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Avec Bernard Ravet, ancien directeur d'établissement
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00:02Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:07Les violences lycéennes prennent des proportions à ce jour que personne n'avait vu venir.
00:11Comment est-ce possible ? Comment a-t-on pu en arriver là ?
00:14Nous allons en parler avec Bernard Ravet, ancien directeur d'établissement.
00:17Ceci dit, un petit rectificatif au sujet du professeur Asperger d'Essence à Marseille.
00:22Le rectorat indique que les proviseurs du lycée Victor Hugo n'ont pas été directement visés par des jeunes.
00:28Les ayant aspergés, en réalité, ils ont été éclaboussés lorsque les individus mettaient de l'essence dans des conteneurs.
00:34Il y a néanmoins une violence insoutenable.
00:37Bernard Ravet, bonjour.
00:39Bonjour Bernard Ravet, merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
00:44Vous êtes ancien directeur d'établissement à Marseille et vous êtes essayiste.
00:48Donc c'est un monde que vous connaissez bien, votre expérience est avérée et reconnue.
00:54Bernard Ravet, est-ce que vous comprenez le désarroi, la colère et l'exaspération, j'allais dire, des lycéens, du
01:02monde éducatif, de cette jeunesse ?
01:04Ou est-ce que la tournure que prennent certains événements commence à vous inquiéter sérieusement ?
01:09Alors, je comprends l'inquiétude des lycéens.
01:15Elle est légitime à la fois par rapport au contexte économique, j'allais dire, aux angoisses que peuvent provoquer les
01:25problèmes d'orientation post-bac.
01:27Je ne reviendrai pas sur Parcoursup, mais je pense aussi qu'on est dans une désespérance de la jeunesse.
01:36Et cette désespérance, j'allais dire, elle ne date pas d'aujourd'hui.
01:41Et elle est particulièrement sensible par rapport à ces territoires perdus de la République, par rapport à ce que Fourquet
01:50définit comme l'archipélisation de la France.
01:54Donc, on a une jeunesse qui ne se sent plus en République.
01:58Et ne se sentant rejetée, abandonnée de la République, normalement, elle se rebelle.
02:06Elle vit son adolescence.
02:09Ce qui m'inquiète le plus, ce qui m'inquiète le plus, c'est la récupération politique de tout ça.
02:15En préparant cette rencontre avec vous, je vais vous lire un petit texte.
02:20Et je vais vous faire, allez, c'est sur une autre chaîne, bientôt l'heure des 1000 euros.
02:26Les prédécesseurs et moi-même avons appelé déjà plusieurs reprises votre attention sur les mesures en vue d'éviter
02:34et de réprimer toute agitation de sources de buts politiques dans les lycées et collèges.
02:39Un certain nombre d'incidents récents m'obligent à revenir encore sur ce sujet d'importance capitale
02:45pour la tenue des établissements d'enseignement du second degré.
02:48Je vous mets au défi, non, ce n'est pas Édouard Geffray qui a écrit ça.
02:54Mais c'est tout simplement le 31 décembre 1936, j'en sais.
03:01Donc la récupération politique de l'agitation de la jeunesse, ce n'est pas quelque chose de nouveau dans notre
03:09histoire.
03:09On rappelle qui est Jean Zé, ministre de l'éducation nationale du Front populaire,
03:13donc membre du parti radical socialiste, auteur de la fameuse directive justement
03:18sur le comportement, le sens de la laïcité par rapport à la tenue d'accoutrement,
03:22directive qui serait totalement d'actualité si on l'appliquait aujourd'hui.
03:25Et Jean Zé qui a été assassiné par la milice, il a été arrêté par le régime du maréchal Pétain
03:31et assassiné, un grand héros de la République et quelqu'un que nous vénérons,
03:35que nous pouvons vénérer pour son engagement, son courage et sa dignité.
03:39C'est incroyable Bernard Ravé, lorsque je vous entendais parler,
03:42je pensais que c'était effectivement un texte d'actualité.
03:44C'est un texte qui a plus de 80 ans et qui nous raconte exactement ce qui est en train
03:48de se passer dans ce pays.
03:49Merci pour ce témoignage, en tout cas.
03:51Vous vous êtes inquiet là ou non quand même ?
03:53Ça ne s'est jamais vu dans ces proportions-là de violences.
03:56Ah non, je connais d'autant bien, on vient d'avoir la mise au point sur le lycée Victor Hugo,
04:03j'étais le collège le plus proche, enfin j'étais, j'étais principale du collège.
04:08Vous voyez à quel point un chef d'établissement a une relation, j'allais dire, viscérale
04:13avec l'établissement qu'il dirige, du collège le plus proche, du collège Victor Hugo.
04:19Et moi ce qui m'inquiète, c'est que quand j'ai arrêté ma carrière en 2015,
04:24on gérait de la violence.
04:26On gérait de la violence, de la violence entre élèves,
04:29de la violence entre les bandes de tel ou tel établissement.
04:32Mais cette violence, j'allais dire, elle faisait partie du quotidien de la cité.
04:40Aujourd'hui, ce qui est inquiétant, c'est que le quotidien de la cité,
04:43d'abord, moi je me pose de questions, la récupération politique, elle existait depuis toujours.
04:51Là, elle a pris une autre tournure et elle a pris une autre tournure,
04:54peut-être, quand, j'allais dire, passent en boucle ces images de violence,
05:00ces images de poubelles qui brûlent.
05:03Et on a commencé par les poubelles, maintenant, c'est l'entrée d'un lycée.
05:09C'est qu'elle brûle à Nantes et voilà.
05:10Voilà, et là, je dirais que quand on brûle un lycée,
05:17il y a quand même quelque chose qui doit interroger le politique.
05:20Un de vos confrères et collègues marseillais, Jean-Paul Brigheli,
05:25vous connaissez certainement de réputation, a écrit un livre qui s'appelle
05:28La Fabrique du Crétin.
05:29Est-ce que nous sommes en train d'assister à une fabrique du crétin
05:32qui est en train de devenir la fabrique du sauvageon ?
05:34Est-ce que la violence s'est introduite dans le milieu scolaire
05:37pour que nous assistions à des scènes qui sont celles de guerre civile,
05:40qui sont celles qui évoquent juin 2023, après la mort de Naël ?
05:44Jamais on n'a vu des lycéens en arriver à de tels extrêmes.
05:49Alors, d'abord, c'est la question, black box ou lycéens ?
05:55C'est quand même une question.
05:57Sur certaines images, on voyait hier deux manifestations.
06:01Les lycéens qui manifestaient en toute légitimité,
06:06et je pense que certains syndicats d'enseignants modérés
06:11ont été capables de porter leur discours,
06:17qui est un discours commun.
06:19J'allais dire, le prof, il n'est pas contre ses élèves,
06:22il est avec ses élèves.
06:23Ils sont dans la même galère.
06:25C'est sûr qu'une classe de lycée à 38,
06:29ça ne peut pas fonctionner.
06:30Ça ne peut pas fonctionner.
06:32Il faut être, j'allais dire, énarque et statisticien
06:39pour nous faire croire que ça peut fonctionner.
06:41Alors ça, d'un côté, il y a ça.
06:43Mais pour moi, c'est à la fois une désespérance
06:47d'une partie de la jeunesse,
06:49et puis d'un autre côté, de la violence,
06:53de la violence qui est, je dirais, presque professionnelle.
06:56Quand on voit les images, on prend peur.
07:01On prend peur, j'allais dire.
07:03C'est presque des milices de jeunes
07:06qui sont préparés à s'affronter aux forces de l'ordre.
07:10Et puis de l'autre côté, moi, ce qui m'inquiète,
07:14c'est la récupération politique.
07:17C'est comment des hommes politiques
07:19qui portent, j'allais dire, les couleurs de la République,
07:23soit en tant que député, soit en tant que maire,
07:27pour être à côté de cette jeunesse
07:29et, j'allais dire, l'instrumentaliser.
07:32J'allais dire, aussi on revient à notre ami Jean Zay,
07:37puisque je crois qu'on partage cette vénération.
07:41À l'époque, il se contentait de donner des buvards
07:44avec des slogans politiques.
07:46Là, les politiques, j'allais dire,
07:49ils ne donnent pas des buvards.
07:51Justement, Bernard Ravé, nous avons un de vos collègues
07:54qui lui est à Villeurbanne,
07:55c'est Hugo d'Orger, prof d'anglais.
07:58Je pense que Hugo d'Orger est plutôt solidaire
08:01de la colère des lycéens.
08:02Vous nous entendez, Hugo d'Orger ?
08:09Non, non, mais là, c'est un enseignant
08:12que nous devons avoir, il va arriver.
08:15Donc, nous prenons Sarah de Belgarde,
08:17vous êtes prof de, en attendant, Hugo d'Orger,
08:18que vous êtes prof de français à un collège à Belgarde ?
08:22Oui, alors, je suis prof de français en collège maintenant,
08:25mais j'ai été prof en lycée également.
08:28Et je voulais rebondir sur ce que disait monsieur l'ancien...
08:32Bernard Ravé.
08:34Bernard Ravé, qui a tout à fait raison.
08:36Donc, il y a une surpolitisation des enfants, maintenant,
08:39qui commence très tôt.
08:40Et cette politisation, elle joue au niveau des programmes, notamment.
08:43On ne parle pas assez de l'extrême politisation,
08:45notamment des programmes d'histoire géo.
08:47Et même moi, en français, je vois des pages sur le harcèlement,
08:51je vois des pages sur la politique de Mme Dati, etc.,
08:54sous couvert de travail en EMC, vous savez,
08:57éducation morale et civique.
08:58Donc, c'est hyper...
08:59Et des programmes, au lieu d'avoir des genres littéraires,
09:02maintenant, les programmes, c'est des notions,
09:04qui sont des notions politiques.
09:05On a commencé comme ça avec Hitler.
09:07La première chose qu'a fait Hitler en 1933,
09:09c'est de thématiser les programmes.
09:10Donc là, il y a un vrai danger.
09:12Et je ne peux qu'abonder dans le sens de M. Ravet sur ce qu'a fait Jean Zay.
09:17Jean Zay a dit que la politique ne devait pas rentrer dans les établissements.
09:20Or, on l'a fait rentrer à force.
09:21Et la deuxième chose, c'est en tant que programme de français,
09:24quand les enfants n'ont pas de mots, c'est la violence.
09:26Et on a tellement cassé l'école.
09:29Moi, j'ai eu le cas.
09:30J'ai des enfants qui n'arrivaient pas à parler.
09:31J'aurais fait écrire des poèmes.
09:32Ça allait mieux.
09:33Parce qu'en écrivant des poèmes, ils trouvaient des mots.
09:35Ils avaient des mots pour le dire.
09:36On a tellement appauvri le contenu qu'on donne aux enfants
09:40que quand on n'a pas de mots, c'est la violence.
09:42C'est la violence qui a été fabriquée méthodiquement
09:45par tout un arsenal politique pendant 30 ans.
09:47Vous voulez dire, Sarah, que l'école n'a pas fait son métier,
09:52puisque si les enfants, si les jeunes, si les lycéens
09:55ne savent pas lire et qu'ils ne savent pas écrire,
09:57ce n'est pas de la faute de la société.
09:59C'est parce que l'école n'a pas su remplir sa mission.
10:01Parce que l'éducation nationale n'a pas été à l'auteur.
10:03Et aussi sa mission d'éducation, Péricault.
10:06Parce que à partir du moment où on n'en met pas de limite
10:08depuis le primaire, qu'on les fait passer de classe en classe,
10:10qu'il n'y a aucune sanction,
10:11comment voulez-vous que l'enfant devenu à 16-17 ans,
10:14il comprenne la loi, puisqu'on lui a toujours dit
10:16qu'il pouvait faire ce qu'il voulait.
10:17Donc il n'y a pas seulement le problème du contenu d'enseignement,
10:20il y a aussi le problème du déceint-faire total au niveau éducatif.
10:24Alors vous faites allusion à l'instruction civique
10:27qui relève de l'éducation nationale, qui relève de l'école.
10:29C'est pour ça que le terme éducation nationale
10:31qui a été choisi en 1932 est très problématique.
10:33Il y a une responsabilité également des familles.
10:36On suppose que ces enfants chez eux n'ont peut-être pas les reports
10:38et les repères et les reports de paramètres
10:41pour savoir comment se comporter lorsqu'il y a un conflit.
10:43Mais là, quand vous signalez Sarah,
10:45et vous n'êtes pas la seule à le faire,
10:46en disant dès lors qu'ils ne savent plus s'exprimer,
10:48qu'ils ne peuvent plus parler, qu'ils ne peuvent plus écrire,
10:51eh bien effectivement, le seul moyen qu'il leur reste,
10:53c'est la violence s'est cassée, s'est exprimée.
10:55C'est un phénomène qui a été constant dans l'histoire.
10:57Mais de le voir aujourd'hui devenir une réalité
10:59dans l'école de la République française en septembre 2026,
11:02c'est quand même vous dire dans quel état est devenu ce pays
11:04et dans quel état ses responsables politiques l'ont laissé plonger, Bernard Ravé.
11:08Je pense que vous partagez cette inquiétude.
11:10Et ensuite, on prendra Hugo.
11:12Je partage tout à fait, puisque au collège Jean-Claude Iso,
11:19qui alimentait le fameux lycée Victor Hugo dont on parlait tout à l'heure,
11:24on avait des moyens, on était en RIP+, on avait des profs admirables.
11:30Moi, je vais dire, je ne cesserai, quand je prends la parole,
11:35là, je pense, je vais dire, il y a l'ombre de Samuel Paty qui, moi, me hante.
11:42On avait décidé de mettre tous nos moyens supplémentaires
11:46sur une classe qui prenait en charge des élèves de sixième
11:51qui ne savaient pas lire.
11:53Donc, la décentralisation de l'organisation
11:57que nous permettaient les réseaux d'éducation prioritaires.
12:00Mais ce jour-là, l'inspecteur de l'académie m'a dit,
12:03Ravé, attention, c'est expérimental ce que vous faites.
12:06Évidemment, évidemment.
12:08Bernard Ravé, vous restez avec nous, nous continuons.
12:10Nous bousculons l'ordre de cette émission,
12:12parce que l'actualité, évidemment, a la priorité
12:14et que nous sommes extrêmement sensibles à ce qui se passe dans ce pays.
12:16Nous aurons Hugo, nous aurons Thierry, Sarah, vous restez avec nous aussi.
12:19Nous continuons cet échange entre vous, qui représentez l'enseignement,
12:22pour savoir exactement où en est cette crise
12:24et est-ce qu'il faut vraiment s'inquiéter.
12:26Vous restez sur Sud Radio et vous continuez à nous appeler, bien sûr,
12:29au 0826 300 300.
12:33Le fait du jour.
12:35Voilà, nous sommes toujours avec Bernard Ravé,
12:37nous sommes avec Sarah, avec Hugo d'Orger.
12:39Nous essayons de comprendre, en écoutant les enseignants,
12:43ces représentants du monde de l'éducation,
12:45l'ampleur de cette crise, la souffrance
12:48et la sévérité de la situation,
12:51parce que nous arrivons à des extrêmes qui n'ont,
12:53pour l'instant, pour leur jamais été vus,
12:55dans des affrontements entre les lycéens et les forces de l'ordre.
12:57Hugo d'Orger, bonjour, merci d'être avec nous en direct sur Sud Radio.
13:01Vous nous appelez de Villeurbanne.
13:03Hugo d'Orger, je crois comprendre que vous,
13:05vous comprenez la colère des lycéens.
13:08Tout à fait.
13:09Moi, j'enseigne au lycée Pierre et Gilbert Brossolette à Villeurbanne.
13:14Et si vous voulez, les raisons de cette colère,
13:16elles ne sont pas neuves.
13:18Et d'ailleurs, elles convergent, quelque part,
13:20avec les revendications syndicales des enseignants.
13:24C'est-à-dire que, moi, j'ai eu l'occasion, si vous voulez,
13:26d'échanger avec des bloqueurs et des bloqueuses.
13:29Et on a beaucoup parlé du manque de personnel dans l'éducation nationale,
13:33du manque de moyens, du fait qu'ils sont entassés, en fait,
13:36dans des classes à 35, voire plus, à 37, 38.
13:40Par exemple, moi, si vous voulez, j'ai enseigné aussi au lycée Robert Doineau
13:45à Voix-en-Velin, et il m'est arrivé d'avoir une classe de 38 élèves de ST2S.
13:51Donc, c'est des conditions qui sont vraiment difficiles,
13:54difficiles à vivre pour les enseignants, mais aussi pour les élèves.
13:59Nous, dans notre lycée, ce qui s'est passé,
14:01c'est qu'on a eu des nominations très tardives du personnel de direction,
14:06c'est-à-dire qu'il y a une proviseur adjointe
14:07qui arrivait juste avant la rentrée.
14:10Et du coup, en fait, les emplois du temps qui nous ont été proposés
14:13n'étaient pas satisfaisants.
14:15Il y a beaucoup d'élèves, en fait, qui avaient des trous immenses dans leur journée,
14:18qui terminaient à 18h, et c'est difficile.
14:21Le phénomène est ancien, le lieu de danger, vous le savez bien.
14:24Le phénomène est ancien, ça ne le justifie pas du tout.
14:27Mais le phénomène est ancien.
14:29De là à ce que l'exaspération...
14:31Vous voyez, ce qu'on a vu, c'est que les comportements sont des scènes.
14:34Est-ce que vous justifiez ? Est-ce que vous comprenez ?
14:37Est-ce que vous expliquez qu'on puisse en arriver à de tels extrêmes ?
14:41Eh bien, si vous voulez, pour moi, ces extrêmes, comme vous les appelez,
14:45en fait, c'est la responsabilité...
14:47Brûler un lycée, j'espère que c'est un extrême.
14:52Attendez, laissez-moi terminer.
14:53Je vais vous donner mon point de vue.
14:55Moi, bien entendu, je cautionne pas ces avissements,
14:59et je suis de tout cœur avec les pauvres collègues qui ont été touchés par ça.
15:03Mais en fait, c'est vraiment, là, vous réalisez peut-être l'étendue
15:05de la maltraitance institutionnelle qu'il y a.
15:07C'est-à-dire que l'éducation nationale nous a abandonnés, en fait,
15:11et laisse ses collègues, en fait, être les punching balls de la colère sociale.
15:15Et donc, c'est aussi à l'État, si vous voulez, de répondre à cette colère qui a été exprimée.
15:22Et là, j'ai vu que le ministre de l'Éducation nationale, donc M. Guéffray,
15:27il a juste proposé une plateforme de concertation,
15:32et malheureusement, ça ne sera pas suffisant.
15:35Moi, ça me fait penser au grand débat que Macron avait organisé pendant les Gilets jaunes,
15:40et ça risque de ne rien changer, en fait.
15:43Si vous voulez, il faut que, donc là, il y a cette colère qui a été exprimée,
15:47il faut aussi des dispositifs institutionnels qui permettraient de démocratiser l'éducation nationale
15:53et de donner voix au chapitre à des gens qui ne l'ont pas,
15:55les élèves en premier lieu, mais aussi les personnels.
15:58Hugo d'Orger, il n'y a pas que le ministre de l'Éducation nationale
16:03qui n'est pas à la hauteur de la mission qui lui est confiée.
16:05Ce gouvernement est quand même spécialisé dans la masse d'incompétence,
16:08du manque de courage et du manque d'initiatives.
16:11Voilà, je pense qu'on va les mettre tous dans le même panier.
16:15Nous avons eu quelques bons ministres de l'Éducation,
16:17on peut peut-être partager les noms.
16:19On a surtout eu des calamités,
16:21et je pense que depuis Jacques Lang jusqu'à Najat de Vallaud-Belkacem,
16:24mais je peux en citer aussi de droite,
16:26ce sont des gens qui ont contribué,
16:27François Bayrou par exemple, qui n'a rien fait,
16:29ce sont des gens qui ont contribué à l'effondrement
16:31et à la destruction de l'école,
16:33en connaissance de cause,
16:34parce qu'ils étaient alertés par le corps enseignant,
16:36des gens tels que vous qui les avez alertés,
16:37et on a continué la poussière sous le tapis,
16:40ça sera pour la majorité suivante,
16:42et on a ce socle de la République,
16:44je l'ai dit dans mon introduction,
16:45le fondement de la France républicaine,
16:47la machine à intégrer,
16:48qui est essentielle aujourd'hui à l'heure de la mondialisation,
16:51qui est en panne,
16:51et on a la facture de ce qu'il y a.
16:54Pour autant, Hugo Dorgère,
16:55et je vais demander son avis à Bernard Ravé,
16:58à Sarah,
16:58est-ce que l'école est l'endroit
17:06où on apprend la démocratie
17:07plutôt que celle où on l'exerce ?
17:09Est-ce que vous ne pensez pas que des gens qui sont mineurs,
17:11ils sont là pour apprendre de façon civique
17:13ce qu'est la démocratie,
17:15de façon pédagogique,
17:16avoir les savoirs et les enseignements,
17:18avant de l'exercer ?
17:19Et là, vous suggérez que non, non,
17:20il faudrait l'exercer tout de suite,
17:22mais sont-ils prêts à l'exercer
17:23s'ils n'en connaissent pas bien les fondements,
17:25s'ils n'ont pas intégré les valeurs démocratiques de la République ?
17:28Moi, je vais répondre en premier,
17:31après mes collègues suivront.
17:32Moi, je pense, si vous voulez,
17:33qu'on apprend en faisant, en fait.
17:35Si la démocratie, en fait,
17:37l'idée démocratique ne reste qu'une abstraction,
17:41les jeunes, ils ne vont pas comprendre.
17:42Il faut aussi qu'ils fassent,
17:44qu'ils puissent s'exprimer,
17:45qu'on puisse prendre en compte leur avis,
17:47parce que les institutions au sein des collèges et des lycées,
17:51si vous voulez, par exemple,
17:52le conseil de vie ICN ou les fonctions déléguées,
17:54bon, c'est du spectacle démocratique.
17:56Ces institutions n'ont véritablement pas aucun pouvoir.
18:00Et moi, ce que je dis,
18:01ce n'est pas de donner tout pouvoir aux élèves,
18:04mais de leur permettre de décider sur certaines choses.
18:07Par exemple, on pourrait imaginer un budget participatif,
18:10c'est-à-dire leur permettre, en fait,
18:12de gérer une petite partie du budget du lycée
18:15qu'ils pourraient allouer à ce qui leur semble bon
18:19d'améliorer dans leur établissement.
18:21Ça serait une manière aussi de les intégrer davantage
18:26dans la vie du lycée, en fait.
18:28J'ai été délégué de classe...
18:30Attendez, je vais terminer.
18:32J'ai juste une phrase à dire.
18:33On entend beaucoup,
18:35et moi, je suis assez d'accord,
18:36on entend beaucoup parler de moyens dans l'éducation,
18:38et c'est certainement vrai.
18:40C'est une éducation nationale qui est considérablement appauvrie.
18:43Il y a des milliers de postes d'enseignants
18:44qui ont été supprimées.
18:45Il y a aussi une question de paradigme.
18:48Et, en fait, il y a une absence totale de démocratie,
18:53en fait, dans l'éducation nationale.
18:55Et je trouve que c'est vraiment, justement,
18:57en totale contradiction avec les valeurs
18:59qui sont portées par notre République.
19:03Et, justement, vous parlez d'éducation.
19:06Et, en fait, comme je vous l'ai dit,
19:09je pense qu'il faut que...
19:11Je veux dire, c'est pas incompatible de faire de l'OMC
19:12et d'avoir des responsabilités démocratiques
19:15au sein de son lycée.
19:16Entendez.
19:17Alors, je vais demander leur avis à Sarah et à Bernard Ravé.
19:21Je commence par Bernard Ravé.
19:23Bernard Ravé, est-ce que la démocratie de la République
19:26doit d'abord s'adresser aux élèves
19:28et qu'ils doivent, c'est à eux,
19:30à prendre des décisions en fonction des aspirations
19:33qu'ils pourraient avoir sur les orientations scolaires
19:35ou le fonctionnement de l'école ?
19:38Alors, moi, l'enseignant...
19:42Hugo, prof d'anglais à Villeurbanne.
19:47Moi, je suis complètement d'accord avec vous
19:50sur l'idée d'une petite partie du budget
19:56qui serait gérée par les étudiants,
19:59enfin, par les élèves.
20:00La démocratie, ça s'apprend.
20:02Le seul problème, c'est qu'aujourd'hui,
20:05moi, je vais dire...
20:07Vous avez parlé de poussière sous le tapis.
20:10Moi, je dis aujourd'hui qu'on a quand même
20:12deux problèmes de fond.
20:14C'est l'absence de considération des enseignants
20:18à la fois dans...
20:20Je vais dire, c'est une profession
20:22qui s'est énormément dévalorisée
20:24dans l'image qu'elle a dans le grand public,
20:27mais aussi au sein de son propre ministère.
20:30Moi, j'ai l'exemple d'une enseignante
20:32qui, en 2019, est agressée...
20:34Une enseignante de la Drôme, où j'ai été élue,
20:36qui est agressée par un élève
20:39où le rectorat a bouclé le dossier
20:42le plus rapidement possible
20:44pour qu'il n'y ait pas de vague,
20:45qui, aujourd'hui, depuis bientôt 10 ans,
20:47a demi-traitement
20:48et qui est obligée de faire appel
20:51au tribunal administratif
20:53pour faire valoir ses droits.
20:54Donc, on marche sur la tête.
20:56Je pense que l'enseignant,
20:59on doit lui redonner...
21:01Dans des débats précédents,
21:03on parlait de sanctuarisation.
21:04Mais l'enseignant doit retrouver sa vraie place.
21:08Et ce qui, moi, m'inquiète aussi dans le débat,
21:12c'est qu'on parle du petit budget,
21:13vous parlez du petit budget qu'on pourrait leur allouer,
21:17mais quand on analyse la place,
21:20et on est en plein débat budgétaire,
21:22de l'éducation nationale
21:25dans le budget de la nation,
21:28quand on sait que les retraites des enseignants
21:30sont comptées dans le budget
21:31de l'éducation nationale,
21:33et qu'on entend quand même des gens dire
21:36« Ah ben, finalement, un élève dans le privé
21:38coûte moins cher à l'État
21:39qu'un élève dans le public. »
21:42Oui, ok, mais c'est quand même de l'argent public,
21:45et je pense aujourd'hui
21:46qu'une des causes fondamentalement
21:51de notre crise de l'éducation,
21:53et je pense qu'il est urgent
21:54de se dire « la démographie scolaire
21:56nous offre une aubaine,
21:58il y a moins d'élèves »,
22:01que la réponse du ministre soit
22:03« Aujourd'hui, sur cinq ans,
22:05on sanctuarise le nombre de postes de profs. »
22:08Message reçu, Bernard Ravé.
22:10Je vais vous demander de rester.
22:11Est-ce que vous pouvez rester à l'antenne avec nous,
22:14Hugo, Sarah, Bernard Ravé ?
22:16Nous allons écouter André Bercoff,
22:19qui lui aussi va donner son avis
22:21sur un phénomène d'actualité
22:23par rapport à cette crise lycéenne,
22:25et puis nous reprenons l'antenne avec vous,
22:26et on finit cet échange passionnant
22:28qui révèle parfaitement la situation.
22:30Merci pour votre courage,
22:32merci pour vos propos,
22:33merci de dire les choses
22:34telles que vous les pensez.
22:35Cette radio, c'est le Parlons Vrai,
22:36vous inquiétez, vous êtes bien sûr sur cette radio,
22:38il est 12h46,
22:39nous sommes en plein dans l'actualité,
22:41le débat sur la crise lycéenne,
22:43nous avons Bernard Ravé
22:45qui nous appelle de Marseille,
22:46Hugo d'Orger de Villeurbanne,
22:47et je voudrais reprendre,
22:48je voudrais...
22:48Sarah, vous êtes toujours là, à Belgarde ?
22:51Sarah, vous êtes toujours là, à Belgarde ?
22:53Oui, oui, je suis là.
22:54Oui, Sarah, je voudrais que vous me donniez votre avis
22:56sur l'échange qu'il y a eu
22:57entre Bernard Ravé et Hugo d'Orger,
22:59avec des points de conciliation
23:00et des divergences.
23:01Vous pensez qu'il y a un manque de démocratie
23:03aujourd'hui dans le fonctionnement de l'école ?
23:06Je suis désolée,
23:08je pense que...
23:08Comment dire ?
23:09Vous avez parlé de la démocratie
23:10au niveau des élèves.
23:11Moi, je rejoins...
23:12Alors, j'aurais deux choses à dire.
23:14Premièrement, je rejoins mes collègues
23:15sur le fait que la première démocratie,
23:17c'est celle de l'agent de base,
23:19c'est-à-dire l'enseignant,
23:20qui n'est pas écoutée depuis 30 ans.
23:21Parce que si on était écouté,
23:22on n'en serait pas là.
23:23Parce qu'on a prévu depuis très longtemps.
23:25Vous êtes d'accord là-dessus.
23:25Vous êtes d'accord là-dessus,
23:26tous les trois, c'est clair.
23:27Voilà, donc la première démocratie,
23:29c'est déjà de nous écouter.
23:30Nous, ce qu'on ne fait pas.
23:36Moi, ce que je vois en collège,
23:38non seulement on a des délégués,
23:39mais on a des éco-délégués.
23:41Et on a le conseil départemental
23:43qui, au lieu de nous donner de l'argent
23:44pour nous mettre des enseignants,
23:47nous offre des bus
23:48pour qu'ils aillent se balader
23:49au conseil départemental.
23:50En collège, ils retiennent très, très peu.
23:52Et ils perdent des heures.
23:53Par exemple, les fameux procédés démocratiques.
23:56Sur le harcèlement,
23:57on a désigné des ambassadeurs harcèlement.
23:59On demande à des gamins
24:00qui ne savent pas écrire et lire,
24:02au lieu d'aller en cours de français,
24:03on les enlève du cours
24:04pour qu'ils aillent se former
24:05pour prendre des plaintes de leurs camarades.
24:07Donc moi, je veux bien de la démocratie,
24:09mais là, vous mettez l'enfant en danger
24:10puisqu'il va prendre des plaintes
24:11qui peuvent aussi se retourner contre lui.
24:13Et toutes ces fariboles,
24:14il est temps de virer tout ça d'éducation
24:17et de reprendre de l'enseignement pur et dur.
24:19Voilà, moi, c'est ça que j'ai à dire.
24:20La démocratie, elle passe par la connaissance,
24:22par la formation du citoyen éclairé.
24:25Or, comme dit Jean-Paul Brigheli,
24:26c'est la fabrique des crétins.
24:27Alors, on fabrique des crétins
24:29qui ne pourront pas réagir prévigemment.
24:32C'est très malin, en fait.
24:33Bon, écoutez, on va écouter,
24:35on va écouter André Bercoff
24:37qui, lui, va s'exprimer
24:38et va se poser la question
24:39est-ce que pendant que le lycée brûle,
24:42Emmanuel Macron ne serait pas
24:43en train de regarder Bardella ?
24:45On ne sait pas si le président de la République
24:46a une harpe pendant ce temps-là,
24:48mais en tout cas, André va nous donner son avis
24:49et vous allez voir, ça va être assez pertinent.
24:52Ici, Sud Radio.
24:54Les Français parlent au français.
24:57Les carottes sont cuites.
25:00Sud Radio Bercoff dans tous ses états.
25:02Putain, mais éloignez-vous,
25:03on va abrutir.
25:05Mais ne me tirez pas comme ça,
25:06par contre, je me tue tout de suite dans.
25:08Allez, ne me tirez pas comme ça.
25:09Vas-y, va frapper.
25:11Mais est-ce que je suis passé le problème ?
25:12Il n'y a pas de tirer par ça.
25:14Qu'est-ce que ça ?
25:14C'est débile.
25:25Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
25:27Mais qu'est-ce qu'il se passe ?
25:29Dans cette France apaisée,
25:32tout va bien,
25:33ou tout va bien.
25:34Alors, on ne va pas les citer tous,
25:37lycée Nantes,
25:38lycée Nelson Mandela à Nantes,
25:40en feu,
25:42lycée Sonia de Delonay,
25:45en feu,
25:46ou en tout cas en partie,
25:48lycée Stéphane Essel de Toulouse,
25:51et bien c'est là où il y a un professeur
25:52qui a été jeté par terre et tabassé,
25:55lycée Léonard de Vinci à Roubaix,
25:58voilà,
25:58un peu partout,
25:59ça flambe.
26:00Alors,
26:01c'est une révolte,
26:03Sire,
26:03ou c'est une révolution ?
26:05Ni l'un ni l'autre,
26:06c'est on entretient la chose.
26:08Alors,
26:08que les élèves
26:09soient pas dans les meilleures conditions,
26:12c'est évident,
26:13que les professeurs
26:15soient effectivement sous-payés,
26:17on le sait,
26:18doivent-ils être aussi maltraités ?
26:20Que les policiers
26:22qui essayent d'éteindre l'incendie
26:25se fassent tabasser,
26:26ben oui,
26:26mais c'est comme ça,
26:27toute la police
26:29est tueur,
26:31ce sont des tueurs.
26:32Alors,
26:33qu'est-ce qu'il se passe là-dedans ?
26:34Il se passe,
26:34eh bien,
26:35comme d'habitude,
26:35on est en allé,
26:36en bonne année,
26:38voilà,
26:38on va refaire,
26:40Naël,
26:41au profil d'obtempérer,
26:42il y a trois ans,
26:43on va refaire un peu
26:45le même scénario,
26:46mais le scénario,
26:47pourquoi ?
26:48Qu'il y ait des problèmes,
26:49tout le monde le sait,
26:50mais alors,
26:51évidemment,
26:51la solution,
26:52c'est de flamber,
26:53et la solution,
26:54c'est intéressant,
26:54vous avez entendu dans le sonore,
26:56quelqu'un qui disait
26:57c'est débile,
26:58et ben,
26:58seule personne,
26:59c'était Antoine Léaumont,
27:01débuté,
27:02la France insoumise,
27:03effectivement,
27:04c'est débile,
27:05monsieur le député,
27:06mais dites-moi,
27:07qui entretient,
27:08qui met de l'huile sur le feu,
27:09qui entretient,
27:10comme ça,
27:11la flamme,
27:11qui dit,
27:12mais oui,
27:12vous êtes tous des victimes,
27:14vous êtes tous des racisés,
27:15vous êtes tous des salauds,
27:17vous êtes tous persécutés
27:19par le patriarcat blanc,
27:20par ces salauds qui vous saignent,
27:23etc.,
27:23etc.,
27:24et,
27:25pendant ce temps,
27:26notre cher président Macron,
27:28il est en Espagne,
27:29pour dire que,
27:30effectivement,
27:30les propos de Jean-Denis Bardella
27:32sont inadmissibles,
27:34oui,
27:34il paraît qu'il a tenu des propos antisémites
27:36il y a 20 ans,
27:37bien sûr que c'était inadmissible,
27:39mais dites-moi,
27:41peut-être qu'il serait plus,
27:43il douane,
27:44de rétablir un tout petit peu d'ordre,
27:47quand je dis de l'ordre,
27:49de rétablir en disant,
27:50attendez,
27:51au-delà de cette limite,
27:52votre ticket n'est plus valable,
27:53et de rétablir une espèce de,
27:56je ne sais pas,
27:57moi,
27:58de cursus,
27:59de dire,
28:00écoutez,
28:00là,
28:01ça ne va plus,
28:02ça ne peut plus passer,
28:03ah,
28:03mais si vous dites ça,
28:05mais vous êtes un fasciste,
28:06un réac,
28:08mais j'adore cette espèce de petits bobos,
28:11qui disent,
28:12écoutez,
28:12tant que ça se passe loin de chez nous,
28:13ce n'est pas grave,
28:14voilà,
28:15on va faire la révolution,
28:16non,
28:16puis on va rentrer chez nous,
28:18on va dire,
28:18merveilleux,
28:19on se fait des brevets,
28:20on a incendie quelques poubelles,
28:22on arrête,
28:23et puis les lycées,
28:24attendez,
28:24vous croyez que le problème,
28:25la transmission du savoir,
28:27se fera,
28:27après le classement de pizza,
28:29en foutant le feu au lycée,
28:30ou en foutant le feu au collège,
28:32c'est ça que vous voulez faire,
28:34et bien,
28:34allez-y les gars,
28:35open bar,
28:36il n'y a aucun problème,
28:37continuez comme ça,
28:38vous m'intéressez,
28:39voilà,
28:40et puis,
28:40vous savez ce qui va se passer,
28:41et bien,
28:42les gens vont être en demande totale d'autorité,
28:45on peut les comprendre,
28:47et à ce moment-là,
28:48ce sera peut-être d'autres pleurs,
28:51d'autres larmes,
28:52il faut savoir,
28:53vous savez,
28:54c'était effectivement,
28:56c'est pas moi ou le chaos,
28:58c'est la réforme,
28:59lui,
28:59c'est la chiant-lilon,
29:00un De Gaulle et un Pompidou,
29:02mais c'est de garder l'équilibre,
29:04oui au contre-pouvoir,
29:05pas effectivement,
29:07au n'importe quoi,
29:09je veux dire,
29:11entretenu,
29:13enrichi,
29:14et excité,
29:16par des gens qui ne pensent à quoi,
29:18ils se foutent du collectif,
29:20ils se foutent du pays,
29:21ils se foutent des soi-disant victimes,
29:23ce qui les intéresse,
29:24c'est comment gagner les prochaines élections,
29:26il n'y a que ça,
29:27c'est là où le politique s'est détaché,
29:30du peuple,
29:31du collectif,
29:31et il faut le dire,
29:32de la France,
29:33merci,
29:34et à demain.
29:37Vous êtes bien sur Sud Radio,
29:39il est 2h53,
29:40non,
29:40Sire,
29:41c'est une révolution,
29:42nous rappelle André Bercoff,
29:43c'est la réponse que fait le duc de la Rochefoucauld,
29:45Yancourt,
29:46qui vient annoncer le 15 juillet,
29:48au lever,
29:49au roi,
29:50que la Bastille a été prise par une émeute populaire,
29:52le roi lui dit,
29:53mais c'est une révolte,
29:54et l'aristocrate lui répond,
29:55non,
29:56Sire,
29:56c'est une révolution,
29:57sommes-nous aujourd'hui dans cette configuration,
29:59on peut quelquefois y penser et l'envisager.
30:03Bernard Ravé,
30:03je vais vous donner la parole dans quelques instants,
30:05je voudrais avoir le témoignage d'Aurore,
30:07elle-même enseignante,
30:08dans les classes d'élèves en difficulté,
30:11type Zecpa,
30:12qui nous appelle de Charente.
30:15Bonjour Aurore.
30:16Oui,
30:17bonjour à vous tous,
30:18et bravo à celui qui vient de parler,
30:20là le discours était,
30:22vraiment c'était...
30:23André Bercoff,
30:24André Bercoff,
30:25oui,
30:25vraiment très très bien,
30:27oui,
30:27oui.
30:29Que vous inspire la situation ?
30:30Que vous inspire la situation ?
30:32Ça me désespère,
30:33mais ça fait tellement d'années
30:34que la situation me désespère.
30:35Heureusement que je suis tout près de la retraite,
30:37parce qu'en fait,
30:37d'à côté,
30:38on n'est pas travaillé dans des conditions normales,
30:41parce qu'on passe notre temps à faire autre chose
30:43que du vrai enseignement,
30:46et plus ils sont en difficulté,
30:47moins on fait de choses qu'il faudrait,
30:49mais bon,
30:50je crois que c'est là,
30:50toutes les strates de l'enseignement,
30:53une des choses qui a été extrêmement délétère
30:55et qui part sur le papier,
30:57c'était bien au début,
30:58c'était la loi intégration
31:00des jeunes en situation de handicap
31:01qui a maintenant plus de 20 ans,
31:04mais c'était bien sur le papier.
31:05Puis la réalité,
31:06c'est qu'on a fermé les structures adaptées,
31:09on a tout mélangé,
31:11et ce qui fait que les jeunes,
31:12ils n'ont qu'une envie,
31:14c'est de dégringoler.
31:16Moi, j'ai quand même des jeunes,
31:17ce matin,
31:18qui m'ont dit,
31:18je ne suis en fait que pas,
31:20qui m'ont dit,
31:20oh oui, mais nous on comprend,
31:21il y a trop d'heures de cours,
31:23mais ils ne fichent rien.
31:24Ils ne fichent plus rien.
31:28Le goût, vous dites,
31:29ils ont perdu le goût de l'effort
31:30ou le sens de l'effort.
31:32C'est dû à quoi ça ?
31:34C'est un problème de pédagogie ?
31:36C'est un problème de valeur non transmise ?
31:37Non, non, non,
31:39moi je vais vous dire très sincèrement,
31:40c'est qu'on ne nous permet plus de travailler
31:42et qu'on nous demande des tas de choses
31:43qui n'ont absolument rien à voir
31:45avec des enseignements,
31:46qui leur permettraient d'avoir
31:48une vraie structure,
31:50une vraie formation de pensée,
31:52avec des mots,
31:54mais ils n'ont plus rien.
31:55C'est un enfer.
31:58Moi je vous le dis très sincèrement,
31:59c'est un enfer.
31:59Et vous imaginez bien que vous n'êtes pas
32:02la seule aurore à témoigner à ce sens
32:04et je rencontre moi-même
32:05beaucoup, beaucoup d'enseignants
32:07et nous sommes à l'écoute sur cette antenne
32:09en particulier des enseignants
32:10et beaucoup réagissent comme vous.
32:12Bernard Ravé,
32:13vous avez entendu aurore,
32:14là je pense que vous partagez aussi
32:16une partie du constat.
32:18J'ai surtout entendu aurore dans le sens
32:20où le problème de l'objectif des SECPA
32:26à l'origine et ce que c'est devenu,
32:30je ne peux que partager sa déception,
32:32sa tristesse,
32:33puisque les SECPA qui devaient permettre
32:36à des élèves qui n'avaient pas de troubles
32:42avérés d'ordre psychologique
32:44par manque de moyens,
32:48mais là du côté du ministère de la Santé,
32:51se retrouvent en SECPA
32:53et n'y ont pas leur place.
32:54Donc la collègue,
32:54elle ne peut pas faire son travail
32:56quand on a, j'allais dire,
32:59j'ai géré en tant qu'adjoint à un collège
33:01où il y avait une SECPA,
33:02je comprends tout à fait.
33:03Moi je voudrais revenir
33:04à ce que disait André Bercoff.
33:06Moi il y a quelque chose
33:08qui me, j'aurais presque envie
33:09de faire de la provocation.
33:11Est-ce que Stanislas a été bloqué ce matin ?
33:15Peut-être que si Stanislas
33:17avait été bloqué ce matin,
33:19peut-être que le président de la République
33:20n'aurait peut-être pas eu cette réaction.
33:24Je vous confirme que ces catégories
33:27d'établissements n'ont pas été,
33:29alors il y a eu des petits mouvements
33:30dans ce vent certain,
33:31mais pas à ce niveau-là.
33:32Mais votre remarque est tout à fait pertinente,
33:35mon cher Bernard Avey.
33:36Merci, merci d'avoir témoigné.
33:38Vous avez le mot à faire.
33:40Moi je tiens à vous remercier
33:44de cet engagement
33:45au niveau de nos collègues.
33:48De nos collègues,
33:49et puis je vous offre un mot de conclusion,
33:52ça sera la mienne,
33:53vous savez de qui elle est.
33:54Les écoles doivent rester
33:56l'asile inviolable
33:57où les querelles des hommes
33:59ne pénètrent pas.
34:00C'est le 15.37 et c'est Jean Zé.
34:03Et c'est encore Jean Zé
34:04auquel nous rendons hommage.
34:07Merci à Hugo d'Orger,
34:08merci à Sarah de Belgarde,
34:10merci à Aurore,
34:11merci à vous Bernard Avey.
34:12Nous avons tenu une heure,
34:13on a bousculé la totalité
34:14du programme de cette émission.
34:16Nous sommes sur l'antenne du Parlez Vrai,
34:18nous sommes sensibles
34:19à ce qui se passe dans ce pays,
34:20nous avons entendu,
34:21mais bien entendu,
34:22la formation continue,
34:23il y a d'autres émissions
34:24et on vous réécoutera.
34:25Bien sûr que nous sommes aujourd'hui
34:28au cœur de ce qui se passe
34:29dans ce pays
34:29et que Sud Radio est présent
34:31sur le terrain.
34:32Sud Radio est à l'écoute.
34:33Ici, tout le monde peut s'exprimer
34:35dans un dialogue,
34:36une confrontation républicaine
34:37parce que l'information aujourd'hui
34:39dont les Français
34:39et les Français sont en vie,
34:40c'est celle-là,
34:41c'est celle de Sud Radio.
34:43Vous restez avec nous.
34:44Alissa,
34:44qu'est-ce qui va se passer maintenant ?
34:45Eh bien maintenant,
34:46on va parler de force et de courage
34:48et tout ça sera posé
34:49autour d'une question fondamentale,
34:51pourquoi nous ne sommes pas condamnés
34:52à la lâcheté ?
34:53Nous recevons Patrick Franceschi
34:55écrivain, aventurier, marin, cinéaste,
34:57auteur de Tout surmonté
34:58aux éditions Albain Michel.
35:00Avec lui,
35:00nous chercherons à comprendre
35:01pourquoi nous ne sommes donc pas
35:03condamnés à la lâcheté.
35:04C'est à suivre sur Sud Radio.
35:05Sous-titrage ST' 501,
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