00:00On a affaire aussi à une génération qui est capable de renverser des gouvernements.
00:03Je crois qu'on juge l'engagement des jeunes aujourd'hui,
00:05comme on l'a jugé il y a encore 10, 15, 20 et 30 ans,
00:08c'est-à-dire est-ce que les jeunes s'encartent dans des partis politiques,
00:11est-ce qu'ils sont présents dans des cortèges et est-ce qu'ils votent ?
00:14Au regard de ces trois critères, effectivement,
00:15on peut parler d'une forme de désengagement total des jeunes
00:18vis-à-vis de la politique et du fait politique,
00:20parce qu'en fait, ce qu'on n'observe pas, c'est leur engagement, je dirais,
00:24qui a un caractère peut-être un peu plus émotionnel et plus spontané.
00:27Défiler dans la rue, certes, mais il y a aussi partager une story,
00:30signer une pétition.
00:31On a affaire aussi à une génération qui est capable de renverser des gouvernements,
00:34ce qui a été le cas justement au Népal.
00:36On a toute une génération qui s'est fédérée sur les réseaux sociaux,
00:40de WhatsApp à Twitch jusqu'à TikTok, justement, qui allait être interdit,
00:43et qui a été capable justement de fomenter, je dirais, le premier coup d'État social,
00:48et surtout, derrière, de faire élire leur première ministre sur les réseaux sociaux.
00:53Et on a observé la même chose en Bosnie,
00:55on a observé la même chose en Amérique du Sud, au Nigeria, au Liban.
00:58On n'a pas le droit de dire que c'est une génération qui se désintéresse
01:01et qui se détourne de la politique, c'est pas vrai.