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00:00Ici Besançon, premier sur l'actu locale en Franche-Comté, ici matin.
00:07Octobre Rose, ça commence. Un mois pour parler des cancers féminins, récolter des fonds, faire de la prévention et donner
00:13la parole à ceux et celles qui en souffrent, ainsi qu'aux soignants et aux associations qui les accompagnent.
00:19Sur Ici Besançon, on accueille l'association La Niaque à Besançon depuis un an, mais déjà présente ailleurs en France.
00:25Et Caroline Gilles, sa référente en Bourgogne-Franche-Comté, est l'invité d'ici matin.
00:28Bonjour Caroline Gilles. Bonjour.
00:31La Niaque propose des programmes d'aide au retour du travail pour ces personnes atteintes de cancer.
00:36C'est important de retourner au travail, on dit bien retourner, parce qu'on s'arrête, mais il faut revenir,
00:41c'est indispensable.
00:43Oui, c'est important en tout cas de retrouver une activité.
00:46Après un long parcours d'absence, de se retrouver en plein arrêt, parfois choc de carrière, ça s'arrête du
00:53jour au lendemain, sans comprendre ce qui se passe.
00:56Donc c'est vrai qu'il y a un deuil à faire de l'activité professionnelle et tout.
01:01Et en effet, c'est vraiment très important de retrouver du mouvement.
01:05Et comment vous faites pour justement faciliter ce retour au travail ?
01:09Alors en fait, à la Niaque, on propose des programmes d'accompagnement d'à peu près 9 mois.
01:15On propose des programmes en distanciel, en visio, en individuel ou du collectif en présentiel.
01:22Et donc, en fait, on a un parcours chronopédagogique avec plusieurs ateliers qui se construisent.
01:29Ça passe par quoi, par exemple, réapprendre à se retrouver avec les autres ?
01:35Oui, il y a du partage déjà entre patients, parce que du coup, sur le groupe en présentiel, c'est
01:4112 à 15 personnes qui se retrouvent chaque semaine.
01:44Donc le fait d'échanger ensemble, ça rassure, ça permet de se rendre compte qu'on n'est pas seul
01:49à vivre la même situation,
01:50de vivre les mêmes injonctions vis-à-vis de la famille, vis-à-vis de l'employeur, vis-à-vis
01:55de tellement de gens
01:57qui peuvent ne pas comprendre pourquoi les personnes ne reprennent pas alors qu'elles ont l'air en forme.
02:02Et donc ça, c'est la première des choses.
02:04Elles ont l'air, parce qu'en fait, on a tous l'air, on est tellement contents de dire que
02:09ça y est, les traitements sont finis.
02:10Donc voilà, sauf que l'après-cancer, il est extrêmement complexe et il peut durer un an, six mois, trois
02:18ans, quatre ans, tout dépend.
02:20De la personne, de la pathologie, est-ce qu'il y a eu des traitements lourds comme de la chimiothérapie,
02:25que de la radiothérapie ?
02:26En fait, c'est ça qui est très complexe dans l'histoire, c'est comment se reprendre en main et
02:31en fait, on perd nos repères.
02:33Physiquement, parfois, les gens ont perdu leurs cheveux, donc les cheveux repoussent et en fait, il faut se réapproprier son
02:38corps.
02:39Quand il y a une mastectomie, on nous a enlevé un sein, comment on se remonte ?
02:42Voilà, c'est tout ça en fait, la difficulté.
02:46Et pour cette première année d'existence à Besançon, vous avez accompagné combien de personnes, vous, à l'Agnac ?
02:51Alors, depuis le 10 mars 2026, j'ai un groupe de 14 personnes que j'anime tous les jeudis.
02:57On est hébergé à la Maison des Familles, à côté du CFU.
03:00Donc, 14 personnes que j'accompagne avec, du coup, ce programme collectif et, une fois par mois, en individuel, un
03:10accompagnement en visio, que je fais plus précisément sur le besoin précis de chacune.
03:18Alors, du coup, depuis mars, est-ce que certaines ont déjà retrouvé un travail ?
03:23Écoutez, oui, en tout cas, c'est fantastique parce qu'il y a de très belles choses qui sont en
03:30train de se passer.
03:31Le programme se décompose en deux parties.
03:34Une partie qui est plutôt un peu le bilan professionnel, l'estime de soi, reprendre ses repères, savoir parler du
03:39cancer, qu'est-ce que je dis à un employeur, etc.
03:42Donc, ça, c'est tout le démarrage.
03:44Et puis, ensuite, il y a, à un moment donné, une espèce de magie où il y a des métiers
03:49qui sont en train d'être pensés pour les autres.
03:51Et là, à partir de ce moment-là, on bascule sur une deuxième partie de programme où les gens, enfin,
03:56chaque personne va définir son propre projet professionnel.
04:00Et aujourd'hui, on est dans cette deuxième phase.
04:02Donc, il y en a certaines qui ont redémarré une formation.
04:05Oui, par exemple.
04:07Assistant en recherche clinique, par exemple.
04:10Là, on en a une qui va faire une formation d'assistante sociale.
04:14Donc, vous voyez, il y a des choses qui ont émergé du programme et qui a redonné l'envie de
04:18se réintégrer.
04:19Mais j'ai aussi une personne qui me disait ne plus vouloir rester dans son entreprise parce que vraiment, c
04:24'était trop dur et tout.
04:25Elle est actuellement en temps partiel thérapeutique.
04:27Elle a quand même fait le programme de l'ANIAC en parallèle, validé par la médecine du travail.
04:32Enfin, voilà, on a fait des choses.
04:33Ce sont des personnes courageuses, c'est ce que vous sous-entendez.
04:34Oui, c'est des personnes super courageuses.
04:36Et cette personne auquel je pense, je suis assez fière aussi de son parcours parce que, quelque part, elle est
04:42en train de dire,
04:43je veux rester dans mon entreprise, j'assume.
04:46Mais en fait, cette fois, elle n'a plus subi sa reprise.
04:49Elle l'assume d'être dans l'entreprise qu'elle est.
04:51Pour terminer, Caroline Gilles, comment vous, vous avez eu envie de vous investir dans cette association l'ANIAC ?
04:56J'ai un cœur particulier auprès de l'association.
05:00Je sais que j'ai moi-même été patiente en 2019, donc juste avant le Covid.
05:04Tous mes traitements se sont passés à ce moment-là.
05:05Je me suis retrouvée sans rien, sans accompagnement sur l'année 2020-2021.
05:10C'était très compliqué pour moi après le cancer.
05:12Et en fait, l'ANIAC à Lyon m'a sauvée parce que j'étais patiente là-bas.
05:16Mais je suis byzantine d'origine.
05:18Et donc, voilà, j'ai vécu ce parcours.
05:21Je me suis dit un jour, j'animerai.
05:22Je ne sais pas comment et quand.
05:24Et là, je suis revenue dans ma région d'origine, m'y installer.
05:28Et donc, maintenant, j'anime ici.
05:30Et c'est très chouette.
05:31Merci beaucoup pour ce témoignage.
05:33En tous les cas, on pense à toutes ces femmes que vous accompagnez,
05:36à toutes les autres, aussi bien évidemment que vous pouvez accompagner.
05:40Caroline Gilles, référente de l'association l'ANIAC.
05:42Interview, on réécoute sur ici.fr Besançon.
05:45Et puis, je vous donne le site internet, bien sûr, de l'ANIAC.
05:47C'est la-niac.org.
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