- il y a 3 minutes
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00:00Bonsoir Robert Ménard.
00:01Bonsoir, c'est bien à vous.
00:03Avant d'évoquer avec vous, Robert Ménard, les paroles très fortes, puissantes du pape,
00:10notamment sur la fin de vie, la laïcité, l'école catholique, les racines chrétiennes,
00:14regardons ensemble d'abord quatre images, mais d'abord celle-ci.
00:17Le direct, ce moment très fort, à Lourdes, le pape est pèlerin,
00:22parmi les pèlerins dans ce sanctuaire où les malades, les personnes fragiles
00:27et ceux qui souffrent occupent la première place.
00:30Il a encouragé l'espérance et la foi.
00:32Il a eu d'ailleurs cette phrase très, très, très lourde de sens.
00:35Les malades sont le cœur battant de l'humanité.
00:39Je voudrais à présent vous montrer d'autres images.
00:42L'image à Notre-Dame de Paris, d'abord, où le pape a présidé les vèpres
00:47en cette cathédrale ressuscitée des flammes, une cathédrale qui incarne l'âme
00:51et la continuité de l'histoire et de la civilisation française.
00:54Et puis, il y a eu cette autre image au Stade de France,
00:57où ce fut émouvant, rassembleur devant une foule compacte de jeunes
01:04face à une immense scénographie.
01:06Et puis, il y a eu de la Concorde aux Champs-Elysées jusqu'à l'avenue de la Grande Armée,
01:09une messe géante au cœur de Paris, où il y a eu là des chants sublimes
01:13et une fouille recueillie après l'homélie de Léon.
01:19Durant ces quatre jours, et encore ce soir, Robert Ménard,
01:23tant de monde qui vibre à l'unisson, message de paix et d'amour.
01:26Comment vous avez vécu ces moments vous-même ?
01:28Je trouve qu'on en sort optimiste.
01:32Dieu sait, si j'ose dire, que l'actualité, c'est à te foutre par terre de temps en temps.
01:38– Oui, c'est quelque chose.
01:39– Et oui, et là, tu te dis, quand même, il y a quelque chose qui n'est pas seulement,
01:44qui anime les gens, et ce n'est pas seulement leurs conditions de vie,
01:48et Dieu sait que c'est important, le logement et tout ça,
01:51mais il faut donner du sens aux choses.
01:53– C'est ce qu'ils sont venus recevoir ?
01:54– Bien sûr, moi je suis catholique, vous êtes musulmane.
02:00Je pense qu'on cherche tous de donner du sens à notre vie.
02:04Moi, je suis un catholique, mais culturel,
02:07c'est-à-dire que, je ne suis pas…
02:09Ma femme, elle a une foi du charbonnier qui fait qu'elle n'hésite pas.
02:13Moi, j'aimerais être animé de ça.
02:15Et quand j'ai regardé, j'étais malheureusement pas là,
02:17enfin, j'étais à Béziers, dans ma ville,
02:19je l'écoutais et je me disais,
02:22j'aimerais tellement sortir de là en me disant,
02:26oui, il y a quelque chose qui donne du sens à la vie,
02:29oui, il y a quelque chose après la vie.
02:31Je trouve ça formidable.
02:32– C'est important ce qu'on dit.
02:32– En plus, il a une bonne tête, vous avez vu ?
02:34Non, mais ça joue, il a une bonne tête.
02:36Il a quelque chose dans les yeux qui vous donne confiance.
02:38– Donc, ce n'est pas qu'une parenthèse,
02:39ça pourrait être un tournant,
02:40ça pourrait être plus qu'un événement, un avènement.
02:43– Oui, ça pourrait être l'occasion de se dire,
02:45quand même, on a plus de choses qui nous rassemblent
02:48que de choses qui nous divisent.
02:50Moi, je me fiche de savoir votre religion,
02:53je pense qu'il y a quelque chose de plus fort que ça.
02:56– Je suis d'accord.
02:56– On a envie de partager…
02:59Alors, le mot « valeur », c'est vrai qu'il est un peu galvaudé,
03:01des vertus, des choses qui font que, oui, on respecte les gens,
03:08oui, on fait attention à l'autre, oui, de temps en temps,
03:11de temps en temps, on pourrait s'oublier cinq minutes
03:14dans une société qui vous pousse tout le temps à penser d'abord à vous.
03:18Tout ça, c'est ce qu'il nous dit là.
03:20Il le dit avec ses mots, il le dit en étant le chef des catholiques,
03:25mais je suis persuadé, je suis persuadé, et je veux être persuadé
03:29que c'est entendable, entendu, partagé par des gens
03:34qui n'ont pas cette religion, ce n'est pas une affaire de religion.
03:37– Je ne peux pas parler au nom de beaucoup de monde,
03:41je ne peux parler qu'en mon nom, mais je pense que,
03:43quelles que soient nos religions, nos croyances, notre culture, notre éducation…
03:47– Vous n'allez pas à la messe, mais est-ce que cette messe,
03:48elle ne vous a pas troublé ? Est-ce que de l'entendre dire à cette…
03:51Non, mais attendez, je ne vais pas vous poser…
03:53– Non, non, mais pourquoi ?
03:55– Oui, moi j'ai été touchée aux larmes, je pense que c'est un message universel
03:59qui transcende les croyances et les religions,
04:01et je pense, pour tout vous dire, Robert Ménard, qu'il y a quelque chose qui touche
04:04parce qu'il y a quelque chose de permanent, quelque chose qui demeure.
04:06Dans nos sociétés nihilistes, justement, on trouve ce à quoi se raccrocher.
04:10Moi, vous l'avez dit, je suis de culture et de religion musulmanes,
04:13et je pense que le principal poison, ce n'est pas ni la civilisation
04:16ni la religion de l'autre, mais c'est quand on tourne soi-même le doigt
04:20à sa propre civilisation ou à sa propre culture et religion.
04:23– Et finalement…
04:25– Ça n'engage que moi.
04:26– Non, mais je suis content que vous le disiez,
04:27parce qu'au fond, c'est ça l'enjeu des présidentielles.
04:31On ne va pas parler là des uns et des autres,
04:33mais on a besoin de ça, on a besoin de donner du sens,
04:37de se dire qu'est-ce qu'on partage, vous et moi, en commun ?
04:41Qu'est-ce qui fait que vous et moi, on vit ici
04:43et on peut être en désaccord sans s'insulter ?
04:46Que vous et moi, on peut se dire qu'il y a des choses plus importantes
04:50que la politique ?
04:51Moi, je suis d'une génération d'abrutis complets.
04:54Non, je vous jure.
04:56Moi, j'ai dit toutes les conneries du monde.
04:58J'ai 73 ans.
05:00Je suis d'après mes 68.
05:01Vous savez, on disait, il y avait une parole terrifiante.
05:03Il y avait deux paroles terrifiantes.
05:05La première, tout était politique.
05:07Mais non, tout n'est pas politique.
05:09Mais non, Dieu merci, on peut vivre en famille
05:13sans parler que de politique.
05:15On peut avoir des amis, avoir des vacances sans ça.
05:18Et la deuxième chose, c'était un truc pire que ça.
05:20Et c'est pour ça qu'il est formidable, le pape, dans ce qu'il a dit.
05:23C'était, vous ne vous rappelez pas, vous êtes trop jeune.
05:25C'était, d'où tu parles ?
05:27Mais bien sûr, dis-moi d'où tu parles.
05:29Bien sûr, mais bien sûr.
05:31On ne vous demandait pas, je n'écoutais pas ce que vous alliez dire,
05:35ce que vous aviez dit, je vous demandais, d'où tu parles ?
05:37De quel camp tu parles ?
05:38Mais enfin, attendez, c'est de la folie.
05:40Moi, je me fiche éperdument de savoir si ce pape,
05:44on va le classer à droite ou à gauche.
05:45Oui, mais disons les choses, Robert Mellin,
05:46il y a encore quelques temps, et ça va encore perdurer,
05:49il y avait une forme de...
05:50On se moquait parfois quand on parlait de religion, de tradition.
05:54Là, on a vu des jeunes.
05:55On a vu aussi une église jeune, mais tourner vers les traditions.
05:58Donc ce n'est pas antinomique.
06:01Madame Abrouk, ce pays, il crève d'avoir honte de lui-même,
06:08être fier de l'histoire de ce pays, trouver Notre-Dame de Paris magnifique,
06:14se féliciter de l'État dans lequel on l'a remis,
06:18enfin, attendez, ce n'est pas contre les autres.
06:21Dire ça, ce n'est pas le dire contre des gens qui ne sont pas catholiques.
06:25En plus, aujourd'hui, les catholiques en France, c'est une espèce de minorité.
06:28Honnêtement, ça pèse plus grand-chose et tout ça.
06:30Mais ça pèse peu, mais ça vous nourrit.
06:34Attendez, vous avez lu comme moi des auteurs qui sont catholiques.
06:39Ça vous a formé.
06:41Pourquoi ne pas le dire ?
06:42Encore une fois, ce que j'ai aimé là, c'est que je pense qu'on peut applaudir
06:47à ce qu'a dit le pape sans que, d'une manière ou d'une autre,
06:51s'est montré du doigt d'autres gens.
06:53Moi, je n'ai pas envie de montrer du doigt les autres.
06:54Alors, applaudir à ce qu'a dit le pape,
06:57et le pape a eu des paroles et des propos très puissants au Robert Ménard,
07:00notamment il y a quelques instants, justement, à Lourdes,
07:03lorsqu'il s'est exprimé sur la fin de vie, sur l'euthanasie,
07:07devant des malades, devant des personnes en très grande souffrance.
07:10Il a dit cette phrase, on va l'écouter, et il a été applaudi.
07:12Il a été porté par le public avec des malades, des personnes en souffrance,
07:16des gens qui attendent, pas un miracle, mais finalement l'espoir, évidemment.
07:21Regardons.
07:22Mais aucune loi humaine ne doit vous faire perdre la certitude de votre dignité.
07:30C'est dans l'ombre de cette dignité inaliénable de la personne humaine
07:34que la tentation de donner la mort sous couvert de fausses compassions
07:39doit être fermement rejetée.
07:42Il est impossible de considérer comme normal de donner la mort.
07:49Ce qui est légal n'est pas nécessairement moral.
07:53– Ce qui est légal n'est pas forcément moral.
07:57Il a ajouté, jamais la médecine ne pourra se faire la servante de la mort.
08:01Alors là, disons que sur ce sujet, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose du pape,
08:05mais là, sur un tel sujet, on rappelle qu'on a eu la loi sur la fin de vie
08:10ou l'aide active à mourir.
08:11Comment vous avez appréhendé cette parole ?
08:13– Attendez, d'abord, j'aurais été sidéré, choqué, s'il avait dit le contraire.
08:19– Nous sommes d'accord.
08:19– Non, non, je suis d'accord, oui, oui.
08:21– On est d'accord tous les jours.
08:22– Il ne faut pas être surpris de l'inverse.
08:23– Des éditorialistes qui disent « quand même, il dit ça ».
08:27Heureusement qu'il dit ça.
08:29Heureusement que le pape dit ça.
08:31Heureusement que le pape dit ça.
08:33Ça, c'est la première chose.
08:34La deuxième chose, il le dit face à des gens qui sont dans des états physiques incroyables.
08:41Vous vous rendez compte ?
08:41La force, le courage de dire un truc qui va à l'encontre de ce qu'on dit tout le
08:47temps.
08:47En fond, il dit à ces gens-là « votre souffrance ».
08:50Et c'est un mystère, le bon Dieu et la souffrance.
08:53Comment le bon Dieu supporte la souffrance des autres ?
08:57Il dit, cette souffrance, elle vous redonne l'occasion de dire à vous-même qu'il y a des choses
09:04plus importantes que la vie parce qu'il y a quelque chose après la vie.
09:08Moi, je trouve incroyable qu'il ose dire ça.
09:10Alors, je le dis d'autant plus que moi, j'ai un point de vue sur la fin de vie,
09:17sur l'euthanasie, plus que monsieur.
09:19Je l'ai dit, mais je vous le dis pour ne pas.
09:21Je ne suis pas une caricature.
09:23Moi, j'ai aidé mon frère à mourir.
09:25Qui était atteint de la maladie de Charcot.
09:27Je l'ai aidé.
09:28Et donc, comme catholique, on fait mieux comme attitude.
09:32Et je n'ai jamais regretté de l'avoir fait.
09:34Mais en même temps, cette loi, moi, j'étais absolument contre.
09:38Pas, vous avez compris, je dis ça pour dire, je n'étais pas contre, je ne suis pas de ceux
09:42qui disent que c'est une monstrualité et tout.
09:43Parce que je pense que les lois, ça répond à un problème général et que chaque cas est particulier.
09:50Et qu'on aurait dû faire attention, faire attention.
09:53On ne généralise pas.
09:55On ne généralise pas.
09:56Mais dans ce pays, on adore généraliser.
09:58Puis pardon de ce coup de griffe un peu politique.
10:02Chaque président qui n'est pas foutu de sortir à la France de cette difficulté,
10:07te trouve une loi sociétale pour dire, t'es, j'ai marqué mon quinquennat de cette loi-là.
10:14Je ne crois pas que ce soit une bonne affaire.
10:16Mais quelles sont les raisons, les fondements et les raisons profondes pour lesquelles cette loi vous heurte, vous, Robert Ménard
10:24?
10:24Est-ce que vous estimez, d'abord, que ce n'est pas le serment d'Hippocrate
10:27et que la main qui soigne ne peut pas celle qui donne la mort ?
10:31Est-ce que vous estimez qu'il y a un effacement de la frontière entre le soin et la mort
10:34?
10:34Est-ce que vous estimez qu'il y a une rupture anthropologique, comme le disent certains,
10:38quand on donne la mort ou est-ce que c'est d'un autre ordre ?
10:43D'abord, parce que je pense que les médecins, mais ce n'est pas mon affaire,
10:47et les aides-soignants, pas directement, je ne suis ni l'un ni l'autre,
10:50je pense qu'il y en a, vous avez vu, une majorité qui disait
10:53vous ne pouvez pas nous demander de donner la mort.
10:57Mais pardon de m'immiscer ainsi dans votre domaine réservé et personnel,
11:02vous l'avez bien demandé à un médecin, à quelqu'un.
11:04J'étais heureux, mais il l'a fait.
11:06Les médecins ne disent pas qu'ils ne veulent pas que des médecins le fassent,
11:09ils veulent chacun avoir une espèce de clause de conscience, et je les comprends.
11:15Ensuite, pourquoi je m'y oppose ?
11:22Parce que je pense que, alors c'est peut-être me tromper sur les gens et me tromper sur moi,
11:30je pense que c'est une porte ouverte à des choses terribles.
11:34Je pense que quand tu es une vieille personne, ou pas vieille personne,
11:41quand tes jours sont comptés, tu as juste besoin de paroles, de mots, de gestes, d'attitudes,
11:52qui, comment vous dire, qui soient un secours.
11:56Qui soient un secours.
11:58Il faut secourir les gens.
12:00Les gens, ils vous le disent tous, les gens, moi je connais, je ne fais pas ce métier-là,
12:05mais les gens qui s'occupent de fin de vie, ils vous disent, les gens, ils attendent juste ça.
12:10Alors attendez, je ne ferme pas la porte.
12:11Permettez-vous de dire, vous avez quand même une attitude, une position courageuse.
12:15Voilà quelqu'un qui a accompagné son frère vers l'indicible, et qui est contre cette même loi.
12:22Oui, alors on vous dira, c'est contradictoire.
12:24Non, c'est les incohérences de la vie, c'est les difficultés.
12:29Vous avez des jugements, vous, surtout.
12:31Pas sur une telle question.
12:32Je pense qu'on ne peut pas en avoir aussi clair, aussi net.
12:35Qui a des jugements ? Moi, je n'ai pas des jugements d'une pièce.
12:38D'abord parce qu'on change avec l'âge, avec la vie, avec les enfants, les petits-enfants.
12:43On change sur les choses.
12:45Moi, j'essaye juste en face de vous d'être honnête dans mes réponses.
12:50Je vous dis qu'à la fois, je pense que c'est une nécessité dans un certain nombre de cas,
12:56et quand la souffrance, la maladie de Charcot, c'est une maladie de merde absolue.
13:01Dégénérative, hélas.
13:02En tout cas, à ce moment-là, il y avait moins de réponses encore que maintenant.
13:06Mais en même temps, je pense qu'il ne faut pas en faire.
13:09Il faut faire attention à ce que la société, elle ne transforme pas ça en une arme contre les plus
13:15faibles.
13:17Regardez la Belgique ou le Canada.
13:19Je prends deux exemples parce qu'on a des expériences là, où petit à petit, on l'a étendue à
13:24de plus en plus de gens.
13:26Il faut faire attention.
13:28Donnez la mort.
13:29Enfin, madame, vous avez donné la vie, vous avez des enfants.
13:33Vous allez demain donner la mort.
13:39En tous les cas, le pape l'a dit devant, et je crois que ce sera l'une des images
13:43fortes,
13:43devant tant de gens en souffrance qui l'ont portée, qui l'ont applaudie,
13:47alors qu'eux-mêmes, dans leur chair, vivent cette souffrance et cette déchirure dans l'âme,
13:51et bien plus que cela.
13:52Donc, c'est l'un des moments forts.
13:53Il y a eu d'autres moments, Robert Ménard, autres mots puissants,
13:56comme ceux prononcés à l'Élysée, lorsque le pape insiste.
13:59Alors, les racines chrétiennes, l'école catholique, la laïcité,
14:03démarrons par les racines chrétiennes mises en avant par le pape Léon.
14:08La France, c'est aussi une terre aux riches racines chrétiennes.
14:15Depuis Saint-Irénée et le baptême de Clovis,
14:18l'âme de votre patrie s'est déployée en puissant dans le christianisme,
14:25une génie spirituelle, culturelle, intellectuelle, artistique et missionnaire.
14:31Là encore, vous me direz sans doute que cela est tout à fait conforme
14:35à ce que peut penser un pape, sauf qu'il le dit à l'Élysée, dans la maison commune.
14:40Mais c'est... Attendez, c'est terrible.
14:43C'est-à-dire ?
14:44Attendez, oui, c'est la maison commune, la mairie chez moi,
14:48c'est la maison commune, l'Élysée, c'est la maison commune de ce pays.
14:52Dire ça dans cette maison commune, c'est n'exclure personne de la maison commune.
14:57Moi, je vois, j'imagine, tout un tas de gens de gauche et d'extrême-gauche
15:01qui vont nous faire tout un plat en nous disant la laïcité.
15:04Mais la laïcité, ce n'est pas nier cette évidence-là.
15:08Je vous invite à venir dans la salle du conseil municipal.
15:12Je connais mieux la salle du conseil municipal à Béziers.
15:14Pour voir l'énorme tableau qui est accroché.
15:16Vous voyez, je le connais.
15:18C'est toute l'histoire chrétienne de la ville.
15:21Mais attendez, ça n'enlève rien.
15:23Vous croyez qu'il y a des gens dans mon conseil municipal,
15:26dans ma majorité, qui sont musulmans,
15:28ou d'autres religions, ou qui n'ont pas de religion.
15:30Personne ne se sent exclu de ça, ne devrait se sentir exclu de ça.
15:34On devrait arrêter, arrêter de chaque fois prendre une phrase,
15:40un commentaire, un fait, en l'occurrence,
15:43nier les origines chrétiennes de ce pays.
15:46Attendez, c'est juste nier l'évidence même.
15:48Mais encore une fois, ça ne veut pas dire que les autres fois,
15:52les autres courants spirituels, ils n'ont pas apporté,
15:56ils continuent à apporter des choses.
15:59Moi, j'étais hier, j'étais à la fête des cabanes pour les juifs.
16:04Hier soir, j'étais chez le président de la communauté juive pour faire ça.
16:10Vous savez, ça fête, la traversée, les 40 ans de la traversée du désert,
16:15à la sortie de l'Égypte.
16:17Je ne suis pas juif.
16:18J'étais heureux, heureux d'être là et de participer à ça.
16:23Si on me demande encore une fois la rupture du ramadan,
16:27j'y vais chaque fois avec plaisir.
16:28Vous l'avez souvent dit, c'est vrai.
16:29Mais je le dis, j'y vais avec plaisir.
16:31Et vous n'y voyez pas une entaille du tout dans le contrat de la laïcité ?
16:35Parce que vous êtes quoi ? Vous êtes juste une citoyenne.
16:38Ça n'existe pas.
16:39On n'est pas les citoyens d'une république.
16:42On est les citoyens habillés, oui, habités d'une histoire,
16:47d'une histoire religieuse, culturelle, de rencontres,
16:50de toute cette épaisseur qui fait la vie.
16:52Et moi, j'ai envie de ça.
16:53Et pourquoi cela est aujourd'hui parfois considéré
16:56comme étant du côté des réactionnaires, des conservateurs, des nostalgiques ?
17:00Pourquoi, Robert Ménard, selon vous ?
17:02Je ne sais pas.
17:03Parce que les réactionnaires, les conservateurs dont vous parlez,
17:07ils ne sont même pas foutus de se défendre.
17:10Écoutez, moi, je vais dans les écoles.
17:12Et je me souviens être allé dans une école catholique,
17:16dans le bureau du directeur.
17:19Alors, quand j'étais le maire, il me recevait,
17:20c'était pour parler de ma fille, en l'occurrence, et tout ça.
17:22Mais j'étais le maire, il pensait que la réception devait se faire là.
17:25C'était très gentil et tout.
17:26Je me retourne, j'étais avec ma femme, je regarde.
17:29Il avait remplacé le crucifix par « je suis Charlie ».
17:34Dans une école catholique, tu remplaces le crucifix par « je suis ».
17:39Attendez, je ne veux rien contre « je suis Charlie ».
17:41Mais tu te dis, mais ils sont tombés sur la tête.
17:45Je veux dire, moi, si je mets mes enfants dans une école catholique,
17:48c'est parce que c'est une école catholique.
17:51Pas simplement parce que c'est la meilleure école de la ville.
17:54C'est parce que c'est une école catholique.
17:56Et vous avez toute une partie des gens qui ont nié ça.
17:59Et en plus, personne ne vous demande ça.
18:03Juste un exemple, chez moi toujours,
18:05la communauté la plus, allez, la plus, j'allais dire, rétrograde,
18:10la plus rude de l'Église,
18:15la plus traditionnaliste.
18:17Allez, traditionnaliste.
18:19Elle est, son Église était dans le quartier musulman.
18:22Ils font des processions.
18:23Ils faisaient des processions.
18:25Vous savez, les prêtres sont habillés là, en soutane et tout.
18:28Je vous jure, croyez-moi,
18:30je n'ai pas vu une fois, entendu une fois,
18:34un mot désagréable de tous les musulmans du quartier
18:36quand la cérémonie passait avec le prêtre habillé en prêtre
18:44et le Christ sur la croix.
18:47Pas une fois un commentaire.
18:49Mais nous, on est trop cons.
18:51Au lieu d'écouter ça, d'écouter les gens,
18:54d'écouter ces musulmans-là, d'écouter ces catholiques-là,
18:57voir comment ils peuvent, dans le même quartier,
18:59vivre ensemble sans qu'il y ait deux problèmes.
19:00Vous voulez dire que les Français musulmans
19:02étaient respectueux, évidemment, des autres traditions ?
19:06Ça ne leur reviendrait pas.
19:07Quand elles sont portées, incarnées,
19:09et qu'elles ne sont pas cachées, honteuses ?
19:11Ils le respectent.
19:12Vous croyez que moi, je ne respecte pas
19:14ce qui se passe dans une mosquée ?
19:15Vous savez, quand j'ai des amis musulmans
19:18qui ont été enterrés et qui ne sont pas...
19:21Je suis allé à la mosquée et je respecte ça.
19:24Tout le respect.
19:24Alors oui, il y a des arbres routis
19:26qui ne veulent pas respecter ça.
19:28Mais essayons de mettre...
19:29Peut-être que là, c'est l'occasion de mettre en avant ça.
19:32De dire, non, on n'est pas un peuple divisé en chapelles,
19:35en je ne sais pas quoi, et on se fait la guerre.
19:38Arrêtons deux minutes.
19:39C'est intéressant parce que le pape Léon XIV,
19:42il parle de la juste laïcité.
19:43Généralement, quand on parle de laïcité,
19:45on ne la qualifie pas.
19:46Ce n'est pas la laïcité fermée,
19:47ce n'est pas la laïcité hiver,
19:48ce n'est pas la juste laïcité.
19:50J'aimerais bien voir votre avis.
19:51Écoutons-le sur ce sujet.
19:53La véritable laïcité n'exclut pas la dimension religieuse.
19:59Mais c'est, au contraire,
20:02en tirer parti comme d'une ressource éducative.
20:06C'est précisément la raison pour laquelle
20:09l'école catholique a toute sa place
20:12dans le paysage éducatif d'un pays comme la France.
20:18Alors là, si ce n'est pas une leçon qui est donnée à l'Élysée,
20:21je ne sais pas ce que c'est.
20:22Mais rappelons que la laïcité, Robert Ménard,
20:24si vous êtes d'accord,
20:25c'est la possibilité et le droit même
20:27de croire ou de ne pas croire.
20:28Ce n'est pas une interdiction
20:29et encore moins une exclusion
20:33de tout ce qui est religieux.
20:34Nous sommes d'accord ou pas ?
20:35C'est ce qu'il dit d'ailleurs.
20:36Ce qu'il dit, mais moi je vais même plus loin.
20:39Je pense que la laïcité,
20:41c'est faire en sorte
20:44que chaque religion,
20:45la vôtre, la mienne,
20:47se trouve bien dans ce pays,
20:50puisse éclore dans ce pays,
20:53puisse se développer dans ce pays,
20:55dans la mesure, bien sûr,
20:57où elle respecte les règles de ce pays.
21:00D'accord, mais alors parlons-en.
21:01Côté christianisme, qu'est-ce qu'on a eu ?
21:02Depuis des années,
21:03on a diminué le nombre de prêtres,
21:05des paroisses,
21:06c'était l'Église vide,
21:08c'était le...
21:09Il fallait mettre de côté le christianisme dit identitaire.
21:13Il ne fallait surtout pas voir les traditions,
21:14tout ce qu'on a vu là,
21:15tout ce qu'on a vu ces jours-ci,
21:16il ne fallait pas trop le voir.
21:17Comment vous expliquez alors ce retour
21:19et cette forme, oui,
21:21d'exaltation, de ferveur
21:22autour de tout ce qui a été mis de côté
21:23et caché depuis des années ?
21:25Parce que chacun en a besoin.
21:27Parce qu'on ne peut pas vivre sans ça.
21:28Comment vous donnez du sens à votre vie ?
21:30Vous faites un métier,
21:32j'en fais un.
21:33Honnêtement, ça ne suffit pas quand vous aurez mon âge,
21:37il y a donc bien longtemps.
21:39Vous vous direz quand même,
21:40il y a des choses,
21:41qu'est-ce qu'il y a après ?
21:42Qu'est-ce qu'il fait ?
21:43Ce que vous dites me rappelle une phrase d'un poète formidable,
21:46Paul Valéry,
21:47qui disait
21:47« Que serions-nous sans le secours de ce qui n'existe pas ? »
21:50qui nous dépasse ?
21:51Que serions-nous ?
21:51Attendez, moi je me demande ça tout le temps.
21:54Je rêverais de croire sans l'ombre d'un doute.
21:59Et je crois qu'aujourd'hui,
22:00moi je vais à la messe,
22:01pas assez,
22:03me reproche mon curé,
22:06que je salue.
22:07Il a raison.
22:08Et je vois à quel point ça a changé.
22:11Il y avait, en gros,
22:12tu avais des vieilles dames permanentées,
22:15parce que leurs maris sont morts
22:17et que les femmes vivent plus longtemps que les hommes,
22:19et elles étaient une poignée.
22:21Aujourd'hui, vous avez...
22:22Aujourd'hui, c'est des jeunes,
22:23une église jeune,
22:25mais tournée vers la tradition.
22:26Voilà.
22:27Mais attendez,
22:28qui sait d'où elle vient,
22:30mais qui ne sont pas des réacs.
22:31Ils ne sont pas des réacs.
22:33Il y en a sûrement des réacs au sens
22:35qu'ils ne rêvent pas de revenir avant.
22:39En plus, je les comprends.
22:40Honnêtement,
22:41tu as envie de revenir avant mai 68 ?
22:44Mais enfin, il faut être fou furieux.
22:45D'avoir un ou deux arguments
22:47qui ont envie de revenir.
22:48Mais oui, il y en a plein.
22:49Il y en a toujours.
22:50Moi, je connais des gens qui se disent...
22:51Vous êtes une femme, madame.
22:53C'est vraiment l'achèvement
22:53de la société post-68-art pour vous ?
22:56Je pense qu'il faut tordre le cou
22:58aux garçons comme moi
22:59qui ont toute leur vie amené...
23:02été en contresens de ce qu'il fallait dire.
23:05C'est vrai, je vous le jure.
23:06Je le pense récemment.
23:07Attendez.
23:09Remettons l'église au milieu du village.
23:10C'est-à-dire que tout ce qui a été...
23:12Quelle est cette France, en réalité,
23:13qui est venue ?
23:14C'est quelle France ?
23:15Est-ce que c'est la France du Puy-du-Fou ?
23:17Est-ce que c'est la France
23:18qui s'est précipitée
23:19pour aller voir les films de De Gaulle ?
23:21Est-ce que c'est la France qui dit
23:22je respecte toutes les religions
23:24mais je veux qu'il y ait
23:24une forme de christianisme ?
23:26D'ailleurs, vous-même,
23:27vous l'appliquez, M. le maire,
23:28dans la Feria.
23:29Il y a une messe au début de la Feria.
23:31Il y a une messe au début.
23:31Et vous-même,
23:32vous participez à la procession.
23:33Mais bien sûr.
23:34Mais ça ne choque personne.
23:36Attendez, ça choque.
23:37Moi, je n'ai jamais eu un courrier
23:39de quelqu'un musulman
23:40qui vient me dire quand même
23:42M. le maire,
23:43ce n'est pas votre place.
23:47Personne ne me demande ça.
23:48Personne ne vient protester
23:50parce qu'il y a une crèche
23:51à l'hôtel de ville.
23:53Personne.
23:53Elles ne viennent pas protester
23:55mais vous allez avoir
23:55votre lot de contentieux judiciaires
23:58comme d'habitude
23:59pour la crèche
24:00C'est toujours la même bande
24:01de laïcards.
24:03Mais ils ne représentent rien, madame.
24:05Ils ne représentent rien.
24:07Il faut faire un...
24:08Je ne sais pas,
24:09passer à autre chose là-dessus.
24:11Passer à autre chose.
24:12Mais alors,
24:13écoutons de nouveau
24:14ce qu'il dit sur la laïcité.
24:15Là, on va aller plus loin
24:16sur les signes religieux
24:17dans l'espace public.
24:19Une juste laïcité
24:21ne consiste donc pas
24:24à exclure la religion
24:26de l'espace public
24:27ou de l'éducation
24:29mais à travailler
24:31pour que l'État
24:33et les institutions religieuses
24:35dialoguent ensemble
24:36et unissent leurs forces
24:39au service du bien commun.
24:42Si la laïcité
24:43ne consiste pas
24:44à exclure les signes religieux
24:45dans l'espace public
24:46cela vaut évidemment
24:46pour toutes les religions
24:47et donc là
24:48est-ce que ce n'est pas
24:49une prise de position
24:50aussi par rapport
24:51à l'interdiction ?
24:52Ce que serait l'interdiction
24:53du voile
24:54dans l'espace public ?
24:55Vous ne l'avez pas vu ainsi ?
24:57Vous pensez que c'est ça ?
24:58Je ne sais pas.
24:58On parle d'un pape
24:59qui pèse chacun de ses mots.
25:01Oui, peut-être.
25:02Il voit tout.
25:02Il le dit
25:03au sein de la visée.
25:04Ma position
25:05c'est qu'il ne faut pas
25:06l'interdire dans l'espace public.
25:08Le voile.
25:10Je ne suis pas sûr
25:10qu'on ait exactement
25:11les mêmes points de vue
25:12là-dessus.
25:13Pardon de vous poser
25:14cette question-là.
25:16Moi je pense
25:17que c'est une mauvaise idée.
25:18Je n'ai jamais pris position
25:19sur ce sujet
25:20mais je connais la vôtre.
25:21Non, non, mais je pense
25:22que c'est une mauvaise idée.
25:23Je pense d'abord
25:24parce que les femmes
25:25qui portent le voile
25:26le portent
25:27pour des raisons
25:27très différentes
25:29parce qu'elles ne sont pas
25:30toutes des défenseurs
25:32de l'islamisme fou furieux
25:35parce qu'il y en a
25:35qui le pensent
25:36qui le portent
25:37par des choix religieux
25:38par une pudeur
25:40que je peux.
25:41Mais là quand même
25:41Robert Ménin
25:42il appelle à
25:43une forme de coexistence
25:45avec tous les signes religieux
25:46dans notre société.
25:47Attendez, vous voulez...
25:48Aucun responsable politique
25:50ne peut dire ça
25:51aujourd'hui.
25:51Aucun.
25:52Attendez, mais moi
25:52je l'ai dit...
25:53Tenez, je vous disais
25:54que j'étais avec la communauté
25:55les représentants
25:56de la communauté juive
25:57pour leur fête
25:58hier soir
25:59et je leur disais
26:00ils parlaient
26:01du foulard
26:02et je leur disais
26:03on va interdire la kippa.
26:05On va interdire la kippa.
26:07Moi je...
26:08Attendez, moi je suis bourré
26:09de contradictions
26:09je vous le dis tout.
26:11Donc je...
26:11En même temps
26:12j'aide par exemple
26:14à sauvegarder
26:16les calvaires.
26:17Vous savez les calvaires.
26:18Je trouve que c'est tellement beau
26:20un calvaire.
26:21Vous voulez quoi
26:21qu'on les laisse
26:23disparaître
26:23les calvaires ?
26:25Et c'est vrai que
26:26que...
26:27Oui c'est compliqué
26:29par rapport à la conception
26:30que certains
26:31ont de la laïcité.
26:32Je ne sais pas ça.
26:33Je me dépatouille
26:35au milieu de tout ça.
26:36Mais on va continuer
26:37à interroger
26:38cette nouvelle église.
26:39Moi je me demande
26:39si ce n'est pas la fin
26:40de l'ère de l'église conciliaire.
26:42Et là on va vers
26:43une autre église
26:44portée par davantage de jeunes.
26:46Et ce qui peut paraître
26:47paradoxal
26:47mais qui ne l'est pas
26:48c'est que c'est tourné
26:49vers les traditions
26:50et pas forcément
26:50des traditions
26:51qui sont
26:53d'un arrière...
26:54Je ne sais pas
26:55mais d'un temps arriéré.
26:57Au contraire.
26:57Et on va insister
26:58sur cette jeunesse.
26:59Mais on reste quand même
27:01sur le pape
27:02et les mots forts du pape.
27:03Il y a quand même
27:03un absent dans toutes ces messes.
27:05Un absent et quel symbole
27:06Robert Ménard ?
27:07C'est Emmanuel Macron.
27:08Il n'a assisté
27:08à aucune messe.
27:10Et ce soir j'ai envie
27:10de vous poser
27:11la question suivante.
27:12Il y a deux Emmanuel Macron.
27:14Il y a un...
27:15Ou peut-être plus.
27:16Un Emmanuel Macron
27:17du discours...
27:17Vous vous souvenez
27:18du collège des Bernardins ?
27:19C'était en 2018.
27:21Discours au cours duquel
27:22il avait marqué
27:22peu de gens s'en souviennent
27:23la volonté
27:24de réparer le lien
27:25entre l'église et l'État.
27:26Vous voulez qu'on le réécoute ?
27:27Allons-y.
27:28Allons-y.
27:29Monseigneur,
27:30nous avons sans doute
27:31vous et moi
27:32bravé les sceptiques
27:34de chaque bord.
27:37Et si nous l'avons fait,
27:39c'est sans doute
27:40que nous partageons
27:41confusément
27:42le sentiment
27:43que le lien
27:44entre l'église
27:45et l'État
27:45s'est abîmé
27:46et qu'il nous importe
27:47à vous comme à moi
27:48de le réparer.
27:51Pour cela,
27:52il n'est pas d'autre moyen
27:53qu'un dialogue
27:54en vérité.
27:56À l'époque,
27:57beaucoup lui ont reproché
27:58d'avoir porté atteinte
27:59à la laïcité
28:00par cette seule phrase.
28:01Nous partageons
28:02confusément
28:02le sentiment
28:03que le lien
28:04entre l'église
28:04et l'État
28:05s'est abîmé
28:05et qu'il nous faute
28:06et qu'il nous importe
28:08à vous comme à moi
28:09de le réparer.
28:09Et puis,
28:10il y a eu l'autre
28:11Emmanuel Macron,
28:11Robert Ménard,
28:12celui qui était allé
28:14en 2023.
28:16À Marseille.
28:16Le Grand Orient surtout.
28:18De France.
28:18Et qui a tenu
28:20un discours tout autre.
28:21Alors,
28:21quel est le vrai président ?
28:23C'est ça.
28:24C'est-à-dire ?
28:25C'est ça,
28:25le vrai président.
28:26Il change d'avis
28:27comme de chemise.
28:27Ce n'est pas le même discours
28:28au Bernardin
28:29qu'au Grand Orient de France.
28:31C'est le même.
28:32Sur des choses
28:33aussi fondamentales ?
28:34Mais attendez,
28:35vous voulez que je vous cite
28:36d'autres exemples ?
28:37Il est quand même
28:39un acteur
28:39qui est capable
28:41de s'habiller
28:43différemment
28:44suivant la personne
28:45qui est en face de lui.
28:46Il dit exactement
28:47une chose
28:47et son contraire.
28:49Il dit une chose.
28:49Mais il l'a fait.
28:50Moi, je comprends
28:51qu'on lui ait trouvé
28:52du charme il y a 10 ans.
28:54Aujourd'hui,
28:54tu ne peux plus
28:55l'imaginer.
28:56Moi, je l'ai vu
28:57sur des jeux
28:58des combats
28:59qui sont les miens
29:00et tout ça.
29:00Je l'ai vu dire
29:01au fur et à mesure
29:02absolument des choses
29:03totalement contradictoires.
29:04Vous menez
29:05une fois de plus
29:06de le montrer.
29:08Qu'est-ce qui explique
29:09qu'il ne soit pas
29:10à une messe ?
29:11Alors, il y a
29:12toute la classe politique
29:13pour se différencier.
29:15Ce n'était pas sa place
29:15d'être là.
29:17Ce n'était pas sa place
29:17de recevoir.
29:18C'est vrai qu'on reçoit
29:19à Paris un pape
29:20tous les 15 jours.
29:21C'est une position de principe.
29:22Pourquoi n'a-t-il assisté
29:23à aucune dédresse ?
29:24Ça ne peut pas être
29:25seulement par agacement
29:26ou parce qu'il...
29:27Je pense qu'il y a de ça.
29:28Il y a de ça ?
29:29Il n'y a pas ça.
29:31Non, mais je pense
29:32qu'il est versatile.
29:34Pardon, il est versatile.
29:36Il change, encore une fois,
29:37pardon de répéter
29:38ça vous fait bondir,
29:40il change d'avis
29:41comme de chemise.
29:42Sur un tel sujet.
29:43Mais sur tous les sujets,
29:44madame.
29:45Sur tous les sujets.
29:46Je veux dire,
29:47vous arrivez, vous,
29:48à comprendre
29:48sur ces questions-là
29:49ce qu'il faut.
29:49C'est pour ça
29:50que je vous ai soumis
29:50la question.
29:51Sur la fin de vie.
29:52Vous vous rappelez
29:53ses prudences
29:54il y a encore quelques années ?
29:56Et là, il a voulu
29:56absolument accélérer
29:58les choses
29:58pour que ce soit voté.
29:59Moi, je ne comprends pas.
30:01Je ne comprends pas ce garçon.
30:03Je pense qu'il se discrédite
30:05chaque fois.
30:06Et honnêtement,
30:07là, sa place,
30:08elle était là.
30:09La place, elle est avec
30:10ces 800 000
30:11ou 1 million de personnes
30:12qui sont là.
30:13Et encore une fois,
30:14dire ça,
30:14ce n'est pas dire
30:15je suis contre les musulmans,
30:16les juifs ou les bouddhistes.
30:18Ça n'a strictement
30:19rien à voir.
30:20Il est insaisissable.
30:22Dieu merci,
30:23ça va s'arrêter.
30:23Là, honnêtement.
30:24Dieu merci,
30:25dites-vous.
30:26Regardez ces images en direct,
30:28Robert Ménard,
30:29à Lourdes.
30:30Tout à l'heure,
30:30on suivra la prière du rosaire
30:32et la procession
30:33aux flambeaux
30:34sur l'esplanade du sanctuaire
30:35Notre-Dame de Lourdes.
30:36Procession tout en silence.
30:38Ça va être incroyable
30:38de voir tous ces flambeaux
30:40et cette foule recueillie.
30:42On a compris
30:43que la principale nourriture
30:44qu'ils sont venus chercher,
30:45c'est la nourriture de l'âme,
30:46c'est la nourriture spirituelle.
30:48Et c'est vrai,
30:48ce qui a beaucoup frappé
30:49durant ces quatre jours,
30:51ces trois jours,
30:51c'est la jeunesse.
30:52On n'en a pas encore parlé
30:54et c'est le stade de France.
30:55Tout à l'heure,
30:56à partir de 20h,
30:57nous serons avec Henri Danselme.
30:59Henri Danselme,
31:00c'est un formidable,
31:00soyez là,
31:01c'est un formidable pèlerin,
31:02c'est un influenceur
31:03de notre patrimoine religieux.
31:05C'est aussi celui
31:05qui avait arrêté
31:07et qui s'était opposé
31:08aux terroristes,
31:09aux couteaux
31:09qui s'en étaient pris
31:11à des enfants
31:11dans un parc à Annecy.
31:13Et ce garçon est formidable,
31:14il va nous parler aussi
31:15de la manière
31:16dont il a vécu tout cela.
31:17Et nous serons avec
31:18Jean-Marie Roir,
31:20académicien,
31:20qui a dit
31:21de la cérémonie
31:23au stade de France
31:24que c'était plus un show
31:26que ce qui devait avoir lieu
31:28à ce moment-là.
31:29Il a vu ça comme un show,
31:30il n'a pas vu l'histoire
31:31de la chrétiendé,
31:33du catholicisme,
31:33il n'a pas vu
31:34les grands auteurs
31:36chrétiens cités.
31:38Ça me tue.
31:39C'est les mêmes,
31:40tu vois.
31:41Il peut aussi dire
31:42que le Puy du Fou,
31:43ce n'est pas à 100% exact
31:46dans l'histoire.
31:46Et oui,
31:47et alors ?
31:48Vous savez de quoi
31:49on a besoin ?
31:49On a besoin
31:50d'une histoire
31:51pas inventée,
31:53pas recomposée,
31:54mais qui te donne
31:55de l'envie,
31:56qui te donne la force.
31:57Moi,
31:58quand j'ai regardé
31:59la messe à la télévision,
32:00vous avez vu
32:01les visages
32:02de ces gamins,
32:03de ces gamines,
32:04ils ne vous ont pas fait envie.
32:05Tu te dis,
32:06ils sont beaux au sens,
32:08ils sont rayonnants.
32:09Ils sont rayonnants.
32:10et tu n'as pas envie
32:12de ne pas savoir
32:15t'adresser à eux.
32:16Et quand on présente
32:18l'histoire
32:18en oubliant,
32:20oui,
32:20sûrement,
32:21les grands auteurs catholiques,
32:24mais on a envie
32:24de leur parler
32:25avec leur mode
32:26de fonctionnement,
32:27leur façon d'adhérer
32:28à quelque chose et tout.
32:30Ils sont rabat-joie.
32:31Tu as toute une partie
32:33de la droite,
32:34une partie des cathos
32:36qui sont des rabat-joie
32:37tout le temps.
32:38Moi, ils me gonflent.
32:39Et vous,
32:40vous le dites avec vos mots,
32:42vous avez profité
32:42de chacun de ces mots.
32:44On va accueillir
32:45nos éditorialistes
32:46Anne-Soura Dubois
32:47et Bruno Jeudy.
32:48On va continuer
32:49à questionner
32:50et à interroger
32:51cette visite du pape
32:52en regardant
32:53ces images en direct.
32:54C'est vrai que
32:55l'une des images fortes,
32:56mais ce n'est pas la seule,
32:57et l'un des propos forts,
32:59ce sera celui
32:59qui a été prononcé
33:00devant toutes ces,
33:02en grande partie,
33:03ces personnes malades
33:04et souffrantes
33:04où le pape
33:05a dit cette phrase
33:07sur la faute.
33:08la fin de vie
33:09et quand même
33:09cette phrase positive,
33:11moi, que je retiens,
33:11les malades
33:12sont le cœur battant
33:13de l'humanité.
33:14Bonsoir Anne-Soura Dubois
33:15et Bruno Jeudy.
33:17Merci d'être là.
33:18Nous regardons
33:19ces images en direct
33:20et c'est vrai,
33:21ce moment de recueillement
33:22tout à l'heure,
33:23à partir de 21h,
33:25et Jeanne Daudet
33:26et Léopold Hautebert
33:26qui sont sur place
33:27nous feront vivre
33:28ce moment,
33:28mais dans un silence absolu.
33:30C'est ça aussi
33:31une procession.
33:32ça vous a pas sauté
33:33aux oreilles ?
33:34Le silence,
33:36t'as 800 000 personnes.
33:37À Paris hier,
33:38oui,
33:39mais en même temps,
33:39c'était un peu une messe,
33:41donc on voit difficilement
33:42quand même
33:42une autre ambiance
33:44qu'une ambiance recueillie
33:46dans une messe.
33:46Non, non, mais oui,
33:47mais je trouve que comme ça,
33:50avoir à un moment donné
33:51du silence
33:52dans une société
33:53où il y a toujours...
33:54Moi, je suis sidéré,
33:56saturé de bruit
33:57et que ce soit dans une rue
33:58avec des...
33:59Il y avait plein de gosses
34:00et tout ça.
34:01Je trouve ça...
34:02C'est un petit peu logique,
34:04Robert.
34:04Par contre,
34:04il y avait beaucoup moins
34:05de silence dans le stade
34:06de France
34:07ou le stade de Vélodrome
34:08lorsque François était venu
34:09faire sa messe.
34:10Je reste à penser
34:11que les Champs-Elysées
34:15plongaient dans un silence
34:16comme ça.
34:17On le doit au pape
34:18et rien que pour ça,
34:19je le remercie.
34:20Je pense qu'aujourd'hui,
34:21je ne vois pas
34:22qui serait capable
34:23de rassembler
34:24800 000 personnes
34:24sur les Champs-Elysées
34:25et vous savez
34:26que c'est arrivé rarement.
34:27Ça arrive quand ?
34:28Ça arrive pour célébrer
34:29les victoires de football,
34:31ça arrive en 68
34:31pour la manifestation
34:34pour soutenir
34:34le général de Gaulle
34:35et sinon,
34:35il faut remonter
34:36à la libération de Paris.
34:37Donc, ça reste
34:38de toute façon historique.
34:39C'est historique
34:40et c'est encore plus fabuleux
34:42parce que ce n'est pas
34:43le discours qu'il a
34:44ou la messe
34:45ou l'homélie
34:46et l'homélie.
34:46L'homélie,
34:47c'est exigeant.
34:49Vous avez compris ?
34:49Ce n'est pas des facilités.
34:51Il ne dit pas
34:52aux catholiques
34:53« Bravo,
34:54vous êtes géniaux »
34:55et tout ça.
34:55Il leur dit
34:56« Il faut faire des efforts.
34:57Il faut que tous les jours,
34:58vous allez porter
34:59la bonne parole plus loin.
35:02Il faut que vous soyez
35:02exigeant avec vous-même.
35:04Ce n'est pas un discours…
35:04C'est un discours
35:05sur la générosité,
35:06le partage de la richesse
35:07et des messages.
35:08Mais ce n'est pas rien
35:09que quelqu'un
35:10réunisse autant de monde
35:12pour un discours
35:13qui est autant
35:14au contraire
35:15du nihilisme,
35:17du consumérisme
35:18qui est notre société.
35:19Il n'est pas tombé
35:20avec les excès
35:21du capitalisme.
35:21Il y a un mot
35:22que vous oubliez,
35:23Robert Ménard.
35:24C'est le mot de paix.
35:25C'est-à-dire que
35:25dans un monde de guerre
35:27et de guerre
35:28qui nous menace,
35:28c'est quasiment le seul…
35:30C'est aussi le métier
35:30des papes.
35:31Oui,
35:31mais c'est son métier
35:33de parler de laïcité,
35:34c'est son métier
35:34de parler de fin de vie.
35:35Je trouve qu'il l'est fait
35:36à l'Élysée
35:37devant Emmanuel Macron.
35:38C'est peut-être aussi
35:38un message
35:39qui a été envoyé.
35:40Ah oui,
35:40attendez,
35:41là encore,
35:42on est tous d'accord.
35:43Que le pape
35:44ne dise pas ça,
35:46mais je serai sidéré.
35:47Par exemple,
35:48là-dessus,
35:48moi,
35:48j'aurais plus,
35:49je me dirais,
35:50on est pour un monde
35:51en paix,
35:52honnêtement,
35:52à ce devier de…
35:52Il allait plus loin.
35:53Il a dit que la France
35:54devait être une sorte
35:55de puissance d'équilibre.
35:56Oui,
35:56mais je trouve
35:57qu'il va moins loin,
35:58je trouve qu'il va quand même
35:59moins loin sur ce terrain-là
36:00et notamment sur le terrain
36:01de l'Ukraine et de la Russie.
36:03Il va moins loin
36:03que son prédécesseur François
36:05qui lui était allé
36:06beaucoup plus loin
36:08envisageant quand même
36:09des discussions
36:10beaucoup plus proches
36:11avec Moscou.
36:12Lui,
36:13Léon XIV,
36:14semble quand même
36:15plus prudent.
36:17Maintenant,
36:17il faut attendre sans doute
36:18son discours de Metz
36:18puisqu'il va faire un discours
36:20sur la paix demain
36:21en présence des 27
36:24chez l'État
36:24et chez le gouvernement.
36:27On nous dit chaque jour
36:28que la menace
36:28est de plus en plus prégnante
36:29et même qu'elle est
36:30à nos portes,
36:30à nos frontières,
36:32quasiment sur le seuil
36:33de notre porte.
36:35Ce message-là,
36:36envoyé par le pape,
36:36il n'est pas anodin.
36:37Ce n'est pas juste le pape
36:38qui parle de paix,
36:39de fin de vie, etc.
36:40On voit bien
36:41qu'il a un message
36:42bien au-delà.
36:43Oui, mais après tout ce
36:44que je viens de dire,
36:44vous avez compris,
36:45peut-être pas très critique
36:47par rapport à lui.
36:48Sur la paix,
36:49moi, je pense
36:50qu'on ne mesure pas,
36:51on ne mesure pas
36:53les risques de guerre,
36:54pas les risques de guerre,
36:55la guerre qui commence.
36:56On ne mesure pas
36:57la guerre qui commence.
36:58Est-ce que c'est ça aussi ?
36:59Pardon,
36:59dans 10 ans,
37:00vous verrez,
37:01on se retrouvera ici,
37:02vous,
37:03moi,
37:04moins sûrement
37:05à l'âge que j'ai,
37:06à 10 ans...
37:07Dieu vous préserve,
37:08comme on dit.
37:08Voilà, exactement.
37:09Merci, madame.
37:11Dans 10 ans,
37:11on se dira
37:12qu'on a été aveugle
37:14sur ce qui se passait
37:15là,
37:16en 2026.
37:17C'est-à-dire ?
37:18Je pense que le monde
37:19est à la veille
37:21de guerres terribles.
37:22Est-ce que c'est,
37:23selon vous,
37:23une des raisons
37:24qui suscite
37:25le retour du religieux
37:27en France ?
37:28Vous avez dit tout à l'heure
37:28qu'en France,
37:28il y a un catholicisme
37:29un peu honteux.
37:3013 000 catéchumènes
37:31l'année dernière,
37:32c'est x3 en 10 ans.
37:34Plus de 10 000 enfants
37:35qui ont été baptisés
37:35l'année dernière.
37:36C'est une des raisons
37:37qui a présidé
37:37l'avenue du pape.
37:38Il a dit
37:38« Je suis étonné,
37:40intrigué
37:41par le sursaut
37:42de la voie en France. »
37:44Comment vous expliquez
37:45ce retour du religieux
37:46qui ne concerne pas
37:46d'ailleurs que la religion catholique ?
37:47Non, je pense,
37:49encore une fois...
37:49C'est l'état du monde ?
37:50Non, c'est l'état du monde.
37:52Le fait que tu ne peux plus
37:53t'attendre,
37:54tu ne peux plus...
37:56Tu peux avoir le sentiment,
37:58et je ne crois pas
37:58que ce soit un sentiment
38:00réactionnaire,
38:00pour prendre votre mot
38:01de tout à l'heure.
38:01Je pense que tu peux
38:03avoir le sentiment,
38:04mais moi,
38:04j'ai le sentiment des fois,
38:05que le monde,
38:07et je ne dis pas
38:07que le monde d'hier
38:08était forcément mieux,
38:09je l'ai dit tout à l'heure
38:10et tout,
38:11mais qu'il y a quelque chose
38:12qui fout le camp,
38:13que ce qui te rassure,
38:15qui me rassure,
38:16peut-être ça ne vous rassure pas,
38:18c'est un ton de choses
38:19dont tu as besoin,
38:20dont tu te dis
38:21qu'il faut que ça ne bouge pas trop,
38:22que tu aies des repères...
38:23Que ça demeure.
38:24Oui, que ça,
38:25c'est en train
38:25de se casser la figure.
38:27Et je pense
38:28qu'il y a toute une jeunesse
38:29qui a besoin de se retrouver
38:31avec des fondations
38:33un peu sûres.
38:34Pour construire ta vie,
38:35tu l'as construite
38:36sur quelques fondations.
38:37puisque vous aimez
38:38les paradoxes,
38:38parce que vous en avez parlé
38:40tout à l'heure,
38:42sur la loi fin de vie,
38:45la vie hors mariage,
38:46la contraception,
38:47l'avortement...
38:48Est-ce que...
38:50Votre question
38:51et on l'écoute.
38:53Allons-y.
38:55Mais aucune loi humaine
38:57ne doit vous faire perdre
38:59la certitude
39:00de votre dignité.
39:02C'est dans l'ombre
39:03de cette dignité
39:04inaliénable
39:05de la personne humaine
39:06que la tentation
39:08de donner la mort
39:09sous couvert
39:10de fausses compassions
39:11doit être fermement
39:13rejetée.
39:15Il est impossible
39:17de considérer
39:18comme normal
39:19de donner la mort.
39:21Ce qui est légal
39:23n'est pas nécessairement
39:24moral.
39:27Le pape,
39:27il porte un idéal moral.
39:29Il n'y a pas de doute.
39:30Mais est-ce que
39:32la loi telle qu'elle était,
39:33avant le vote
39:34de la loi fin de vie,
39:35elle était raccord
39:37avec la société ?
39:38Est-ce qu'elle était
39:38en phase avec son époque ?
39:39Est-ce qu'il ne fallait
39:40pas une évolution ?
39:41Non, moi je pense
39:42qu'il ne fallait pas la bouger.
39:44Je pense que...
39:45Vous dites que c'est une loi
39:45qui se généralise.
39:46mais les cas qui sont concernés
39:47par la nouvelle loi
39:48sont quand même
39:48tellement restreints.
39:50Il y a un nombre
39:51de principes
39:54qui est très long quand même.
39:55Je suis d'accord avec vous.
39:57Sauf que,
39:58on l'a vu dans d'autres pays,
40:01les barrières...
40:02C'est la boîte de Pondor,
40:02c'est ça.
40:03Mais bien sûr,
40:03ça va sauter.
40:05Vous verrez
40:05que les mêmes
40:06qui se sont battus
40:07pour mourir
40:09dans la dignité,
40:10ils vous expliqueront.
40:11Ils le font en Belgique.
40:13Il y a des mineurs
40:14qui meurent en Belgique.
40:16sur la même chose.
40:17Il y a des gens
40:18qui ne sont pas
40:19en fin de vie.
40:20Mais je retourne
40:20votre argument.
40:21Ils vont en Belgique ?
40:23Ils vont en Belgique ?
40:24C'est une forme d'hypocrisie.
40:26On dit,
40:26on ne le fait pas chez nous,
40:26mais traverser la frontière,
40:28c'est bon.
40:28Je peux vous choquer ?
40:28Je pense qu'il y a des choses
40:42on ne bouscule pas tout.
40:43On ne bouscule pas tout.
40:45Je pense que ce qui était avant
40:47ne répondait pas à tous les cas.
40:48Vous avez raison.
40:50Oui, mais je suis...
40:52J'ai bien écouté ce que vous avez dit
40:55et j'ai vraiment eu le sentiment
40:56que je comprends,
40:59c'est extrêmement compliqué.
41:00On est tous traversés
41:02par des doutes
41:03et c'est logique
41:03quand on parle
41:04de la vie et de la mort.
41:05Mais il y a vraiment
41:06une contradiction
41:06dans ce que vous dites.
41:07C'est-à-dire que vous avez fait ça,
41:09c'est-à-dire aider votre frère
41:10et en même temps
41:11vous vous opposez formellement
41:13à ce texte.
41:13Or, vous savez très très bien
41:15cette loi,
41:15puisque c'est une loi maintenant.
41:16Or, vous savez très très bien
41:17qu'il y a beaucoup de personnes
41:20qui sont atteintes
41:20de cette maladie de Charcot
41:21qui ne trouvent de sens
41:24que d'aller en Suisse
41:25ou en Belgique.
41:27Je me répète,
41:28je pense que la loi aujourd'hui,
41:30elle ouvrira la porte
41:32à des choses
41:33que vous dénoncerez
41:34dans cinq ans.
41:36Dans cinq ans.
41:38Parce que cette loi,
41:39oui madame,
41:39vous avez raison,
41:40elle met des bornes,
41:42des limites et tout,
41:43qui exploseront.
41:45Exploseront.
41:46Et demain,
41:46je vais vous dire quelque chose
41:47de terrible.
41:48Je pense qu'il y a des familles,
41:49je le pense,
41:50je pense qu'il y a des familles
41:51où on se dira,
41:54où on se dira.
41:54Vous dites,
41:55c'est un futur eugénisme.
41:57Je pense qu'il y a des familles
41:59où on se dira,
41:59il y a mille difficultés,
42:01finalement,
42:03même les vieilles personnes
42:04se disent,
42:06regardez,
42:06demandez aux gens
42:07qui s'occupent
42:08de fin de vie,
42:09ils vous disent
42:09le nombre de vieilles personnes
42:11qui disent,
42:11ah mais je suis un fardeau.
42:13Vous vous rendez compte ?
42:14Je suis un fardeau.
42:16Ça, ce n'est pas prévu
42:17par la loi aujourd'hui.
42:19Pas aujourd'hui.
42:20Elle le sera demain.
42:22Je vous mets ma main coupée
42:24qu'elle le fera.
42:24Mais regardez
42:26ce qui se passe au Canada.
42:28Le Canada,
42:28c'est un pays
42:29qui nous ressemble
42:30et tout.
42:31Regardez.
42:32Moi, je suis sidéré
42:33quand des gens vous disent
42:34c'est un fardeau,
42:35il n'en faut pas beaucoup.
42:37Il n'en faudra pas beaucoup.
42:39Vous avez noté
42:39qu'on va se débarrasser
42:40du fardeau.
42:41Le pape dit
42:41sous prétexte
42:42de fausse compassion.
42:44C'est-à-dire que
42:44tous ceux qui ont accompagné
42:46cette loi,
42:47parce qu'on dit
42:48mourir dans la dignité.
42:49D'ailleurs,
42:49qu'est-ce que c'est ?
42:51La dignité.
42:51Ça veut dire que
42:52quand ma mère
42:54ne me reconnaissait plus
42:56et tout,
42:56elle n'était plus digne.
42:58Elle n'avait pas de dignité.
42:59Oui, mais elle ne rentrait pas
43:01dans le cadre de la loi aujourd'hui.
43:02Encore une fois,
43:03vous verrez.
43:04Il faut même le dire
43:04à nos téléspectateurs,
43:05ce n'est pas du tout
43:05ce qui est prévu aujourd'hui
43:06par la loi.
43:07Et franchement,
43:08je ne suis pas forcément
43:08un défenseur de la loi,
43:09mais ce n'est pas
43:10ce qui est prévu par la loi.
43:11Vous dites vous-même aujourd'hui ?
43:12Aujourd'hui, oui, absolument,
43:14mais il faudrait modifier le texte.
43:15On essaye de s'entendre.
43:18On ne fait pas des débats.
43:19On ne s'en gueule pas ici.
43:20En tout cas, jamais ici.
43:22Je suis d'accord avec vous.
43:23Je n'ai jamais dit ça.
43:24Je dis que c'est la porte ouverte,
43:26la porte ouverte
43:27à des choses
43:28que nous regretterons.
43:30J'espère...
43:30Attendez, je vous...
43:31J'espère me tromper.
43:32Ce sera de la responsabilité
43:33des prochains législateurs.
43:34Mais non,
43:35on le fera petit à petit.
43:36Ils l'ont fait en Belgique,
43:37ils l'ont fait au Canada.
43:38Ils ont enlevé...
43:40Ils ont enlevé sans arrêt
43:42les garde-fous
43:42qu'il y a aujourd'hui.
43:45Les garde-fous qu'il y a aujourd'hui.
43:46J'espère me tromper.
43:47Je suis malheureusement sûr
43:49de ne pas me tromper
43:50sur ce terrain.
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