00:03On se penche aujourd'hui sur l'entreprise SSC Space Société suédoise qui fournit des services spatiaux, de la science,
00:11du segment sol, des essais de fusées, des services de lancement.
00:16L'entreprise est au cœur de l'actualité avec plusieurs contrats qui démontrent à la fois ses relations installées auprès
00:22de grands acteurs du secteur comme Airbus,
00:24mais aussi sa vocation à démocratiser l'accès à l'espace en repoussant, même pour ça, ses propres capacités et
00:31en accueillant très prochainement un lanceur léger, celui de la start-up américaine Firefly.
00:36Pour en parler, Aurélie Dommargard est avec nous, directrice du développement de marché de SSC Space. Bonjour Aurélie Dommargard, bienvenue
00:44dans cette émission.
00:46Bonjour.
00:46Alors, un tout premier lancement orbital pour SSC Space en 2028 grâce à ce contrat avec Firefly pour son lanceur
00:55léger Alpha.
00:56C'est un énorme changement de paradigme. Comment vous l'avez opéré ? Comment SSC Space a opéré ce changement
01:03?
01:05Alors oui, tout d'abord, SSC Space, on est ravis de faire ce partenariat avec Firefly.
01:12C'est effectivement un grand changement pour nous, puisque SSC Space a 60 ans d'héritage dans le lancement, mais
01:18plutôt suborbital.
01:20Nous opérons le centre spatial Death Range, qui est donc au nord de l'Europe.
01:25Et donc, ça a pris de nombreuses années pour se décider à passer à une étape supérieure, qui est le
01:34lancement orbital.
01:35Donc, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, et SSC a réfléchi aux meilleurs moyens de construire
01:43cette capacité.
01:44Et c'est via ce partenariat avec Firefly que nous avons décidé d'avancer.
01:49Comment vous avez réussi à convaincre cet acteur pour un premier lancement orbital ?
01:54Est-ce que vous aviez déjà des infrastructures prêtes pour les convaincre de se lancer avec vous ?
02:00Alors, c'est vrai que ce partenariat, il s'est fait un petit peu avec le temps.
02:05On s'est découverts les uns les autres, mais ça a été finalement assez évident.
02:10On a tout, enfin, nos deux entreprises ont des capabilités complémentaires.
02:15Donc, c'est vrai que de notre côté, on cherchait un partenaire lanceur qui ait déjà prouvé ses capacités,
02:24enfin, son lanceur, qui ait déjà eu un héritage d'envol positif.
02:31Et de leur côté, ils cherchaient également un partenaire au sol, aux infrastructures sols crédibles en Europe
02:39pour leur ouvrir le marché européen.
02:41Qu'est-ce qui fait d'Estrange, vous avez cité cette base au nord de la Suède,
02:46une bonne base de lancement à inaugurer pour un acteur comme Firefly ?
02:50Alors, c'est vrai qu'Estrange, ce n'est pas un nouvel acteur, entre guillemets.
02:55C'est une base spatiale qui existe depuis 60 ans.
02:59Et d'ailleurs, aujourd'hui, c'est notre journée anniversaire.
03:02On fête les 60 ans de la base.
03:04Donc, vous verrez aussi dans les prochaines semaines, prochains mois, on va fêter ça.
03:09Donc, on a beaucoup d'expérience dans le lancement.
03:11Encore une fois, même si les lancements suborbitaux ne sont pas de la même catégorie que les lancements orbitaux,
03:15mais on a déjà des infrastructures, des compétences, des expertises qui font une base commune.
03:24Donc, il y a cet élément-là.
03:25Et puis, sa situation géographique au-dessus du cercle polaire,
03:30c'est évidemment très favorable pour les lancements en orbite polaire.
03:34On a également des conditions météorologiques stables dans cet endroit,
03:39parce que c'est vrai que les autres centres spatiaux sont souvent plutôt des lieux côtiers
03:45qui lancent vers la mer.
03:46Donc, ils sont contraints à gérer d'autres types de météo.
03:51Voilà.
03:52Et puis, on opère sur une zone qui est très vaste, qui est isolée et très peu peuplée.
03:58Donc, c'est toutes les bonnes conditions pour eux.
04:00Beaucoup d'avantages pour cet acteur.
04:02Alors, concrètement, ces deux vols prévus en 2028,
04:07ils emporteront des charges de sécurité nationale suédoise,
04:10mais aussi des satellites commerciaux en covoiturage.
04:12Est-ce qu'on y retrouvera des petits opérateurs ?
04:15Parce que l'intérêt aussi dans toute cette démarche,
04:17c'est de démocratiser finalement l'accès à l'espace
04:20pour les acteurs européens ou internationaux d'ailleurs.
04:24Oui.
04:24Alors, c'est vrai que je ne l'ai pas précisé,
04:26mais c'est vrai que dans ce contrat-là,
04:27ce que ça veut dire aussi, c'est qu'SSC a acheté les deux fusées à Firefly,
04:35deux fusées Alpha.
04:36Et donc, SSC Space va allouer l'espace disponible de ces deux fusées à nos clients.
04:46Et on a traditionnellement,
04:49donc l'habitude serait de travailler avec des clients
04:51qui sont à la fois publics et privés.
04:53Et ça pourrait être effectivement des clients
04:54qui seront plus petits, plus acteurs du New Space ou pas.
04:59On aura certainement une variété.
05:02Alors, d'un point de vue commercial, justement,
05:04estrange à dépasser les 700 lancements de balle au moins.
05:07Vous citiez cette activité de précision de lancement suborbitaux,
05:12notamment, de fusées sondes aussi.
05:14Est-ce que cette activité-là,
05:16elle va ralentir au vu de l'arrivée de cette nouvelle activité que vous présentez ?
05:21Est-ce qu'elle devrait ralentir ?
05:22Parce que finalement, si ça fonctionne bien
05:24et que les choses vont vite avec Firefly,
05:26économiquement, ce sera plus intéressant de se concentrer sur le vol orbital.
05:29Quels sont vos projets ?
05:31Alors, a priori, non,
05:33puisque ce service de lancement orbital,
05:36c'est une brique technologique, je dirais, complémentaire, additionnelle,
05:41sur toutes les activités qu'on a pu faire jusqu'à présent,
05:44donc les lancements de ballons et de fusées sondes.
05:48Effectivement, c'est plus de 1 200 missions qui ont été lancées jusqu'à présent.
05:52Et c'est vrai que ces missions-là,
05:54elles trouvent leurs origines dans la science,
05:58dans la recherche scientifique,
05:59et on espère effectivement que ça continue.
06:01C'est des compétences qui sont importantes à garder,
06:04donc on espère qu'il y aura toujours des vols de missions,
06:07que ce soit côté ballon ou côté fusées sondes.
06:10Donc, ce n'est pas censé remplacer,
06:14et on pense que ça ne va pas diminuer.
06:18C'est vraiment une brique supplémentaire.
06:21Est-ce que la prochaine étape,
06:22ce serait de séduire aussi un lanceur européen vers la base d'Estrange ?
06:27Oui, pourquoi pas.
06:29C'est vrai qu'on a, pour faire ce service de lancement,
06:33on a construit un nouveau complexe de lancement
06:36qu'on appelle notre Launch Complex 3,
06:38qui a trois pas de tir,
06:40et donc un qui sera dédié pour Firefly,
06:43un qui fait des tests d'essai en vol pour la réalisabilité,
06:47et le troisième qui est un pas de tir multi-utilisateur pour les micro-lanceurs.
06:54Donc, c'est vrai qu'on a déjà pas mal de discussions avec plusieurs interlocuteurs,
06:58et effectivement, pourquoi pas un jour avoir un lanceur européen.
07:01J'ai envie de dire, nous, on est prêts.
07:03Donc, quand eux seront prêts opérationnellement,
07:06voilà, on espère que S-Range sera leur choix.
07:09Merci beaucoup Aurélie Domarger.
07:12Je rappelle que vous êtes directrice du développement du marché de l'entreprise
07:16SSC Space, entreprise suédoise,
07:19qui verra donc deux premiers lancements orbitaux d'ici 2028 avec Firefly.
07:24Merci à tous de nous avoir suivis pour cette première émission de l'année
07:29de votre rendez-vous mensuel Smart Space sur Bismarck.
07:32On se retrouve donc dès le mois prochain pour parler d'économie spatiale.
07:36A très vite !