00:00Je vous le disais, ces affrontements prennent un tour politique, on va y venir dans quelques instants, mais d'abord
00:04Antoine Forestier sur place.
00:06Antoine, je crois qu'il faut commencer par expliquer tout simplement ce qui est à l'origine de ces incidents.
00:13C'est des manifestations qui ont déjà démarré ici dans ce lycée en Seine-Saint-Denis vendredi dernier.
00:17Il y avait déjà eu un blocage du lycée par une partie des élèves et ça a repris ce matin.
00:22Quand on discute avec ces élèves, on a eu l'occasion d'effectuer quelques interviews avec des lycéens tout à
00:27l'heure.
00:27Ils dénoncent globalement leurs conditions de travail, ils dénoncent la vétusté de leur établissement et c'est pour ça qu
00:32'ils se mobilisent.
00:32En tout cas, c'est ce qu'ils nous disent lorsqu'on les interroge et c'est la raison pour
00:36laquelle ce matin, ils ont repris leur mobilisation après celle qui avait déjà commencé vendredi.
00:40Ils sont assez nombreux devant ce lycée, plusieurs centaines d'un lycée qui compte plus de 2000 élèves.
00:45Et donc la conséquence, c'est que la plupart des cours à l'intérieur du lycée n'ont pas lieu
00:48ce matin et qu'il y a cette intervention de la part des policiers qui sont casqués.
00:53Vous le voyez ici sur ces images, on assiste désormais à un léger retour au calme par rapport à ce
00:57qu'on a pu connaître il y a maintenant une heure.
01:00Mais il y a une heure, on a donc assisté à des charges de la part de ces policiers et
01:03également à des interpellations.
01:05Impossible pour nous de vous dire ce qu'on reprochait clairement à ces élèves qui ont été interpellés, à qui
01:09on a mis des menottes.
01:10On n'a pas vu clairement ce que les policiers avaient vu.
01:14En tout cas, il y a eu plusieurs interpellations depuis qu'on est présents ici.
01:17Et puis on assiste aussi à la médiation de la part d'élus qui sont présents sur le terrain, notamment
01:21le maire Bali Bagayoko,
01:23qui depuis tout à l'heure ne cesse, vous le voyez ici à l'image, de faire des allers-retours
01:26entre les élèves, les représentants des élèves
01:28et également les policiers de l'autre côté pour tenter d'avoir un retour au calme ici devant le lycée.
01:33Ça semble être le cas pour le moment ici, mais à notre arrivée devant le lycée, c'était déjà le
01:37cas.
01:37Et ensuite, il y a eu des regains de tension avec parfois des jets de projectiles de la part d
01:41'élèves envers les forces de l'ordre.
01:43Et ensuite, avec les policiers qui ont répliqué en chargeant.
01:48Vous voyez ici le maire de la ville de Saint-Denis qui est en train de faire des selfies avec
01:53des élèves.
01:54Il a été porté par les lycéens tout à l'heure qui l'ont notamment applaudi.
01:59Monsieur le maire, bonjour. On est en direct sur BFM TV.
02:02Est-ce que vous pouvez nous expliquer un petit peu la situation et quel est votre rôle là désormais ?
02:06Moi, je suis maire de tous les Dionysiens et Pierre-Futoire.
02:10J'ai mes lycéens qui se mobilisent. Je suis à leur côté. Je leur porte d'intégralité de mon soutien.
02:15Leurs emmènent les cas sont légitimes, sont justes.
02:18Ils demandent des moyens au même titre que d'autres établissements de beaux quartiers.
02:23Ils demandent que la République les respecte.
02:25Ils demandent qu'ils aient des travaux conséquents dans leurs établissements.
02:27En fait, tout simplement, ils veulent vivre et travailler et éduquer dînement.
02:32Et donc, ils disent aussi qu'ils en ont marre que leur sort soit suspendu à Parcoursup.
02:39C'est aussi ce qu'ils disent.
02:41Et ils appellent à la suppression pure et simple de Parcoursup.
02:45Et donc, je leur apprends l'intérêt de mon soutien.
02:47Alors après, bien sûr qu'il y a certains qui sont plutôt intéressés par voir uniquement les petits faits divers.
02:53Mais la grande majorité de ceux qui sont mobilisés depuis maintenant quelques jours, ils ont un message qui est relativement
02:58clair.
02:58Et il y a quelque chose qui est insupportable.
03:01Pourquoi le message quand il vient des beaux quartiers, des lycéens, des beaux quartiers, pourquoi les respecter ?
03:05Et pourquoi les nôtres, quand ils donnent le même message, pourquoi on veut lui donner une autre signification ?
03:09C'est ça qui est insupportable.
03:11Et je suis là aussi à la fois pour dire, je suis à leur côté, mais je suis aussi là
03:14aussi pour dire
03:15que je ne veux pas qu'il y ait un de mes lycéens et un de mes habitants qui soit
03:18blessé.
03:19Et c'est là aussi pour ça que je suis là.
03:20Quand le Premier ministre parle de surenchère irresponsable, qu'est-ce que vous lui répondez ?
03:23Mais le Premier ministre a une attitude irresponsable qui vienne ici à ce moment-là.
03:27Ce n'est pas tout d'avoir des grands mots en fait devant les médias.
03:29Qui vienne ici puisque d'ailleurs, les lycéens l'ont invité.
03:33Lui et son ministre de l'éducation et le rectorat qui viennent.
03:36Et je suis prêt en tant que maire de l'accueillir.
03:39Il va bien qu'il sera très bien accueilli.
03:41Il n'y a pas de difficulté parce que nous sommes des gens conscientisés.
03:45D'accord ?
03:45Donc c'est bien beau d'avoir des qualificatifs, mais ce sont les qualificatifs qui le disqualifient définitivement.
03:49Parce qu'il n'a qu'à observer la situation de la promesse républicaine ici dans les quartiers populaires.
03:56Elle est aujourd'hui uniquement, c'est un souvenir.
03:58L'État met moins de moyens dans les quartiers populaires qu'il le met dans les beaux quartiers.
04:01C'est factuel.
04:02C'est factuel.
04:03C'est incontestable.
04:04Sur l'ensemble des progrégatifs de l'État, la promesse républicaine n'est pas au rendez-vous.
04:09C'est ça qu'ils viennent dire.
04:10Est-ce que c'est une démarche spontanée de la part de ces lycéens ou il y a de l
04:12'instrumentalisation politique ?
04:13Ils sont tous ici.
04:15Et vous voulez qu'on leur pose la question ?
04:16Vous êtes très sûrs.
04:17On leur posera la question si on se instrumentalisait.
04:20Ici, ce sont des jeunes qui sont parfaitement conscientisés.
04:22Ils n'ont pas besoin d'être instrumentalisés.
04:23En revanche, ce sont des jeunes lycéens.
04:25Et nous sommes là aussi pour leur dire attention.
04:27Ne vous mettez pas en danger.
04:29Prenez pas des risques inconsidérés.
04:30Parce que je suis maire d'une ville, mais je suis aussi père de famille.
04:32Et je suis un éducateur.
04:34Et je viens de voir une chose.
04:36Aujourd'hui, de manière factuelle, si ces jeunes veulent répondre à la police nationale, ils peuvent le faire.
04:43Ils peuvent le faire.
04:44La seule chose pour laquelle ils ne le font pas, c'est qu'il y a le respect entre nous.
04:47Vous voyez ce que je veux dire ?
04:48Ça change tout.
04:49Ça change tout.
04:50Donc j'invite vraiment tous celles et ceux qui se disent être les porteurs de la République,
04:55d'être respectueux à l'égard du message qui est envoyé.
04:57Ne pervertissez pas leur message.
04:58Et je compte aussi sur les médias.
05:00Ne pervertissez pas leur message.
05:01L'intégralité de leur message, c'est de dire
05:03« Nous vous voulons éduquer dans les bonnes conditions.
05:06Nous voulons travailler dans les bonnes conditions.
05:07Nous voulons que nos établissements soient bien entretenus.
05:10Nous ne voulons pas avoir de fuite.
05:10Nous ne voulons pas, en hiver, avoir froid.
05:12Nous ne voulons pas non plus quand il fait trop chaud dans l'établissement.
05:15Ce sont des choses assez simples. »
05:17Est-ce que c'est un mouvement qui est amené à durer, selon vous ?
05:18Moi, je n'en sais rien, parce que je ne suis pas le chef-d'oeuvre, en fin de compte,
05:22je veux dire, de ce mouvement.
05:23Ce sont les jeunes qui le décident.
05:24Ce sont les lycéens qui le décident.
05:25Mais j'ai envie de dire une chose.
05:32Si l'État est capable de répondre, il n'y a aucune difficulté pour concrètement avoir le lever du blocus.
05:38Mais si l'État n'est pas capable de répondre, comme il le fait depuis de nombreuses années,
05:42pourquoi vous allez demander des réponses à des jeunes lycéens, là où l'État est incapable d'avoir les réponses
05:48?
05:49C'est quand même paradoxal.
05:50Il ne faut pas se tromper, en fin de compte, d'adversaires.
05:54– Voilà pour le point de vue de M. le maire sur cette situation,
05:56qui, je vous le disais depuis tout à l'heure, joue les intermédiaires entre lycéens et policiers.
06:00– En fait, pour avoir toutes les clés en main pour bien comprendre Laurent Neumann,
06:05Sébastien Lecornu a dénoncé la surenchère irresponsable d'élus LFI,
06:08alors que les ministres de l'Intérieur et de l'Éducation ont prévenu que les forces de l'ordre interviendraient
06:12en cas de violence et de blocage total des établissements.
06:16Ce à quoi Jean-Luc Mélenchon a répondu,
06:19Jean-Luc Mélenchon parle de répression du gouvernement avec un arrière-goût raciste.
06:24– Une répression d'une férocité irresponsable.
06:27Ce mot d'irresponsable, il revient d'ailleurs dans les deux camps.
06:30Vous avez d'un côté des lycéens.
06:31Il faut quand même rappeler, il y a une petite soixantaine d'établissements
06:36où il y a eu des tentatives de blocage,
06:40une dizaine à peine qui sont bloqués sur 3700 lycées.
06:44Donc c'est quand même extrêmement minoritaire.
06:46Mais ce qu'ils demandent, c'est des moyens, plus de profs,
06:48des classes qui ne sont pas surchargées.
06:51Ce à quoi le ministre de l'Éducation leur a répondu ce matin,
06:54je n'ai jamais vu un mortier recruter un professeur.
06:57Ferme les guillemets.