00:00Mais qu'est-ce que vous répondez à ça, Alexis Corbière ?
00:02Donc, il y a un mouvement qui est totalement légitime.
00:04Moi, je suis élu de Saint-Saint-Denis.
00:06Je pourrais parler de la France.
00:07Les profs.
00:08Mais je veux parler, depuis 1994, j'ai été enseignant en lycée professionnel,
00:12notamment en Saint-Saint-Denis.
00:13Il y a une situation de dégradation en Saint-Saint-Denis.
00:15C'est la réalité.
00:16Il y a eu des fermetures de classes.
00:17Vous savez qu'on considère que, durant la scolarité d'un enfant de Saint-Saint-Denis,
00:20il perd environ 18 mois de scolarité en raison d'absence non pourvue.
00:24On a moins de brigades de remplacement.
00:26On n'a quasiment plus de médecins et d'infirmières scolaires.
00:29On a le taux d'encadrement, le taux d'élèves en classe qui en est le plus important d'Europe.
00:34Donc, la jeunesse, il y a 823 élèves de Saint-Saint-Denis, pour l'instant,
00:37qui, avec Parcoursup, n'ont pas d'inscription.
00:39Et ça, les jeunes dans les lycées en parlent parce qu'ils ont...
00:42Mais tout ça, tout ça, on l'entend.
00:43Non, mais attendez.
00:46Déjà, je parle de la légitimité de se mobiliser.
00:48Et vendredi dernier, c'était en préfecture de Bobigny,
00:50une réunion avec le recteur et le préfet qui nous a réunis, les élus.
00:52Et le réacteur a eu un propos en disant « La rentrée se passe bien »
00:55et nous l'avons prévenu que non, elle ne va pas bien se passer
00:57parce que les conditions d'études se dégravent.
00:59Sauf que, et je voudrais entendre les cas neufs,
01:00il vous dit de ne justifier pas par ça la violence.
01:03Mais moi, je ne justifie aucune violence.
01:06Mais je rappelle qu'il arrive parfois qu'il y a des blocages, des violences.
01:10Je pense notamment lorsque les agriculteurs étaient mobilisés,
01:12il y a des pneus qui brûlent, etc.
01:14Et tous, on a compris qu'une profession en danger, par moments,
01:17elle pousse un cri d'alarme qu'il faut entendre.
01:19Et puis, moi, je me rappelle aussi de la phrase, vous savez, François Mitterrand.
01:22– C'était le 8 mai 1968, à l'Assemblée nationale,
01:25il déclare que la jeunesse n'a pas toujours raison,
01:28mais celui qui la méprise et qui la frappe a toujours tort.
01:31Parce que là, vous montrez des images ce soir.
01:33Je ne les aime pas ces images.
01:34Mais moi, je peux vous montrer des choses que j'ai vues dans ma ville,
01:37notamment, en Montreuil, devant le lycée Condorcet,
01:40avec la police qui a eu des mots d'insulte vis-à-vis des élèves,
01:43d'adultes qui insultent des jeunes devant des enseignants,
01:45des violences, on a vu, il y a des images qui circulent,
01:48d'un policier qui tire un coup dans ce grenade dans la mâchoire d'un enfant.
01:50C'est inacceptable, quels que soient après des poubelles qui brûlent,
01:55y compris des choses que…
01:55Mais ça, moi je ne comprends pas la rapidité avec laquelle M. Nunes a chauffé,
02:00si je puis dire l'ambiance, en envoyant des gardes mobiles devant les lycées.
02:02Bonjour, Annika.