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Retrouvez le replay de 100% Mabrouk sur BFMTV.

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00:00La suite de votre émission, ça va vous intéresser à l'énoncer des trois infos qui fâchent ce soir.
00:04Robert Ménard, jugé à Montpellier pour avoir refusé de marier un Algérien sous OQTF.
00:09L'audience se poursuit et il s'est passé beaucoup de choses au sein de cette audience.
00:12Vous saurez tout, le maire de Béziers avait, je vous le rappelle,
00:15refusé de célébrer l'union d'une Française et d'un étranger frappé par une obligation de quitter le territoire
00:20français.
00:20Il a toujours défendu une décision de bon sens, il sera avec nous dans quelques instants.
00:25Et notre journaliste Boris Karmalov nous racontera tout ce qui s'est passé dans l'audience.
00:29Vous imaginez, connaissant Robert Ménard, qu'il s'est défendu, bec et ongle.
00:34Autre info qui fâche, et là, véritablement, ce sont des images qu'on n'a plus du tout envie de
00:39voir
00:39parce qu'on espérait ne plus avoir allé voir ce qui s'est passé dans cet avion en direction de
00:45Tel Aviv,
00:46en partance de Dubaï, parce que les passagers ont vraiment cru que c'était la fin.
00:50Ils ont cru que c'était un scénario du 11 septembre.
00:54Et c'est la force de leur courage qui a permis, finalement, un atterrissage en catastrophe.
00:59Nous allons vous raconter tout ce qui s'est passé dans ce cockpit et dans cet avion.
01:03Et puis, dernière info qui fâche, nous parlerons de nouveau du Rassemblement national
01:06qui se prépare à une feuilletonisation de la part de Mediapart.
01:09Et au sein du RN, on voit bien qu'on fait bloc.
01:12Et tout d'abord, on retrouve Boris Carlamoff.
01:17Boris, vous êtes à Montpellier.
01:19Vous avez suivi cette audience avec Robert Ménard sur le banc des accusés.
01:24Et des soutiens également, en la personne de Bruno Rotaillot, mais aussi de David Lestin.
01:28Il s'est passé beaucoup de choses, semble-t-il, au cours de cette audience.
01:31Racontez-nous.
01:34Absolument, Sonia.
01:35Une audience qui se déroule dans une ambiance électrique et qui se poursuit à l'heure où l'on se
01:39parle
01:39puisque Robert Ménard, le maire de Béziers, est de retour à la barre à l'occasion de l'examen de
01:45personnalité.
01:46Tout a commencé aux alentours de 13h20, 13h30 tout à l'heure.
01:49Lorsque nous sommes arrivés ici avec Julie Poncé au tribunal judiciaire de Montpellier,
01:53il y avait énormément de maires du département et des départements limitrophes acquis à la cause de Robert Ménard
01:59qui sont venus manifester leur soutien.
02:02Face à eux, des manifestants qui, pour le moins, étaient plutôt hostiles au maire de Béziers
02:07qui ont scandé des slogans anti-Ménard.
02:11De nombreux policiers sont venus se poster devant l'entrée de ce tribunal judiciaire.
02:16Et puis Robert Ménard a fait son apparition ici dans l'eau avant de rejoindre la salle d'audience juste
02:20derrière moi.
02:21Robert Ménard, qui, on va le rappeler, est donc jugé pour avoir refusé de célébrer le mariage entre une Française
02:26et un Algérien
02:27visé par une obligation de quitter le territoire français.
02:29C'était le 7 juillet 2023 à Béziers.
02:32Trois ans plus tard, Robert Ménard se retrouve donc face au tribunal correctionnel.
02:37Robert Ménard qui ne change pas d'un iota son argumentaire depuis trois ans.
02:42Il ne regrette pas sa décision d'avoir refusé ce mariage.
02:47Il explique qu'il a refusé ce mariage puisque Moustapha était visé par une obligation de quitter le territoire.
02:54Robert Ménard qui a dit à la barre, je n'ai rien contre madame, madame en l'espèce la compagne
03:00de cet Algérien.
03:02Je n'ai rien contre madame, ça aurait été un Chinois, j'aurais fait exactement la même chose.
03:07Ce n'est pas l'histoire de madame qui est en jeu, c'est un principe.
03:11Un maire ne doit pas être obligé de marier quelqu'un qui ne devrait pas être sur le territoire.
03:16C'est une question de bon sens.
03:17Le président du tribunal lui répond, dans un tribunal correctionnel, ce n'est pas forcément le bon sens qui prime.
03:25Il y a eu de nombreux témoins sollicités par Robert Ménard en l'espèce.
03:30Bruno Rotaillot, le candidat des Républicains à la présidentielle qui est venu soutenir le maire de Béziers.
03:36Il y a également eu le sénateur Stéphane Demilly qui est l'auteur d'une proposition de loi
03:41visant à restreindre le mariage aux Français ou aux étrangers en situation régulière.
03:45Et puis il y a un petit quart d'heure, le dernier témoin à s'être avancé à la barre,
03:49c'est David Lysnard, le maire de Cannes,
03:51qui lui aussi est candidat à la présidentielle et par ailleurs le président de l'Association des maires de France.
03:56Tous les trois soutiennent Robert Ménard.
03:57Tout à l'heure, il y a eu Eva qui est venue témoigner, qui nous a fait part de son
04:01mal-être depuis le 7 juillet 2023.
04:04Ce que l'on peut vous dire, Sonia, ce soir, c'est que la décision ne sera pas rendue dans
04:07les prochaines heures
04:08puisqu'il y aura une mise en délibéré.
04:10Le délibéré sera rendu le 1er décembre prochain à 13h30, ici même au tribunal correctionnel de Montpellier.
04:17Merci, merci Boris d'avoir été aussi complet pour nous raconter cette journée d'audience avec Julie Poncey.
04:23Je le rappelle, Robert Ménard qui sera avec nous en direct tout à l'heure dès sa sortie d'audience.
04:29Vous l'avez entendu, une audience mouvementée.
04:31Robert Ménard qui se bat sur plusieurs fronts, ici même sur ce plateau, il nous avait dit craindre
04:35tout simplement pour un risque d'inéligibilité, de perdre tout simplement son mandat.
04:41On va écouter Bruno Rotaillot à sa sortie d'audience, il est sorti plus rapidement.
04:46Le candidat qui est venu soutenir le maire de Béziers, tout comme le maire de Cannes
04:51et le président de l'Association des maires de France, David Lesnar.
04:54Mais tout d'abord, Bruno Rotaillot.
04:57Robert Ménard est un maire, c'est aussi un ami, mais je trouve qu'il est ici, au banc des
05:04accusés,
05:05d'une façon surprenante. C'est un défi au bon sens.
05:09Parce que ni vous, ni moi, ni lui, ni ses fans de Milly, sénateurs aussi, n'auraient dû être là.
05:17Ce qui est incroyable, ce que j'ai essayé d'expliquer, c'est que Robert Ménard comme maire
05:22a été pris dans une tonaille totalement contradictoire.
05:25Parce qu'on savait que célébrer, il savait que célébrer ce mariage, c'était en quelque sorte neutraliser
05:31la mesure individuelle d'éloignement du territoire.
05:35Et je rappelle que cette audience dure depuis le début de l'après-midi.
05:38Il est 19h35.
05:41À ce moment même, Robert Ménard est à la barre.
05:43Pour la petite anecdote, si je puis dire, il y a eu des intempéries et l'eau a coulé.
05:48L'eau a coulé dans la salle d'audience.
05:50C'est pour raconter aussi un peu la paupérisation de la justice de nos tribunaux que vous connaissez bien.
05:55Maître Caroline Mécari, bonsoir.
05:57Merci d'être là, avocate au barreau de Paris, ancienne co-présidente de Copernic.
06:00Nous sommes avec Yves Tréhard.
06:02Bonsoir, merci chérie d'être avec nous.
06:05Laurent Joffrin nous accompagne.
06:06Bonsoir.
06:07Directeur de Libre Journal.
06:09Yves, évidemment, exerce politique auprès de BFM TV.
06:12Plume.
06:12Oh combien belle plume au Figaro.
06:14Aurélien Pradier nous accompagne.
06:15Bonsoir.
06:16Bonsoir et bienvenue à vous, député non inscrit du lot.
06:19D'ailleurs, M. Pradier, est-ce que vous auriez pu être aux côtés de David Lysnard ou de Bruno Retailleau
06:24pour soutenir le maire de Béziers ?
06:26Pour soutenir le maire de Béziers, oui, je l'ai déjà fait, je l'ai déjà dit publiquement.
06:31Je pense que Robert Ménard, dans cette affaire, est le seul qui soit vraiment courageux.
06:36Parce qu'au fond, c'est le seul qui prend un risque.
06:38Le risque de perdre son mandat, il le fait, et j'ai été maire pendant des années, je pense, avec
06:44un sens républicain certain.
06:47Chacun peut comprendre, quelles que soient nos convictions, qu'un maire puisse refuser de marier un individu dont il le
06:53considère,
06:53par les décisions qui ont déjà été prises, judiciaires et administratives, qu'il n'a rien à faire sur le
06:58territoire national.
06:59Le rôle du maire, c'est aussi de respecter la loi, pas seulement sa loi, pas seulement celle qu'on
07:04a à appliquer dans notre petit périmètre,
07:05mais aussi celle qui est plus large. Pour le reste, je voudrais quand même qu'on sorte la tête un
07:10instant de l'événement.
07:11Moi, il y a des choses qui me dérangent dans ce spectacle-là.
07:15C'est-à-dire ?
07:15Parce que je pense que c'est aussi le spectacle de l'impuissance du politique.
07:21Est-ce que vous imaginez, Sonia Mabrouk, il y a quelques décennies, un ministre d'État du général de Gaulle
07:29allait faire un numéro de claquette dans la salle des pas perdus du tribunal de Montpellier ?
07:35Je suis brutal dans ce que je dis, mais c'est le drame du moment.
07:39C'est que nous ne voyons pas l'effondrement de nos grands principes démocratiques.
07:44J'aurais pu aller soutenir s'il me l'avait demandé, mais je me serais posé une question.
07:48Est-ce ma place ? Est-ce ma place d'aller jouer une scène politique ?
07:54Et ce n'est pas Robert Ménard qui est en cause, ce sont ceux qui participent dans un tribunal judiciaire.
07:59Parce qu'au fond de tout cela, que se passe-t-il ?
08:03Beaucoup de mes amis politiques, y compris Bruno Retailleau, ont signé il y a quelque temps une tribune...
08:09Vous traitez bien vos amis, dis donc.
08:10Non, mais je suis exigeant avec tout le monde et exigeant avec les principes.
08:13Je pourrais aller la faciliter, j'essaie de ne pas y aller.
08:15Je me souviens d'une tribune signée par plusieurs de mes amis, dénonçant la judiciarisation de la vie politique.
08:21Indiquant que désormais tout le pouvoir était entre les mains de la justice.
08:25On se souvient, effectivement.
08:25Lorsque l'on vient témoigner à la barre d'un tribunal, lorsque des ministres, des anciens ministres,
08:32lorsque des responsables politiques viennent témoigner, ils déposent à la barre leur pouvoir politique.
08:36Je vois que Yves Tréhard approuve.
08:38Je trouve ça très courageux.
08:39Ce qui est dit par M. Pradié.
08:41Il est très courageux, Robert Ménard est très courageux, et M. Pradié est très courageux aussi,
08:46parce que c'est vrai que Robert Ménard joue son mandat, incontestablement,
08:55et en tous les cas, son avenir politique.
08:58Non, non, ce n'est pas n'importe quoi, et d'abord vous ne vous exprimez pas comme ça, s
09:01'il vous plaît.
09:02Il y a un risque de l'inéligibilité.
09:03C'est n'importe quoi.
09:05Non, non, mais ne me donnez pas de leçons sur...
09:07Vous ne me donnez pas de leçons sur comment je vais m'exprimer.
09:09Chacun va s'exprimer.
09:11Ce que je veux dire simplement, c'est qu'on peut quand même dire que M. Pradié est très courageux
09:14de dire ça,
09:14puisque je rappelle que ce sont ses amis politiques qui sont en cause, là, en l'occurrence,
09:19et que c'est vrai que ça paraît tout à fait...
09:21Alors, je trouve que le président du tribunal qui a dit que le bon sens, ce n'est pas le
09:24droit,
09:24il a tout à fait raison, d'ailleurs, parce que le code de la route,
09:28il n'y a aucun bon sens dans le code de la route, c'est pourtant le droit.
09:33C'est vrai que c'est quand même assez aberrant.
09:35Cette histoire est tout à fait aberrante.
09:37Il est pris entre deux injonctions contradictoires, je dirais.
09:43Sa mission de...
09:46De marier ?
09:47De marier, effectivement.
09:49Et puis de faire respecter l'ordre public.
09:52Nous sommes d'accord.
09:53Et c'est intéressant.
09:55Ça va être intéressant de voir la décision qui va être rendue.
09:58Et je trouve aussi, effectivement, que c'est très courageux d'avoir cette position de commentateur qu'a M. Pradié.
10:06Je pose une question, et Laurent Geoffrin voulait vous exprimer, et évidemment, maître Mécari.
10:10En fait, qui doit être sur le banc des accusés ?
10:12Est-ce que ça doit être un maire qui refuse de célébrer une union,
10:15car le mariage en question est un étranger sous l'objection de quitter le territoire français,
10:19et n'aurait pas dû se trouver sur les territoires français,
10:21même si la loi, évidemment, contraint le maire à célébrer cette union ?
10:26Ou est-ce que si, je ne l'ai pas encore entendu, ce n'est pas l'État ?
10:29Qui, qui, normalement, délivre ces OQTF ?
10:32C'est évidemment l'État, mais...
10:34Quand il ne les applique pas...
10:35Ce n'est pas un maire, ce n'est pas un élu, un individu, un citoyen, de faire la loi.
10:41C'est au Parlement de faire la loi.
10:43Si la loi autorise ces gens-là à se marier, il faut l'appliquer.
10:46Et au nom de quoi le maire dit, non, moi, je ne l'applique pas, ça ne me plaît pas,
10:50je ne suis pas d'accord,
10:51alors, ce n'est pas du bon sens, c'est contraire, c'est quoi ?
10:53Non, mais il y a une rédaction d'une proposition de loi, justement, interdisant les mariages de 30 ans et
10:58de l'État.
10:58Ça provient que la loi ne dit pas que Ménard a raison, mais la loi dit que Ménard a tort.
11:03Le président de la République a dit que c'était ubuesque, et à partir de là, justement, il y a
11:07eu un travail sur une proposition de loi.
11:07Oui, mais on peut considérer que c'est ubuesque, mais à ce moment-là, on change la loi.
11:09Oui, nous sommes d'accord, mais la loi va être changée après ce qui s'est passé.
11:13Non, elle n'a pas changé pour l'instant.
11:14Non, non, justement, elle va être changée après.
11:16Ce n'est pas sûr.
11:16Mais ce n'est pas sûr du tout, et d'autre part, de toute façon, elle ne peut pas être
11:20rétroactive.
11:21Et pour ce qui est du débat par le membre, ça ne marche pas.
11:22Mais attendez, je termine juste, ça, c'est le premier point.
11:26Deuxième point, l'OQTF.
11:28Alors, on dit, mais si les gens se marient, on ne pourra plus appliquer l'OQTF.
11:31C'est vrai ?
11:32On peut tout à fait l'appliquer.
11:34Et d'ailleurs, il a été expulsé, mais là, il ne peut pas marier.
11:37Mais ce n'est pas parce qu'on est...
11:39Non, mais M. Lofran, c'est l'histoire de l'œuf et de la poule.
11:41Et à un moment où il est face au maire, et le maire dit, regardez, vous cherchez une personne qui
11:46ne devrait pas être là.
11:48Elle est ici devant...
11:49Non, mais vous allez dans mon sens.
11:51Si je ne raciocine pas, je dis qu'il a le devoir de le marier parce que c'est la
11:54loi.
11:54Il peut considérer qu'il a aussi le devoir de faire un article 40 et dire, ce type-là ne
11:59doit pas être là, il faut l'expulser.
12:00Et à ce moment-là, il sera expulsé à quoi que marier.
12:03Parce que pour exciper du mariage pour ne pas être expulsé, il faut qu'il y ait une antériorité.
12:09Entre-temps, il s'est marié en Algérie.
12:11Laurent a raison, simplement, il met le doigt, Ménard met le doigt sur quelque chose qui est assez ubuesque.
12:19Maintenant, on va voir ce que vont faire les politiques.
12:21Caroline Mécarré.
12:22Oui, moi, vraiment, ce que je trouve absolument ubuesque, c'est d'avoir des représentants qui sont des élus,
12:31qui sont censés appliquer les règles de la République et qui ne connaissent pas la hiérarchie des normes.
12:37C'est quand même incroyable, être maire et ne pas savoir qu'on a une constitution dans laquelle nous avons
12:45un principe fondamental qui est la liberté de se marier,
12:49qui a été validé par le Conseil constitutionnel le 13 août 1993, sur la première loi.
12:58Il y a des exceptions.
12:59Non, non, mais laissez-moi terminer, s'il vous plaît.
13:01Laissez-moi terminer, s'il vous plaît.
13:02Vous vous trompez, mais je vous laisse terminer.
13:03Il n'y a pas d'exception.
13:04Bien sûr que si, je vous le dis.
13:05Non, il n'y a pas d'exception.
13:06La liberté de se marier, elle est absolue.
13:08Et un maire peut refuser de célébrer un mariage.
13:11À la fois, non, il peut refuser de célébrer un mariage uniquement lorsqu'il a une suspicion.
13:17Voilà les exceptions.
13:18Il y a donc des exceptions.
13:19Non, mais le problème, c'est que dans ce dossier...
13:22J'ai été maire pendant des années, il m'est arrivé...
13:24Est-ce que je peux terminer ?
13:25C'est une conversation.
13:26Allez-y, maître, mais carré.
13:27Il m'est arrivé de refuser de célébrer les mariages.
13:29Je peux terminer, monsieur.
13:30Je peux terminer.
13:30Allez-y, on vous écoute tranquillement, sereinement.
13:33Le principe, c'est la liberté fondamentale du mariage qui a été validée par le Conseil constitutionnel en 1993 et
13:39en 2003.
13:40Bien.
13:41Face à cette situation, on ne peut avoir en effet des personnes qui sont en situation étrangère
13:46et qui parfois peuvent être frappées d'un arrêté de reconduite à la frontière ou d'une OQTF.
13:52En droit, la liberté du mariage prime.
13:55Et dans ce dossier-là particulièrement, monsieur Ménard avait reçu une injonction du procureur de la République
14:02qui avait vérifié la sincérité du mariage, de procéder au mariage.
14:07Donc, c'est la raison pour laquelle il est présenté devant le tribunal correctionnel.
14:10Non, mais ça, personne ne met en disant cela.
14:12Vous avez raison de rappeler...
14:13Mais il est important quand même...
14:16Regardez, pardonnez-moi, le direct, simplement, je vous montre la salle d'audience du tribunal de Montpellier
14:20puisque les plaidoiries ont commencé, donc semble-t-il que ça va être assez rapide.
14:24Je parle sur votre contrôle, maître.
14:26Comme je ne plaide pas, je ne pourrai pas vous dire.
14:28Oui, si c'était avec vous, j'aurais compris que ce serait demain matin.
14:31Non, non.
14:31Non, je plaisante.
14:34La question qu'on pose, bien sûr, lui-même reconnaît, lui, il dit, je sais, je sais,
14:39j'aurais très bien pu dire d'ailleurs à quelqu'un de la mairie de faire ce mariage,
14:43mais je ne me suis pas dérobée.
14:44Tout ce que vous dites, il est d'accord.
14:46Il a exposé sur...
14:49Mais lui, il pense que malgré tout...
14:51Et là, moi, je vous pose la question, il y a aussi, je veux dire, ce qu'en pensent...
14:56Donc, en fait, il est dans la désobéissance civile.
14:59C'est ça, en fait.
15:00Il n'a pas utilisé ce terme.
15:01Il n'y a pas qu'une désobéissance civile de gauche, madame.
15:03Oui, tout à fait.
15:04Mais la difficulté, c'est que lui, il est dans la désobéissance civile pour restreindre une liberté fondamentale,
15:10alors que...
15:11Ou alors pour appliquer, pour faire appliquer...
15:14C'est pour restreindre une liberté fondamentale.
15:16Madame, pourquoi l'État...
15:17Pardonnez-moi, pourquoi vous prenez le sujet...
15:19Pourquoi l'État, mais je suis d'accord avec vous,
15:21mais pourquoi l'État, l'État n'est pas aussi contraint d'appliquer les OQTF qu'il délivre ?
15:27Pourquoi la citoyenne que vous êtes et la citoyenne que je suis, pardonnez-moi, pardonnez-moi,
15:31ne peut pas porter aussi en justice une action en défaut sécuritaire pour dire à l'État,
15:36mais cet individu, il n'avait pas été sur le sol de France.
15:40Peut-être qu'il aurait pu commettre un méfait.
15:43Non, mais peut-être que rien du tout, vous ne savez pas pour quelles raisons il a une OQTF.
15:47Peut-être qu'il a simplement une OQTF parce qu'il n'a pas eu de rendez-vous à la
15:51préfecture dans le délai, etc.
15:53Mais il y a plein de raisons pour lesquelles on peut avoir une OQTF.
15:56Il vous répond, attendez Aurélien.
15:57Vous pouvez avoir la position intellectuelle que vous avez, on peut la respecter.
16:00Non, ce n'est pas qu'une position intellectuelle.
16:03Écoutez-vous.
16:03C'est très respectable, une position intellectuelle, même si je ne la partage pas.
16:07D'abord, il faut dire deux choses.
16:08Le maire a une double mission.
16:10Il a une mission d'officier d'État civil qui, j'ai été maire pendant des années,
16:14nous contraint à pratiquer un certain nombre d'actes par délégation d'une mission de l'État,
16:18organiser les élections, etc., etc., et notamment célébrer au mariage.
16:22Il y a des exceptions dans lesquelles un maire peut, par sécurité, considérer qu'il y a un doute.
16:27Il fait un signalement parquet.
16:28Je vais jusqu'au bout, considérer qu'il y a un doute, et Robert Ménard a raison de le considérer.
16:33Mais le maire est aussi un élu de la République, et Robert Ménard est aussi une personnalité politique.
16:37Et je redis que sa position est très courageuse, parce qu'à la fin de tout cela, c'est lui
16:42qui assumera la décision, y compris judiciaire.
16:44Si les magistrats décident de le sanctionner, il assumera lui-même sur ses épaules cette décision.
16:50Et vous pouvez ne pas être d'accord avec lui.
16:51On ne peut pas retirer une forme de courage à sa décision.
16:57Ensuite, c'est-à-dire que vous posiez la bonne question.
16:59Parce qu'en fait, l'événement nous déporte du vrai sujet.
17:04Autour de 130 000 obligations de quitter le territoire français chaque année délivrés.
17:08Au mieux, on arrive à appliquer 10%.
17:11Au mieux, la plupart du temps, c'est 7%.
17:15On n'a pas de statistiques.
17:17On reconnaissait que c'est rien par rapport à la promesse d'Emmanuel Macron.
17:23Laissez-moi aller jusqu'au bout.
17:24La règle voudrait qu'on puisse en appliquer bien plus que ne serait-ce que 20%.
17:28Mais en tous les cas, c'est plutôt 7 ou 10%.
17:30Ce que font les Allemands.
17:31Bien sûr, ce que font très bien d'autres pays.
17:33Il y a là un sujet fondamental, double.
17:35D'abord, un sujet de sécurité nationale.
17:38Parce que plusieurs individus qui sont sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français
17:42ont aussi fait l'objet de condamnations.
17:44Je n'ai pas besoin de vous faire le détail.
17:46De situations dramatiques qui ont dû vous marquer, vous, comme moi et comme nous tous.
17:51dans lesquelles il y avait des situations d'obligation de quitter le territoire français
17:54après des condamnations.
17:56Et c'est donc un principe de sûreté nationale.
17:58Et puis il y a un second principe.
18:00C'est celui de l'application de la loi.
18:01Une grande nation, et je le dis à mon pays,
18:04et je le dis à tous ceux qui successivement ont été ministres de l'Intérieur.
18:06Comme Bruno Retailleau.
18:08Comme Bruno Retailleau.
18:09J'essaie d'être juste avec tout le monde.
18:11Lorsqu'on est un grand pays comme la France,
18:13que l'on est un foutu d'appliquer une décision aussi importante
18:17que l'obligation de quitter le territoire français,
18:19ou seulement à hauteur de 7 à 10%,
18:21c'est qu'on est une nation en faillite.
18:24Et c'est ça le cœur du sujet.
18:26C'est ça le cœur du sujet politique.
18:28Et d'ailleurs, si on va au fond des choses,
18:30la question ce n'est pas qu'une question opérationnelle.
18:32C'est aussi une question très difficile parce qu'elle n'est pas éclatante.
18:36C'est une question diplomatique.
18:38Un des pays avec lequel nous avons le plus de mal à faire les exclusions,
18:43c'est l'Algérie.
18:44Et la règle, elle est d'avancer sur ce sujet.
18:48On marche sur la tête.
18:50Madame, vraiment, ça peut paraître facile.
18:53Et vraiment, c'est une position presque naturelle, instinctive.
18:56Je trouve qu'on marche sur la tête.
18:57Je vous assure que ceux qui vous regardent,
18:59je suis presque certaine,
19:00mais en majorité, ils se disent
19:02mais ce n'est pas possible.
19:03Ça aurait été un maire de gauche, de droite,
19:04d'extrême gauche, d'extrême droite,
19:05peu importe si ce n'est pas possible.
19:08Vous avez quelqu'un qui ne...
19:10Et alors ?
19:10C'est tout, il se trouve que c'est lui.
19:12Maire d'hiver de droite.
19:13Mais qu'est-ce qui n'est pas possible ?
19:14Certains sont plus courageux que toi.
19:14Comment vous expliquez ?
19:16Et c'est vrai que pour certains OQTF,
19:18il y a une question de sûreté nationale.
19:19Donc, ce n'est pas un enjeu...
19:20On explique qu'elles sont mal appliquées, les OQTF.
19:22Non, non, mais comment vous expliquez
19:24que vous arrivez devant une mairie pour un mariage ?
19:27C'est quand même un acte, évidemment, d'engagement.
19:29Elle vous a expliqué, ce n'est pas très compliqué.
19:30Oui, mais moi, je dis...
19:32Il y a une loi qui dit qu'on a le droit de se marier.
19:36Même si on n'est pas en règle...
19:39Vous êtes un homme de bon sens, quand même.
19:42Mais ce n'est pas du bon sens.
19:43Non, mais ça, c'est le respect de l'état de droit.
19:44Excusez-moi.
19:48Excusez-moi de vous couper comme ça,
19:49mais c'est pour pouvoir terminer.
19:50C'est ma faute.
19:52Ce n'est pas du bon sens.
19:53C'est un principe.
19:54On peut trouver que le principe est excessivement généreux,
19:57humaniste, ou tout ce qu'on veut.
19:58Très bien.
19:59Mais c'est un principe global.
20:00On a le droit de se marier,
20:01même quand on est nés dans certaines situations.
20:03Mais là où vous avez raison,
20:05c'est que la question des OQTF se pose
20:08de manière souvent brûlante.
20:10Parce qu'effectivement, une loi qui est appliquée
20:12une fois sur dix ou deux fois sur dix au maximum,
20:15c'est une loi qui...
20:16C'est mauvais pour la République.
20:18Ça veut dire que les lois ne s'appliquent pas dans ce cas-là.
20:20Moi, je suis favorable à ce qu'elle s'applique.
20:22Je vous retourne une question.
20:23Attendez, je t'ai mis, je t'ai mis.
20:24Je suis favorable à ce qu'elle s'applique.
20:26Oui, c'est compris.
20:26Mais il faut comprendre aussi pourquoi ce n'est pas forcément...
20:29J'entends.
20:30Je peux vous poser une question ?
20:31Qu'elle ne s'applique pas.
20:32Pardon, vous allez penser que c'est un scénario de science-fiction.
20:35Non, ce n'est pas seulement à cause de la bien-pensance
20:37ou de la gauche qu'elle ne s'applique pas.
20:38C'est parce que c'est très difficile.
20:39Enlevons les œillères de gauche et de droite.
20:41Essayons de comprendre...
20:41Mais sous la droite, il n'y avait pas plus d'OQTF,
20:43mais sous la gauche.
20:44Mais nous sommes sous la droite.
20:45Attendez, un scénario.
20:46Je ne parle pas de cette personne en particulier,
20:48mais certains OQTF, vous êtes d'accord,
20:51peuvent constituer une véritable menace.
20:54Oui, mais certains, quand même, oui.
20:56On a eu des cas très...
20:57Est-ce que je peux vous répondre...
20:58Enfin, quand même, c'est un sujet qui est quand même brûlant,
21:01comme le dit M. Pradié.
21:02Est-ce que je peux vous répondre, justement, sur ce point ?
21:03Le débat qui est là, c'est typiquement le débat
21:05qui dégoûte les Français de la politique,
21:08au moins une grande partie d'entre eux.
21:10La droite, la gauche et tout, ce n'est pas le sujet.
21:13C'est que les Français, ils se posent quoi comme question ?
21:15Et la hiérarchie des normes, vous...
21:17Évidemment que la hiérarchie des normes, il faut qu'il y en ait une.
21:20Mais est-ce que les Français ne peuvent pas,
21:22et ne sont pas en droit de se dire,
21:24et Dieu sait si ça, tous les sondages le prouvent,
21:27même s'il faut les prendre avec précaution,
21:29qu'il y a une anomalie qu'on ne comprend pas,
21:32c'est qu'il y a un maire qui se retrouve devant,
21:35qu'il soit de droite, de gauche, d'extrême droite, d'extrême gauche,
21:38peu importe, qui se retrouve devant un tribunal
21:41qui joue, ça, à la limite, bon, ça, tout le monde s'en fout,
21:45mais qui soit devant le tribunal, si je peux terminer,
21:47et pour une raison qui est une raison, effectivement,
21:51qui est grotesque, mais ubuesque,
21:54c'est-à-dire que les OQTF...
21:55– Ubuesque, c'est le mot utilisé par le président.
21:58– Mais oui, les OQTF, les obligations de quitter le territoire
22:00ne sont pas respectées, et Dieu sait si ici,
22:02ça fait l'objet de débats, quand ça vire au drame,
22:06parfois, pas toujours, mais parfois ça vire au drame,
22:09et donc à ce moment-là, on se dit,
22:11mais comment ça se fait que les obligations de quitter le territoire
22:14ne soient pas exécutées ?
22:15– Ce que les Français ne savent pas, c'est quand il y a une obligation
22:17de quitter le territoire, c'est l'intéressé qui doit quitter le territoire,
22:22on ne le prend pas par la main,
22:23et les policiers ne le mettent pas hors des frontières,
22:28c'est pas comme ça que ça se passe, ça c'est une expulsion,
22:31c'est différent.
22:32– Ça arrive dans un cas spécifique,
22:34qui sont les centres de rétention administrative,
22:36dont on parle beaucoup, c'est 2000 places,
22:38on s'entende bien sur l'impuissance de l'État.
22:40– Le reste, sur le volume que vous avez donné,
22:43qui est grosso modo, je termine et je vous donne la parole,
22:45et je vous la laisse,
22:47eh bien, les gens ne comprennent pas,
22:49et par ailleurs, effectivement, qu'on a le droit de se marier.
22:52Mais si en plus, on est dans cette situation-là,
22:54je pense que les Français…
22:55– Je vais aller plus loin, hier à votre place.
22:58– Oui, je le dis au président du tribunal,
23:00ils ont un peu de bon sens.
23:01– Mais, monsieur Tréa, hier à votre place,
23:03il y avait le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
23:05je lui ai posé la question, je lui ai dit,
23:07cet individu qui est sous OQTF, on a appris qu'il s'est marié,
23:10donc il s'est marié en Algérie,
23:12il aurait pu très bien revenir en France.
23:14– Mais il va revenir en France.
23:15– Avec un visa.
23:16– Mais il faut avoir le visa.
23:17– Oui, parfois, ça arrive assez facilement.
23:20C'est plus facilement d'avoir un visa
23:22que d'être sous le coup d'une OQTF quand vous le mettez.
23:24– Mais s'il a le visa, ça veut dire que c'est un peu de mariage.
23:27– Il aurait pu être assis là, dans l'audience à Montpellier,
23:33il aurait pu, il aurait pu.
23:35Vous voyez, c'est ça que je trouve assez incroyable,
23:37il aurait très bien pu.
23:38– Il aurait dû s'en dire dans une autre instance.
23:41– C'est cascate.
23:42– Madame Mabrouk, de deux choses l'une,
23:45soit on décide d'inverser la hiérarchie des valeurs,
23:47soit on décide que la liberté du mariage,
23:50finalement, on s'en fout, ça n'a pas d'importance,
23:53c'est pas une liberté fondamentale qui appartient à tous les êtres humains,
23:56et la liberté fondamentale, en réalité,
23:59c'est la sécurité de renvoyer les gens qui sont sous OQTF.
24:03Mais ça, c'est au législateur, le cas échéant, à le dire,
24:06sous réserve que cela soit conforme à la Constitution,
24:12ce qui me paraît, en l'état actuel,
24:16improbable, vu les décisions qui ont été rendues par le Conseil constitutionnel.
24:20La loi, elle a été amendée en 2006,
24:23le législateur a, comment dire, renforcé,
24:26parce qu'en fait, de quoi il s'agit ?
24:27Il s'agit de renforcer les contrôles vis-à-vis des mariages,
24:31entre guillemets, blancs.
24:32– Oui, oui, mais il devrait renforcer les contrôles aussi
24:33vis-à-vis des OQTF en même temps.
24:35– Alors, écoutez, dans ces cas-là,
24:37il faut demander des comptes au président Macron,
24:40à ses différents gouvernements.
24:41– Mais c'est le rôle de tout citoyen, je pense.
24:43– Il faut, il y a tout simplement un débat parlementaire.
24:45– S'il vous plaît, on va passer à un autre sujet.
24:48Robert Ménard est en train d'écouter les plaidoiries.
24:52Elles peuvent effectivement durer un certain temps,
24:54mais il sera notre micro à la sortie.
24:56Donc, restez avec nous.
24:58– Sous-titrage ST' 501

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