tout la famille.
21:21Pas du tout.
21:22Et ça,
21:22c'est très important.
21:23Un an après la disparition
21:25de Giorgio Armani,
21:26la maison italienne
21:27tourne donc une nouvelle page
21:28avec cette nomination
21:29et c'est Dario Vitale,
21:3143 ans,
21:32ancien directeur artistique
21:33de Versace et de Miu Miu
21:35qui devient le premier
21:36créateur extérieur
21:37à la famille Armani
21:38à occuper ce poste.
21:40Mais la famille,
21:41elle conserve quand même
21:42toujours la main
21:42sur les collections
21:43Femmes et Hommes
21:44de Giorgio Armani.
21:45Parce que là,
21:45il aura d'une part
21:46la ligne Emporio
21:47et les accessoires.
21:49D'accord.
21:49Et la famille garde
21:50la collection principale
21:52Hommes et Femmes
21:52de Giorgio Armani,
21:53ligne classique traditionnelle.
21:54Oui,
21:54donc on évolue un petit peu,
21:55on casse les codes
21:55mais on garde quand même
21:56le précieux.
21:57Avec,
21:58on a eu cette semaine,
21:59on a eu récemment
22:01d'ailleurs,
22:01le classement
22:02des 50 plus beaux hôtels.
22:06Bon,
22:06alors c'est d'une note
22:07sur l'émotion,
22:07on n'est pas sur
22:08des critères classiques.
22:09Et le Rosewood Hong Kong,
22:11sacré meilleur hôtel du monde.
22:13Et oui,
22:13et surtout,
22:13il conserve son titre,
22:15Audrey.
22:15C'est la deuxième fois,
22:16la deuxième année consécutive
22:17qu'il apparaît
22:18à la première position
22:19dans le classement
22:19des 50 best hôtels.
22:21Alors,
22:21ce classement,
22:22il confirme la domination
22:23de l'Asie.
22:24L'Asie a 5 établissements
22:26dans le top 5.
22:27La France,
22:28elle,
22:28elle place 6 hôtels
22:29dont 4 palaces parisiens.
22:31Ce classement,
22:32vous le disiez Audrey,
22:33il a été établi
22:34à partir de votes
22:34de plus de 800 experts
22:36anonymes
22:36sur le goût,
22:37sur la façon de juger
22:39et vraiment,
22:40n'est pas listé.
22:41C'est sans candidature
22:42ni dossier à déposer.
22:44Bon,
22:44on reste dans cet univers-là
22:45avec Madame Rêve,
22:47une nouvelle collaboration,
22:48un nouveau chef
22:48pour Madame Rêve,
22:49Tom Meyer.
22:50Oui,
22:51l'hôtel Madame Rêve
22:51enrichit donc son offre
22:52gastronomique
22:53avec une nouvelle table
22:54confiée au chef.
22:56Tom Meyer,
22:562 étoiles Michelin
22:57à la chèvre d'or.
22:59En tant que chef conseil,
23:01il imaginera la carte.
23:03C'est un retour symbolique
23:04pour ce chef,
23:05c'est un retour
23:05dans le premier arrondissement
23:06puisqu'il avait ouvert
23:07le restaurant Granit
23:09en 2021.
23:10Il avait d'ailleurs décroché
23:11sa première étoile
23:12et s'était fait remarquer
23:13comme l'un des plus jeunes chefs
23:14de sa génération.
23:15Le Club Med s'installe
23:17en Afrique du Sud.
23:18Il y a une obsession
23:19de monter en gamme
23:20pour le Club Med.
23:21C'est peut-être le moment
23:22là d'ailleurs.
23:23C'est le moment
23:23et cette première implantation
23:24en Afrique du Sud,
23:25c'est 100 millions d'euros
23:27qui ont été investis
23:27sur la Dolphin Coast
23:28entre l'océan Indien
23:30et des réserves privées.
23:32Le resort y proposera
23:33notamment la première école
23:35de surf du groupe
23:36mais aussi une extension safari
23:38dans une réserve
23:39de 18 000 hectares.
23:41Cette nouvelle destination,
23:42elle doit donc accompagner
23:43l'ambition du groupe
23:44de doubler sa clientèle
23:46d'ici 2035.
23:47Très ambition.
23:47très ambitieux
23:48et donc elle mise
23:50surtout,
23:50le groupe mise
23:51sur des visiteurs
23:52qui cherchent des expériences
23:53beaucoup plus variées.
23:54Le côté très expérientiel
23:55toujours au cœur
23:56des stratégies.
23:57Surtout que c'est hyper concurrencé
23:58avec l'ensemble
24:00du segment hôtelier.
24:02On termine avec
24:03deux collaborations,
24:04une entre Hublot
24:05et Jeff Koons.
24:06Et oui,
24:07alors l'artiste Jeff Koons
24:08célèbre pour ses sculptures pop
24:10qu'on peut voir d'ailleurs
24:11à l'écran,
24:11colorées, monumentales
24:12comme les célèbres
24:14Balloon Dogs
24:14fait ses premiers pas
24:16dans l'horlogerie
24:17avec Hublot.
24:18Pour cette collaboration,
24:19l'artiste a transformé
24:20deux de ses univers
24:21les plus célèbres
24:22en montres.
24:23Balloon Dog
24:24inspire une classique fusion
24:26tandis que Big Bang
24:27donne naissance
24:28à la MP14.
24:30Cette dernière
24:31intègre d'ailleurs
24:31le premier tourbillon central
24:33automatique de Hublot
24:34sera produit
24:35à seulement 30 exemplaires.
24:37Et puis un dernier mot
24:37avec Lamborghini.
24:39alors je ne savais pas
24:40je découvre que Lamborghini
24:41avait une passion aussi
24:42pour le parfum.
24:43Alors on parle souvent
24:44de l'importance
24:45du parfum
24:47et du travail
24:47sur l'odeur
24:49dans l'habitacle.
24:51Bon là c'est carrément
24:51un produit à part.
24:52Oui,
24:53puisque Lamborghini
24:54se décline en fragrance.
24:55Une association
24:56avec le célèbre parfumeur
24:57italien Xerjoff
24:58et ce sont trois parfums
25:00vendus jusqu'à 460 euros
25:01le flacon quand même.
25:02Alors on va découvrir
25:03Avant Guardia,
25:04Fierezza et Perseveranza.
25:06Trois univers olfactifs
25:08différents.
25:09Et alors les flacons
25:10ils intègrent d'ailleurs
25:11une pièce de cuir
25:12issue des ateliers
25:13de Lamborghini.
25:15Cette collaboration
25:15ce qui est intéressant
25:16c'est qu'elle vise
25:17donc bien sûr
25:17les collectionneurs de luxe
25:18mais aussi
25:20une nouvelle génération
25:21de consommateurs.
25:22Cette marque
25:23elle est très populaire
25:24sur TikTok Xerjoff.
25:25Alors on a vu
25:26plusieurs de ses parfums
25:27devenir des best-sellers
25:28auprès des jeunes.
25:29Ça contribue vraiment
25:30à faire sortir
25:31la parfumerie de niche
25:33et de son cercle d'initié
25:35et vraiment de démocratiser
25:36la parfumerie de niche.
25:37La Gen Z est obsédée
25:39par le parfum de niche
25:40et en fait sort
25:41des licences classiques.
25:43Lamborghini teste quand même
25:44le principe
25:45d'amener la marque
25:46ailleurs.
25:47C'est aussi une entrée
25:48sur le segment
25:49pour de nombreuses
25:49générations
25:50qui avaient un peu
25:50laissé l'automobile
25:52de côté.
25:52Merci beaucoup
25:53Juliette Weiss
25:54pour cette nouvelle sélection
25:55cette semaine
25:56pour les désirables
25:57de la semaine.
25:57Iconic Business
25:58le luxe par BFM Business
26:00c'est toutes les semaines
26:01en télé et radio
26:02évidemment c'est dès à présent
26:03en replay
26:04et en podcast
26:05sur la BFM Business
26:07et sur toutes les plateformes.
26:11Iconic Business
26:12le luxe
26:13par BFM Business
26:14Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16Sous-titrage Société Radio-Canada
26:16C'est parti !
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