00:00Les protections menstruelles réutilisables, les culottes de règles et les cups prises en charge pour les jeunes femmes et celles
00:06les plus précaires à partir d'aujourd'hui.
00:08A Valdois, l'association La Maison de Jeanne, foyer d'accueil de maman célibataire, propose déjà des kits de protection
00:13périodique.
00:14Sa directrice, c'est l'invité de la rédaction, Lisa.
00:16Bonjour Céline Souacria.
00:18Bonjour Lisa.
00:19Seulement deux protections prises en charge par an, est-ce que c'est suffisant ?
00:23Bien sûr que non.
00:25Je crois que je suis là ce matin devant vous et je suis super partagée.
00:29Parce que d'un côté je me dis quelque chose est fait, alors on ne va pas râler parce que
00:32quelque chose est fait,
00:34mais c'est comme bien souvent c'est fait sans tenir compte des réels besoins de la personne.
00:40Donc deux protections hygiéniques réutilisables par an, non ce n'est pas suffisant.
00:46On parle de culottes menstruelles et de culottes de règles et de cups, est-ce que vous pouvez nous expliquer
00:51un petit peu ce que c'est ?
00:52Alors les culottes menstruelles, comme leur nom l'indique, ce sont des culottes que les jeunes filles portent quand elles
01:01ont leurs règles et qui sont donc plutôt protectrices, très sincèrement.
01:07Et dans cette période où quelquefois la vie d'une collégienne peut être un peu compliquée, c'est vraiment un
01:12plus.
01:12Par contre deux, voilà ça fait qu'elle est tranquille deux jours.
01:17Un cycle c'est plutôt cinq jours.
01:19C'est plutôt cinq jours.
01:20Rapidement une cup, ça marche comment ?
01:23Alors une cup c'est un instrument qu'on met sur la vulve avec une partie interne qui permet justement
01:30de recueillir les flux.
01:31Une cup parce que c'est le nom anglais de coupe, ça ressemble à une petite coupe.
01:37Avec cette mesure de deux protections hygiéniques remboursées ou prises en charge, c'est seulement les femmes de moins de
01:4426 ans et les bénéficiaires de la complémentarité solidaire qui bénéficient de ce dispositif.
01:49Est-ce que là aussi c'est un public assez large qui est touché ?
01:52Bien sûr que non. Alors je vais me servir de l'expérience de la maison de Jeanne.
01:56Nous notre public, ce sont les femmes qui travaillent à temps partiel et qui ont une fille.
02:02Donc généralement on a quand même fort peu de chances d'avoir une fille pubère à 26 ans.
02:07Et puis il y a aussi aujourd'hui avec le prix de l'essence notamment des personnes qui ont des
02:13revenus un peu supérieurs mais qui peinent au quotidien.
02:16Donc non effectivement ça exclut à nouveau les personnes, ce qu'on appelle les travailleurs.
02:22Pourquoi on peine, pour bien comprendre, pourquoi on peut avoir du mal à payer ces protections alors qu'on a
02:29des revenus plutôt moyens voire supérieurs ?
02:32L'accident de la vie, une inflation et puis des besoins qui augmentent avec les enfants.
02:40Enfin nous en tout cas aujourd'hui, le public que l'on reçoit, ce sont vraiment ces femmes qui ont
02:46un SMIC plus 10%.
02:48Ce qui veut dire que quand on est étranglé financièrement, le premier endroit où on va et où on fait
02:53des économies, c'est la santé hygiénique des femmes, c'est ça ?
02:57Bien sûr. Bien sûr. C'est vraiment le premier emploi.
03:00Une fois qu'on a payé, on a mis son toit sur sa tête, on a payé l'alimentation, on
03:05a mis de l'essence pour aller travailler.
03:06C'est vraiment le premier poste qui trinque.
03:09Parce que, aussi, il faut le rappeler, c'est cher ces protections hygiéniques.
03:13Ces protections sont chères, mais l'hygiène est chère.
03:16C'est pour ça que nous, on a fait le choix de ne pas être opérateur de la lutte contre
03:19la précarité menstruelle, mais hygiénique.
03:22Parce que là, on parle de deux protections remboursées.
03:25Nous, ce qu'on veut, c'est que la personne, elle se sente digne et bien dans sa peau tous
03:29les jours du mois.
03:29Et ça passe par la santé, forcément.
03:33Est-ce que, là, on parle de protections réutilisables.
03:36Est-ce que ça, c'est une bonne nouvelle, selon vous, d'avoir fait ce choix ?
03:39Ou il aurait plutôt fallu, je ne sais pas, donner un paquet de serviettes et un paquet de tampons à
03:43chaque femme chaque mois ?
03:45Alors, je pense que le choix est bon, puisque sur les culottes menstruelles, c'est quand même beaucoup plus naturel.
03:50Et aujourd'hui, ça concerne quand même plus d'une femme sur deux.
03:54Donc, le choix est plutôt judicieux.
03:57Une femme sur deux, aujourd'hui, utilise plutôt des protections réutilisables ?
04:00Oui.
04:00D'accord.
04:01Et on fait ce choix pour prendre soin de notre santé, justement ?
04:03Alors, il me semble honnêtement que le choix est pertinent.
04:05Ce n'est pas souvent que je le dis.
04:06Mais le choix est plutôt pertinent.
04:09Et puis, il y a quand même ces objectifs de développement durable.
04:12Ça, ça peut être bien.
04:14Parce que souvent, les personnes en situation de précarité vont acheter des protections jetables,
04:19mais qui sont vraiment très peu chères.
04:22Donc, avec des composants qui ne sont pas forcément les meilleurs pour leur santé intime.
04:27D'accord.
04:30Cette mesure, est-ce que ça permet aussi de parler des règles, finalement ?
04:33D'enlever un petit peu ce tabou, tout simplement ?
04:35Est-ce que c'est toujours tabou, en fait, les règles ?
04:36Alors, moi, j'avoue que avant le Covid, on n'avait pas le droit de prononcer ce mot.
04:40C'était vraiment indigne.
04:42Alors, depuis le Covid, on n'a pas eu une réunion sans parler des règles.
04:45Je pense qu'à un moment, c'est bien.
04:47Mais ce n'est quand même pas forcément ce qui constitue la femme.
04:50Voilà.
04:51Donc, moi, je préférais autant qu'on parle de notre avenir, de notre cerveau, de notre potentiel,
04:55plutôt que de nos règles.
04:57Mais c'est bien qu'on s'en saisisse.
04:59Peut-être que finalement aussi, d'avoir déjà une première approche, un premier remboursement,
05:03ça permet de régler cette question et derrière, de réduire au maximum les inégalités.
05:09C'est un premier pas.
05:10C'est un premier pas pour les réduire.
05:12Et ça, je pense qu'on peut vraiment que sans féliciter.
05:16Une mesure en demi-teinte pour vous ce matin, Céline Souakria, directrice de la maison de Jeanne à Valdois.
05:22Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
05:24Bonne journée.
05:24Merci. Au revoir.
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