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  • il y a 17 minutes
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 18h45 avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Voilà, on va continuer d'évoquer cette journée de manifestation, cette journée de mobilisation, en particulier du côté des lycéens.
00:07Alors les cortèges sont toujours en cours, bien sûr. On a écouté tout à l'heure les demandes des pompiers,
00:12les demandes de la fonction publique.
00:14300 000 manifestants, c'est ce que dit la CGT. Mais le point de focalisation, ce sont les lycéens.
00:20Et nous sommes justement avec Manès Nadel, l'ancien président de l'Union syndicale lycéenne, parce qu'on a entendu
00:26un syndicat dire « il faut que ça continue ».
00:29Voilà, on donne rendez-vous jeudi, il faut que la lutte s'amplifie, et ceux qui peuvent être les porte
00:34-rapeaux, ce sont les lycéens. Vous êtes d'accord ?
00:36Oui, c'est remarquable que ce soit le mouvement lycéen qui ait vraiment donné cette première impulsion, et c'est
00:41aussi à mon avis très bien joué de la part de l'Union syndicale lycéenne
00:44d'avoir posé ces dates de convergence avec l'idée de rejoindre le mouvement de la fonction publique, avec lesquelles,
00:50effectivement, il y a beaucoup de revendications en commun,
00:52puisque ce qui est en cause, c'est la manière avec laquelle l'État délaisse toute partie de ce qu
00:58'on attend de lui, c'est-à-dire, effectivement, de délivrer une éducation
01:01un tant soit peu correcte. On voit, par exemple, dans cette présidentielle, tous les candidats, absolument tous, parler de l
01:07'école comme de la chose la plus importante,
01:09alors que tous ont détruit ce système scolaire depuis des dizaines et des dizaines d'années. Donc, les revendications, elles
01:15sont assez claires de ce côté-là,
01:17elles ont la potentialité d'être partagées. – Mais FMTV a eu accès à une note des renseignements qui démontre
01:27que l'extrême-gauche est bien à l'origine,
01:29ou en tout cas, infiltre les structures syndicales étudiantes pour essayer de faire naître ce mouvement, une stratégie d'embrasement
01:37de la part des structures syndicales
01:38et politiques parmi les plus radicales pour imposer leurs idées. Vous-même, lorsque vous étiez président de l'union syndicale
01:44ICN, cette infiltration existait,
01:46c'est l'extrême-gauche, finalement, qui poussait les lycéens à bloquer les lycées chaque année ?
01:52– Je pense que selon cette note, et peut-être selon vous, je ne sais pas, les syndicats lycéens sont
01:56eux-mêmes d'extrême-gauche,
01:57donc je ne vois pas d'où vient l'infiltration. Mais si votre question porte sur des militants politiques qui
02:02iraient dans des structures syndicales
02:04comme ça se faisait avant, non, ce n'est pas quelque chose qui existe tant que ça aujourd'hui. Il
02:07y a moins de militants politiques dans cette structure
02:13qui lient l'organisation de jeunesse et l'organisation politique que c'était le cas.
02:15– Mais ça ne vous gêne pas de voir des élus insoumis être vraiment à la récupération ? Ils ne
02:20s'en cachent pas, d'ailleurs.
02:20– Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, va carrément au-devant des lycéens pour leur dire de continuer.
02:26Louis Boyard également qui fait la tournée des lycées. Est-ce que ce n'est pas finalement la meilleure façon
02:30de tuer ce mouvement,
02:32qui a sans doute des revendications justes, en tout cas, qu'il faut écouter ?
02:35– Je pense qu'il faut remettre les choses à leur place. Les revendications qu'ont ce mouvement,
02:40elles ont à être portées par des syndicats et aussi par des partis politiques, c'est leur rôle.
02:43Et les partis politiques ont selon moi un autre rôle qui est effectivement de venir en appui, en soutien,
02:48mais pas en récupération de ces mouvements-là. Et j'ai remarqué aujourd'hui que beaucoup d'autres partis politiques,
02:55d'autres représentants et également les syndicats, la CGT, les syndicats enseignants en particulier,
02:59qui ont appelé à soutenir, à entendre les revendications lycéennes qu'elles s'expriment d'elles-mêmes
03:05et sans la répression policière qui s'abat contre elles.
03:07Donc je pense que le gouvernement devrait recevoir les lycéens, leurs organisations,
03:11plutôt que de mettre le focus sur cette prétendue instrumentalisation qu'on met en avant parce qu'on en a
03:16envie aussi.
03:17– Il faut rappeler que le budget d'éducation nationale, c'est le premier budget de France.
03:23– Oui, surtout ça sera la dette.
03:24– Il risque de passer derrière la charge de la dette, bien sûr.
03:27– Il y a le budget d'éducation nationale et puis il y a les lycéens qui se plaignent,
03:32notamment, tout à l'heure on a entendu parler du problème des rideaux devant les fenêtres.
03:36Et le bâti, en revanche, ça c'est les régions.
03:39Donc il y a deux choses qui se télescopent.
03:42– Il y a sans doute un problème de compétence, un problème d'infrastructure.
03:46Mais si on essaye d'objectiver un peu les choses au-delà des feux de poubelle
03:48et des déclarations du type « l'État nous a laissé tomber »,
03:51en effet, il n'y a pas de baisse des dépenses en volume et il n'y a pas de
03:54baisse par élève.
03:55Et si on reprend ce qu'a dit le ministre de l'Éducation nationale hier,
03:58en Seine-Saint-Denis par exemple, on dépense par élève 13% de plus
04:01et les classes sont moins chargées qu'en moyenne.
04:04– Vous êtes en train de dire que la Seine-Saint-Denis,
04:06non seulement n'est pas maltraité,
04:08elle est parfois mieux traitée que d'autres départements français.
04:10– Est-ce qu'il y a des problèmes d'organisation ?
04:12Est-ce qu'il y a effectivement moins de gens devant les élèves ?
04:14Si on regarde le dépense total, on peut avoir plus de gens,
04:17mais pas assez de gens devant les élèves,
04:19c'est-à-dire en fait trop de bureaucratie si vous voulez.
04:21C'est un des problèmes qu'on a, par exemple,
04:23est-ce qu'il y a une organisation qui ne…
04:25Alors, je n'ai pas compris d'ailleurs si les lycéens voulaient bosser plus ou bosser moins,
04:28je ne sais pas, je ne comprends pas tellement.
04:29Parfois, ils veulent plus d'heures de cours
04:30et puis à la fin, ils disent qu'on a trop…
04:31– Dénonce la surcharge.
04:32– Ce qui est certain, c'est que le malaise, il est présent, il est objectif,
04:35c'est malheureusement les résultats PISA.
04:37Quand on a une organisation qui est dans un tel effondrement,
04:40moi, je pense là encore qu'on est au bout d'un modèle
04:41qu'il faudrait absolument tout réinventer.
04:43Peut-être que les lycéens ont raison, il faut tout remettre à base.
04:45– Olivier Babeau, vous êtes en train de dire
04:46qu'on devrait plutôt se mobiliser pour améliorer notre classement PISA ?
04:50– C'est évident que derrière le classement PISA,
04:52il y a la capacité à l'innovation,
04:54il y a la capacité d'avoir des emplois, d'avoir une formation.
04:56C'est évidemment absolument dramatique pour les personnes concernées et pour le pays.
04:59– Monsieur le député.
05:00– Non mais c'est une évidence, on est ici aussi à la fin d'un modèle.
05:04On le voit sur les classements PISA,
05:06on le voit, les lycéens ont raison de dire
05:08que la formation des professeurs ne permet plus aujourd'hui,
05:12et la rémunération des profs, d'avoir un prof dans chaque classe.
05:16On fait du speed dating encore au mois d'août pour recruter des profs.
05:20– C'est-à-dire que le niveau des profs a baissé aussi ?
05:21– Parce qu'on a recruté un peu rapidement ?
05:23– Non, c'est pas que le niveau…
05:25– Dans certaines académies, on recrute avec six de moyenne.
05:28– Oui, mais on a recruté au niveau master, au niveau licence, etc.
05:31Le problème n'est pas là, c'est-à-dire que les profs ne sont pas formés à la pédagogie.
05:35Autrefois, on avait des écoles normales, et c'est ce qu'il faut recréer,
05:38des écoles normales qui forment les profs,
05:41avec derrière une rémunération salarielle, si vous voulez.
05:43Il y a 30 ans, un prof, professeur des écoles, il gagnait 1,8 SMIC.
05:48Aujourd'hui, c'est 1,5 SMIC.
05:50Un professeur agrégé, il gagnait 2,3 SMIC.
05:54Aujourd'hui, c'est 1,8 SMIC.
05:55Donc les profs gagnent moins, donc le métier est moins attractif.
05:58Donc essayons de revaloriser les salaires des profs,
06:01essayons de faire en sorte qu'ils soient formés dans les écoles normales,
06:05supprimons Parcoursup qui…
06:06– Mais comment vous augmentez les profs alors qu'il n'y a plus d'argent ?
06:09– Mais pour une raison très simple, parce que comme la démographie scolaire va baisser,
06:14vous aurez moins d'élèves, donc il faut moins de profs,
06:17et ça veut dire que vous aurez la capacité de mieux payer les profs.
06:21– Face à la baisse de la natalité, on va mieux payer les profs.
06:23– C'est une réalité, c'est une réalité démographique.
06:27Et donc il faut saisir ça pour refonder le modèle,
06:29et avoir enfin une école qui fonctionne.
06:30– Ne faites pas d'enfants, on paiera mieux les profs.
06:31– Je n'ai pas dit ça.
06:33– Non, non, mais bon, c'est un peu…
06:35– C'était il y a 20 ans qu'il fallait prendre la décision.
06:38– Je trouve qu'il y a un problème à présenter l'éducation
06:40comme un poste de dépense massif qui ne cesserait d'augmenter.
06:44– C'est juste pour montrer qu'il n'y a pas de…
06:46– Vous parliez de l'augmentation…
06:48– Il n'y a pas de coupe, on n'a rien coupé.
06:49– Oui d'accord, par exemple, je peux prendre simplement un exemple.
06:52Vous parliez des problèmes de niveau, PISA, etc.
06:54Parcoursup, vous l'expliquez comment ?
06:56Il n'y a pas assez de place créée dans les facs.
06:59– C'est tout simple, on se refuse à faire une sélection sur les dépouchés
07:02et une sélection sur le baccalauréat qui est devenue une sorte de…
07:07– Non mais on ne l'avait pas avant.
07:08– Qui est donnée à tout le monde.
07:09Et donc effectivement, à partir de ce moment-là,
07:10ça fait un problème de masse.
07:11– Si je peux simplement terminer l'idée que je tente de déprimer,
07:14pas assez de place, tous les 7 ans, l'éducation supérieure
07:18reçoit l'équivalent d'une nouvelle université à moyen constant,
07:21sans ouvrir de nouvelles facs, plus d'élèves, moins de place,
07:26parcoursup, pression.
07:26Et comment vous voulez aujourd'hui arriver dans le monde du travail
07:28quand vous n'avez rien eu sur parcours subsédé ?
07:30Ça c'est des réalités et c'est de l'argent à mettre sur la table.
07:33Donc effectivement, je suis d'accord, il y a des choix à faire de ce point de vue.
07:35– Mais ce qui est quand même terrible, là aussi, pardon,
07:37on arrive à Mandine à la fin de l'époque Macron.
07:43dix ans, il y a eu quasiment dix ministres de l'éducation nationale.
07:47– Oui.
07:47– Alors il y en a un qui est resté longtemps au début, Jean-Michel Blanquer,
07:50puis après ça s'est allé accélérer.
07:51Aujourd'hui c'est Édouard Geffray qui peut-être restera jusqu'au bout, on ne sait pas.
07:55Mais on se rend compte que, alors le classement PISA, on n'a jamais été aussi mauvais.
08:00Il y a des besoins de moyens supplémentaires, en tout cas d'une organisation qui marche mieux.
08:05Ce n'est pas normal que des élèves démarrent l'année sans prof de français, sans prof de maths.
08:10Donc c'est quand même assez terrible.
08:11– Non, on a constaté à toutes les rentrées les mêmes problèmes,
08:15mais jamais franchement les moyens n'ont été mis en place.
08:18Et Emmanuel Macron avait commencé d'ailleurs par promettre qu'il revaloriserait nettement les professeurs,
08:23comme le font aujourd'hui les candidats macronistes à la présidentielle.
08:26Enfin, je disais nettement, ça a été un peu fait, mais pas du tout nettement.
08:30Ce qui fait en effet qu'aujourd'hui la profession, il n'y a plus de désir d'être prof.
08:33C'est extrêmement compliqué de le faire dans les conditions qu'on voit avec des élèves
08:37qui sont de plus en plus difficiles bien souvent.
08:40Le niveau a baissé, ça, ça n'a pas été pris en compte ou réglé, absolument pas.
08:47Il y a eu une valse comme jamais, c'est ce qu'on disait des ministres.
08:50Enfin, ça a été quand même absolument catastrophique.
08:52Il n'y a eu aucune ligne directrice, avec même des changements.
08:56On est passé quand même de Papendiaï à Jean-Michel Blanquer.
08:59Donc, ce n'était absolument pas la même vision de l'éducation nationale.
09:04Donc, tout est à refaire, tout est à reprendre.
09:06Et le problème, c'est qu'on a du mal à croire ceux qui, aujourd'hui,
09:11promettent une nouvelle fois, pour la centième fois,
09:14Édouard Philippe ou Gabriel Attal,
09:16des revalorisations vraiment importantes de plusieurs centaines d'euros
09:19s'ils arrivent au pouvoir.
09:20On a un cas concret, celui de Sandrine Tondeur, qui est avec nous.
09:23Sandrine Tondeur, elle est maman avec un fils en seconde.
09:27C'est dans un lycée professionnel des Landes.
09:29Bonsoir, Sandrine Tondeur.
09:31Et votre fils, justement, c'est ce qui explique aussi votre soutien,
09:35aujourd'hui, à la colère des lycéens.
09:37Votre fils, il est en attente de prof.
09:40C'est ça.
09:41Il est rentré en seconde, en début d'année, là,
09:46en seconde professionnelle.
09:48Et il n'a pas de prof d'anglais.
09:50Il n'a pas de prof de français.
09:52Et il n'a pas de prof d'histoire géo.
09:54Mais où sont ses profs ?
09:57Alors, soi-disant qu'il y en a deux de malade
10:00et un autre qui doit prendre, normalement,
10:05qu'on attend encore.
10:07On n'a pas du tout de nouvelles.
10:08Il devait prendre son poste et qu'il ne l'a pas pris.
10:10Et pourquoi ne sont-ils pas remplacés ?
10:12Qu'est-ce qu'on vous dit ?
10:13Alors, on a eu une réunion au niveau de l'établissement
10:16pour nous informer du déroulement de l'année
10:19avec les enfants.
10:20Et quand on a demandé, on nous a juste répondu
10:23qu'eux demandaient au niveau de leur supérieur,
10:27mais qu'ils n'avaient pas de réponse.
10:29Alors, apparemment, il y en a un qui est malade.
10:32Mais il n'y a pas de remplacement prévu.
10:34Alors, vous parliez d'un de vos fils
10:36qui n'avait pas eu de prof de français,
10:37pas de prof d'histoire géo,
10:38prof d'anglais en arrêt maladie.
10:40Mais vous avez un autre fils
10:41qui, lui, n'a pas eu de prof du tout
10:42de prof de français, je crois.
10:44Voilà, c'est ça.
10:45La dernière année, lui,
10:46il était en bac pro-mélègue
10:47dans le même établissement,
10:49en lycée professionnel.
10:50Et la dernière année,
10:52il n'a pas eu de prof de français du tout
10:53en passant son bac à la fin de l'année.
10:56Mais c'est-à-dire que vos enfants,
10:58quand ils vont au lycée,
10:59ils ne savent pas précisément
11:00combien d'heures de cours
11:01ils auront, en quoi, en fait ?
11:02Voilà, c'est ça.
11:03Clairement, pour vous donner un exemple,
11:05lundi dernier, mon fils avait une heure de cours.
11:08Donc, le lycée est à presque 17 kilomètres
11:12de notre domicile.
11:13Donc, ils prennent le bus le matin
11:15pour arriver à 8h30 à l'établissement.
11:17Et il avait une heure de cours
11:19de 15h à 16h.
11:21Donc, clairement,
11:21il faudrait qu'il passe la journée complète
11:24au lycée en ayant une heure de cours
11:26de 15h à 16h.
11:28Et reprendre le bus le soir
11:29après 17h.
11:32Votre histoire fait réagir
11:33nos invités, notamment,
11:34M. le député Olivier Betch,
11:36et je rappelle,
11:36ancien ministre d'Elisabeth Borne,
11:38est candidat à l'élection présidentielle.
11:40Là, il y a un problème d'organisation,
11:41de DRH.
11:42Mais évidemment.
11:43Si vous voulez,
11:43comment est-ce qu'on peut encore
11:45piloter l'éducation nationale
11:46d'un point de vue central,
11:48avec des rectorats,
11:49des inspections d'académie,
11:50osons faire ce qu'on n'a jamais fait
11:52dans notre pays,
11:53osons donner l'autonomie
11:55aux établissements scolaires.
11:56C'est-à-dire,
11:57donnons aux chefs d'établissement
11:58la capacité qu'il y a
11:59de créer ces équipes pédagogiques,
12:01de recruter ces personnels,
12:03de les payer,
12:04d'anticiper les appels.
12:05D'anticiper, si vous voulez.
12:07Moi, je pense qu'il est temps
12:09dans ce pays
12:09de faire ce qu'on...
12:10Encore une fois,
12:11alors je sais que le mot est tabou,
12:12mais moi, je pense,
12:13non, le fédéralisme.
12:14Je pense qu'il faut aller
12:17dans ce pays.
12:18Alors, je ne dis pas
12:19à l'Allemande ou à la Suisse,
12:20mais je pense qu'il faut
12:21avoir un truc très simple,
12:22le pouvoir à ceux
12:23qui sont sur le terrain.
12:25Le pouvoir à ceux
12:26qui sont sur le terrain.
12:27On est en train de crever
12:28du centralisme,
12:29si vous voulez,
12:30de tout vouloir...
12:30Mais écoute,
12:31l'administration centrale
12:32ne voudra jamais donner le pouvoir.
12:34D'accord,
12:35je ne dis pas que
12:35les administrations centrales
12:36seront d'accord de faire ça.
12:37Je dis simplement
12:38qu'à un moment,
12:38si les Françaises
12:39et les Français choisissent
12:40de dire, écoutez,
12:41maintenant, ça suffit,
12:42on arrête de tout diriger
12:44du haut de la pyramide.
12:45On fait en sorte
12:46que le pouvoir soit ceux
12:48qui sont sur le terrain,
12:49c'est-à-dire qui mettent
12:49concrètement en œuvre
12:50l'action de l'État,
12:52des collectivités locales,
12:53etc.
12:54Franchement,
12:54j'étais maire...
12:56Oui, mais ça ne changera pas
12:57le fait qu'on n'arrive pas
12:58à recruter des profs aujourd'hui.
12:59Oui, mais il y a des profs
13:00qui en a.
13:00Mais pour une raison très simple...
13:01Oui, mais qu'on se tourne
13:02notamment vers les contractuels,
13:03ce qui est assez terrible
13:05parce qu'au moment,
13:06il n'y a des dizaines
13:06de milliers de profs
13:07qui sont sans affectation
13:08à chaque année.
13:09Mais oui, pour une raison
13:09très simple,
13:10c'est qu'à un moment,
13:11vous avez un directeur d'école,
13:13que ce soit un directeur de trucs,
13:14un principal,
13:15un proviseur, etc.
13:17S'il a l'autonomie
13:18de recruter ces trucs,
13:19d'abord, il peut anticiper.
13:20Il sait ce qu'il va avoir,
13:22quelle est la masse salariale
13:23qu'il va avoir
13:24et il va se dire
13:25je vais recruter.
13:26Il me manque des gens.
13:27Il ne va pas le faire,
13:28il ne va pas commencer
13:28à recruter le 25 août
13:30pour une rentrée
13:31au 1er septembre.
13:32Il va voir ça
13:33dès avant l'été.
13:34Donc, il va faire
13:34ses entretiens en voulge.
13:35Il faut flexibiliser,
13:36il faut retourner
13:37à l'efficacité.
13:39Regardez l'efficacité
13:40sur le terrain.
13:40Olivier Babaud,
13:41c'est possible de s'abattir.
13:42On a toujours promis
13:43la décentralisation,
13:44l'autonomie.
13:45C'est pas la décentralisation,
13:45c'est l'autonomie.
13:46Ça représente un peu ça aussi.
13:48Jean-Michel Blanquer,
13:49par exemple,
13:49en parlait déjà
13:49lorsqu'il est arrivé
13:50au mission de l'éducation.
13:51La décentralisation
13:52dont on parle
13:53depuis les années 80,
13:54en réalité,
13:54elle est toujours
13:55en trompe-l'œil.
13:55C'est-à-dire que
13:56les administrations centrales
13:57n'ont jamais vraiment laissé.
13:59Ce qui fait que finalement,
14:00on a plutôt empilé les couches.
14:01On n'a jamais laissé
14:03vraiment l'autonomie.
14:03C'est pas tellement
14:04dans notre culture
14:05depuis extrêmement longtemps.
14:06Pour le moment de 2014,
14:07c'est probablement encore avant.
14:08Ce serait nous forcer,
14:09mais ça n'est pas
14:09sans espoir.
14:10Vous avez tout à fait raison.
14:12Il est dramatique
14:13qu'on ne soit plus attractif
14:14d'être professeur aujourd'hui.
14:15Il faut absolument revaloriser.
14:16C'est le salaire,
14:17mais pas seulement.
14:17C'est les conditions de travail,
14:19c'est l'évolution,
14:20c'est la gestion des ressources humaines,
14:20tout ça.
14:21Parce que ce n'est pas possible
14:22qu'aujourd'hui,
14:23on n'arrive pas à trouver
14:23des gens,
14:24ce qui est vrai d'ailleurs,
14:25de fonction publique
14:25de façon générale,
14:26ce qui est le plus grand signal
14:27de la crise aujourd'hui de l'État.
14:29Merci d'avoir été avec nous.

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